A la soupe !

C’est une tradition de nos terroirs, qui s’est bien perdue mais qui vit encore dans nos souvenirs, la soupe de vin sucrée au pain. On  l’appelle miot ou miotte en Touraine, nous rappelle l’ami Armand. Mais aussi bijane en Anjou, mijet en Poitou (ou mijhot), trempée, trempine en Vendée, trempusse en Bourgogne, tosti en Provence, Rôtie quand elle est chaude (en poitevin, on demandait :  « É-t-o de la trempaïe ou de la routie ? comme est-ce du lard ou du cochon).

Soupeauvinsucre

Elle rafraichissait les travailleurs dans les champs.

Sganarelle en prescrit à une fille muette dans le Médecin malgré lui, car   “Il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler ; ne voyez-vous pas bien qu’on ne donne autre chose aux perroquets, et qu’ils apprennent à parler en mangeant de cela ?

Peut-être pour cela l’appelle-t-on soupe au perroquet en région bordelaise ?
La recette est simple : vin rouge, un peu d’eau, sucre ou miel, pain rassis.

Miot, miotte, miget viendraient de mie (de pain). Tremper signifiait mélanger au 13ème siècle ds liquides, d’où les trempées,  etc. (cf. les mots de l’ivresse et du vin de Martine Courtois)

Les nostalgiques pouvaient aller à la fête du miget , chaque année début juillet à Coulon, dans le Marais Poitevin. Las, c’est fini depuis cette année ! mais la fête continue, annonce le Comité des Fêtes, et qu’on se rassure, « le miget, la grillée de mogettes et le préfou sont toujours au rendez-vous ! « 

Chapitre des fleurs au Musée du Vin

Ce samedi 19 mai nous fêtions la fleur de la vigne au Musée du Vin, entrainés par les Jeunes Echansons qui avaient choisi la Touraine de Balzac comme fil directeur.

Ce fut l’occasion pour cette noble Confrérie d’accueillir  dans ses rangs Guillaume Filiu, jeune homme passionné de vins dont la fréquentation assidue des clubs d’oenologie et l’animation de soirées du même tonneau impressionnent.Ce fut aussi l’occasion de mieux connaitre l’art du Compaignon Eric Meilhoc, promu au grade de Grand Officier. Ce grand parfumeur nous a fait la fleur de nous faire découvrir des odeurs envoûtantes de productions animales utilisées en parfumerie comme l’ambre gris, le musc, le castoréum et la civette.

Ceux qui n’auront pas tout retenu ou pas pu assister gagneront à lire l’article sur la composition des parfums publié sur aromastyle : on y apprend que l’ambre est produit par par le cachalot, le  musc par le chevrotin porte-musc (cervidé asiatique),

le castoreum par le castor bien sûr, et la civette par ..la civette.

Un quizz fut ensuite proposé, où il fallut savoir le nom courant du cépage Balzac noir, par exemple. Ou encore les points communs entre Claude Josse, Grand-Maître des Echansons de France, et Honoré de Balzac.  Il y en a ! Il fallut aussi reconnaitre deux vins servis à l’aveugle. Voici les fiers gagnants.Le repas faisait la part belle aux produits du terroir ligérien : rillons, boudins, rillettes, tourtes, saumon, chèvres… accompagnés des vins choisis par la Grande Pipetière : sauvignon, cabernet franc, gamay, chinon blanc moëlleux. En a-t-elle profité, astreinte à corriger les copies du quizz tandis que tous se régalaient ?

Le Génie du vin

Voici un winewomanshow, qui ne peut pas laisser indifférent les lecteurs du bon clos. Ecrit et mis en scène par Michel Thibaud, c’est un festival de jeu de mots et d’à peu près, la magie d’un génie sortant de sa bouteille et la laissant en mille… meursaults, 3 copines en bisbille à cause d’un saint-amour : tu madiran tant !Dans sa belle robe rouge (de la haute biture !) Sylvie, nous accueille aux accents de « c’est beau la petite bourgeoisie qui boit du champagne« . Incarnant tour à tour les 3 copines Margaux, Vouvray et Fleurie, elle égrène ces trouvailles avec un sourire complice, allant jusqu’à « traduire » pour les néophytes qui n’ont pas compris, car pas assimilé le copieux lexique remis à l’entrée.Nonobstant les gorgées qu’elle avale avec ferveur (ce Pommard m’a tuer !), Sylvie, par ailleurs ministre de l’oenologie de la République de Montmartre, tient sa salle qui le lui rend bien en buvant goulûment ses paroles. Mais gare aux bavards, retardataires et autres importuns, impitoyablement remis à leur place. Sinon je minervois !Des gorgées, le public qui se pressait ce mardi 26 mars  au petit Gymnase eut l’occasion d’en boire, car une dégustation exceptionnelle était prévue ce soir-là en l’honneur du « Sans Fourchette« , projet innovant de l’association « Mémoire et Santé », destiné à favoriser la convivialité avec des personnes souffrant de troubles neuro-végétatifs en servant des bouchées à prendre avec les doigts.

Et il y en avait d’exquises !

Merci  aussi au domaine du Cassard et à la cave de Turckheim qui firent goûter leurs crémants et vins tranquilles. Avec une mention spéciale pour les côte de Blaye Prestige (blanc 2018 et rouge 2017) puissants et gouleyants. Ah ! mais !    Et merci aux échansons qui servirent sans mollir les amateurs.Le Génie du vin, chinon rien ! Allez y, c’est tous les mardi soir au Petit Gymnase.

l’ébauchoir

Dans ce bistrot du 12 ème près du faubourg saint-antoine,

la carte est réduite mais recèle une pépite : le porc capelin mariné qu’on ne saurait trop recommander, accompagné par exemple d’une bouteille de Los Ribos 2016, du domaine Yohann Moreno dans les Corbières, un assemblage carignan-grenache-srah-mourvèdre très réussi.Quelques oeuvres exposées mettent de bonne humeur, comme ce Nectar

ou encore ce sommelier 3D

L’Ile de France à l’honneur au Chapitre de la Saint Vincent des Echansons

Pour leur 65ème anniversaire, les Echansons avaient mis les Provinces de France à l’honneur, et d’abord l’Ile de France dont on oublie trop la contribution aux produits du terroir.
C’est ce qu’a rappelé l’ami Jean-Michel Besancenot, de l’Académie de l’agriculture, chevalier de la Confrérie du Brie de Melun :

par sa production de céréales, l’Ile de France est la première région boulangère de France ; il en est de même pour la production de cresson ; sont réputés aussi la poule de Houdan (la plus proche de nous avec ses cinq doigts, on ne peut en dire autant des ovins « Ile de France » , race sélectionnée au 19ème siècle par croisement de mérinos de Rambouillet et de béliers anglais,  à la conformation parallèlèpipédique, l’encolure courte, la face blanche dépourvue de laine, le nez dépigmenté, le toupet blanc sur le front, les oreilles portées horizontales à semi dressées, la toison fermée -mèches carrées d’égale longueur)les champignons et le jambon de Paris, et bien sûr les AOP Brie de Melun et de Meaux, sans oublier le Brillat-Savarin (IGP) dont la zone de production va de la Seine et Marne à la Saône et Loire.Ci-dessus l’assortiment d’entrées issues de ce terroir que les convives ont pu déguster. Les plats suivants honorèrent aussi la Normandie et ses coquilles saint-jacques, servies avec un Suresnes 2017 « les terrasses de Guillaume », un chardonnay bluffantet l’Alsace et son coq au riesling.
Les fromages furent servis avec un magnifique Givry 1er cru 2016 clos charlé du domaine MoutonMerci à l’équipe du caveau des échansons (musée du vin) qui nous servit cette fine cuisineet bien sûr à la grande Pipetière Monique pour ses choix avisés.
Merci également au Souffle de Bacchus, préalable obligé aux agapes
qui outre ses chants bachiques et de terroir offrit un hommage au maestro Jacques Offenbach dont on célèbre cette année le bicentenaire.A table avec les choristes, on reconnaitra ci-dessus à droite le pianiste René Andreoni et la chef de choeur Marie Françoise Bourdot (ci-dessous gratifiée d’un magnum du château Labastidié par le Grand-Maître Claude)Un Chapitre est un Chapitre, il y eut donc des intronisations de nouveaux Echansons, comme notre ami Jacques de la Confrérie Saint-Vincent d’Issy les Moulineaux, et des promotions comme celle de ce fier Grand Officier ci-dessous, accordées par le grand Maître dans sa grande pitié.

Qu’ils et elles le méritent !

Des huîtres au menu…

On mange des huîtres depuis l’Antiquité, les accompagnait-on alors de vin blanc comme on l’aime à le faire de nos jours ? Elles sont en tout cas aujourd’hui un incontournable de nos agapes de fin d’année.

Rendons grâce à la journaliste Ophélie Neiman (alias miss Glouglou)  qui a publié récemment dans le Monde le tableau de Jean-François de Troy « le déjeuner d’huîtres » qui date de 1734-5.Le tableau fourmille de détails savoureux, comme le bouchon qui saute de la bouteille (c’est bien du Champagne !), la glacière où les flacons sont stockés,

les buveurs remplissant les verres, mirant la robe du vin, etc.

Cet article de blog en dira plus.

Le sujet a inspiré d’autres peintres, comme Gonzales Coques (1614-1684, anversois)

Jean Raoux (1677-1734, de Montpellier)

Gabriel Metsu (1629-1667 néerlandais)

ou encore Richard Brakenburgh (1650-1702 néerlandais)

Au marché gourmand

Qu’allaient donc faire, ce samedi 13 octobre au marché gourmand organisé par la municipalité et la Confrérie Saveur et Terroirs, parmi les viticulteurs patentés, producteurs de navettes,  de miel, de fouaces, de fromages,  foie-gras et autres produits du terroir, les vignerons de l’association des  amis du Clos de Clamart ? Présenter ses crus, le gris clos de clamart et le blanc clos franquet, les faire déguster, certes. Mais encore, puisqu’on ne peut  bien sûr les vendre ?

Le Président Marcel avait trouvé la parade : on allait faire une loterie. Ainsi les clamartois, pour une somme modique, pourraient acquérir, la chance aidant, une de ces bouteilles emblématiques de notre commune.

Le succès dépassa toutes les espérances. Par dizaines les clamartois, rameutés par le micro de l’animateur que des coups de corne de brume avertissaient à chaque gagnant, se présentèrent au stand, certains heureux gagnants revenant même plus tard avec parents ou amis.

Cela ne les empêcha pas, bien au contraire, d’acquérir auprès des viticulteurs présents, comme le chinonnais Berton (dont on a bien apprécié les cuvées nadine et constance),

des crus de nos beaux terroirs. Ils l’ont bien compris, ceux qui nous ont généreusement abreuvé et que nous remercions (ainsi que Guy Guénerin pour les photos).