la douleur de la terre

Voici encore une oeuvre musicale magnifiant l’ivresse et la boisson pour « supporter le monde tel qu’il est ».

C’est le chant de la terre (Das Lied von der Erde) composée en 1908 par Gustav Malher, une symphonie pour tenor, alto et grand orchestre, suite de six chants sur des textes de poètes chinois.

Malher par Rodin

Le pauvre Malher, qui venait de perdre sa fille ainée, son poste à l’opéra de Vienne et de se découvrir une maladie incurable, découvrit ces poèmes traduits par Hans Bethge et en choisit 6 pour ce Chant de la Terre.

Le premier chant est la chanson à boire de la douleur de la terre (Das Trinklied vom Jammer der Erde), d’après Li Bai, appelé aussi Li Po, un poète que les lecteurs du bon clos ont déjà rencontré !

Dunkel ist das Leben, ist der Tod :sombre est la Vie, sombre est la Mort

Citons wikipedia :  » le thème de l’ivresse, remède à toutes nos peines, s’ouvre en fanfare avec les cors sur un motif de trois notes répété à plusieurs reprises. Mais le répit ne dure qu’un temps, le leitmotiv de la triste réalité résonne une première fois sombre est la Vie, sombre est la Mort. L’espoir renait le firmament depuis toujours est bleu, la Terre longtemps encore fleurira au printemps. Développement où les états d’âme se suivent, du sentiment de révolte, à l’exaltation due au vin et enfin la prise de conscience douloureuse du monde tel qu’il est. Et le mouvement en conclusion reprend le leitmotiv résigné sombre est la vie, sombre est la mort« .

Ecoutons ce chant par l’Israel Philharmonic Orchestra – Tel Aviv (1972) dirigé par Leonard Bernstein avec Christa Ludwig, mezzo-soprano et René Kollo, tenor.

Voici le texte de la chanson à boire de la douleur de la terre

I. Das Trinklied vom Jammer der Erde

Schon winkt der Wein im goldnen Pokale. Doch trinkt noch nicht, erst sing ich euch

ein Lied!
Das Lied vom Kummer soll auflachend
In die Seele euch klingen. Wenn der Kummer

naht,
Liegen wüst die Gärten der Seele,
Welkt hin und stirbt die Freude, der Gesang. Dunkel ist das Leben, ist der Tod.

Herr dieses Hauses!
Dein Keller birgt die Fülle des goldenen Weins! Hier diese lange Laute nenn ich mein!
Die Laute schlagen und die Gläser leeren,
Das sind die Dinge, die zusammenpassen.
Ein voller Becher Weins zur rechten Zeit
Ist mehr wert als alle Reiche dieser Erde.

Dunkel is das Leben, ist der Tod.

Das Firmament blaut ewig, und die Erde Wird lange feststehn und aufblühn im Lenz. Du aber, Mensch, wie lang lebst denn du? Nicht hundert Jahre darfst du dich ergötzen

An all dem morschen Tande dieser Erde!

Seht dort hinab!
Im Mondschein auf den Gräbern hockt
Eine wild-gespenstische Gestalt. Ein Aff ist’s! Hört ihr, wie sein Heulen hinausgellt
In den süßen Duft des Lebens!
Jetzt nehmt den Wein! Jetzt ist es Zeit,

Genossen!
Leert eure goldnen Becher zu Grund! Dunkel ist das Leben, ist der Tod.

Drinking Song of the Earth’s Sorrow

The wine in its golden goblet beckons.
But drink not yet. I’ll sing you a song first.

The song of sorrow shall laughingly
Enter your soul. When sorrow draws near,

Desolate lie the gardens of the soul, Joy, song, fade and perish.
Dark is life, is death.

Lord of this house!
Your cellar holds golden wine in abundance! Mine I call this lute here!
Striking the lute and draining glasses,
Those are the things which go together.
A full beaker of wine at the proper time
Is worth more than all the kingdoms of

this earth.
Dark is life, is death.

The sky is forever blue, and the earth
Will long stand firm, and blossom in spring. But you, man, how long will you live?
Not a hundred years are you permitted

to delight
In all the brittle vanity of this earth!

Look down there!
On the graves, in the moonlight, squats A wild spectral figure. An ape it is! Hear how its howls screech out
Into the sweet fragrance of life!
Take now the wine. Now is the time,

friends!
Drain your golden beakers to the last! Dark is life, is death.

Le 5 ème chant: Der Trunkene im Frühling (« L’Ivrogne au printemps »), est aussi d’après Li Bai :

« Un ivrogne chante trop haut et un oiseau vient annoncer le printemps, l’ivrogne proteste « que m’importe le printemps, laissez moi à mon ivresse ».(cf wikipedia). A 30 mn et 4s sur la video ci-dessus

V. Der Trunkene im Frühling

Wenn nur ein Traum das Leben ist, Warum dann Müh und Plag’?
Ich trinke, bis ich nicht mehr kann, Den ganzen lieben Tag.

Und wenn ich nicht mehr trinken kann, Weil Kehl’ und Seele voll,
So tauml’ ich bis zu meiner Tür Und schlafe wundervoll!

Was hör ich beim Erwachen? Horch, Ein Vogel singt im Baum.
Ich frag ihn, ob schon Frühling sei,— Mir ist als wie im Traum.

Der Vogel zwitschert: Ja! der Lenz ist da, Sei kommen über Nacht,—
Aus tiefstem Schauen lauscht ich auf, Der Vogel singt und lacht!

Ich fülle mir den Becher neu
Und leer ihn bis zum Grund
Und singe, bis der Mond erglänzt Am schwarzen Firmament.

Und wenn ich nicht mehr singen kann, So schlaf ich wieder ein.
Was geht mich denn der Frühling an!? Lasst mich betrunken sein!

The Drunkard in Spring

If life is but a dream,
Why, then, toil and torment?

I drink, until I can no more, The livelong day.

And when I can drink no more, Because my gorge and soul are full,

I stumble to my door
And I sleep wonderfully!

And, waking, what do I hear? Hark, A bird sings in the tree.
I ask him whether spring has come— I am as if in a dream.

The bird twitters. Yes, spring is here! Overnight it has come—
From deepest contemplation I started, The bird sings and laughs!

Afresh I fill my beaker
And drain it to the dregs
And sing until the moon gleams In the black firmament.

And when I can sing no more,
I fall asleep again.
What has spring to do with me!? Let me be drunk!

On peut trouver le texte intégral du Chant de la Terre (allemand et traduction en anglais) .

mélodies irlandaises

Sur un poème de Thomas Moore (ci-dessous à g.) traduit par Thomas Gounet, Hector Berlioz (à d.) a composé en 1829 une chanson à boire qui mérite notre intérêt. Elle figure dans le recueil de mélodies : mélodies d’Irlande.

Amis, la coupe écume!
Que son feu rallume
Un instant nos cœurs!
Du bonheur ce gage
N’est que de passage;
Noyons nos douleurs!

Oh! ne crois pas qu’à mon âme
Les tourments soient épargnés!
Mes chants, échos de ma flamme,
Seront toujours de larmes imprégnés.
Ce sourire qui rayonne
Sur mon front sombre et pensif,
Est semblable à la couronne
Dont on pare un roi captif.

Mais la coupe écume, etc.

Les plus heureux sur la terre,
Que comptent-ils de plaisirs,
Sans quelque pensée amère,
Quelques fatals et tristes souvenirs?
A l’âme tendre et sensible
Le moindre mal est cuisant,
Comme à l’arbrisseau flexible
Un roitelet est pesant.

Mais la coupe écume, etc.

Thomas Moore, poète prolifique, a composé des dizaines de mélodies irlandaises, sur des airs connus comme c’était l’usage à l’époque (toutes les partitions sont en ligne sur le site LibraryIreland.com).

Parmi celles-ci plusieurs font référence à la boisson, mais de laquelle Thomas Gounet a-t-il tiré sa chanson à boire, une traduction très libre assurément ! ? On pourra peut-être répondre à cette question en analysant les oeuvres complètes !

Pour les lecteurs du Bon Clos on relèvera « drink to her« , « drink of this cup« , « the wine-cup is circling« , « come send round the wine » (un véritable hymne à la tolérance, écouter ci-dessous la version d’Eleanor McEvoy).

Cette grande chanteuse irlandaise vient de sortir Gimme some wine, chanson d’amour assez désespérée, c’est le moment de la découvrir.

Gimme some wine if I can’t get your time…

Ci-dessous quelques oeuvres du peintre Chris Gollon illustrant Gimme some wine

Sur les pas d’Orloge Simard

Ce tableau découvert sur le mur d’une rue près de la Cité du Vin à Bordeaux nous a intrigué.

L’auteur, Pyquet, est un artiste de street art assez prolifique dont on peut voir des oeuvres sur Instagram. Il aime à illustrer chansons et chanteurs dans un style à la fois expressif et coloré, parfois naïf.

Ici le sujet est « le vin », d’Orloge Simard.

Orloge Simard est un groupe québécois créé en 2012 par Olivier Simard, assez populaire (plus de 30 000 auditeurs par mois sur Spotify). « Le vin » est une chanson de l’album « beuvez toujours ne mourrez jamais » sorti en 2017.

La chanson est disponible sur youtube

Le vin rend les lèvres bleues Il ne rend pas meilleur Il rend un peu enjôleur Il ne rend pas serein Il te fait pleurer pour un rien

Le vin rend les lèvres bleues Il rend les idées noires Y met ta tête un peu d’travers Il ne rend pas plus beau Ça dépend qui prend la photo

Si la couleur du vin C’est la couleur de ton teint Il faut savoir que tout homme Tend à dévier du métronome

Le vin (papapaw) Le vin rend les lèvres bleues (Papapaw, papapaw) Rend la parole fumeuse Te laisse des cernes sous les veilleuses Il ne rend pas plus beau Il te met en mode crescendo (Wo)

Et si Dionysos Aimait ben prendre une bonne brosse Il en va de même pour l’ivrogne Tassez-vous si la souèf y pogne Le vin (papapaw) Le vin rend les lèvres bleues (Ooh… La la la…)

On peut aussi écouter l’Hymne à la bière (les paroles sont )

Les lecteurs du bon clos se souviennent peut-être d’un autre Simard, Bernard, vu à Paimpol il y a quelques lustres, et de son « vin pour ma tante« . Serait-il apparenté à Olivier Simard, ou encore à René et Nathalie, les P’tits Simard ?

C’est l’occasion de découvrir le bon buveur, du groupe le vent du nord dont Bernard Simard a été membre.

Ami buvons caressons la bouteille Pour passer notre temps

Un bon buveur C’est l’ami de la bouteille

Le soir et le matin à moi Il me dit à l’oreille

J’aime la bouteille, moi J’aime la bouteille

Et tous ces vieux garçons Qui s’en vont voir les filles Ils disent qu’ils sont des fous

Et moi je dis Qu’ils cherchent leur avantage

Je les trouve sages moi Dans l’bas du village

J’aime la bouteille moi J’aime la bouteille

Et vous, mon bon popâ Qui vivez à votre aise Vous êtes marié

Quand vous voulez Que maman vous embrasse

Et vous n’avez qu’à parler Et moi, dans ma chambrette

Je flatte en cachette, moi Dans la p’tite’ cabinette

Quand j’ reviens de l’ouvrage Souvent je la regarde Je lui fais les yeux doux

En lui disant: «La belle je vous aime»

Je vous trouve belle moi Je vous trouve belle

j’aime la bouteille moi J’aime la bouteille

Bruniquel m’a tuer

La vie parisienne, le spectacle proposé cette année par Frank T’Hézan, Jean-Christophe Keck et leur bande allait-il attirer les foules à Bruniquel comme l’an dernier la Grande Duchesse de Gerolstein ?

La réponse est oui, mais malheureusement le temps n’était pas un rendez-vous. Le 31 juillet est un jour à marquer d’une pierre noire car le spectacle fut annulé, et les imprévoyants d’un soir furent privés de leur annuel plaisir. Bruniquel m’a tuer !

Malin, l’ami Bernard avait prévu d’y rester quelques jours et put donc voir par deux fois cette Vie Parisienne.

(ci-dessous des affiches de 1922, 1927 et 1919 !)

Voici ses mots : »pas la moindre goutte. Carole Delga, JM Baylet présents. Triomphe. »

Mieux. Averti par l’auteur de ces lignes, il s’est rendu au récital de chansons humoristiques donné par Dominique Desmons au domaine Vayssette à Gaillac.

Dominique Desmons trinquant avec son compère Jean-Christophe Keck

Il a pu y écouter « ya d’la mise en bouteilles au château », bien connue des lecteurs du bon clos.

Dominique Desmons ! (assisté de Jean Christophe Keck pour les bruitages).

Nous attendrons donc la sortie du DVD pour découvrir la version 2021 de la Vie Parisienne, et nous consolons avec ces quelques photos anciennes et actuelles de Bruniquel .

l’hôtel café Rigal, successeur Doubac, promenade du Ravelin, il y a un siècle
Il est toujours là mais c’est maintenant un restaurant
(cf https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA82116130)
Bruniquel, le château en surplomb de l’ Aveyron, et le train à vapeur
(vu au musée la villa des peintres de Diego Lara à Montricoux)
colonne « bachique » en l’église de Montricoux, à une lieue de Bruniquel
paysage de vignes à l’Abri-Niquel de Brigitte Artusi

Un petit verre pour la vie…

Il faut saluer Eric Slabiak et son groupe Josef Josef qui chantent cet été au festival d’Avignon et ont repris un vieil air yiddish « a glezele léchaim », un petit verre à (pour) la vie !

(Eric Slabiak avec son violon endiablé s’est fait connaitre depuis longtemps avec son précédent groupe « les yeux noirs »)

C’est un air entrainant que l’on peut écouter sur Spotify par exemple.

« 

Trinquons à la vie
Ce soir, à la table de fête

A la santé, à l’amitié, aux amis,
Buvons et versons à nouveau.
À la santé, aux jeunes et aux vieux,
A ceux qui sont là et aux absents…

En voici une version plus ancienne chantée par par Misha Alexandrovich

Cette version plus tranquille par Doris et Elliot Weiss attribue la musique à Joseph Rumshisky, et les paroles à B. Berghotz.

Voici la partition disponible sur le site de la Bibliothèque du Congrès :

Né près de Vilno (Lithuanie) en 1881, Joseph Rumshinsky émigra en 1 904 aux Etats-Unis. Compositeur et chef d’orchestre, il est l’un des grands du théâtre yiddish américain.

Drunk

Voici un film danois sorti sous de multiples noms avec un certain succès : Druk dans son pays d’origine, Alcootest au Québec, Another round (une autre tournée) à l’international, Drunk en France. Il ne pouvait pas nous échapper.

Il présente 4 amis enseignants, proches de la cinquantaine qui décident d’expérimenter l’effet d’un taux permanent de 0,5g/l d’alcool dans le sang. Après des débuts prometteurs, les déboires vont se présenter.

La bande son recèle quelques pépites.

Hvila vid denna källa est une charmante pastorale du poète suédois Carl Michael Bellman,

la 82ème épitre de ses Fredman’s Epistles, composées dans les années 1777-90.

C’est le printemps, et l’on se repose auprès d’une source pour déguster au petit déjeuner (Frukost) vin rouge et « pimpinella » (peut-être des herbes aromatiques). On entend tinter les bouteilles qui, vides, roulent dans l’herbe, et l’on boit le vin de midi au son du cor, entourés de mille fleurs.

La voici chantée par l’ Akademiska Kören i Göteborg

On trouvera une partition sur wikipedia.

On entend aussi « Drick ur ditt glas« , la 30ème épître du même recueil. Changement d’ambiance !

« Vide ton verre, car la mort t’attend. »

On assiste à l’entrelacs de déclarations macabres au chevet du père Movitz moribond, et d’invitations à la joie et à la boisson :

« vide ta fiasque, chante et bois, soit joyeux ! »

« Prête moi ta bouteille ! Skål ! Chante le Dieu du vin ! »

Voici la version de Cornelis Vreeswijk

on trouvera la partition là, et les paroles de Carl Michael Bellman et leur traduction en anglais par Eva Toller là.

Bellman se fit connaître par ses chansons bachiques et érotiques restées très populaires en Suède, mais sa réputation de « maitre improvisateur » , de musicien poète et de témoin de son temps est de plus hautes. Il jouait merveilleusement de la cithare et était, comme on dirait aujourd’hui, un auteur-compositeur-interprète. Initié à la poésie par son répétiteur, il apprit aussi les langues et put lire Horace et Boileau. Après de premières chansons parodiques, il entreprit d’écrire les Épîtres de Fredman, dans un style novateur. A l’âge de 37 ans il sortit de la précarité grâce à une sinécure octroyée par le roi Gustave III. Ne se cantonnant pas à l’inspiration bachique, il écrivit aussi poèmes religieux et pièces de théâtres. Il fonda l’Ordre de Bacchus (Bacchi Orden) qui plus tard devint la société bacchanalienne Par Bricole (terme français de billard signifiant bande-avant) toujours existante! Alcoolique, perclus de dettes, il mourut à 55 ans.

On trouvera les épîtres et chansons de Fredman (paroles et musique), cet horloger de Stockholm au destin tragique que Bellman a pris pour héros, avec d’autres figures comme Ulla Winblad, Fader Movitz etc., sur le site Bellman.net

A la santé du général !

C’est le toast porté par les personnages des P’tites Michu d’André Messager au Général des Ifs, venu retrouver sa fille laissée pour cause de veuvage et d’ obligations militaires aux bons soins de la famille Michu.

On a pu le voir en ce début avril sur la chaine Culturebox, jouée par les Brigands. Dommage qu’elle ne soit plus en ligne.

(Au lever du rideau, un punch flambe sur une table au milieu du salon.

Les invités, le verre en main, entourent le général)

A la santé du général !

Que l’on vide gaîment son verre !

Fêtons ce guerrier martial !

Fêtons ce brave militaire !

A la santé du général !

On peut écouter la musique sur Spotify.

Les P’tites Michu ont été créées en 1897. Pour une analyse détaillée et le livret, voir le site Artlryiquefr https://www.artlyriquefr.fr/oeuvres/Ptites%20Michu.html

A boire encore ! du vin du Rhin

Nous avons déjà rencontré Faust, celui de Gounod, et son choeur qui clame Vin ou bière, bière ou vin, que mon verre soit plein !

Voici maintenant celui de Berlioz, composé 13 ans plus tôt en 1846. L’histoire est sensiblement la même.

On y trouve aussi un choeur de buveurs, qui clament : « A boire encore ! du vin du Rhin! »

Le voici, par le Choeur de l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé par Charles Dutoit.

Oh! qu’il fait bon quand le ciel tonne
Rester près d’un bol enflammé,
Et se remplir comme une tonne
Dans un cabaret enfumé!
J’aime le vin et cette eau blonde
Qui fait oublier le chagrin.
Quand ma mère me mit au monde,
J’eus un ivrogne pour parrain.
Oh! qu’il fait bon quand le ciel tonne . . .


Qui sait quelque plaisante histoire?
En riant le vin est meilleur.

(C’est ensuite que l’on entend l’ histoire de la rate et celle de la puce…)

Drink avec les stars

La Chica, alias Sophie Fustec, est une chanteuse franco-vénézuélienne. Elle chante généralement en espagnol, mais Drink est en anglais.

Drink est une « chanson pour les morts » dans la lignée des traditions d’Amérique latine où connexion avec les défunts rime avec alcool et chants.

 « Au Vénézuéla, les rituels se font avec du rhum, des chants, des tambours.. L’alcool permet d’accéder à une certaine transe », précise l’artiste. L’ivresse brûlante  obtenue par l’alcool, le chant ou la danse peut aider à exorciser ses démons. « On oublie un peu ses peines et ses malheurs ». (Lu dans un blog de l’express)

I was down when I woke up
He was there, I could touch his face
I was feeling so close his presence
But he faded away in my memoryI drink your memory and swallow my wish
I wanna be drunk ’til tomorrowI have no brain, saturated with smoke and despair
I would rather talk with the essence
I fear the pillow
I don’t want to dream again
I’m his ghostI drink your memory and swallow my wish
I wanna be drunk till tomorrow

Toute autre est la chanson Cheers, (Drink to that), de Rihanna, qui appelle simplement à la fête pour le « freaking week-end ». Et que le Jameson coule à flots !

Takin’ shots in here, you want one?
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeahCheers to the freakin’ weekend
I drink to that, yeah-e-yeah
Oh, let the Jameson sink in
I drink to that, yeah-e-yeah
Don’t let the bastards get you down
Turn it around with another round
There’s a party at the bar
Everybody put ya glasses up, and I drink to that
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah
(And I drink to that)
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeahLife’s too short to be sittin’ ’round miserable
People gon’ talk whether you doing bad or good, yeah
Got a drink on my mind and my mind on my money, yeah
Looking so bomb, gonna find me a honeyGot my Ray Bans on and I’m feelin’ hella cool tonight, yeah
Everybody’s vibin’ so don’t nobody start a fight, yeahCheers to the freakin’ weekend
I drink to that, yeah-e-yeah
Yeah-e-yeah, yeah-e-yeah, yeah-e-yeah’Bout to hop on the bar, put it all on my card tonight, yeah
Might be mad in the morning but you know we goin’ hard tonight (Wooo…)
It’s getting Coyote ugly up in here, no Tyra (Hey…)
It’s only up from here, no downward spiralGot my Ray Bans on and I’m feelin’ hella cool tonight, yeah
Everybody’s vibin’ so don’t nobody start a fight, yeah…Cheers to the freakin’ weekend
I drink to that, yeah-e-yeah

Et que dire de Drunk in Love, de Beyoncé et Jay-Z?
Un hymne à l’amour et à l’ivresse ?


Doux jus de pomme…

Voici un air à boire.. du jus de pomme, enfin, du cidre.
On le trouve dans une opérette d’Offenbach créée en 1864, Jeanne qui pleure et Jean qui rit, que l’ami Keck a eu le bon goût de faire jouer ces jours-ci en version de concert à l’Odeon de Marseille.
Evidemment, par les temps qui courent, il n’y avait guère de spectateur, mais le spectacle a été filmé pour le plus grand bonheur des aficionados, dont nous sommes.

Avec nos chouchous Isabelle Philippe (Jeanne), Frank T’Hézan (Cabochon) et Dominique Desmonds (Nicolas), et aussi Charles Mesrine (Savinien), et au piano Diego Mingolla.

En voici un court extrait

Doux jus de la pomme,
Fruit du paradis
Qu’Éve au premier homme
Fit croquer jadis,
Celui qui t’ consomme
Est toujours content.
L’ buveur d’eau pleur constamment.
Voilà c’qui fait qu’à toute heure
Jeanne pleure
Et moi je ris.
Qu’al’ plus d’esprit,
D’ Jeann’ qui pleure
Ah ! ah ! ah !
D’ Jeanne qui pleure
Ou d’ Jean qui rit ?
À coup sûr c’est Jean qui rit !
Liqueur adorée,
Joli cidre doux,
De couleur dorée,
Aux joyeux glous glous,
Ta mousse sucrée
Nous rend gais et gris.
L’ buveur d’eau pleure jours et nuits.
Voilà c’qui fait qu’à toute heure
Jeanne pleure
Et moi je ris !
Je vous le dis,
Jeanne pleure,
C’est Jean qui rit !
On peut trouver le livret

On peut voir aussi en ligne la version des Bouffes Lyriques de Garonne, jouée à Barie en 2014