Toscane – le retour

Nous voici de retour dans cette terre aux mille merveilles. 

Première étape : Forte dei Marmi, luxueuse station balnéaire encore en basse saison. Une exposition s’y tient qu’hélas nous ne verrons pas, non plus que ce tableau représentant le cortège de Bacchus, du napolitain Domenico Gargiulo, dit Micco Spadaro (vers 1609/1610-1675)

Le Cortège de Bacchus, vers 1650 Huile sur toile, 68 x 102 cm

A l’hotel de la Primula, ce porte-parapluie bachique nous interpelle

A Pietrasanta voisine, nous revient le souvenir d’un festival Vino & Arte. Il perdure, mais peu d’oeuvres font vraiment le lien entre art et vin. Ivan Theimer fait exception, avec cette grappe humaine.

opera di Ivan Theimer | museodeibozzetti.it

Ce tchèque d’origine n’en est pas à sa première évocation de la grappe, celle-ci, biblique, date de 1993

LA GRAPPE DE LA TERRE PROMISE Bronze, 1993 32 x 38 x 15 cm

Venons-en au fait(îte), à Florence.

Le bar à vin « Meno, Vini e Altre Necessita » mérite une visite.

Les bouteilles peuvent être bues sur place ou à emporter (les 2 prix sont sur les bouteilles), la cuisine  est du patron (tenter le « Pancia di maiale, anacardi e cavolo cappuccio »),  et -10% à qui laisse son téléphone sous la cloche pendant le repas.

Une autre bonne adresse : la Vecchia Bettola

Il y règne une ambiance joyeuse…

Vin à volonté (5€), pas un grand vin certes, du « vino rosso de toscana », mais qui accompagne bien le lampredotto,

et qui a ses amateurs, comme ce militaire attablé, croisé dans une rue du même quartier de San Frediano, sur la rive gauche de l’Arno.

Produit du street art, ce tableau peint sur un mur nous a frappé par tout ce qu’il exprime : le « petit caporal », la campagne d’Italie, l’expression volontaire, déterminée d’un que rien n’arrête, la pasta et la bottiglia di vino, et sous sa garde la Joconde qui veille aussi sur lui… C’est du grand « street art » signé GB. Qui est donc ce GB ?

Dans le même quartier, au Cenacolo del Santo Spirito, cette plaque de pierre des 8ème-9ème siècle provenant de Volterra représente une scène de vendanges.


et dans le cloître de la basilique du Santo Spirito, dans le »nouveau réfectoire », voici trois fresques représentant les noces de Cana, la Cène, et le repas chez Emmaüs. Un panneau indique que ces es fresques, peintes l’une à la suite de l’autre, occupent une surface de 70 m2, et ont été peintes en 1594 par Bernardino Poccetti . Elles ont été restaurées récemment.

De l’autre côté de l’Arno, le musée des Offices (Uffizzi) recèle bien des trésors. En voici quelques uns qui devraient intéresser les lecteurs du Bon Clos.

On commencera par ce jeune satyre aux grappes (marbre, romain antique)

Ce jeune Bacchus de Guido Reni, fin 17ème, bénéficie d’un cadre de circonstance

Plus ancien, le Bacchus de Caravaggio (fin 16ème) est archiconnu, » Carpe Diem » semble-t-il nous dire coupe en main.

Le banquet des dieux du romain Spadarino (vers 1625) : au centre Ganymède tient un plateau avec une coupe que Bacchus (de dos) remplit ; en haut à droite quelqu’un boit déjà…

Il manquait Venus dans le tableau précédent. La voici avec un satyre lui apportant des raisins

 (Annibal Carracci, 1587)

Un néerlandais maintenant : Gherit von Honthorst et son souper au joueur de luth (vers 1620)

Et voici maintenant un repas de noces, du même auteur. La mariée va-t-elle saisir le verre qu’on lui tend ?

Dans une toute autre veine, voici l’ivresse impudique de Noé par Andrea Pisano (vers 1343) sculpteur, orfevre, architecte…

Les temps changent, ce caviste a lâché l’affaire, remplacé par un imprimeur. Autre métier de presse…

Art déco, Art shopping, promenades parisiennes

Pas grand chose pour le Bon Clos à l’expo Art Déco qui se termine ce mois-ci au musée des Arts Décoratifs, si ce n’est ce solide verre à pied, soufflé et émaillé de 1913, qui fleure encore l’Art Nouveau

et ce service « Ambassador » en verre soufflé de l’autrichien Oswald Haerdtl qui date de 1925, et d’un verre si fin et frêle qu’il serait prudent de le garder sous clé.

On peut y voir aussi cette jolie affiche vantant le Pivolo (1924), un apéritif « aux vins de France » qui n’a pas fait long feu (semble avoir disparu dans les années 40). L’auteur, Adolphe Mouron Cassandre, y a représenté une pie et un verre de vin rouge dans un style géométrisé bien à la mode Art Déco.

Va-t-on se refaire au salon Art Shopping au Carrousel du Louvre ? Il fait petite figure avec un seul salon ouvert.

Ce portrait d’un anglophile se promenant verre en main à New York City, présenté par la galerie Makowski, est de Fernando Silva (alias bacchusbysilva)

Minima Moralia de Michel Turbiaz pose la question : la morale minimale (référence au philosophe allemand Theodor W. Adorno) de notre société tiendrait-elle dans ce petit verre bleu ou n’en remplirait-elle que le fond ?

Screenshot

Cette photo (Searching for a beautiful you) a attiré notre attention, non tant pour la célébrité (?) qu’elle représente que pour les curieux verres

et celle-ci, de l’ukrainienne Oksana Wagner, est inttitulée Salt & Fire, pourquoi ?

Elle représente l’acteur Stephen Manas se désaltérant face à la mer. Prosecco !

Le musée de la vie romantique fraichement rénové attendait notre visite. Une jolie vendangeuse nous y attendait :

Nous y avons vu aussi cet éventail finement décoré

que boivent donc ces dames ?

Nous terminons cette promenade parisienne à la Mouffe où nous découvrons cette frise:

Quelques buveurs

Voici quelques sculptures et figurines collectées sur des sites de vente en ligne comme Drouot.com. On se souvient de celles du sculpteur géorgien Levan Bujiashvili découvertes il y a quelques années, portant carafe d’une main et coupe dans l’autre.

Cette figurine en argent représente un buveur de vin. Elle mesure 12 cm. (Italie, 20ème siècle).

Cette sculpture en bronze ( hauteur 32 cm) est intitulée *Le Buveur*, elle est de Pasquale Fosca, sculpteur italien (1852-1929)

Voici les 3 buveurs, terre cuite patinée (42 x 34 x 20 cm) d’André ROZAY (1913-1991), céramiste à La Borne,  l’un des artisans du renouveau de l’art céramique français.

Une autre oeuvre en céramique de Fernando Botero (1932 Medellín – 2023 Monaco-Ville) – Sans titre (Le buveur)


et deux bas-reliefs en bois formant pendant, personnages masculins (un buveur et un artisan?). XIXème siècle

 Et maintenant quelques tableaux :

Buveur de Crijn Hendricksz Volmarijn (1601, Rotterdam – 1645,) influencé par Caravage
 Buveur de Viktor Schivert, (Iași 1863 – Munich 1929, un peintre roumain de scènes historiques et de nus ayant vécu principalement à Munich.

Encore un Buveur de vin, Pays-Bas 18e siècle, inspiré de Frans Hals

et celui-ci, signé Rosier (Jan-Willem ?)

Et pour finir, voici une Bacchanale de Pierre Bagnan-Bernard (1880-1950), peintre provençal.


Theodor Rombouts

Nous avons déjà rencontré ce peintre anversois du siècle d’or et ses joueurs de cartes (voir la virée belge), mais voici que notre ami néerlandophone Daniel  le remet sur notre chemin avec cet Echanson (Allégorie de la tempérance, vers 1630) exposé au MUba Eugène Leroy de Tourcoing.

Certains y voient une aiguière dont se déverse un liquide coupé d’eau, justifiant cette référence à la tempérance. Mouais. Un autre y voit « une composition à la fois élégante et morale, où le geste mesuré du serviteur illustre la vertu de la modération, chère aux humanistes du XVIIe siècle ». (voir l’article de Florian Terryn sur le site les plats pays) . Ca s’entend.

Theodor Rombouts, disciple du Caravage, est également l’auteur de ces personnages mangeant et buvant autour d’une table (1634)

(Figures eating and drinking around a table)

et de cette « compagnie musicale » où une femme porteuse de fruits brandit une coupe de vin rouge destinée au musicien ?

Voici son portrait par Van Dyck en 1632.

et une gravure du même.

Né en 1597, Rombouts meurt en 1637 à 40 ans.

De Leipzig à Berlin

Nous voilà repartis vers l’Est, sur le traces des Anciens.

Depuis la voie ferrée aux alentours de Wurzburg, en basse Franconie, on longe le vignoble. Est-ce là que l’on produit le célèbre vin de Stein dans sa « bockbeutel »?

Nous sommes au pays de Johann Wolfgang von Goethe, qui déclama dans son Wanderlied

Là où nous buvons, où nous aimons, est un riche et libre monde

Leipzig, au carrefour de la Via Imperii, qui menait de Rome à la mer Baltique, et de la via Regia, menant vers l’est vers Kiev, Vilnius et Moscou, et vers l’ouest vers Paris, Bordeaux et l’Espagne, est très tôt devenue une Messestadt, une majeure ville de foire.

La ville a été largement reconstruite après la guerre. Le Speckshof abritait et abrite encore le plus ancien passage de la ville. « Messepalast Specks Hof
Construit dans les années 1908–1911 d’après les plans de l’architecte E. F. Hänsel, comme premier nouveau bâtiment de foire de Leipzig avec passage  commercial. Nommé d’après le marchand et collectionneur d’art Maximilian Speck,qui acquit en 1815 le grand magasin situé au même endroit. Après de graves dommages de guerre, la reconstruction débuta en 1947. Réaménagement du passage en 1982/83« 

le specks hof dans les années 1900

Le voici après reconstruction

Rénové dans les années 90,

Screenshot

on peut maintenant y voir cette fresque murale

Autre lieu intéressant, Auerbachs Keller, cinq fois centenaire,

temple de la tradition culinaire germanique.

« En 2025, la cave Auerbachs Keller de Leipzig fêtera un anniversaire particulier : 500 ans de tradition et d’histoire ! En 1525, le Dr Heinrich Stromer von Auerbach, médecin et professeur d’université de Leipzig, eut l’idée révolutionnaire de servir du vin aux étudiants dans la cave de sa maison. Ce faisant, il posa les bases de l’une des auberges les plus anciennes et les plus célèbres d’Allemagne. Aujourd’hui, la cave Auerbachs est un symbole vivant de la ville et un lieu de rencontre culturel dont l’histoire est inextricablement liée au célèbre poème « Faust » de Johann Wolfgang Goethe. » (communiqué de presse)
Le docteur Faust, personnage semi-légendaire, s’y serait tenu à cheval sur un tonneau en 1535, « dans un épisode héroï-comique immortalisé par une peinture sur bois accompagnée de six vers narrant ce haut fait« . On y trouvait deux peintures sur bois datant de 1625 : Le docteur Faust lors d’un festin d’étudiants et Le docteur Faust chevauchant un tonneau de vin. Ces représentations ont directement inspiré Goethe pour la scène ultérieure.

(lire la scène sur Wikisource dans la tradition de Nerval, p 84 et suivantes)

Ce que l’on peut y voir aujourd’hui

Aux murs, des buveurs de cave

et des assemblées d’hier et d’aujourd’hui.

Ich hätte Lust, nun abzufahren. (J’aurais envie de partir maintenant.)
Faust 1, Szene Auerbachs Keller

Le musée des beaux arts de Leipzig recèle quelques belles choses.

Voici Le Christ à l’Olympe, de Max Klinger, refusant la coupe de vin offerte par Dionysos, scène fantastique et qui peut sembler anachronique (mais après tout les dieux sont immortels) où se confrontent la jouissance aimée des dieux gréco-romains et le sacrifice chrétien.

Voici aussi un mignon paysage de vignes (vendanges sur les côteaux de Sèvres), de Camille Corot (1872)

et des scènes de genre hollandaises du 17ème siècle

détail du joueur de flute Dirck Hals
Le joueur de flûte, Dirck Hals 1635
auberge Egbert Vander Poel 165x (détail)
musiciens Pieter de Hooch 166x
auteur hollandais 1670

Ne quittons pas Leipzig sans un regard sur une belle collection d’étiquettes de bière, collée sur une armoire métallique, vue au musée de la ville dans l’ancien Rathaus.

Leipzig n’est qu’à une heure de train de Berlin, où nous attendent d’autres merveilles.

Quel plaisir de retrouver, à la Berlinische Gallerie (musée d’art moderne), Lovis Corinth, dont nous connaissons les Bacchanales!

Ce « Bacchant » fait partie d’un cycle de onze peintures du « Katzenellenbogen Cycle » (d’après le nom de la collectionneuse Estella K.) que la BG a l’ambition de réunir.

C’est en effet un thème cher à Lovis Corinth, comme le montre ces autres oeuvres

Mais c’est à la Gemalde Galerie que l’on fera la plus belle récolte.

On y trouve de nombreuses scènes de genre du siècle d’or néerlandais, représentant de joyeuses compagnies

Ce buveur là n’est pas joyeux, son verre est vide !

Le buveur de Jacob Backer vers 1634
les 3 musiciens de Diego Velasquez

Jouer de la musique n’empêche pas d’avoir soif

joueurs aux cartes non plus

les tricheurs, Wouter Crabeth II, après 1626

Des messieurs font boire des jeunes personnes,

Ici ce sont de jeunes personnes qui font boire un vieux monsieur (Lott et ses filles, de Joachim Wtewael, 1610 ; et un fragment d’un tableau de Hans Baldung, dit Grien 1520, où l’on ne voit plus que Lott)

Voici aussi des scènes de groupe dans des tavernes et maisons plus ou moins bien tenues

On finira la visite avec ces natures mortes aux bouteilles de l’alsacien Sebastien Toskopff (1597-1657) et au verre de vin d’Anne Vallayer-Coster (1744-1818)

et avec cette fête de Bacchus de Pieter Brueghel le Jeune et Henrick van Balen l’Ancien (avant 1632) illustrant l’antique adage : « sans Cérès et Bacchus, Vénus a froid ».

CHAP

Une étiquette originale vue chez un caviste, et c’est la découverte d’un artiste peu commun : Christophe Heymann, alias CHAP (Christophe Heymann Artiste Peintre)

Une façon imagée de rendre hommage à Christophe Coquard, « artisan négociant » en Beaujolais et Mâconnais, dont cette cuvée « tape-à-l’oeil » pourrait accompagner harmonieusement des cervelles au beurre noir…

Chap, fils du peintre Georges Heymann, a commencé sa carrière dans le vin mais a toujours voulu peindre, ce à quoi il se consacre à temps plein depuis 15 ans. Pas étonnant donc que nombre de ses oeuvres nous parlent, ici au Bon Clos. En voici quelques unes trouvées sur le site christophe-heymann.com. On y croisera des vignerons, des confréries, et des amateurs de vin !

Chap réside à Clermont-l’Hérault, où il expose régulièrement. Sa marque de fabrique, son style ce sont ces tableaux de vie®, sortes de biographies en peinture. On dit que de nombreuses maisons bourguignonnes lui en ont commandé.

A suivre….

Fritz Wagner

Nous connaissions Eduard von Grützner, nous découvrons, au hasard de nos pérégrinations sur le Net, Fritz Wagner, un peintre bavarois (1896-1939) qu’il a visiblement influencé. Comme lui il a représenté des moines amateurs de vin à la bonne vie…

Le Cardinal entouré de moines à la bibliothèque du cloître
Une lecture intéressante
ein guter Schluck

Né à Munich, il y a vécu, ainsi que sur Frauenchiemsee ( l’ile aux femmes : des bénédictines) voisine.

« Wagner fut l’élève de Karl Roth et Robert Seitz à Munich et fut influencé par Hiasl Maier-Erding. Il entreprit des voyages d’études en Italie, en Hongrie et en Roumanie. « 

C’est aussi un spécialiste des scènes de genre à la manière hollandaise. En voici quelques uns représentant des « civils ».

Et maintenant, une série de buveurs éclairés

Finissons avec ce dégustateur d’huîtres, tableau sur isorel en vente à Nice ces jours-ci.

Prost !

lansquenet (Landsknecht bei Wein trinken)

Et pour ceux qui voudraient en voir plus, voici un lien.

Vous avez dit… anachronisme ?

Voici un tableau rapporté de Naples par l’ami Alain : c’est une représentation contemporaine (2020) des Noces de Cana.

L’auteur est Stefano di Stasio, un « formidable créateur de paradoxes visuels, de duperies, de mystères, d’énigmes qui se cachent dans la réalité apparente, quotidienne. », nous dit la galerie placido.com

« Stefano di Stasio (Naples, 1948) est considéré comme l’un des artistes les plus importants du mouvement anachronisme et l’un des protagonistes des artistes qui sont revenus à la peinture qui a caractérisé les vingt dernières années du XXe siècle. » apprend-on sur artsper.com

L’anachronisme en art n’a rien de nouveau, on pourra consulter l’ouvrage de Robert de la Sizeranne (1894) sur Wikisource pour s’en convaincre. On peut le voir de deux façons : représenter la scène antique et légendaire avec des personnages portant des habits modernes, voire dans des décors modernes ; ou tout simplement représenter ce genre de scène au 21ème siècle, à la manière des maitres anciens…

Ce tableau-ci, manifestement inspiré par les pélerins d’Emmaüs du Titien, a été vu tout récemment en septembre 2025 au salon art3f à Paris.

Son auteur est la peintre estonienne Sanda Mezeka, qui vit et travaille en Suisse. « Ancrée dans la tradition, inspirée par l’éternel » est son motto.

Bien plus moderne ce petit tableau signé W, vu dans la même expo ?

A Turin

Belle ville que Turin, capitale du Piémont, et du défunt Duché de Savoie, puis brièvement de l’Italie. A six heures de train de Paris, elle offre au visiteur bien des attraits, et mérite le voyage.

Turin, Milan, Gênes et Venise en PLM depuis Paris

La région est viticole et produit les plus grands vins d’Italie : le Barolo,  « le roi des vins, le vin des rois« , le Barbaresco, et bien d’autres comme le fameux Asti Spumante…

Il y a des restaurants partout. L’Angolo di Parîn est un resto traditionnel, idéal pour une mise en bouche ; son motto : « Ij antipast pì bon, ij primi d’la tradission, e Për ël dòss a-i é semper spàss« 

Il s’y trouve un curieux autel

Cette affiche d’Ernst Dryden y vante le champagne Veuve Devaux

Le Palazzo Reale abrite la collection Sabauda des ducs de Savoie , essentiellement des oeuvres des 14ème au 18ème.

Dans la salle des cuirassiers (anciennement des Dignités) on trouve ces allégories de Novara et Torino

Plus loin ces jolies scènes de taverne de David Teniers III et Pieter 2 Brueghel (détails),

et cette scène de bombance à table

Cette jeune hollandaise à sa fenêtre, une grappe de raisin à la main, est de Gerrit Dou (1613-1675)

voici des putti vendangeurs

ici un détail d’une tapisserie représentant Noé chargeant son arche

Et aussi ces deux représentations d’Ariane et Bacchus, celle-ci de Luca Demaret Dameret ?

et celle-ci de Giovanni Antonio Burrini.

Au palais Carignano est installé le musée du Risorgimento qui conte l’histoire de la formation de l’Italie moderne.
On change de siècle. Ci-dessous une litho du caricaturiste Dalsani, figurant le politicien Depretis champion du « transformisme ».

Du même auteur, cette affiche vantant CUPROL, produit à base de sulfate ce cuivre pour la vigne,

et cette publicité pour le grignolino de Callianetto (un vin de la région d’Asti) de G.Granero.

On ne quitte pas Turin sans faire un tour au musée de l’Auto, FIAT oblige !

Ici le vin est au service de l’auto, et vice-versa.

Mais gare à l’accident !

Chaque pays a sa façon de réagir, ci-dessus : la française (vue d’Italie).

Il y a aussi un musée du cinéma installé dans une grande tour, la Mole Antoniella. Vaut la visite !

On en saura plus sur les vins de la région et en particulier ceux d’Alba, où un séjour-découverte de vins s’est déroulé en mai dernier, en lisant l‘article paru sur le site de la FICB.

A la fête du vin de VRŠAC (Serbie)

Cette petite ville, chef-lieu d’un district viticole au nord est de la Serbie, dans le Banat serbe (occidental), organise chaque année une fête des vins début juillet. L’occasion de goûter les vins locaux, d’écouter des chansons du cru, et de faire de belles rencontres.

L’histoire de la ville est ancienne, et mouvementée, elle a plus d’un atout touristique.
Le vin y est attesté depuis 1494.

On peut voir ce triptyque de Vršac , oeuvre de Paja Jovanović (1859-1957), au musée municipal.

Voici aussi un tableau que l’on peut voir au domaine Helvecja, bâti par un suisse en 1880.

L’hotel Serbja arbore fièrement l’affiche du festival

et les bouteilles de vin local.

Sur l’allée piétonne où se tient le festival, on croise Vinko Lozic, un personnage  créé par Jovan Sterija Popovic dans son calendrier satirique , allégorie du citoyen bon vivant, protecteur des vendanges et mascotte de la ville.

sculpture de Zivko Grozdanic

En voici une incarnation publicitaire

On y fait bien d’autres rencontres et l’on peut déguster toute sortes de crus.

Pas de fête sans musique, les orchestres se succèdent sur la scène.

Voici quelques chansons typiques : » Kad čujem tambure, ja skočim na bure » (Quand j’entends des tambourins, je saute sur le tonneau) ; « Donesi vina, krcmarice Marko Nesic » (Apporte moi du vin, aubergiste »; et « Tamburica » (tambourin)

Kad čujem tambure 
ja skočim na bure, 
popijem litru dve, 
i pevam do zore. 

REF : Hej, haj vinca, ca 
vinca rumena, ha, ha 

Iz Vršca stiže glas 
u vinu leži spas, 
ko vino ne pije, 
taj nek se ubije. 

 Gospodin profesor 
izašo na prozor, 
i spazi bratiju 
gde pije rakiju. 

Quand j’entends des tambourins,
je saute sur le tonneau,
je bois deux litres
et je chante jusqu’à l’aube.

Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge, ha, ha,
Hé, hé, vinca, ça, vinca rouge.

Une voix vient de Vršac,
dans le vin se trouve le salut,
qui ne boit pas de vin,
qu’il se tue.

Monsieur le professeur,
est sorti par la fenêtre
eta vu le frère,
où il boit du raki.

Donesi vina, krcmarice,
rumenog kao tvoje lice.
Daj da pijem, tugu da razbijem.
Srce me bole, jadi ga more.

Rumeno lice, dve ruzice,
a oci carne zeravice.
Oko tvoje srce mi izgore.
Muce mene muke paklene.

Oj, Boze, Boze,sto je stvori,
da mlade momke muci i mori.
Celo selo za njom se zanelo,
i svi piju da jad razbiju.

Apporte-moi du vin, aubergiste,
rouge comme ton visage.
Laisse-moi boire, pour apaiser mon chagrin.
Mon cœur souffre, il est tourmenté par la mer.

Un visage rouge, deux roses,
et des yeux comme des braises noires.
Mon cœur brûle à ta vue.
Je suis tourmenté par les tourments de l’enfer.

Oh, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi l’as tu créée,
pour tourmenterles jeunes gens  ?
Tout le village est épris d’elle,
et chacun boit pour apaiser son chagrin.

Kad zasviram sa jaranima
ne dolazim kuci danima
od vina i pjesme poludim
cesto kraj druge se budim
i mnoge prespavam dane
zbog vina, ljubavi, kafane

Ref.
Sve zbog moje tamburice
vole me ljepotice
bila smedja ili plava
svaka mi je ljubav prava
kad se igra i pjeva
najbolje mi stoji garava

Idem kuci zora svanula
tambura mi kod nje ostala
ona nece da je vrati
zeli da joj opet svratim
doci cu sunce moje
najsladje su usne tvoje

Quand je joue de la tamburica
Je ne rentre pas à la maison
Le vin et les chansons me rendent fou
Je me réveille souvent chez les autres
Et je passe beaucoup de nuits dehors
À cause du vin, de l’amour, des cafés

Ref.
Tout ça à cause de ma tamburica
les belles me veulent
qu’elle soit brune ou blonde
chaque amour est vrai pour moi
quand on joue et chante
c’est là que je suis le mieux

Je rentre à la maison, l’aube est levée
ma tamburica est restée chez elle
elle ne veut pas me la rendre
elle veut que je lui rende la pareille
jusqu’à ce que le soleil se lève
tes lèvres sont les plus douces

Le soir, l’ami Nikola nous a emmenés chez lui, sur le coteau qui domine la ville. On boit en parlant poésie et en mangeant des spécialités serbes.

Nikola le serbe, et Janesz le slovène, amis par le vin

Nikola est le grand maitre de la confrérie bachique Saint Théodore, qui célébrait ses 20 ans. Dans son caveau il tient sous clé des bouteilles pour ses petites filles, lorsqu’elles auront l’âge; et quelques oeuvres à déguster avec les yeux…

Merci Nikola pour ton accueil !

Et adieu aussi à la Jelen…

Allez encore une chanson ! Vino i Gitare (Chanson d’Arsen Dedić et Gabi Novak ‧ 1970)

Vin et guitares Laisse-les remplir à nouveau ma nuit Ce vieux vin et ces guitares Des amis viendront ce soir
Vino i gitare Nek’ opet ispune mi noć To vino staro i gitare Večeras će prijatelji doć’

Laisse le temps s’arrêter Quand tout le monde se rassemble ici La vie d’un autre côté Nous resterons debout ce soir
Vrijeme neka stane Kad ovdje okupe se svi Životu s neke druge strane Večeras stajat’ ćemo mi

Laissons partir la jeunesse aussi La vie doit aller quelque part’ Des blessures même visibles tout passera
I mladost neka ide Život mora nekud poć’ Pa i rane što se vide Sve će proć’

Vin et guitares Je veux être chez moi ce soir Quand de vieux amis viennent Qu’ils ne trouvent pas de douleur dans mon cœur
Vino i gitare Želim noćas ja u domu svom Kad stari prijatelji dođu Nek’ ne nađu bol u srcu mom

La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la
La-la-la-la-la-la-la La-la-la-la-la-la-la