Les larmes du vin

C’est le titre du dernier ouvrage de Daniel Picouly, qui vient de se voir remettre le prix de l’Académie Rabelais aux Noces de Jeannette.

On connait l’homme, sa faconde, sa tchache, son écriture orale, sa sincérité. Il le dit tout net : je suis un escroc, je ne connais pas grand chose au vin ! Et pourtant on l’a accueilli chez les chevaliers du tastevin, au Clos Vougeot, et à la Commanderie des vins des côtes du Rhône à Sablet !

Alors il a cherché dans sa famille, sa bio ; et il en trouvé des traces de vin sur son chemin.

Ca commence par une tache de vin à la naissance, et par les 4 gouttes de champagne administrées derrière les oreilles, les 4 gouttes du bonheur, et les bouteilles envoyées par son parrain à chaque anniversaire. Le litron mis à rafraichir dans la rivière pour attirer les poissons. Sa première cuite (« pompette ») à 10 ans, son cahier d’étiquettes… Sa rencontre avec un clochard à chapka et sa bouteille emmaillotée, son expérience de commis de bar à Orly, servant des baquets au prix du ballon, et la « p’tite côte sans faux-col » de son p’pa. On fait connaissance de toute la famille, papa, m’am, grande soeur, petite soeur (il est le 11ème de 13 enfants), et cerise sur le gâteau, Marie, sa fille chérie, est dans l’assistance (ci-dessous tout à gauche) !

On revoit avec lui la coupe du monde de foot 1958 en Suède où il faut « boire avant de perdre », on assiste aussi au sauvetage improbable de Marie Antoinette par les vins du Postillon, pour le retrouver à plus de 40 ans avec « une gueule de vendange tardive ». On retiendra aussi qu' »un navire qui n’a pas goûté le vin goûtera le sang ! »

(Et on apprend aussi au passage que Claude Villers, le génial animateur du tribunal des flagrants délires et d bien d’autres émissions radiophoniques, avait été catcheur sous le nom de l‘homme au masque de soie.)

Merci aussi à lui de nous remémorer le numéro de Louis de Funès dans l’Aile ou la Cuisse »

Bref Daniel Picouly n’a pas démérité et a pu recevoir son prix sans rougir.

Il ne s’est pas fait prier pour écouler la marchandise,

avec succès !

Quant à l’Académie Rabelais, tous les présents conviendront qu’elle a bien fait les choses ! Merci !

excellent bordeaux blanc

Et on ne montre pas tout !

On conclut avec quelques trouvailles vues dans les salons des Noces, troisième mi-temps de l’Opéra-Comique voisin…

Procession de bouteilles

Il est un petit village de Provence où le 1er juin de chaque année on honore Saint-Marcellin en faisant bénir une bouteille dans la chapelle qui lui est vouée. Le vin qu’elle contient sera réputé un élixir de santé pour qui en boira.

vigne à Boulbon

Le saint est en effet réputé  » bon pèr l’aigo e bon pèr lou vin !  » (bon pour l’eau de la pluie comme pour le vin). Cette tradition existerait depuis 400 ans au moins !

On se rassemble sur la grand-place entre église et mairie.

La municipalité offre généreusement une bouteille de vin local à qui veut. On peut aussi apporter la sienne !

A l’heure dite la procession, porteuse d’une statue du saint et accompagnée par un orchestre de tambours, fifres et cornemuses, se dirige vers La Chapelle située à quelques centaines de mètres.

Seuls les hommes y entreront, ainsi que le veut la tradition, ce qui ne semble indisposer personne. Encore que… il y en ait qui manquent un peu d’humour et de discernement.

A l’intérieur, le prêtre narre l’épisode des noces de Cana en Provençal que l’on se surprend à comprendre tant on en connait l’histoire.

Auprès de lui, deux ecclésiastiques vénézuéliens : Mgr Jose Manuel Romero Barrios, évêque d’El Tigre, venu accompagner le père Joan qui va être installé à Tarascon où l’espère une communauté latine.

On chante avec enthousiasme le « cantico à Sant-Marcelin » :

1. Bourbounen canten un cantico/ A l’ounour de Sant Marcelin
Bèu martir de la glèiso antico/ E patron de l’ago et dóu vin

Refrain : O bèu Sant, per pieta regards / Sus Bourboun et sus si terren ;
Nosti vigno tèn lei gaiardo / De tout tèms te festejaren.

… (7 couplets)

On chante aussi « Prouvencau et catouli », l’incontournable « Coup Santo« , et sur le même air :

« A Sant Marcelin » où l’on demande au bon saint :

Beniras nosti boutiho / Tu que siès tant pouderous
Sauvaras nosti famiho / Em’aqueu vin generous

Après les chants et la bénédiction, chacun débouche sa bouteille et la porte à ses lèvres.

On rejoint alors le village pour danser et festoyer !

Vive Boulbon !

Voici une video ancienne (1967) trouvée sur le site de l’INA

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/raf03025366/la-messe-des-bouteilles-a-boulbon

Au Clos Nenesse

Quelle plus belle occasion que ce jour du vin nouveau pour rendre visite à l’ami Jean-Pierre Dutilheul dans son Clos Nenesse.

Situé aux alentours d’Etampes, ce clos longiligne d’une cent-cinquantaine de pieds (de Gaillard 2, un enfant de Noah (principalement), pinot noir et baco)a été planté par son père, il y a quelques lustres.

Jean-Pierre s’est inscrit dans sa suite et faisait déguster aux amateurs ses crus 2015 à 2020,

Au centre Jean-Pierre Dutilheul, avec à sa droite le président de Cocorico Michel Devot

agrémentés de saucisses marinées, tomme de Savoie affinée au marc, et bien d’autres bonnes choses.

On pouvait y faire de belles rencontres comme celle de cet autre Jean-Pierre

producteur, à Méréville aux confins de l’Essonne, d’un petit cabernet-sauvignon intéressant.

Et c’est le coeur joyeux que l’on a rejoint ensuite les fêtards clamartois réunis aux trois garçons par le Président Marcel pour célébrer le vin nouveau

Marcel au verre de rouge (rare)

en chansons avec Bernard à l’accordéon.

Au Symposium des vignes d’Ile de France à Auvers/oise avec Cocorico

Il s’est finalement tenu, ce Symposium tant attendu. Nulle nième vague ne l’a contrarié, et quelques vingt-cinq confréries et associations franciliennes s’y sont retrouvées, dans ce joli village d’Auvers/Oise, pour partager des connaissances, parader, admirer des oeuvres artistiques mais aussi trinquer, faire bonne chère et la fête.

Si l’on se replace en novembre 2020, date où le comité d’organisation s’est pour la première fois réuni, il fallait avoir un sacré optimisme pour investir dans ce projet.  Saluons donc Michel Devot, président de Cocorico, la municipalité d’Auvers/Oise et le Pressoir Auversois, association invitante, pour s’être lancés dans l’aventure.

Une fois montrée patte blanche (on aura compris qu’il s’agissait du passe sanitaire) la journée commença par des conférences sur des thèmes viticulturel, oenologique, historique, artistique et gastronomique.

Denis Boireau, un scientifique bien connu des amis du bon clos, fit le point sur les cépages résistants aux maladies de la vigne comme l’oïdum et le mildiou, fruits de recherches ancienne et récente,

et incita vivement les cultivateurs de vignes patrimoniales  à s’y intéresser. (Nous avons déjà visité son « arboretum » d’Epinay/Orge.)

Gabriel Lepousez, neurobiologiste, chercheur à l’institut Pasteur et concepteur d’une formation à l’Ecole du Nez de Jean Lenoir, fit sensation en décrivant précisément les fondements anatomiques et physiologiques de l’olfaction : 400 capteurs, situés dans l’épithélium olfactif, permettant d’identifier des milliers (potentiellement des milliards) de molécules, sont reliés aux neurones de la zone nasale du cerveau.

Encore faut-il avoir les bons gènes pour que ces associations soient activées. D’un individu à l’autre, on observe des seuils de sensibilité extrêmement variés, dans un rapport de 1 à 1000 voir plus. Le plus beau nez du monde ne peut donner que ce qu’il a ! L’entrainement n’y remédiera pas, mais il permettra (ce qui n’est pas rien) de mettre des mots sur ce qui est ressenti. Il décrivit également le phénomène de rétro olfaction, qui opère lors de l’ingurgitation et échappe donc aux dégustateurs qui recrachent le vin. Et il fit valoir que les neurones de la zone nasale du cerveau ont la faculté de se régénérer.

Michel Miersman, de la Confrérie du Clos Saint-Vincent de Noisy-le -Grand, est venu faire part de la démarche qui lui a permis d’écrire un livre sur 1300 ans d’histoire de la vigne et des vignerons de Noisy-le-Grand,

sans quasiment sortir de son bureau, tant il y a d’informations et de documents (comme le « terrier ») disponibles en ligne.

Robin Bourcerie, jeune musicien et musicologue auteur d’une thèse sur les airs à boire du 17ème siècle en exprima la substantifique moëlle en les situant dans le contexte des moeurs de l’époque : 

types de vins, circuits d’approvisionnement et lieux de consommation, en mettant l’accent sur l’explosion créatrice (des milliers d’airs publiés dont 2425 analysés dans sa thèse) et l’importance du cabaret.

Enfin Thierry Bitschené, de la confrérie du Brie de Meaux, a présenté son fromage d’élection au moyen d’un petit film,

et invité les participants à s’en faire une idée plus précise lors du déjeuner qui s’ensuivit.

Après le buffet campagnard, qui valait bien celui du temps béni des Galeries Barbès,

l’heure est venue de se mettre en tenue pour défiler dans les rues d’Auvers,

ci-dessus Jean-Claude Pantellini, président du pressoir Auversois, entre à gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers/Oise, et à droite Martine Rovira, maire adjointe

et, au son des corps de chasse du Rallye Vau-Vent

et des cabrettes, accordéons et vielles de la Bourrée Montagnarde,

rallier l’église,  immortalisée jadis par Vincent Van Gogh,

où une bénédiction attendait les quelques vingt-cinq confréries présentes.

C’est un autre Vincent qui tenait fièrement la bannière de Clamart.

De l’église, en longeant les vignes où sont Saint-Vincent et Bacchus,

, on partit vers la mairie où les véhicules du Vexin Classic paradaient à l’arrêt. On y retrouva la conseillère régionale Babette de Rozières, déléguée à la gastronomie, heureuse de retrouver les confréries.

Quelques heureux trouvèrent là une alerte guide pour explorer en privé les ruelles du village,

On aura reconnue Edith Monti, artiste peintre anversoise dont les lecteurs du bon clos ont déjà fait la connaissance et que nous remercions pour son accueil

découvrir le musée et les vignes Daubigny et pousser jusqu’à l’atelier du maître en  passant au pied de l’escalier de Van Gogh.

Le reste de la troupe put découvrir la médiathèque où le dessinateur humoriste Michel Roman

et les enfants des écoles exposaient leurs oeuvres artistiques et poétiques.

Enfin vint l’heure du diner servi par le traiteur Bernard Dieu et animé par Frank Dorès, Léna et leurs danseuses. 

Après les salamalecs et remerciements de tous ordres,

On reconnaitra au centre Pierre Douglas, avec sa gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers, puis J.C.Pantellini, président de Pressoir Auversois, et Michel Devot, président de Cocorico ; et à sa droite, Michel Mella, Jean-Pierre Gimbert, Marc Lesk, J.P.Faury et Martine Rovira, maire-adjointe

vint l’heure de la proclamation des résultats du concours des vins d’ile de France et de la remise des diplômes par l’accorte Edith Monti.

Le jury était présidé par Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde… 1992 et président de l’Union Française des Sommeliers, assisté de Laetitia Trouillet Martin, de l’institut oenologique de Paris. Avec  4 autres dégustateurs chevronnés, ils avaient eu à juger 51 vins des années 2019 et 2020, principalement des blancs, présentés par 23 confréries et associations, et ont décerné 3 médailles d’or, 7 d’argent et 8 de bronze et quelques prix d’encouragement.

Comme les résultats étaient annoncés en commençant  par les diplômes de moindre importance, l’on pouvait lire sur les visages des premiers nominés la déception d’être appelés si tôt, et sur ceux de ceux qui ne l’étaient pas encore l’espoir, de plus en plus ténu  au fur et à mesure des appels, de l’être pour une plus haute récompense… Dura lex sed lex!

les lauréats du concours des vins

Ce n’est pas si facile de faire un bon vin, le Bon Clos adresse ses félicitations aux médaillés, et ses encouragements à tous les participants !

On pourra voir les résultats complets sur le site de Cocorico.

Les vingt ans de COCORICO

COCORICO, la Coordination des Confréries d’Ile de France, a 20 ans !

Il fut un temps où l’Ile de France était terre de vignes. C’était avant le chemin de fer et le phylloxera. La production s’effondra, et la vigne francilienne millénaire finit par rendre l’âme face au déferlement des tonneaux et des barriques.

Curieusement, quelques uns ne s’en satisfirent pas. D’accord pour les Bordeaux et les Bourgogne, d’accord pour le Gaillac et le Beaujolais, mais la poésie des vignes en rangs serrés sur les coteaux, le charme des treilles, comment s’en passer ?

A Montmartre dès 1933, à Suresnes aussi, on se reprit. Bien d’autres suivirent, qui avaient compris qu’il ne s’agit plus de produire, mais de témoigner et qu’il fallait donc se mettre en scène : ainsi fleurirent nos belles Confréries, avec leurs costumes moyenâgeux et leurs breloques, qui peuvent sembler ésotériques, voire arrogantes de l’extérieur, mais où la plupart cultivent l’art de ne pas se prendre au sérieux.

On se mit donc à replanter, à tailler, et à dépoussiérer pressoirs et cuves. On fit des symposiums, pour partager expériences et connaissances, et où l’on se risqua à goûter les vins ainsi produits. Et l’on fit des chapitres, où l’on allait s’admirer et se congratuler les uns chez les autres. Avec le succès (on ne compte plus désormais les clos et les vins dits « culturels », en tout cas non commerciaux), on éprouva le besoin d’une organisation. L’heure de Cocorico était venue !

20 ans ! Sacré challenge pour Michel Devot, le Président nouvellement élu. Il n’avait que quelques mois pour organiser un Anniversaire qui resterait dans les Annales, et résoudre, sous l’oeil vigilant des anciens présidents et des barons, une difficile équation : faire grand mais pas cher.

Pour les 15 ans, une messe avait été dite à Notre Dame. On ne pouvait faire moins. Mieux, on allait faire chanter le Souffle de Bacchus, la chorale du Musée du Vin, dont la réputation commençait à se répandre au-delà de Passy. On tenait avec Monseigneur Chauvet, recteur de la Cathédrale de Paris, homme affable et plein de répondant, le bon bout si l’on peut dire. Las, il advint le drame qui affligea le monde entier.

On chercha pour la soirée une salle de grande capacité,  bien située, confortable, présentant bien, au prix léger. C’était la quadrature du cercle ! La Mairie de Paris était aux abonnés absents, les salles privées inatteignables. On pria en vain pour que le Parc des Princes fut disponible.

L’avenir s’annonçait bien sombre, quand la Mairie du 16ème accorda sa salle des fêtes, grâce aux bons offices d’un confrère (*) familier des lieux, et le Musée du Vin proposa d’abreuver gratis les convives de son château Labastidié (Gaillac). Bientôt le Rectorat de Notre Dame refit surface, et l’on apprit que la messe pourrait se tenir à Saint-Germain l’Auxerrois, la Cathédrale Provisoire…

Ce fut un beau spectacle : une trentaine de confréries en costumes, cela fait du monde.

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Mgr Chauvet, recteur de Notre-Dame de Paris, assisté du père Xavier Leys, aumônier des Echansons, assura l’office,

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accompagné par les chants liturgiques du Souffle de Bacchus.

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La suite, ceux qui l’ont vécu la connaissent, avec la dégustation de vins du monde (USA, Slovaquie, Slovénie, Portugal, Italie…) proposée par la Fédération Internationale des Confréries Bachiques (FICB),

merci à Janesz, Linda, Pat, Daniela,Ken, et tous les amis venus faire gouter leurs vins

et de vins d’Ile de France récompensés par le jury (Clamart pour son rosé, Sucy en Brie, Rueil, Yerres, Saint Fiacre…).

Puis vint la sérénade du Souffle de Bacchus où l’on put essayer d’entendre (l’acoustique n’était pas fameuse) des airs peu connus comme le chant à boire du Bourgeois Gentilhomme (« Buvons chers amis buvons ») ou  « Sommes Nous des Grenouilles », qui fit florès pendant tout le 18ème siècle, ou encore le « P’tit vin du pays » de l’opérette Méditerranée. Avec d’autres mieux connus comme Ah que nos pères étaient heureux, Fanchon et Brindisi.

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La table clamartoise arborait fièrement le Coq et le Bacchus en zinc de son compagnon Jean Dessirier

tableclamartoise

Avec Roland l’accordéoniste et  la chanteuse Hala (ci-dessous en duo avec l’ami Alain),

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Frank Dores anima musicalement la soirée et fit revivre notre Johnny national.

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Merci donc à Michel Devot, Président de Cocorico, à son équipe et à tous les participants, pour cette belle journée !

 

* Alan Bryden, président de la FICB, pour ne pas le nommer

chapitres d’hiver

Autour de la Saint Vincent les réjouissances se multiplient, avec les chapitres, intronisations, et leurs dégustations, leurs festins, leurs chants et leurs danses. Et parfois des messes qui font mentir l’adage « courte messe et long repas font la joie du chevalier« .
Ainsi le 25 janvier les Echansons recevaient leurs Compaignons et Amis au Musée du Vin, sous le signe de la Corse, belle terre de vins.

Après la Sérénade du Souffle de Bacchus, qui permit de (re) découvrir des airs anciens (comme un vibrant air à boire du Bourgeois Gentilhomme, ou encore le coassant « Sommes nous des grenouilles ») et modernes (comme ce p’tit verre du p’tit vin du pays, de l’opérette Méditerranée), on procéda aux rituelles intronisations.

5 heureux élus furent jugés dignes de rejoindre la Confrérie :

lesintronisés

Michel Roman, un dessinateur qui manie l’humour bachique et dont les dessins étaient exposés cet hiver  au Musée du Vin,

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Michel Romand dédicaçant ses oeuvres

Luc de Saint-Maurice, « maitre campeur » à la Belle Etoile, camping près de Melun, et fondateur de la Confrérie du Brie de Melun,
Michel Devot, Président de la Coordination des Confréries d’Ile de France (Cocorico) et Grand Maitre de la Commanderie des Chevaliers de Saint-Grégoire,

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Michel Devot s’apprêtant à vider le tastevin

et Christiane Baquier, choriste au Souffle de Bacchus,
tous admis au grade de Compaignon ;
ainsi que Sylvain Andres, sommelier familier des grandes maisons et aujourd’hui formateur professionnel basé en Occitanie, qui fut adoubé Grand Bouteiller.

Le festin qui s’ensuivit ne laissa personne sur sa faim avec ses délicieux filets de rouget à la bonifacienne, ses filets de marcassin et ses aumônières aux pommes et miel corse. Mais ce sont bien sûr les vins (de Sartène, du Cap Corse…) qui les accompagnèrent qui portèrent à son comble le plaisir des convives.

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Quelques jours plus tard, c’est le Devoir Parisien du Beaujolais qui prenait le relais,

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le 1er février, ayant dû reporter son chapitre d’hiver en raison des grèves. Il recevait au Chai Brongniart, un établissement historique situé dans l’enceinte du Palais du même nom, et l’on put y déguster les 12 appellations du Beaujolais en évoquant mentalement les générations de courtiers et spéculateurs qui s’y sont abreuvés.

On y retrouva de vieilles connaissances, forcément,

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il y eut bien sûr des intronisations

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et l’on y fit aussi de belles rencontres, comme celle de Marielle, poétesse, maire de la Commune Libre de Montmartre (qui fête ces jours-ci ses 100 ans), venue présider à l’intronisation de son fils Frédéric,  sommelier au Divellec

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(on visitera son site toutturpaud.fr avec bonheur)

ou encore Cendrine Bonami-Redler, venu promouvoir DANS SON JUS, son ouvrage de dessins sur les zincs de Paris,

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Et dès le lendemain, il fallut se lever de bonne heure pour rallier Sannois et les Amis de l’Asperge et du Vin qui y prospèrent depuis 60 ans !

Il ne sera pas possible de citer toutes les Confréries présentes tant celles-ci étaient venues nombreuses. Il faut dire que la réputation du Chapitre de Sannois, avec son banquet qui joue à guichets fermés, est établie.

tousasannois

Il y avait là les Toursiveux du vieux tiyou de Namur, les canardiers de Picardie, les closiers de Montlouis, les Bangards, qui gardaient jadis les vignes en Alsace,

unbangard

la tarte tatin de Lamotte Beuvron, les Goustiers de l’Andouille de Guéméné, les Haricots d’Alençon, les chipirons de Bidart et du Pays Basque, les Talmeliers et bien d’autres Confréries d’Ile de France, sans oublier, last but not least, les Cons et fiers de l’être.

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On a bien lu.  En fait, c’est une organisation caritative, qui se lit : « Coeur Ouvert Naturellement Simplement ».   Il fallait quand même oser (c’est à même à cela qu’on les reconnait, dit-on )!

Le déjeuner fut à la hauteur des espérances, avec ses asperges,

asperges

son homard, ses cailles farcies…,  son gâteau d’anniversaire,

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et ses chanteurs et danseurs étonnants venus de l’ex Union Soviétique, qui interprétèrent avec brio les grands standards russes. Merci à Volodymyr Yemets et ses amis.

Et merci au Grand-Maitre Antonio, dont on connait les qualités lyriques, qui nous interpréta una Historia de un Amor que l’on n’oublie pas. Et qui nous fit la grâce de nous recevoir comme Compagnon dans sa docte compagnie.

 

 

chapitres d’octobre

Avec les vendanges, Octobre voit fleurir les festivités.

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Ainsi Rueil  (la Confrérie des Clos de Rueil Buzenval, dont nous avions fêté les 40 ans il y a 2 ans) tient son chapitre tous les ans à l’occasion de la fête des vendanges de la république de Buzenval, attirant les habitués de Suresnes, Montmartre,  Rambervillers (les gaubres gousteurs de testes de veau) , mais aussi cette année les taste-cuisses de grenouilles de Vittel, les vieilles murailles de Mantes la jolie, les Echansons et les fidèles de Clamart (malheureusement sans Dame Nicole Olmeta empêchée, mais à qui les Grands Maitres envoient leur bon souvenir),…

Parmi les nombreux intronisés, il faut signaler Michel Devot, Président de Cocorico et chevalier de Saint-Grégoire, et Dame Chantal, de Clamart !

Ils n’on pas boudé les savoureux vins du cru

et fait honneur au déjeuner en musique offert généreusement (mais pas goûté le pain traditionnel).

lepaindelafete

Ici l’on chante

vive Bacchus, vive Bacchus, vive le vin qui nous régale,
vive Bacchus, vive Bacchus, vive Rueil et Buzenval !

Nous avons été heureux de retrouver Alain Zalmanski, chef de choeur, chanteur, et bien d’autres choses encore, qui est à la tête d’une imposante collection de partitions. Il faudra voir ça.

La semaine suivante, on se retrouvait au Musée du Vin chez les Echansons pour une soirée gastronomique sur le thème du Sud Ouest. Foie gras, magret fumé, boeuf gascon, et pour finir pruneaux d’Agen étaient accompagnés par des vins landais et périgourdins.

C’est sous la double égide des muses Euterpe et Erato que se déroula le chapitre avec les intronisation de Jean-Luc Bourré, violoncelliste émérite, qui nous régala de quelques morceaux de Bach, Saint-Saens, et Massenet,

bourrejoue

puis à celle de notre ami Michel Mella,

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vice Président de Cocorico et Grand Chancelier de la Grappe Yerroise, mais aussi inlassable promoteur de la poésie.

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Ce soir les muses étaient avec nous !

D’autant qu’ un habitué de ces agapes, Jean-Louis, offrit au Musée une assiette chinée dans quelque brocante, affichant le poème : l’Amour et le Dieu du Vin, par M.Delalande, professeur.

Il commence ainsi :

Ovide dit : il faut aimer, Horace dit : il vaut mieux boire…
… Mes bons amis pour être heureux il faut les croire l’un et l’autre

et, après un argumentaire assez convaincant, se conclut par

On doit auprès de la beauté, Cédant au vin, à la tendresse
Boire jusqu’à la gaîté, Mais aimer jusqu’à l’ivresse.

L’air est à chanter , est-il indiqué, sur l’air de « prenons d’abord l’air bien méchant« . Voilà de quoi nous intriguer. Il s’agit d’un air apparemment bien connu à l’époque qui provient d’une « comédie en un acte mêlée d’ariettes par Marsollier. Musique de Dalayrac. Représentée pour la première fois sur le Théâtre de l’Opéra-comique, rue Favart, le 10 février 1799 « Les deux prisonniers : Adolphe et Clara », » qu’on aurait pu voir en 2016 au Vingtième Théâtre.

On trouvera les paroles complètes de cette chanson publiée en 1825 dans le chansonnier des grâces. Et voici la musique !

prenonslairbienmechant

 

 

 

A la soupe !

C’est une tradition de nos terroirs, qui s’est bien perdue mais qui vit encore dans nos souvenirs, la soupe de vin sucrée au pain. On  l’appelle miot ou miotte en Touraine, nous rappelle l’ami Armand. Mais aussi bijane en Anjou, mijet en Poitou (ou mijhot), trempée, trempine en Vendée, trempusse en Bourgogne, tosti en Provence, Rôtie quand elle est chaude (en poitevin, on demandait :  « É-t-o de la trempaïe ou de la routie ? comme est-ce du lard ou du cochon).

Soupeauvinsucre

Elle rafraichissait les travailleurs dans les champs.

Sganarelle en prescrit à une fille muette dans le Médecin malgré lui, car   “Il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler ; ne voyez-vous pas bien qu’on ne donne autre chose aux perroquets, et qu’ils apprennent à parler en mangeant de cela ?

Peut-être pour cela l’appelle-t-on soupe au perroquet en région bordelaise ?
La recette est simple : vin rouge, un peu d’eau, sucre ou miel, pain rassis.

Miot, miotte, miget viendraient de mie (de pain). Tremper signifiait mélanger au 13ème siècle ds liquides, d’où les trempées,  etc. (cf. les mots de l’ivresse et du vin de Martine Courtois)

Les nostalgiques pouvaient aller à la fête du miget , chaque année début juillet à Coulon, dans le Marais Poitevin. Las, c’est fini depuis cette année ! mais la fête continue, annonce le Comité des Fêtes, et qu’on se rassure, « le miget, la grillée de mogettes et le préfou sont toujours au rendez-vous ! « 

Fête des vignerons à Vevey

vevey2019

Voici quelque temps qu’on s’y préparait. Pensez donc, des vignerons qui font la fête une fois par génération. Vient le moment où l’on se dit : c’est maintenant ou jamais !

La tradition remonte à 1797. Il s’agissait, et il s’agit toujours de récompenser les « tâcherons » les plus méritants lors d’une Cérémonie du Couronnement. Déjà un spectacle, mettant en scène le cycle de la nature et les divinités païennes, était organisé.

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le char de Bacchus en 1833

L’édition suivante eut lieu en 1819, puis ce fut en 1833,1851,1865 et 1889.

 

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Puis au XXème siècle en 1905,1927,1955, 1977 et 1999.

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Quelques uns des timbres édités par Nestlé en 1905

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Cette pierre sur la place du marché où est édifiée une arène éphémère célèbre ces festivités.

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Le spectacle est inénarrable. Plus de 5000 figurants vêtus de costumes chatoyants d’étourneaux, de papillons, de cartes à jouer…  se relaient pour des chorégraphies monstres.

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« Le spectacle raconte une année dans la vie de la vigne à travers une vingtaine de tableaux ouvrant et se terminant par les vendanges. Il traite autant des travaux de la vigne (effeuilles, taille), de moments plus sociaux (le mariage, la foire de la Saint-Martin) que de thèmes plus généraux (les saisons, l’eau, le soleil, la lune, le cosmos).
Il interroge le lien entre l’homme et la nature et rend hommage au savoir-faire immémoriel des vignerons-tâcherons. Au cœur du spectacle surgit le Couronnement des vignerons-tâcherons récompensés pour l’excellence de leur travail par la Confrérie des Vignerons.
La narration est portée par un émouvant dialogue entre une petite fille appelée Julie et son grand-père, qui lui fait découvrir les traditions et le travail de la vigne. Trois personnages de «docteurs» commentent le tout avec humour et impertinence. La musique, qui alterne morceaux d’ensemble, orchestraux ou en petites formations, est portée en live par le Chœur de la Fête (500 choristes, 300 Percuchoristes, 150 voix d’enfants), l’Harmonie de la Fête (120 musiciens de fanfares), le Big Band (16 musiciens de jazz), les Percussionnistes (40 percussionnistes), les Cors des Alpes (36 cors des Alpes), un Petit Ensemble (20 musiciens) et les Fifres et Tambours (36 musiciens bâlois). L’Orchestre de la Fête est le Gstaad Festival Orchestra, qui enregistre la partition en studio au printemps 2019.
Les chorégraphies des tableaux sont interprétées par 5500 acteurs et actrices-figurant-e-s en costumes, tous habitants de la région. Spectacle total, féerique, grandiose, dynamique et poétique conçu à 360°, il mêle à la musique, aux chants qui portent les poèmes des auteurs et aux mouvements de foule, des images et vidéos projetées tant sur des écrans géants que sur l’immense plancher LED de l’arène.
Pour créer les quelques septante costumes différents que portent les acteurs et actrices-figurant-e-s et les choristes, la costumière s’est inspirée autant des Fêtes des Vignerons précédentes, avec un intérêt tout particulier pour les aquarelles d’Ernest Biéler en 1905 et 1927, que des costumes traditionnels vaudois et fribourgeois. Les costumes d’animaux, insectes et oiseaux, sont des nouveautés liées à la dramaturgie du spectacle de Daniele Finzi Pasca. »

Tandis qu’une libellule vole au-dessus du public,

lalibellulechorales quadriphoniques (aux 4 coins de l’arène), percussions,

percussions

cors alpins…  gymnastes, viennent célébrer la vigne et la vie paysanne et témoigner de la grandeur de la Suisse et du canton de Vaud. Tous défileront avec fierté le 19 juillet en faisant pavoiser les armoiries des communes et cantons.

 

Armoiries de quelques villages viticoles

 

 

Les photographes amateurs s’en donnent à coeur joie, et participants et spectateurs fraternisent…

fraternisation

Le soir, on se retrouve dans les caveaux des corporations et confréries professionnelles.

aucaveaudesmarinspecheurs
au caveau des marins-pêcheurs

Les Cent Suisses, des passionnés, sont les héritiers des mercenaires suisses qui servirent notamment les rois de France,  et veulent perpétuer l’histoire et la culture suisse. Ils participent à la fête depuis 1819.

 

Et l’on boit des vins blancs (chasselas le plus souvent)  et rouge (gamay,  parfois croisé  avec le reichensteiner (gamaret, garanoir), ou aussi le plant robert, variété épicée de gamay, lauréat de notre dégustation).

 

Des vins plaisants, mais difficiles à produire, et suisses, donc chers et qu’on ne verra guère à l’export ! Il faut donc en profiter sur place, coûte que coûte ! Et d’abord parcourir le vignoble, qui dévale les coteaux face au Léman.

vignoblelavaux

De village en village, de clos en clos les enseignes se succèdent.

 

 

et l’on peut croiser un vendangeur en bois.

vendangeurenbois

On admire le travail de l’artiste qui a sculpté sur le bois de cette porte l’effigie d’un aieul vigneron.

visageaieul

A Chexbres tout est prévu…

 

De retour à Vevey, on ne rate pas l’exposition de gravures d’Olivier Taramarcaz qui illustre l’ouvrage « Méditations viticoles – la vigne et le vin dans la Bible » de Nathalie Perrot.

cepceps

Et faute de visiter le musée historique fermé pour la circonstance, on se rabat sur l’Alimentarium proposé par Nestlé.

museedelalim

N’oublions jamais l’alcoolisme et ses ravages !