Boire, ou ne pas boire… avec Boris Grebenchtchikov

Curieuse figure que celle de Boris Borissovitch Grebenchtchikov, « БГ », un des fondateurs dans les années 70 de la scène rock russe avec son groupe Akvarium, considéré aujourd’hui comme le grand-père du rock russe. Emule des Beatles et de Bob Dylan, compositeur prolifique,  « le plus grand poète-chanteur en langue russe vivant »  s’est intéressé aux philosophies orientales, et vit actuellement entre Paris et Londres quand il n’est pas sur la route avec son « never ending tour » à la mode dylanienne.

Ces jours-ci il chante à Marseille au théâtre Toursky (le 4),

et les 12 et 13 décembre il sera au Studio de l’Ermitage à Paris.

Avec la fougue de la jeunesse il a chanté la bière bien fraiche (Холодное пиво) : Album Арокс и Штёр  1982-86 )

 

Bière fraîche, tu peux me sauver. Bière fraîche, Je n’arrive pas à te trouver.

Холодное пиво,

ты можешь меня спасти.

Холодное пиво,

мне до тебя не дойти

Quelques années plus tard, il chante encore cette chanson, avec moins de fougue peut-être.

Les années passent, voici Gertrude (Album : Кострома Mon Amour, 1994).

Un cheval à tête de femme parcourt la ville, quelqu’un lui dit : « Ne buvez pas de vin Gertrude, boire n’embellit pas les femmes. A te saouler tu ne feras que dégoûter tes compagnons et amis. Accroche toi à l’ancre, elle ne te lâchera pas. Et si tu comprends que le Samsara est le Nirvana, alors toute tristesse passera. »

On pourrait croire la chanson inspirée par Hamlet (Gertrude, mère d’Hamlet, boit le vin destiné à empoisonner son fils). Cette splendide animation fait plutôt référence au Pays des Merveilles de Lewis Carroll

Не пей вина, Гертруда, Пьянство не красит дам. Напьешься в хлам – и станет противно Соратникам и друзьям.

Dans cette chanson, il est déconseillé aux femmes de boire. Quant aux hommes….

Dans les années 2000, le ton change, avec l’album Беспечный русский бродяга (le Vagabond russe insouciant ) paru en 2006, avec trois chansons mettant en scène le buveur insouciant, l’alcoolique obstiné (стаканы : les verres) et l’adulte résolu à s’en sortir (Мама, я не могу больше пить : Maman, je ne peux plus boire).

Мама, я не могу больше пить : Maman, je ne peux plus boire

Maman, je ne peux plus boire, Les patriotes diront que je suis faible, que je trahis ma patrie…
Mais je ne veux plus vivre dans le mensonge..
Le démon Alcool est à chaque porte

 Беспечный русский бродяга : le vagabond russe insouciant

Je suis un vagabond russe insouciant.
Depuis les rives de la Volga
J’ai mangé ce qu’on m’a donné et bu ce que Dieu m’a donné.
Aux chants du rossignol et du loriot.

J’ai bu à Saint-Pétersbourg et j’ai bu à Moscou.
J’ai bu à Kostroma et à Ryazan.
J’ai bu du Lagavulin et j’ai bu du Lafroig.
J’ai pris de l’herbe et des champignons…

Je me souviens que j’ai été tenté par un démon.
J’ai été tenté, bien sûr, mais je n’ai pas cédé.

Où que j’aille, il y a l’Eden tout autour.
Car je suis un vagabond russe insouciant.

Cтаканы : les verres

Ну-ка мечи стаканы на стол…
Все говорят, что пить нельзя,
А я говорю, что буду.

Jetez les verres sur la table. ..
Ils disent tous qu’ils ne faut pas boire,
mais moi je dis que je boirai.

Tôt le matin, quand il fait encore nuit
Et que tout le monde est encore au lit,
Pour savoir où aller,
Et comprendre pourquoi,
Descends tes cent grammes de vodka 
Et tu atteindras tes objectifs.

« БГ » a écrit des centaines de chanson ns, on trouvera leurs textes, avec des traductions en anglais, français, etc. sur le site lyricstranslate.com

Le calendrier des concerts est sur bg-aquarium.com/en/concerts

Pour aller plus loin : voir ici un article sur le rock en Russie

Les trois tailleurs (comptine alsacienne)

Es reiten drei Schneider wohl über den Rhein… Trois tailleurs au bord du Rhin…

Voici une comptine exhumée par l’ami J.C. Keck. Est-elle vraiment alsacienne ? Sans doute, mais pas que, et elle existe sous diverses variantes dans toute la vallée du Rhin.

C’est l’histoire de trois tailleurs (ou de jeunes gens, des cavaliers..) désargentés, qui s’arrêtent dans une auberge car ils veulent boire du vin, qui font des tours de magie à l’aubergiste lequel, pour les remercier, leur offre un dé à coudre de vin.

En voici une version dans un recueil paru en 1852 (Des Mägdleins Dichterwald: Stufenmäßig geordnete Auswahl deutscher Gedichte …);

On trouvera une autre version plus facile à lire sur www.lieder.net

Le texte serait de Ludwig Uhland (vers 1840) et la mélodie de Friedrich Silcher, apprend-on sur le site deutscheslied.com

On pourra l’entendre dans ce pot-pourri de chansons à la gloire du vin du Rhin, à 4mn:58s

Bacchanales classiques

« Charmant Bacchus, dieu de la liberté, tu nous permets de rire ».

Cette citation tirée du Platée, ballet bouffon de J.Ph. Rameau, résume bien l’intérêt pour la mythologie et singulièrement pour Bacchus, des classiques depuis la Renaissance.

Les Bacchanales, les voyages et aventures de Bacchus (retour des Indes, rencontre d’Ariane, etc.) sont un sujet central de l’art du 17ème siècle où elles offrent un espace de liberté. Car « ces sujets d’origine antique, donc respectables, permettaient d’aborder des thèmes difficiles pour des raisons de morale ou de décence : le rire grotesque, la débauche, l’ivresse. »

C’est ce qu’a voulu expliciter Philippe Malgouyres, Conservateur en chef du Patrimoine au Louvre, lors d’une conférence donnée au Musée du Vin de Paris le 13 novembre dernier.

Après un rappel historique sur les cérémonies bachiques importées à Rome depuis la Grèce, célébrées nuitamment dans les bois, les participants ont eu le privilège de voir sur grand écran une sélection d’oeuvres des plus grands peintres,  depuis  les italiens Mantegna,

Bacchanale à la cuve, plaque gravée, Mantegna, vers 1458

Bellini, Titien,

Bacchanale des Andriens, Titien vers 1526

Carracci… 

Triomphe de Bacchus, voûte du Palais Farnese, Carrache,1595

jusqu’à Rubens et Poussin, lequel se détache singulièrement, avec son cycle de bacchanales, commande du Cardinal de Richelieu…

la grande bacchanale (bacchanale à la joueuse de guitare, N.Poussin vers 1628)
bacchanale devant une statue de Pan, N.Poussin, vers 1631

Les sarcophages antiques aux riches bas-reliefs sont la source majeure d’inspiration.

On retrouve les thèmes du triomphe de Bacchus, rentrant victorieux d’Orient, accompagné de son fidèle Silène quand ce n’est pas le dieu Pan, Priape ou Venus, ou rejoignant Ariane à Naxos, entouré de ces « putti » (petits enfants) vendangeurs, de bacchantes dénudées, de faunes et de satyres entreprenants.

Le thème des bacchanales ne s’arrête pas à l’époque classique. Il en est de modernes, comme on a pu le voir à Bordeaux il y a quelques années avec l’exposition le vin et la musique à la Cité du Vin en 2018), ou celle intitulée les bacchanales modernes au Musée des Beaux Arts en 2016. On peut voir aussi des putti vendangeurs sculptés sur des immeubles fin 19ème-début 20ème , un peu partout à Paris.

Signalons pour terminer une exposition Poussin et l’Amour, qui comprendra un volet Picasso Poussin Bacchanales. Elle vient de commencer au Musée des Beaux Arts de Lyon (jusqu’au 5 mars, voir le dossier de presse).

King Arthur

C’est une version rafraichissante du »semi-opéra » de Purcell, bien connu pour sa scène du froid mais pas que, que l’on peut voir ces temps-ci à l’Opéra de Versailles.

Le spectacle, dirigé par Hervé Niquet et mis en scène par Dino et Shirley, tourne depuis des années et fait penser aux Monty Python ou mieux, à Kameloot ! Hervé Niquet s’explique (texte complet là) :

« Lorsque j’ai décidé de remonter le King Arthur avec Le Concert Spirituel, il a fallu faire un choix : en effet, la partie musicale de cette oeuvre ne représente qu’un tiers de l’ouvrage original. Ce n’est qu’un commentaire disséminé tout au long de la pièce de Dryden, ce qui explique, si on lit le livret, le peu de rapport existant entre chaque tableau de ce King Arthur. J’ai préféré ne conserver que la musique de Purcell et vous la proposer sous la forme d’un divertissement entrecoupé d’intermèdes assurant les liaisons du spectacle.

Qui pouvait assurer mieux que Corinne et Gilles Benizio (alias Shirley et Dino) le rôle périlleux de metteurs en scène et de fantaisistes, de cet opéra sans queue ni tête afin de vous prouver que les chanteurs de Purcell sont les proches cousins des Monty Python ?
J’ai donc réinventé une histoire qui fonctionne sur les seuls fragments musicaux du King Arthur. Il ne s’agit plus d’un affrontement entre Arthur le Breton et Oswald le Saxon pour obtenir la main d’Emmeline, mais des épisodes du règne d’Arthur entre batailles et châteaux. »

Le DVD qui en a été tiré semble indisponible, mais on peut trouver l’enregistrement en ligne :

Dans la version originale, Arthur, roi des bretons, assisté de l’enchanteur Merlin, est confronté à Oswald, roi des saxons, assisté du magicien Osmond. C’est Arthur qui triomphe, épouse sa fiancée Emmeline tandis que l’enchanteur Merlin fait surgir les îles britanniques…

Les lecteurs du Bon Clos trouveront dans l’oeuvre de Purcell deux airs intéressants : l’appel des Saxons au Woden’s Hall ( au 1er acte (à 0h:15mn:00s). Il est savoureux d’entendre les Saxons se réjouir de boire le breuvage qui rend les Bretons hardis : la potion magique, déjà ?

I call, I call, I call you all
to Woden’s Hall
Your temples round,
With Ivy bound
In goblets crown’d
And plenteous bowls of burnish’d gold
Where ye shall laugh and dance, and quaff
The juice that makes the Britons bold
Je vous convie, vous convie, vous convie tous
Dans le temple de Woden
Où , le front ceint
et couronné de lierre tressé
Vous rirez, danserez et boirez
Dans des coupes d’or poli et bien remplies,
Le breuvage qui rend les Bretons hardis.
texte et traduction du site http://musicalis.jj.free.f

et l’invitation de Comus, dieu des libations et des banquets, à fêter les moissons : « We ‘ll toss our ale till we cannot stand », à l’acte V (à 2h:00mn:56s)

We’ll toss our ale, till we cannot stand ;
And heigh for the honour of old England ;
Old England, old England 
Nous allons avaler d’un trait notre bière, jusqu’à en perdre l’équilibre
Hé ! mais c’est pour rendre hommage à notre vieille Angleterre.
Vieille Angleterre, vieille Angleterre…

Voir ici l’analyse des arts florissants, et la partition chantée en video (I call à 9mn:50s)

Drinkin’wine with Jerry Lee

L’immense Jerry Lee vient de tirer sa révérence, à 87 ans. Ce pionnier du rock, surnommé « the killer », avait chanté dans les années soixante « Drinkin’ wine Spo-Dee-o-dee….

En voici une autre version, live à Memphis Tennessee. Un pianiste fabuleux qui joue… même avec les pieds !

La chanson vient de loin. Elle aurait été entendue à l’armée par Stick McGhee qui en donna la fin des années 40 une version R&B avec ses Buddies.

puis plus tard par Johnny Burnette et son Rock’n Roll Trio

Les paroles varient d’une version à l’autre…

Down in New Orlean, where everything is fine
All them cats is drinkin’ that wine
Drinking that mess to their delight
When they gets drunk, start singing all night
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Drinking that mess to their delight
When they gets drunk, start fighting all night
Knocking down windows and tearin’ out doors
Drinkin’ half a gallons and callin’ for more
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Hoy, hoy, hoy
Wine, wine, wine, Elderberry
Wine, wine, wine, or Sherry
Wine, wine, wine, Blackberry
Wine, wine, wine, half an’ half
Wine, wine, wine, oh boy
Pass that bottle to me
If you wanna get along in New Orleans town
Buy some wine and pass it all around
Age runs up for tonight
All those cats they love sweet wine
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Hoy, hoy
Wine, wine, wine, Elderberry
Wine, wine, wine, or Sherry
Wine, wine, wine, Blackberry
Wine, wine, wine, half an’ half
Wine, wine, wine, oh boy
Pass that bottle to me
Drink that slop
That’s what I’m talkin’ about
Ah, drink it
Sneaky Pete
Now down on Rampart street at Willy’s Den
He wasn’t selling but a little gin
One cat wanted a bottle of wine
He hit that cat for a dollar and a dime
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me
Hoy, hoy
Wine, wine, wine, Elderberry
Wine, wine, wine, or Sherry
Wine, wine, wine, Blackberry
Wine, wine, wine, half an’ half
Wine, wine, wine, oh boy
Pass that bottle to me
I’ve got a nickel, have you got a dime
Let’s get together and get a little wine
Some [Incomprehensible]
And some [Incomprehensible]
Oh when you’re buying sharing, now you’re doing things smart
Drinkin’ wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Wine spo-dee-o-dee, drinkin’ wine, bop ba
Pass that bottle to me

source: https://www.lyricsondemand.com/s/stickmcgheelyrics/drinkinwinespodeeodeelyrics.html

Pendant qu’on y est, en voici deux autres dans la même veine de Stick McGhee

Head Happy With Wine

et  Drank Up All The Wine Last Night

Bye bye Jerry ! (Stick Mcghee et Johnny Burnette sont morts jeunes dans les années 60)

Art shopping again

Voici revenu au Carrousel du Louvre ce salon commercial où se croisent artistes du monde entier, oeuvres bling bling et parfois des petits joyaux. Du vertige de parcourir les milliers d’oeuvres exposées émergent quelques unes qui nous touchent.

Voici un « verre à moitié plein », de l’italienne Arianna Pignatelli, également tatoueuse de talent, dont on a pu retrouver aussi une version en cours d’élaboration.

L’américaine Brittany Faning, qui a longtemps vécu en Corée, pointe la coexistence du plaisir et du danger avec ce « Pinot Gris et volcan »

Pinot Grigio and a volcano

et ce jeu avec un alligator

poking the alligator détail

Le coréen Youngil Hwang , avec sa série « waiting for myself » interroge notre espèce où chacun est confronté à ses choix de vie. Tous ses personnages portent un coeur sur l’oeil gauche.

La roumaine Smagdan (Magdalena Stanescu) a fait alliance avec le Clos de la Bierle, un domaine du Bugey qui produit un fameux « Frizant » de Cerdon du Bugey, médaillé plusieurs fois et sacré « meilleur vin du monde » ( Il fut même servi en 2014 au Président Xi lors d’un dîner de gala à l’hôtel de ville de Lyon).

Tout un stand à la gloire de ce rosé de Gamay pétillant !

California drinking song

Merci à nos amis californiens Jo Ann & Charlie, de passage à Paris, qui nous ont fait connaitre cette chanson populaire dans les milieux estudiantins de San Francisco.

En voici une version par les UC Men’s Octet

et voici celle du University of California Marching Band

La chanson est attestée dès 1939. Les paroles peuvent varier d’une version à l’autre.

Oh, they had a little party down in Newport;
There was Harry, there was Mary, there was Grace.
Oh, they had a little party down in Newport,
And they had to carry Harry from the place. 

Oh, they had to carry Harry to the ferry,
And the ferry carried Harry to the shore;
And the reason that they had to carry Harry to the ferry
Was that Harry couldn’t carry any more. 

For California, for California,
The hills send back the cry,
We’re out to do or die,
For California, for California,
We’ll win the game or know the reason why. 

And when the game is over,
We will buy a keg of booze,
And drink to California
’till we wobble in our shoes. 

So drink, tra la la,
Drink, tra la la,
Drink, drank, drunk last night,
Drunk the night before;
And I’m gonna get drunk tonight
Like I never got drunk before;
For when I’m blitzed, I’m as happy as can be
For I am member of the Souse family. 

Now the Souse family is the best family
That ever came over from old Germany.
There’s the Highland Dutch, and the Lowland Dutch,
The Rotterdam Dutch, and the Irish. 

Sing glorious, victorious,
One keg of beer for the four of us.
Sing glory be to God that there are no more of us,
For one of us could drink it all alone. Damn near.
Here’s to the Irish, dead drunk.

The lucky stiffs, they had 4 fifths
and a sixpack too, of Irish brew
and there was grandma swingin on the outhouse door
without her nightie and grandpa yellin
more more more, for she was nude.

Voir des informations détaillées sur le site calband.berkeley.edu

A Madère

Réputée pour son vin fortifié adoré des Anglais mais peu considéré, dit-on, par les Français, cette île portugaise située dans l’Océan Atlantique à hauteur du sud du Maroc étonne par son relief volcanique, sa végétation luxuriante, et ses traditions.


C’est au cours d’un séjour découverte parrainé par la Fédération Internationale des Confréries Bachiques et organisé par la Confraria Enogastronomica da Madeira que nous avons eu la chance de la découvrir.

La confrérie, fondée en 2000, a pour mission de défendre, préserver, promouvoir, diffuser, honorer et mettre en valeur le patrimoine œnogastronomique de la région autonome de Madère, y compris ses coutumes et pratiques, ses traditions et les techniques et technologies inhérentes à leur production.

de g. à d: Gregorio Freitas, ex-président ; Lino Dionisio, ambassadeur ; Alcides Nobrega, président ; Olga Mendes, VP

Le costume comporte une cape rouge à rabat beige, inspirée du costume des juges de Madère du XVIIIe siècle ; sur la tête, la «Carapuça», la casquette madérienne, et autour du cou, un ruban beige avec des broderies d’animaux différents et une tomboladeira en forme de demi-barrique.

A chaque repas la devise « Comer e beber e divinal » est proclamée.

(On pourra aussi lire une relation de ce « séjour-découverte » sur le site de la FICB.)

Mais parlons du vin de Madère. Le marché de l’Angleterre, de sa marine et de ses colonies, a été sa chance. C’est un vin issu des cépages Malvoisie, Boal, Verdelho et Sercial pour les plus prestigieux, fortifié (à l’alcool de canne au départ, de raisin aujourd’hui), étuvé, et élevé en contact avec l’air dans des barriques. Il en est des secs, demi-secs, demi-doux et doux, des « blended » (assemblés), plus ou moins vieillis en fût, et des millésimés, les plus recherchés.

Blandy’s, mais aussi Henriques et Henrique, Luis Pato, Barbeitos, etc. sont des producteurs réputés.

Une dégustation chez Blandy’s, un des plus importants producteurs. Chaque cépage avec un chocolat approprié ! (de g. à dr. Sercial (sec), Verdelho (demi-sec), Boal (demi-doux) et Malvasia (doux))
les principaux cépages

Instruments anciens, et foudres toujours en service chez Blandy’s

pressoir à l’ancienne

Un témoignage de l’ancienneté de la réputation du vin de Madère.

Ces fresques ornent la salle de dégustation.

Et voici quelques publicités anciennes.

Accueil en musique à l’Adaga da Quinta, à Camarão dos Lobos. Foulage du raisin, brochettes et beignets de sabre.

quem não fuma, quem não bebe, que alegria pode ter ?

A cachaça alegra a gente
O fumar nos da prazer
Quem nao fuma , quem nao bebe
Que alegria puede ter
?

(Paroles trouvées sur
https://issuu.com/acclleopoldina/docs/trovas_populares_de_alagoas_-_theo_/31)

Au marché central de Funchal, cette « caraferie » a un drôle de plafond.

A la Quinta do Barbusano, dégustation des vins locaux (de table, non madérisés). Les vignes, à hauteur d’homme, laissant l’espace libre pour d’autres cultures au sol, sont vendangées à la main sur ces terrains pentus.

Un déjeuner dans une maison de particulier permet de découvrir le « panelo », sorte de potée des lendemains de fête, posée à même la nappe sur un lit de feuilles de chou, et qui a sa chanson !

O panelo ja chegou, bem de madrugada, vai bebendo devagar pra nāo tomares uma mamada… Deixa-me beber em paz, uma bebedeira não e nada, para o ano venho aqui curar esta mamada…

Madeira produit aussi du rhum, comme Engenhos do Norte à Porto Da Cruz, dont la machinerie marche encore à la vapeur.

Ce rhum est la base de la poncha, apéritif fait de rhum, additionné de jus de citron et miel, ou encore de jus de fruit.

A Arco de São Jorge, petit village posé sur une falaise au nord de l’île, un concentré des attributs de l’île :

la roseraie de la Quinta do Arco, à Arco de S. Jorge

mer, fleurs, vignes,

vieille rhumerie,

azulejos à la gloire du rhum (poème d’un poète paysan)

le poème est signé : feiticeiro do norte

et un petit musée du vin…

où l’on peut voir le « borracho » (outre de 45 litres en peau de chèvre servant à transporter le moût ou le vin à dos d’homme) et les borracheros en action

Ne quittons pas Madère sans visiter la Quinta das Cruzes, ancienne demeure du découvreur de l’île Zarco, et voir quelques oeuvres pouvant intéresser les lecteurs du bon clos.

Cette intaille, en pâte de verre imitant le nickel, qui devait servir de sceau, mesure moins de 2 cm de long et date du 18ème siècle, 

Scène de taverne d’auteur non identifié : l’une boit, un autre fume, un troisième se tait…

Voici aussi une treille marine

et d’intéressantes gravures qui racontent l’histoire du transport du vin, et dont on a retrouvé des bonnes reproductions tirées du livre « History of Madeira »

sur le site https://www.traces-h.net/costumes/madere-1820-11.html qui donne de nombreuses explications.

Adeus Madeira, e muito obrigado aos nossos anfitriões

de g. à dr. Carlos Soares, Marcio Ribeiro, et Lino Dionisio

e anfitriã!

Dina Silva

Gillette de Narbonne

C’est une opérette composée par Edmond Audran sur un livret d’Alfred Duru et Henri Chivot, que l’on peut voir ces jours-ci à l’Auguste Théâtre, montée par la Compagnie Fortunio.

Représentée pour la première fois le 11 novembre 1882 au Théâtre des Bouffes à Paris, son livret est inspiré d’une nouvelle du Décaméron de Jean Boccace : La femme vaillante, qui raconte la revanche d’une épouse sur son mari volage et inconséquent.

Si nous en parlons, c’est qu’il s’y trouve un bref air à boire qui a sa place ici.

En joyeux et bons militaires, buvons, chantons, festoyons mes amis !
Ici gaiement vidons nos verres, en attendant les ennemis !

En voici un enregistrement par la classe de chant du conservatoire de sarreguemines en 2017

Il faut aller voir ça ! Digué lé que vengué mon bon !

Pour les amateurs, la partition complète est sur Gallica

Avec les francs-mâchonnes et francs-mâchons à Montmartre

Officiellement, ce sont quatorze associations (*) qui se sont donné le mot pour organiser ce mâchon de rentrée le lundi 12 septembre à la Bonne Franquette, adresse réputée de la Butte.

aimer, manger, boire et chanter : la devise de la bonne franquette

Il s’agissait une fois de plus de célébrer la parution de « J’aime la saucisse« , d’Emilie Greenberg, « plus qu’un livre de cuisine, un mode de vie ! »

Nombreux étions nous à nous être levés tôt pour nous retrouver à l’heure où d’autres prennent leur petit déjeuner, un verre de Sauvignon blanc frappé ou de merlot lyonnais à la main,

prêts à trinquer avec le têtes connues et inconnues, non sans avoir échangé un rapide « ça va ?« , et à faire honneur aux charcutailles proposées à foison : mortadelle de Bologne, rosette à l’ancienne de Colette Sibilia, pâté basque, spianata piccante (pas tant que ça) de Calabre, andouille…

Chez les franc-mâchonnes on ne garde pas son drapeau dans sa poche

A table, ce sont, arrosées de beaujolais rouge et blanc, quatre recettes de saucisse qui furent proposées : Francfort et Strasbourg en choucroute, végétale aux spaghettis, Toulouse aux pochas (= haricots, sortes de coco), et montbéliarde aux lentilles cuite au gène (= marc de raisin en pays beaujolais) de Brouilly.

L’intronisation de l’héroïne du jour Emilie Greenberg, autrice de Vive la saucisse, dans la confrérie des compagnons du Beaujolais fut largement applaudie.

De même que Charlie, venu avec sa guitare chanter « les copains d’abord » , « le petit vin blanc » et bien d’autres airs festifs.

Est-ce l’effet des boissons ingurgitées ? Nous avons fait en sortant une drôle de rencontre dans les rues avoisinantes…

Merci à tous, organisateurs, restaurateurs, vignerons, participants pour cette belle fête.

(*) liste des organisations participantes :

Le devoir parisien des compagnons du Beaujolais
La confrérie de Saint-Juliénas des Prés
L’association des bistrots et cafés de France
La sélection de Montmartre des Beaujolais
La commune libre de Montmartre
L’Académie Rabelais
La commanderie du clos Montmartre
Le clos des Arènes de Lutèce (200 pieds de vigne y ont été replantés)
Le clos de la Doyenne
L’Amicale du Gras (fondée en 2014)
Les joyeux mâchonneurs du Vaudésir
Le club de la saucisse libre
L’Amicale du sauciflard (désigne chaque année le meilleur saucisson de France)
Les Vegans dépressifs !!!