Voici un poème d’Alexandre Pouchkine qui fait froid dans le cou !
Heureusement, les russes ont un moyen radical de se réchauffer.
Pouchkine à sa table de travail par Piotr Konchalovski
Ce blog est la chronique, dédiée à la vigne et au vin, d'un viticulteur amateur ivre de "fun" et de beauté.
Le temps du vin et des roses…
C’est notre amie et consoeur de Suresnes Laurence Masson qui nous a fait découvrir, lors d’une jam session à Autour de midi et minuit (un bar à jazz de Montmartre), cette chanson qu’elle a dédiée en notre honneur à la Confrérie du Clos de Clamart. Classe !
Days of Wine and Roses (1962- musique H.Mancini, paroles J.Mercer) a été chanté dansle film éponyme de Blake Edwards (l’histoire assez triste d’un alcoolique qui entraine dans sa (re)chute sa jeune épouse). Elle nous dit la nostalgie des temps heureux où l’on tombe amoureux.
Depuis quand mousse le vin de Champagne et qui l’a inventé ?
Certainement pas Dom Perignon à qui cette invention fut attribuée un temps.
En fait, ça coûte de le dire, ce sont les Anglais ! Ils mettaient eux-mêmes en bouteilles (qu’ils savaient faire solides) le vin de Champagne qu’ils importaient en tonneau et qu’ils savaient faire mousser.
On en trouvera une démonstration accablante sur le site maisons-champagne.com (voir le passionnant article du colonel François Bonal,
ou encore dans celui de Bruno Duteurtre dans Bulles & Millésimes. Il faut citer aussi la note historique de Benoît Musset sur les origines de l’effervescence (considérée souvent comme un défaut), qui fait remonter jusqu’à l’antiquité égyptienne son ancienneté.
Une façon de comprendre l’histoire est de retrouver les mentions du Champagne dans la littérature.
( poème parodique de Samuel Butler inspiré par Don Quichotte écrit dans les années 1660) ne convainc qu’à moitié :
Drink every letter on’t in stum / And make it brisk champaign become
On parle là d’un champagne « vif » que deviendrait, en imagination semble-t-il, le moût bu à la santé de l’aimée (une coupe pour chaque lettre de son nom selon la coutume antique).
Plus explicite est cet air à boire chanté dans « the man of mode » de George Etheredge qui date de 1676, louant le « sparkling champaign » qui remet rapidement sur pied les amants languissants, nous rend espiègles et gais et noie toute peine…
mise en scène moderne
SIR FOPLING:Fill the glasses round, and draw up in a body. Hey! music! [all singing]
The pleasures of love and the joys of good wine To perfect our happiness wisely we join.
We to beauty all day / Give the sovereign sway, /And her favourite nymphs devoutly obey.
At the plays we are constantly making our court, And when they are ended we follow the sport,
To the Mall and the Park, / Where we love till ’tis dark;
Then sparkling champagne / Puts an end to their reign;
It quickly recovers /Poor languishing lovers,
Makes us frolic and gay, and drowns all our sorrow; /But, alas! we relapse again on the morrow.
Let ev’ry man stand/ With his glass in his hand,
And briskly discharge at the word of command. Here’s a health
to all those / Whom to-night we depose:
Wine and beauty by turns great souls should inspire. / Present altogether, and now, boys, give fire!
On aimerait bien en connaitre la musique !
Witty! Oh by the Universe I must be witty. I’ll drink no∣thing else; I never was witty in all my life. I love Jokes dearly.—Here, Club, bring us a Bottle of what d’ye call it? the witty Liquor.
Deux nouvelles qui illustrent tant les méfaits que le bon usage que l’on peut faire de la boisson, voila ce que nous avons trouvé dans cet ouvrage écrit au quinzième siècle.
Les cent nouvelles nouvelles (aussi appelées cent nouvelles du roi Louis XI) ont été commandées par le duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui reçut le manuscrit en 1462. Ce sont cent histoires drolatiques, attribuées à des auteurs divers, et largement inspirées du Décaméron de Boccace paru un siècle plus tôt. On trouvera la version intégrale sur Gallica (édition de 1858).
La sixième est intitulée un Hollandais au Paradis (ou encore l’yvroigne au Paradis)

Elle nous conte comment un ivrogne menaça de mort un prieur qui ne le voulait confesser, puis, assuré d’aller au Paradis, exigea d’être mis à mort, puis enterré.
La quarante-et-unième nouvelle est l’amour en armes, eu égard aux étranges façons d’un chevalier, encore appelée la coustume des clercs. Celle-ci consisterait à boire du vin après les grâces (dites en fin de repas), et donc avant de se livrer aux plaisirs de la chair. Mais laissons les lecteurs du Bon Clos découvrir cela.
Le graveur Pablo Flaiszman, rencontré au dernier salon d’automne, expose à nouveau à la galerie l’Echiquier, 16 rue de l’échiquier, Paris 10ème (les samedi et dimanche après-midi, du 15 janvier au 14 février). On pourra y voir cette « aquatinte » en plongée dont se dégage un fort sentiment de solitude.
On pourrait penser « à Goya pour les hardiesses de l’aquatintiste et à Rembrandt pour la fascination du contre-jour », si l’on suit Valérie Sueur-Hermel (Conservateur en chef au département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France).
Merci Pablo, continue sur cette voie…
Chers amis du bon clos,
Cette année c’est avec le Pouvoir de Satan, de l’artiste américain Dave Lebow (découvert à l’exposition Hey III à la Halle Saint Pierre), que le Bon Clos vous adresse ses meilleurs voeux.
Il vous rappelle à cette occasion quelques articles que vous auriez pu manquer.
Riez aux larmes avec nos dessinateurs disparus (charlie-meme-pas-mort et ronald-searle)
Célébrez les-trente-ans-du-musee-du-vin fêtés en janvier dernier, les-15-ans-de-cocorico/ (Comité de Coordination des Confréries d’Ile de France) à Notre Dame en juin, et (re)vivez le passage-de-relais-a-la-confrerie-du-clos-de-clamart/ où un grand-maître a chassé l’autre.
Ne vous départissez pas de votre bonne humeur avec ces quelques-epitaphes de buveurs bien sûr.
Découvrez les artistes croisés au-gmac-a-la-bastille, à art-shopping/ et au-salon-dautomne.
Chantez avec Raymond Souplex buvez-du-vin-et-vivez-joyeux/, et la-coupe-du-roi-de-thule avec Jean Fragerolle.
BONNE ANNEE
Une étape à Delft nous rappelle que les méfaits de l’alcoolisme sont combattus depuis longtemps.
Puis c’est La Haye qui, après la médiévale Anvers, offrirait plutôt un air de modernité. C’est au Mauritshuis, ancienne demeure du comte Jean Maurice de Nassau Siegen qui la fit édifier, que nous pouvons admirer les collections royales.
L’essentiel de ce qui nous intéresse date du 17ème siècle, avec notamment les oeuvres du grand Jan Steen, et de son ami Frans van Mieris. Il y a beaucoup de vie, et il ne faut pas s’étonner si certaines scènes ont déjà été traitées par d’autres peintres.
Cette allégorie de l’automne (vers 1750) siège au-dessus d’une porte.
Ce n’est pas de la bière que boivent ces mangeurs d’huitres dans ce verre délicat (Frans van Mieris, 1681)
ni celle-ci d’ailleurs (Jan Steen,vers 1660)
et que boivent ceux-ci ? (scène de maison galante, Frans van Mieris 1658)
et que boit ce docteur en visite (Jan Steen, vers 1660)
Quoi de mieux qu’un petit verre sous la treille ? (Jan Baptist Weenix, vers 1660, paysage italien avec auberge, détail)
Ces néerlandais aiment faire la fête au village (David Winkboons, 1629)
Boire et faire de la musique en famille, voilà l’idéal (As the old sing, so pipe the young , Jan Steen1665) ; on ne sait pas trop si l’auteur conseille ou déconseille ce comportement. Jordaens avait traité ce sujet en 1640.
mais il ne faut pas rouler dessous la table (Paysans ivres à l’auberge, Adriaen Brouwer vers 1625)
En voici une qui n’en est pas loin !
Ce dernier tableau est connu sous le titre « A pig belongs in the sty« ,( Jan Steen, années 1670).
Nous voici partis vers le Nord, bien résolus à ne boire que de la bière. Certes, la vigne y a poussé, on en trouve encore ici ou là, mais de bon vin on n’en fait guère, alors que de la bière…
Le bierhuis Kulminator, à Anvers, est une bonne adresse pour en déguster des centaines
accompagné par le roi Baudoin et la reine Fabiola (tableau d’origine inconnue inspiré du roi boit)
C’est un lieu plein de charme, où il fait bon jouer aux dominos ou méditer.
Autre lieu magique, De Vagant, dédié au genièvre, autre grande spécialité des Flandres. On y en propose plus de 200.
Que font ces dessins sur Coppenol Straat, hommage à Picasso ?
Voici un banc sculpté vu à la vitrine d’un antiquaire
et une tête de faune au fronton d’un édifice
Cette copie de tableau trône dans la salle à manger du B&B De Baron, titre et auteur inconnu
Plusieurs musées abritent des oeuvres passionnantes, représentant souvent des scènes de vie : le musée Mayer Van der Bergh (collection d’un grand amateur) ; la maison de Rubens ; la Rockoxhuis, où sont les trésors du musée royal, en réfection. En voici quelques pièces
jeune couple allégorique de Christiaen van Couwerbergh (1642)- détail
Rubens, faune et nymphe (début 17ème)
12 proverbes flamands – représentés par Breughel l’ancien- fin 16ème sur des assiettes de bois.
Celui-ci veut dire : « Boire jusqu’à l’ivresse, réduit à la pauvreté, déshonore le nom et mène à la ruine »
Ces paysans au coin du feu ont l’air de bien s’amuser, sans doute une scène de bordel de Pieter Aertsen(1556)
Voici trois buveurs de Pieter de Bloot (mi 17ème)
la fête chez Hérode, de Rubens (détail)
et une collection de verres.
Entrons dans la maison de Rubens. Dans le jardin, cette statue de Bacchus a un air de déjà-vu

Voici un paysan buvant d’Adriaen Brouwer (début 17ème)
et le sommeil de Silène, bronze doré et lapis lazuli de Frans Duquesnoy
Voici maintenant, dans la collection du musée royal, une pièce maîtresse, la fête des archers du maître de Francfort (fin 15ème) peinte sur une commande de la guilde anversoise de l’Oude Voetboog.
En regardant bien, on y boit dans tous les coins.
hommes et femmes, même les enfants..
On reconnait ici une fête de la Saint-Martin. Elle est de Pieter Balten
(On connait celle de Brueghel son contemporain)
Ci-dessous la kermesse flamande, de David Teniers le Jeune
et enfin, ans une série des cinq sens, voi le goût, de Gonzales Coques
La maison de l’imprimeur tourangeau Plantin abrite toujours une vigne séculaire, qui, disait Emile Verhaeren il y a un siècle, festonne avec ténacité. C’est toujours le cas semble-t-il (ci-dessous photo de la vigne en été)
Cette passionnante maison d’imprimeur recèle une superbe tapisserie d’Oudenaarde représentant une partie de campagne (« verdure« ). La voici avec quelques détails.
On peut voir actuellement et jusqu’au 10 janvier une exposition des oeuvres d’Eduardo Arroyo à l’Hôtel des Arts de Toulon.
« Né à Madrid en 1937, peintre, graveur, lithographe, sculpteur et décorateur de théâtre, il est le représentant majeur de la figuration narrative et de la nouvelle figuration espagnole qui se développa en Europe au début des années 1960 »
On peut y admirer cette « gran prostituta de Babilonia« , figure mystérieuse de l’Apocalypse de Jean, souvent représentée. Cette toile qui date de 2003 est destinée à illustrer la Bible (sic) . Assise sur la bête aux sept têtes et dix cornes, cette femme, richement vêtue, tient dans sa main une coupe d’or pleine d’abominations…
Etonnant, non ? (Et surtout ne pas rater ce Don Quichotte au style très contemporain)
…ne fait pas forcément le bonheur des autres, il s’en faut de beaucoup. Mais quand c’est « pour de faux » comme au cinéma, ou pas vraiment grave, il peut faire rire. On ne compte pas les émissions de télé sur les chutes les plus drôles.
En voici une, terrible si l’on y pense, au rayon vins d’un supermarché.
Ceux-la (Superior Discount Liquors à Sheboygan -Wisconsin) l’ont pris avec bonne humeur. Apprécions la musique (when the wine is gone de Rink Hardin, encore une chanson country sur l’absence et la souffrance « quand il n’y a plus de vin »))
Notre comité de rédaction a décidé de ne pas mettre en ligne la video d’un mariage adressée par l’ami Hervé. Trop horrible ! Lecteur du bon clos, Sache seulement que si tu veux prendre une coupe sur une pyramide de coupes de champagne, il faut commencer par le haut !