Tacuinum Sanitatis

Il s’agit d’un guide de santé populaire au Moyen-Age, doté de nombreuses illustrations,

l’automne

basé sur les tableaux de santé (Taqwim al‑Sihha تقوين الصحة ) du médecin arabe Ibn Butlan (que nous avons déjà rencontré) qui vivait au 11ème siècle.

Les avantages et inconvénients des différents aliments, herbes, saisons et activités y sont évalués.

(Les images que nous publions sont extraites d’un manuscrit détenu par la Bibliothèque Nationale et accessible sur Gallica.)

Voici ce qui concerne les raisins :

les meilleurs sont ceux de Khorasan ; indiqués en cas de douleur intestinale, ils soulagent le foie et l’estomac, mais ils « brûlent » le sang (des citrons frais y remédieront) ; conseillés aux vieillards, en hiver et dans les pays du Nord…

Le vin blanc jeune calme la faim, mais doit être bu avec modération (en boire coupé d’eau pour éviter l’abus) ; peut faire chauffer le sang ; conseillé aux vieillards en toute saison sauf l’été et lorsque la chaleur est excessive…

Les vins vieux, odorifères sont conseillés aux estomacs froids ; ils soignent les yeux et vivifient l’esprit ; en revanche, ils dégradent les sens et la mémoire des enfants que l’on guérira avec des pommes sûres et des coeurs de laitue ; ils affinnt le sang ; à conseiller aux personnes âgées, en hiver et dans les régions froides

Les vins rouges charpentés : les meilleurs sont brillants et clairs ; ils calment l’estomac et remédient aux évanouissements, mais peuvent causer du mal aux rates et foies délicats (s’en préserver avec des grenades aigres) ; font rougir la bile ; très conseillés aux personnes âgées, en hiver et dans les pays froids

Le vin jaune (citrin) : bon contre les poisons, surtout les poisons froids ; las, il réduit l’appétit du coït (on peut y remédier avec des coings aigres) ; très conseillé aux vieillards, aux tempéraments froids, au printemps et dans les pays du Nord

Voyons enfin l’ivresse, qui soulage les douleurs chroniques et soigne les humeurs corrompues, mais émousse le cerveau (y remédier avec des fortifiants du cerveau et en vomissant) ; très conseillée aux vieillards par temps froids et dans le Nord…

Nous en resterons là, mais il y en a plus de cent que l’on peut consulter sur le site moleiro.com !

 

 

le vin et les maths

C’est le thème d’une conférence faite l’an dernier par Jean-Christophe Deledicq au lycée Pierre Bourdan de Guéret, et qui sera reprise dans quelques jours à l‘Hôtel de Ville de Saumur.

Il y était présenté quelques questions saugrenues comme :

toutbu

(C’est simple, mais quelque chose nous empêche d’y voir clair)

ou encore ce problème dit des tonneaux d’Alcuin :

Un père mourant a laissé quatre tonneaux de vin à ses quatre enfants. Le premier tonneau contient 40 boisseaux de vin, le deuxième 30 boisseaux, le troisième 20 boisseaux et le quatrième 10 boisseaux. Il fit venir son intendant et lui dit :

– Partage ces quatre tonneaux entre mes enfants, de telle manière que chaque enfant reçoit la même quantité de vin et de tonneaux.

Dis-moi, qui comprend, comment le partage peut être fait.

Alcuin était un moine et pédagogue qui vivait à l’époque de Charlemagne et réforma les programmes d’enseignement. Voici un autre de ses problèmes trouvé sur le site canadien Recreamath

Proposition 50. De coupes de vin
Je demande à qui veut répondre combien de coupes on peut préparer avec 100 mètres de vin ordinaire et avec cent mètres de vin pur.

(bizarrement, un mètre de vin correspond à 48 coupes de vin ordinaire, mais à 289 de vin pur)

—-

Voila qui nous rappelle des « casse-tête » classiques, comme celui-ci posé sur prise2tete dont la solution tombe sous le sens… mais pas pour tout le monde apparemment.

On dispose de deux pichets de même volume, le premier contient du vin et le second contient de l’eau.

On prend un verre d’eau que l’on met dans le vin, puis du mélange obtenu (supposé homogène) on prend un verre que l’on met dans l’eau.

Y a-t-il plus d’eau dans le vin ou de vin dans l’eau ?


Voici un autre joli problème posé sur le site Mathématiques sans frontières, intitulé

Vins de table

Ayant réuni les Chevaliers de la Table Ronde, le roi Arthur fit servir du vin.

Chacun goûta : certaines coupes étaient remplies de vin rouge, les autres de vin blanc.
Le roi dit alors :

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« Mes chers amis, nobles chevaliers ; dans peu de temps, il sera minuit. Je veux qu’alors chacun de nous transmette sa coupe de vin à l’un de ses voisins :
  • celui qui a du vin rouge dans sa coupe la donnera à son voisin de droite et
  • celui qui a du vin blanc dans sa coupe la donnera à son voisin de gauche.

Par ce geste, nous scellerons notre unité qui fait la force de la Bretagne, notre pays. »

Alors Lancelot, se leva pour répondre :
_ « Cette procédure est fâcheuse, Sire, car l’un au moins d’entre nous n’aura point de coupe et notre unité sera brisée. »

En admettant que le nombre de convives était de 13 comme le suggère l’illustration ci-dessous, doit-on donner raison à Arthur ou à Lancelot ?


En voici un qui demande un peu plus d’application, posé par Richty sur maths-forum

Un tonneau contient 114 litres de vin.
On retire chaque jour discrètement (pas moi!) un litre de vin et on le remplace par un litre d’eau.
A partir de quel jour boit-on plus d’eau que de vin ?

l’eau et le vin

Petit problème facile trouvé sur le site de l’Université de Rouen

De l’eau dans le vin et du vin dans l’eau
Pierre et Paul ont devant eux chacun un verre contenant la même quantité de liquide. Le verre de Paul contient de l’eau, celui de Pierre du vin rouge.
Paul dit à Pierre : « Puis-je prendre un peu de ton vin pour rougir mon eau. »
Pierre : « Bien sûr. »
Paul verse un peu du vin de Pierre dans son verre d’eau.
Pierre : « Maintenant ton verre est plus rempli que le mien, veux-tu me donner un peu de ton breuvage ? »
Paul : « Bien sûr. »
Pierre verse un partie du contenu du verre de Paul dans son verre de vin jusqu’à ce que les deux verres contiennent de nouveau exactement la même quantité de liquide.
Y a-t-il plus de vin dans le verre d’eau de Paul que d’eau dans le verre de vin de Pierre ?

On trouvera la solution là

la danse des raisins

Scientifique, galante, religieuse… voila plusieurs façons de voir danser les raisins.

Commençons par la scientifique, avec ces raisins secs qui vont et viennent dans un verre d’eau pétillante. Plus lourds que l’eau, ils tombent mais remontent lorsque des bulles de gaz viennent les accrocher.

Poiursuivons avec la danse du raisin (symbole du plaisir des sens et de jouissance)  que mène la meunière du tricorne de Manuel de Falla pour se jouer de l’importun Corregidor

danseduraisin

ci-dessous par la Antonio Marquez Company  en 2013 (c’est à 11mn43s)

Et voici la bénédiction du raisin, pratiquée traditionnellement à l’Assomption, par le groupe arménien NAVASART sur le site de l’ina

 

Pasteur dans sa vigne : une vente aux enchères atypique

C’est à une vente aux enchères atypique que les amis de l’Institut Pasteur étaient conviés, ce mercredi 8 avril, à la Fondation del Duca.

Etaient proposées 150 bouteilles issues de la production du clos des Rosières, à Arbois, dont la forme particulière sera expliquée par le Président de l’Académie du Vin de France Jean-Robert Pitte.

Elle résulte d’un procédé de fabrication ancien. La bouteille de verre était soufflée dans un moule posé dans le sol. La forme tronc-conique inverse en facilitait l’extraction. Quant au cul, il est nécessaire à la stabilité et permettait aussi de maintenir la bouteille lors d’une remise au four pour façonner le goulot. La bouteille de vin jaune, aux épaules carrées , est une »anglaise-clavelin » dite aussi « maillet ». Les anglais appréciaient cette forme propice à la décantation.

Ce clos de 47 ares a été acquis par Louis Pasteur vers 1880. Il a été complètement replanté après le phylloxéra. On y trouve aujourd’hui tous les cépages du Jura. Les raisins sont vendangés ensemble pour une cuvée unique, un peu comme le vin du clos de Clamart pour ceux qui connaissent.

Le vin n’est pas commercialisé, les bouteilles (millésimes 1959, 76, 81,83,86, 90, 85 et 2011, chacune signé par un « parrain » ou une « marraine »(*) étaient proposées contre un don, visant à soutenir un programme de recherche contre les maladies de la vigne.

(*)Parmi lesquels Bernard Pivot, Audrey Tautou, Guy Savoy, Stéphane Berm et bien d’autres…
Plus d’information sur cette opératioon dans cette video

La famille Boisset, grande famille du vin,  avait placé la barre très haut pour quelques bouteilles (mille euro et plus), mais la plupart ont trouvé preneur pour moins de cent. Au totam c’est 25000 euro de dons qui ont été levés, a-t-on appris.

Nous fûmes chanceux, on nous joua la première scène du « Médecin malgré lui », puis le contre-ténor Sébastien Fournier nous régala d’un air à boire Louis XIII
Amis enivrons nous du vin d’Espagne en France,
Il n’est pas bon dessus les lieux
Ici nous le buvons avec plus d’assurance
Qu’on ne boit le nectar à la table des dieux.
Ne perdons point de temps à dire tope et masse,
Laissons boire GASTON, il revient de la chasse.
Ce subtil inventeur d’un chasse nouvelle
A bien fait de se retirer.
Il a pris en courant le renard de Bruxelle
Qu’on lui donne du vin pour le désaltérer
(cet air à boire  d’Étienne Moulinié (musique 1600-1669)et Charles Bey a une histoire que l’on peut lire là)
pour une version plus complète par josée vaillancourt, voir là

Trop jeune pour boire

C’est le slogan de la campagne lancée par l’alliance européenne contre le Fetal Alcohol Syndrom Disorder, dont le Monde s’est fait l’écho dans son numéro daté du 2 avril.

six_bottles Dit plus crûment le bébé, dans le ventre de sa maman, boit aussi  ce qu’elle  boit.

femmeenceinteLes dégâts peuvent être sévères: « Retard intellectuel, de la croissance, malformations… En France, l’exposition prénatale à l’alcool entraîne des troubles chez 8 000 nouveau-nés chaque année. »

Le bon clos ne peut que se joindre à cette campagne. Futures mamans, soyons sobres ! On se rattrapera après !

fasd-awareness

Peut-on se soûler par les pieds ?

Voici encore une bonne question posée par l’improbabologue Pierre Barthélémy, passeur de sciences toujours à l’affût d’études atypiques, et dont nous rapportons régulièrement les travaux, lorsqu’ils nous concernent (voir nos articles le prix et le plaisir, ivre sans boire, 1258, et tout récemment la couleur des odeurs)

La réponse est NON, comme il le démontre dans son article paru dans le Monde du 6 novembre dernier. Ni par les pieds, ni par les mains, contrairement à une légende danoise. L’absorption d’alcool ne peut être que minime, comme le montrent les expériences relatées.