vignerons clamartois d’antan

Grâce au travail du généalogiste Pierre Vesseron, nous avons pu accéder à une base généalogique comportant noms, filiation, profession, dates clés, compilés à partir des registres d’état-civil clamartois.

Nous avons pu ainsi en extraire une liste de 1392 vignerons clamartois -et de communes voisines- (et aussi 128 vigneronnes dont la profession commence à être précisée avec la Révolution) pour une période allant de la fin du 16ème siècle au début du dix-neuvième, soit un peu plus de 200 ans (cette base est complète sur la période 1625-1792).

En 1790, la base recense ainsi  à Clamart et alentours 321 vignerons âgés de plus de 15 ans, pour  4223 personnes vivant à cette date (mais pas nécessairement à Clamart, la population de l’époque étant autour d’un millier).

Voila qui confirme l’importance de la culture de la vigne à Clamart qui, avec ses 110 hectares de vignes, produisant 1650 hectolitres de vin vers 1800,  prit le nom de Clamart le Vignoble à la Révolution.

ecuclamart

Nous retrouvons bien des noms familiers, dont des rues de Clamart portent le nom : Brissard, Corby, Gogue, Franquet ( nom aussi du Clos situé en cette rue), Abraham (la cave de la confrérie des vignerons de Clamart s’appelle ainsi), Chefdeville, Hebert, Hevin, Bonnelais…

Au cours de siècles, nous pouvons suivre les « romans familiaux », les unions entre ces familles, les naissances, nombreuses mais aux vies souvent si brèves…

On apprend qu’un Pierre Franquet vécut entre 1686 et 1752, un Pierre Corby entre 1598 et 1652, un autre entre 1672 et 1737…

(liste des vignerons disponible en fin d’article)

Un nom attire notre attention : celui de Claude Ancelin (1733-1797). Ce vigneron fut montré du doigt pour son impiété par l’évêque de Troyes, Mgr Etienne Antoine de Boulogne, dans un ouvrage que notre Grand-Maître du Clos de Clamart Michel Laroque est allé déterrer dans les arcanes d’Internet :

mélangesClaude Ancelin serait mort dans sa vigne, sur la voie de Paris « près la Croix-Fion », lieu-dit qui se situerait vers la rue Gambetta du côté de la Fourche.

actededécèsred(document fourni par M.Vesseron et transmis par Madame Jullemier, de la société d’Histoire de Clamart)

L’évêque y vit la main de Dieu qui aurait voulu d’un seul coup punir le mort et instruire les vivants !

surlamortd'unvigneron(on peut lire la suite là)

Liste des vignerons clamartois, extraite de la base généalogique de M.Vesseron

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Au camp des Milles

Ce camp d’internement, puis de déportation est ouvert au public depuis l’an dernier.

Il vit passer plus de 10 000 internés originaires de 38 pays, dont 2000 juifs qui furent déportés à Auschwitz via Drancy et Rivesaltes.

Certains étaient artistes, comme le peintre Karl Bodek, qui réalisérent les étonnantes peintures murales du réfectoire des gardiens.

S’étonnera-t-on si certaines évoquent la vigne et le vin ?

Et si l’humour, cette « politesse du désespoir« , n’est jamais loin ?

Si vos assiettes ne sont pas très garnies… Puissent nos dessins vous calmer l’appétit, est-il écrit.

Salute ! semble dire cet italien du « banquet des nations »

Cette peinture laisse perplexe : personnages de carnaval (noter le panier de raisin), au centre une bouteille d’eau de Seltz, au fond les ombres de bouteilles…

Et voici le « petit bar du camp« , oeuvre de Wols

présenté dans le cadre d’une exposition sur les peintres du camp :

CRÉER POUR RÉSISTER : BELLMER, MAX ERNST, SPRINGER, WOLS
DES ARTISTES AU CAMP DES MILLES, jusqu’au 15 décembre 2013

1258, l’année terrible

Gelées, grêle, sécheresse, humidité, froid, maladies… Chaque année les vignerons tremblent pour leur précieuse récolte. Qualité et quantité dépendent de tous ces aléas, mais aussi, on le verra, du travail, de la vigilance, de l’expérience et de l’intelligence des vignerons.

L’an 1258 est de ce point de vue emblématique. Ce fut une année terrible, qui ne connut pas d’été, les fruits ne poussèrent pas, le foin pourrit, avec pour conséquence famine et maladies. On dit qu’à Londres un tiers de la population mourut.

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En ce temps de vendanges..

 

On ne saurait mieux dire ! Ces vers sont de Ronsard, qui a traduit en vers français l’hymne à Bacus, écrit en latin par Jean Dorat.Celui-ci préférait le latin, et le grec…

C’est le mentor de la Pléiade, nous dit-on sur le site pantherspirit.com. C’est le plus important poème français consacré à Bacchus de la Renaissance, apprend-on.

L’hymne est dédié à Jean Brinon, fameux mécène héritier d’une immense fortune, qui vécut entre 1520 et 1555, chéri des poètes et des humanistes. Comme dit Ronsard :

Te serai-je toujours redevable, Brinon ?
Je pensoi estre quitte en paiant un canon,
Une dague, un Bacus, un verre, une alumelle,
Et voicy de rechef une debte nouvelle.

En quelques trois cent vers, il raconte l’histoire du dieu, sa « naissance » à Thèbes où Junon, furieuse de l’infidélité de Jupiter, fit avorter sa mère Sémélé, sa gestation dans la cuisse de Jupiter, l’ « accouchement » en Arabie, puis son envoi à Nyse auprès des nourrices Ippe, Inon, Athame et Mélicharse. Comment il échappa de nouveau à la fureur de Junon qui voulait le faire manger par une chienne…. Et comment

« soudain tu fus fait
D’un jeune enfant qui tette un jouvenceau parfaict ».

La rencontre décisive avec le bouc,

Sans ce père cornu tu n’eusses point trouvé
Le vin, par qui tu as tout le monde abreuvé.
Un grand bouc qui broutait la lambrunche sauvage :
Et soudain qu’il eut bien de la vigne brouté,
Tu le vis chanceler comme yvre d’un costé…
A l’heure tu pensasqu’une force divine
Estoit en cette plante, et bêchant sa racine,
Songneusement tu fis ses sauvages raisins
En l’an suivant d’après adoucir en bons vins
 

Le départ en char, talonnant Silene, entouré des Ménades, Pans, Sylvans, Lenes, Thyades, faisant « grand bruit de corps et de tabours » pour « enseigner aux humains l’usage de ton vin« . Les mille noms qu’il reçoit, et parmi ceux-ci « Bacus le Vendômois« , car

« Tu vins camper ton ost au bord gauche de l’onde
De mon Loir, qui pour lors de ses couteaux voisins
Ne voyait remirer en ses eaux les raisins »
« (Miracle) tout soudain fertile, elle produit
La vigne hérissée en feuilles et en fruit
Là ta main provigna une haute coutiere
Qui de ton nom Denys eut nom la Denysiere »

 Restons en là.

Le texte intégral, en latin et en français, est publié sur gallica,

et disponible intégralement ici

 

l’animateur des temps nouveaux

C’était une feuille d’inspiration libérale qui paraissait tous les vendredis avant-guerre. Notre ami Jean, vigneron clamartois, nous en a fait passer un exemplaire qui traite du vin et de l’alcoolisme..

L’article date d’octobre 1931. A 80 ans de distance, on ne peut que constater que l’argumentaire « pour lr vin, contre l’alcoolisme » n’a pas pris une ride. Alors que la prohibition faisait  rage de l’autre côté de l’Atlantique comment ne pas convenir de rester dans « l’équilibre français et la modération, génie français » ?

Et que dire de cette mise en garde aux buveurs d’eau, passant la cinquantaine, contre les hémorragies cérébrales, « fréquemment observées »?

A noter aussi cette information sur la ration du trappiste, élevée à 1 litre de vin par jour, (quand Saint Benoit n’accordait, du bout des lèvres, qu’une demi hémine -un quart de litre), et son effet sur la santé!

 

Historiettes

Pomponne de Bellièvre vivait au 16ème siècle et fut chancelier de France, sous Henri IV. Ce devait être un franc buveur et plaisant homme, si l’on en croit ce qu’en rapporte Gédéon Tallemant des Réaux

dans ses Historiettes :

Tallemant de Réaux, avec ses historiettes que l’on peut trouver  sur gallica , voulait contribuer à l’histoire de son temps. Voici une autre anecdote riche d’enseignements à propos d’un amateur de bon vin, M.Mulot, de Paris, qui avait été fait par Richelieu chanoine de la Sainte-Chapelle.

Aujourd’hui, en nos temps républicains et démocratiques où il n’y a plus de valets, à qui se confier ?

la règle de saint Benoît

Que buvait-on dans les couvents et autres monastères ?

On sait ce qu’il en était chez les moines de Saint Bernardin. En voici une version franco-anglaise par les Limeliters.

L’ancêtre de cette chanson est antérieure au 16ème siècle, apprend-on sur le site de Xavier Hubaut. C’est : « Nous sommes de l’ordre de Saint Babouyn »

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Marseille 2013

Voici une ville souvent mal connue, décriée, où il fait bon muser un jour de beau temps (et il y en a !). Voici quelques belles choses découvertes tout récemment.
A l’exposition Regards sur la Provence au Musée du même nom tout juste inauguré, on peut encore voir jusqu’au 16 juin


lou gusta (le repas des paysans) , de Jean Alphonse Moutte peintre naturaliste (1840-1913).

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