Orphée est revenu ! A Bruniquel. Après 10 ans d’absence.
On ne dira jamais assez le bien que l’on pense de ce festival dédié au maestro Jacques Offenbach qui attire chaque année des milliers de spectateurs dans ce village du Tarn et Garonne, et qui fêtait son 30ème anniversaire cette année.
Cette année pour la 3ème fois, après 2007
et 2017,
on pouvait y voir « ORPHEE AUX ENFERS », Opéra bouffe en 2 actes et 4 tableaux créé pour la 1ère fois à Paris le 21 octobre 1858 sur le Théâtre des Bouffes Parisiens, le premier « grand » opéra bouffe du maître, éminemment bachique, éminemment drôle, « l’incarnation de l’esprit français, mutin, gouailleur, fin et piquant » et que l’on revoit toujours avec plaisir.
Au contraire du mythe antique, pour JO et ses librettistes Crémieux et Halévy, Eurydice se plait à être courtisée par le berger Aristée, en fait Pluton, et plus tard par Jupiter, qui entrainera tout l’Olympe aux Enfers pour tâcher de la séduire, ayant pris la forme d’une mouche.
Xavier Mauconduit (Pluton) et Frank T’Hézan (Jupiter) entourant Eurydice (Morgane Bertrand)
L’oeuvre est célèbre par son fameux galop :
Bacchus! // Mon âme légère/qui n’a pu se faire/un bonheur sur terre,/ aspire à toi, divin Bacchus! //Reçois la prêtresse/dont la voix sans cesse/veut chanter l’ivresse/à tes élus ! …
Et aussi pour sa bacchanale :
Vive le vin! Vive Pluton! / Et nargue du qu’en dira-t-on...
Evohé! Bacchus m’inspire, je sens en moi son saint délire! Evohé! Bacchus est roi!
Bravo donc et merci à la troupe qui se reconstitue année après année et où l’on retrouve avec joie le chef Jean-Christophe Keck, la pianiste et chef de chant Yoshiko Moriai, les chanteurs Jeanne-Marie Lévy, Christophe Crapez, Dominique Desmons et tous les autres…
Nous voici au pays du Malbec, avides de découvertes. Nous en ferons au musée Henri Martin, avec cette bouteille représentant Gambetta, l’enfant du pays (1838-1862), ardent défenseur de la République,
et ce pique-nique de faucheurs, détail d’un tableau gigantesque, la fenaison (3,7 m sur 7, 1910) d‘Henri Martin
Devant le pont fortifié Valentré, emblème de la ville, pousse la vigne…
Ce panneau, vantant un lauréat d’un challenge de vins,
nous rappelle que Jean Marais ne fut pas seulement un grand acteur (le voici dans le Bacchus de Jean Cocteau)
mais aussi un dessinateur et artiste plasticien de talent
vase Bacchus de Jean Marais
Le domaine Delmas à Parnac, à quelques kilomètres à l’ouest de Cahors, est un bon point de chute au milieu des vignes.
C’est une maison blanche, qui ne paye pas de mine, on y vient à pied… (après s’être garé dans une rue voisine), ceux qui vivent là sont hospitaliers. Elle a un petit air d’Amérique du Sud avec sa courée ranchera. Le maître est fin cuisinier et l’on y boit de bonnes choses. Bref, on y est bien reçu.
Le curieux ne sera pas passé à côté de ce tableautin signé Pieroni, peintre et sculpteur et illustrateur né à Marseille.
Ses personnages, avec leurs visages stylisés, « évoquent tendresse, passion, poésie et mélancolie » et nous parlent de « l’infinie solitude des oeuvres d’art ».
Le tableau a fait l’affiche d’une exposition à l’oenothèque de Bandol en 2012.
Voici des plaques publicitaires en métal émaillé qui nous parlent de digestifs très en vogue jadis, mais toujours commercialisés.
La Hesperidina est née à Buenos Aires en Argentine le 24 décembre 1864, après une campagne de « teasing » (« Se viene Hesperidina ») menée par son géniteur Melville Sewell Bagley, un homme d’affaires originaire des Etats Unis qui avait su tirer parti des peaux des fruits des orangers amers plantés dans la ville. Ce tonique était réputé être un remède contre tous les maux. On pense qu’il avait des connaissances en chimie, et savait que les flavonoides présents dans les peaux avaient des propriétés digestives et curatives.
Le Fernet Branca, plus ancien (1836), a été mis au point en Italie par Bernardino Branca. « Il contient entre autres de la gentiane, de la rhubarbe, de l’aloès, de la camomille, de la rue, de l’angélique, du safran, et vieillit un an en foudres. » « Un mythe le présente comme un excellent moyen de faire passer une grosse gueule de bois ».
Cette carafe reprend un proverbe populaire : « Frère, bois car la vie est courte ! »
Et voici une chaise bachique, une petite merveille faite main !
Dans cette maison les bonnes bouteilles ne font pas défaut, mais ici tout fini avec le mythique 44.
(« L’alcool 44 est une liqueur traditionnelle française (notamment originaire de Normandie et de Bretagne) à base d’orange et de café. Son nom vient de sa règle de fabrication basée entièrement sur le nombre 44 : 1 orange piquée de 44 grains de café, 44 morceaux de sucre et 1 litre d’alcool, le tout laissé en macération pendant 44 jours. »)
Nous y étions passés quelques jours avant, et en avons rapporté ces quelques images, comme cette cravate de fin buveur.
Cette fontaine offerte par l’Emir de l’Etat du Qatar est supposée contenir de l’eau. On lui verrait un autre usage…
Le tonnelet est creusé dans un seul cristal de roche, les chevaux sont en bronze doré.
Et voici la fameuse « partie de cartes », en santons de Provence (de la société Santons Catherine Landucci), offerte par les commerçants du quartier Saint-Antoine de Marseille à l’occasion de la visite du président en 1999.
Cette bouteille de Cognac 1932 (date de sa naissance) a été offerte en 1998 pour son anniversaire au président JC par le président de la FDSEA de Charente-Maritime. Le « très vieux cognac » a été offert par le bureau national interprofessionnel du Cognac en 2000.
Et pour finir, cette belle collection de verres et de carafes.
Ce bon vivant n’est pas un inconnu pour les lecteurs du bon clos, nous l’avons déjà rencontré chez Agnès Varda.
Une exposition lui était consacrée ces jours-ci à la Fondation Louis Vuitton, qui se termine déjà.
Nous y avons vu cette oeuvre en fil de fer intitulée Medusa représentant son épouse Louise, qui évoque immédiatement pour nous la confrérie multiséculaire qui défend les vins de la Provence méditerranéenne.
Medusa c.1930
Quelques bouts de fil de fer donnent l’illusion de la gorgone aux mille cheveux de serpents.
Voici aussi « la vigne » (bronze, 1944)
Small sphere and heavy sphere (1932-33) est un des premiers exemples d’installation, le tout premier mobile suspendu au plafond, « une expérience remplie d’attente et de tension, suivie de moments de surprise et de libération émotionnelle ». Ecoutons le doux chant des bouteilles…
Né en Pennsylvanie en 1898 dans une famille d’artistes, passionné par les arts plastiques dès l’enfance, Alexander Calder (Sandy) devient ingénieur mécanicien avant d’étudier à l’Art Student League de New York. Il débarque en 1926 à Paris alors capitale des arts et y est devenu le maitre du fil de fer, qui culmine avec son Calder’s Circus, avant de fonder l’art cinétique avec ses mobiles. Epicurien, homme plein d’humour, il nous reçoit dans son atelier de Saché en Touraine.
Regardons le bien. Ne ressemble-t-il pas un peu à W.C. Fields, avec son visage poupin et bonhomme ? Il parait aussi que leurs voix se ressemblaient à s’y méprendre (cf la rêverie du regard, article de Patrick Waldberg, in XXème siècle, n° spécial hommage à ALEXANDER CALDER 1972, p 24)
C’est peu dire qu’il atteint la gloire. Le voici lors de l’inauguration à lui consacrée au MOMA de New York en 1966
Au MOMA où l’on peut voir cette cliente assise au bar dans les années 20 à Montparnasse.
Le domaine Sainte Roseline, grand cru classé des côtes de Provence depuis 1955, jouit d’un cadre exceptionnel avec sa chapelle du XIème siècele et son vignoble, jadis celui d’un monastère, dont l’ancienneté remonte au XIVème siècle. L’Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse, bien connu des lecteurs du Bon Clos, y tenait son chapitre d’été ce samedi 4 juillet.
« Fille du seigneur des Arcs, Roseline de Villeneuve devint chartreuse à 25 ans puis prieure. Elle mourut en 1329 à 66 ans. On lui attribue de nombreux miracles. » Elle fut canonisée au 19e.
La chapelle, rénovée en 1969, est ornée notamment d’une grande mosaïque de Marc Chagall, « le repas des Anges ».
mosaïque de Marc CHAGALL représentant « le Repas des Anges » réalisée en 1975
La famille Rasque de Laval avait acquis le domaine du fait du mariage en 1919 entre le baron Henri et la fille du propriétaire, Marguerite Marie Jean. Il faut noter que c’est le baron Henri Basque de Laval qui est à l’origine de la renaissance en 1951 de la confrérie de Méduse.
Le domaine fut racheté en 1994 par Bernard Teillaud qui entreprit la rénovation complète de l’abbaye.
Sur ce terroir argilo-calcaire, on produit aujourd’hui plusieurs gammes de vins blancs, rosés et rouges issus d’une dizaine de cépages : lampe de Méduse, « à la silhouette emblématique et unique » (pour la bonne compréhension, lampe veut dire bouteille dans le jargon de l’ordre Illustre des Chevaliers de Méduse, confrérie qui promeut les vins de la Provence méditerranéenne) ; cuvée Collection (blanc, rosé) et cuvée Prieure (rouge) ; la Chapelle de Sainte Roseline, est la cuvée d’exception « d’une finesse et d’une complexité rivalisant avec les plus grands »…
Sa (co)propriétaire actuelle, Aurélie Bertin-Teillaud, fille de Bernard, accueillait donc ce samedi 4 juillet, le chapitre d’été de l’Ordre Illustre des Chevaliers de Méduse dont elle est Commandeur, tenant la charge de Grand Héraut.
Après la traditionnelle messe des Chevaliers de Méduse, et les intronisations, vinrent l’apéritif, servi dans le cloître de l’Abbaye, et le diner en plein air.
les membres de la confrérie autour du grand-maître Patrick-Pons en robe claire ; on reconnait en bas à gauche les canariens Petrus et Zaza
Ce fut l’occasion bien sûr de déguster, accompagnés des mets les plus fins proposés par le traiteur Fleur de Sel Réception. les crus de la Provence méditerranéenne :
en blanc, les côtes de Provence de Ste Roseline (« lampe de Méduse » 2025) et de la Tulipe Noire d’Alain Baccino, et le Bellet Pouncia du Chateau Saint-Jean de Jean Patrick et Nathalie Pacioselli
en rosé, le côtes de provence de Sainte Roseline (lampe de Méduse 2025), le coteaux varois en Provence du chateau les Annibals « suivez-moi jeune homme » 2025, et le Bandol 2025 du domaine Ray-Jane d’Alain et Anne Constant
enfin en rouge, le côtes de Provence de sainte Roseline (lampe de Méduse 2023) et le Bandol château Rouvière 2023 du diomaine Bunan.
A table avec l’abbé Michaël et le grand-maître Patrick
Toutes ces « huiles » étaient bien sûr proposées par des membres de Méduse, et introduites en suivant l’appel séculaire :
Lampe allumée (verre rempli), Portons à la hauteur de nos yeux! Et, après avoir invoqué notre Mère Méduse, lampons!
Oleo et lampade Medusa gaudet laetificat petrificando Alleluia Alleluia
On l’a découverte par hasard, chantée par une troupe de comédiens qui jouaient Aristophane (les Cavaliers) agrémenté de moultes chansons, au Festival d’Avignon. On peut encore y aller, ils jouent jusqu’au 25 juillet à la Cour du Barouf.
Al Chemist en a quelques autres à son répertoire, qui pourraient intéresser les lecteurs du bon clos, comme le Pourou, qu’on ne trouve pas en ligne, on se demande bien pourquoi (voir les paroles ici)… Le groupe s’est formé dans les années 2000 et chante en rock festif mâtiné d’instruments de cobla la vie locale du pays catalan.
Que s’est-il passé lors de la rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, en mai dernier à Beijing ?
Les media ont rapporté ce qu’ils ont pu, ce qu’on a bien voulu leur dire, pour le reste, Mystère.
Le Bon Clos s’est documenté de son côté.
Voyons ce qu’il en fut, avec ces quelques témoignages photographiques.
Les débuts sont très protocolaires. Le président Xi a dû porter la premier toast,
rendu aussi sec par le président Trump, qui prend un peu de recul.
Changement de verre pour Xi
Le président chinois, Xi Jinping, pendant le diner de réception organisé dans le cadre de la visite de Donald Trump, à Pékin, le 14 mai crédit à BRENDAN SMIALOWSKI /AFP
L’américain ne s’en laisse pas conter
A table, on sent un début de rapprochement,
mais le président Trump tient mal son verre.
Enfin, les voilà qui trinquent. Tchin !
Mais à table, c’est encore mieux ! ReTchin !
du canard laqué pour Donald, bien sûr.
Et les vins, quels étaient-ils ? d’après nos sources, les vins servis étaient deux vins chinois : le Great Wall Chief Winemaker’s Selected Cabernet Sauvignon 2009, du Hebei (Chine), et le Changyu Reserve Chardonnay 2016, de Pékin.
« Deux grandes maisons viticoles chinoises donc — pas de vins étrangers, choix très symbolique de la part de Pékin. Great Wall (长城) et Changyu (张裕) sont les deux producteurs les plus prestigieux et les plus anciens de Chine. »
« On vient au banquet, disait Plutarque, quand on a du jugement, pour se faire de nouveaux amis tout autant que pour réjouir les anciens ». Alors, nouveaux ou vieux amis ?
Il est des gens qui vivent plusieurs vies. Notre ami Marin Berovic en fait sûrement partie.
Slovène, mais ayant aussi des origines croates. Scientifique, professeur d’université et aussi peintre, photographe, chanteur. Amateur de vins, expert auprès de l’OIV, membre, président de jurys internationaux de vins, organisateur de tours de découverte de vins … Et gastronome, cuisinier par-dessus le marché ! Et père et grand-père de famille !
Passer quelques jours en sa compagnie est donc un privilège rare, garant de moments intenses. Cet homme ouvre toutes les portes, des grands domaines viticoles, des bonnes tables, des artisans de la gastronomie…
Un diner de grilllades au Peška Fond restaurant de Marko Pavlak à Primošten
arrosé d’un Maraština (vin blanc de la famille malvoisie), et d’un Babić 2016 de chez Gracin, est une excellente introduction à ce qui va suivre. Savoureux Babić, aux intenses arômes de prune et de mûre…
De sa petite maison de Šibenik, on rejoint rapidement Skradin, point d’entrée des fameuses chutes de la rivière Krka, joyau de la région. Ce banc en met bien en valeur les atouts..
A la Bibich Winery, nous sommes accueillis chaleureusement par Bojan.
Alen Bibich, récemment décédé, s’y est attaché à tirer le meilleur du cépage « debit », dont le nom proviendrait de la «dette» payée par les paysans lors de l’occupation napoléonienne. Mais bien d’autres cépages sont utilisés, dont les vignes sont réparties dans plusieurs terrains alentour : maraština, sauvigon blanc « fumée » pour les blancs ; Lasin, Babic, merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc pour les rouges. Des mets délicieux qui portent la marque de Vesna Bibich, cheffe réputée, accompagnent les crus qui se succèdent : Debit bilo « superstitious », « fumee blanc « Bas de Fain », Babic 2021, Lasin 2023 Sangreal (merlot), et les « stars » Aleph (2019, assemblage de type medoc) et Bas de Bas 2018 (assemblage merlot-syrah).
La visite en 2011 d’Anthony Bourdain, réalisateur de la série culte « No reservations », a fait connaitre Bibich à un large public aux USA où 70% de la production est aujourd’hui exportée.
A. Bourdain, à g., Alen Bibich, à droite
Sur l’île de Kaprije nous rendons visite à Zvonka qui nous attend avec des spécialités locales comme ces rolnice od patidžan (rouleaux d’aubergine farcis d’une préparation de poisson mariné).
Un équipement adapté à la température extérieure
C’est une oenologue à qui l’on doit la renaissance du Babić dans la région viticole de Primošten (« primoštenski Babić»), dont on va découvrir une variété de crus, en terminant en gloire avec un « Fumé blanc » GRGish Hills de Napa Valley 2003 rapporté d’un de ses voyages, bouteille qui attendait notre visite ?
La soirée se terminera joyeusement à Bodice chez l’ami Zeljko, toujours adepte du sabrage,
chez qui l’on goûtera notamment la sélection du roi de Suède, un vin qui atteint 16 degrés d’alcool.
Le domaine Testament a été créé en 2007 dans une ancienne zone militaire sur un terrain calcaire.
Son nom fait référence à l’histoire, à l’héritage reçu des ancêtres qui font du vin en Dalmatie depuis l’âge de bronze. Sur 50 hectares on y produit une grande variété de vins, principalement des rouges : Babić, Lasina (proche d’un pinot noir), Tribidrad (connu aussi comme Zinfandel, dit aussi primitivo en Italie). Et quelques blancs : debit, maraština, pošip.
L’ami Janesz a son exercice préféré
Martina nous fait goûter successivement une dizaine de crus,
bouteilles vieillies en mer
accompagnés de l’inévitable plateau de charcuterie…
Un plus tard en voici un autre, chez Ante Reljanovic,
un fameux producteur de jambons « pata negra » pour lesquels il détient un record de grandeur,
Il nous sert ensuite une peka, un plat riche cuit sous la cloche, conjuguant porc et poulet sur un lit de riz. On n’en viendra pas à bout ! (La peka (pèka) est une cloche de fonte qui a donné sont nom a cette spécialité. On place dans la cheminée un plat rempli de viandes et de pommes de terre, on le recouvre de la cloche en fonte, que l’on recouvre de braise. Et cela cuit ainsi pendant plusieurs heures.)
Avec son épouse Daniela, cet homme produit aussi du vin en petite quantité sur 1/2 hectare, mais d’une qualité incroyable. Son 100% merlot 2010 nous a conquis.
Dans la main droite d’Ante, Intanto, l’effervescent rouge slovène préféré de Marin
Comme si on en avait besoin, c’est encore à table que l’on termine la journée, avec Zeljko et sa bande de copains de Bodice.
Marin s’est mis d’accord avec le chef sommelier, Jure, qui servira les vins qu’il a apportés : pinot noir rosé effervescent, maraština, lucica 2008 (debit, le meilleur de Bibich), Pignol 2001 (vin de Vénétie), et Intanto bien sûr pour finir.
Cette virée vaut bien un haïku :
La fête est finie, il va falloir s’en remettre, merci mon ami !
Mais non, la fête n’est pas finie, elle continue à Drnis ! sans nous…
Voici deux territoires, aux confins sud de la Chine, qui cultivent chacun ses particularités.
Hong Kong, urbanisaton de 8 millions d’habitants, où s’empilent tours et centres commerciaux sur un chapelet d’îles montagneuses, qui n’a plus grand chose à voir avec celle relatée par Joseph Kessel en 1955.
« D’un côté, la moderne forteresse anglaise, dernier maillon de la « chaîne de citadelles » britanniques, et port de contrebande où circule sans mal l’opium, cette « boue étrangère » haïe par Pékin. De l’autre, l’ancestrale colonie portugaise, « lupanar, repaire de la drogue et tripot fantastique ». Soit deux lieux de débauche et de légendes, peuplés de bourlingueurs, de prostituées et de besogneux. Deux recoins du monde jumeaux, où la détresse des hommes voisine avec des paysages d’une accablante beauté… « (merci l’Express)
Macau, territoire minuscule, paradis des casinos et des joueurs. Tous deux, ex-colonies cosmopolites. La vigne n’y pousse pas mais le vin y a des amateurs.
à gauche Filipe, président de la Confraria dos enofilos de Macau
A Hong Kong cette fresque de rue surprend.
Il y a comme un écho avec cette parodie animalière que nous a transmis l’ami Edward.
Au Museum of Art, un beau panorama des arts millénaires de la Chine. Ces ladies goûtent du vin (anonyme, vers 1810)
ladies tasting wine (encore faudrait -il savoir ce qu’on entend par vin, souvent de riz en Chine)
Ce n’est pas la vaisselle qui manque : jarres, gobelet couvert, coupes de l’époque de la dynastie Han (-200 +220)…
Parmi des centaines de fioles à parfum nous avons déniché celle-ci qui atteste la présence de raisin (elle ne mesure pas plus de 8 cm)
A la boutique du musée on peut se procurer cette carafe de William Morris
Un peu plus loin le musée M+ s’intéresse aux temps modernes.
la maison Veuve Amiot est « Créateur de bulles » depuis 1884. On en buvait en Chine dans les années 1900-1910 ! Cette affiche dont l’auteur n’est âs identifié date de ces années.
Avec ce « Nanshan Restaurant », Li Zanhyang (né en 1969) prend plaisir à mettre en scène de simples gens prenant du bon temps à Chongqqing
Avec cette scène de 2015 intitulée China Lake, où une joyeuse compagnie trinque les pieds dans l’eau, Zhao Bandi (né en 1966 à Pékin) réussit à nous surprendre.
Saluons le collectionneur suisse Uli Sigg qui a fait don au Musée Plus de sa collection d’oeuvres d’artistes chinois réalisées dans les années 1995-2010, transmettant des émotions de cette époque de profondes transformations.
En haut de l’International Commerce Center – plus haute tour de Hong Kong (484 m), voici quelques vins proposés. En rouge il y a un peu de tout, mais pour les rosés, la Provence est reine ! (les prix sont en HK$, soit 0,11€ environ)
De l’autre côté du bras de mer séparant l’île de Hong Kong du continent, l’Héritage Museum présente des pièces antiques et modernes, comme cet ustensile à boire du vin, représentant un animal (dynastie Zhou, premier millénaire BC)
Celui-ci est plus récent (dynastie Han, entre -200 et +200)
Cette cruche à tête de coq en céladon verni est à peine plus récente (dynastie Jin 265-420)
et cette carafe à vin avec son bac de réchauffement est quasiment moderne (dynastie Song, 960-1279)
Ces vitraux viennent de la résidence, fusion d’architecture occidentale et chinoise, de Ronald Poon, un collectionneur qui en fit don à l’Heritage Museum.
Jin Yong est un auteur contemporain (1924-2018) de romans de cape et d’épée qui a connu un succès phénoménal à Hong Kong, puis dans toute la Chine. Que boivent donc ses héros ?
Sur l’ile de Macao toute proche, où le commerce de vins bat son plein pour régaler les joueurs, on n’a pu en savoir plus sur cette cave à vins que les quelques tableaux en vitrine