Le jeu de l’oie du vin

Voici un jeu de l’oie peu commun découvert par l’ami François.

De case en case, on apprend que le vin est une boisson saine et fortifiante,essentiellement française, qu’il donne la joie, l’agilité, qu’il préserve du cancer… et que l’esprit de la Race vient du vin …

Il fut publié sans doute vers 1935 par le « Comité de Propagande en faveur du vin ».

Cette organisation fut créée en 1931 par le ministère de l’Agriculture, sous l’impulsion notamment du « député du vin » Edouard Barthe.. Elle contribua début des années 50 à la rédaction d’ouvrages comme le Bréviaire de l’amateur de vins (par A.Mournetas et H.Pélissier), « le Vin de France dans l’histoire » de Roger Dion, et soutenait des organisations comme les « médecins amis du vin de France » (cf https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2005-1-page-52.htm)

C’était une toute autre époque ! Il fallait mener le combat contre l’alcoolisme, et en même temps soutenir la production viticole.

Le site pau.fr rapporte une réception tenue à Pau en 1933 par le Comité de propagande : en voici le conséquent menu proclamant les devises du vin, qui dissipe la tristesse, réjouit le coeur…

A bon vin, point d’enseigne ! Après bon vin, meilleur cheval !

Voici quelques autres productions du comité de propagande.

Etroitement associé au Comité National des Appellations d’Origine (CNAO, qui deviendra plus tard l’INAO), il conduit un nombre impressionnant de manifestations, notamment en 1937, année de l’Exposition Universelle.

Ainsi peut-on lire dans la synthèse de Florian Humbert sur l’histoire de l’INAO :

Rallye Bacchus le 16 juin, réception du Congrès international du Pen-Club (regroupant des écrivains du monde entier) le 20 juin, réception de l’Association des Maires de France le 8 juillet, 3ème Congrès mondial de la publicité du 5 au 10 juillet, réception des congressistes « Santé Publique » le 9 juillet, dîner des Médecins amis des Vins de France le 22 juillet, réception des Inspecteurs et contrôleurs principaux de la viticulture le 21 juillet, des Cavaliers de Camargue le 23 août, du Congrès de l’Union interparlementaire le 3 septembre, de divers groupes folkloriques de France, des médecins Franco-Tchécoslovaques le 13 octobre, participation à la Fête des vendanges provençales le même jour, réception de l’Association de la Presse de l’Est le 19 octobre, des Conseillers du Commerce extérieur le 25 octobre, de l’Ordre du Tastevin le lendemain, ou encore du Président de la République Albert Lebrun le 29 octobre511. Le CNAO est par ailleurs à l’initiative de dégustations gratuites organisées à la Fontaine du vin. Le 29 novembre, il participe à la Soirée de gala du concours du Grand Prix de la Chanson Bacchique de 1937 *. Il organise enfin une série de concours de dégustations réservés à diverses professions : le 26 octobre, sous la direction du Directeur du Moniteur vinicole, des journalistes sont invités à goûter 10 vins et à déterminer leur origine ; le 3 novembre, avec l’aide du journal L’Auto, les sportifs sont à l’honneur ; le lendemain un concours est organisé entre les sommeliers des restaurants de Paris ; le 6 novembre, les artistes de théâtre et de cinéma doivent reconnaître 6 vins.

On pourra trouver la relation de ces événements dans le Bulletin International du Vin de juin 1938 pp 41-44

Qu’en est-il aujourd’hui de ce comité ? On relève qu’en 1967 (JO du 30 juin 1967, n° 151 p 6591), le ministère de l’Agriculture nommait encore pour 2 ans, M.Lalle vice président du CVPFV.

Le vin fut proscrit des écoles primaires en 1956, puis des lycées en 1981. En 1990, ce sera la loi Evin, interdisant toute publicité pour les vins et alcools. Gageons que le comité de propagande en faveur du vin disparut alors de l’organigramme.

Au Symposium des vignes d’Ile de France à Auvers/oise avec Cocorico

Il s’est finalement tenu, ce Symposium tant attendu. Nulle nième vague ne l’a contrarié, et quelques vingt-cinq confréries et associations franciliennes s’y sont retrouvées, dans ce joli village d’Auvers/Oise, pour partager des connaissances, parader, admirer des oeuvres artistiques mais aussi trinquer, faire bonne chère et la fête.

Si l’on se replace en novembre 2020, date où le comité d’organisation s’est pour la première fois réuni, il fallait avoir un sacré optimisme pour investir dans ce projet.  Saluons donc Michel Devot, président de Cocorico, la municipalité d’Auvers/Oise et le Pressoir Auversois, association invitante, pour s’être lancés dans l’aventure.

Une fois montrée patte blanche (on aura compris qu’il s’agissait du passe sanitaire) la journée commença par des conférences sur des thèmes viticulturel, oenologique, historique, artistique et gastronomique.

Denis Boireau, un scientifique bien connu des amis du bon clos, fit le point sur les cépages résistants aux maladies de la vigne comme l’oïdum et le mildiou, fruits de recherches ancienne et récente,

et incita vivement les cultivateurs de vignes patrimoniales  à s’y intéresser. (Nous avons déjà visité son « arboretum » d’Epinay/Orge.)

Gabriel Lepousez, neurobiologiste, chercheur à l’institut Pasteur et concepteur d’une formation à l’Ecole du Nez de Jean Lenoir, fit sensation en décrivant précisément les fondements anatomiques et physiologiques de l’olfaction : 400 capteurs, situés dans l’épithélium olfactif, permettant d’identifier des milliers (potentiellement des milliards) de molécules, sont reliés aux neurones de la zone nasale du cerveau.

Encore faut-il avoir les bons gènes pour que ces associations soient activées. D’un individu à l’autre, on observe des seuils de sensibilité extrêmement variés, dans un rapport de 1 à 1000 voir plus. Le plus beau nez du monde ne peut donner que ce qu’il a ! L’entrainement n’y remédiera pas, mais il permettra (ce qui n’est pas rien) de mettre des mots sur ce qui est ressenti. Il décrivit également le phénomène de rétro olfaction, qui opère lors de l’ingurgitation et échappe donc aux dégustateurs qui recrachent le vin. Et il fit valoir que les neurones de la zone nasale du cerveau ont la faculté de se régénérer.

Michel Miersman, de la Confrérie du Clos Saint-Vincent de Noisy-le -Grand, est venu faire part de la démarche qui lui a permis d’écrire un livre sur 1300 ans d’histoire de la vigne et des vignerons de Noisy-le-Grand,

sans quasiment sortir de son bureau, tant il y a d’informations et de documents (comme le « terrier ») disponibles en ligne.

Robin Bourcerie, jeune musicien et musicologue auteur d’une thèse sur les airs à boire du 17ème siècle en exprima la substantifique moëlle en les situant dans le contexte des moeurs de l’époque : 

types de vins, circuits d’approvisionnement et lieux de consommation, en mettant l’accent sur l’explosion créatrice (des milliers d’airs publiés dont 2425 analysés dans sa thèse) et l’importance du cabaret.

Enfin Thierry Bitschené, de la confrérie du Brie de Meaux, a présenté son fromage d’élection au moyen d’un petit film,

et invité les participants à s’en faire une idée plus précise lors du déjeuner qui s’ensuivit.

Après le buffet campagnard, qui valait bien celui du temps béni des Galeries Barbès,

l’heure est venue de se mettre en tenue pour défiler dans les rues d’Auvers,

ci-dessus Jean-Claude Pantellini, président du pressoir Auversois, entre à gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers/Oise, et à droite Martine Rovira, maire adjointe

et, au son des corps de chasse du Rallye Vau-Vent

et des cabrettes, accordéons et vielles de la Bourrée Montagnarde,

rallier l’église,  immortalisée jadis par Vincent Van Gogh,

où une bénédiction attendait les quelques vingt-cinq confréries présentes.

C’est un autre Vincent qui tenait fièrement la bannière de Clamart.

De l’église, en longeant les vignes où sont Saint-Vincent et Bacchus,

, on partit vers la mairie où les véhicules du Vexin Classic paradaient à l’arrêt. On y retrouva la conseillère régionale Babette de Rozières, déléguée à la gastronomie, heureuse de retrouver les confréries.

Quelques heureux trouvèrent là une alerte guide pour explorer en privé les ruelles du village,

On aura reconnue Edith Monti, artiste peintre anversoise dont les lecteurs du bon clos ont déjà fait la connaissance et que nous remercions pour son accueil

découvrir le musée et les vignes Daubigny et pousser jusqu’à l’atelier du maître en  passant au pied de l’escalier de Van Gogh.

Le reste de la troupe put découvrir la médiathèque où le dessinateur humoriste Michel Roman

et les enfants des écoles exposaient leurs oeuvres artistiques et poétiques.

Enfin vint l’heure du diner servi par le traiteur Bernard Dieu et animé par Frank Dorès, Léna et leurs danseuses. 

Après les salamalecs et remerciements de tous ordres,

On reconnaitra au centre Pierre Douglas, avec sa gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers, puis J.C.Pantellini, président de Pressoir Auversois, et Michel Devot, président de Cocorico ; et à sa droite, Michel Mella, Jean-Pierre Gimbert, Marc Lesk, J.P.Faury et Martine Rovira, maire-adjointe

vint l’heure de la proclamation des résultats du concours des vins d’ile de France et de la remise des diplômes par l’accorte Edith Monti.

Le jury était présidé par Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde… 1992 et président de l’Union Française des Sommeliers, assisté de Laetitia Trouillet Martin, de l’institut oenologique de Paris. Avec  4 autres dégustateurs chevronnés, ils avaient eu à juger 51 vins des années 2019 et 2020, principalement des blancs, présentés par 23 confréries et associations, et ont décerné 3 médailles d’or, 7 d’argent et 8 de bronze et quelques prix d’encouragement.

Comme les résultats étaient annoncés en commençant  par les diplômes de moindre importance, l’on pouvait lire sur les visages des premiers nominés la déception d’être appelés si tôt, et sur ceux de ceux qui ne l’étaient pas encore l’espoir, de plus en plus ténu  au fur et à mesure des appels, de l’être pour une plus haute récompense… Dura lex sed lex!

les lauréats du concours des vins

Ce n’est pas si facile de faire un bon vin, le Bon Clos adresse ses félicitations aux médaillés, et ses encouragements à tous les participants !

On pourra voir les résultats complets sur le site de Cocorico.

la douleur de la terre

Voici encore une oeuvre musicale magnifiant l’ivresse et la boisson pour « supporter le monde tel qu’il est ».

C’est le chant de la terre (Das Lied von der Erde) composée en 1908 par Gustav Malher, une symphonie pour tenor, alto et grand orchestre, suite de six chants sur des textes de poètes chinois.

Malher par Rodin

Le pauvre Malher, qui venait de perdre sa fille ainée, son poste à l’opéra de Vienne et de se découvrir une maladie incurable, découvrit ces poèmes traduits par Hans Bethge et en choisit 6 pour ce Chant de la Terre.

Le premier chant est la chanson à boire de la douleur de la terre (Das Trinklied vom Jammer der Erde), d’après Li Bai, appelé aussi Li Po, un poète que les lecteurs du bon clos ont déjà rencontré !

Dunkel ist das Leben, ist der Tod :sombre est la Vie, sombre est la Mort

Citons wikipedia :  » le thème de l’ivresse, remède à toutes nos peines, s’ouvre en fanfare avec les cors sur un motif de trois notes répété à plusieurs reprises. Mais le répit ne dure qu’un temps, le leitmotiv de la triste réalité résonne une première fois sombre est la Vie, sombre est la Mort. L’espoir renait le firmament depuis toujours est bleu, la Terre longtemps encore fleurira au printemps. Développement où les états d’âme se suivent, du sentiment de révolte, à l’exaltation due au vin et enfin la prise de conscience douloureuse du monde tel qu’il est. Et le mouvement en conclusion reprend le leitmotiv résigné sombre est la vie, sombre est la mort« .

Ecoutons ce chant par l’Israel Philharmonic Orchestra – Tel Aviv (1972) dirigé par Leonard Bernstein avec Christa Ludwig, mezzo-soprano et René Kollo, tenor.

Voici le texte de la chanson à boire de la douleur de la terre

I. Das Trinklied vom Jammer der Erde

Schon winkt der Wein im goldnen Pokale. Doch trinkt noch nicht, erst sing ich euch

ein Lied!
Das Lied vom Kummer soll auflachend
In die Seele euch klingen. Wenn der Kummer

naht,
Liegen wüst die Gärten der Seele,
Welkt hin und stirbt die Freude, der Gesang. Dunkel ist das Leben, ist der Tod.

Herr dieses Hauses!
Dein Keller birgt die Fülle des goldenen Weins! Hier diese lange Laute nenn ich mein!
Die Laute schlagen und die Gläser leeren,
Das sind die Dinge, die zusammenpassen.
Ein voller Becher Weins zur rechten Zeit
Ist mehr wert als alle Reiche dieser Erde.

Dunkel is das Leben, ist der Tod.

Das Firmament blaut ewig, und die Erde Wird lange feststehn und aufblühn im Lenz. Du aber, Mensch, wie lang lebst denn du? Nicht hundert Jahre darfst du dich ergötzen

An all dem morschen Tande dieser Erde!

Seht dort hinab!
Im Mondschein auf den Gräbern hockt
Eine wild-gespenstische Gestalt. Ein Aff ist’s! Hört ihr, wie sein Heulen hinausgellt
In den süßen Duft des Lebens!
Jetzt nehmt den Wein! Jetzt ist es Zeit,

Genossen!
Leert eure goldnen Becher zu Grund! Dunkel ist das Leben, ist der Tod.

Drinking Song of the Earth’s Sorrow

The wine in its golden goblet beckons.
But drink not yet. I’ll sing you a song first.

The song of sorrow shall laughingly
Enter your soul. When sorrow draws near,

Desolate lie the gardens of the soul, Joy, song, fade and perish.
Dark is life, is death.

Lord of this house!
Your cellar holds golden wine in abundance! Mine I call this lute here!
Striking the lute and draining glasses,
Those are the things which go together.
A full beaker of wine at the proper time
Is worth more than all the kingdoms of

this earth.
Dark is life, is death.

The sky is forever blue, and the earth
Will long stand firm, and blossom in spring. But you, man, how long will you live?
Not a hundred years are you permitted

to delight
In all the brittle vanity of this earth!

Look down there!
On the graves, in the moonlight, squats A wild spectral figure. An ape it is! Hear how its howls screech out
Into the sweet fragrance of life!
Take now the wine. Now is the time,

friends!
Drain your golden beakers to the last! Dark is life, is death.

Le 5 ème chant: Der Trunkene im Frühling (« L’Ivrogne au printemps »), est aussi d’après Li Bai :

« Un ivrogne chante trop haut et un oiseau vient annoncer le printemps, l’ivrogne proteste « que m’importe le printemps, laissez moi à mon ivresse ».(cf wikipedia). A 30 mn et 4s sur la video ci-dessus

V. Der Trunkene im Frühling

Wenn nur ein Traum das Leben ist, Warum dann Müh und Plag’?
Ich trinke, bis ich nicht mehr kann, Den ganzen lieben Tag.

Und wenn ich nicht mehr trinken kann, Weil Kehl’ und Seele voll,
So tauml’ ich bis zu meiner Tür Und schlafe wundervoll!

Was hör ich beim Erwachen? Horch, Ein Vogel singt im Baum.
Ich frag ihn, ob schon Frühling sei,— Mir ist als wie im Traum.

Der Vogel zwitschert: Ja! der Lenz ist da, Sei kommen über Nacht,—
Aus tiefstem Schauen lauscht ich auf, Der Vogel singt und lacht!

Ich fülle mir den Becher neu
Und leer ihn bis zum Grund
Und singe, bis der Mond erglänzt Am schwarzen Firmament.

Und wenn ich nicht mehr singen kann, So schlaf ich wieder ein.
Was geht mich denn der Frühling an!? Lasst mich betrunken sein!

The Drunkard in Spring

If life is but a dream,
Why, then, toil and torment?

I drink, until I can no more, The livelong day.

And when I can drink no more, Because my gorge and soul are full,

I stumble to my door
And I sleep wonderfully!

And, waking, what do I hear? Hark, A bird sings in the tree.
I ask him whether spring has come— I am as if in a dream.

The bird twitters. Yes, spring is here! Overnight it has come—
From deepest contemplation I started, The bird sings and laughs!

Afresh I fill my beaker
And drain it to the dregs
And sing until the moon gleams In the black firmament.

And when I can sing no more,
I fall asleep again.
What has spring to do with me!? Let me be drunk!

On peut trouver le texte intégral du Chant de la Terre (allemand et traduction en anglais) .

mélodies irlandaises

Sur un poème de Thomas Moore (ci-dessous à g.) traduit par Thomas Gounet, Hector Berlioz (à d.) a composé en 1829 une chanson à boire qui mérite notre intérêt. Elle figure dans le recueil de mélodies : mélodies d’Irlande.

Amis, la coupe écume!
Que son feu rallume
Un instant nos cœurs!
Du bonheur ce gage
N’est que de passage;
Noyons nos douleurs!

Oh! ne crois pas qu’à mon âme
Les tourments soient épargnés!
Mes chants, échos de ma flamme,
Seront toujours de larmes imprégnés.
Ce sourire qui rayonne
Sur mon front sombre et pensif,
Est semblable à la couronne
Dont on pare un roi captif.

Mais la coupe écume, etc.

Les plus heureux sur la terre,
Que comptent-ils de plaisirs,
Sans quelque pensée amère,
Quelques fatals et tristes souvenirs?
A l’âme tendre et sensible
Le moindre mal est cuisant,
Comme à l’arbrisseau flexible
Un roitelet est pesant.

Mais la coupe écume, etc.

Thomas Moore, poète prolifique, a composé des dizaines de mélodies irlandaises, sur des airs connus comme c’était l’usage à l’époque (toutes les partitions sont en ligne sur le site LibraryIreland.com).

Parmi celles-ci plusieurs font référence à la boisson, mais de laquelle Thomas Gounet a-t-il tiré sa chanson à boire, une traduction très libre assurément ! ? On pourra peut-être répondre à cette question en analysant les oeuvres complètes !

Pour les lecteurs du Bon Clos on relèvera « drink to her« , « drink of this cup« , « the wine-cup is circling« , « come send round the wine » (un véritable hymne à la tolérance, écouter ci-dessous la version d’Eleanor McEvoy).

Cette grande chanteuse irlandaise vient de sortir Gimme some wine, chanson d’amour assez désespérée, c’est le moment de la découvrir.

Gimme some wine if I can’t get your time…

Ci-dessous quelques oeuvres du peintre Chris Gollon illustrant Gimme some wine

Sur les pas d’Orloge Simard

Ce tableau découvert sur le mur d’une rue près de la Cité du Vin à Bordeaux nous a intrigué.

L’auteur, Pyquet, est un artiste de street art assez prolifique dont on peut voir des oeuvres sur Instagram. Il aime à illustrer chansons et chanteurs dans un style à la fois expressif et coloré, parfois naïf.

Ici le sujet est « le vin », d’Orloge Simard.

Orloge Simard est un groupe québécois créé en 2012 par Olivier Simard, assez populaire (plus de 30 000 auditeurs par mois sur Spotify). « Le vin » est une chanson de l’album « beuvez toujours ne mourrez jamais » sorti en 2017.

La chanson est disponible sur youtube

Le vin rend les lèvres bleues Il ne rend pas meilleur Il rend un peu enjôleur Il ne rend pas serein Il te fait pleurer pour un rien

Le vin rend les lèvres bleues Il rend les idées noires Y met ta tête un peu d’travers Il ne rend pas plus beau Ça dépend qui prend la photo

Si la couleur du vin C’est la couleur de ton teint Il faut savoir que tout homme Tend à dévier du métronome

Le vin (papapaw) Le vin rend les lèvres bleues (Papapaw, papapaw) Rend la parole fumeuse Te laisse des cernes sous les veilleuses Il ne rend pas plus beau Il te met en mode crescendo (Wo)

Et si Dionysos Aimait ben prendre une bonne brosse Il en va de même pour l’ivrogne Tassez-vous si la souèf y pogne Le vin (papapaw) Le vin rend les lèvres bleues (Ooh… La la la…)

On peut aussi écouter l’Hymne à la bière (les paroles sont )

Les lecteurs du bon clos se souviennent peut-être d’un autre Simard, Bernard, vu à Paimpol il y a quelques lustres, et de son « vin pour ma tante« . Serait-il apparenté à Olivier Simard, ou encore à René et Nathalie, les P’tits Simard ?

C’est l’occasion de découvrir le bon buveur, du groupe le vent du nord dont Bernard Simard a été membre.

Ami buvons caressons la bouteille Pour passer notre temps

Un bon buveur C’est l’ami de la bouteille

Le soir et le matin à moi Il me dit à l’oreille

J’aime la bouteille, moi J’aime la bouteille

Et tous ces vieux garçons Qui s’en vont voir les filles Ils disent qu’ils sont des fous

Et moi je dis Qu’ils cherchent leur avantage

Je les trouve sages moi Dans l’bas du village

J’aime la bouteille moi J’aime la bouteille

Et vous, mon bon popâ Qui vivez à votre aise Vous êtes marié

Quand vous voulez Que maman vous embrasse

Et vous n’avez qu’à parler Et moi, dans ma chambrette

Je flatte en cachette, moi Dans la p’tite’ cabinette

Quand j’ reviens de l’ouvrage Souvent je la regarde Je lui fais les yeux doux

En lui disant: «La belle je vous aime»

Je vous trouve belle moi Je vous trouve belle

j’aime la bouteille moi J’aime la bouteille

Bruniquel m’a tuer

La vie parisienne, le spectacle proposé cette année par Frank T’Hézan, Jean-Christophe Keck et leur bande allait-il attirer les foules à Bruniquel comme l’an dernier la Grande Duchesse de Gerolstein ?

La réponse est oui, mais malheureusement le temps n’était pas un rendez-vous. Le 31 juillet est un jour à marquer d’une pierre noire car le spectacle fut annulé, et les imprévoyants d’un soir furent privés de leur annuel plaisir. Bruniquel m’a tuer !

Malin, l’ami Bernard avait prévu d’y rester quelques jours et put donc voir par deux fois cette Vie Parisienne.

(ci-dessous des affiches de 1922, 1927 et 1919 !)

Voici ses mots : »pas la moindre goutte. Carole Delga, JM Baylet présents. Triomphe. »

Mieux. Averti par l’auteur de ces lignes, il s’est rendu au récital de chansons humoristiques donné par Dominique Desmons au domaine Vayssette à Gaillac.

Dominique Desmons trinquant avec son compère Jean-Christophe Keck

Il a pu y écouter « ya d’la mise en bouteilles au château », bien connue des lecteurs du bon clos.

Dominique Desmons ! (assisté de Jean Christophe Keck pour les bruitages).

Nous attendrons donc la sortie du DVD pour découvrir la version 2021 de la Vie Parisienne, et nous consolons avec ces quelques photos anciennes et actuelles de Bruniquel .

l’hôtel café Rigal, successeur Doubac, promenade du Ravelin, il y a un siècle
Il est toujours là mais c’est maintenant un restaurant
(cf https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA82116130)
Bruniquel, le château en surplomb de l’ Aveyron, et le train à vapeur
(vu au musée la villa des peintres de Diego Lara à Montricoux)
colonne « bachique » en l’église de Montricoux, à une lieue de Bruniquel
paysage de vignes à l’Abri-Niquel de Brigitte Artusi

Un petit verre pour la vie…

Il faut saluer Eric Slabiak et son groupe Josef Josef qui chantent cet été au festival d’Avignon et ont repris un vieil air yiddish « a glezele léchaim », un petit verre à (pour) la vie !

(Eric Slabiak avec son violon endiablé s’est fait connaitre depuis longtemps avec son précédent groupe « les yeux noirs »)

C’est un air entrainant que l’on peut écouter sur Spotify par exemple.

« 

Trinquons à la vie
Ce soir, à la table de fête

A la santé, à l’amitié, aux amis,
Buvons et versons à nouveau.
À la santé, aux jeunes et aux vieux,
A ceux qui sont là et aux absents…

En voici une version plus ancienne chantée par par Misha Alexandrovich

Cette version plus tranquille par Doris et Elliot Weiss attribue la musique à Joseph Rumshisky, et les paroles à B. Berghotz.

Voici la partition disponible sur le site de la Bibliothèque du Congrès :

Né près de Vilno (Lithuanie) en 1881, Joseph Rumshinsky émigra en 1 904 aux Etats-Unis. Compositeur et chef d’orchestre, il est l’un des grands du théâtre yiddish américain.

Drunk

Voici un film danois sorti sous de multiples noms avec un certain succès : Druk dans son pays d’origine, Alcootest au Québec, Another round (une autre tournée) à l’international, Drunk en France. Il ne pouvait pas nous échapper.

Il présente 4 amis enseignants, proches de la cinquantaine qui décident d’expérimenter l’effet d’un taux permanent de 0,5g/l d’alcool dans le sang. Après des débuts prometteurs, les déboires vont se présenter.

La bande son recèle quelques pépites.

Hvila vid denna källa est une charmante pastorale du poète suédois Carl Michael Bellman,

la 82ème épitre de ses Fredman’s Epistles, composées dans les années 1777-90.

C’est le printemps, et l’on se repose auprès d’une source pour déguster au petit déjeuner (Frukost) vin rouge et « pimpinella » (peut-être des herbes aromatiques). On entend tinter les bouteilles qui, vides, roulent dans l’herbe, et l’on boit le vin de midi au son du cor, entourés de mille fleurs.

La voici chantée par l’ Akademiska Kören i Göteborg

On trouvera une partition sur wikipedia.

On entend aussi « Drick ur ditt glas« , la 30ème épître du même recueil. Changement d’ambiance !

« Vide ton verre, car la mort t’attend. »

On assiste à l’entrelacs de déclarations macabres au chevet du père Movitz moribond, et d’invitations à la joie et à la boisson :

« vide ta fiasque, chante et bois, soit joyeux ! »

« Prête moi ta bouteille ! Skål ! Chante le Dieu du vin ! »

Voici la version de Cornelis Vreeswijk

on trouvera la partition là, et les paroles de Carl Michael Bellman et leur traduction en anglais par Eva Toller là.

Bellman se fit connaître par ses chansons bachiques et érotiques restées très populaires en Suède, mais sa réputation de « maitre improvisateur » , de musicien poète et de témoin de son temps est de plus hautes. Il jouait merveilleusement de la cithare et était, comme on dirait aujourd’hui, un auteur-compositeur-interprète. Initié à la poésie par son répétiteur, il apprit aussi les langues et put lire Horace et Boileau. Après de premières chansons parodiques, il entreprit d’écrire les Épîtres de Fredman, dans un style novateur. A l’âge de 37 ans il sortit de la précarité grâce à une sinécure octroyée par le roi Gustave III. Ne se cantonnant pas à l’inspiration bachique, il écrivit aussi poèmes religieux et pièces de théâtres. Il fonda l’Ordre de Bacchus (Bacchi Orden) qui plus tard devint la société bacchanalienne Par Bricole (terme français de billard signifiant bande-avant) toujours existante! Alcoolique, perclus de dettes, il mourut à 55 ans.

On trouvera les épîtres et chansons de Fredman (paroles et musique), cet horloger de Stockholm au destin tragique que Bellman a pris pour héros, avec d’autres figures comme Ulla Winblad, Fader Movitz etc., sur le site Bellman.net

A la santé du général !

C’est le toast porté par les personnages des P’tites Michu d’André Messager au Général des Ifs, venu retrouver sa fille laissée pour cause de veuvage et d’ obligations militaires aux bons soins de la famille Michu.

On a pu le voir en ce début avril sur la chaine Culturebox, jouée par les Brigands. Dommage qu’elle ne soit plus en ligne.

(Au lever du rideau, un punch flambe sur une table au milieu du salon.

Les invités, le verre en main, entourent le général)

A la santé du général !

Que l’on vide gaîment son verre !

Fêtons ce guerrier martial !

Fêtons ce brave militaire !

A la santé du général !

On peut écouter la musique sur Spotify.

Les P’tites Michu ont été créées en 1897. Pour une analyse détaillée et le livret, voir le site Artlryiquefr https://www.artlyriquefr.fr/oeuvres/Ptites%20Michu.html

A boire encore ! du vin du Rhin

Nous avons déjà rencontré Faust, celui de Gounod, et son choeur qui clame Vin ou bière, bière ou vin, que mon verre soit plein !

Voici maintenant celui de Berlioz, composé 13 ans plus tôt en 1846. L’histoire est sensiblement la même.

On y trouve aussi un choeur de buveurs, qui clament : « A boire encore ! du vin du Rhin! »

Le voici, par le Choeur de l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé par Charles Dutoit.

Oh! qu’il fait bon quand le ciel tonne
Rester près d’un bol enflammé,
Et se remplir comme une tonne
Dans un cabaret enfumé!
J’aime le vin et cette eau blonde
Qui fait oublier le chagrin.
Quand ma mère me mit au monde,
J’eus un ivrogne pour parrain.
Oh! qu’il fait bon quand le ciel tonne . . .


Qui sait quelque plaisante histoire?
En riant le vin est meilleur.

(C’est ensuite que l’on entend l’ histoire de la rate et celle de la puce…)