Sunset cocktail

Quoi de plus impressionnant et émouvant qu’un coucher du soleil ?

coucher de soleil à Oakton Virginia, Ajit Dutta

Le thème a inspiré toutes sortes de cocktails. Le Sunset classique est à base de rhum blanc, de sirop de fraise et de jus d’orange. Mais il y a des variantes comme le Moët&Chandon Imperial, le Tequila, etc.

L’artiste Guillaume Aubry, et son acolyte le mixologue Sterling Hudson, ont voulu le revisiter. Pendant le confinement ils ont concocté cet Equinox Sunset qui mêle gin, jus de poivron jaune et sirop de fruits rouges.

Les spectateurs venus inaugurer le Théâtre de Verdure à l’orée du bois de Clamart ce samedi 19 septembre ont pu le déguster avec bonheur.
Il faut dire que le jus de poivron jaune, qui apporte sa douce amertume, est une trouvaille.

Merci aux artistes, à Madeleine Mathé, du centre Albert Chanot, qui a encouragé cette performance, et bien sûr à la municipalité.

de gauche à droite Sterling, Thomas son assistant, et Guillaume

L’intérêt de Guillaume Aubry pour les couchers de soleil n’est pas anecdotique. Il se revendique aussi du Cri, de Munch.


Sa préoccupation centrale est le feu, dont la fascination explique pour lui notre addiction au grand spectacle vespéral.

Quand les temps seront favorables (saison 2020-21 ?) on pourra voir son spectacle inspiré de la psychanalyse du feu de Gaston Bachelard: QUEL BRUIT FAIT LE SOLEIL LORSQU’IL SE COUCHE A L’HORIZON ? LE BANQUET DES PYROMANES au planétarium du théâtre des Amandiers de Nanterre

an attempt to fake the sunset, oeuf cru sur carte postale, 2016

Avec les Francs Mâchons

Connaissez-vous les Francs Mâchons ? C’est une Société philanthropique pour la défense et l’encouragement de la tradition du mâchon, une tradition lyonnaise de repas chaud pris tôt le matin.

Nous y étions conviés par l’ami Gérard : Rendez-vous à 9h rue du Four, au Parisien, où des tables dressées sur le trottoir nous attendaient. Nous y avons retrouvé aussi l’ami Olivier, animateur de la section parisienne, ainsi que quelques têtes connues du Devoir Parisien du Beaujolais parmi une vingtaine d’autres francs mâchons.


Il faisait grand beau, point trop chaud, et l’on pouvait se rafraichir d’emblée avec un Hautes-Côtes de Beaune blanc proposé par un viticulteur bourguignon.

Après les charcuteries, on nous présenta un os a moelle accompagné d’une tête de veau gribiche, puis une poitrine de veau farcie.

Des magnums de chiroubles, venus en nombre, comblaient sans cesse les verres et les gosiers.

Et l’on finit en musique avec Maxime Andrieu…

Merci aux organisateurs pour cette belle matinée, et la démonstration qu’un repas matutinal peut remplir la panse toute une journée !

Aux confins du Cantal et de l’Aveyron

C’est une belle région aux toits couverts de lauzes. Dans un de ses nombreux châteaux, nous avons trouvé cette bibliothèque bachique en trompe l’oeil.

A l’auberge du Barrez, excellente table à Mur de Barrez dont nous n’oublierons pas les tartines de pied de cochon, on peut rencontrer ce buveur qu’une clope ne gênait pas pour croquer aussi son pain.

On peut voir aussi de nombreux ceps en décoration.

Nous n’avons pu, hélas, honorer ce rendez-vous !

Plus au sud est le beau village d’Estaing. Petite appellation : une douzaine de viticulteurs, les Coustoubis, y font un vin en coopérative que l’on peut déguster à la maison de la vigne, du vin et des paysages, où sont rassemblées aussi quelques sculptures sympathiques, comme ce gentleman naturiste (les titres sont de l rédaction du Bon Clos),

cette demoiselle de la vigne d’oc (signée sylvie tichtcheck),

ou encore ce faune au gobelet.

Etc.

On aimerait bien  en connaitre les titres et l’auteur !

Terminons avec cette belle affiche en l’honneur d’un apéritif qui eut son heure de gloire, le Clacquesin. (vue à Villefort dans les Cévennes)

et avec ces recommandations toujours utiles pour bien se tenir à table vues au château de Portes dans le Gard.

 

 

Une brinde d’Esclangon

Antoine Esclangon (1876-1959) était un de ces poètes félibriges qui tentaient de faire vivre la langue provençale dans les années 1900. Employé à la mairie de Toulon, il créa avec quelques autres, l’école félibréenne de la Targo.

Voici une « brinde » de sa composition (mot dont la proximité avec l’espagnol brindar et l’italien brindisi éclaire le sens sans nul doute. On donne à ce mot une origine allemande :Bring dir es…), trouvée dans Misé Lipeto, un livre de recettes de Marion Nazet.

miselipeto

Que se lèvo dòu vin e dei fremo
Se levo de lou fè de Dieu, disien lei Rière.
Dins nosto Prouvenço,
Lei fremo soun bello
E lei vin soun famous.
Sian i ped de Dieu !
A la bono vosto !

(Qui s’éloigne du vin et des femmes, s’éloigne de la foi de Dieu, disaient nos ancêtres. Dans notre Provence, les femmes sont belles et les vins fameux. Nous sommes aux pieds de Dieu ! A la bonne votre !)

 

Pourquoi un vin est-il bon ?

C’est le titre d’un livre de Paul Coulon, vigneron à Château-Neuf du Pape, assisté par un ingénieur de l’INRA, Philippe Abbal, paru en 2013.

Bonne question, voudrait-on répondre. Car cela dépend de tant de facteurs : terroir, météo, cépage, technique viti-vinicole… Et le résultat est parfois si surprenant…

L’intérêt de cet ouvrage est de prendre le taureau par les cornes et de s’intéresser de façon systématique à tous ces facteurs (99 ont été identifiés, 88 pris en compte), en les évaluant par une note pour chaque cuvée produite, pour obtenir finalement une note à confronter aux évaluations de dégustateurs professionnels.

Soulagement ! Les séries de deux notes, celle du vigneron qui a pris en compte tous les facteurs, et celle du dégustateur qui n’a pris en compte que les impressions de ses cinq sens, sont fortement corrélées.(0,87).

L’ouvrage commence par un bref historique qui rappelle les origines en Géorgie, en Egypte antique, dans le monde gréco-romain, et le rôle du christianisme dans la propagation de la vigne et du vin. Les innovations (ou redécouvertes ?) du 17ème siècle avec la mise en bouteille, le bouchon, l’usage du soufre. Puis l’apport majeur de Pasteur et de la démarche scientifique. Enfin les maladies du 19ème siècle (oidum 1852, phylloxera 1863, mildiou 1876) et leurs remèdes ( soufre, greffage/hybridation, cuivre).

On rentre ensuite dans le vif du sujet. On verra quelques détails ci-dessous. On retiendra l’importance d’une analyse régulière des constituants des sols et la nécessité d’apports (A Beaurenard 400 tonnes de fumier de mouton soit 15 à 30 tonnes par hectare, pour 110 tonnes de raisin/an !). L’importance du tri du raisin qui permet quand même de faire du bon vin, mais moins, les années de météo insatisfaisante. L’analyse des 200 baies échantillonnées dans la vigne, car « pour faire du bon vin il faut de bons raisins et une bonne connaissance de leurs caractéristiques pour adapter la vinification en conséquence ».

Cela donne bien sûr envie de déguster ces vins du domaine Beaurenard. En attendant, voici quelques oeuvres du chromaticien Didier Michel inspirées par ces vins !

Domaine Beaurenard  1985 rouge, peintures de 1986 et 1995

 

ci-dessus, photo d’une oeuvre en liège : le vin doux naturel rouge Rasteau 2001

ci-dessous, Chateauneuf du Pape Boisrenard blanc 2001, photo de l’oeuvre en liège

En savoir plus sur le chromaticien Didier Michel spécialisé sur les senteurs-couleurs des vins,

Paul Coulon est membre de l‘Echansonnerie des Papes et de la Fédération Internationale des Confrèries Bachiques, dont le président, Allan Bryden, nous a prêté cet ouvrage de grand intérêt. Qu’il en soit remercié !

Quelques notes de lecture
pourquoi le vin est-il bon ? 2013


facteurs météorologiques :

– luminosité nécessaire à la vigne (héliophile)
– chaleur estivale primordiale (>30)
– pluie estivale : il faut de l’eau
– vent, chassant l’humidité, contre les maladies
le tri du raisin permet quand meme de faire du bon vin, mais moins, les années de météo insatisfaisante

composition des  sols :

– argileux (>30% d’argile), sableux, limons; calcaire (>5%) ; umifères (>10% d’humus)
– éléments majeurs : N, P, K,CA, Mg Fe ; éléments mineurs : B,Mo,Mn,Zn,S,Na
– autres : PH eau, calcaire total, calcaire actif, rapportC/N,K/Mg,Ca/Mg
fumure de fond : avant plantation, superficielle ; fumure d’entretien : annuelle ou bisanuelle, P+K ; apport d’azote à l’automne (réserves) et plus au printemps

Apports : compost de bouse, bouse de corne, pulverisation de tisanes de plante (ortie, achiillée millefeuilles, prele, camomille) par épandage
pour augmenter le taux de matières organiques du sol de 1%, il faut en théorie 70 T/ha d’humus, soit 3 fois plus en fumier (à reduire si sol pierreux)

(A Beaurenard, enherbement, broyage des sarments, chute des feuilles qu’on peut enfouir a partir de novembre, enfouissage annuel de 15 à 30 tonnes de fumier par ha pour maintenir le capital fertilité soit 400 tonnes de fumier de mouton pour 110 tonnes de raisin/an)

cépages : grande variété des porte-greffes adaptés à des types de sol différents

analyse des feuilles

– l’azote favorise la croissance, et la synthèse des sucres. En excès, sensibilité accrue aux maladies et parasites;  optimal3,5% de la matière sèche
– le phosphore favorise aussi la croissance ; fondamental pour la floraison et la mise en fruit. optimal 0,3%
– potassium : rôle capital dans les échanges transmembranaires ; carence et excès sensibilise aux maladies ; optimal 1,1%
-calcium : primordial pour les parois des feuilles, rôle important echanges transmembranaires ; opt : 2%
– magnésium : constituant de la chlorophylle ; régulateur de K et favorise P ; opt 0,25%
– bore : en tre dans la composition des enzymes . opt <50/million de parties
– zinc : intervient dans la synthèse des protéines et acides nucléiques ; opt 60/million
– manganèse : cf. bore ; opt 100/million
– fer : indispensable à la formation de la chlorophylle et participe à la constitution d’enzymes; carence causée par excès de froid ou d’humidité…. opt 300/million
– cuivre : cf Fe ; opt 50/million
– rapports : K/N : opt 0,4 ; K/Mg: opt : 6 ; Ca/P : opt 4-12 ; (K+Ca)/(N+P) : opt 0,5-1,3 ; Ca/B ; opt 0,6 ; FE/Mn : opt 1-3

caractéristiques du vignoble : terroir, cépage, portegreffe, densité, taille, palissage, age, dimension, pente et environnement du terrain, pierrosité, microclimat…

Observation à la vendange : 31 variables ! état de la vigne, des raisins, du sol, météo…
On note ces dernières années un raccourcissement de la phase active de la vigne près d’1 mois de moins par rapport aux années 80-90 ; avantage : moins de risque sanitaire ; inconvénient ??

vendanges
analyse de 200 baies échantillonnés dans la vigne :
– poids : les trop gros grains induisent une dilution des aromes
– teneur en sucres -> alcool potentiel
– rôle antioxydant des anthocyanes, extractibilité
– richesse phénolique (anthocyanes et tannins des pellicules (recherchée) et pépins (indispensables à la structure du vin, mais cause d’astringence si trop élevé) et rafles (à eviter))
– acide malique
-potassium : teneur élevée contribue à la baisse de l’acidité par precipitation de bitartrate de K
-l’ acidité totale, somme de
l’acidité volatile : acides acétique et carbonique principalement, butyrique, formique.. : indispensable a la stabilité et au bouquet ; mais préjudiciable si trop grande quantité (piqûre)
et de l’acidité fixe : tartrique, spécifique du raisin ; malique et citrique
un pH bas (<4) évite la contamination par des microorganismes, contribue à l’efficacité du sulfitage.
– l’azote, nutriment des levures

cueillette
les belles grappes dans un seau, le reste dans un 2ème pour du vin de table
60 cm hauteur max pour éviter tassement et écrasement des grains, qui provoqueraient une oxydation

oenologie
vinification rouge : fermentation alcoolique, macération, fermentation malolactique
vinification blanc : fermentation alcoolique, protection contre l’oxydation
facteurs dont on dépend et sur lesquels on peut influer : température, acidité, taux de sucre, sulfitage, foulage, remontage, pressurage, débourbage, durées

en rouge chez beaurenard, cuvées pluricépages donnent de meilleurs résultats qu’un mélange après vinification : syrah/grenache, mourvedre/grenache…

éraflage en rouge : on gagne en volume, élimine des substances amères ou astringentes ; diminution des tannins mais accroissement de l’intensité de la couleur

le foulage réalisé ensuite sans lacération des peaux favorise l’action des levures et facilite la macération
sulfitage indispensable pour la conservation, mais à doses contrôlées, pour les blancs surtout ( les tanins protègent les rouges) : retarde sans l’empêcher l’action des levures
levurage : interêt non démontré ; genre saccharomyces est le meillleur ; on peut obtenir des vins très variés selon le type de levure utilisée ; non éliminées, les levures locales prennent le dessus
en général dans le vignoble français la richesse en levures autochtones est suffisante ; mais pour le blanc soigneusement débourbé, Beaurenard utilise des levures commerciales
température : monte avec la fermentation (exothermique) ce qui rend le refroidissement nécessaire
remontage : facilite le développement des levures avec l’aération et l’homogénisation, et l’extraction des composés phénoloiques
pigeage : enfonçage du marc qui surnage en phase de macération ; pour les « forts potentiels »
décuvage, pressage du marc : à Beaurenard élevage séparé du jus de goutte et de presse
fermentation malolactique : conduit à la désacidification et stabilise le vin, essentielle en rouge
filtration : elimination de particules en suspension
analyse du vin fini
conservation et élevage
passage en barriques, vieilissement en bouteilles : au moins 3-4 ans pour les vins fins
ouillage : toutes les semaines, remplir jusqu’à l’oeil pour éviter l’acescence(piqure acétique)

 

Retour à Pompéi

Retourner à Pompéi, c’est ce que l’on peut faire pendant tout l’été au Grand Palais avec cette nouvelle expo qui permet de découvrir les trouvailles des dernières fouilles. Les moyens modernes sont mis en oeuvre pour revivre l’éruption de 79 et découvrir en grandeur réelle la ville, ses villas, ses tavernes, ses fresques, ses graffitis….

Nous en avons rapporté quelques images bachiques.

Ariane et Bacchus sont les sujets de cette mosaïque qui vient d’être extirpée de la gangue volcanique au pied d’une fontaine d’une maison jusque là inexplorée.

mosaiquebacchusariane

Sur ces plaques faites de couches de verre camée bleu et blanc superposées, retrouvées dans le salon de la maison de Marcus Fabius Rufus, on retrouve le mêmes personnages.

camee1camee2b

Mointenant quelques fresques comme ce Bacchus sur son char

fresquechar

ou cette scène d’initiation dionysiaque dans la villa des mystères.

initiationdionysiaquevilladesmysteres

et la fameuse scène du bouc dégustant le raisin (voir aussi le léopard intéressé par le cratère sans doute empli de vin).

chevreetleopard

Ce cratère en bronze était doré à l’origine. On y mixtait le vin à l’eau et à des épices avant de le consommer.

cratere

Voici aussi une belle scène de banquet.

banquet

En ligne on peut en savoir plus sur les coutumes romaines et l’art de la commissatio (cliquer en haut à droite dans la video pour accéder directement à la 2ème video : les banquets à Pompéi, l’art de boire du vin).

 

 

 

James Tissot

Ce peintre (1836-1902) est à l’honneur pour 3 mois au Musée d’Orsay.

autoportrait (1865)

On verra qu’il a suivi de multiples voies, historiciste, japoniste, préraphaélite… et pour finir religieuse. Il connut assez tôt la réussite, en France dans les années 1860, puis en Angleterre où il s’installa après la Commune.

Mais c’est pour ses scènes de genre, fourmillant de détails dont il est laissé à l’oeil du spectateur de trouver le sens, qu’il intéressera surtout les lecteurs du Bon Clos.

Sur cette promenade embarquant sur la Tamise deux dames et un officier de la Royal Navy (the Thames, 1876), en pleine époque victorienne, c’est évidemment du côté des bouteilles de champagne en bas à droite qu’il faut chercher un sens qui a choqué la critique.

thethames

Cette « partie carrée » date de 1870. On y trinque, on y boit goulument. Moins crue que le fameux Déjeuner sur l’herbe de Manet, elle rappelle les fêtes galantes du siècle précédent et d’aucuns y trouvent un sens grivois.

partiecarree

Voici quelques buveurs de gnôle, ou de fine. A gauche, un capitaine et un jeune officier de marine, observant The Captain’s daughter (1873, détail)… A droite, une réunion du Cercle de la rue Royale (1866, détail)

Et nous voici maintenant  chez Ledoyen aux Champs Elysées, avec « les Femmes d’artistes » (1885, détail) se restaurant après un vernissage au Palais de l’Industrie. Un garçon débouche une bouteille…

femmesdartistes

Le faussaire espagnol

C’est le nom qui a été donné à un peintre des années 1890-1920 spécialisé dans la réalisation de fausses enluminures médiévales, dont le talent était tel que ses oeuvres ont fini par être recherchées en connaissance de cause. Son identité reste inconnue.

Voici quelques unes de ses réalisations, trouvées notamment dans les catalogues de ventes de Christies.

MakingandTastingWine

Le thème des vendanges et de la dégustation du vin est fréquent.

christiesmaking&amp;tastingwinechoirbook15th

On peut penser à la Tapisserie des Vendanges, qui se trouve au Musée de Cluny.

On trouve également des scènes galantes comme celle-ci, intime, avec un harpiste,

harpiste

ou cette scène de groupe aux deux musiciens.

scenegalante

Et voici un triptyque où de jeunes pages dégustent en coulisse (à moins qu’ils ne se préparent à servir ?) tandis que les maitres reçoivent…

triptyque

La petite Thérèse

C’est une chanson trouvée dans un recueil de chansons champenoises (les chansons du veilloir de Geneviève Devignes). Elle a pour titre la Ronde des Vendangeurs de Tonnerre, ou encore la Vigne du Voisin. Elle commence ainsi :

C’est la petite Thérèse
Qui voudrait du chasselas
All’en voit beaucoup chez Blaise
Mais Blaise n’en donne pas

 Cette chanson vient de loin. On la trouve déjà dans une encyclopédie poétique parue en 1819… Appelée Ronde du Piquet dans Vendémiaire, Calendrier Républicain de Catulle Mendes. On la retrouve encore dans un recueil de chansons choisies paru à Genève en 1785. Elle provient en fait d’un divertissement intitulé les Vendangeurs, ou les deux baillis, représenté par les comédiens italiens à Paris en 1780. L’air est celui d’Allons donc, Mademoiselle, que l’on retrouve en 1746 dans l’amour imprévu, un opéra-comique de l’Affichard. Là s’arrête la piste. Il est référencé dans la Clé du Caveau.

airducaveau

Pas grand chose à voir avec la version du recueil champenois, harmonisée par Vincent d’Indy.

partitiontherese

parolestherese

Amis buvons à pleins verres…

On connait le goût qu’avait Mozart pour le vin. Il l’a mis en scène dans de nombreuses oeuvres, comme Don Giovanni :

Finch’han dal vino / calda la testa,/una gran festa /fa preparar.

(Jusqu’à ce que du vin ils aient la tête échauffée, une grande fête tu feras préparer).

suite et version francaise

Revivons ça avec Gabriel Bacquier à Aix en 1960

 

et plus loin dans l’acte 2 : Versa il vino! : Eccellente marzimino! (un cépage du nord de l’Italie) et Viva le femmine ! viva il buon vino !

Les lecteurs du Bon Clos connaissent le bien connu canon bachique « où l’on me verse du bon vin », attribué à Mozart, et  KV 233 Nicht labt mich mehr al wein

En voici quelques autres :

KV 347 Wo der perlende Wein im Glase blinkt…  da lasst uns weilen

canon à 6 voix (Là où le vin pétillant brille, arrêtons nous).

Voici une version instrumentale présentant la partition,

 

et une version chorale

 

 

En voici un autre, célébrissime, dont les paroles sont attribuées à Martin Luther.

KV 232 Wer nicht liebt Wein und Weiber und Gesang… der bleibt ein Narr sein Leben lang

(Celui qui n’aime ni le vin, ni les femmes, ni les chansons, est un fou pour la vie)WeinWeibUGesang

En voici une version « musette »

 

et une version chorale, que, rendons-lui grâce, Sylvain Muster a réalisée pendant le confinement !

 

Une partition en italien est disponible sur le site marcovoli.it/partiture/ (avec bien d’autres)

Chi non ama il vino e le donne, chi non ama le donne e il canto rimane pazzo per tutta la vita...

 

Voici encore KV 234 Essen, trinken das erhält den Leib

(semblerait indûment attribué à Mozart :voir le site chorale-melisande.fr)

 

 

Nous avons un faible pour K560 « amis buvons à plein verres » (en allemand Freunde lasset uns Zechen, ou encore O du eselhafter Martin

Freunde, lasset uns beim Zechen
wacker eine Lanze brechen!
Es leb’ der Wein,
die Liebste mein!
Drauf leer’ sein Gläschen jeder aus.
Mit euch ist gar nichts anzufangen,
da sitzt ihr still wie Hopfenstangen.
Sie lebe hoch!
So schreiet doch!
Sie lebe hoch!
So schreiet doch,
so schreiet doch!
Seid ihr wie Stockfisch denn geworden stumm,
seid ihr wie Stockfisch denn geworden stumm?
So schreit, so schreit, so schreit,
ihr Esel, doch, seid nicht so dumm!
Es leb’ die Liebe und der Wein!
Was könnt’ auf Erden Schön’res sein?
Vivat, vivat, vivat,
sie lebe hoch!

 

Amis buvons à plein verre, Vite avant qu’on nous enterre ! Vive le vin ! nectar divin ! trinquons amis vive le vin !
Mais avec toi y a rien à faire, on sait bien ce que tu préfères, et ton démon, ta Jeanneton, t’a fait jurer de renoncer au carafon !
Pourquoi rester sans boire et sans chanter ? de tout un peu, qu’il est bon de goûter ! Chantons ! Buvons ! Et débouchons ensemble un vieux flacon !
Vive le vin, vive l’amour ! Buvons jusqu’à la fin des jours ! Frère ! Frère ! Verse toujours !

On trouvera la partition (texte d’André Nougé) sur le site operacritiques.free.fr