Beber, beber

C’est l’amie Charlotte qui nous fait découvrir cette chanson, un classique des « airs basques ».

« Beber, beber, beber es un gran placer.
El agua para bañarse y pa las ranas, que nadan bien.
Ahora que ya estamos solos,
ahora que nadie nos ve,
tomaremos un buen vino lo mismo hacía Matusalén. »
Et pour ceux qui auraient besoin qu’on mette les points sur les i :
Boire, boire est un grand plaisir.
L’eau pour se baigner et pour les grenouilles qui nagent bien.
Maintenant que nous sommes seuls, et que personne ne nous voit,
Ouvrons une bonne bouteille de vin comme faisait Mathusalem
Voici la version des Chimberos

 

Certains, comme la Estudiantina de la Universidad de Guanajuato,  la chantent avec un autre air bien connu, El pipiripipipi
A mí, me gusta el pipiripí pipí,
con la bota empinar parara papá,
con el pipiripí pipí
con el paparapa papá
al que no le guste el vino
es un animal, es un animal,
o no tiene un real.

Un p’tit verre du p’tit vin du pays

On n’entend pas souvent cette chanson de l’opérette Méditerranée, de Francis Lopez et Raymond Vincy,  montée en 1955 au Châtelet .

Et pourtant, elle supporte bien le temps qui passe. Jugeons en en écoutant Aglaé, qui l’avait chantée sur scène.

(Un scoop : cette chanson sera bientôt au répertoire du Souffle de Bacchus, l’ensemble vocal du Musée du Vin. Avis aux amateurs !)

En toutes circonstances, à chaque évènement
Du jour de sa naissance à son enterrement
Qu’est-ce qu’on prend, qu’est-ce qu’on prend,
Qu’est-ce qu’on prend qui soit rouge ou bien blanc ?

Un p’tit verre du p’tit vin du pays
Un p’tit verre que l’on boit entre amis
Ça donne un air de fête à toutes les guinguettes
Et ça met du ciel bleu, tout bleu, tout bleu dans tous les
yeux

Pour avoir du bonheur plein le coeur
Pour trouver toute la vie plus jolie
Le seul moyen au monde
C’est de boire à la ronde
Un p’tit verre du p’tit vin du pays

Si l’on sert du champagne dans les boîtes de nuit
Dans toutes les campagnes où le vin a mûri
Qu’est-ce qu’on prend, qu’est-ce qu’on prend,
Qu’est-ce qu’on prend qui soit rouge ou bien blanc ?
…..
Un p’tit verre, deux p’tits verres
Trois p’tits verres, cinq p’tits verres
Du petit vin du pays !

C’est quand même autre chose que Chef, un p’tit verre on a soif, la chanson des buveurs de bière du Grand Jojo !

Sans parler de « encore un p’tit verre » de Patrick Sébastien !

Et que dire d’encore un p’tit verre de vin, que chantait Emile Prud’homme et sa bande ?

Ceux qui voudront s’en aller s’en iront !

la princesse de Trébizonde

Encore une belle opérette du génial Jacques Offenbach dont on fête cette année le bicentenaire. L’équipe qui se réunit chaque été à Bruniquel autour de Frank T’hézan et de Jean-Christophe Keck a présenté ce joli spectacle dans le cadre unique du vieux château. Pour notre plus grand plaisir, nous y étions.

princesseabruniquel.JPEGEt ne sommes pas passés à côté de l’air à boire qu’on y trouve au 3ème acte.

Zanetta (la Soprano Julia Jérôme) et Raphaël (Xavier Mauconduit, Ténor) se déclarent enfin leur amour et se retrouvent enfin pour festoyer…

RAPHAEL.
I
Ô malvoisie
Liqueur choisie
Sois l’ambroisie
Des amoureux !
Coule et, pour cause,
Fais-nous en rose
Voir chaque chose !
Quel bouquet merveilleux
À ce vin vieux !
Parlons peu, mais parlons bien
S’en cacher ne sert à rien
Ici chacun à son tour
Est l’esclave de l’amour.
ZANETTA.
II
Ô vin de Grèce
Que ton ivresse
En allégresse
Tienne nos cœurs !
Rends le mien ferme,
L’amour y germe.
L’amour renferme
Tous les bonheurs !
Quel bouquet merveilleux
À ce vin vieux !
Pour retrouver l’ambiance, voici aussi un extrait posté sur Youtube par un amateur
https://www.youtube.com/watch?v=Dc2_Jikrvyw

Weck, Worscht un Woi : et le jambon ?

ou encore en allemand plus classique :Brötchen, Wurst und Wein, c’est à dire : du pain, des saucisses et du vin, c’est le tiercé gagnant en pays rhénan.

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C’est quasi une devise à Mayence, nous ont dit Thomas et Sibyle rencontrés loin de chez eux dans les Cévennes.

Nous sommes loin du Wein, Weib und Gesang bien connu des lecteurs du bon clos, mais l’un n’empêche pas l’autre. Il faut bien nourrir son homme !

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Ce moine, qui tient la croix d’une main et de l’autre ce panneau aux 3 W semble bien de cet avis. Il siège sur la fontaine de Carnaval, monument de neuf mètres de haut construit dans les années 60.

Curieusement le jambon de Mayence n’évoque rien chez nos amis. Il était bien connu au temps de Rabelais qui rapporte dans Gargantua que son géniteur Grandgouzier « avoit ordinairement bonne munition de iambons de Magence et de baione« . Et de Boileau qui le met en scène dans une Satire :

Sur ce point, un jambon d’assez maigre apparence,
Arrive sous le nom de jambon de Mayence.

Mais il aurait quasiment disparu au début du 20 ème siècle. Sans être oublié de ce côté-ci du Rhin, car combien ont entonné la chanson :

« Un jambon de Mayence,
v’la qu’ça commence déjà bien,
nous allons faire bombance,
à ce festin il ne manquera rien
car j’aperçois…
deux jambons de Mayence (etc.)  » ?

(Cette chanson, inconnue de nos amis de Mayence, pourrait avoir une connotation érotique, apprend-on dans un forum du site languefrancaise.net)

Une autre chanson, elle semble-t-il bien oubliée,  mentionne aussi ce fameux jambon. On la trouve dans Romania, un livre sur les chants de quêtes, de Victor Smith (p 68), mais on peut en écouter une variante sous le titre « la jolie flamande » dans l’Anthologie de Marc Robine. Elle évoque la bien connue « aux marches du palais ». Elle commence ainsi :

Dans le palais du roi, – le long du bois, le joli mois de mai- Il y a -t-une flamande.
Y sont trois serviteurs, tous trois qui la demandent…
L’y en a un qui est boulanger, L’autre valet de chambre,
Et l’autre cordonnier, celui qui la contente…
Et plus loin
Aux quatre coins du lit, rossignolet il chante.
Chante rossignolet, tu auras ta récompense.
Tu auras pour déjeuner un jambon de Mayence.

En voici encore une, publiée en 1615 par Jacques Mangeant dans son recueil de bacchanales, où l’on entend :

« Je voudrais à déjeuner
Que d’un bon jambon parfumé
Ma table fut bien garnie
Ou de Magence ou d’Italie

 

(nous reviendrons sur ce recueil, une mine !)

Ce n’est pas tout : dans Roti-Cochon,  « Méthode tres-facile pour bien apprendre les enfans a lire en latin & en françois« , un ouvrage du 17ème siècle, on trouve ce dit :

le jambon du pourceau bien mayencé
Est bon à manger , mais pas sans boire.

Voila qui nous va bien !

bienmayence (Le même ouvrage fait aussi l’apologie du vin, « lorsqu’il est pris à propos ».

raisin

On croirait entendre Pasteur…)

On trouve aussi sur le site languefrancaise.net une intéressante contribution sur l’origine de ce jambon de Mayence, dont aucun ouvrage gastronomique germanique ne parlerait, alors que les jambons de Westphalie et de Forêt Noire y sont bien connus. Serait-ce finalement une fiction française ? Il va falloir aller voir.

 

le postillon de longjumeau

Voici un petit air à boire qui passe vite au 2ème acte du Postillon de Longjumeau, opéra-comique que l’on peut voir ces jours-ci salle Favart, qui fut composé en 1836 par Adolphe Adam (que les lecteurs du bon clos connaissent pour un air extrait du Chalet).

Ce n’est pas l’air le plus fameux mais il est joyeux. Après avoir été « enlevé » le jour de ses noces par un marquis pour chanter à la Cour du roi Louis XV, Chapelou, le Postillon de Longjumeau rebaptisé Saint-Phar, se voit convié avec toute le troupe à un festin, ce qui déclenche un enthousiasme général !

A Table ! A Table !

Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Ah! Monsieur le Marquis
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, allons nous mettre à table! Allons amis, courons nous mettre à table!
Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, et nous boirons à table,
A la santé de Monseigneur!
Allons à table et nous boirons de grand coeur,
A la santé de Monseigneur!

On peut l’écouter sur cette video à 1h5mn20s

 

Musique et vieilles barriques

C’est le titre d’un spectacle annoncé pour le 16 mars prochain sur la péniche Adelaïde (Face au 46 quai de Loire Paris 75019 www.penicheadelaide.com 06 81 43 52 47)

#16 mars 19h30 – Soirée Bacchus
Dégustation de vins et spectacle Musique et vieilles barriques
Ensemble Les Mouvements de l’âme : Amal Allaoui (chant), Marie Langlet (luth renaissance, theorb et guitare), Bruno Ortega (flûtes à bec et percussions)

Pour se faire une idée on peut en écouter quelques extraits en ligne sur soundcloud.

Nous n’y serons pas, dommage. On ne peut pas être partout !
Bonne soirée !

Vive le vin l’amour et le tabac

Voila bien un programme alléchant, quoique peut-être un peu daté en ce qui concerne le tabac. C’est aussi le titre d’un tableau de Clovis Trouille, peintre assez extravagant et un peu obsédé sur les bords, reconnu à son corps défendant comme surréaliste par André Breton qui le qualifiait de  » Grand maître de cérémonie du tout est permis « .

Connaissait-il le Chalet d’Adolphe Adam, opéra comique créé en 1834, dont une chanson proclame le même programme ?

Dans le service de l'Autriche
Le militaire n'est pas riche,
Chacun sait ça;
Mais si sa paie est trop légère,
On s'en console: c'est la guerre
Qui le paiera!

Aussi, morbleu! que de tout l'on s'empare!
Jeune beauté, vieux flacons et cigarre! ...
Vivent le vin, l'amour et le tabac!
Voilà le refrain du bivouac!

Dans les beaux yeux d'une inhumaine, 
De sa défaite on lit sans peine
Le pronostic;
Nulles rigueurs ne nous retiennent; 
De droit les belles appartiennent
Au kaiserlic!

Se divertir fut toujours mon principe; 
Tout est fumée, et la gloire et la pipe! 
Vivent le vin, l'amour et le tabac! 
Voilà le refrain du bivouac!

La voici chantée par Marcel Journet dans les années 1910, une basse magnifique

les amateurs apprécieront de comparer avec la version de Paul Payan

 

En fait le livret reprend un singspiel de Goethe, « Jery und Bately », où l’un des personnages proclame :
ein mädchen und ein gläschen wein
curiren alle Noth ;
und wer nicht trinkt und wer nicht küsst
der ist so gut wie todt
(une fille et un verre de vin guérissent tous les maux ; et celui qui ne boit ni n’embrasse, celui-la est comme mort)

Le livret francais de Scribe et Mélesville a rajouté le tabac !