le postillon de longjumeau

Voici un petit air à boire qui passe vite au 2ème acte du Postillon de Longjumeau, opéra-comique que l’on peut voir ces jours-ci salle Favart, qui fut composé en 1836 par Adolphe Adam (que les lecteurs du bon clos connaissent pour un air extrait du Chalet).

Ce n’est pas l’air le plus fameux mais il est joyeux. Après avoir été « enlevé » le jour de ses noces par un marquis pour chanter à la Cour du roi Louis XV, Chapelou, le Postillon de Longjumeau rebaptisé Saint-Phar, se voit convié avec toute le troupe à un festin, ce qui déclenche un enthousiasme général !

A Table ! A Table !

Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Ah! Monsieur le Marquis
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, allons nous mettre à table! Allons amis, courons nous mettre à table!
Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, et nous boirons à table,
A la santé de Monseigneur!
Allons à table et nous boirons de grand coeur,
A la santé de Monseigneur!

On peut l’écouter sur cette video à 1h5mn20s

 

le retour d’ulysse

On jouait ces jours-ci le retour d’Ulysse, d’Hervé, au théâtre Marigny Studio. L’ami François des terres d’Auvergne nous a fait savoir qu’il s’y trouve un air qui nous concerne. Bien vu ! Et merci au Palazetto Bru Zane qui rejoue cette bouffonnerie musicale.

https://www.theatremarigny.fr/spectacle/les-bouffes-de-bru-zane-mars/

Résumons l’affaire bien connue.
Pénélope a peur de faillir, elle se sent tressaillir et sent son sang bouillir quand un amant (Coqcigru) vient l’assaillir !
Mais voici Ulysse qui revient et que chacun palisse !
Dzing badaboum badaboum boum boum !
Et Coqcigru qui a mérité la corde et la potence pour sa témérité n’a plus qu’à se lamenter :

Tic et toc tintin
Noyons dans le vin
La mélancolie
Et que la folie
Succède soudain
A tout noir chagrin
Bouteille jolie
A toi mon refrain

Vous qui voulez le premier rang
Rimeurs courant après la gloire
C’est le vin qui rend éloquent
Le vrai talent consiste à boire
Qu’un tonneau soit votre sujet
Prenez un robinet pour lyre
Car les verres au cabaret
Sont meilleurs à vider qu’à lire

Et Pénélope de rétorquer

Que faut-il pour fuire le chagrin ?
Mettre un tonneau de vin en perce…

Voici une version diffusée par la RTF en 1956 (Orchestre lyrique de la RTF sous la direction de Marcel CARIVEN, avec Denise DUVAL : Pénélope, Jean GIRAUDEAU : Ulysse, et Joseph PEYRON : Coqcigru)

Et, merci à Gallica, voici la partoche des couplets de Coqcigru : RetourdUlyssecoupletscoqcigru

Musique et vieilles barriques

C’est le titre d’un spectacle annoncé pour le 16 mars prochain sur la péniche Adelaïde (Face au 46 quai de Loire Paris 75019 www.penicheadelaide.com 06 81 43 52 47)

#16 mars 19h30 – Soirée Bacchus
Dégustation de vins et spectacle Musique et vieilles barriques
Ensemble Les Mouvements de l’âme : Amal Allaoui (chant), Marie Langlet (luth renaissance, theorb et guitare), Bruno Ortega (flûtes à bec et percussions)

Pour se faire une idée on peut en écouter quelques extraits en ligne sur soundcloud.

Nous n’y serons pas, dommage. On ne peut pas être partout !
Bonne soirée !

Vive le vin l’amour et le tabac

Voila bien un programme alléchant, quoique peut-être un peu daté en ce qui concerne le tabac. C’est aussi le titre d’un tableau de Clovis Trouille, peintre assez extravagant et un peu obsédé sur les bords, reconnu à son corps défendant comme surréaliste par André Breton qui le qualifiait de  » Grand maître de cérémonie du tout est permis « .

Connaissait-il le Chalet d’Adolphe Adam, opéra comique créé en 1834, dont une chanson proclame le même programme ?

Dans le service de l'Autriche
Le militaire n'est pas riche,
Chacun sait ça;
Mais si sa paie est trop légère,
On s'en console: c'est la guerre
Qui le paiera!

Aussi, morbleu! que de tout l'on s'empare!
Jeune beauté, vieux flacons et cigarre! ...
Vivent le vin, l'amour et le tabac!
Voilà le refrain du bivouac!

Dans les beaux yeux d'une inhumaine, 
De sa défaite on lit sans peine
Le pronostic;
Nulles rigueurs ne nous retiennent; 
De droit les belles appartiennent
Au kaiserlic!

Se divertir fut toujours mon principe; 
Tout est fumée, et la gloire et la pipe! 
Vivent le vin, l'amour et le tabac! 
Voilà le refrain du bivouac!

La voici chantée par Marcel Journet dans les années 1910, une basse magnifique

les amateurs apprécieront de comparer avec la version de Paul Payan

 

En fait le livret reprend un singspiel de Goethe, « Jery und Bately », où l’un des personnages proclame :
ein mädchen und ein gläschen wein
curiren alle Noth ;
und wer nicht trinkt und wer nicht küsst
der ist so gut wie todt
(une fille et un verre de vin guérissent tous les maux ; et celui qui ne boit ni n’embrasse, celui-la est comme mort)

Le livret francais de Scribe et Mélesville a rajouté le tabac !

La Mascotte

Voici une opérette d’Edmond Audran qui connut un succès mémorable lors de sa création en 1880, et  dont son « duo des dindons » est resté fameux. C’est l’histoire d’une jeune paysanne qui porte chance par sa seule présence à ceux qui n’en ont pas…Mais il nous intéressera ici pour ses airs à boire, au 1er acte « la vendange est terminée » et au 3ème acte « verse, verse à boire »

La vendange est terminée
Buvons tous à petits coups
Buvons le vin de l’année
Si bon si frais et si doux
Il fait fuir l’humeur morose
Les ennuis et le chagrin
Et du soir jusqu’au matin
Vous fait voir la vie en rose
Vive le petit vin doux !
Gloux gloux gloux gloux gloux gloux gloux
Vive le petit vin doux !
Vive ses gloux gloux
Ses vertus sont admirables
Car il rend jeunes ou vieux
Les hommes plus amoureux
Et les femmes plus aimables
C’est lui qui donn’ du courage
Aux époux les moins vaillants
V’là pourquoi les p’tits enfants
Sont nombreux dans ce village
Buvons ! buvons ! buvons ! buvons !
Ecoutons-en la version mise en scène en 1953 sous la direction de Jules Gressier avec Liliane Berton dans le rôle titre.

Malheureusement, il semble difficile de trouver une version enregistrée du choeur de soldats  « verse à boire » au début du 3ème acte.

Verse, verse, verse à boire
Allons Mathéo
Vide bien ton broc
Pour fêter notre victoire,
 Buvons mes amis
Le vin du pays
À boire ! À boire ! À boire ! À boire !
 Ici Mathéo du liquide
Comme s’il en pleuvait morbleu !
Hé Mathéo, mon verre est vide,
Verse donc j’ai la gorge en feu
Il faudra se débrouiller avec la partition du choeurdesoldatslamascotte

les Huguenots

De ces Huguenots de Meyerbeer, nous connaissions l’appel : « A table ! » entonné par les crève-la-faim mis en scène par Henry Murger dans ses scènes de la vie de Bohême. L’opéra de Paris nous donne actuellement l’occasion d’entendre la suite :

Bonheur de la table,  
bonheur véritable,
plaisir seul durable,
qui ne trompe pas !
Buveur intrépide,
que Bacchus me guide,
que lui seul préside
à ce gai repas !
De la Touraine
versez les vins:
le vin amène
joyeux refrains;
et dans l’ivresse
noyons soudain
et la sagesse
et le chagrin !

chantée par des jeunes nobles  assemblés dans un château de Touraine.

Voici la version jouée à l’Opéra de Sydney (à 7mn45s) dans les années 90

Ca se joue encore quelques jours. Courez-y !

Geneviève de Brabant

C’est l’opéra-bouffon que la joyeuse équipe de musiciens et de chanteurs qui se réunit chaque année à Bruniquel  autour de Frank T’hézan et de Jean-Christophe Keck avait choisi de monter cette année. Ce n’est pas la plus connue d’Offenbach, mais elle valait quand même le déplacement !

En 3 actes et sept tableaux, on peut suivre l’histoire moyenâgeuse de Geneviève, chassée par son mari le duc de Curaçao Sifroy (Christophe Crapez, très en forme) qui la croit infidèle. Il y a un félon, Golo, et Charles Martel (excellent Michel Vaissière) est de la partie. L’histoire, rocambolesque, se termine bien…

Il y a quelques désopilants morceaux de bravoure comme cette « poule sur un mur » (qui picotait du pain dur…) ou le « rondeau du pâté » (qui renferme du veau mêlé de jambon..) , mais il faut attendre le 7ème tableau pour découvrir la Farandole…

Voici pour vous mettre en goût, Vous monter la tête ;
L’ivresse doit avant tout Être de la fête…

Buvez de ce punch brûlant Après le champagne ;
Le punch vous fait plus gaîment Battre la campagne.
Qu’on remplisse mon verre Des vins les plus exquis !
Moi, je veux faire Raison à mes amis !
Du bon jus de la vigne, Point ne crains les effets,
Je ne m’indigne Que contre le mauvais !
Boire et rire, C’est tout dire !
Voilà, oui-dà, Ce qui me va !
Je bois le premier verre, A mon pays, toujours !
Je prends le second verre, Pour boire à mes amours !
Boire et faire Bonne chère,
Voilà, oui-dà, Qui me va.
Je vide un autre verre, Pour les amis présents.
Je bois encore un verre. Le dernier, aux absents !

En attendant le CD que l’on pourra gagner lors du tirage au sort quotidien lors d’un prochain festival ou à défaut acheter sur le site du festival, on peut visionner en ligne la version de la Classe de Chant du Conservatoire de Sarreguemines jouée en 2016. La Farandole commence à 2:11:19