Days of Wine and Roses

Le temps du vin et des roses…

C’est notre amie et consoeur de Suresnes Laurence Masson qui nous a fait découvrir,  lors d’une jam session à Autour de midi et minuit (un bar à jazz de Montmartre), cette chanson qu’elle a dédiée en notre honneur à la Confrérie du Clos de Clamart. Classe !

laurencemassonDays of Wine and Roses  (1962- musique H.Mancini, paroles J.Mercer)  a été chanté dansle film éponyme de Blake Edwards (l’histoire assez triste d’un alcoolique qui entraine dans sa (re)chute sa jeune épouse). Elle nous dit la nostalgie des temps heureux où l’on tombe amoureux.

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Aux origines du Champagne

Depuis quand mousse le vin de Champagne et qui l’a inventé ?

Certainement pas Dom Perignon à qui cette invention fut attribuée un temps.

Moët_&_Chandon_Dom_Perignon_Sculpture_2  En fait, ça coûte de le dire, ce sont les Anglais ! Ils mettaient eux-mêmes en bouteilles (qu’ils savaient faire solides) le vin de Champagne qu’ils importaient en tonneau et qu’ils savaient faire mousser.

On en trouvera une démonstration accablante sur le site maisons-champagne.com (voir le passionnant article du colonel François Bonal,

bonalou encore dans celui de Bruno Duteurtre dans Bulles & Millésimes. Il faut citer aussi la note historique de Benoît Musset sur les origines de l’effervescence (considérée souvent comme un défaut), qui fait remonter jusqu’à l’antiquité égyptienne  son ancienneté.

Une façon de comprendre l’histoire est de retrouver les mentions du Champagne dans la littérature.

  Cette citation d’Hudibras

HudibrasButler1744( poème parodique de Samuel Butler inspiré par Don Quichotte écrit dans les années 1660) ne convainc qu’à moitié :

Drink every letter on’t in stum / And make it brisk champaign become

On parle là d’un champagne « vif » que deviendrait, en imagination semble-t-il, le moût bu à la santé de l’aimée (une coupe pour chaque lettre de son nom selon la coutume antique).

Plus explicite est cet air à boire chanté dans   « the man of mode » de George Etheredge qui date de 1676, louant le « sparkling champaign » qui remet rapidement sur pied les amants languissants, nous rend espiègles et gais et noie toute peine…

mise en scène moderne

SIR FOPLING:Fill the glasses round, and draw up in a body. Hey! music! [all singing]

The pleasures of love and the joys of good wine To perfect our happiness wisely we join.
We to beauty all day / Give the sovereign sway, /And her favourite nymphs devoutly obey.
At the plays we are constantly making our court, And when they are ended we follow the sport,
To the Mall and the Park, / Where we love till ’tis dark;
Then sparkling champagne / Puts an end to their reign;
It quickly recovers /Poor languishing lovers,
Makes us frolic and gay, and drowns all our sorrow; /But, alas! we relapse again on the morrow.
Let ev’ry man stand/ With his glass in his hand,
And briskly discharge at the word of command. Here’s a health
to all those / Whom to-night we depose:
Wine and beauty by turns great souls should inspire. / Present altogether, and now, boys, give fire!

On aimerait bien en connaitre la musique !

Quelques années plus tard ( en 1681), Thomas Otway fait parler un des personnages de la comédie The souldier’s fortune de ces vins pétillants et doux de Champagne, dont chaque verre évoque de charmantes beautés…
soldiers_fortune_gunter
I have seen thee in a large pavilion, drowning the heat of the day in champagne wines, sparkling sweet as those charming beauties whose dear remembrance every glass recorded
Voici encore un dialogue savoureux trouvé dans « Love and a Bottle  » de George Farquhar (1698).
Quelle boisson irait le mieux avec vos beaux habits ? Laquelle est le plus à la mode ?
Le Champagne, je suppose. C’est une bon breuvage, que tous les beaux messieurs boivent pour avoir de l’esprit !
Champaigne is a fine Liquor, which all you great Beaux drink to make ’em witty.

Witty! Oh by the Universe I must be witty. I’ll drink no∣thing else; I never was witty in all my life. I love Jokes dearly.—Here, Club, bring us a Bottle of what d’ye call it? the witty Liquor.

La messe est dite.
Quant à  la littérature française, vers 1700 l’abbé Guillaume Amfrye de Chaulieu aura ces vers,
Viens, Phylis, avec moi viens passer la soirée.
Qu’à table les Amours nous couronnent de fleurs ;
De myrte, comme toi, que leur mère parée
Vienne de mon esprit effacer ces noirceurs :
Et toi, père de l’alégresse,
Viens à l’ardeur de ma tendresse,
Bacchus, joindre ton enjoûment ;
Viens sur moi d’une double ivresse
Répandre tout l’enchantement.
À l’envi de tes yeux vois comme ce vin brille.
Verse-m’en, ma Phylis, et noye de la main,
Dans sa mousse qui pétille,
Les soucis du lendemain
.

Il n’importe, c’est le Français qui remporte la mise, car comme dit Voltaire  « De ce vin frais l’écume pétillante / De nos français est l’image brillante. » (in Le mondain, 1736).
voltaire
Allons souper.
Que ces brillants services,
Que ces ragoûts ont pour moi de délices !
Qu’un cuisinier est un mortel divin !
Chloris, Eglé, me versant de leur main
D’un vin d’Aï dont la mousse pressée,
De la bouteille avec force élancée,
Comme un éclair fait voler le bouchon ;
Il part, on rit ; il frappe le plafond.
De ce vin frais l’écume pétillante
De nos Français est l’image brillante.
 Après lui, les émules ne se comptent plus. Citons pour le plaisir Jean-François de le Harpe
et son « projet d’orgies » qui semble dater de 1774 (cité dans Anecdotes secrètes du 18ème siècle« ).
 projetdorgiespardelaharpe

cent nouvelles nouvelles

Deux nouvelles qui illustrent tant les méfaits que le bon usage que l’on peut faire de la boisson, voila ce que nous avons trouvé dans cet ouvrage écrit au quinzième siècle.

facsimilecouleur1ereeditionLes cent nouvelles nouvelles (aussi appelées cent nouvelles du roi Louis XI) ont été commandées par le duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui reçut le manuscrit en 1462. Ce sont cent histoires drolatiques, attribuées à des auteurs divers, et largement inspirées du Décaméron de Boccace paru un siècle plus tôt. On trouvera la version intégrale sur Gallica (édition de 1858).

La sixième est intitulée un Hollandais au Paradis (ou encore l’yvroigne au Paradis)

résumé1ereeditionElle nous conte comment un ivrogne menaça de mort un prieur qui ne le voulait confesser, puis, assuré d’aller au Paradis, exigea d’être mis à mort, puis enterré.

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La quarante-et-unième nouvelle est l’amour en armes, eu égard aux étranges façons d’un chevalier, encore appelée la coustume des clercs. Celle-ci consisterait à boire du vin après les grâces (dites en fin de repas), et donc avant de se livrer aux plaisirs de la chair. Mais laissons les lecteurs du Bon Clos découvrir cela.

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mémoire d’ombres

Le graveur Pablo Flaiszman, rencontré au dernier salon d’automne, expose à nouveau à la galerie l’Echiquier, 16 rue de l’échiquier, Paris 10ème (les samedi et dimanche après-midi, du 15 janvier au 14 février). On pourra y voir cette « aquatinte » en plongée dont se dégage un fort sentiment de solitude.mémoiredombres2

On pourrait penser « à Goya pour les hardiesses de l’aquatintiste et à Rembrandt pour la fascination du contre-jour », si l’on suit Valérie Sueur-Hermel (Conservateur en chef au département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France).

Merci Pablo, continue sur cette voie…

Meilleurs voeux pour 2016

Chers amis du bon clos,

Cette année c’est avec le Pouvoir de Satan, de l’artiste américain Dave Lebow (découvert à l’exposition Hey III à la Halle Saint Pierre), que le Bon Clos vous adresse ses meilleurs voeux.

pouvoirdesatandetailIl vous rappelle à cette occasion quelques articles que vous auriez pu manquer.

Riez aux larmes avec nos dessinateurs disparus (charlie-meme-pas-mort et ronald-searle)
Célébrez  les-trente-ans-du-musee-du-vin fêtés en janvier dernier,  les-15-ans-de-cocorico/ (Comité de Coordination des Confréries d’Ile de France) à Notre Dame en juin, et (re)vivez le passage-de-relais-a-la-confrerie-du-clos-de-clamart/ où un grand-maître a chassé l’autre.
Ne vous départissez pas de votre bonne humeur avec ces  quelques-epitaphes de buveurs bien sûr.
Découvrez les artistes croisés  au-gmac-a-la-bastille, à art-shopping/ et au-salon-dautomne.
Chantez avec Raymond Souplex buvez-du-vin-et-vivez-joyeux/, et la-coupe-du-roi-de-thule avec Jean Fragerolle.

BONNE ANNEE

 

A la Haye

Une étape à Delft nous rappelle que les méfaits de l’alcoolisme sont combattus depuis longtemps.

alcoolismedelftPuis c’est La Haye qui, après la médiévale Anvers, offrirait plutôt un air de modernité. C’est au Mauritshuis, ancienne demeure du comte Jean Maurice de Nassau Siegen qui la fit édifier, que nous pouvons admirer les collections royales.

L’essentiel de ce qui nous intéresse date du 17ème siècle, avec notamment les oeuvres du grand Jan Steen, et de son ami Frans van Mieris. Il y a beaucoup de vie, et il ne faut pas s’étonner si certaines scènes ont déjà été traitées par d’autres peintres.

Cette allégorie de l’automne (vers 1750) siège au-dessus d’une porte.

allégoriedelautomnevers1750Ce n’est pas de la bière que boivent ces mangeurs d’huitres dans ce verre délicat (Frans van Mieris, 1681)

dansun bordelfransvanmierisIni celle-ci d’ailleurs (Jan Steen,vers 1660)

Steen_Oyster-eaterv1658steenet que boivent ceux-ci ? (scène de maison galante, Frans van Mieris 1658)aubordelet que boit ce docteur en visite (Jan Steen, vers 1660)

visitedudocteurjansteenv1660Quoi de mieux qu’un petit verre sous la treille ? (Jan Baptist Weenix, vers 1660, paysage italien avec auberge, détail)paysageitalienjanbaptistweenix1658Ces néerlandais aiment faire la fête au village (David Winkboons, 1629)

fetepopulairedavidvinckboons1629Boire et faire de la musique en famille, voilà l’idéal (As the old sing, so pipe the young , Jan Steen1665) ; on ne sait pas trop si l’auteur conseille ou déconseille ce comportement. Jordaens avait traité ce sujet en 1640.

quandlesvieuxboiventlesenfantstrinquent1665steen  mais il ne faut pas rouler dessous la table (Paysans ivres à l’auberge, Adriaen Brouwer vers 1625)   paysansivresalaubergeadriaenbrouwerv1625En voici une qui n’en est pas loin !apigbelonginthestysteenv1668Ce dernier tableau est connu sous le titre « A pig belongs in the sty« ,( Jan Steen, années 1670).

A Anvers

Nous voici partis vers le Nord, bien résolus à ne boire que de la bière. Certes, la vigne y a poussé, on en trouve encore ici ou , mais de bon vin on n’en fait guère, alors que de la bière…

Le bierhuis Kulminator, à Anvers, est une bonne adresse pour en déguster des centaines

biereskulminatordans un décor houblonesque

kulminatoraccompagné par le roi Baudoin et la reine Fabiola (tableau d’origine inconnue inspiré du roi boit)

leroiboitaukulminatorC’est un lieu plein de charme, où il fait bon jouer aux dominos ou méditer.

stbernardusAutre lieu magique, De Vagant, dédié au genièvre, autre grande spécialité des Flandres. On y en propose plus de 200.

devagantQue font ces dessins sur Coppenol Straat,  hommage à Picasso ?

coppenolstraat1au mode de vie français ?

influenceferancaise? Voici un banc sculpté vu à la vitrine d’un antiquaire

fruitsdemarbreet une tête de faune au fronton d’un édifice

tetedefauneCette copie de tableau trône dans la salle à manger du B&B De Baron, titre et auteur inconnudebaron    Plusieurs musées abritent des oeuvres passionnantes, représentant souvent des scènes de vie : le musée Mayer Van der Bergh (collection d’un grand amateur) ;  la maison de Rubens ; la Rockoxhuis, où sont les trésors du musée royal, en réfection. En voici quelques pièces

familledétail jeune couple allégorique de Christiaen van Couwerbergh (1642)- détail

faunederubens  Rubens, faune et nymphe (début 17ème)proverbe12 proverbes flamands – représentés par Breughel l’ancien- fin 16ème sur des assiettes de bois.

Celui-ci veut dire : « Boire jusqu’à l’ivresse, réduit à la pauvreté, déshonore le nom et mène à la ruine »

Ces paysans au coin du feu ont l’air de bien s’amuser, sans doute une scène de bordel de Pieter Aertsen(1556)scènedebordelVoici trois buveurs de Pieter de Bloot (mi 17ème)troisbuveursdepieterdeblootla fête chez Hérode, de Rubens (détail) venuseténéedegerarddelairesseet une collection de verres.verresEntrons dans la maison de Rubens. Dans le jardin, cette statue de Bacchus a un air de déjà-vu

statuebacchussculpteurfauneVoici un paysan buvant d’Adriaen Brouwer (début 17ème)paysanbuvantadriaenbrouweret le sommeil de Silène, bronze doré et lapis lazuli de Frans Duquesnoy

lesommeilm de silenefransduquesnoyVoici maintenant, dans la collection du musée royal, une pièce maîtresse, la fête des archers du maître de Francfort (fin 15ème) peinte sur une commande de la guilde anversoise de l’Oude Voetboog.

fetedarchersEn regardant bien, on y boit dans tous les coins.

archers detail1 archersdetail2hommes et femmes, même les enfants..

archersdetail4 archersdetail3  On reconnait ici une fête de la Saint-Martin. Elle est de Pieter Baltensaintmartin(On connait celle de Brueghel son contemporain)saintmartindetail1 saintmartindetail2 saintmartindetail3 saintmartindetar  Ci-dessous la kermesse flamande, de David Teniers le Jeune

devantlaubergeet enfin, ans une série des cinq sens, voi le goût, de Gonzales CoquesencoreunbuveurLa maison de l’imprimeur tourangeau Plantin abrite toujours une vigne séculaire, qui, disait Emile Verhaeren il y a un siècle, festonne avec ténacité. C’est toujours le cas semble-t-il (ci-dessous photo de la vigne en été)

vigneplantinCette passionnante maison d’imprimeur recèle une superbe tapisserie d’Oudenaarde représentant une partie de campagne (« verdure« ). La voici avec quelques détails.

tapisserieplantintapisserieplantindetail  autretapisseriedetail

 

Eduardo Arroyo

On peut voir actuellement et jusqu’au 10 janvier une exposition des oeuvres d’Eduardo Arroyo à l’Hôtel des Arts de Toulon.

« Né à Madrid en 1937, peintre, graveur, lithographe, sculpteur et décorateur de théâtre, il est le représentant majeur de la figuration narrative et de la nouvelle figuration espagnole qui se développa en Europe au début des années 1960 »

On peut y admirer cette « gran prostituta de Babilonia« , figure mystérieuse de l’Apocalypse de Jean, souvent représentée. Cette toile qui date de 2003 est destinée à illustrer la Bible (sic) . Assise sur la bête aux sept têtes et dix cornes, cette femme, richement vêtue, tient dans sa main une coupe d’or pleine d’abominations…

lagranprostitutadarroyoEtonnant, non ? (Et surtout ne pas rater ce Don Quichotte au style très contemporain)

donquichottedarroyo

 

le malheur des uns…

…ne fait pas forcément le bonheur des autres, il s’en faut de beaucoup. Mais quand c’est « pour de faux » comme au cinéma, ou pas vraiment grave, il peut faire rire. On ne compte pas les émissions de télé sur les chutes les plus drôles.

En voici une, terrible si l’on y pense, au rayon vins d’un supermarché.

Ceux-la (Superior Discount Liquors  à Sheboygan -Wisconsin) l’ont pris avec bonne humeur. Apprécions la musique (when the wine is gone de Rink Hardin, encore une chanson country sur l’absence et la souffrance « quand il n’y a plus de vin »))

Notre comité de rédaction a décidé de ne pas mettre en ligne la video d’un mariage adressée par l’ami  Hervé. Trop horrible ! Lecteur du bon clos, Sache seulement que si tu veux prendre une coupe sur une pyramide de coupes de champagne, il faut commencer par le haut !