Représentée pour la première fois le 11 novembre 1882 au Théâtre des Bouffes à Paris, son livret est inspiré d’une nouvelle du Décaméron de Jean Boccace : La femme vaillante, qui raconte la revanche d’une épouse sur son mari volage et inconséquent.
Si nous en parlons, c’est qu’il s’y trouve un bref air à boire qui a sa place ici.
En joyeux et bons militaires, buvons, chantons, festoyons mes amis ! Ici gaiement vidons nos verres, en attendant les ennemis !
En voici un enregistrement par la classe de chant du conservatoire de sarreguemines en 2017
Il faut aller voir ça ! Digué lé que vengué mon bon !
Pour les amateurs, la partition complète est sur Gallica
c’est boire pauvrement, Boire à la Célestine C’est boire largement, Boire à la Jacobine, C’est chopine à chopine, Mais boire en cordelier, C’est vuider le cellier !
Cette chansonnette ancienne moque gentiment les façons des moines et religieux, grands buveurs au Treillis Vert de la rue Saint-Hyacinthe. Que est son sens, son histoire et sur quel air la chantait-on ?
Nous l’avons découverte dans Héloïse ouille !, déchirante histoire contée par Jean Teulé dont l’action se passe au 12ème siècle, ce qui semble assez anachronique, l’ordre des capucins ayant été créé au 16ème siècle.
Elles est citée par Charles Monselet, dans Gastronomie, récits de table (1874), et par le prince Pierre Dolgoroukow, dans ses Mémoires, à propos de Lestocq, un personnage étonnant rencontré à la cour de Russie… Elle figure dans la revue MELUSINE, recueil de mythologie, littérature populaire, traditions et usages, publié dans les années 1880 par H.Gaidoz et E.Rolland (tome 3 p 430), avec une variante pour le deuxième quatrain (boire à la Célestine/ c’est pinte sur chopine/ en carme et cordelier/c’est vider le cellier), impliquant les Carmes, que l’usage a oublié ; et une attestation en 1701 dans un cahier de collégien à Lyon.
L’air « boire à la capucine » est cité pour la recette des « fricandeaux en ragoût » dans « le Festin Joyeux ou la Cuisine en Musique« , de J. Le Bas, paru en 1739, qui invitait les dames de la Cour à cuisiner en chantant.
Et, bingo! l’air « boire à la capucine » se trouve en fin de volume :
La chanson daterait donc du 17 ème siècle ou de la fin du 16ème, comme sans doute la ronde enfantine « dansons la capucine » (que Jean Baptiste Clément connut enfant, avant d’en faire une chanson révolutionnaire).
Revenons aux capucins. Ces franciscains à capuche vivaient dans la pauvreté et ne buvaient donc guère. Ce n’était apparemment pas le cas des Célestins (bénédictins) et des Jacobins (dominicains).
Frank T’Hézan et sa bande réunie chaque année à Bruniquel ne risquaient pas grand chose à monter cette Belle Hélène, joyau de la couronne des oeuvres du Maître, loufoquerie d’une grande finesse toujours actuelle, dans le cadre splendide du château et avec le concours de la population locale.
Emmanuelle Zoldan dans le rôle d’Hélène, ça tombait sous le sens, Dominique Desmons en Ménélas, ça promettait, mais Christophe Crapez en Achille, Jeanne-Marie Lévy en Ajax 2, Aude Fabre en Oreste, voila qui était inattendu… et réussi !
On ne peut pas hélas citer tous les participants de la troupe, qui eurent l’occasion comme d’habitude de prolonger le spectacle, au cours des fameuses tables d’hôte, de leurs facéties et morceaux de bravoure jusqu’à potron-minet.
Mais venons en au fait. La fatalité poursuit la belle Hélène de Sparte qui résiste tant bien que mal aux assauts du berger Paris, fils du roi Priam de Troie. Vénus furieuse de voir ses plans contrariés , met au coeur des femmes de Grèce un immense besoin de plaisir et d’amour… Les maris quittent leurs femmes, les femmes quittent leur s maris, c’est une débâcle générale.
Montauban n’est qu’à quelques lieues de Bruniquel, et son musée Ingres Bourdelle mérite une visite. On peut y voir cette « enfance de Bacchus« , de Raymond Balze (1840)
et ce « Silène et les quatre saisons » de l’atelier de Jordaens (après 1640)
On peut admirer aussi ces « plaques Campana », céramiques antiques d’Italie centrale, du nom de leur collectionneur : des satyres vendangeurs et fouleurs. Un air de déjà-vu ?
Cette Bacchante au raisin d’Emile-antoine Bourdelle (1907)
Filons maintenant vers le nord, pour retrouver le château de Castelnau-Bretenoux où se jouait la Dame Blanche de François Adrien Boieldieu, sur un livret de Scribe, d’après Walter Scott, créé en 1825 et qui connut un immense succès.
Nous ne détaillerons pas l’argument (le retour d’un héritier légitime aux yeux des paysans au moment de la mise aux enchères du château familial hanté par une mystérieuse Dame Blanche) et filerons à la grande scène de l’hospitalité qui voit le héros adoubé comme parrain d’un nouveau-né.
II faut rire, il faut boire à l’hospitalité. A l’amour, à la gloire, Ainsi qu’à la beauté!
Une fois n’est pas coutume, le spectacle joué pendant la pandémie à Rennes a été mis en ligne, pour notre grand plaisir.
Août est déjà bien entamé et nous n’avons pas encore signalé l’émission de Clément Rochefort sur France Musique : « Au bout du goulot » consacrée aux chansons à boire.
Si beaucoup étaient connues des lecteurs du bon clos , il s’en est trouvé quelques autres.
Ainsi Vinum bonus et suave , parodie d’un cantique à la Vierge de Roland de Lassus, proposée le 4 juillet.
La version proposée par le choeur de chambre de Namur commence à 02m:18s
Le texte dit : « Vinum bonum et suave, nunquam bibi vinum tale, vinum cor lætificat », soit : « Vin bon et doux, jamais je n’ai bu un tel vin. Le vin réjouit le cœur »
En voici une autre version par le choeur Ex Cathedra, dir. Jeffrey Skidmore
Les amateurs de Carmina Burina ne confondront pas avec une autre oeuvre commençant par les mêmes mots, ci-dessous par l’ensemble Alegria
ou encore celle-ci dont l’accompagnement musical laisse mieux saisir les paroles
Le 6 juillet, c’est « quand la mer rouge apparut« , une des chansons à boire les plus connues du 18ème siècle qui était proposée. L’air fut repris par l’organiste et compositeur Michel Corrette pour en faire un chant de Noël nous dit-on. A moins que ce ne soit le contraire…
Le 7 juillet, nous avons eu droit à « Amis enivrons du vin d’Espagne en France » un air du 17ème d’Etienne Moulinié, que nous connaissons ; et à « quand je tiens ma chère bouteille », de Jean Boyer, violiste et compositeur de la même époque, (à 2m:18).
On en a retrouvé la partition.
Le 8 juillet, c’étaient des airs à boire du très sérieux Marc-Antoine Charpentier (dont le Te Deum est bien connu des téléspectateurs des années 60) : « Veux-tu Compère Grégoire » (à 1m:38s), et « Ayant bu du vin clairet » (par les Arts Florissants)
Voici aussi la version du château de Versailles de Compère Grégoire
De la même époque « Je ne mettrai plus d’eau dans mon vin » conte l’histoire d’un mari que le décès de sa femme libère…
la voici,(émission du 20 juillet), chantée par les Frères Jacques (à 1m:25s)
Un siècle plus tard, voici « l’enlèvement au sérail » du génial Wolfgang Amadeus, dont on connaît les savoureux airs à boire. Au cours de cet opéra-bouffe, le geôlier de 2 prisonnières du pacha Selim boit du vin (contenant un somnifère) offert par leurs amoureux qui se proposent de les enlever.
Vivat, Bachus! Bachus lebe! Bachus, der den Wein erfand! (Bachus, qui inventa le vin !
Revoici cette petite merveille de maître Jacques, (vue il y a quelques lustres au théâtre Marsoulan), mis en scène par le nivernais Théâtre du Temps pluriel, pour quelques semaines au festival off d’Avignon, au théâtre Girasole, tous les soirs (sauf les lundis) à 21h15 jusqu’au 30 juillet.
Le 9 juillet, c’était la première, et, vu de la salle, tout s’est passé à merveille. On a pu réentendre l’air du gril, bien sûr, et l’air à boire, un des plus beaux d’Offenbach : Ah ! versez, versez, versez encore ! Allez, allez jusqu’au bord…
L’histoire, s’il faut la résumer, c’est le huis clos amoureux d’un bellâtre (Franck Vincent), oncle d’un freluquet (Joris Conquet) qu’il a obligé à mettre fin à son amourette avec Pomme d’Api (étonnante et puissante Alice Fagard), laquelle, éplorée mais endurcie par l’épreuve, est envoyée comme bonne par le Pôle emploi de l’époque. On imagine la suite…
On ne reprochera pas au metteur en scène Olivier Broda d’avoir truffé le spectacle de gags et d’extraits d’air de griserie (la Périchole, le baron de la Vie Parisienne), c’est la coutume et la licence artistique permise, et il faut bien aller chercher les petites cuillers ! Mais quid du poème en allemand dit par Catherine ?
La réponse est arrivée : c’est le Wünschelrute de Eichendorff, clin d’oeil au Maître de la germaniste Alice
On n’omettra pas non plus de saluer la pianiste et directrice musicale Delphine Dussaux qui met aussi la main à la pâte… de la farce.
Merci à tous pour cette belle prestation !
Et en attendant des videos du spectacle, voici quelques airs sympathiques de productions plus anciennes.
On se souvient de ce petit pays de l’ex-Yougoslavie, entouré de montagnes et planté de vignes. Nous l’avons parcouru en 2016. Des circonstances favorables nous y ont ramenés.
Nous avons retrouvé Ljubliana et son charme austro-hongrois. Nous y avons été accueillis par Janesz, un membre de la ZDRUZENJE SLOVENSKEGA REDA VITEZOV VINA (l’Association de l’Ordre slovène des chevaliers du vin), grand amateur de vin bien sûr. Il est Vice-Président de la FICB (Fédération Internationale des confréries bachiques). Il nous a fait déguster un pinot noir domaine Jamešk de la vipavska dolina, vallée à l’ouest de la Slovénie jouxtant l’Italie où sont les meilleurs crus ;
Janesz nous présente aussi son ami Marin Berovič, un homme aux multiples talents : professeur d’université en biotechnologie, membre de jurys internationaux de dégustation, peintre, guide touristique… ; Marin est aussi Ambassadeur de sa Confrérie, le « Consulat de Slovénie de l’Ordo Equestris Vini Europae », où il nous accueillera le lendemain pour participer à un chapitre exceptionnel.
tableau de Marin Berovič, vignobles prés de la frontière italienne
Avant de rallier Celje, nous sommes entraînés au château qui domine la ville. Là nous rencontrons Milan Podgačnik, grand-maître (Ambassador) de la ZDRUZENJE SLOVENSKEGA REDA VITEZOV VINA, qui nous a invité à déjeuner. Docteur vétérinaire de formation, il été ministre de l’agriculture et promeut tant qu’il le peut les vins de son pays !
Le chemin de la gare passe par les jardins de la maison des écrivains, où se tenait un salon des vins effervescents (penečih vin). Nous en avons bu d’excellents, comme celui de Mika ou d’Anna…
A l’arrivée en soirée à Celje, à une heure de route, c’est Tomislav, Senator du Consulat Slovène de l’OEVE, qui nous accueille et nous remet un carton de pinot gris, des fois que nous aurions une petite soif.
Tomislav Kovačič inaugurant la journée
Le lendemain samedi, rassemblement des « légatures » venues de toute la Slovénie, ainsi que des délégations d’Autriche, de Croatie, de Slovaquie, d’Italie… qui vont défiler au son de l’harmonie jusqu’à l’église abbatiale Saint Daniel, lieu de la cérémonie.
Nous y rencontrons le Professeur Julij Nemanič, universitaire, longtemps représentant de son pays à l’OIV, qui va y recevoir le diplôme d’honneur de la FICB.
remise du diplôme d’honneur de la FICB à Julij Nemanič
Nous assistons aux intronisations de dizaines d’impétrants
et sommes charmés par le concert donné par deux harpistes.
C’est au Celjski Dom que sera servi le déjeuner attendu par tous. Mais il faudra auparavant boire le verre de la fraternité
avec les chanteurs du groupe Erosi
qui régalent le public de chants slovènes traditionnels, dont certains titres sont évocateurs.
– Mi Slovenci vinca ne prodamo (nous les slovènes ne vendons pas de vin, parce que nous savons bien boire. On se réunit, on est de bonne humeur, et on chante gaiement.)
Le repas gastronomique fut servi avec les vins ad hoc. On s’en convaincra en découvrant le menu
Ce déjeuner bien arrosé commencé vers 15h se termina vers 18h. Rentré à l’hôtel, le Professeur Sénateur Karl (historien officiant à Klagenfurt) nous a convaincu de partager une bouteille de ce pinot gris dont on a parlé plus haut.
Ce qui fut fait !
Terminons cette visite éclair en Slovénie avec quelques belles pièces découvertes dans les musées et échoppes.
Nous y avons cette fois-ci trouvé cette scène d’auteur inconnu représentant Bacchus en bonne compagnie.
Et voici un buveur, lui aussi d’auteur inconnu, du 17ème siècle (ces tableaux auraient été récupérés par les partisans à l’issue de la dernière guerre).
Ce jeton circulaire fait partie d’une série de 12 tous différents et représente un jeune homme buvant au tonneau ; il ne mesure que quelques centimètres de diamètre.
et voici quelques chopes et verres.
Ce n’est pas les mains vides, mais avec ce précieux rouge mousseux, offert par un grand amateur, issu de vignes de la région karstique au-dessus de Trieste, et élevé 10 ans sur lies,
chateau intanto
et avec le désir sincère d’y retourner, que nous quittons cette terre de vin et de miel.
tableau de marin berovič, qui prépare un séjour-découverte des vignes et des vins de Slovénie pour 2023
Voici une de ces « petites partitions dont personne ne veut plus, ou presque… » , mise en ligne par le maestro Jean-Christophe Keck. Mais si on en veut !
C’est une chanson des années 1860, de Paul Avenel (paroles)
et là un recueil plus consistant, où l’on peut trouver de nombreuses chansons de Paul Avenel aux titres attractifs, hélas sans la musique, comme :
Le bon vin (Le bon vin Est divin, Multiplions nos rasades ; Aux refrains des chansons Camarades, Gaîment buvons !), sur l’air de « vaut bien mieux moins d’argent »
La bouteille (Je vais célébrer la bouteille, Mes amis, pour boire avec vous.)
Buvons à l’amitié (Buvons à l’amitié ! Et, sans pitié Pour nos flacons, Faisons sauter tous les bouchons.)
Paris-Champagne (Paris-Champagne Est un vin divin.Pif! paf! tin tin! Vive Paris-Champagne !)
Le petit vin blanc (Mon âme est ravie ! Petit vin blanc sans pareil. Tu jettes dans ma vie Un rayon de soleil.)
etc.
Pour ne pas rester sur notre faim, voici un autre Paris-Champagne, chanté par Luis Mariano.
Paris, c’est du champagne, du champagne et de l’amour !
Au fait, que signifie boire sec ?
Le Robert indique : sans mettre d’eau, mais note aussi « boire beaucoup«
Il y a aussi la proximité de « cul sec », c’est à dire sans rien laisser au fond du verre, d’un coup sec pour la vodka par exemple…
(cf. Les bouches buvaient sec et parlaient beaucoup. — (Joseph Kessel, L’équipage, Gallimard, 1969, page 40),
Buvons sec ! Cet appel avait-il franchi l’Atlantique de l’autre côté duquel le poète louisianais Dominique Rouquette publiait en 1840 ses « Fleurs d’Amérique » ?
La voix de basse de Licence IV ressemblait vraiment aux chansons à succès de son groupe…
Aujourd’hui, 19 mai, je voudrais vous parler d’Olivier Guillot, mort le 19 mai 1993 à l’âge de trente-neuf ans.
Tout avait commencé dans un restaurant dont le patron se plaignait, en terminant la soirée avec quelques copains, de la rareté de nouvelles chansons à boire. Quelqu’un avait dit : « Et si on en faisait une ? »
Il y avait là trois amis de Patrick Sebastien, l’imitateur et animateur de télévision : Gilles Lecouty, dit Gillou, son accordéoniste, également compagnon de route de Pierre Perret et Renaud, Francis Vacher, qui s’occupait de sa sono en tournée, et Olivier Guillot, son secrétaire barbu – je précise, pour qu’on le reconnaisse sur les vidéos. Barbu et à la voix grave. Il gère aussi deux restaurants, dont le fameux Marcel Prout dans le XVe arrondissement de Paris, où sera tourné le clip de Viens boire un p’tit à la maison.
Dans cette vidéo, Olivier, Francis et Gillou vont se montrer tels qu’ils sont : bedaine, chemise à carreaux, bretelles et simplicité absolue des intentions – boire et chanter, boire et danser, boire et manger (un peu), boire et encore boire (beaucoup). Le refrain s’imposera dans toutes les mémoires : « Allez viens boire un p’tit coup à la maison / Y a du blanc, y a du rouge, du saucisson / Et Gillou avec son p’tit accordéon / Vive les bouteilles et les copains et les chansons ».
Ecoutez le podcast : Les Grands Macabres : Olivier Guillot ou le bonheur de la chanson à boire
Allez viens boire un p’tit coup à la maison Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson Et Gillou avec son p’tit accordéon Vive les bouteilles et les copains et les chansons
Pour pouvoir écrire le premier couplet On avait des crêpes au Grand Marnier Les crêpes étaient bonnes mais trop salées On s’est forcé, on a tout bu et on n’a rien mangé
Faut faire la cuisine sans être bourré Et cette fois y’a pas de premier couplet Pas se marrer et se mettre à chanter Y’a pas le vin, y’a pas le pain si y’a pas les copains
Allez viens boire un p’tit coup à la maison Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson Et Gillou avec son p’tit accordéon Vive les bouteilles et les copains et les chansons
Allez viens boire un p’tit coup à la maison Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson Et Gillou avec son p’tit accordéon Vive les bouteilles et les copains et les chansons
Nous on aime bien les chansons à boire Mais ce qui nous rendit un peu d’espoir C’est que t’en avais pas fini de la poire Qu’on s’est forcé, on a tout bu et on a rien mangé
On a tous fini complètement noirs C’était pas la fin de nos déboires J’arrive pas à mettre une suite à cette histoire Y’a pas le vin, y’a pas de pain si y’a pas les copains
Allez viens boire un p’tit coup à la maison Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson Et Gillou avec son p’tit accordéon Vive les bouteilles et les copains et les chansons etc.
N’en restons pas là, et évoquons Jules Jean Vanobbergen le grand Jojo, ce natif de Moleenbek que nous avons déjà rencontré, disparu à 85 ans en décembre dernier. Chantons avec lui « chef, un p’tit verre, on a soif ! ». Adieu Jojo !
En ces temps hivernaux, pensons à cette chaude boisson réconfortante consommée en Equateur et les pays andins voisins. C’est une infusion de cannelle additionnée de sucre de canne et bien sûr d’eau de vie du genre rhum. Un grog à la cannelle en quelque sorte. Il y a bien sûr des variantes.
El candelazo (« Abra la puerta señora ») est une chanson populaire équatorienne qui célèbre cette boisson. Voici la version des Chaucha Kings.
Mais on peut préférer la version du groupe chilien Inti Illimani !
Abra la puerta señora Sirvame me un canelazito Deme unito deme otrito Hasta quedar chumadito !
(Ouvrez la porte madame, servez-moi un petit candelazo,
donnez m’en un, donnez m’en deux, jusqu’à ce que j’ai la tête qui tourne !)
Voici encore une de ces oeuvres d’un jour du prolifique Offenbach, vite écrites, à peine jouées, déjà oubliées.
Jacques Offenbach
Curieusement, le seul article de wikipedia sur Luc et Lucette est en tchèque ! Luc et Lucette est une opérette pastorale, nous dit son biographe Jean-Claude Yon, jouée un soir de mai 1854 salle Herz, au cours de laquelle le maître, au violoncelle, avait régalé l’assistance des ses fantaisies et d’une « Hexentanz » (Danse des sorcières,« d’une bizarrerie indescriptible : on dirait une musique de colibri, jouée avec un cure-dent » selon le journaliste Jules Lovy). On aurait bien aimé voir ça !
L’infatigable Jean-Christophe Keck, qui explore depuis des années les archives du maître détenues par certains de ses descendants, a réussi à mettre la main sur cette oeuvre. Le livret est en ligne et nous y avons trouvé cet échange entre les deux protagonistes (un jeune homme et une jeune fille qui se retrouvent dans une même chambre et vont tomber amoureux… ils s’apprêtent à partager un repas).
Quel air pour chanter cela ? Il se trouve peut-être dans cet extrait de l ‘ouverture ?
C’est un peu frustrant. Accordons nous une petite consolation en écoutant Pierre Perret et son cul à lucette dont le titre un peu vulgaire ne doit pas occulter la grande sensibilité.
Le même document mis en ligne par le même Jean-Christophe Keck recèle une autre pépite bien cachée au sein d’une saynète jouée en 1855 aux Bouffes Parisiens, le Rêve d’une nuitd’été. Deux Englishmen, Master John et Captain Frog, en goguette a Paris courtisent Rosita… Ils vont boire du champagne…
Chanson.
Rosita.
Vin charmant dans ce cristal
Vin sans pareil !
John.
Sans égal
Grog.
Oh ! yes encor mioux que sans égal
Rosita.
Son mérite est bien goûté
C’est la gaité !
John.
La gaité !
Grog.
Biouvons la gaité !
Rosita.
Vin joyeux ! on choisit
Même parmi les meilleurs crus d’Espagne
Vin joyeux on choisit
Pour raviver le plaisir
Un semblable élixir !
John.
Oh ! Très bien ! c’est le vin !
Rosita.
C’est le vin des amours
Grog.
O ! Très bien ! very good ! le bon vin
Very good ! Very good ! etc.
Rosita.
Sans le champagne
Qui battrait gaiment la Campagne
Sans le champagne
Qui donc pourrait rire toujours !
Ensemble. Rosita, John et Grog.
Sans le champagne ! Very good ! very good !
John.
Haow ! que c’était jôli !
Grog.
Oh ! mademoiselle Miousette encor une petite paragraphe !