Toscane – le retour

Nous voici de retour dans cette terre aux mille merveilles. 

Première étape : Forte dei Marmi, luxueuse station balnéaire encore en basse saison. Une exposition s’y tient qu’hélas nous ne verrons pas, non plus que ce tableau représentant le cortège de Bacchus, du napolitain Domenico Gargiulo, dit Micco Spadaro (vers 1609/1610-1675)

Le Cortège de Bacchus, vers 1650 Huile sur toile, 68 x 102 cm

A l’hotel de la Primula, ce porte-parapluie bachique nous interpelle

A Pietrasanta voisine, nous revient le souvenir d’un festival Vino & Arte. Il perdure, mais peu d’oeuvres font vraiment le lien entre art et vin. Ivan Theimer fait exception, avec cette grappe humaine.

opera di Ivan Theimer | museodeibozzetti.it

Ce tchèque d’origine n’en est pas à sa première évocation de la grappe, celle-ci, biblique, date de 1993

LA GRAPPE DE LA TERRE PROMISE Bronze, 1993 32 x 38 x 15 cm

Venons-en au fait(îte), à Florence.

Le bar à vin « Meno, Vini e Altre Necessita » mérite une visite.

Les bouteilles peuvent être bues sur place ou à emporter (les 2 prix sont sur les bouteilles), la cuisine  est du patron (tenter le « Pancia di maiale, anacardi e cavolo cappuccio »),  et -10% à qui laisse son téléphone sous la cloche pendant le repas.

Une autre bonne adresse : la Vecchia Bettola

Il y règne une ambiance joyeuse…

Vin à volonté (5€), pas un grand vin certes, du « vino rosso de toscana », mais qui accompagne bien le lampredotto,

et qui a ses amateurs, comme ce militaire attablé, croisé dans une rue du même quartier de San Frediano, sur la rive gauche de l’Arno.

Produit du street art, ce tableau peint sur un mur nous a frappé par tout ce qu’il exprime : le « petit caporal », la campagne d’Italie, l’expression volontaire, déterminée d’un que rien n’arrête, la pasta et la bottiglia di vino, et sous sa garde la Joconde qui veille aussi sur lui… C’est du grand « street art » signé GB. Qui est donc ce GB ?

Dans le même quartier, au Cenacolo del Santo Spirito, cette plaque de pierre des 8ème-9ème siècle provenant de Volterra représente une scène de vendanges.


et dans le cloître de la basilique du Santo Spirito, dans le »nouveau réfectoire », voici trois fresques représentant les noces de Cana, la Cène, et le repas chez Emmaüs. Un panneau indique que ces es fresques, peintes l’une à la suite de l’autre, occupent une surface de 70 m2, et ont été peintes en 1594 par Bernardino Poccetti . Elles ont été restaurées récemment.

De l’autre côté de l’Arno, le musée des Offices (Uffizzi) recèle bien des trésors. En voici quelques uns qui devraient intéresser les lecteurs du Bon Clos.

On commencera par ce jeune satyre aux grappes (marbre, romain antique)

Ce jeune Bacchus de Guido Reni, fin 17ème, bénéficie d’un cadre de circonstance

Plus ancien, le Bacchus de Caravaggio (fin 16ème) est archiconnu, » Carpe Diem » semble-t-il nous dire coupe en main.

Le banquet des dieux du romain Spadarino (vers 1625) : au centre Ganymède tient un plateau avec une coupe que Bacchus (de dos) remplit ; en haut à droite quelqu’un boit déjà…

Il manquait Venus dans le tableau précédent. La voici avec un satyre lui apportant des raisins

 (Annibal Carracci, 1587)

Un néerlandais maintenant : Gherit von Honthorst et son souper au joueur de luth (vers 1620)

Et voici maintenant un repas de noces, du même auteur. La mariée va-t-elle saisir le verre qu’on lui tend ?

Dans une toute autre veine, voici l’ivresse impudique de Noé par Andrea Pisano (vers 1343) sculpteur, orfevre, architecte…

Les temps changent, ce caviste a lâché l’affaire, remplacé par un imprimeur. Autre métier de presse…

Art déco, Art shopping, promenades parisiennes

Pas grand chose pour le Bon Clos à l’expo Art Déco qui se termine ce mois-ci au musée des Arts Décoratifs, si ce n’est ce solide verre à pied, soufflé et émaillé de 1913, qui fleure encore l’Art Nouveau

et ce service « Ambassador » en verre soufflé de l’autrichien Oswald Haerdtl qui date de 1925, et d’un verre si fin et frêle qu’il serait prudent de le garder sous clé.

On peut y voir aussi cette jolie affiche vantant le Pivolo (1924), un apéritif « aux vins de France » qui n’a pas fait long feu (semble avoir disparu dans les années 40). L’auteur, Adolphe Mouron Cassandre, y a représenté une pie et un verre de vin rouge dans un style géométrisé bien à la mode Art Déco.

Va-t-on se refaire au salon Art Shopping au Carrousel du Louvre ? Il fait petite figure avec un seul salon ouvert.

Ce portrait d’un anglophile se promenant verre en main à New York City, présenté par la galerie Makowski, est de Fernando Silva (alias bacchusbysilva)

Minima Moralia de Michel Turbiaz pose la question : la morale minimale (référence au philosophe allemand Theodor W. Adorno) de notre société tiendrait-elle dans ce petit verre bleu ou n’en remplirait-elle que le fond ?

Screenshot

Cette photo (Searching for a beautiful you) a attiré notre attention, non tant pour la célébrité (?) qu’elle représente que pour les curieux verres

et celle-ci, de l’ukrainienne Oksana Wagner, est inttitulée Salt & Fire, pourquoi ?

Elle représente l’acteur Stephen Manas se désaltérant face à la mer. Prosecco !

Le musée de la vie romantique fraichement rénové attendait notre visite. Une jolie vendangeuse nous y attendait :

Nous y avons vu aussi cet éventail finement décoré

que boivent donc ces dames ?

Nous terminons cette promenade parisienne à la Mouffe où nous découvrons cette frise:

Sauvignon Blanc

Ce cépage fait la gloire des vins de Sancerre et de Pouilly (Fumé), il est souvent associé au Sémillon en Bordelais, et il a pris pied un peu partout, de la Nouvelle-Zélande au Chili en passant par l’Australie…

 » Au nez, il développe des notes intenses de fruits à chair blanche et de fleurs printanières. Mais ce sont surtout les agrumes (citron, pamplemousse) et les nuances végétales nobles (bourgeon de cassis, herbe coupée) qui font sa renommée.« 

On en saura plus en consultant par exemple Viniphile, ou encore ce blog de la maison lacheteau.

Mais ce qui nous amène à en parler n’a rien à voir, c’est une chanson du dernier album qui fait fureur de la catalane Rosalia.

Passée du flamenco au reggae, la chanteuse donne maintenant dans la fusion de styles de musique pop, classique et de chanson traditionnelle. Son dernier album, Lux, publié le 7 novembre 2025,  chanté en 14 langues, bat des records d’écoute et devient l’album le plus écouté au monde avec 42 millions d’écoutes en 24h sur Spotify (cf wikipedia).

Sauvignon blanc, 13ème chanson de l’album, est une chanson d’amour, inspirée par Thérèse d’Avila, apprend-on. Amour charnel ou divin ? Qui sait ?

Tu amor será mi capital 
¿Y que más da? Si te tengo a ti 
No necesito nada más 

Sauvignon Blanc a tu lado 
Mi futuro será dorado 
Ya no tengo miedo del pasado 
Está en el fondo de mi copa de Sauvignon Blanc 
En mi copa de sauvignon blanc, mm

……

Yo beberé Sauvignon Blanc a tu lado

Ton amour sera mon capital.. Si je t’ai, j’ai n’ai besoin de rien d’autre… Avec du Sauvignon Blanc au fond de ma coupe, mon futur sera d’or, je n’aurai plus peur du passé…

Voici ce qu’en dit ZOÉ SCHULTHESS MARQUET dans VOGUE : Avec “Sauvignon Blanc”, Rosalía poursuit son ère mystique et radicale, où rupture et renaissance se mêlent dans une quête spirituelle universelle. “Sauvignon Blanc” concentre l’essence de LUX : solitude, purification et renaissance…
 Le vin, ici le Sauvignon Blanc, prend un rôle symbolique. Il n’est plus simple boisson, mais refuge et consolation.

Qu’on se le dise !

L’Horrible Hägar

Voici un personnage inspiré des Vikings qui a été créé en 1973 par le « cartoonist » américain Richard Arthur Allan Browne, alias Dik Browne (1917-1989). Il avait 56 ans et une vie d’illustrateur derrière lui.

Ses exploits en bande dessinée ont été publiés dans des centaines de journaux à travers le monde (notamment Le Parisien).

La version française de Hagar the Horrible est Hagar Dunor (ouaf ouaf). Les extraits que nous reproduisons ici sont en v.o.

– Voila un grand vin, de quelle année est-il ? – Mardi. – matin ou soir ?
Mais je croyais que tu voulais un peu de vin pour le dîner – la plupart des gens commandent une bouteille!!
Helga, il y a du poisson ce soir, apporte du vin blanc… En fait, beaucoup de blanc !!
– Du vin de wiffleberry ! c’est ça que boivent les Vikings ? – C’est quoi, ça ? -C’est ton digestif.
Un Viking n’a pas besoin de grand chose pour être heureux… Une bonne famille, un peu de vin, quelques amis… et un bateau plein de bière…
On se perd en conjectures sur l’identité de cet Edward Mc Dermott

et on a laissé cette bande floue pour la fin

qu’il est attentionné ton Hägar, il t’aide dans le jardin ! – Mais non, il creuse un cellier pour son vin !

Un album « A la votre » est paru en 1984.

Quelques buveurs

Voici quelques sculptures et figurines collectées sur des sites de vente en ligne comme Drouot.com. On se souvient de celles du sculpteur géorgien Levan Bujiashvili découvertes il y a quelques années, portant carafe d’une main et coupe dans l’autre.

Cette figurine en argent représente un buveur de vin. Elle mesure 12 cm. (Italie, 20ème siècle).

Cette sculpture en bronze ( hauteur 32 cm) est intitulée *Le Buveur*, elle est de Pasquale Fosca, sculpteur italien (1852-1929)

Voici les 3 buveurs, terre cuite patinée (42 x 34 x 20 cm) d’André ROZAY (1913-1991), céramiste à La Borne,  l’un des artisans du renouveau de l’art céramique français.

Une autre oeuvre en céramique de Fernando Botero (1932 Medellín – 2023 Monaco-Ville) – Sans titre (Le buveur)


et deux bas-reliefs en bois formant pendant, personnages masculins (un buveur et un artisan?). XIXème siècle

 Et maintenant quelques tableaux :

Buveur de Crijn Hendricksz Volmarijn (1601, Rotterdam – 1645,) influencé par Caravage
 Buveur de Viktor Schivert, (Iași 1863 – Munich 1929, un peintre roumain de scènes historiques et de nus ayant vécu principalement à Munich.

Encore un Buveur de vin, Pays-Bas 18e siècle, inspiré de Frans Hals

et celui-ci, signé Rosier (Jan-Willem ?)

Et pour finir, voici une Bacchanale de Pierre Bagnan-Bernard (1880-1950), peintre provençal.


Quelques chansons de Lynda Lemay

.Voici une chanteuse populaire qui s’est à plusieurs reprises attaquée à la dépendance à l’alcool.
En 2005 avec Promesse d’ivrogne : »Moi c’est réglé, j’arrête de boire »

Las, ça ne va pas durer. Cinq ans plus tard, en 2010, la voila qui revient sur le sujet avec J’prendrais bien un verre (de N’importe quoi)


Et en 2021, voila J’prends un verre. Lynda y fait son coming out d’alcoolo en 88 octosyllabes et des poussières. C’est touchant de vérité.

Bon, chacun fait comme il peut. Bon courage, Lynda. Mais quelle mouche t’a piqué de t’attaquer frontalement au vin rosé, avec cette dernière chanson : l’idée d’boire du rosé ?

C’est quoi l’idée d’boire du rosé Les rouges, les blancs sont tellement bons ? … En boire, « ç’a’pas d’maudit bon sens !

En 20 stances de 4 octosyllabes, tu lances une vraie charge contre le prince de l’été ! Ta rhétorique ne montre qu’une chose : ton ignorance (ou la mauvaise qualité des rosés vendus au Québec).

Ah ! si tu connaissais le Bandol Barouveou, (viens boire un ptit coup à la maison, Lynda, il m’en reste une bouteille). Et viens à Sanary au prochain festival Just Rosé. Un festival international (surtout par les clients), c’est du 8 au 10 mai 2026.

A Wine Paris

Voila un salon de vins gigantesque. Rien à voir avec les centaines de stands du salon des vignerons indépendants : ici, plus de 6000 exposants, 169 pays représentés, c’est « l’événement où la filière vin fait du business ».

(Le prix d’entrée est assez prohibitif, il vaut mieux disposer d’une invitation.)

Les reporters du Bon Clos ont y ont passé une longue journée, découvert de nombreux crus, et fait de belles rencontres aux quatre coins du monde :  Languedoc, Portugal,  Italie, Argentine, Oregon, Géorgie…

Chantovent, « le souffle créatif du Languedoc…, « leader in AOC Minervois Livinière, AOC Minervois, IGP Côteaux de Peyriac and one of the main producers in IGP OC. modern brands such as Miss Anaïs and Chemin des Lions.« 

C’est une étape obligatoire, pour retrouver la maintenant Echansonne Pauline qui nous a fait déguster les nombreux vins proposés par cette maison qui regroupe domaines et châteaux du Minervois de 1200 vignerons exploitant 6000 ha de vignobles.

Miss Anaïs, gamme de vins des pays d’oc, est la marque phare de Chantovent, « gamme de vins légers et croquants, présentés dans d’élégantes bouteilles en verre qui empruntent aux codes des spiritueux ou dans de malicieuses fontaines dévoilant l’univers d’une jeune vigneronne du sud de la France croquée par l’illustratrice Vicky Royer : Miss Anaïs ! « 

Poursuivons  avec le Portugal. Au free tasting de Douro & Porto, nos reporters s’en sont donné à coeur joie.

C’est à un Douro branco de la quinta da Sequeira, aux arômes toastés profonds et persistants, qu’ils ont donné leur préférence.

En Italie nous avons retrouvé le Chianti Classico Gallo Nero du Castello di Cacchiano de Giovanni Ricasoli, capitaine général de la Lega del Chianti. Ce vignoble, un des plus anciens d’Italie, existe depuis le 11ème siècle.

En Argentine, nous avons retrouvé Laura Catena, médecin et vigneronne, (qui avait reçu quelques jours plus tôt le diplôme d’honneur de la FICB), sur le stand de la « Bodega Catena Zapata », fameuse notamment pour la qualité de ses vignobles plantés de Malbec en altitude ( 900-1500 m).

Au premier plan Laura et son inséparable béret

Les étiquettes sont des oeuvres d’art évoquant la renaissance du vignoble après le phylloxera. Elles sont dûes à Adrianna, soeur de Laura, historienne médiéviste, et à l’illustrateur Rick Shaefer.

« L’étiquette fonctionne comme une allégorie historique du cépage malbec : Eleanor of Aquitaine : naissance du malbec dans le Sud-Ouest de la France (Cahors)., L’Immigrante : arrivée du cépage dans le Nouveau Monde, “Madame Phylloxera” : personnification du phylloxéra qui détruit les vignobles européens au XIXᵉ siècle, Adrianna Catena : renaissance du malbec en Argentine grâce à la famille Catena.
 » Des animaux allégoriques racontent l’origine des cépages :le renard représente le cabernet franc, une sirène-oiseau symbolise le sauvignon blanc,l eur “enfant” représente le cabernet sauvignon. »

Changeons d’hémisphère et atterrissons en Oregon, USA, où Bob (après une carrière de pilote) et Lynette Morus ont créé dans les années 90 un vignoble sur un terrain qu’ils ont longtemps cherché : Phelps Creek Vineyard. Ils y font prospérer pinot noir et chardonnay.  On aime.

Il y a encore bien des tentations, mais terminons avec la Géorgie, où naquirent vigne et vin, dit-on il y a plus de 8000 ans. La Winery Khareba produit des vins de cépages locaux (il en existe plusieurs centaines, les plus connus sont le Saperavi, l’Ojaleshi et le rarissime Usakhelauri) et européens sur 1500 ha dans tout le pays. Voir ici pour une petite idée de la variété de la production.

De Leipzig à Berlin

Nous voilà repartis vers l’Est, sur le traces des Anciens.

Depuis la voie ferrée aux alentours de Wurzburg, en basse Franconie, on longe le vignoble. Est-ce là que l’on produit le célèbre vin de Stein dans sa « bockbeutel »?

Nous sommes au pays de Johann Wolfgang von Goethe, qui déclama dans son Wanderlied

Là où nous buvons, où nous aimons, est un riche et libre monde

Leipzig, au carrefour de la Via Imperii, qui menait de Rome à la mer Baltique, et de la via Regia, menant vers l’est vers Kiev, Vilnius et Moscou, et vers l’ouest vers Paris, Bordeaux et l’Espagne, est très tôt devenue une Messestadt, une majeure ville de foire.

La ville a été largement reconstruite après la guerre. Le Speckshof abritait et abrite encore le plus ancien passage de la ville. « Messepalast Specks Hof
Construit dans les années 1908–1911 d’après les plans de l’architecte E. F. Hänsel, comme premier nouveau bâtiment de foire de Leipzig avec passage  commercial. Nommé d’après le marchand et collectionneur d’art Maximilian Speck,qui acquit en 1815 le grand magasin situé au même endroit. Après de graves dommages de guerre, la reconstruction débuta en 1947. Réaménagement du passage en 1982/83« 

le specks hof dans les années 1900

Le voici après reconstruction

Rénové dans les années 90,

Screenshot

on peut maintenant y voir cette fresque murale

Autre lieu intéressant, Auerbachs Keller, cinq fois centenaire,

temple de la tradition culinaire germanique.

« En 2025, la cave Auerbachs Keller de Leipzig fêtera un anniversaire particulier : 500 ans de tradition et d’histoire ! En 1525, le Dr Heinrich Stromer von Auerbach, médecin et professeur d’université de Leipzig, eut l’idée révolutionnaire de servir du vin aux étudiants dans la cave de sa maison. Ce faisant, il posa les bases de l’une des auberges les plus anciennes et les plus célèbres d’Allemagne. Aujourd’hui, la cave Auerbachs est un symbole vivant de la ville et un lieu de rencontre culturel dont l’histoire est inextricablement liée au célèbre poème « Faust » de Johann Wolfgang Goethe. » (communiqué de presse)
Le docteur Faust, personnage semi-légendaire, s’y serait tenu à cheval sur un tonneau en 1535, « dans un épisode héroï-comique immortalisé par une peinture sur bois accompagnée de six vers narrant ce haut fait« . On y trouvait deux peintures sur bois datant de 1625 : Le docteur Faust lors d’un festin d’étudiants et Le docteur Faust chevauchant un tonneau de vin. Ces représentations ont directement inspiré Goethe pour la scène ultérieure.

(lire la scène sur Wikisource dans la tradition de Nerval, p 84 et suivantes)

Ce que l’on peut y voir aujourd’hui

Aux murs, des buveurs de cave

et des assemblées d’hier et d’aujourd’hui.

Ich hätte Lust, nun abzufahren. (J’aurais envie de partir maintenant.)
Faust 1, Szene Auerbachs Keller

Le musée des beaux arts de Leipzig recèle quelques belles choses.

Voici Le Christ à l’Olympe, de Max Klinger, refusant la coupe de vin offerte par Dionysos, scène fantastique et qui peut sembler anachronique (mais après tout les dieux sont immortels) où se confrontent la jouissance aimée des dieux gréco-romains et le sacrifice chrétien.

Voici aussi un mignon paysage de vignes (vendanges sur les côteaux de Sèvres), de Camille Corot (1872)

et des scènes de genre hollandaises du 17ème siècle

détail du joueur de flute Dirck Hals
Le joueur de flûte, Dirck Hals 1635
auberge Egbert Vander Poel 165x (détail)
musiciens Pieter de Hooch 166x
auteur hollandais 1670

Ne quittons pas Leipzig sans un regard sur une belle collection d’étiquettes de bière, collée sur une armoire métallique, vue au musée de la ville dans l’ancien Rathaus.

Leipzig n’est qu’à une heure de train de Berlin, où nous attendent d’autres merveilles.

Quel plaisir de retrouver, à la Berlinische Gallerie (musée d’art moderne), Lovis Corinth, dont nous connaissons les Bacchanales!

Ce « Bacchant » fait partie d’un cycle de onze peintures du « Katzenellenbogen Cycle » (d’après le nom de la collectionneuse Estella K.) que la BG a l’ambition de réunir.

C’est en effet un thème cher à Lovis Corinth, comme le montre ces autres oeuvres

Mais c’est à la Gemalde Galerie que l’on fera la plus belle récolte.

On y trouve de nombreuses scènes de genre du siècle d’or néerlandais, représentant de joyeuses compagnies

Ce buveur là n’est pas joyeux, son verre est vide !

Le buveur de Jacob Backer vers 1634
les 3 musiciens de Diego Velasquez

Jouer de la musique n’empêche pas d’avoir soif

joueurs aux cartes non plus

les tricheurs, Wouter Crabeth II, après 1626

Des messieurs font boire des jeunes personnes,

Ici ce sont de jeunes personnes qui font boire un vieux monsieur (Lott et ses filles, de Joachim Wtewael, 1610 ; et un fragment d’un tableau de Hans Baldung, dit Grien 1520, où l’on ne voit plus que Lott)

Voici aussi des scènes de groupe dans des tavernes et maisons plus ou moins bien tenues

On finira la visite avec ces natures mortes aux bouteilles de l’alsacien Sebastien Toskopff (1597-1657) et au verre de vin d’Anne Vallayer-Coster (1744-1818)

et avec cette fête de Bacchus de Pieter Brueghel le Jeune et Henrick van Balen l’Ancien (avant 1632) illustrant l’antique adage : « sans Cérès et Bacchus, Vénus a froid ».

CHAP

Une étiquette originale vue chez un caviste, et c’est la découverte d’un artiste peu commun : Christophe Heymann, alias CHAP (Christophe Heymann Artiste Peintre)

Une façon imagée de rendre hommage à Christophe Coquard, « artisan négociant » en Beaujolais et Mâconnais, dont cette cuvée « tape-à-l’oeil » pourrait accompagner harmonieusement des cervelles au beurre noir…

Chap, fils du peintre Georges Heymann, a commencé sa carrière dans le vin mais a toujours voulu peindre, ce à quoi il se consacre à temps plein depuis 15 ans. Pas étonnant donc que nombre de ses oeuvres nous parlent, ici au Bon Clos. En voici quelques unes trouvées sur le site christophe-heymann.com. On y croisera des vignerons, des confréries, et des amateurs de vin !

Chap réside à Clermont-l’Hérault, où il expose régulièrement. Sa marque de fabrique, son style ce sont ces tableaux de vie®, sortes de biographies en peinture. On dit que de nombreuses maisons bourguignonnes lui en ont commandé.

A suivre….

Robinson Crusoe

Robinson Crusoe remonté sur les planches ! Cette oeuvre de 1867, qui ne fait pas partie des plus grands classiques habituellement entendus du maitre, vaut bien le voyage, aujourd’hui au théâtre des Champs Elysées, demain à Angers, Nantes, Rennes…

On ne racontera pas l’histoire, que chacun connait, et que Laurent Pelly a adapté à notre époque de migrations en pointant du doigt d’autres sauvages. On pourra en lire une présentation détaillée sur premiereloge-opera.com

Musique magnifique, comme toujours chez Offenbach, dirigée par Marc Minkowski, mais il faudra attendre le 3eme acte, scène 9 pour entendre (enfin ! mais un peu « écourté malheureusement) un air cher aux oreilles des lecteurs du bon clos, le choeur des marins :

Buvons !… Buvons !… Chers compagnons ! Quelle bonne affaire Pour de pauvres gens qui, six mois durant, Ont bu de l’eau claire ! Quelle bonne affaire De boire ce rhum enivrant ! Noyons-nous dans l’ivresse Et narguons l’avenir, Oublions la richesse Que nous pensions saisir. Cette ingrate maîtresse Ne vaut pas nos regrets. Noyons-nous dans l’ivresse Et nous verrons après !

La voici, Salle Favart, en 1986, sous la direction de Michel Tabachnik, et dans une mise en scène de Robert Dhéry, qui prend comme il se doit  des libertés avec le livret !

La partition présente une version assez différente, où il s’agit de briser les fûts et de faire bombance de rhum et wiski (sic) : voir la partition du choeur des matelots ici)

Il existe une version anglaise de Robinson Crusoe, ce qui n’est que justice. Voir le choeur des matelots dans cette langue, sur la chaîne d’OperaRaraOfficial

It’s time to take a liquor break! Six months at sea, no wonder we Want beer or shandy, rum or brandy, It’s the same to me! No time to lose, roll out the booze! Desperate men never say ‘when’!I’d sell my soul to drink a whole Barrel of ale! We’ll drink tonight until we’re tight! Yes, we’ll keep drinking Till we’re stinking! Drink until we cannot stand up! Come on, my lads, drink up, my lads, Drink up, drink up! We’ll drink until we’re tight! We’re getting drunk tonight! We’ll keep drinking till we’re stinking tonight! A pirate’s life is ’ard, Condemned to roam the sea. Shunned and despised by gentlefolk And by society. We’re decent blokes at ’eart, We’re just mischievous elves. Robin Hoods who just rob the rich, Then keep the lot ourselves! Crossbones flying above! It’s the life that we love! Sailing into a scrape! Ready to loot and rape! It’s time to take a liquor break! Six months at sea, no wonder we Want beer or shandy, rum or brandy, We’ll drink tonight until we’re tight! Desperate men never say ‘when’! Fill me up again, then Sleep until we’re sober Then start all over again! Then drink all night Until we’re tight all over again! Men! We’ll drink tonight until we’re tight! We’ll keep drinking till we’re stinking! We’ll drink tonight until we’re tight, Tonight, all night tonight! We’ll get drunk tonight! We may stay tight And never be sober again! We’ll drink tonight!

On trouvera le livret complet en anglais là