En goguette à Bagneux

On se souvient de ces « joyeux vignerons de Bagneux » rencontrés à Gentilly en juin dernier, membres d’une goguette, société chantante. Nous les avons retrouvés ce samedi 16 novembre à Bagneux, au chapitre des Chevaliers Balnéolais de Bacchus.

Deux d’entre eux (une en fait) s’y sont faites introniser. Le temps était maussade, la ville encombrée de travaux. On resta donc au chaud, en petit comité avec les amis de Combs la Ville (compagnons d’Irminon), Houdan (la Poule de), Sannois (Asperge et Vigne), Richelieu (truffe et plus)… L’après-midi fut belle…

Où fut-ce ?
A Bagneux, Jarnibleu,
Par Bacchus !
En novembre, Un samedi
Ah ! Ventre Saint-Gris !
Jour de Chapitre
Des Chevaliers Balnéolais,
Oh ! Fichtre !
En voisins, De Clamart,
De plus loin, De toute part,
Les invités,
Les compères, Les Confrères
S’étaient pointés.

houdan
Jean et Jean, de la Confrérie Gastronomique de la Poule et du Pâté de Houdan

(Découvrez le talent étonnant de Jean-François – à gauche sur la photo)

Accueillis Par la pluie
On les reçut, Un peu déçus
Du contretemps

Mais bien contents
D’être à l’abri A la Mairie!
Et comme hélas
Le vent soufflait De défiler
On s’défila.
On papota, Puis on écouta
Deux beautés Qui chantaient

baroccomanonsolo
Marie au chant et Corinne à l’archiluth – « Non solo barocco« 

Au son du luth.
Du baroque
Mais pas que (*)
Dames ! Vous me plûtes
Et vous accompagner
Tourdionner
Et labourer les vignes
Fut un plaisir insigne.

Vint l’heure des intros
(Pour l’apéro
Il faudra attendre)
de nouveaux membres
Pressés de rentrer
Dans la Confrérie
Et prêts à jurer
Sans forfanterie

Que le bon
vin blanc du
Clos des Bru-
Gnauts est bon !

Parmi ces bienheureux
Je reconnais deux têtes.
Elles sont de la goguette
Qui fleurit à Bagneux
Ces joyeux vignerons
Qui chantent pour pas un rond !

2goguettestrinquent
Elles sont enchantées
Et se plaisent à goûter
Ce jus délicieux
Que l’on fait en ces lieux.

2goguettesboivent

Las ! Il faut déjà
Déserter ce séjour
Sans même boire un coup ! Rrrh
On enragea !
On ne les verra pas
Faire chanter les convives
Du dîner de gala.
Mais que liesse s’ensuive !

* non solo barocco

Revivons un moment imprévu de ce concert !

la princesse de Trébizonde

Encore une belle opérette du génial Jacques Offenbach dont on fête cette année le bicentenaire. L’équipe qui se réunit chaque été à Bruniquel autour de Frank T’hézan et de Jean-Christophe Keck a présenté ce joli spectacle dans le cadre unique du vieux château. Pour notre plus grand plaisir, nous y étions.

princesseabruniquel.JPEGEt ne sommes pas passés à côté de l’air à boire qu’on y trouve au 3ème acte.

Zanetta (la Soprano Julia Jérôme) et Raphaël (Xavier Mauconduit, Ténor) se déclarent enfin leur amour et se retrouvent enfin pour festoyer…

RAPHAEL.
I
Ô malvoisie
Liqueur choisie
Sois l’ambroisie
Des amoureux !
Coule et, pour cause,
Fais-nous en rose
Voir chaque chose !
Quel bouquet merveilleux
À ce vin vieux !
Parlons peu, mais parlons bien
S’en cacher ne sert à rien
Ici chacun à son tour
Est l’esclave de l’amour.
ZANETTA.
II
Ô vin de Grèce
Que ton ivresse
En allégresse
Tienne nos cœurs !
Rends le mien ferme,
L’amour y germe.
L’amour renferme
Tous les bonheurs !
Quel bouquet merveilleux
À ce vin vieux !
Pour retrouver l’ambiance, voici aussi un extrait posté sur Youtube par un amateur
https://www.youtube.com/watch?v=Dc2_Jikrvyw

le postillon de longjumeau

Voici un petit air à boire qui passe vite au 2ème acte du Postillon de Longjumeau, opéra-comique que l’on peut voir ces jours-ci salle Favart, qui fut composé en 1836 par Adolphe Adam (que les lecteurs du bon clos connaissent pour un air extrait du Chalet).

Ce n’est pas l’air le plus fameux mais il est joyeux. Après avoir été « enlevé » le jour de ses noces par un marquis pour chanter à la Cour du roi Louis XV, Chapelou, le Postillon de Longjumeau rebaptisé Saint-Phar, se voit convié avec toute le troupe à un festin, ce qui déclenche un enthousiasme général !

A Table ! A Table !

Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Ah! Monsieur le Marquis
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, allons nous mettre à table! Allons amis, courons nous mettre à table!
Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, et nous boirons à table,
A la santé de Monseigneur!
Allons à table et nous boirons de grand coeur,
A la santé de Monseigneur!

On peut l’écouter sur cette video à 1h5mn20s

 

le retour d’ulysse

On jouait ces jours-ci le retour d’Ulysse, d’Hervé, au théâtre Marigny Studio. L’ami François des terres d’Auvergne nous a fait savoir qu’il s’y trouve un air qui nous concerne. Bien vu ! Et merci au Palazetto Bru Zane qui rejoue cette bouffonnerie musicale.

https://www.theatremarigny.fr/spectacle/les-bouffes-de-bru-zane-mars/

Résumons l’affaire bien connue.
Pénélope a peur de faillir, elle se sent tressaillir et sent son sang bouillir quand un amant (Coqcigru) vient l’assaillir !
Mais voici Ulysse qui revient et que chacun palisse !
Dzing badaboum badaboum boum boum !
Et Coqcigru qui a mérité la corde et la potence pour sa témérité n’a plus qu’à se lamenter :

Tic et toc tintin
Noyons dans le vin
La mélancolie
Et que la folie
Succède soudain
A tout noir chagrin
Bouteille jolie
A toi mon refrain

Vous qui voulez le premier rang
Rimeurs courant après la gloire
C’est le vin qui rend éloquent
Le vrai talent consiste à boire
Qu’un tonneau soit votre sujet
Prenez un robinet pour lyre
Car les verres au cabaret
Sont meilleurs à vider qu’à lire

Et Pénélope de rétorquer

Que faut-il pour fuire le chagrin ?
Mettre un tonneau de vin en perce…

Voici une version diffusée par la RTF en 1956 (Orchestre lyrique de la RTF sous la direction de Marcel CARIVEN, avec Denise DUVAL : Pénélope, Jean GIRAUDEAU : Ulysse, et Joseph PEYRON : Coqcigru)

Et, merci à Gallica, voici la partoche des couplets de Coqcigru : RetourdUlyssecoupletscoqcigru

Musique et vieilles barriques

C’est le titre d’un spectacle annoncé pour le 16 mars prochain sur la péniche Adelaïde (Face au 46 quai de Loire Paris 75019 www.penicheadelaide.com 06 81 43 52 47)

#16 mars 19h30 – Soirée Bacchus
Dégustation de vins et spectacle Musique et vieilles barriques
Ensemble Les Mouvements de l’âme : Amal Allaoui (chant), Marie Langlet (luth renaissance, theorb et guitare), Bruno Ortega (flûtes à bec et percussions)

Pour se faire une idée on peut en écouter quelques extraits en ligne sur soundcloud.

Nous n’y serons pas, dommage. On ne peut pas être partout !
Bonne soirée !

Vive le vin l’amour et le tabac

Voila bien un programme alléchant, quoique peut-être un peu daté en ce qui concerne le tabac. C’est aussi le titre d’un tableau de Clovis Trouille, peintre assez extravagant et un peu obsédé sur les bords, reconnu à son corps défendant comme surréaliste par André Breton qui le qualifiait de  » Grand maître de cérémonie du tout est permis « .

Connaissait-il le Chalet d’Adolphe Adam, opéra comique créé en 1834, dont une chanson proclame le même programme ?

Dans le service de l'Autriche
Le militaire n'est pas riche,
Chacun sait ça;
Mais si sa paie est trop légère,
On s'en console: c'est la guerre
Qui le paiera!

Aussi, morbleu! que de tout l'on s'empare!
Jeune beauté, vieux flacons et cigarre! ...
Vivent le vin, l'amour et le tabac!
Voilà le refrain du bivouac!

Dans les beaux yeux d'une inhumaine, 
De sa défaite on lit sans peine
Le pronostic;
Nulles rigueurs ne nous retiennent; 
De droit les belles appartiennent
Au kaiserlic!

Se divertir fut toujours mon principe; 
Tout est fumée, et la gloire et la pipe! 
Vivent le vin, l'amour et le tabac! 
Voilà le refrain du bivouac!

La voici chantée par Marcel Journet dans les années 1910, une basse magnifique

les amateurs apprécieront de comparer avec la version de Paul Payan

 

En fait le livret reprend un singspiel de Goethe, « Jery und Bately », où l’un des personnages proclame :
ein mädchen und ein gläschen wein
curiren alle Noth ;
und wer nicht trinkt und wer nicht küsst
der ist so gut wie todt
(une fille et un verre de vin guérissent tous les maux ; et celui qui ne boit ni n’embrasse, celui-la est comme mort)

Le livret francais de Scribe et Mélesville a rajouté le tabac !

La Mascotte

Voici une opérette d’Edmond Audran qui connut un succès mémorable lors de sa création en 1880, et  dont son « duo des dindons » est resté fameux. C’est l’histoire d’une jeune paysanne qui porte chance par sa seule présence à ceux qui n’en ont pas…Mais il nous intéressera ici pour ses airs à boire, au 1er acte « la vendange est terminée » et au 3ème acte « verse, verse à boire »

La vendange est terminée
Buvons tous à petits coups
Buvons le vin de l’année
Si bon si frais et si doux
Il fait fuir l’humeur morose
Les ennuis et le chagrin
Et du soir jusqu’au matin
Vous fait voir la vie en rose
Vive le petit vin doux !
Gloux gloux gloux gloux gloux gloux gloux
Vive le petit vin doux !
Vive ses gloux gloux
Ses vertus sont admirables
Car il rend jeunes ou vieux
Les hommes plus amoureux
Et les femmes plus aimables
C’est lui qui donn’ du courage
Aux époux les moins vaillants
V’là pourquoi les p’tits enfants
Sont nombreux dans ce village
Buvons ! buvons ! buvons ! buvons !
Ecoutons-en la version mise en scène en 1953 sous la direction de Jules Gressier avec Liliane Berton dans le rôle titre.

Malheureusement, il semble difficile de trouver une version enregistrée du choeur de soldats  « verse à boire » au début du 3ème acte.

Verse, verse, verse à boire
Allons Mathéo
Vide bien ton broc
Pour fêter notre victoire,
 Buvons mes amis
Le vin du pays
À boire ! À boire ! À boire ! À boire !
 Ici Mathéo du liquide
Comme s’il en pleuvait morbleu !
Hé Mathéo, mon verre est vide,
Verse donc j’ai la gorge en feu
Il faudra se débrouiller avec la partition du choeurdesoldatslamascotte