Un été lyrique

Bonnes pioches cet été pour les amateurs d’airs bachiques lyriques, avec La belle Hélène d’Offenbach montée à Bruniquel, et la Dame Blanche de Boieldieu à Saint-Céré. Et bien sûr Pomme d’api au festival d’ Avignon, dont nous avons déjà parlé

Frank T’Hézan et sa bande réunie chaque année à Bruniquel ne risquaient pas grand chose à monter cette Belle Hélène, joyau de la couronne des oeuvres du Maître, loufoquerie d’une grande finesse toujours actuelle, dans le cadre splendide du château et avec le concours de la population locale.

Emmanuelle Zoldan dans le rôle d’Hélène, ça tombait sous le sens, Dominique Desmons en Ménélas, ça promettait, mais Christophe Crapez en Achille, Jeanne-Marie Lévy en Ajax 2, Aude Fabre en Oreste, voila qui était inattendu… et réussi !

On ne peut pas hélas citer tous les participants de la troupe, qui eurent l’occasion comme d’habitude de prolonger le spectacle, au cours des fameuses tables d’hôte, de leurs facéties et morceaux de bravoure jusqu’à potron-minet.

Mais venons en au fait. La fatalité poursuit la belle Hélène de Sparte qui résiste tant bien que mal aux assauts du berger Paris, fils du roi Priam de Troie. Vénus furieuse de voir ses plans contrariés , met au coeur des femmes de Grèce un immense besoin de plaisir et d’amour… Les maris quittent leurs femmes, les femmes quittent leur s maris, c’est une débâcle générale.

(pour plus de détail voir le livret)

Nous sommes au début du 3ème acte, à Nauplie, au bord de la mer. Le choeur mené par Oreste chante

Dansons ! aimons ! 
Buvons ! chantons ! 
Et trémoussons-nous avec verve !… 
Gloire à Vénus ! 
Gloire à Bacchus ! 
Et foin de la chaste Minerve !..

En attendant le DVD, voici de quoi se faire une idée de cet air avec le choeur des musiciens du Louvre..

(A propos de DVD celui de la Vie Parisienne jouée l’an dernier (et qu’on a pu (re)voir au cinéma de Caussade) est sorti. On peut le commander là. On y retrouvera le baron, joué par Frank T’Hézan, dans la fameuse scène de la griserie.

le baron qui n’est pas encore tout à fait gris

Et comparer avec la version de 2013. (on pourra relire l’article publié à l’époque)

Montauban n’est qu’à quelques lieues de Bruniquel, et son musée Ingres Bourdelle mérite une visite. On peut y voir cette « enfance de Bacchus« , de Raymond Balze (1840)

et ce « Silène et les quatre saisons » de l’atelier de Jordaens (après 1640)

On peut admirer aussi ces « plaques Campana », céramiques antiques d’Italie centrale, du nom de leur collectionneur : des satyres vendangeurs et fouleurs. Un air de déjà-vu ?

Cette Bacchante au raisin d’Emile-antoine Bourdelle (1907)

Et ce « Nymphe et Faune » de Pierre-Paul-Léon Glaize (1861)

Filons maintenant vers le nord, pour retrouver le château de Castelnau-Bretenoux où se jouait la Dame Blanche de François Adrien Boieldieu, sur un livret de Scribe, d’après Walter Scott, créé en 1825 et qui connut un immense succès.

Nous ne détaillerons pas l’argument (le retour d’un héritier légitime aux yeux des paysans au moment de la mise aux enchères du château familial hanté par une mystérieuse Dame Blanche) et filerons à la grande scène de l’hospitalité qui voit le héros adoubé comme parrain d’un nouveau-né.

II faut rire, il faut boire à l’hospitalité. 
A l’amour, à la gloire,
Ainsi qu’à la beauté!

Une fois n’est pas coutume, le spectacle joué pendant la pandémie à Rennes a été mis en ligne, pour notre grand plaisir.

Merci !

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