des peintres russes

Nous avons déjà croisé Brioullov et Repine, voici quelques autres peintres de ce XIXème siècle russe que nous affectionnons.

Tout d’abord Ivan Khrutsky (1810-1885), un polono-russe né près de Vitebsk en Biélorussie, qui nous a laissé de belles toiles sur le thème du raisin.

Ces jeunes femmes et enfants nous rappellent la vendangeuse italienne de Brioullov.

De la même époque sont ces travailleurs de Demidov (Демидовские_рабочие) de Vassili Raev (1808-1871), arborant pipe et flasque devant un verre.

Ce repas au monastère (1876) de Vassili Perov (1834-1882) est saisissant par le tableau de la société qu’il présente : moines faisant bombance devant des gens du peuple appelant à l’aide.

De Proust à Signac

Le musée Carnavalet, musée d’Histoire ce la ville de Paris, a rouvert ses portes, après des années de travaux. On y trouve toujours ces enseignes de marchands de vins qui ont fait notre joie.

Actuellement on peut y voir une exposition sur le parisien Marcel Proust et son temps, celui des calèches,

des dandys et de l’élégance.

Dessin pour un éventail
la journée d’un homme du monde (détail), de Léon Gabriel Coffinières de Nordeck (1877)
Promenade le matin en voiture à cheval aux Champs-Elysées, ateliers d’artistes, achats, soirée à l’Opéra et jeux au Cercle….

C’était le temps béni des Folies.

Le Musée d’Orsay n’est pas bien loin, on peut y voir ce portrait de Robert de Montesquiou, inspiration dit-on du baron de Charlus, par Whistler.

Et pendant que nous sommes au musée d’Orsay, faisons un tour à la collection Signac où l’on peut voir cette très jolie coupe bachique du brillant céramiste André Metthey

et le buveur de Georges Seurat (crayon et gouache), qui n’était autre que son père Chrisostome-Antoine.

A quoi ressemblait le port de Saint-Tropez en 1908 ? le voici par par Jean Puy.

A la même époque les tonneaux roulaient quai Saint-Bernard à Paris.

Les chroniques parisiennes de Louis-Léopold Boilly

Au coeur du Marais le musée Cognacq-Jay est, comme le musée Magnin récemment visité à Dijon, un musée de collectionneur. En ce moment on peut y voir une exposition sur J.L. Boilly, ce peintre nordiste qui au tournant du 18ème au 19ème siècle, sut si bien représenter ses contemporains et la société parisienne.

Boilly adorait se représenter lui -même. Un joyeux drille dirait-on.

Il ne devait pas rigoler comme ça lorsqu‘il fut poursuivi par le Comité de Salut Public en 1794 pour obscénité, ne devant pour le coup son salut qu’à la visite de son atelier où s’affichait un Triomphe de Marat.

Le voici après son souper dans sa salle à manger.

Voici maintenant l’intérieur d’un cabaret.

La distribution de vins et comestibles aux Champs Elysées en 1822 est une grande toile, l’occasion de décrire le peuple de Paris dans sa diversité.

Les détails truculents se passent de commentaires.

C’était une tradition de l’Ancien Régime de régaler ainsi le peuple lors de la célébration de grands événements,( voir « une pinte de vin ou une poignée de mains« ), que s’est-il passé en 1822 ?

( Cette tradition fut abandonnée après la Révolution, mais rétablie sous l’Empire, objet des critiques des jacobins et de libéraux, et liquidée par le Préfet de Police en 1828 (cf l’urgence, l’horreur et la démocratie, essai sur le moment frénétique français 1824-1834 de Maïté Bouyssy, éditions de La Sorbonne ; chapitre 6 : sang impur : Boilly)

Portraitiste, Boilly était aussi graveur, voici quelques spécimens, comme la félicité parfaite…

et les réjouissances publiques (le retour des distributions, 1826)

Et voici une grappe de raisin. Ce joyeux drille, expert en trompe-l’oeil, était un grand artiste.

Pas moyen de quitter l’hôtel Donon, hôtel particulier du 16ème siècle où est hébergé le musée, sans aviser quelques terres cuites comme cette bacchante courant, de Clodion (1803-4), cette Cybèle « la mère de tout », de J-Ch.Morin, et ce buste de faune de Lemire (1785)

Au musée Magnin

Il est à Dijon, ville fière de ses climats de Bourgogne inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco,

un petit musée qui abrite quelques oeuvres qui devraient intéresser les lecteurs du bon clos.

Maurice (1861-1939) et sa soeur Jeanne Magnin (1855-1937), lui haut fonctionnaire, directeur de la banque de France, ministre.., elle artiste, critique et historienne de l’art, tous deux passionnés d’art, ont constitué cette impressionnante collection magnifiquement présentée dans un ancien hôtel particulier, l’hôtel Lantin, leur maison natale.

Commençons la visite avec ces deux terracotta fin 18ème, représentant Jupiter et Ganymède, et Silène ivre.

Un peu plus loin, nombreuses peintures hollandaises et flamandes ; voici une scène bachique du peintre liégeois Gérard de Lairesse (1641-1711)

Le festin des Dieux, de Jan van Bijlert (Utrecht, 1603-1671), a des airs de Cène.
On reconnait Dionysos avec son raisin, un satyre, mais aussi une figure christique (Apollon reconnaissable à sa lyre).

La femme au livre, de Bartholomeus Van der Helst (Haarlem, vers1598-1670) présente un poème de Jan Vos, un ami du peintre.

Jan Vos, par Karel Dujardin

Ce poème est un dialogue sur le vin, entre un homme qui vante la boisson de Bacchus et l’ivresse, et une femme qui rappelle les méfaits de l’intempérance et prône la modération.

Nous avons retrouvé ce texte en néerlandais dans un recueil de poèmes de Vos.

Wijns gebruik en misbruik.

ZANG. 
Wie ‘t nat van Bacchus wraakt betoont zich zonder reeden:
De wijn is wetsteen van het dof en stomp verstandt. 
De disch der wijzen ziet men staâg met wijn bekleeden.
De wijnstok wordt tot hulp van lijf en geest geplant.

TEEGENZANG.
Wie wijn tot noodtdruft drinkt wordt reedelijk gevonden:
Maar d’overdaadt betoont hoe Lot door wijn verviel.
Het gulzig zwelgen is de moeder aller zonden.
In overmaat verdrenkt men wijsheidt, lijf en ziel.

Qui nous en donnera une traduction de qualité ?

Voici maintenant l’enfance de Bacchus, de Jan Van Balen (Anvers, 1611-1654)

et l’allégorie de lAllégresse et la Mélancolie, d’Abraham Janssens (Anvers, 1575-1632)

On ne négligera pas Saint François adorant l’Enfant, d’Annibale Castelli (Bologne, 1573-1623), rare évocation du raisin dans ce genre de scène.

Cette tête en marbre représente l’automne

Ces carafes à liqueur sont des oeuvres de Jeanne Magnin

Cet tableau de Thomas Couture (1815-1873) ne porte pas de titre et laisse sur sa soif… ; il fait penser à son grand tableau « la décadence chez les Romains« 

un homme au lit tenant une coupe

Voici maintenant un paysage qui peut sembler banal avec son long mur.

paysage, effet de soir tombant, vers 1770 ; attribué àJean-Pierre Houël

Qu’y-a-t-il derrière et que voit ce promeneur ?

C’est un clos, pardi !

Non loin du musée Magnin, rue des bons enfants, on tombe sur le chat curieux, une librairie pour collectionneurs, où l’on peut voir ces charmantes gravures d’Antonio Santos :

Il y a aussi ces 4 ceps, de Joyce Delimata (encre de chine et lavis), une artiste qui vit en Bourgogne et s’intéresse au vin….

Parcourant la ville, on voit enfin ce joli portail.

A bientôt, Dijon !

Chéri Hérouard

Voici un illustrateur qui, après s’être intéressé aux livres pour enfants, a fait les belles heures des revues de mode et de fantaisies de l’entre-deux guerres, comme la vie parisienne (et dont le titre de l’opérette éponyme est tiré).

Il est né en 1881 à Rocroi (Ardennes), et nous en connaissions cette publicité pour les vins Viénot

En voici une autre, pour les vins Bichot

Celle-ci illustre un menu pour le Cognac Martell

Et celle-ci de 1924 promeut le Royal Provence (vin mousseux) pour célébrer une naissance peut-être ?

Aquarelle originale d’une illustration créée en 1924 pour le Royal Provence (Camis & Cie)

Voici encore deux scènes de vendanges

et une scène de taverne

Allez encore une, parue dans la vie parisienne en 1924, le roi boit !

Il faut boire ! le roi l’ordonne…
Mais l’orgueil trouble son cerveau.
Il y voit double et sa couronne
Se pare de fleurons nouveaux

Pour les amateurs, il y a un groupe Herouard sur Facebook.

On en saura plus sur Hérouard, le « génial coquin de Rocroi », sur le site de l’union.fr, journal local de la Marne et des Ardennes.

quelques toiles d’automne

Voici quelques tableaux vus dans des expos cet automne à Paris, et que l’on peut encore aller voir.

A la Fondation Louis Vuitton, on nous montre la collection des frères Morozov, deux riches industriels, commencée dans les années 1890, puis nationalisée en 1918 par le jeune pouvoir soviétique et ordinairement logée au musée Pouchkine à Moscou et à l’Ermitage.

On peut y voir ce triomphe de Bacchus, de Ker-Xavier Roussel (1911-13)

ou encore cet Automne (la cueillette des fruits) de Bonnard (vers 1912)

les vendangeurs sont en bas…

Il y a aussi le bouchon de Manet (vers 1879)

dont on a retrouvé une esquisse

Voici encore la bouteille de Schiedam, de Henri Matisse (1896- le Schiedam est une eau de vie à base de genièvre)

Au petit Palais, un autre russe est exposé, Ilya Repine, dont voici une Soirée (Vetchornitsi) où l’on danse, chante, joue de la musique, et boit… naturellement.

Bien plus proche de nous, Henri Landier s’expose dans son atelier rue Lepic. On n’y trouve pas ce « Rembrandt à l’auberge » peint en 2012 (mais on nous en a parlé),

très probablement inspiré du « fils prodigue à la taverne » (1635) dudit Rembrandt, qui est plus habillé mais pas moins déluré…

Le thème avait déjà été traité par Gerrit van Honthorst (1623)

Cette charmante fenêtre est exposée, parmi d’autres études (peintures de petite taille), à la fondation Custodia. Elle est l’oeuvre du dresdois Max Hauschild

Finissons avec ces ornements d’or du temple d’Oxus, vieux de 2000 ans, découverts au musée Guimet (expo les fleuves d’or du Tadjikistan)

Au coup d’état

C’est une petite brasserie à Versailles qui porte ce nom, et dont la décoration est remarquable.

On y trouve en effet une adaptation de » La liberté guidant le peuple« , de Delacroix, où fusils, sabres et pétoires sont remplacés par chopes, bouteilles et guitare…

sous l’oeil du maître et de son orpheline, assis devant une bouteille d’absinthe.

Remarquables aussi les héros de la liberté qui l’entourent : Mandela, Gandhi, Zapata, Geronimo et Walesa, géants résistant au temps, qui nous parlent en creux des icônes disparues…

Etonnant, non ?

Le tableau est signé Stefberg (Stéphane Bergougnou ?), « artiste peintre décorateur » dont on peut voir quelques oeuvres sur Instagram.

En Roumanie

Voici un pays viticole dont on ne voit pas souvent les bouteilles sur nos tables, il fallait y aller pour en savoir plus !

C’est une fête,qui nous en a donné l’occasion, le Festival Cavaleresc al Vinului Romanesc organisé par le le Consulat Roumain de l’Ordo Equestris Vini Europae.

Elle a eu lieu du 1er au 3 octobre à Alba Iulia, Transylvanie,

Une visite des vignobles et chais de la société JIDVEI, propriétaire d’un domaine de 2500 ha dans la région d’Alba Iulia et sponsor du festival,

fut suivie d’une mémorable dégustation dans son chateau Bethlen-Haller sis à Cetatea de Balta .

Elle permit de découvrir les cépages locaux (notamment Feteasca Alba, régala, et neagra ; Budureasca )

la gastronomie roumaine,

(voir troisième et quatrième à partir de la droite, Sergiu Nedelea et Marius Farmazon, respectivement Ambassadeur et Consul d’OEVE Consulat Romania)

Sergiu est journaliste, formateur et dégustateur international

et le talent du chanteur et cymbaliste Romulus.

La fête se poursuivait le lendemain avec un défilé en costumes dans la citadelle d’Alba Iulia,

chevaliers roumains et… clamartois

Le Père Oliviu Botoi, un des rares francophones rencontrés en Roumanie, procéda à une bénédiction dans la salle historique de l’Union, où fut proclamée le 1er décembre 1918 l’union de la Transylvanie et du reste de la Roumanie,

Le diner, apothéose de la fête, permit d’approfondir la connaissance des vins et de la musique de Roumanie.

(ci-dessus les 3 chanteuses Adina Sima, Andra Oproiu et Luana Toader)

Remercions nos amis roumains, organisateurs de cette belle fête, de nous avoir donné l’occasion de découvrir leur beau pays, et ses vins. On en saura plus sur cette fête, qui se termina verres en main à pas d’heure et en chansons à l’hôtel Transilvania, en consultant le site de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques.

Une des appellations les plus réputées est celle de Cotnari, au Nord-Est du pays en Moldavie.

(à gauche, panneaux de sortie de ville ; à droite, la station de lavage de voitures de Cotnari)

Les grappes étaient mûres et les vendanges battaient leur plein.

Un peu plus au sud, à Odobesti, nous n’avons pu visiter les caves du Beciul Domnesc (Cave princière) construite au 15ème siècle sous Stefan cel Mare, le bâtiment historique étant fermé.

Mais sur le bâtiment qui lui fait fasse, une bouteillerie semble-t-il, une gigantesque fresque, aux personnages bachiques comme sortis d’un rêve, mérite le détour.

la signature est intrigante, qui nous éclairera ?

Ce tonneau a été vu à Cacica, au fond d’une mine de sel désaffectée.

Voici aussi quelques objets, horloge, tonnelets et fiasques, vus à Sighisoara, cité fortifiée de Transylvanie.

Ce couple qui s’amuse avec un verre de vin, vu au musée de Sibiu, est l’oeuvre de Caspar Netscher (1639-1684)

Ce tableau de Gheorghe Petrascu (1872-1949) vu à Brasov représente les chais de « la Nicoresti »

Cette femme au piano et au verre de vin a été vue dans l’ hotel Casa Iurca de Calinesti, à Sighetu Marmatiel (Maramures)

Terminons s ce tour de Roumanie par la visite d’un surprenant cimetière, à Sapanta (Maramures). Les tombes y sont ornées de stèles en bois peintes, représentant les activités des trépassés ou encore les circonstances de leur fin.

En voici un florilège pour les lecteurs du bon clos. Accros à la țuică ou à la palinka (terme local pour la gnôle), musiciens, barmen, cavistes, amateurs, ils sont tous là, peints avec tendresse et simplicité. Bonne visite, et paix à leurs âmes !

C’est en 1935 qu’un artisan local lança cette « mode », renouant ainsi avec d’anciennes traditions valaques (joyeuses obsèques, rituels funéraires festifs, libations et toasts portés au cours de repas commémoratifs…).

des peintres Auversois

C’est bien sûr la figure de Vincent Van Gogh qui domine quand on évoque Auvers/Oise, mais il a des émules inspirés par son exemple.

Vincent Van Gogh, par Zadkine, à Auvers/Oise

On citera ainsi Edith Monti, dont on a remarqué le tableau qui illustre l’affiche du prochain symposium des vignes d’Ile de France, qui se tient le 23 octobre prochain à… Auvers/Oise, bien sûr.

En voici quelques autres, récentes, glanées sur son site, edithmonti.fr

Ces bouteilles rouges invitent …

à l’Apéro !

Jean-Claude Pantellini, parallèlement à sa carrière de sommelier et sa fonction de président du Pressoir Auversois, joue aussi des pinceaux.

JC Pantellini dans son atelier

Voici des ceps, des grappes et des feuilles..

Ne quittons pas Auvers sans faire un petit tour au musée Daubigny qui y résida lontemps et où l’on peut voir cette charmante tablée sous une tonnelle.

Mais il faudra aller au musée d’Orsay pour voir ses vendanges en Bourgogne (1863)

Et où faut-il aller pour voir La Vigne (1860-63)?

A Birmingham, UK…

Avec l’Ecole de Paris

Au début du 20ème siècle, nombreux étaient les artistes, peintres, sculpteurs, qui ont rallié Paris et se sont installés à Montparnasse ; beaucoup étaient des juifs fuyant la la misère et les pogromes de l’Empire russe. Parmi eux Chagall, Soutine, Modigliani, etc. Bien que de styles et d’inspiration très diverses, on les appelle l’Ecole de Paris. Le musée d’art et d’histoire du judaïsme leur consacre une exposition. Nous en rapportons quelques images.

Comme cette nature morte de Chaïm Soutine qui date de 1916

Ce petit tableau (à Montparnasse) est d’Oser Warszawski. Né en Pologne en 1896, il se met à peindre à Paris dans les années 20. réfugié en Italie pendant la guerre, il sera quand même déporté et ne reviendra pas.

Voici une litho de Lou Lazard, « à Montmartre« (1925)

On doit la photo qui suit à Marc Vaux,qui photographia les oeuvres des artistes de Montparnasse. L’oeuvre est d’Adolphe Feder, qui naquit à Odessa vers 1886 et mourut à Auschwitz.

Georges Wolinski n’était pas de cette génération. Grand dessinateur au destin tragique lui aussi, il nous fait toujours sourire. Voici un dessin vu aux Beaux Arts de Paris où il y a actuellement une exposition en son hommage.