Avec Marie Krysinska

Nous avons rencontré cette poétesse franco-polonaise qui eut son heure de gloire au temps de Montmartre triomphant. Pianiste au Chat Noir, elle publia quantité de poèmes qu’il serait dommage d’oublier.

Marie Krysinska 1857-1908

Comme son poème de la vigne, dédié à Anatole France, dans le recueil « les Joies errantes », qui nous fait faire le tour du monde du vin, depuis les Indes lointaines dont Dyonisos rapporta la vigne, jusqu’au pays où

Enfin le champagne à la mousse folle
Dont le bouchon comme un oiseau s’envole
Est le diadème d’or, finement perlé,
Au front de la Vigne sacrée.

Avec la chanson dans les vignes, nous partons en vendanges avec l’Amour

Les vignes sont en fruit
Sur les coteaux mûris.
Mettez des feuilles rougissantes
Parmi vos boucles de bacchantes
Vendangeuses au rire clair
Comme le cri des grives dans l’air

L’Amour — ce Vendangeur
Ivre du sang des cœurs —
Veut grapiller encore, encore,
Des lèvres rouges, des yeux d’aurore.

Il en fera jaillir
Des larmes, des soupirs,
Et l’amertume en sera douce
Comme le vin nouveau qui mousse
Au bord des verres brillants,
Au bord des verres chantants.


L’ivresse est sainte qui fait chanceler
Vos pas d’amoureux, couples enlacés,
Dans les vignes en fruit
Sur les coteaux mûris.

Et avec la folle Bacchanale,

La farouche et rythmique extase se déchaîne.

…

Et le flot du vin odorant se mêle
Aux flots des chevelures qui follement ruissellent.

Ce dernier poème a été mis en musique et chanté par notre amie Pascale Neuvic et ses acolytes du Trio du Zinc, Yannick Jamin et François Marnier.

On aura l’occasion de l’écouter sur scène ce vendredi 2 octobre au musée de l’absinthe d’Auvers/Oise, au cours du récital « poèmes du 19èmes siècle« , où l’on retrouvera aussi Marceline Desbordes-Valmore, Louise de Vilmorin, Louise Ackermann et bien d’autres.

Une deuxième chance : au théâtre Pixel à Paris 18ème le 10 janvier.

Tchin tchin

A tous ceux qui partent… Tchin tchin tchin

Voici une chanson d’Hugues Auffray, édifiante s’il en fut, dans le bon sens du terme, qui fait chaud au coeur en ces temps compliqués. Elle date de 1976.

Je veux croire mon frère, en levant ce verre, je veux croire encore à ton espoir.

À tous ceux qui partent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui restent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui tombent, tchin, tchin, tchin
À tous ceux qui sombrent, tchin, tchin, tchin
Je lève mon verre, tchin, tchin, tchin
À vous tous mes frères, tchin, tchin, tchin
Je veux chanter pour vous, tchin, tchin, tchin
Et vous saluer debout, tchin, tchin, tchin
Toi qui ce soir as perdu, tchin, tchin, tchin
Toi qui ce soir es battu, tchin, tchin, tchin
Je veux croire mon frère, en vidant ce verre
Je veux croire encore à ton espoir
Toi qui n’as plus de maison, tchin, tchin, tchin
Toi qui n’as plus de raison, tchin, tchin, tchin
Je veux croire…
Toi qui pleures ta liberté, tchin, tchin, tchin
Toi qui encore es tombé, tchin, tchin, tchin
Je veux croire…
Toi qui es seul sans ami, tchin, tchin, tchin
Toi qui cherches dans la nuit, tchin, tchin, tchin
Je veux croire…
Au blé qui s’élève, tchin, tchin, tchin
La prison qui s’ouvre, tchin, tchin, tchin
À l’enfant qui pleure, tchin, tchin, tchin
À l’oiseau qui vole, tchin, tchin, tchin

97 ans et toutes tes dents, increvable Hugues, quel bonheur de t’entendre encore aujourd’hui, toi qui a enchanté notre jeunesse avec Santiano, Céline et le Rossignol anglais ! Et fait connaitre à un large public le grand Bob.

Allez, on la réécoute ?

Profitons-en, pour ne pas mourir idiot, pour indiquer que l’expression tchin tchin vient du chinois Qing Qing (je vous en prie, invitation à boire) rapportée par des soldats français d’un séjour en Chine fin 19ème siècle, cf le trésor de la langue française ou encore Couleur Forez Mag

Pour bien prononcer Qing Qing, 请请 (qǐng qǐng) : S’il vous plaît / inviter (répétition du caractère 请, qǐng, on peut visionner cette video.

Mais aujourd’hui les chinois saluent ou trinquent en disant 干杯 (gānbēi (cul sec, ou vidons le verre). Apprenons aussi à bien le prononcer!

A noter la parenté du chinois Ganbei et du japonais Kampai

Chinois (Mandarin) 干杯 (Gānbēi)« Gane-béille »干 ( Gān) : Sec / Vider 杯 (Bēi) : Verre / Coupe

Japonais乾杯 (Kanpai) « Kane-paille » (ou campe) 乾 (Kan) : Sec / Vider 杯 (Pai) : Verre / Coupe

Cette parenté s’étend à la Corée, on pouvait s’y attendre) : Geonbae (건배) « Gone-bè », mais le terme courant est plutôt

« Jjan (짠) « Tjane » (avec un ‘tj’ bien sec et dynamique) « 

qui se rapproche de notre tchin.

Bye Dolly, bye bye

Au moment de dire au revoir à cette étoile de la Country, écoutons sa complainte Daddy’s moonshine still composée en 1971, qui nous parle d’une famille détruite par la faute d’un père alcoolique et de son alambic clandestin.

… My bootlegging daddy was known quite well
And he made our home a livin’ hell
And I ain’t forgot it and I know that I never will
My mama finally died, she just gave up
And daddy finally died from drinkin’ that stuff
And bad memories haunt the rest of us
From daddy’s moonshine still

C’est une histoire qui finit mal, mais qui a donné des ailes à Dolly pour devenir la « reine de la musique Country ».

Et pour lancer sa propre marque de vins : Dolly Wines ! avec la devise « Let’s get social »


« Easy-drinking, light-hearted and vibrant, these wines are the perfect addition to spending time with family and friends. »

If you say so… Marketing, quand tu nous tiens !

Chardonnay, Rosé, Prosecco, Pinot Noir… des vins sourcés depuis les vignobles de Parton Family Cellars à travers le monde : Californie, France, Italie, Australie…

Et elle a de l’humour avec ça, regardons cette video

@dollyparton

How easy was that? 😉 Get a taste of my delicate @Dolly Wines French Rosé or try my zingy Prosecco only, available in the UK! Cheers 💙

♬ original sound – Dolly Parton

Cheers Dolly, farewell !

Le père la Victoire

C’est une chanson patriotique qui date de la fin du 19ème siècle (1888). C’est un vieux soldat qui fête ses 100 ans et invite à boire avec lui :

Vous qui passez là-bas
Sous cette tonnelle, entrez boire
Ah ! Buvez, jeunes soldats
Le vin du père la victoire

Brillant, vermeil
Nectar sans pareil
Il remplit le coeur de vaillance
Vin de l’espérance,
Buvez, enfants
Le vin de mes cent ans

Chanson patriotique emblématique de la Grande Guerre (14-18), c’était, parait-il, la chanson favorite de Winston Churchill si l’on en croit le film la Bataille de Gaulle (l’âge de fer) où on le voit chanter :

Comme autrefois,
Soldats, je revois
Carnot décrétant la victoire.
Marchez à la gloire !
Mes chers enfants,
Revenez triomphants.

Carnot, ça nous ramène à la bataille de Wattignies en 1793. C’était bien un centenaire ce père la Victoire !

Et pour la petite histoire, nous connaissions un autre chanson favorite de sir Winston : « Run, rabbit run » qui mérite une écoute !

Qu’il est beau, qu’il est bon…

mon petit rosé, en cubi de 5 litres à petites gorgées…

Voici encore une chanson bien sympathique. On la doit au groupe Al Chemist, qui nous vient des Pyrénées orientales.

On trouvera les paroles là

On l’a découverte par hasard, chantée par une troupe de comédiens qui jouaient Aristophane (les Cavaliers) agrémenté de moultes chansons, au Festival d’Avignon. On peut encore y aller, ils jouent jusqu’au 25 juillet à la Cour du Barouf.

Al Chemist en a quelques autres à son répertoire, qui pourraient intéresser les lecteurs du bon clos, comme le Pourou, qu’on ne trouve pas en ligne, on se demande bien pourquoi (voir les paroles ici)… Le groupe s’est formé dans les années 2000 et chante en rock festif mâtiné d’instruments de cobla la vie locale du pays catalan.

Sauvignon Blanc

Ce cépage fait la gloire des vins de Sancerre et de Pouilly (Fumé), il est souvent associé au Sémillon en Bordelais, et il a pris pied un peu partout, de la Nouvelle-Zélande au Chili en passant par l’Australie…

 » Au nez, il développe des notes intenses de fruits à chair blanche et de fleurs printanières. Mais ce sont surtout les agrumes (citron, pamplemousse) et les nuances végétales nobles (bourgeon de cassis, herbe coupée) qui font sa renommée.« 

On en saura plus en consultant par exemple Viniphile, ou encore ce blog de la maison lacheteau.

Mais ce qui nous amène à en parler n’a rien à voir, c’est une chanson du dernier album qui fait fureur de la catalane Rosalia.

Passée du flamenco au reggae, la chanteuse donne maintenant dans la fusion de styles de musique pop, classique et de chanson traditionnelle. Son dernier album, Lux, publié le 7 novembre 2025,  chanté en 14 langues, bat des records d’écoute et devient l’album le plus écouté au monde avec 42 millions d’écoutes en 24h sur Spotify (cf wikipedia).

Sauvignon blanc, 13ème chanson de l’album, est une chanson d’amour, inspirée par Thérèse d’Avila, apprend-on. Amour charnel ou divin ? Qui sait ?

Tu amor será mi capital 
¿Y que más da? Si te tengo a ti 
No necesito nada más 

Sauvignon Blanc a tu lado 
Mi futuro será dorado 
Ya no tengo miedo del pasado 
Está en el fondo de mi copa de Sauvignon Blanc 
En mi copa de sauvignon blanc, mm

……

Yo beberé Sauvignon Blanc a tu lado

Ton amour sera mon capital.. Si je t’ai, j’ai n’ai besoin de rien d’autre… Avec du Sauvignon Blanc au fond de ma coupe, mon futur sera d’or, je n’aurai plus peur du passé…

Voici ce qu’en dit ZOÉ SCHULTHESS MARQUET dans VOGUE : Avec “Sauvignon Blanc”, Rosalía poursuit son ère mystique et radicale, où rupture et renaissance se mêlent dans une quête spirituelle universelle. “Sauvignon Blanc” concentre l’essence de LUX : solitude, purification et renaissance…
 Le vin, ici le Sauvignon Blanc, prend un rôle symbolique. Il n’est plus simple boisson, mais refuge et consolation.

Qu’on se le dise !

Quelques chansons de Lynda Lemay

.Voici une chanteuse populaire qui s’est à plusieurs reprises attaquée à la dépendance à l’alcool.
En 2005 avec Promesse d’ivrogne : »Moi c’est réglé, j’arrête de boire »

Las, ça ne va pas durer. Cinq ans plus tard, en 2010, la voila qui revient sur le sujet avec J’prendrais bien un verre (de N’importe quoi)


Et en 2021, voila J’prends un verre. Lynda y fait son coming out d’alcoolo en 88 octosyllabes et des poussières. C’est touchant de vérité.

Bon, chacun fait comme il peut. Bon courage, Lynda. Mais quelle mouche t’a piqué de t’attaquer frontalement au vin rosé, avec cette dernière chanson : l’idée d’boire du rosé ?

C’est quoi l’idée d’boire du rosé Les rouges, les blancs sont tellement bons ? … En boire, « ç’a’pas d’maudit bon sens !

En 20 stances de 4 octosyllabes, tu lances une vraie charge contre le prince de l’été ! Ta rhétorique ne montre qu’une chose : ton ignorance (ou la mauvaise qualité des rosés vendus au Québec).

Ah ! si tu connaissais le Bandol Barouveou, (viens boire un ptit coup à la maison, Lynda, il m’en reste une bouteille). Et viens à Sanary au prochain festival Just Rosé. Un festival international (surtout par les clients), c’est du 8 au 10 mai 2026.

compagnie sensible

C’est le nom d’un ensemble musical rencontré lors d’une soirée des associations de quartier. Ils cultivent la musique chantée du 18 ème siècle, qui parle souvent d’amour, et aussi de vin bien sûr.

deg.à dr. Petronille, Maylis et Sylvain

Sylvain, Petronille et Maylis, voila une belle équipe, qui joue des cordes, de la flûte, et de la voix. Et qui savent faire chanter l’assistance, peu coutumière de ces airs anciens, mais qui apprend vite.

Les revoilà chez Luc, le président de leur association de soutien. Toujours le même brio et le même entrain.

Les morceaux se suivent, le public est invité à se restaurer, à goûter l’excellent Pouilly-fumé et le Pessac-Léognan.

de g. à dr. Guillaume (guest star), Maylis et Sylvain

Quelques clés de compréhension sont données : les trois compositeurs majeurs de ces brunettes et autres cantatilles et passacailles des années 60 (du 18ème siècle) sont Pierre de Lagarde (1717-1799 : maître de musique  des enfants de Louis XV), Jacques Naudé (169?-1765) auteur dont on ne sait pas grand chose sinon qu’il fut prolifique (onze recueils qui restent encore à explorer), et Antonio Albanèse (1728-1803) le « faiseur de tubes » de Louis XVI (dont le fameux « que ne suis-je la fougère« …)

Une fois tout le monde restauré et abreuvé, on passe aux choses sérieuses : chanter ensemble. C’est le grand talent, le mérite et la marque de fabrique de ce trio de s’attacher à faire chanter l’auditoire : à l’unisson, en canon, à deux voix…
Et ça marche !

Voici quelques partitions de cette époque louénntaine et si charrmannte…

« quand je vois ma chère bouteille, je sens les transports les plus doux.. »

« Laissons là dormir Grégoire, il est fou, il est sou(l), ce faquin ne sait pas boire ce vin doux comme nous… »,
« faisons tous de longs glous glous.. »

Amis sensibles, merci, et à très vite !

Le vent du Nord

Voici un groupe de musique traditionnelle québécoise qui connait un grand succès :plus de 2000 concerts dans le monde entier en un peu plus de 20 ans. Ils chantent aujourd’hui a Paimpol, au festival des chants de marins. Caramba, nous les avons raté !

Nous sommes allés enquêter et avons trouvé quelques chansons à notre goût. En chemin, nous avons recroisé la route de Bernard Simard, rencontré à Paimpol il y a une paye, et membre du groupe à ses débuts, hélas décédé en 2020. Est-ce sa voix dans « chers amis buvons »?

chers amis buvons ! (2003 : Maudite Moisson! )

Chers amis buvons, ne perdons jamais la raison
J’ai du bon vin dans ma bouteille
Prends ton verre et moi le mien
Ebréissons nos chagrins
J’ai de l’argent à dépenser, que mon grand-père m’avait laissé
Des écus et des pistoles et des demi-quarts d’écus
C’est pour y faire la tramponne à la table du vieux roi Bacchus

(les paroles complètes sont là)

Dans la même veine, voici
Le bon buveur Le reel du quatrième (in  Les amants du Saint-Laurent, 2005)

amis buvons caressons la bouteille pour passer notre temps
Un bon buveur c’est l’ami de la bouteille
Le soir et le matin il me dit à l’oreille
j’aime la bouteille moi

Vigneron, paru dans Tromper le temps (2012) raconte l’histoire d’un employé qui surprend son maitre en train de galvauder son vin.

Vigneron

Ah c’était un jeune garçon vigneron et il travaillait dans la maison
V’l’a qu’il aperçoit son maître en faisant semblant de rien 
Il faisait du galvaudage met de l’eau dans son vin 

Et là mon maître que faites-vous pourquoi donc ce vin baptisez vous 
Ce vin n’est pas assez rustique ne le baptisez donc pas 
Car moi qui travaille la vigne je ne l’tolère pas 

Eh vigneron mon petit ami fais donc ton paquet tu vas partir
Mais je le veux bien mon maître vous êtes maître chez vous 
Comptez moi mon dû tout de suite j’m’éloignerai de vous 

Je te donnerai mes blancs chevaux et mes serviteurs et mes habits 
Et si tu t’en vas demain dans ton village natal 
J’n’aurai rien vu rien entendu elle n’en saura rien 

Mais la maîtresse elle lui répondit toi le vigneron tu restes ici 
Tu la travailleras la vigne tu la travailleras fort bien 
T’auras toujours la bouteille le soir le matin

« L’Auberge », paru en 2022 dans l’album anniversaire 20 printemps est  » une ode a cappella pour célébrer l’amitié et le partage, une religion dont l’autel du temple possède un comptoir et des fûts! « 

L’autre jour dans une auberge avec plusieurs de mes amis
J’ai passé la nuit à boire, ma maîtresse auprès de moi

Moi, j’aime à boire, je m’en fais gloire
Je veux dépenser mon bien
J’suis toujours d’humeur égale
Je prends le temps comme il vient

Tous les jours ma mère me gronde, elle me traite de libertin
Elle m’dit que j’suis dans le monde pour lui causer du chagrin

Laissez-passer les robes noires, laissez les cantiques passer
On leur dira qu’on est après boire, tout l’argent d’leurs héritiers

L’autre jour dans une auberge, avec plusieurs de mes amis
Ce sont des gens comme nous autres, qui s’enivrent à la boisson

Le bedeau, ce grand ivrogne, boira-t-il tout comme nous?
Boira-t-il dans l’autre monde, comme il a bu parmi nous ?

Dans le même album, Si vous voulez

Si vous voulez que je chante, versez-moi un verre de vin
Qu’il soit doux et qu’il m’enchante, pourvu que l’amour nous rassemble

Ah ah ah! Ne me donnez pas, si vous voulez que je chante
Ah ah ah! Ne me donnez pas, jamais de l’eau entre les repas

Allez donc tous à la table, chercher du vin nouveau
Pour remplir tombleurs et verres, les bouteilles et puis les pots

La veillée est terminée, il faut penser à s’en aller
Il est grand temps que je parte, avant que je meure sur quatre pattes

Le matin quand je m’éveille, je me sens tout friponné
D’avoir vidé, verres et bouteilles, de ce bon vin qui nous réveille

Je voudrais que les rivières, les fontaines et les ruisseaux
Viendraient rincer, les choppes, les verres, les bouteilles et puis les pots

On termine avec Verse Verse, paru en 2018 dans l’album

J’avais fait le choix d’une jolie maîtresse 
Mais par un trahi, je m’en suis retiré 

Verse verse ah oui verse à plein verre 
Verse verse, mon verre y é pas plein 

Ami buvons ne craignons rien mon frère 
Nous savons bien que le vin nous soutient 

Toi, tu es riche tu payeras les dépenses 
Pas’ moi chu pauvre pis j’ai rien d’quoi payer 

Nous avons parcouru les quatre coins de la terre 
De bons buveurs n’ont jamais peur de rien

A la fête du vin de VRŠAC (Serbie)

Cette petite ville, chef-lieu d’un district viticole au nord est de la Serbie, dans le Banat serbe (occidental), organise chaque année une fête des vins début juillet. L’occasion de goûter les vins locaux, d’écouter des chansons du cru, et de faire de belles rencontres.

L’histoire de la ville est ancienne, et mouvementée, elle a plus d’un atout touristique.
Le vin y est attesté depuis 1494.

On peut voir ce triptyque de Vršac , oeuvre de Paja Jovanović (1859-1957), au musée municipal.

Voici aussi un tableau que l’on peut voir au domaine Helvecja, bâti par un suisse en 1880.

L’hotel Serbja arbore fièrement l’affiche du festival

et les bouteilles de vin local.

Sur l’allée piétonne où se tient le festival, on croise Vinko Lozic, un personnage  créé par Jovan Sterija Popovic dans son calendrier satirique , allégorie du citoyen bon vivant, protecteur des vendanges et mascotte de la ville.

sculpture de Zivko Grozdanic

En voici une incarnation publicitaire

On y fait bien d’autres rencontres et l’on peut déguster toute sortes de crus.

Pas de fête sans musique, les orchestres se succèdent sur la scène.

Voici quelques chansons typiques : » Kad čujem tambure, ja skočim na bure » (Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau) ; « Donesi vina, krcmarice Marko Nesic » (Apporte moi du vin, aubergiste »; et « Tamburica » (tambourin)

Kad čujem tambure 
ja skočim na bure, 
popijem litru dve, 
i pevam do zore. 

REF : Hej, haj vinca, ca 
vinca rumena, ha, ha 

Iz Vršca stiže glas 
u vinu leži spas, 
ko vino ne pije, 
taj nek se ubije. 

 Gospodin profesor 
izašo na prozor, 
i spazi bratiju 
gde pije rakiju. 

Quand j’entends des tambourins,
je saute sur le tonneau,
je bois deux litres
et je chante jusqu’à l’aube.

Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge, ha, ha,
Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge.

Une voix vient de Vršac,
dans le vin se trouve le salut,
qui ne boit pas de vin,
qu’il se tue.

Monsieur le professeur,
est sorti par la fenêtre
eta vu le frère,
où il boit du raki.

Donesi vina, krcmarice,
rumenog kao tvoje lice.
Daj da pijem, tugu da razbijem.
Srce me bole, jadi ga more.

Rumeno lice, dve ruzice,
a oci carne zeravice.
Oko tvoje srce mi izgore.
Muce mene muke paklene.

Oj, Boze, Boze,sto je stvori,
da mlade momke muci i mori.
Celo selo za njom se zanelo,
i svi piju da jad razbiju.

Apporte-moi du vin, aubergiste,
rouge comme ton visage.
Laisse-moi boire, pour apaiser mon chagrin.
Mon cœur souffre, il est tourmenté par la mer.

Un visage rouge, deux roses,
et des yeux comme des braises noires.
Mon cœur brûle à ta vue.
Je suis tourmenté par les tourments de l’enfer.

Oh, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi l’as tu créée,
pour tourmenterles jeunes gens  ?
Tout le village est épris d’elle,
et chacun boit pour apaiser son chagrin.

Kad zasviram sa jaranima
ne dolazim kuci danima
od vina i pjesme poludim
cesto kraj druge se budim
i mnoge prespavam dane
zbog vina, ljubavi, kafane

Ref.
Sve zbog moje tamburice
vole me ljepotice
bila smedja ili plava
svaka mi je ljubav prava
kad se igra i pjeva
najbolje mi stoji garava

Idem kuci zora svanula
tambura mi kod nje ostala
ona nece da je vrati
zeli da joj opet svratim
doci cu sunce moje
najsladje su usne tvoje

Quand je joue de la tamburica
Je ne rentre pas à la maison
Le vin et les chansons me rendent fou
Je me réveille souvent chez les autres
Et je passe beaucoup de nuits dehors
À cause du vin, de l’amour, des cafés

Ref.
Tout ça à cause de ma tamburica
les belles me veulent
qu’elle soit brune ou blonde
chaque amour est vrai pour moi
quand on joue et chante
c’est là que je suis le mieux

Je rentre à la maison, l’aube est levée
ma tamburica est restée chez elle
elle ne veut pas me la rendre
elle veut que je lui rende la pareille
jusqu’à ce que le soleil se lève
tes lèvres sont les plus douces

Le soir, l’ami Nikola nous a emmenés chez lui, sur le coteau qui domine la ville. On boit en parlant poésie et en mangeant des spécialités serbes.

Nikola le serbe, et Janesz le slovène, amis par le vin

Nikola est le grand maitre de la confrérie bachique Saint Théodore, qui célébrait ses 20 ans. Dans son caveau il tient sous clé des bouteilles pour ses petites filles, lorsqu’elles auront l’âge; et quelques oeuvres à déguster avec les yeux…

Merci Nikola pour ton accueil !

Et adieu aussi à la Jelen…

Allez encore une chanson ! Vino i Gitare (Chanson d’Arsen Dedić et Gabi Novak ‧ 1970)

Vin et guitares Laisse-les remplir à nouveau ma nuit Ce vieux vin et ces guitares Des amis viendront ce soir
Vino i gitare Nek’ opet ispune mi noć To vino staro i gitare Večeras će prijatelji doć’

Laisse le temps s’arrêter Quand tout le monde se rassemble ici La vie d’un autre côté Nous resterons debout ce soir
Vrijeme neka stane Kad ovdje okupe se svi Životu s neke druge strane Večeras stajat’ ćemo mi

Laissons partir la jeunesse aussi La vie doit aller quelque part’ Des blessures même visibles tout passera
I mladost neka ide Život mora nekud poć’ Pa i rane što se vide Sve će proć’

Vin et guitares Je veux être chez moi ce soir Quand de vieux amis viennent Qu’ils ne trouvent pas de douleur dans mon cœur
Vino i gitare Želim noćas ja u domu svom Kad stari prijatelji dođu Nek’ ne nađu bol u srcu mom

La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la
La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la