2021… Enfin !

Chers amis du Bon Clos, recevez nos meilleurs pour l’année à venir, dont on espère qu’elle verra notre délivrance de ce poison inattendu.
Cette année, c’est avec le « rat en basse cour« , le personnage de la fable de Marc Borissevitch mis en dessins par Jacques Bonodot dont on peut lire la mini BD déjà culte sur calameo.com, que le Bon Clos vous adresse ses voeux.

Peu d’événements, moins d’opportunités de découverte, 2020 aura été une année un peu maigre mais on aura plaisir à
– (ré)écouter les airs à boire du génial Offenbach que des fanatiques s’entêtent à mettre en scène et à chanter, comme « Allons Fanchette » (Une nuit blanche), le joli cidre doux… aux joyeux glouglous (Jeanne qui pleure et Jean qui rit), ou encore ceux du divin Mozart, et celui de Rheinhard Keiser dans Croesus (Viva la Trink)
saluer Anne Sylvestre sur le départ et savoir comment elle a réussi à savourer la Romanée Conti
découvrir les oeuvres d’artistes comme James Tissot, Audrey Beardsley ou Germain Henneka
visiter à Londres la collection Wallace aux mille trésors
errer dans les ruines de Pompei reconstituées au Grand Palais
– s’intéresser aux cépages résistants aux maladies de la vigne
prendre connaissance de ce qui fait que le vin est bon – ou pas (livre du viticulteur Paul Coulon)
– s’informer sur les dernières vendanges clamartoises
revivre l’incroyable journée de célébration des 20 ans de Cocorico, la Coordination des Confréries d’Ile de France
sourire en évoquant le confinement et l’humour au temps du corona,

Encore une fois, meilleurs voeux à tous !

A La Romanée-Conti

Y-a-t-il vignoble plus prestigieux que la Romanée Conti ?  » vin remarquable par sa belle couleur, son arôme spiritueux, sa délicatesse, et la finesse de son goût délicieux » écrivait déjà il y a deux cents ans André Jullien dans sa topographie de tous les vignobles connus, ajoutant qu » on s’en procure difficilement du véritable parce que la vigne qui le produit n’occupe que deux hectares de terrain« .
Anne Sylvestre vient de décéder. Nos enfants (et leurs parents) ont adoré ses chansons et fabulettes, mais elle chantait aussi pour les grands, ne voulait pas mourir avant d’en avoir bu, de la Romanée-Conti. Espérons qu’elle ait pu le faire avant de poser pour toujours sa guitare !

Il parait que si, son voeu fut exaucé par Aubert de Villaine, co-gérant du domaine, après qu’il a entendu cette chanson de 1973. C’est bon Anne, tu n’auras pas eu besoin de ramper !

J’ai bu, et je m’en vante
Des cent et des cinquante
Bouteilles du meilleur
Que Bordeaux me pardonne
J’appartiens au Bourgogne
En lui, cuve mon cœur
J’en ai connu de braves
De tendres, de charmeurs
J’en ai connu de graves
De couronnés, de tout en fleurs
Mais je voudrais pas crever
Avant d’ l’avoir goûtée
Ah! Sûr que j’ voudrais pas mourir
Avant d’avoir vu ses rubis
Couler dedans mon verre
C’est ma seule prière
Ah! Laissez-moi boire à genoux
La reine des vins de chez nous
La Romanée, la Romanée, la Romanée-Conti {x2}
Sa splendeur est si grande
Qu’elle est une légende
Bien plus qu’une boisson
Boire par ouï-dire
Est un supplice pire
Que la pire prison
Que ceux qui la récoltent
Dans leurs caveaux secrets
Comprennent ma révolte
Je doute, enfin, qu’elle soit vraie
Et j’ voudrais pas crever
Avant d’ l’avoir goûtée
Ah! Sûr, qu’ j’arrêterai pas mon cœur
Avant d’avoir senti ses fleurs
Me réjouir la tête
Non, c’est vraiment trop bête
D’avoir préparé mon palais
Pour qu’elle n’y vienne jamais
La Romanée, la Romanée, la Romanée-Conti {x2}
Il serait malhonnête
De prétendre que cette
Chanson ne vise pas
À provoquer un geste
En ma faveur, du reste
Pour en boire avec moi
Je jure sur mon âme
Qu’il faudra bien m’aimer
Je serai monogame
Pour ne pas devoir partager
Et j’ voudrais pas crever
Avant d’ l’avoir goûtée
Ah, non! J’ finirai pas mes jours
Sans avoir senti son velours
Me réjouir la gorge
Si on vous interroge
Dites que je veux bien ramper
Pour la plus petite lampée
De Romanée, de Romanée, de Romanée-Conti {x2}

Elle avait aussi chanté Mon grand-père Louis, une autre jolie chanson bourguignonne

Comme mon grand-père Louis
Saluant d’un chapeau digne
Des arpents de pieds de vigne
Reconnaissant, ébloui
Comme mon grand-père qui
Devant un cru de Bourgogne
Se découvrait sans vergogne
Avec le sérieux requis
Je voudrais modestement
Esquisser, quoi qu’on en pense
La petite révérence
Que m’apprirent mes parents
Car bien que je ne sois vieille
Que de trente et pas beaucoup
Quand j’y pense, je m’effraye
Qu’on ne sache plus, merveille
Boire un coup
Comme mon grand-père Louis
Composant avec science
De subtiles alliances
Entre pommard et rôti
Comme mon grand-père qui
Ne recevait à sa table
Que de vrais buveurs, capables
Que des gosiers aguerris
Je voudrais pieusement
Rappeler qu’en mon enfance
Quand on y faisait bombance
Je me tenais vaillamment
Car bien que je ne sois vieille
Que de trente et pas beaucoup
Quand j’y pense, je m’effraye
Qu’on ne sache plus, merveille
Boire un coup
Comme mon grand-père Louis
Faisant creuser dans la pierre
Bien avant sa maison mère
Une cave et ses replis
Comme mon grand-père qui
À nous, sa progéniture
Apprit la grande aventure
Des raisins de son pays
Je voudrais à tout venant
Me vanter d’avoir en cave
Deux ou trois bouteilles graves
De Richebourg triomphant
Car bien que je ne sois vieille
Que de trente et pas beaucoup
Quand j’y pense, je m’effraye
Qu’on ne sache plus, merveille
Boire un coup
Comme mon grand-père Louis
Comme Albert à qui j’ ressemble
Et qui reposent ensemble
Sur la colline fleurie
Où il fit coucher aussi
Pour les côtoyer sous terre
Madeline et Philibert
Et la très douce Marie
Je voudrais finalement
M’y coucher un jour, pareille
À une quelconque bouteille
Mais pourtant en attendant
Sans rien avoir d’un ivrogne
Je voudrais qu’on sache enfin
Qu’on peut être de Bourgogne
Qu’on peut aimer sans vergogne
Le bon vin
Car bien que je ne sois vieille
Que de trente et pas beaucoup
Quand j’y pense, je m’effraye
Qu’on ne sache plus, merveille
Boire un coup

Nouvelles du confinement

On commence à sérieusement s’inquiéter du côté des producteurs comme des amateurs de bon vin et de fêtes. Va-t-on pouvoir écouler sa production ? Devra-t-on boire son beaujolais nouveau tout seul ?

Les compagnons du Devoir Parisien du Beaujolais nous admonestent :

le meilleur moyen de ne pas baisser les bras, c’est de lever le coude !

Après enquête, l’aphorisme serait de Grégoire Lacroix, écrivain membre de l’Académie Alphonse Allais.

Il en a sorti d’autres (154 là) comme:
Quand la grande majorité d’une population est très au-dessous de la moyenne, il y a de quoi s’inquiéter.

Il y a du Pierre Dac chez celui qui dit : Ceux qui comprennent à demi-mot, ne dorment que d’un oeil, n’écoutent que d’une oreille, et ne boivent que des demis, feraient bien de mener une double vie.

Baste. On nous a fermé les restaurants et les bars. Que n’a-t-on retenu la proposition d’Avtipus Patents and Inventions, cette entreprise israélienne qui a conçu le masque spécial restauration !

Le masque s’ouvre à volonté grâce à une commande manuelle.

(voir la video diffusée sur France info en mai)

Mais non, pas de commande, on devra s’en passer et se restaurer chez soi. Par contre pour boire avec une paille, il y a des ouvertures. Voici ce que l’on peut trouver chez un grand vendeur en ligne.

Et voici un masque à couvercle artisanal, bien pratique.

Si l’on aime boire à la bouteille, celui-là a trouvé la solution.

Evidemment, pour humer le bouquet des grands crus, il faudra repasser.

Patience. Faisons front contre l’adversité, avec la perspective d’une mutation consonantique visant à remplacer les consonnes explosives par des nasales, afin de réduire drastiquement le volume des postillons, et partant la contagiosité du virus. Annoncé fin mars par l’Académie française, où en est-on ?

On pourra faire le point sur le très complet site de l’initiateur et chef de projet https://www.plaf.org/. On y apprend qu’une démarche analogue est en cours pour l’anglais, l’allemand, le russe, et même le marseillais ! Ne pas rater le journal imaginaire d’André Dussolier…

De la science-fiction ? sans doute si l’on se souvient de l’arrivée de l’euro en 2001, et de la discussion sur la langue commune européenne et la réforme de l’orthographe du français : Le ref de l’unite kulturel de l’Europ zera defenu realite… On es est loin !

Aubrey Beardsley

C’est un grand dessinateur britanique qui est actuellement à l’honneur au Musée d’Orsay. Il vécut brièvement, connaissant cinq années de succès (1893-97) avant de mourir prématurément de la tuberculose. Il est vu comme un précurseur de l’art nouveau.

Beardsley vers 1895

D’un style unique, élégant, très reconnaissable, il a illustré en noir et blanc recueils de poésies et pièces de théâtre, scandalisant souvent la bonne société victorienne. Voici une couverture du Yellow Book, revue de poésie et de dessins qu’il avait fondée.

Voici quelques autres images rapportées pour les lecteurs du Bon Clos. Ci-dessous Oscar Wilde en Bacchus.

Oscar Wilde en Bacchus

Oscar Wilde, rencontré chez le peintre préraphaélite Burne-Jones, l’avait encouragé à étudier à la Westminster School of Art. Beardsley illustra sa scandaleuse Salomé, censurée en Angleterre.

Cette « fat woman » attablée devant sa bouteille serait l’épouse du peintre James Whistler.

Touchante scène, avec un faune faisant la lecture à une jeune personne.

Voici une scène de vendanges un peu olé-olé..

A snare of vintage, dessin non publié

Ces personnages illustrent l’Histoire Véritable, un récit de voyage imaginaire de Lucien (de Samosate, 2ème siècle(sic) dont la première étape est une ile aux vignes magiques. Une histoire à raconter un jour…

Le fruit de la vigne est souvent représenté, comme ci-dessous avec ces majestueux porteurs et cette adulatrice.

Beardsley mourut à 25 ans à Menton, où il se soignait. Converti au catholicisme, il ordonna qu’on brûlât ses oeuvres licencieuses. Mais son éditeur n’en fit rien. Qui s ‘en plaindra ?

———

Ne quittons pas le Musée d’Orsay sans jeter un coup d’oeil à l’exposition Léon Spilliaert, un flamand un peu inquiétant qui vécut à la même époque.

Un personnage féminin apporte une grappe de raisin à un homme au lit. Pourquoi ? Que va-t-il se passer ?

Retour à Pompéi

Retourner à Pompéi, c’est ce que l’on peut faire pendant tout l’été au Grand Palais avec cette nouvelle expo qui permet de découvrir les trouvailles des dernières fouilles. Les moyens modernes sont mis en oeuvre pour revivre l’éruption de 79 et découvrir en grandeur réelle la ville, ses villas, ses tavernes, ses fresques, ses graffitis….

Nous en avons rapporté quelques images bachiques.

Ariane et Bacchus sont les sujets de cette mosaïque qui vient d’être extirpée de la gangue volcanique au pied d’une fontaine d’une maison jusque là inexplorée.

mosaiquebacchusariane

Sur ces plaques faites de couches de verre camée bleu et blanc superposées, retrouvées dans le salon de la maison de Marcus Fabius Rufus, on retrouve le mêmes personnages.

camee1camee2b

Mointenant quelques fresques comme ce Bacchus sur son char

fresquechar

ou cette scène d’initiation dionysiaque dans la villa des mystères.

initiationdionysiaquevilladesmysteres

et la fameuse scène du bouc dégustant le raisin (voir aussi le léopard intéressé par le cratère sans doute empli de vin).

chevreetleopard

Ce cratère en bronze était doré à l’origine. On y mixtait le vin à l’eau et à des épices avant de le consommer.

cratere

Voici aussi une belle scène de banquet.

banquet

En ligne on peut en savoir plus sur les coutumes romaines et l’art de la commissatio (cliquer en haut à droite dans la video pour accéder directement à la 2ème video : les banquets à Pompéi, l’art de boire du vin).

 

 

 

L’Humour au temps du Corona

Garder le sourire dans les pires situations.  Ils sont nombreux ceux qui nous aident ainsi à tenir bon et à faire front contre l’adversité. Tous les moyens sont bons pour garder le moral ! Merci à tous les amis qui ont alimenté le Bon Clos.

Philippe Geluck nous rappelle les fondamentaux !

geluck

philippe-geluckEvidemment, le confinement ce n’est pas agréable, les oiseaux en cage le savent bien.

cage

Pensons aussi à nos animaux de compagnie, déboussolés.

chiens

Mais ce n’est pas la pire des situations. Les cavistes restent ouverts. N’est-ce pas là un besoin essentiel ?  Inventoriant leurs caves, les confinés retrouvent des bouteilles oubliées et les sortent du …confinement.

cavid

Pas grave, les cavistes restent ouverts, a-t-on dit. Evidemment on manque de masques. Les débrouillards sauront s’en confectionner.

masquevin

A l’heure de l’apéro, on se retrouve. En visio sur le net, dans la rue de part et d’autre d’un portail, ou comme nos amis italiens, sur les balcons !

 

Au fait, ce Covid 19, comment l’attrape-t-on ? La question se pose à chaque épidémie. Dans les années 50, Tom Lehrer, un chanteur américain peu connu sous ces longitudes mais qui gagne à l’être, répondait ainsi : « I got it from Agnes »

 

Redécouvrons aussi la zénitude (qui tourne depuis 2012 au moins)

« Je transmets ce tuyau parce que, pour moi, ça a marché : A la télé, j’ai regardé une émission dans laquelle un représentant du Dalaï-lama affirmait que, pour obtenir la paix intérieure, nous devions toujours finir ce que nous avions commencé, et qu’à cette condition nous bénéficierions davantage de calme dans nos existences. J’ai regardé autour de moi, j’ai fait le tour de la maison pour trouver les choses que j’avais commencées sans les terminer… Et… j’ai fini une bouteille de rosé de Provence, une bouteille de Bordeaux, une bouteille de côte du Roussyon, une vouteile de bodka, un buteil de poââre, le rest dwiski, et 1 bpoit de choccccla. Tou nimaggine pa com jem sens achemen mieu mintnan. Psasse el mssage a tou ceux con bsoin de paixintrieur et di leurrke jeu lé zèm. »

Tous mobilisés comme au Sénégal avec Youssou N’dour  et un collectif d’artistes.  Daan Corona ! (Vaincre le Corona)

 

Ne nous quittons pas sans réviser nos classiques avec les tontons confinés !

 

Et respectons les consignes. Lavatevi le mani !

Et merci aux soignants, et à tous ces artistes qui nous aident à tenir.

renaud

 

2020 : les voeux du Bon Clos

En ce début d’année VIN VIN, le Bon Clos adresse à tous ses lecteurs, réguliers ou occasionnels, ses meilleurs voeux de santé, réussite et prospérité.

C’est avec ce portrait du peintre bavarois Hans Muelich que nous  vous le souhaitons.

portraitdhomme1548Muelich

Il date de 1548. On ne connaitra de cet homme à la belle prestance que son âge : 42 ans, et son goût certain pour le vin. C’est un ami du Clos, Claude, qui l’a découvert à la Pinacothèque Ambrosiane de Milan. Qu’il en soit remercié.

Ne tournons pas la page de 2019 sans nous remémorer quelques moments que vous auriez pu rater :

Notre curiosité nous a fait découvrir Lanzarote, cette ile volcanique des Canaries qu’un terrible séisme a vidé de sa population dans les années 1730, et où la vigne a retrouvé de façon incroyable un terrain favorable .

Elle nous a aussi mené à Vevey où se tenait la fête des vignerons qui n’a lieu qu’une fois tous les 20-25 ans, dernière chance pour certains !

A Versailles nous avons visité les petites écuries, rarement ouvertes au public, qui abritaient jadis les équipages de la Cour remplacés aujourd’hui par des milliers de statues et moulages d’époque.

Nous avons croisé des poètes comme Alan Seeger, américain engagé en 14 et mort sur le front, qui nous a laissé un bel hommage au Champagne.

Nous avons appris ce qui signifie poculer , évoqué miote, bijane, trempusse et rosti,  rendu visite aux témoignages du temps passé, retrouvé airs à boire et chansons oubliées et partout rencontré d‘étonnants amis avec qui partager tout celà.

Poursuivons ce chemin ensemble !

Dry January

Que penser de la campagne lancée par l’association Alcohol Concern au Royaume Uni depuis bientôt 7 ans, incitant les buveurs à décliner toute boisson alcoolisée pendant tout le mois de janvier ? D’après le site doctissimo, 4 millions de britanniques auraient relever le défi l’an dernier, avec des bénéfices patents pour leur santé. Et une telle campagne a-t-elle une chance de marcher en France ?

L’initiative est louable, et au Bon Clos nous menons campagne pour le bien boire et le boire modérément. Il est bon de suspendre régulièrement sa consommation, mais le mois de Janvier est-il pertinent ?

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Nous pensons que le mois de Février conviendrait mieux, et que c’est le seul mois qui pourrait convenir.

Janvier, c’est le mois des voeux et des galettes des rois. Comment faire des voeux sincères sans lever un verre ? Comment tirer les rois sans un verre même de cidre, à défaut de champagne ou de bière comme dans les pays nordiques ? Et comment feront les vignerons pour fêter leur patron, St Vincent ?

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le roi boit (jan miense molenaer)

Mars ne convient pas : va-t-on priver les buveurs de la bière de Mars ?

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Avril, Mai : v’là l’printemps, saison des amours. Imagine-t-on Vénus sans Bacchus ?

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Bacchus et Venus (Spranger)

Juin, Juillet, Août, c’est l’été, les vacances, la convivialité  : va-t-on supprimer l’apéro, le rosé, le pastaga, le pineau, le petit muscat ?

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Septembre, Octobre : les vendanges. On oublie.

1967fetedesvendangesaromangnatles vendanges à Romagnat en 1967

Novembre, le mois du vin nouveau, une tradition qui remonte à l’Antiquité que le Beaujolais Nouveau fait revivre avec intelligence.

bruegelstmartinle vin de la saint martin (Breughel)

Décembre : les fêtes. On oublie aussi.

drysauvignon

Reste Février, qui comporte l’avantage d’être un mois de 28 jours (en général), rendant l’effort 10% moins élevé qu’en Janvier. On objectera que le Carnaval tombe le plus souvent ce mois là. Et bien, on fera une exception pour la semaine précédant Mardi Gras!

Fortunio

Il se joue ces jours-ci à l’Opéra Comique Fortunio, cette opérette composée par André Messager en 1907. C’est une adaptation du Chandelier d’Alfred de Musset, une pièce assez licencieuse et drôle publiée en 1835, et jouée à la Comédie française en 1850.

fortunio

Comment déjouer les soupçons d’un mari jaloux ? En les faisant dévier vers un leurre, le chandelier. Mais quand celui-ci est un amoureux transi, Fortunio, et qu’il chante une chanson écrite par Musset, tout peut arriver…

Il y a un petit air à boire au début du 3ème acte, un peu ampoulé, ce n’est pas l’air le plus connu mais il a sa place dans la collection du Bon Clos. C’est le mari trompé, maître André, qui invite ses convives à boire :

Coteaux brûlants,
Terre des champs,
Et des verdures,
C’est votre sang
Qui monte dans
Les vignes mûres.

Cieux empourprés,
Couchants dorés,
Des soirs d’automne,
Tout votre éclat
Tient ici-bas
Dans une tonne.

(Ce n’est pas celui évoqué par Musset dans le chandelier : « Amis buvons, buvons sans cesse », une chanson jugée trop vieille par le capitaine Claveroche (l’amant) ; nous en reparlerons)

Dès 1861, Offenbach avait composé la Chanson de Fortunio, un opéra comique qui raconte une suite de cette histoire. Fortunio, devenu âgé, se retrouve dans la situation du mari du Chandelier… Mais sa vieille chanson, qui avait fait défaillir la belle Jacqueline, le trahira…

On a donc deux airs pour une même chanson, celui d’Offenbach qui eut en son temps un succès retentissant,  et celui de Massenet. Chacun choisira…

On peut écouter là la version d’Offenbach (avec Bruno LAPLANTE, baryton et Marc DURAND, pianiste)

et celle de Messager

Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer,
Je ne saurais pour un empire
Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l’adore, et qu’elle est blonde
Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie
Veut m’ordonner,
Et je puis, s’il lui faut ma vie,
La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J’en porte l’âme déchirée
Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je die
Qui j’ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie,
Sans la nommer.

Vignes parisiennes

Il y aurait désormais une centaine de vignes dans Paris intramuros. Nous en connaissons certaines, en voici deux autres découvertes lors de la fête de la vigne ce dimanche 6 octobre.

inventaire

Au lycée Albert de Mun à Paris 7ème où l’on forme (entre autres) des sommeliers, une vigne a été plantée en 2014, sous l’égide des Vignerons Franciliens Réunis,  qui donne déjà du vin blanc, rosé et rouge.

lavigne

Nous les avons goûté et avons apprécié la texture du blanc (vinifié avec macération pelliculaire), et les arômes du rosé.

Il faut signaler qu’il s’agit de cépages piwi qui n’ont pas besoin de soins phytosanitaires.

cepages

Merci aux enseignants Florian Luzeau et Jacques Riedinger, qui nous ont fait visiter les installations.

Merci également à Virginie Dulucq, de la société urbagri, spécialisée dans l’agriculture urbaine, qui nous a accueilli dans l’ancienne caserne Napoléon (bâtiment de la Ville de Paris situé derrière l’Hôtel de Ville).

affichemairie

Il y a été installé en terrasses sur 20 cm de terre une vigne et quelques autres cultures. Gamay, Pinot Noir, Chardonnay, Chasselas, Sauvignon, etc. sont représentés.

lavignenapoleon

On peut être surpris mais la vigne semble bien s’adapter sur un bout de terre si peu profond. Un microclimat règne (la température est montés jusqu’à 62° cet été!) et la maturité des raisins vient vite (août) malgré le stress hydrique (on arrose un peu quand même).