hans muelich

Voici un portrait, découvert par l’ami Claude à la Pinacoteca Ambrosiana de Milan, qui rejoint à bon droit la collection virtuelle du bon clos.

Attiré par le lumineux visage du modèle, l’oeil ne repère pas de prime abord le verre tenu dans sa main droite par ce personnage dont le nom ne nous est pas donné. (Le tableau est intitulé simplement Ritratto Maschile). C’est sans doute le plus ancien tableau représentant un buveur verre en main de notre collection.
Hans Muelich (1516-1573) est un des plus importants peintres munichois de l’époque.

 

Foujita

Pour ceux qui n’auraient pas pu voir à la maison de la culture du Japon, l’exposition Foujita, ce peintre japonais venu rejoindre la cohorte de Montparnasse juste avant 14, voici quelques images retrouvées sur le net car les photos sont interdites.

Ce tableau présente les 48 richesses de la France. C’est intéressant de savoir quelles sont-elles, du point de vue d’un japonais.Il faut le scruter en détail pour les découvrir. Il y a de tout, les métiers, la tour Eiffel,  les Champs Elysées, le Tour de France, la Joconde…
En haut à gauche, le Champagne !

Ces enfants boivent de la liqueur, semble-t-il ! Quant à celui-la, adossé à son tonneau, que représente-t-il ?

Voici un bistrot avec bien des bouteillesCe bric-à-brac incroyable est intitulé : je reviens de suite. Que fait là cette bouteille entamée ? Ci-dessous Au café, une des oeuvres les plus connues, nous présente une jeune femme au verre de vin.Voilà pour l’exposition. Mais n’en restons pas là et pistons Foujita sur le net.

Inspiré par la peinture religieuse, Foujita, qui s’est converti au catholicisme, nous a laissé aussi ces atypiques Vierges des Vendanges.

Celle-ci (ND des Vendanges, 1966) orne la chapelle Foujita (ND de la Paix) à Reims.  La Vierge au tonneau (1959) a été publiée par Sylvie Buisson dans son catalogue général de l’oeuvre de Foujita

de même que la Vierge des Vendanges (1964)

Voici encore une adorable jeune fille aux raisinsCette estampe est la contribution de Foujita au beau livre Vins, fleurs et flammes publié en 1952 par Bernard Klein

Dans la même veine humoristique, voici un sept péchés capitaux (alcool, amour, avarice, gourmandise, jeu, tabac et vol) vu par Foujita (l’alcool, 1928)

Vive le vin l’amour et le tabac

Voila bien un programme alléchant, quoique peut-être un peu daté en ce qui concerne le tabac. C’est aussi le titre d’un tableau de Clovis Trouille, peintre assez extravagant et un peu obsédé sur les bords, reconnu à son corps défendant comme surréaliste par André Breton qui le qualifiait de  » Grand maître de cérémonie du tout est permis « .

Connaissait-il le Chalet d’Adolphe Adam, opéra comique créé en 1834, dont une chanson proclame le même programme ?

Dans le service de l'Autriche
Le militaire n'est pas riche,
Chacun sait ça;
Mais si sa paie est trop légère,
On s'en console: c'est la guerre
Qui le paiera!

Aussi, morbleu! que de tout l'on s'empare!
Jeune beauté, vieux flacons et cigarre! ...
Vivent le vin, l'amour et le tabac!
Voilà le refrain du bivouac!

Dans les beaux yeux d'une inhumaine, 
De sa défaite on lit sans peine
Le pronostic;
Nulles rigueurs ne nous retiennent; 
De droit les belles appartiennent
Au kaiserlic!

Se divertir fut toujours mon principe; 
Tout est fumée, et la gloire et la pipe! 
Vivent le vin, l'amour et le tabac! 
Voilà le refrain du bivouac!

La voici chantée par Marcel Journet dans les années 1910, une basse magnifique

les amateurs apprécieront de comparer avec la version de Paul Payan

 

En fait le livret reprend un singspiel de Goethe, « Jery und Bately », où l’un des personnages proclame :
ein mädchen und ein gläschen wein
curiren alle Noth ;
und wer nicht trinkt und wer nicht küsst
der ist so gut wie todt
(une fille et un verre de vin guérissent tous les maux ; et celui qui ne boit ni n’embrasse, celui-la est comme mort)

Le livret francais de Scribe et Mélesville a rajouté le tabac !

la collection Campana

Pour ceux qui n’auraient pu visiter l’exposition Rêves d’Italie proposée par le Musée du Louvre en collaboration avec celui de l’Ermitage, voici quelques oeuvres qui ont toute leur place dans les collections du Bon Clos.Issu d’une lignée de directeurs du mont-de-piété à Rome,  le marquis Giampietro Campana fut au milieu du 19ème siècle un collectionneur particulièrement actif, mais indélicat, aussi, une fois  ses malversations financières découvertes, dut-il céder ses collections qui furent rachetées en grande partie par les empereurs de Russie et de France.

La collection couvre deux millénaires et nous commençons par ces « plaques Campana » en terre cuite qui date du début de notre ère.

Voici Dionysos enfant entre deux satyres

des satyres vendangeurs

et un cortège bachique

auquel participait peut-être Antinoüs, favori d’Hadrien

Dans cette sculpture, il n’y aurait que la tête d’antique, Campana pratiquant à merveille dans ses ateliers l’art du faussaire.

Voici aussi deux oenochoe (carafes à vin)

Survolons le temps et ous voici en pleine Renaissance avec ces panneaux de bois d’un peintre anonyme représentant vers 1510  Thésée, Phèdre, Ariane,  et Bacchus…

 

 

 

 

 

 

 

les noces de Cana

Transformer l’eau en vin, peut-on rêver plus beau miracle ! C’est ce que fit dit-on Jésus, son premier « signe » alors que « son heure » n’était même pas encore arrivée. Et en très bon vin encore, si l’on en croit l’unique narrateur Jean l’évangéliste, car les gens de la noce se seraient étonnés que l’on servît le meilleur vin à la fin plutôt qu’au début du repas comme on fait généralement.

enluminure extraite des grandes heures de Jean de Berry (1409)

Visualisons un peu la scène. « Ils n’ont pas de vin »(*), observe la mère de Jésus.
« Femme, que me veux tu ? Mon heure n’est pas encore venue« , réplique-t-Il.
Elle n’en a cure, comme presciente qu’Il ne peut laisser la noce dans l’embarras.
« Faites tout ce qu’il vous dira« , dit-elle à ceux qui servaient.
En effet, Il obtempère : « remplissez d’eau les jarres« , (il y en avait six) et « maintenant puisez, et portez-en au maître du repas« .
Et celui-ci goûta l’eau changée en vin….

(*)(comme dit le poète, être assoiffé d’eau c’est triste, mais faut bien dire que l’être de vin c’est encore vingt fois pire !)

Se non e vero, e bene trovato ! Une telle action d’éclat ne pouvait qu’inspirer artistes et mystiques. Aussi les représentations en sont-elles nombreuses. La plus fameuse en est bien sûr celle de Veronese (1563), qui pavoise au Louvre depuis le traité de Campo Formio.De cette grande composition, ce sont les détails qui sont intéressants. Plus de 130 personnages ! Au petit jeu de les identifier, nombreux croient reconnaitre les peintres fameux (Véronèse à la viole, Titien…) parmi les musiciens au premier plan, ou encore le sulfureux l’Arétin, auteur des sonnets luxurieux, parlant vin avec le même Véronèse debout de profil sur la droite. Va savoir !

Voici des représentations plus anciennes.

Extrait du plafond de l’église saint martin de Zillis (grisons, suisse) 12ème siècleCette peinture murale retrouvée en l’église Sainte Sophie de Trabzon (Trébizonde) doit dater du 13ème siècleVoici la version  du florentin Giotto, en 1306, à la chapelle des Scrovegni à PadoueDe Duccio di Buoninsegna, éminent peintre siennois, ce cadre en bois fait partie d’un grand retable conservé à Sienne, la Maesta (1308)Voici maintenant le brugeois Gérard David (vers 1460)

Ce petit tableau proviendrait de l’atelier de l’anversois Martin de Cleve (16ème siècle)Cette version de Maarten de Vos (un autre anversois) serait à la cathédrale d’Anvers (1597)Avec le bolognais Giuseppe Maria Crespi (vers 1686) les coupes sont vides et la tension est insoutenable. Mais que fait Jésus ?Bien plus tardives,  voici les versions des peintres Julius Schnorr von Carelsfeld (allemand, 1820)et Carl Bloch (danois, 1870) Concluons avec cette oeuvre résolument moderne de Philippe LasselinEt que ceux qui  n’en ont pas vu assez se le disent. Il y a en a toute une flopée sur Pinterest!

Des huîtres au menu…

On mange des huîtres depuis l’Antiquité, les accompagnait-on alors de vin blanc comme on l’aime à le faire de nos jours ? Elles sont en tout cas aujourd’hui un incontournable de nos agapes de fin d’année.

Rendons grâce à la journaliste Ophélie Neiman (alias miss Glouglou)  qui a publié récemment dans le Monde le tableau de Jean-François de Troy « le déjeuner d’huîtres » qui date de 1734-5.Le tableau fourmille de détails savoureux, comme le bouchon qui saute de la bouteille (c’est bien du Champagne !), la glacière où les flacons sont stockés,

les buveurs remplissant les verres, mirant la robe du vin, etc.

Cet article de blog en dira plus.

Le sujet a inspiré d’autres peintres, comme Gonzales Coques (1614-1684, anversois)

Jean Raoux (1677-1734, de Montpellier)

Gabriel Metsu (1629-1667 néerlandais)

ou encore Richard Brakenburgh (1650-1702 néerlandais)

Mirabilis

C’est l’exposition proposée au Palais des Papes d’Avignon pour mettre en valeur des oeuvres des différents musées de la ville.

Nous y avons découvert  » l’Automne, le Retour des Vendanges dans une ferme fortifiée »une grande toile verticale d’Hubert Robert, dont voici quelques détails :

scène généralela charrettevendangeuse

le tonnelierle pressoir   On a pu voir aussi quelques Bacchus en pied. Celui-ci en terre vernissée est debout sur un tonneau. Il date du 18ème mais fait étonnamment moderne. Ces deux-la sont en bronze. Bacchus enfant est du début 16ème,

le nain Morgante en Bacchus de Jean de Bologne, du 17ème.(Le nain Morgante était un favori de Cosme 1er de Médicis)

La scène qui suit illustre un chevalet de peintre et porte comme légende « de wijn ist een spotter« . On reconnait en néerlandais une citation des Proverbes 20.1 : le vin est insolent, l’alcool tapageur ; n’est pas sage celui qui s’en grise(d’après le comparateur biblique)Elle évoque  un tableau célèbre de Jan Steen, portant ce titre Finissons avec ce bas-relief vu au musée Calvet,  destiné à rendre accessible aux non-voyants ce « sur le zinc » de Vlaminck. Etonnant, non ?