C’est une maison blanche, qui ne paye pas de mine, on y vient à pied… (après s’être garé dans une rue voisine), ceux qui vivent là sont hospitaliers. Elle a un petit air d’Amérique du Sud avec sa courée ranchera. Le maître est fin cuisinier et l’on y boit de bonnes choses. Bref, on y est bien reçu.
Le curieux ne sera pas passé à côté de ce tableautin signé Pieroni, peintre et sculpteur et illustrateur né à Marseille.
Ses personnages, avec leurs visages stylisés, « évoquent tendresse, passion, poésie et mélancolie » et nous parlent de « l’infinie solitude des oeuvres d’art ».
Le tableau a fait l’affiche d’une exposition à l’oenothèque de Bandol en 2012.
Voici des plaques publicitaires en métal émaillé qui nous parlent de digestifs très en vogue jadis, mais toujours commercialisés.
La Hesperidina est née à Buenos Aires en Argentine le 24 décembre 1864, après une campagne de « teasing » (« Se viene Hesperidina ») menée par son géniteur Melville Sewell Bagley, un homme d’affaires originaire des Etats Unis qui avait su tirer parti des peaux des fruits des orangers amers plantés dans la ville. Ce tonique était réputé être un remède contre tous les maux. On pense qu’il avait des connaissances en chimie, et savait que les flavonoides présents dans les peaux avaient des propriétés digestives et curatives.
Le Fernet Branca, plus ancien (1836), a été mis au point en Italie par Bernardino Branca. « Il contient entre autres de la gentiane, de la rhubarbe, de l’aloès, de la camomille, de la rue, de l’angélique, du safran, et vieillit un an en foudres. » « Un mythe le présente comme un excellent moyen de faire passer une grosse gueule de bois ».
Cette carafe reprend un proverbe populaire : « Frère, bois car la vie est courte ! »
Et voici une chaise bachique, une petite merveille faite main !
Dans cette maison les bonnes bouteilles ne font pas défaut, mais ici tout fini avec le mythique 44.
(« L’alcool 44 est une liqueur traditionnelle française (notamment originaire de Normandie et de Bretagne) à base d’orange et de café. Son nom vient de sa règle de fabrication basée entièrement sur le nombre 44 : 1 orange piquée de 44 grains de café, 44 morceaux de sucre et 1 litre d’alcool, le tout laissé en macération pendant 44 jours. »)
Nous y étions passés quelques jours avant, et en avons rapporté ces quelques images, comme cette cravate de fin buveur.
Cette fontaine offerte par l’Emir de l’Etat du Qatar est supposée contenir de l’eau. On lui verrait un autre usage…
Le tonnelet est creusé dans un seul cristal de roche, les chevaux sont en bronze doré.
Et voici la fameuse « partie de cartes », en santons de Provence (de la société Santons Catherine Landucci), offerte par les commerçants du quartier Saint-Antoine de Marseille à l’occasion de la visite du président en 1999.
Cette bouteille de Cognac 1932 (date de sa naissance) a été offerte en 1998 pour son anniversaire au président JC par le président de la FDSEA de Charente-Maritime. Le « très vieux cognac » a été offert par le bureau national interprofessionnel du Cognac en 2000.
Et pour finir, cette belle collection de verres et de carafes.
Pas grand chose pour le Bon Clos à l’expo Art Déco qui se termine ce mois-ci au musée des Arts Décoratifs, si ce n’est ce solide verre à pied, soufflé et émaillé de 1913, qui fleure encore l’Art Nouveau
et ce service « Ambassador » en verre soufflé de l’autrichien Oswald Haerdtl qui date de 1925, et d’un verre si fin et frêle qu’il serait prudent de le garder sous clé.
On peut y voir aussi cette jolie affiche vantant le Pivolo (1924), un apéritif « aux vins de France » qui n’a pas fait long feu (semble avoir disparu dans les années 40). L’auteur, Adolphe Mouron Cassandre, y a représenté une pie et un verre de vin rouge dans un style géométrisé bien à la mode Art Déco.
Va-t-on se refaire au salon Art Shopping au Carrousel du Louvre ? Il fait petite figure avec un seul salon ouvert.
Ce portrait d’un anglophile se promenant verre en main à New York City, présenté par la galerie Makowski, est de Fernando Silva (alias bacchusbysilva)
Minima Moralia de Michel Turbiaz pose la question : la morale minimale (référence au philosophe allemand Theodor W. Adorno) de notre société tiendrait-elle dans ce petit verre bleu ou n’en remplirait-elle que le fond ?
Screenshot
Cette photo (Searching for a beautiful you) a attiré notre attention, non tant pour la célébrité (?) qu’elle représente que pour les curieux verres
et celle-ci, de l’ukrainienne Oksana Wagner, est inttitulée Salt & Fire, pourquoi ?
Elle représente l’acteur Stephen Manas se désaltérant face à la mer. Prosecco !
Le musée de la vie romantique fraichement rénové attendait notre visite. Une jolie vendangeuse nous y attendait :
Nous y avons vu aussi cet éventail finement décoré
que boivent donc ces dames ?
Nous terminons cette promenade parisienne à la Mouffe où nous découvrons cette frise:
Nous avons récemment visité à Thuir les caves de Byrrh, mais ce n’est qu’un des apéritifs au quinquina qui connurent au siècle dernier leur temps de gloire, et que d’aucuns boivent encore. Il y avait aussi Saint-Raphaël, Dubonnet (du beau, du bon, du bonnet), et bien d’autres.
L’écorce de quinquina, aux vertus fébrifuges, avait été rapportée d’Equateur par des jésuites. Louis XIV notamment en fit usage, pour combattre des fièvres.
Des potions au quinquina furent concoctées. C’est dans cet esprit qu’en 1846, André Dubonnet a élaboré un vin de quinquina destiné à protéger de la malaria les soldats en Afrique du Nord. On raconte que son épouse le servit comme apéritif à ses amis.
En 1866, ce sont les frères Violet qui créent le Byrrh. Les années 70 voient naître le Lillet, dans le Bordelais, et le Mattei Cap Corse, dans l’ile de Beauté.
Le succès est tel, alors que les méfaits de l’absinthe, (sans parler de ceux du vin Mariani à la cocaïne : les deux qui finiront par être interdits) commencent à être connus,
Tous ces industriels avaient compris, comme Byrrh, l’importance de la pub.
A Dubonnet, nous donnons la palme pour son affiche sur la répression de l’ivresse publique.
Mais nous retenons l’originalité de Saint-Raphaël qui lança en 1897 un grand concours de poèmes. On peut en trouver les lauréats dans le numéro du Pêle-Mêle du 21 novembre 1897. Notre préférence va au 5ème prix, attribué à à M.Pfeiffer qui a reçu pour prix un « joli baromètre monté en bois sculpté«
Malheureux, ô combien, est le mortel qui n’a Goûté, Saint-Raphaël, ton fameux quinquina
Notons aussi le 7ème prix de M.Lusignan de Chambéry, pour ce quatrain au sens obscur à prime abord pour le lecteur d’aujourd’hui, qui lui a valu une caissette de 6 bouteilles.
Par son mérite et par sa chance Au loto de la concurrence Le Saint Raphaël Quinquina Quine a !
(on appelait quine au 19ème siècle la série de 5 chiffres sortis ensemble à la loterie)
On pourra voir sur le site de christian legac une belle collection d’affiches et d’objets publicitaires pour les Saint Raphaël Quinquina (rouge, blanc).
Roussillon, Catalogne Nord, Pyrénées Orientales ? Quelle différence ? ce sont les 438 km2 du Fenouillèdes… pays de tradition occitane. Le reste des P-O est catalan.
C’est un pays de vignobles (25000 ha) qui cultive la tradition des vins doux naturels, obtenus par mutation du moût par de l’alcool neutre en cours de fermentation.
Dans un premier temps, c’est un chapitre de la Commende Majeure du Roussillon qui nous y attira. On pourra en lire le compte-rendu sur le site de la FICB.
De quoi tomber amoureux de ces beau pays, de ses vins et de ses gens. Il fallait donc y retourner.
C’est à Arnaud de Villeneuve (1240-1311), médecin, chirurgien et savant qui maitrisa la distillation alcoolique que l’ on attribue l’invention du vin doux naturel.
On peut retenir de lui l’enseignement suivant :
« Le vin conforte l’esprit. Il lui permet d’aborder la subtilité et de faire face à la difficulté. Il prodigue à l’âme audace, sollicitude, libéralité. Le vin crée la parfaite harmonie des parties. Corps, esprit et âme coopèrent. »
Mais dès l’époque romaine la viticulture prospérait dans la région dite Narbonnaise, conquise au 2ème siècle avant notre ère.
blocs de pierre antiques vus à Narbonne
Une trace remarquable de ces temps révolus est cette inscription latine trouvée sur un vase : « bois esclave, je ne suis pas vide pour toi », que nous a fait connaitre l’historien Bernard Rieu lors d’une conférence sur l’histoire de la vigne en Roussillon.
Longtemps la viticulture en Roussillon a été synonyme de vin doux naturels, produits à Banyuls, Rivesaltes, Maury.
enseigne vue à Villeneuve de Conflent
(Il y eut plus tard le Byrrh, apéritif au quinquina qui eut son heure de gloire et dont nous avons visité le fameux site de production, à voir en fin d’article). Mais les temps changent, et l’on produit aujourd’hui quasiment autant de vins non mutés.
Pour mieux connaitre ce vignoble et ses vins, on pourra visiter ce site, et celui-ci.
A Perpignan, on se doit de visiter le musée Hyacinthe Rigaud, peintre du roi Soleil, enfant du pays. On y trouve ce grand tableau de Jacob de Backer (16 siècle) représentant Vénus, Bacchus et Cérès
Et cette Cargolade (un plat emblématique catalan) de Louis Delfau (1871-1937)
où l’on peut voir, posé sur la table, le fameux « porro », carafon pour boire à la régalade
buveurs au porro lors du chapitre de la Commende Majeure du Roussillon
et ce marbre sculpté.
A l’hôtel Pams, les superbes grandes fresques ignorent hélas vigne et vin, cette publicité pour Byrrh est juste une consolation et un avant-goût (voir plus bas)
située dans une ancienne tonnellerie près du Centre du Monde (la gare de Perpignan), et dont le patron Jean-Claude,
pâtissier de formation, sait se montrer très hospitalier. Il nous présente cette étonnante bouteille d’un avenir passé :
une cuvée très spéciale !
A Céret, l’église Saint-Pierre présente ce « breuvage du salut » de William Fenech, un peintre local, surprenant calvaire dressé au milieu des vignes.
Au Musée d’Art Moderne, rien à signaler ici, si ce n’est ce Picasso à table
Un peu plus haut, à Arles /Tech, on danse la sardane au son de la cobla en ce jour de « festa major »
L’arrivée à Thuir, patrie du Byrrh, annonce la couleur avec cette rangée de ceps qui borde la route :
Les caves Byrrh, un élixir (« vin tonique et hygiénique au quinquina ») inventé par les frères Simon et Pallade Violet en 1866, y sont installées depuis plus de 100 ans. Exportée sur tous les continents, elle devint aussi la première marque d’apéritif en France dans les années 1930.
Vu sur une porte du fort Queyras
On entre dans la fabrique comme dans une cathédrale
Le clou de la visite est un foudre de plus d’1 million de litres, où l’on faisait vieillir l’élixir afin que toutes les bouteilles aient le même goût !
Voici le tableau de commande de ce gigantesque site de production
Et voici des vues d’époque du hall de gare Eiffel et du quai de chargement
Coup de génie publicitaire, un concours d’affiches lancé en 1903 a inspiré plus d’une centaine d’artistes. En voici quelques unes
Nous terminons ce bref parcours à Maury, à la cave des vignerons, où l’on peut déguster la production du cru :
des vins doux naturels, reconnaissables à la bouteille trapue créée dans les années 80,
« Ces vins dits TUILÉS parce qu’ils proviennent de raisins noirs ou AMBRÉS parce qu’ils proviennent de raisins blancs sont des vins aromatiquement complexes servis en début ou en fin de repas », avec « des arômes de fruits confits, d’orange et de miel … pour les AMBRÉS », et aussi « des notes de cacao, de torréfaction, de pruneau … pour les TUILÉS ».
Mais il y a aussi depuis quelques années des vins rouges secs, où domine « LE CEPAGE de prédilection, lequel peut être vinifié soit en vins doux soit en vins tranquilles : le grenache noir. »
Voulez-vous déguster ? nous a-t-on demandé gentiment. Vin(gt) dieu(x) ! on est là pour ça !
Dans le Tarn, à quelques kilomètres au nord de Gaillac, à Broze, il est un musée qui présente une extraordinaire collection d’objets liés au vin et à la viticulture, l’InVINcible VIGNEron.
Elle est l’oeuvre de Theo Elzinga, un ci-devant vigneron dans le Muscadet, passionné par les objets du vin, qui a déménagé sa collection il y a une dizaine d’années pour ouvrir ce musée. Il comptait à l’époque quelques 8000 objets, il en compte plus du double aujourd’hui. Voir ici l’article que la Dépêche lui consacra à l’époque.
Nous avons pu le visiter, guidés par Manu, son gendre, en compagnie d’Henri Plageoles et de Michel Houdet, respectivement Grand-Chancelier et Commandeur de la Confrérie de la Dive Bouteille de Gaillac, et de nos amis Daniel Fréry, conservateur du Musée du Vin de Paris, et Pierre Jobard son adjoint.
Une impressionnante collection de plaques de cheminée accueille le visiteur.
Les anciennes cuves de ce bâtiment viticole sont intelligemment adaptées pour abriter des collections
Au fil des salles s’alignent les outils de vignerons, tonneliers, distillateurs, buveurs, publicitaires et des oeuvres artistiques, comme ce tableau représentant le port de Gaillac en 1863, dû au peintre Gordon Frickers,
ou cette scène de danse dans les vignes de Robert Rolland, un peintre et aquarelliste lyonnais.
On reconnait avec plaisir l’ habit de tonnelier de Nicolas de l’Armessin, déjà rencontré, des scènes de vendanges
des représentations religieuses,
un vendeur ambulant de vin, métier disparu
Il y a des statues de toutes sortes et de tout matériaux ( bronze, bois, céramique…) comme ces personnages bachiques
ce vigneron à la serpe
ces personnages « à cheval sur mon tonneau »
et ces figures féminines
Belle collection d’affiches publicitaires pour les vins et liqueurs
Qui connait encore cette Pimprenelle, censée remplacer le vin ?
Les produits phytosanitaires ne sont pas en reste
Voici encore des objets décoratifs : enseigne, assiettes, pendule, tonnelets,etc.
Les franciliens apprécieront cette assiette qui vante le vin de Suresne
Il y a bien bien sûr des représentations humoristiques, comme ces moines qui font bombance
peut-être se servaient-ils de cette gourde ?
et de cette canne tire-bouchon ?
Voici un code pénal à méditer
comme cette mise en garde contre la soulographie
Cette affiche, très datée 3ème république,, et particulièrement réactionnaire, est due à l’illustrateur et caricaturiste Achille Lemot
Puisqu’on est dans les alambics, en voici un plan :
Des alambics, il y en a!
La collection d’outils est impressionnante
Nous avons remarqué ces outils d’arrachage
et ces accessoires de cave (égouttoir, percefûts, pompe, robinets de fût-, vélo !)
Ici une machine de remuage, pour faire du champagne ?
L’ancien site de la Bibliothèque Nationale n’abrite pas que des vieux bouquins et autres manuscrits enluminés et incunables, il recèle aussi de belles collections d’art antique.
Le trésor de Berthouville, qui compte de nombreuses pièces en argent travaillé a été découvert en 1830 dans un champ, en Normandie, dans une cave sous ce qui fut un temple gallo-romain. En voici quelques pièces :
Ces coupes en argent pèsent chacune plus d’un kilo.
Le simpulum ci-dessous est une louche à puiser le vin (1er siècle)
La collection du duc de Luynes révèle d’autres trésors, comme cette vitrine dédiée à Dionysos, où plats, vases et coupes en céramique du 5ème siècle avant notre ère, racontent la vie du dieu, depuis la naissance, où, sur les genoux de Zeus, il est confronté à Héra,
à sa remise à sa tante maternelle Ino et son époux Athamas, puis aux nymphes du mont Nysa,
sa rencontre avec Ariane…
Cette coupe nous montre Dionysos inspectant à dos d’âne les vendanges
Voici deux appliques en or (destinées à être cousues sur un vêtement) représentant Dionysos et son père adoptif Silène
et une assemblée de buveurs jouant à un étrange jeu
L’exposition« l’invention de la Renaissance » , (qui se termine le 16 juin) , permet de voir d’autres objets intéressants, comme ce satyre buvant en bronze (oeuvre du « Riccio » : Andrea Briosco vers 1500),
ce buveur qui se rend à un banquet « comaste » (Epictotes, vers -520)
et cette ménade, reconnaissable à sa « débride en peau de faon et son violent mouvement de torsion » (terre cuite 3ème siècle BC)
L’exposition donne aussi à voir de fabuleux manuscrits, comme celui, appartenant à Pétrarque, des oeuvres de Virgile.
Son frontispice commandé à Simone Martini par Pétrarque) représente trois personnages, les yeux fixés sur Virgile, personnifiant les œuvres de l’auteur latin : le chevalier que regarde Servius représente Énée de l’Énéide, le paysan les Géorgiques, et le berger les Bucoliques
paysan taillant sa vigne
On comprend que la Renaissance fut une « effervescence intellectuelle, artistique et scientifique nouvelle. L’humanisme en constitue le cœur : né dans l’Italie du XIVe siècle et caractérisé par le retour aux textes antiques et la restauration des valeurs de civilisation dont ils étaient porteurs, le mouvement humaniste a produit en Occident un modèle de culture nouveau, qui a modifié en profondeur les formes de la pensée comme celles de l’art. Les princes et les puissants s’en sont bientôt emparés pour fonder sur lui une image renouvelée d’eux-mêmes, comme l’attestent tout particulièrement les grandes et magnifiques bibliothèques qu’ils ont réunies. »
On comprend aussi « le rôle fondateur joué au XIVe siècle par Pétrarque et sa bibliothèque ; la redécouverte des textes antiques et la tâche de leur diffusion par la copie manuscrite, le travail d’édition, la traduction ; l’évolution du goût et des formes artistiques qu’entraîne une connaissance toujours plus étendue du legs de l’Antiquité ; la promotion nouvelle de la dignité de l’être humain et des valeurs propres à sa puissance d’action et de création, telles que le programme humaniste de célébration des hommes illustres les exalte. »
Parmi les grands découvreurs, on retrouve le Pogge (Poggio Bracciolini, qui retrouva au 15ème siècle au fond d’une abbaye germanique le fameux De natura rerum de Lucrèce). Son itinéraire est relaté dans Quattrocento (The Swerve, de Stephen Greenblatt)
Et l’on songe en quittant l’exposition à ces mots de Sénèque :
otium sine litteris mors est ethominis vivi sepultura
(Le repos sans l’étude est une espèce de mort qui met un homme vivant au tombeau).
Grande comme un petit département français (3640 km2), l’ile de Majorque compte quelques 1350 hectares de vignobles, principalement dans sa partie centrale et sur les pentes de la chaine « Tramontane » qui la domine au Nord.
Notre baptême du vin de Majorque, c’est avec ce « rosat Novell » aux « sutils aromes fruitals » servi par l’ami Francesco que nous le recevons.
L’histoire du vin à Majorque remonte aux romains. Outre l’usage religieux, beaucoup de fermes produisaient traditionnellement un vin de consommation courante à boire « ici et maintenant », comme dit Pierre Guigui.
ancien pressoir de la finca Son Pieras près de Llucmajor
Laissant le hasard guider nos pas, nous remontons la scénique route de la Tramontane
un clos sur la route de Valldemossa
qui ici est la montagne (et non pas le vent) du nord, et avisons Valldemossa, petite cité sise à 500 m d’altitude, fameuse pour son monastère, la Real Cartuja, ses visiteurs (George Sand et Chopin), ses ruelles, ses jardins, et la Santa Catalina dont chaque maison porte un carreau…
Nous y rencontrons Pablo, natif d’ Argentine qui tient une atypique « Boutique de vinos y camisetas personalizadas ».
Plasticien, il vend aussi sa production artistique dont voici quelques exemples.
Cette Cène rassemble des écrivains familiers de Majorque
Nous y dégustons ce savoureux malvoisie « Mar de Bé » de la Bodega Can Rubi.
On y peut lire aussi cette citation de Gustav Malher : « Un verre de vin au moment opportun vaut plus que toutes les richesses de la terre ».
Cette maison ( la Bodega Can Rubi) tient boutique à Santa Maria del Camí où le hasard mènera nos pas quelques jours plus tard.
On n’y goûte que le vin vendu en vrac, mais toute la production du domaine peut être achetée là, et notamment Mar de Bé, en version Malvoisie et Sauvignon blanc.
sur la route des vignes en DO Binissalem
Santa Maria del Camí est la porte d’entrée à l’ouest de la DO Binnissalem.
Un peu plus loin Binissalem nous accueille avec ses vendangeurs
Une petite faim ? la Ca s’hereu est l’endroit où retrouver pour déjeuner la population locale.
La bodega José L. Ferrer accueille les visiteurs avec ostentation
dans des locaux impressionnants où l’on note un effort de décoration.
A 500 mètres d’altitude, le monastère de Lluc jouit d’un site exceptionnel en pleine Serra de Tramuntana. Un musée y abrite quelques bijoux dans la collection du peintre Josep Coll Bardolet,
comme ce dessin de buveurs attablés devant de grands foudres
ou ces « trois portraits » au verre et au raisin de Pau Fornés
et cette scène champêtre sur un petit éventail très 18ème, sans doute plus tardif en Espagne.
Terminons cette promenade majorquine avec ces quelques images rapportées de Palma, la capitale. Ces grappes de raisin ont été placées dans La Chapelle San Pedro de la cathédrale de Palma (la Seu) par Miquel Barceló, lors d’une rénovation dans les années 2000.
Le Castell Bellver, citadelle circulaire qui domine la ville, abrite un musée d’Histoire de la Cité de Palma. On y a vu ce joli carreau de faïence, représentant un marchand de vin en pleine action
et cette « hermadionisiac » sculpture du 18ème, d’après l’antique.
On quitte Majorque avec le sentiment qu’il reste encore beaucoup à voir, et à boire !
Ce n’est pas une grande moisson, mais il serait dommage de garder ces quelques images pour soi.
Voici tout d’abord deux peintures de Jean-Yves Templier (@jy_templier), artiste peintre de la Cadière d’Azur, représentant les vignes au printemps, et en automne.
(exposition à la maison Flotte de Sanary/mer jusqu’au 12 mai de ce peintre coloriste aux multiples techniques)
A Sanary également on a pu assister à cette danse géorgienne particulièrement endiablée, la bouteille impavide semblant vissée sur le crâne du danseur.
une bouteille en parfait équilibre
Un peu plus loin à l’entrée de Bandol cette sculpture, monument de 22 tonnes installé au « Jardin de la Mer », honore la Mer et la Vigne depuis plus de 20 ans. Elle est l’oeuvre de Robert Rayne, sculpteur et peintre, lauréat du concours lancé par la ville de Bandol pour symboliser la ville.
Remercions Lissinck, notre correspondante au Comtat Venaissin, qui nous a fait parvenir cette décoration bachique que l’on peut voir au Palais des Papes d’Avignon.
Téléportons-nous pour conclure à Strasbourg, où l’on peut voir cette belle enseigne du Gasthof Schwanen. Ce n’est pas si loin ! (7h de TGV depuis Toulon)
Pas grand chose à se mettre sous la dent, mais quand même quelques rencontres intéressantes cet automne. Commençons par Art Shopping, salon rituel où l’on vient du bout du monde pour exposer et peut-être vendre.
Nous y avons croisé l’uruguayenne Francesca Dito, peintre et sommelière, dont l’art est intimement lié à la vigne et au vin. Sa famille, d’origine italienne, cultive la vigne et produit du vin dans la région de Canelones. Un assemblage de cépages originaires d’Italie, d’Espagne et de France (parmi lesquels le Tannat, aujourd’hui cépage emblématique de l’Uruguay) porte son nom…
visite des vignobles et des régions viticoles I et II (recorriendo regiones de viñas y de vino)
Nous y avons aussi vu cette toile colorée et exubérante de la Norvégienne Anne Margrethe (Bjerkebro).
On ne peut pas rester indifférent devant cette oeuvre emblématique qui exprime la joie de vivre. Voici Anne Margrethe (on pourra voir d’autres oeuvres sur FB)
+ (ajout tardif) : et puis voici quelques oeuvres d’Irit Rotrubin, photographe israélienne rencontrée au même Carrousel, qui en pince pour les lunettes mais s’intéresse aussi aux vignes et aux coupes !
Au Musée d’Art Moderne, ce sont ces « bouteilles dans l’atelier de Nicolas de Staël » qui ont attiré notre attention
Au Musée d’Orsay, cette vigne d’Auvers/Oise est un des 74 tableaux peints par Vincent Van Gogh du 20 mai au 27 juillet 1890, jour où il se suicide en pleins champs.
A deux pas, Louis Janmot, peintre qu’on pourrait qualifier de moraliste, représente en 1861 l’Orgie (Fusain et rehauts de gouache blanche sur papier) qu’il décrie dans son »Poème de l’âme« .
Joséphine Bindé, dans Beaux Arts Magazine, résume bien l’ambivalence de son art : « D’un côté, ses scènes pastorales, ses envolées d’anges et ses allégories, certes gracieuses, suintent la morale religieuse et le conservatisme. De l’autre, certains de ses tableaux, hantés par l’incertitude, la mort et le vice, affichent des compositions d’une modernité ahurissante qui annoncent les grands surréalistes du XXe siècle. Tel est le fascinant paradoxe de l’exposition que consacre le musée d’Orsay au méconnu et surprenant Louis Janmot ! »
Voici pour terminer quelques vues prise à l‘hôtel Lutetia fraîchement rénové (2014-2018).
Cette fresque agreste d’Adrien Karbowsky, située au bar Joséphine (Baker) a nécessité plus 17 000 heures de travail à l’atelier de Ricou pour la dégager des couches de peinture sous lesquelles elle était ensevelie.
Voici quelques détails
Et l’on termine avec cette statue de Bacchus vue au parc de Saint-Cloud.