Au petit Trianon

Construit en 1762 à la demande de Louis XV, ce petit château de plan carré est reconnu comme un chef d’oeuvre du néo-classicisme naissant…

Construit sous Louis XV, inauguré par la comtesse du Barry, il fut plus tard offert à Marie-Antoinette qui en fit sa maison de campagne, avec ferme, hameau, jardin à l’anglaise et à la française etc.

Voici la vigne :

et une longue et jolie tonnelle :

Ce tableau de Noël Hallé (1776), aux détails truculents (voir le putto qui boit à la paille dans une jarre) orne la salle à manger du château,

(Ce peintre que décriait Diderot a peint aussi un Triomphe de Bacchus qui se trouve à Rouen)

L’on peut aussi voir ce miroir bachique monumental :

tablées de singes et de suisses

Qu’on nous pardonne ce rapprochement purement anecdotique, ce sont deux tableaux vus au musée d’Orsay qui en sont la cause.

L’un le banquet darwinien préhistorique, du peintre très prussien Paul Meyerheim peut être vu à l’expo « Origines du Monde ».

Né en 1842 dans une famille de peintres, portraitiste et paysagiste, il se spécialisa dans la peinture animale.

L’autre, le joueur d’accordéon en compagnie (vers 1905), est du suisse Max Buri. Gesundheit !

Né en 1868 à Berthoud, c’est l’un des principaux représentants de l’avant-garde moderniste suisse à la fin du XIXème siècle.

Et pour conclure, voici une pendule vue chez un antiquaire du Palais-Royal, représentant un putto chevauchant un chien vendangeur.

Dames de la Halle

Oublié le confinement, la foule avait envahi ce dimanche de Pentecôte les rues du Marais où la Halle des Blancs Manteaux avait rouvert ses portes pour accueillir de nouveau l’ Expo4Art et 70 artistes et créateurs.

Parmi ceux-ci deux dames.

Michèle Pincemin peint des aquarelles surréalistes et colorées, elle illustre aussi des livres pour enfants.

A qui s’adresse celle-ci ?

Françoise Minet, portraitiste belge, était là elle aussi. Ce tableau a retenu notre attention.

Un peu plus loin nous avons retrouvé Germain Henneka, rencontré en septembre dernier. Ses tableaux de verres ayant du succès, il a poursuivi dans cette voie.

Loth et ses filles

C’est le décès tout récent du peintre Walter Spitzer qui nous conduit sur ce thème biblique, où ivresse rime avec inceste.

Le vieux Loth, neveu d’Abraham, fuyant Sodome vouée à la destruction, ayant perdu sa femme changée en statue de sel pour s’être retournée afin de voir la ville en flammes, est saoulé par ses filles qui, désespérant de trouver des époux, décident d’abuser de lui pour lui donner une descendance. L’une donnera naissance aux Moabites, l’autre aux Ammonites.

Loth et ses filles, par Walter Spitzer

Walter Spitzer, juif polonais déporté à 16 ans, que son talent de dessinateur (il fut protégé par ses camarades dans les camps pour plus tard témoigner) et sa résistance extrême aidèrent à survivre , fit sa vie en France, s’y illustra comme peintre, sculpteur (il est l’auteur du monument commémoratif à la rafle du vel d’hiv) et illustrateur.

Il faut salué par les plus grands. Pour Joseph Kessel, ce fut un coup de foudre :

 » Un monde à la fois réel et fantastique, construit avec rigueur et pourtant léger comme un conte avec ses enluminures d’Orient, ses nàivetés de folklore, la crudité de l’étal, la vagabonde liberté des’ nomades, les grâces d’ûne noce villageoise.  Un monde chaud, léger, éclatant, presque féérique mais tenant solidement à la terre par la densité des champs et des pierres, la tendre sensualité des chairs et un sens étonnant de l’humain … « 

Des générations de peintres ont mis l’ histoire de Loth en images. On trouvera sur le site du musée virtuel du vin les reproductions de dizaines d’oeuvres sur le même thème, comme celle-ci de Marc Chagall (1931)

La version d’Otto Dix (1939) (détail)

Les lecteurs du bon clos reconnaitront le style de Jean-François de Troy (1745) dans le tableau suivant

Remontant le temps, voici la version de Rubens

et celle de Le Guerchin (1651)

On s’arrête là ! On pourra lire toute l’histoire racontée sur un ton décalé et en tableaux sur le site « mieux vaut art que jamais ».

Peintres vus aux Puces

En parcourant le marché Dauphine aux Puces de Saint-Ouen, nous sommes tombés sur ce tableau surprenant.

Graâce à la recherche d’images de Google, nous avons pu identifier son auteur : il s’agit de Christophe Blanc, un peintre qui expose notamment à la galerie Sebban. C’est un peu « space », comme on dit, dans le style expressionniste. En voici deux autres vus sur place.

Un visite du site de Christophe Blanc, et notamment la série des « affables », laisse entrevoir un monde masculin de convivialité, de célébration, à vrai dire un peu inquiétant. Ses personnages boivent, chantent, attendent… on ne sait quoi.

Plus douce est l’atmosphère des tableaux de Fatka, vus au marché Serpette, qui nous transportent un siècle en arrière dans l’atmosphère des bistrots parisiens.

Fatka est une artiste russe, une portraitiste. Reconnaitra-t-on celui-la ?

Voir ici sa photo galerie.

Aubrey Beardsley

C’est un grand dessinateur britanique qui est actuellement à l’honneur au Musée d’Orsay. Il vécut brièvement, connaissant cinq années de succès (1893-97) avant de mourir prématurément de la tuberculose. Il est vu comme un précurseur de l’art nouveau.

Beardsley vers 1895

D’un style unique, élégant, très reconnaissable, il a illustré en noir et blanc recueils de poésies et pièces de théâtre, scandalisant souvent la bonne société victorienne. Voici une couverture du Yellow Book, revue de poésie et de dessins qu’il avait fondée.

Voici quelques autres images rapportées pour les lecteurs du Bon Clos. Ci-dessous Oscar Wilde en Bacchus.

Oscar Wilde en Bacchus

Oscar Wilde, rencontré chez le peintre préraphaélite Burne-Jones, l’avait encouragé à étudier à la Westminster School of Art. Beardsley illustra sa scandaleuse Salomé, censurée en Angleterre.

Cette « fat woman » attablée devant sa bouteille serait l’épouse du peintre James Whistler.

Touchante scène, avec un faune faisant la lecture à une jeune personne.

Voici une scène de vendanges un peu olé-olé..

A snare of vintage, dessin non publié

Ces personnages illustrent l’Histoire Véritable, un récit de voyage imaginaire de Lucien (de Samosate, 2ème siècle(sic) dont la première étape est une ile aux vignes magiques. Une histoire à raconter un jour…

Le fruit de la vigne est souvent représenté, comme ci-dessous avec ces majestueux porteurs et cette adulatrice.

Beardsley mourut à 25 ans à Menton, où il se soignait. Converti au catholicisme, il ordonna qu’on brûlât ses oeuvres licencieuses. Mais son éditeur n’en fit rien. Qui s ‘en plaindra ?

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Ne quittons pas le Musée d’Orsay sans jeter un coup d’oeil à l’exposition Léon Spilliaert, un flamand un peu inquiétant qui vécut à la même époque.

Un personnage féminin apporte une grappe de raisin à un homme au lit. Pourquoi ? Que va-t-il se passer ?

A l’expo4Art Halle des Blancs Manteaux

70 artistes présentaient ce week-end leurs oeuvres dans ce bel espace au coeur du Marais.

On pouvait y retrouver l’artiste pître (auteur d’une Cène mémorable vue il y a quelques années) et sa bande lors du vernissage vendredi soir, venu y présenter ses D(H)ommages aux Maîtres, série d’oeuvres dont un jeu proposait de découvrir les auteurs visés.

Mais on pouvait aussi y rencontrer dans le stand d’à côté Germain Henneka, un peintre un peu sonné par le charivari attenant. Les oeuvres qu’il présentait, mettant en scène des armées de verres à pied, ne pouvaient pas ne pas attirer notre attention. En voici quelques exemples.

Certains tableaux posent de sérieux problèmes de dénombrement !

On pourra en voir plus sur le site http://germainhenneka.simplesite.com

welcome bar

Germain Henneka, qui signe NK, est français mais vit et peint entre Paris et Amsterdam. Pas convaincu par la gastronomie néerlandaise (une sorte d’oxymore ?), il a développé cette fixation vers un ustensile qui permet au moins de se délecter de vin !

Merci Germain pour cette belle collection.

Retour à Pompéi

Retourner à Pompéi, c’est ce que l’on peut faire pendant tout l’été au Grand Palais avec cette nouvelle expo qui permet de découvrir les trouvailles des dernières fouilles. Les moyens modernes sont mis en oeuvre pour revivre l’éruption de 79 et découvrir en grandeur réelle la ville, ses villas, ses tavernes, ses fresques, ses graffitis….

Nous en avons rapporté quelques images bachiques.

Ariane et Bacchus sont les sujets de cette mosaïque qui vient d’être extirpée de la gangue volcanique au pied d’une fontaine d’une maison jusque là inexplorée.

mosaiquebacchusariane

Sur ces plaques faites de couches de verre camée bleu et blanc superposées, retrouvées dans le salon de la maison de Marcus Fabius Rufus, on retrouve le mêmes personnages.

camee1camee2b

Mointenant quelques fresques comme ce Bacchus sur son char

fresquechar

ou cette scène d’initiation dionysiaque dans la villa des mystères.

initiationdionysiaquevilladesmysteres

et la fameuse scène du bouc dégustant le raisin (voir aussi le léopard intéressé par le cratère sans doute empli de vin).

chevreetleopard

Ce cratère en bronze était doré à l’origine. On y mixtait le vin à l’eau et à des épices avant de le consommer.

cratere

Voici aussi une belle scène de banquet.

banquet

En ligne on peut en savoir plus sur les coutumes romaines et l’art de la commissatio (cliquer en haut à droite dans la video pour accéder directement à la 2ème video : les banquets à Pompéi, l’art de boire du vin).

 

 

 

James Tissot

Ce peintre (1836-1902) est à l’honneur pour 3 mois au Musée d’Orsay.

autoportrait (1865)

On verra qu’il a suivi de multiples voies, historiciste, japoniste, préraphaélite… et pour finir religieuse. Il connut assez tôt la réussite, en France dans les années 1860, puis en Angleterre où il s’installa après la Commune.

Mais c’est pour ses scènes de genre, fourmillant de détails dont il est laissé à l’oeil du spectateur de trouver le sens, qu’il intéressera surtout les lecteurs du Bon Clos.

Sur cette promenade embarquant sur la Tamise deux dames et un officier de la Royal Navy (the Thames, 1876), en pleine époque victorienne, c’est évidemment du côté des bouteilles de champagne en bas à droite qu’il faut chercher un sens qui a choqué la critique.

thethames

Cette « partie carrée » date de 1870. On y trinque, on y boit goulument. Moins crue que le fameux Déjeuner sur l’herbe de Manet, elle rappelle les fêtes galantes du siècle précédent et d’aucuns y trouvent un sens grivois.

partiecarree

Voici quelques buveurs de gnôle, ou de fine. A gauche, un capitaine et un jeune officier de marine, observant The Captain’s daughter (1873, détail)… A droite, une réunion du Cercle de la rue Royale (1866, détail)

Et nous voici maintenant  chez Ledoyen aux Champs Elysées, avec « les Femmes d’artistes » (1885, détail) se restaurant après un vernissage au Palais de l’Industrie. Un garçon débouche une bouteille…

femmesdartistes

Le faussaire espagnol

C’est le nom qui a été donné à un peintre des années 1890-1920 spécialisé dans la réalisation de fausses enluminures médiévales, dont le talent était tel que ses oeuvres ont fini par être recherchées en connaissance de cause. Son identité reste inconnue.

Voici quelques unes de ses réalisations, trouvées notamment dans les catalogues de ventes de Christies.

MakingandTastingWine

Le thème des vendanges et de la dégustation du vin est fréquent.

christiesmaking&tastingwinechoirbook15th

On peut penser à la Tapisserie des Vendanges, qui se trouve au Musée de Cluny.

On trouve également des scènes galantes comme celle-ci, intime, avec un harpiste,

harpiste

ou cette scène de groupe aux deux musiciens.

scenegalante

Et voici un triptyque où de jeunes pages dégustent en coulisse (à moins qu’ils ne se préparent à servir ?) tandis que les maitres reçoivent…

triptyque