Drinkin’wine with Jerry Lee

L’immense Jerry Lee vient de tirer sa révérence, à 87 ans. Ce pionnier du rock, surnommé « the killer », avait chanté dans les années soixante « Drinkin’ wine Spo-Dee-o-dee….

En voici une autre version, live à Memphis Tennessee. Un pianiste fabuleux qui joue… même avec les pieds !

La chanson vient de loin. Elle aurait été entendue à l’armée par Stick McGhee qui en donna la fin des années 40 une version R&B avec ses Buddies.

puis plus tard par Johnny Burnette et son Rock’n Roll Trio

Les paroles varient d’une version à l’autre…

Down in New Orlean, where everything is fine
All them cats is drinkin’ that wine
Drinking that mess to their delight
When they gets drunk, start singing all night
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Drinking that mess to their delight
When they gets drunk, start fighting all night
Knocking down windows and tearin’ out doors
Drinkin’ half a gallons and callin’ for more
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Hoy, hoy, hoy
Wine, wine, wine, Elderberry
Wine, wine, wine, or Sherry
Wine, wine, wine, Blackberry
Wine, wine, wine, half an’ half
Wine, wine, wine, oh boy
Pass that bottle to me
If you wanna get along in New Orleans town
Buy some wine and pass it all around
Age runs up for tonight
All those cats they love sweet wine
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Hoy, hoy
Wine, wine, wine, Elderberry
Wine, wine, wine, or Sherry
Wine, wine, wine, Blackberry
Wine, wine, wine, half an’ half
Wine, wine, wine, oh boy
Pass that bottle to me
Drink that slop
That’s what I’m talkin’ about
Ah, drink it
Sneaky Pete
Now down on Rampart street at Willy’s Den
He wasn’t selling but a little gin
One cat wanted a bottle of wine
He hit that cat for a dollar and a dime
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Hoy, hoy
Wine, wine, wine, Elderberry
Wine, wine, wine, or Sherry
Wine, wine, wine, Blackberry
Wine, wine, wine, half an’ half
Wine, wine, wine, oh boy
Pass that bottle to me
I’ve got a nickel, have you got a dime
Let’s get together and get a little wine
Some [Incomprehensible]
And some [Incomprehensible]
Oh when you’re buying sharing, now you’re doing things smart
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me

source: https://www.lyricsondemand.com/s/stickmcgheelyrics/drinkinwinespodeeodeelyrics.html

Pendant qu’on y est, en voici deux autres dans la même veine de Stick McGhee

Head Happy With Wine

et  Drank Up All The Wine Last Night

Bye bye Jerry ! (Stick Mcghee et Johnny Burnette sont morts jeunes dans les années 60)

Art shopping again

Voici revenu au Carrousel du Louvre ce salon commercial où se croisent artistes du monde entier, oeuvres bling bling et parfois des petits joyaux. Du vertige de parcourir les milliers d’oeuvres exposées émergent quelques unes qui nous touchent.

Voici un « verre à moitié plein », de l’italienne Arianna Pignatelli, également tatoueuse de talent, dont on a pu retrouver aussi une version en cours d’élaboration.

L’américaine Brittany Faning, qui a longtemps vécu en Corée, pointe la coexistence du plaisir et du danger avec ce « Pinot Gris et volcan »

Pinot Grigio and a volcano

et ce jeu avec un alligator

poking the alligator détail

Le coréen Youngil Hwang , avec sa série « waiting for myself » interroge notre espèce où chacun est confronté à ses choix de vie. Tous ses personnages portent un coeur sur l’oeil gauche.

La roumaine Smagdan (Magdalena Stanescu) a fait alliance avec le Clos de la Bierle, un domaine du Bugey qui produit un fameux « Frizant » de Cerdon du Bugey, médaillé plusieurs fois et sacré « meilleur vin du monde » ( Il fut même servi en 2014 au Président Xi lors d’un dîner de gala à l’hôtel de ville de Lyon).

Tout un stand à la gloire de ce rosé de Gamay pétillant !

California drinking song

Merci à nos amis californiens Jo Ann & Charlie, de passage à Paris, qui nous ont fait connaitre cette chanson populaire dans les milieux estudiantins de San Francisco.

En voici une version par les UC Men’s Octet

et voici celle du University of California Marching Band

La chanson est attestée dès 1939. Les paroles peuvent varier d’une version à l’autre.

Oh, they had a little party down in Newport;
There was Harry, there was Mary, there was Grace.
Oh, they had a little party down in Newport,
And they had to carry Harry from the place. 

Oh, they had to carry Harry to the ferry,
And the ferry carried Harry to the shore;
And the reason that they had to carry Harry to the ferry
Was that Harry couldn’t carry any more. 

For California, for California,
The hills send back the cry,
We’re out to do or die,
For California, for California,
We’ll win the game or know the reason why. 

And when the game is over,
We will buy a keg of booze,
And drink to California
’till we wobble in our shoes. 

So drink, tra la la,
Drink, tra la la,
Drink, drank, drunk last night,
Drunk the night before;
And I’m gonna get drunk tonight
Like I never got drunk before;
For when I’m blitzed, I’m as happy as can be
For I am member of the Souse family. 

Now the Souse family is the best family
That ever came over from old Germany.
There’s the Highland Dutch, and the Lowland Dutch,
The Rotterdam Dutch, and the Irish. 

Sing glorious, victorious,
One keg of beer for the four of us.
Sing glory be to God that there are no more of us,
For one of us could drink it all alone. Damn near.
Here’s to the Irish, dead drunk.

The lucky stiffs, they had 4 fifths
and a sixpack too, of Irish brew
and there was grandma swingin on the outhouse door
without her nightie and grandpa yellin
more more more, for she was nude.

Voir des informations détaillées sur le site calband.berkeley.edu

A Madère

Réputée pour son vin fortifié adoré des Anglais mais peu considéré, dit-on, par les Français, cette île portugaise située dans l’Océan Atlantique à hauteur du sud du Maroc étonne par son relief volcanique, sa végétation luxuriante, et ses traditions.


C’est au cours d’un séjour découverte parrainé par la Fédération Internationale des Confréries Bachiques et organisé par la Confraria Enogastronomica da Madeira que nous avons eu la chance de la découvrir.

La confrérie, fondée en 2000, a pour mission de défendre, préserver, promouvoir, diffuser, honorer et mettre en valeur le patrimoine œnogastronomique de la région autonome de Madère, y compris ses coutumes et pratiques, ses traditions et les techniques et technologies inhérentes à leur production.

de g. à d: Gregorio Freitas, ex-président ; Lino Dionisio, ambassadeur ; Alcides Nobrega, président ; Olga Mendes, VP

Le costume comporte une cape rouge à rabat beige, inspirée du costume des juges de Madère du XVIIIe siècle ; sur la tête, la «Carapuça», la casquette madérienne, et autour du cou, un ruban beige avec des broderies d’animaux différents et une tomboladeira en forme de demi-barrique.

A chaque repas la devise « Comer e beber e divinal » est proclamée.

(On pourra aussi lire une relation de ce « séjour-découverte » sur le site de la FICB.)

Mais parlons du vin de Madère. Le marché de l’Angleterre, de sa marine et de ses colonies, a été sa chance. C’est un vin issu des cépages Malvoisie, Boal, Verdelho et Sercial pour les plus prestigieux, fortifié (à l’alcool de canne au départ, de raisin aujourd’hui), étuvé, et élevé en contact avec l’air dans des barriques. Il en est des secs, demi-secs, demi-doux et doux, des « blended » (assemblés), plus ou moins vieillis en fût, et des millésimés, les plus recherchés.

Blandy’s, mais aussi Henriques et Henrique, Luis Pato, Barbeitos, etc. sont des producteurs réputés.

Une dégustation chez Blandy’s, un des plus importants producteurs. Chaque cépage avec un chocolat approprié ! (de g. à dr. Sercial (sec), Verdelho (demi-sec), Boal (demi-doux) et Malvasia (doux))
les principaux cépages

Instruments anciens, et foudres toujours en service chez Blandy’s

pressoir à l’ancienne

Un témoignage de l’ancienneté de la réputation du vin de Madère.

Ces fresques ornent la salle de dégustation.

Et voici quelques publicités anciennes.

Accueil en musique à l’Adaga da Quinta, à Camarão dos Lobos. Foulage du raisin, brochettes et beignets de sabre.

quem não fuma, quem não bebe, que alegria pode ter ?

A cachaça alegra a gente
O fumar nos da prazer
Quem nao fuma , quem nao bebe
Que alegria puede ter
?

(Paroles trouvées sur
https://issuu.com/acclleopoldina/docs/trovas_populares_de_alagoas_-_theo_/31)

Au marché central de Funchal, cette « caraferie » a un drôle de plafond.

A la Quinta do Barbusano, dégustation des vins locaux (de table, non madérisés). Les vignes, à hauteur d’homme, laissant l’espace libre pour d’autres cultures au sol, sont vendangées à la main sur ces terrains pentus.

Un déjeuner dans une maison de particulier permet de découvrir le « panelo », sorte de potée des lendemains de fête, posée à même la nappe sur un lit de feuilles de chou, et qui a sa chanson !

O panelo ja chegou, bem de madrugada, vai bebendo devagar pra nāo tomares uma mamada… Deixa-me beber em paz, uma bebedeira não e nada, para o ano venho aqui curar esta mamada…

Madeira produit aussi du rhum, comme Engenhos do Norte à Porto Da Cruz, dont la machinerie marche encore à la vapeur.

Ce rhum est la base de la poncha, apéritif fait de rhum, additionné de jus de citron et miel, ou encore de jus de fruit.

A Arco de São Jorge, petit village posé sur une falaise au nord de l’île, un concentré des attributs de l’île :

la roseraie de la Quinta do Arco, à Arco de S. Jorge

mer, fleurs, vignes,

vieille rhumerie,

azulejos à la gloire du rhum (poème d’un poète paysan)

le poème est signé : feiticeiro do norte

et un petit musée du vin…

où l’on peut voir le « borracho » (outre de 45 litres en peau de chèvre servant à transporter le moût ou le vin à dos d’homme) et les borracheros en action

Ne quittons pas Madère sans visiter la Quinta das Cruzes, ancienne demeure du découvreur de l’île Zarco, et voir quelques oeuvres pouvant intéresser les lecteurs du bon clos.

Cette intaille, en pâte de verre imitant le nickel, qui devait servir de sceau, mesure moins de 2 cm de long et date du 18ème siècle, 

Scène de taverne d’auteur non identifié : l’une boit, un autre fume, un troisième se tait…

Voici aussi une treille marine

et d’intéressantes gravures qui racontent l’histoire du transport du vin, et dont on a retrouvé des bonnes reproductions tirées du livre « History of Madeira »

sur le site https://www.traces-h.net/costumes/madere-1820-11.html qui donne de nombreuses explications.

Adeus Madeira, e muito obrigado aos nossos anfitriões

de g. à dr. Carlos Soares, Marcio Ribeiro, et Lino Dionisio

e anfitriã!

Dina Silva

Gillette de Narbonne

C’est une opérette composée par Edmond Audran sur un livret d’Alfred Duru et Henri Chivot, que l’on peut voir ces jours-ci à l’Auguste Théâtre, montée par la Compagnie Fortunio.

Représentée pour la première fois le 11 novembre 1882 au Théâtre des Bouffes à Paris, son livret est inspiré d’une nouvelle du Décaméron de Jean Boccace : La femme vaillante, qui raconte la revanche d’une épouse sur son mari volage et inconséquent.

Si nous en parlons, c’est qu’il s’y trouve un bref air à boire qui a sa place ici.

En joyeux et bons militaires, buvons, chantons, festoyons mes amis !
Ici gaiement vidons nos verres, en attendant les ennemis !

En voici un enregistrement par la classe de chant du conservatoire de sarreguemines en 2017

Il faut aller voir ça ! Digué lé que vengué mon bon !

Pour les amateurs, la partition complète est sur Gallica

Avec les francs-mâchonnes et francs-mâchons à Montmartre

Officiellement, ce sont quatorze associations (*) qui se sont donné le mot pour organiser ce mâchon de rentrée le lundi 12 septembre à la Bonne Franquette, adresse réputée de la Butte.

aimer, manger, boire et chanter : la devise de la bonne franquette

Il s’agissait une fois de plus de célébrer la parution de « J’aime la saucisse« , d’Emilie Greenberg, « plus qu’un livre de cuisine, un mode de vie ! »

Nombreux étions nous à nous être levés tôt pour nous retrouver à l’heure où d’autres prennent leur petit déjeuner, un verre de Sauvignon blanc frappé ou de merlot lyonnais à la main,

prêts à trinquer avec le têtes connues et inconnues, non sans avoir échangé un rapide « ça va ?« , et à faire honneur aux charcutailles proposées à foison : mortadelle de Bologne, rosette à l’ancienne de Colette Sibilia, pâté basque, spianata piccante (pas tant que ça) de Calabre, andouille…

Chez les franc-mâchonnes on ne garde pas son drapeau dans sa poche

A table, ce sont, arrosées de beaujolais rouge et blanc, quatre recettes de saucisse qui furent proposées : Francfort et Strasbourg en choucroute, végétale aux spaghettis, Toulouse aux pochas (= haricots, sortes de coco), et montbéliarde aux lentilles cuite au gène (= marc de raisin en pays beaujolais) de Brouilly.

L’intronisation de l’héroïne du jour Emilie Greenberg, autrice de Vive la saucisse, dans la confrérie des compagnons du Beaujolais fut largement applaudie.

De même que Charlie, venu avec sa guitare chanter « les copains d’abord » , « le petit vin blanc » et bien d’autres airs festifs.

Est-ce l’effet des boissons ingurgitées ? Nous avons fait en sortant une drôle de rencontre dans les rues avoisinantes…

Merci à tous, organisateurs, restaurateurs, vignerons, participants pour cette belle fête.

(*) liste des organisations participantes :

Le devoir parisien des compagnons du Beaujolais
La confrérie de Saint-Juliénas des Prés
L’association des bistrots et cafés de France
La sélection de Montmartre des Beaujolais
La commune libre de Montmartre
L’Académie Rabelais
La commanderie du clos Montmartre
Le clos des Arènes de Lutèce (200 pieds de vigne y ont été replantés)
Le clos de la Doyenne
L’Amicale du Gras (fondée en 2014)
Les joyeux mâchonneurs du Vaudésir
Le club de la saucisse libre
L’Amicale du sauciflard (désigne chaque année le meilleur saucisson de France)
Les Vegans dépressifs !!!

La reine boit ! Vive la reine !

C’est ainsi que traditionnellement s’exclamait toute la tablée lorsque l’on tirait les rois et qu’apparaissait la fève.

La reine boit, Ecole hollandaise du 17ème, d’après Anthonie Palamedes (1601- 1673)

La Nuit des Rois, c’est à dire the Twelfth Night (après Noël), la reine Elizabeth , gardienne des traditions, n’y dérogeait sans doute pas.

aquarelle de M. de Parys, parue dans le Soleil du dimanche du 17 janvier 1892

Le « bon clos » s’associe au deuil qui frappe le Royaume Uni et tous les territoires lointains dont Sa Majesté Elizabeth II était la reine. Sa longévité, ses incroyables chapeaux et tenues chic quoiqu’improbables, son humour réputé, sa résilience lors de l’ annus horribilis, et last but not least, son addiction au champagne et au bon vin,

1984

tout cela ne pouvait qu’engendrer une solide sympathie.

On a rapporté que son régime quotidien commençait par un gin/Dubonnet juste avant le déjeuner, qu’elle prenait avec un verre de vin ; un dry martini suivait dans l’après-midi, et la soirée ne se terminait pas sans un verre de champagne.

Mais il faut aussi prendre en considération ses obligations mondaines où trinquer était un « must ».

Proche du peuple, Elizabeth ne dédaignait pas une bonne bière…

Peut-on imputer à ce régime sa longévité ? C’est toute la question, mais sans aller chercher des explications scientifiques, on comprendra qu’il était en tout cas bon pour le moral.

Farewell, Elizabeth !

The Queen is dead, long live the King !

Boire à la capucine…

c’est boire pauvrement,
Boire à la Célestine
C’est boire largement,
Boire à la Jacobine,
C’est chopine à chopine,
Mais boire en cordelier,
C’est vuider le cellier !

Cette chansonnette ancienne moque gentiment les façons des moines et religieux, grands buveurs au Treillis Vert de la rue Saint-Hyacinthe. Que est son sens, son histoire et sur quel air la chantait-on ?

Nous l’avons découverte dans Héloïse ouille !, déchirante histoire contée par Jean Teulé dont l’action se passe au 12ème siècle, ce qui semble assez anachronique, l’ordre des capucins ayant été créé au 16ème siècle.

Elles est citée par Charles Monselet, dans Gastronomie, récits de table (1874), et par le prince Pierre Dolgoroukow, dans ses Mémoires, à propos de Lestocq, un personnage étonnant rencontré à la cour de Russie… Elle figure dans la revue MELUSINE, recueil de mythologie, littérature populaire, traditions et usages, publié dans les années 1880 par H.Gaidoz et E.Rolland (tome 3 p 430), avec une variante pour le deuxième quatrain (boire à la Célestine/ c’est pinte sur chopine/ en carme et cordelier/c’est vider le cellier), impliquant les Carmes, que l’usage a oublié ; et une attestation en 1701 dans un cahier de collégien à Lyon.

Sylvie Reboul la qualifie de menuet dans son article « de la plume au verre« , paru dans Territoires du vin en décembre 2021, avec une mention de publication (« Les menuets chantants sur tous les tons », recueillis par Christophe Ballard, imprimeur du Roy, Tome 2, Paris, 1725.)où nous ne l’avons pas retrouvée.

L’air « boire à la capucine » est cité pour la recette des « fricandeaux en ragoût » dans « le Festin Joyeux ou la Cuisine en Musique« , de J. Le Bas, paru en 1739, qui invitait les dames de la Cour à cuisiner en chantant.

Et, bingo! l’air « boire à la capucine » se trouve en fin de volume :

La chanson daterait donc du 17 ème siècle ou de la fin du 16ème, comme sans doute la ronde enfantine « dansons la capucine » (que Jean Baptiste Clément connut enfant, avant d’en faire une chanson révolutionnaire).

Revenons aux capucins. Ces franciscains à capuche vivaient dans la pauvreté et ne buvaient donc guère. Ce n’était apparemment pas le cas des Célestins (bénédictins) et des Jacobins (dominicains).

franciscain cordelier

Quant aux Cordeliers, autres franciscains, c’est peu dire qu’ils avaient mauvaise réputation. On s’en convaincra en lisant quelques nouvelles de l’Heptaméron de Marguerite de Navarre (vers 1545), comme la Juste punition d’un Cordelier pour l’étrange pénitence qu’il avait voulu faire faire à une jeune Demoiselle, ou encore Comment une batelière de Coulon, près de Niort, trouva moyen d’échapper aux entreprises de deux Cordeliers. (Et quant aux Carmes, n’en parlons pas – ne disait-on pas : bander comme un carme ?)

Au musée Granet d’Aix en Provence

Il reste un peu moins d’un mois pour aller voir à Aix l’exposition VIA ROMA des oeuvres de la NEUE PINAKOTHEK DE MUNICH (fermée pour rénovation), sur le thème des artistes allemands ayant travaillé à Rome au cours du XIXe siècle.

Ils y menaient la belle vie comme on peut le voir sur cette toile de Franz Ludwig Catel (1824), Le prince héritier Ludwig dans la taverne à vin espagnole à Rome,

ou sur celle-ci de Wilhem von Kaulbach (vers 1848),

l’étude des artistes allemands à Rome

Le tyrolien Joseph Anton Koch avait peint cette fête des vignerons près d’Olevano dès 1812. Venu à pied en Italie en 1795, il y passa l’essentiel de sa vie.

Le « retour des paysans italiens » (1831) est de Theodor Leopold Weller, en voici un détail

Le musée Granet porte le nom du peintre aixois François-Marius Granet. Elève de David, ami d’Ingres, il fit plusieurs séjours à Rome, et devint plus tard conservateur au château de Versailles. « Le sommeil » nous présente un homme attablé assoupi, à qui une servante vient subrepticement dérober la bouteille.

Voici quelques autres oeuvres glanées au musée Granet, comme cette

Nature morte aux bouteilles, de Giacometti (1954)

et ce Bacchus enfant avec sa nourrice (plâtre, 1856), de Jean-Joseph-Hippolyte-Romain Ferrat (ce sculpteur est notamment l’auteur d’une des statues dominant la fontaine de la Rotonde, à Aix)

Ce festin d’Acheloüs est une copie d’un tableau de Rubens. Dieu-fleuve du plus grand cours d’eau de Grèce (l’Aspropotamos), il invita Thésée retour de chasse, bloqué par les flots furieux du fleuve, à banqueter dans sa grotte.

Encore un flamand, Matheus van Hellemont, auteur de ce concert en famille qui nous remémore les oeuvres de Jordaens comme « le roi boit ».

Plus ancien est ce repas galant de l’Ecole de Fontainebleau (15ème siècle)

Finissons avec ce portrait, signé Jean-Baptiste van Loo, peintre d’origine hollandaise né à Aix en 1684 : madame Albert de Bormes en vendangeuse

Quand Gaillac fête ses vins

C’est avec bonheur que nous sommes repassés dans cette cité du Tarn, qui fête ses vins chaque année début août. Ils sont toujours aussi bons, et ont cette propriété de « permettre à chacun de rentrer chez soi avant d’avoir le cerveau brouillé » !

 Est-ce dû à la vertu des cépages résolument locaux (Luenh de l’uelh -loin de l’oeil, mauzac  pour le blanc ; fer servadou appelé aussi braucol -un cousin du cabernet, duras, prunelard pour le rouge… ) ?

La fête, avec ses dégustations

Pascal Bonno, directeur du château Labastidié, sur son stand

et ses concerts se tenait comme tous les ans au parc de Foucault. C’est là aussi que la Confrérie de l’Ordre de la Dive Bouteille de Gaillac tint son 43ème chapitre le dimanche 7 août. Nous avons eu la chance d’y participer, sous le chaud habit des Echansons de France.

Après un petit déjeuner roboratif,

ayant revêtu leurs habits d’apparat, les représentants de 24 confréries ont franchi l’arc triomphal élevé pour la circonstance,

et parcouru en musique les rues de la ville

pour rejoindre l’église Saint-Pierre et assister à l’office.

Il y avait là les maîtres-vignerons du Frontonnais,

les Echansons de Saint-Bourrou, qui défendent l’AOP Marcillac-Vallon en Aveyron

la Génération Géminian, confrérie bachique de Cuxac d’Aude en Narbonnaise

la commanderie des grands vins de Gaillac à Toulouse

la Jolie Treille de Saint-Joseph et de l’Hermitage

la confrérie du raisin d’or (en pays de Sigoulès, Périgord pourpre)

et bien d’autres confréries bachiques

quelle est celle-ci?

et gastronomiques comme celle de nos amis du Brie de Melun

Il faisait chaud et le perlant de Labastide généreusement servi à la sortie permit d’étancher la soif lancinante.

De retour au parc, commença le chapitre proprement dit, sous la houlette du Grand Chancelier Henri Plageoles,

assisté par le Commandeur Michel Houdet est les autres membres de la confrérie.

Après l’intronisation de personnalités locales (parmi lesquelles le tout nouveau préfet du Tarn FX Lauch, et le curé de Gaillac Pierre-André Vigouroux),

ce fut le tour des « confrères » comme ces deux Echansons Daniel et Marc venus de Paris.

Tous ont été adoubés par Bacchus, Noé, Saint-Vincent et Rabelais, et ont prêté serment après avoir bu (sec) la coupe de vin blanc sec.

Le repas qui s’ensuivit donna l’occasion de faire connaître quelques chansons connues des lecteurs du bon clos.

Merci amis de Gaillac, pour cette belle fête et l’honneur qui nous a été fait.

Pour les amateurs, il faut savoir qu’en même temps que cette fête, se déroule celle de l’ail rose de Lautrec, occasion de découvrir un village historique,

d’y déguster la fameuse soupe à l’ail, et d’assister au record de la plus longue tresse (24,20 m).

A Albi tout proche ne pas rater cette fresque en trompe l’oeil.

« Bon jus de la treille, vins, charbon à domicile »

Le musée Lautrec nous remémore la citation du maître : « je boirai du lait quand les vaches brouteront du vin » et recèle quelques toiles intéressantes, comme ces vendanges à Celeyran où le maître a passé une partie de sa jeunesse (vers 1880-83)

et cette scène « au café » (femme au bar, après 1884) )de son ami Federico Zandomeneghi