Le jeu de l’oie du vin

Voici un jeu de l’oie peu commun découvert par l’ami François.

De case en case, on apprend que le vin est une boisson saine et fortifiante,essentiellement française, qu’il donne la joie, l’agilité, qu’il préserve du cancer… et que l’esprit de la Race vient du vin …

Il fut publié sans doute vers 1935 par le « Comité de Propagande en faveur du vin ».

Cette organisation fut créée en 1931 par le ministère de l’Agriculture, sous l’impulsion notamment du « député du vin » Edouard Barthe.. Elle contribua début des années 50 à la rédaction d’ouvrages comme le Bréviaire de l’amateur de vins (par A.Mournetas et H.Pélissier), « le Vin de France dans l’histoire » de Roger Dion, et soutenait des organisations comme les « médecins amis du vin de France » (cf https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2005-1-page-52.htm)

C’était une toute autre époque ! Il fallait mener le combat contre l’alcoolisme, et en même temps soutenir la production viticole.

Le site pau.fr rapporte une réception tenue à Pau en 1933 par le Comité de propagande : en voici le conséquent menu proclamant les devises du vin, qui dissipe la tristesse, réjouit le coeur…

A bon vin, point d’enseigne ! Après bon vin, meilleur cheval !

Voici quelques autres productions du comité de propagande.

Etroitement associé au Comité National des Appellations d’Origine (CNAO, qui deviendra plus tard l’INAO), il conduit un nombre impressionnant de manifestations, notamment en 1937, année de l’Exposition Universelle.

Ainsi peut-on lire dans la synthèse de Florian Humbert sur l’histoire de l’INAO :

Rallye Bacchus le 16 juin, réception du Congrès international du Pen-Club (regroupant des écrivains du monde entier) le 20 juin, réception de l’Association des Maires de France le 8 juillet, 3ème Congrès mondial de la publicité du 5 au 10 juillet, réception des congressistes « Santé Publique » le 9 juillet, dîner des Médecins amis des Vins de France le 22 juillet, réception des Inspecteurs et contrôleurs principaux de la viticulture le 21 juillet, des Cavaliers de Camargue le 23 août, du Congrès de l’Union interparlementaire le 3 septembre, de divers groupes folkloriques de France, des médecins Franco-Tchécoslovaques le 13 octobre, participation à la Fête des vendanges provençales le même jour, réception de l’Association de la Presse de l’Est le 19 octobre, des Conseillers du Commerce extérieur le 25 octobre, de l’Ordre du Tastevin le lendemain, ou encore du Président de la République Albert Lebrun le 29 octobre511. Le CNAO est par ailleurs à l’initiative de dégustations gratuites organisées à la Fontaine du vin. Le 29 novembre, il participe à la Soirée de gala du concours du Grand Prix de la Chanson Bacchique de 1937 *. Il organise enfin une série de concours de dégustations réservés à diverses professions : le 26 octobre, sous la direction du Directeur du Moniteur vinicole, des journalistes sont invités à goûter 10 vins et à déterminer leur origine ; le 3 novembre, avec l’aide du journal L’Auto, les sportifs sont à l’honneur ; le lendemain un concours est organisé entre les sommeliers des restaurants de Paris ; le 6 novembre, les artistes de théâtre et de cinéma doivent reconnaître 6 vins.

On pourra trouver la relation de ces événements dans le Bulletin International du Vin de juin 1938 pp 41-44

Qu’en est-il aujourd’hui de ce comité ? On relève qu’en 1967 (JO du 30 juin 1967, n° 151 p 6591), le ministère de l’Agriculture nommait encore pour 2 ans, M.Lalle vice président du CVPFV.

Le vin fut proscrit des écoles primaires en 1956, puis des lycées en 1981. En 1990, ce sera la loi Evin, interdisant toute publicité pour les vins et alcools. Gageons que le comité de propagande en faveur du vin disparut alors de l’organigramme.

Au Clos Nenesse

Quelle plus belle occasion que ce jour du vin nouveau pour rendre visite à l’ami Jean-Pierre Dutilheul dans son Clos Nenesse.

Situé aux alentours d’Etampes, ce clos longiligne d’une cent-cinquantaine de pieds (de Gaillard 2, un enfant de Noah (principalement), pinot noir et baco)a été planté par son père, il y a quelques lustres.

Jean-Pierre s’est inscrit dans sa suite et faisait déguster aux amateurs ses crus 2015 à 2020,

Au centre Jean-Pierre Dutilheul, avec à sa droite le président de Cocorico Michel Devot

agrémentés de saucisses marinées, tomme de Savoie affinée au marc, et bien d’autres bonnes choses.

On pouvait y faire de belles rencontres comme celle de cet autre Jean-Pierre

producteur, à Méréville aux confins de l’Essonne, d’un petit cabernet-sauvignon intéressant.

Et c’est le coeur joyeux que l’on a rejoint ensuite les fêtards clamartois réunis aux trois garçons par le Président Marcel pour célébrer le vin nouveau

Marcel au verre de rouge (rare)

en chansons avec Bernard à l’accordéon.

Au coup d’état

C’est une petite brasserie à Versailles qui porte ce nom, et dont la décoration est remarquable.

On y trouve en effet une adaptation de » La liberté guidant le peuple« , de Delacroix, où fusils, sabres et pétoires sont remplacés par chopes, bouteilles et guitare…

sous l’oeil du maître et de son orpheline, assis devant une bouteille d’absinthe.

Remarquables aussi les héros de la liberté qui l’entourent : Mandela, Gandhi, Zapata, Geronimo et Walesa, géants résistant au temps, qui nous parlent en creux des icônes disparues…

Etonnant, non ?

Le tableau est signé Stefberg (Stéphane Bergougnou ?), « artiste peintre décorateur » dont on peut voir quelques oeuvres sur Instagram.

Au Symposium des vignes d’Ile de France à Auvers/oise avec Cocorico

Il s’est finalement tenu, ce Symposium tant attendu. Nulle nième vague ne l’a contrarié, et quelques vingt-cinq confréries et associations franciliennes s’y sont retrouvées, dans ce joli village d’Auvers/Oise, pour partager des connaissances, parader, admirer des oeuvres artistiques mais aussi trinquer, faire bonne chère et la fête.

Si l’on se replace en novembre 2020, date où le comité d’organisation s’est pour la première fois réuni, il fallait avoir un sacré optimisme pour investir dans ce projet.  Saluons donc Michel Devot, président de Cocorico, la municipalité d’Auvers/Oise et le Pressoir Auversois, association invitante, pour s’être lancés dans l’aventure.

Une fois montrée patte blanche (on aura compris qu’il s’agissait du passe sanitaire) la journée commença par des conférences sur des thèmes viticulturel, oenologique, historique, artistique et gastronomique.

Denis Boireau, un scientifique bien connu des amis du bon clos, fit le point sur les cépages résistants aux maladies de la vigne comme l’oïdum et le mildiou, fruits de recherches ancienne et récente,

et incita vivement les cultivateurs de vignes patrimoniales  à s’y intéresser. (Nous avons déjà visité son « arboretum » d’Epinay/Orge.)

Gabriel Lepousez, neurobiologiste, chercheur à l’institut Pasteur et concepteur d’une formation à l’Ecole du Nez de Jean Lenoir, fit sensation en décrivant précisément les fondements anatomiques et physiologiques de l’olfaction : 400 capteurs, situés dans l’épithélium olfactif, permettant d’identifier des milliers (potentiellement des milliards) de molécules, sont reliés aux neurones de la zone nasale du cerveau.

Encore faut-il avoir les bons gènes pour que ces associations soient activées. D’un individu à l’autre, on observe des seuils de sensibilité extrêmement variés, dans un rapport de 1 à 1000 voir plus. Le plus beau nez du monde ne peut donner que ce qu’il a ! L’entrainement n’y remédiera pas, mais il permettra (ce qui n’est pas rien) de mettre des mots sur ce qui est ressenti. Il décrivit également le phénomène de rétro olfaction, qui opère lors de l’ingurgitation et échappe donc aux dégustateurs qui recrachent le vin. Et il fit valoir que les neurones de la zone nasale du cerveau ont la faculté de se régénérer.

Michel Miersman, de la Confrérie du Clos Saint-Vincent de Noisy-le -Grand, est venu faire part de la démarche qui lui a permis d’écrire un livre sur 1300 ans d’histoire de la vigne et des vignerons de Noisy-le-Grand,

sans quasiment sortir de son bureau, tant il y a d’informations et de documents (comme le « terrier ») disponibles en ligne.

Robin Bourcerie, jeune musicien et musicologue auteur d’une thèse sur les airs à boire du 17ème siècle en exprima la substantifique moëlle en les situant dans le contexte des moeurs de l’époque : 

types de vins, circuits d’approvisionnement et lieux de consommation, en mettant l’accent sur l’explosion créatrice (des milliers d’airs publiés dont 2425 analysés dans sa thèse) et l’importance du cabaret.

Enfin Thierry Bitschené, de la confrérie du Brie de Meaux, a présenté son fromage d’élection au moyen d’un petit film,

et invité les participants à s’en faire une idée plus précise lors du déjeuner qui s’ensuivit.

Après le buffet campagnard, qui valait bien celui du temps béni des Galeries Barbès,

l’heure est venue de se mettre en tenue pour défiler dans les rues d’Auvers,

ci-dessus Jean-Claude Pantellini, président du pressoir Auversois, entre à gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers/Oise, et à droite Martine Rovira, maire adjointe

et, au son des corps de chasse du Rallye Vau-Vent

et des cabrettes, accordéons et vielles de la Bourrée Montagnarde,

rallier l’église,  immortalisée jadis par Vincent Van Gogh,

où une bénédiction attendait les quelques vingt-cinq confréries présentes.

C’est un autre Vincent qui tenait fièrement la bannière de Clamart.

De l’église, en longeant les vignes où sont Saint-Vincent et Bacchus,

, on partit vers la mairie où les véhicules du Vexin Classic paradaient à l’arrêt. On y retrouva la conseillère régionale Babette de Rozières, déléguée à la gastronomie, heureuse de retrouver les confréries.

Quelques heureux trouvèrent là une alerte guide pour explorer en privé les ruelles du village,

On aura reconnue Edith Monti, artiste peintre anversoise dont les lecteurs du bon clos ont déjà fait la connaissance et que nous remercions pour son accueil

découvrir le musée et les vignes Daubigny et pousser jusqu’à l’atelier du maître en  passant au pied de l’escalier de Van Gogh.

Le reste de la troupe put découvrir la médiathèque où le dessinateur humoriste Michel Roman

et les enfants des écoles exposaient leurs oeuvres artistiques et poétiques.

Enfin vint l’heure du diner servi par le traiteur Bernard Dieu et animé par Frank Dorès, Léna et leurs danseuses. 

Après les salamalecs et remerciements de tous ordres,

On reconnaitra au centre Pierre Douglas, avec sa gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers, puis J.C.Pantellini, président de Pressoir Auversois, et Michel Devot, président de Cocorico ; et à sa droite, Michel Mella, Jean-Pierre Gimbert, Marc Lesk, J.P.Faury et Martine Rovira, maire-adjointe

vint l’heure de la proclamation des résultats du concours des vins d’ile de France et de la remise des diplômes par l’accorte Edith Monti.

Le jury était présidé par Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde… 1992 et président de l’Union Française des Sommeliers, assisté de Laetitia Trouillet Martin, de l’institut oenologique de Paris. Avec  4 autres dégustateurs chevronnés, ils avaient eu à juger 51 vins des années 2019 et 2020, principalement des blancs, présentés par 23 confréries et associations, et ont décerné 3 médailles d’or, 7 d’argent et 8 de bronze et quelques prix d’encouragement.

Comme les résultats étaient annoncés en commençant  par les diplômes de moindre importance, l’on pouvait lire sur les visages des premiers nominés la déception d’être appelés si tôt, et sur ceux de ceux qui ne l’étaient pas encore l’espoir, de plus en plus ténu  au fur et à mesure des appels, de l’être pour une plus haute récompense… Dura lex sed lex!

les lauréats du concours des vins

Ce n’est pas si facile de faire un bon vin, le Bon Clos adresse ses félicitations aux médaillés, et ses encouragements à tous les participants !

On pourra voir les résultats complets sur le site de Cocorico.

En Roumanie

Voici un pays viticole dont on ne voit pas souvent les bouteilles sur nos tables, il fallait y aller pour en savoir plus !

C’est une fête,qui nous en a donné l’occasion, le Festival Cavaleresc al Vinului Romanesc organisé par le le Consulat Roumain de l’Ordo Equestris Vini Europae.

Elle a eu lieu du 1er au 3 octobre à Alba Iulia, Transylvanie,

Une visite des vignobles et chais de la société JIDVEI, propriétaire d’un domaine de 2500 ha dans la région d’Alba Iulia et sponsor du festival,

fut suivie d’une mémorable dégustation dans son chateau Bethlen-Haller sis à Cetatea de Balta .

Elle permit de découvrir les cépages locaux (notamment Feteasca Alba, régala, et neagra ; Budureasca )

la gastronomie roumaine,

(voir troisième et quatrième à partir de la droite, Sergiu Nedelea et Marius Farmazon, respectivement Ambassadeur et Consul d’OEVE Consulat Romania)

Sergiu est journaliste, formateur et dégustateur international

et le talent du chanteur et cymbaliste Romulus.

La fête se poursuivait le lendemain avec un défilé en costumes dans la citadelle d’Alba Iulia,

chevaliers roumains et… clamartois

Le Père Oliviu Botoi, un des rares francophones rencontrés en Roumanie, procéda à une bénédiction dans la salle historique de l’Union, où fut proclamée le 1er décembre 1918 l’union de la Transylvanie et du reste de la Roumanie,

Le diner, apothéose de la fête, permit d’approfondir la connaissance des vins et de la musique de Roumanie.

(ci-dessus les 3 chanteuses Adina Sima, Andra Oproiu et Luana Toader)

Remercions nos amis roumains, organisateurs de cette belle fête, de nous avoir donné l’occasion de découvrir leur beau pays, et ses vins. On en saura plus sur cette fête, qui se termina verres en main à pas d’heure et en chansons à l’hôtel Transilvania, en consultant le site de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques.

Une des appellations les plus réputées est celle de Cotnari, au Nord-Est du pays en Moldavie.

(à gauche, panneaux de sortie de ville ; à droite, la station de lavage de voitures de Cotnari)

Les grappes étaient mûres et les vendanges battaient leur plein.

Un peu plus au sud, à Odobesti, nous n’avons pu visiter les caves du Beciul Domnesc (Cave princière) construite au 15ème siècle sous Stefan cel Mare, le bâtiment historique étant fermé.

Mais sur le bâtiment qui lui fait fasse, une bouteillerie semble-t-il, une gigantesque fresque, aux personnages bachiques comme sortis d’un rêve, mérite le détour.

la signature est intrigante, qui nous éclairera ?

Ce tonneau a été vu à Cacica, au fond d’une mine de sel désaffectée.

Voici aussi quelques objets, horloge, tonnelets et fiasques, vus à Sighisoara, cité fortifiée de Transylvanie.

Ce couple qui s’amuse avec un verre de vin, vu au musée de Sibiu, est l’oeuvre de Caspar Netscher (1639-1684)

Ce tableau de Gheorghe Petrascu (1872-1949) vu à Brasov représente les chais de « la Nicoresti »

Cette femme au piano et au verre de vin a été vue dans l’ hotel Casa Iurca de Calinesti, à Sighetu Marmatiel (Maramures)

Terminons s ce tour de Roumanie par la visite d’un surprenant cimetière, à Sapanta (Maramures). Les tombes y sont ornées de stèles en bois peintes, représentant les activités des trépassés ou encore les circonstances de leur fin.

En voici un florilège pour les lecteurs du bon clos. Accros à la țuică ou à la palinka (terme local pour la gnôle), musiciens, barmen, cavistes, amateurs, ils sont tous là, peints avec tendresse et simplicité. Bonne visite, et paix à leurs âmes !

C’est en 1935 qu’un artisan local lança cette « mode », renouant ainsi avec d’anciennes traditions valaques (joyeuses obsèques, rituels funéraires festifs, libations et toasts portés au cours de repas commémoratifs…).

des peintres Auversois

C’est bien sûr la figure de Vincent Van Gogh qui domine quand on évoque Auvers/Oise, mais il a des émules inspirés par son exemple.

Vincent Van Gogh, par Zadkine, à Auvers/Oise

On citera ainsi Edith Monti, dont on a remarqué le tableau qui illustre l’affiche du prochain symposium des vignes d’Ile de France, qui se tient le 23 octobre prochain à… Auvers/Oise, bien sûr.

En voici quelques autres, récentes, glanées sur son site, edithmonti.fr

Ces bouteilles rouges invitent …

à l’Apéro !

Jean-Claude Pantellini, parallèlement à sa carrière de sommelier et sa fonction de président du Pressoir Auversois, joue aussi des pinceaux.

JC Pantellini dans son atelier

Voici des ceps, des grappes et des feuilles..

Ne quittons pas Auvers sans faire un petit tour au musée Daubigny qui y résida lontemps et où l’on peut voir cette charmante tablée sous une tonnelle.

Mais il faudra aller au musée d’Orsay pour voir ses vendanges en Bourgogne (1863)

Et où faut-il aller pour voir La Vigne (1860-63)?

A Birmingham, UK…

Avec l’Ecole de Paris

Au début du 20ème siècle, nombreux étaient les artistes, peintres, sculpteurs, qui ont rallié Paris et se sont installés à Montparnasse ; beaucoup étaient des juifs fuyant la la misère et les pogromes de l’Empire russe. Parmi eux Chagall, Soutine, Modigliani, etc. Bien que de styles et d’inspiration très diverses, on les appelle l’Ecole de Paris. Le musée d’art et d’histoire du judaïsme leur consacre une exposition. Nous en rapportons quelques images.

Comme cette nature morte de Chaïm Soutine qui date de 1916

Ce petit tableau (à Montparnasse) est d’Oser Warszawski. Né en Pologne en 1896, il se met à peindre à Paris dans les années 20. réfugié en Italie pendant la guerre, il sera quand même déporté et ne reviendra pas.

Voici une litho de Lou Lazard, « à Montmartre« (1925)

On doit la photo qui suit à Marc Vaux,qui photographia les oeuvres des artistes de Montparnasse. L’oeuvre est d’Adolphe Feder, qui naquit à Odessa vers 1886 et mourut à Auschwitz.

Georges Wolinski n’était pas de cette génération. Grand dessinateur au destin tragique lui aussi, il nous fait toujours sourire. Voici un dessin vu aux Beaux Arts de Paris où il y a actuellement une exposition en son hommage.

Villae : villas romaines en Gaule du Sud

C’est l’exposition présentée ces temps-ci à l’abbaye de la Celle, près de Brignoles dans le Var.

Cette abbaye, construite à l’époque romane, est bâtie sur le site d’une villa romaine du 2ème siècle productrice de vin, dont on a retrouvé le pressoir et le fouloir dans la cuisine de l’abbaye. Elle ressemblait peut-être à celle-ci ?

maquette d’une villa romaine à Cavalaire

L’exposition retrace cette exploitation systématique des campagnes durant l’époque romaine.

Avec leur fond plat, les amphores « Gauloise 4 » emplies de vin gaulois sont exportées dans tout l’empire romain et même au delà.

col d’amphore au bouchon de liège, port antique de toulon, 1er-2ème siècle

Mais il y avait toutes sortes d’amphores

de gauche à droite : dressel2-4 de narbonnaise, G2, G5, G4

Cette cruche poissée, (à l’intérieur enduit de poix), était présente sur toutes les tables des buveurs romains

Voici d’autres récipients, en céramique, ou en verre soufflé (modiolus, Toulon, 1er siècle)

Cette coupe sigillée représente Bacchus ivre

Voici aussi une intéressante pipette à vin, et une patère en alliage cuivreux (1er siècle), utilisée comme une louche pour le service et les libations

Cette serpette en fer torsadé devait servir dans les vignes

serpette à manche torsadé (la Crau)

On voit aussi quelques beaux objets décoratifs comme cette colonne à décor de rinceaux de vigne peuplés d’oiseaux (marbre blanc, 1er siècle, près de vienne)

et cette mosaïque représentant une scène de vendanges

Mais le clou de l’expo est la mosaïque du Vème siècle « les trois Grâces et Bacchus chez Ikarios », découverte à Vinon sur Verdon dans le domaine de Pèbre, et maintenant domiciliée à Manosque.

Elle évoque la légende d’Ikarios, cultivateur ayant offert l’hospitalité à Bacchus, qui en retour l’initia à la vigne et au vin. A gauche Bacchus, reconnaissable à sa thyrse, est auprès d’Ikarios qui tient des grappes de raisin. Au centre, les trois Grâces, qui personnifient le don, la dette et la reconnaissance.. A droite, Ikarios indique à un serviteur le bouc qui se goinfre de raisins et doit être sacrifié.

On peut y lire les deux vers du poète Martial :

« toi qui fronce le sourcil et ne lis pas ces lignes de bonne grâce, puisses tu, horrible envieux, envier tout le monde et n’être envié par personne ».

quelques photos vues en Arles

Nous en avons été privés l’an dernier, les voici revenues ces expos de photos qui donnent l’occasion de passer et repasser dans la cité romaine pendant tout l’été. Et comme chaque année il y avait des grains à presser pour les habitués du bon clos…

A l’espace Van Gogh c’est l’Orient Express et la Compagnie Internationale des Wagons-Lits qui ressuscitaient, avec ces vues des caves des ateliers de Saint-Ouen.

C’est qu’il fallait nourrir et bien sûr donner à boire aux voyageurs au long cours.

Wagon bi-foudre pour le transport du vin destiné aux passagers de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits

Dans quel pays se trouvait ce birou de voiaj ?

Un hommage appuyé était rendu à Sabine Weiss qui, à 96 ans, se revendique toujours comme « photographe-artisan » plutôt qu’artiste. La voici festoyant avec ses camarades de l’agence Rapho à gauche sur cette photo de Robert Doisneau en 1953

Ces photos de Brassai représentent des couples attablés date des années 1930 et ont été publiées dans l’éphémère revue NEUF, qui incarna « toute l’effervescence artistique et intellectuelle des années 1950, donnant une place centrale à la photographie et à ses auteurs ».

La même revue NEUF a donné carte blanche à des dessinateurs comme André François qui publia dans le numéro IX une histoire de crocodile domestiqué (enfin, pas complètement)…

ils savent raconter de jolies histoires…

Mais c’est avec l’architecte, designer et amateur de photos Charlotte Perriand (1903-1999), dont les collections sont humblement exposées dans une salle du Monoprix, que la vendange fut la plus conséquente.

On a retrouvé cette touchante photo d’auteur inconnu dans ses archives. Trois hommes, aux couvre-chefs marquant sans doute des origines diverses (casquette, béret, feutre), qu’on imagine touchés par la crise économique, assis sur un banc public…

Paris vers 1930

Voici quelques autres photos des années 30 de Wide World Photos, publiées par le New York Times, représentant des vendangeuses du Bordelais, d’Oléron, d’Italie…

Cette grappe a été prise par Emmanuel Sougez

et cette vue des vignes de Gevrey-Chambertin en 1931-32 par François Kollar

Dans ces foudres de Cognac, les eaux-de-vie attendent le filtrage (1930, auteur inconnu)

tandis qu’à Londres, les tonneaux de la brasserie Whitbreads sont fabriqués à la main par 3 hommes.

1934, agence non identifiée

Très engagée pour le progrès social dans les années suivant la crise de 1929, Charlotte Perrinad contribue à différents salons et expositions comme l’exposition internationale des arts et techniques de la vie moderne, (Paris 1937) avec notamment cette fresque appelant, sur un paysage de vignes et de champs, à faire bénéficier les travailleurs de la campagne comme de la ville de la législation sociale.

Arles 2021, une belle cuvée donc.