two more bottles of wine

Faisons une incursion dans la Country avec cette chanson de Delbert McClinton qui date de 1979, two more bottles of wine. Elle a été chantée par Emmylou Harris.

Mon chéri s’est tiré et m’a laissée là, mais tout va bien, car il est minuit et j’ai encore deux bouteilles de vin.

We came out west together with a common desire
The fever we had migtha set the West Coast on fire
Two months later got trouble in mind
Oh my baby moved out and left me behind
But it’s all right ’cause it’s midnight
And I got two more bottles of wine
The way he left sure turned my head around
Seemed like overnight it just up and put me down
Well I ain’t gonna let it bother me today
I’ve been workin’ and I’m too tired anyway
But it’s all right, midnight
And I got two more bottles of wine
Well I’m sixteen hundred miles from the people I know
Have been doin’ all I can but opportunity sure come slow
Well I’d be in the sun all day
But I’m sweepin’ out a warehouse in West L.A.
But it’s all right ’cause it’s midnight
And I got two more bottles of wine
I’m sixteen hundred miles from the people I know
Been doin’ all I can but opportunity sure come slow
Lord, I’d be in the sun all day
But I’m sweepin’ out a warehouse in West L.A.
But it’s all right ’cause it’s midnight
And I got two more bottles of wine
Yes, it’s all right ’cause it’s midnight
And I got two more bottles of wine
Yes, it’s all right ’cause it’s midnight
And I got two more bottles of wine

Dans la même veine country, mais moins « rocky », voici une chanson de Merle Haggard  qui date de 1966 (et fut chantée aussi par Emmylou Harris) : The bottle let me down

(Ce soir la bouteille m’a laissé tomber, et le souvenir  du seul ami que je pensais avoir trouvé, est revenu)

Each night I leave the bar room when it’s over
Not feeling any pain at closing time
But tonight your memory found me much too sober
I can’t drink enough to keep you off my mind
Tonight the bottle let me down
And let your memory come around
The one true friend I thought I’d found
Tonight the bottle let me down
I’ve always had a bottle I could turn to
And lately I’ve been turnin’ everyday
But the wine don’t take effect the way it used to
And I’m hurtin’ in an old familiar way

Voici enfin le même Merle Haggard (et George Jones) et son Yesterday’s wine, chanson plutôt encourageante qui dit qu’avec le temps, nous prenons de l’âge comme le vin d’hier.

au Musée de l’Homme

Le musée de l’Homme vient de rouvrir ses portes, après avoir pris un coup de neuf.

Nous y avons trouvé ce curieux dessin de la période du bovidien (néolithique), d’après une peinture rupestre saharienne (Tassili n’Ajjer, en Algérie) , représentant des buveurs de bière se livrant à un rituel, nous dit-on.

buveursMais était-ce vraiment de la bière ?

Le site beer studies (planète bière), dans un article sur la naissance de la brasserie en Afrique, indique que la bière est née « il y a 9000 ans au Proche-Orient, en Chine et plus tard dans d’autres régions du globe comme l’Inde, l’Afrique nilotique, l’Europe et  finalement l’Amérique », mais, dans le cas qui nous occupe,  trouve « présomptueux de nommer ces boissons (vin de datte, bière de céréales, hydromel, lait fermenté ?), ni même de croire qu’elles ont nécessairement subies une fermentation alcoolique. Parmi les peuples pasteurs, le lait et l’hydromel prédominent. »

Nous restons donc sur notre soif !

Chez Paul

Ce Paul dont nous parlons est rue de Charonne, derrière la Bastille. On y dîne excellemment (Ah ! la tentation de Saint-Antoine !), et il y a plein de choses à y voir.

On connait cette affiche de SEM vantant la Bénédictine

bénédictinemais pas ce tableau signé Gérard Ram (?)

gérard remCet homme buvant ne dit pas qui l’a peint

hommebuvantni celui-ci

tableauVoici enfin un tableau dont nous avons identifié l’auteur :  Bénédicte Bucher dont on verra les oeuvres dédiées à la table là)

bucherEt que dire de ce bas-relief portant la mention Penser ?

bas-relief PenserNe dirait-on pas deux anges pensifs, un verre à la main ?

 

Onze perd en conjectures

Voici, vu chez un ami fin gastronome, un tableau qui trône dans sa salle à manger. Il est de Michèle Benamou.

benamouCe thème inspire bien des peintres, nous en avons rencontrés des hyper-réalistes (voir ici et ), on se souvient aussi de Martine Gonnin et Pierre-Jean ou encore des bouteilles de Magritte.

Mais pour les âmes portées sur la religion, ce tableau évoquera certainement la Cène, bien qu’il manque deux bouteilles. La Scène se situerait donc après la Passion.

Et pour les sportifs, ce sera plutôt le Onze de France posant fièrement verre au pied. Sans doute la troisième mi-temps !

Bref, « onze perd en conjectures »…

la coupe du roi de thulé

Nous avons déjà croisé la route du roi de Thulé et de sa coupe, lors d’un concert au Musée de Cluny il y a une paire d’ans. Nous l’empruntons à nouveau, étant tombés par hasard sur une Légende du Nord en 10 chants, intitulée Le Roi de Thulé (musique de Jean Fragerolle, Poème de Desveaux Vérité) qui doit dater de 1908,

thulé1et dont le neuvième chant nous intéresse fort.

(le site ombres-et-silhouettes. nous informe que cette oeuvre pouvait être représentée sous forme de théâtre d’ombres)

thulé2Thulé est une île légendaire située quelque part en Islande ou aux alentours de la Norvège, dont on dit qu’elle fut découverte par Pytheas vers -330. Elle inspira Goethe, qui en 1774 écrivit Der König in Thule (le Roi de Thulé), qu’il incorporera dans Faust, et qui fut traduit par Nerval (voir en fin d’article)

L’histoire tient en peu de mots : sentant la mort venir, le Roi de Thulé jeta au flot la coupe d’or qu’il tenait de son amante disparue, et jamais ne devait plus boire.

Voici la partition du chant 9 de Fragerolle.

thulé3 thulé4

Ce poème inspira de nombreux musiciens et compositeurs comme Schubert, Berlioz, Liszt, Schuman, Gounod…

Voici une très belle version par Karl Friedrich Zelter, sur un air populaire (volkslied) dont nous ne connaissons pas l’auteur, illustrée d’images du film de Fritz Lang les Niebelungen.

Et voici la composition de Schubert (1816), chantée par Hermann Prey

Et voici l’air de Marguerite (la Callas) dans Faust de Gounod

et la version de Robert Schumann, par le choeur 43

et celle de Berlioz (la damnation de Faust, autrefois un roi de Thulé…) par Yvonne Minton

et celle de Liszt, par Vörös Szilvia

qui encore ?

On trouvera les traductions de Nerval ici et

Le poète Jules Laforgue en commit une version très personnelle et assez iconoclaste.Nous lui préférons la tendre expression de louise ackermann

Au vieux roi de Thulé sa maîtresse fidèle
Avait fait en mourant don d’une coupe d’or,
Unique souvenir qu’elle lui laissait d’elle,
Cher et dernier trésor.
Dans ce vase, présent d’une main adorée,
Le pauvre amant dès lors but à chaque festin.
La liqueur en passant par la coupe sacrée
Prenait un goût divin.
Et quand il y portait une lèvre attendrie,
Débordant de son cœur et voilant son regard,
Une larme humectait la paupière flétrie
Du noble et doux vieillard.
Il donna tous ses biens, sentant sa fin prochaine,
Hormis toi, gage aimé de ses amours éteints ;
Mais il n’attendit point que la Mort inhumaine
T’arrachât de ses mains.
Comme pour emporter une dernière ivresse.
Il te vida d’un trait, étouffant ses sanglots,
Puis, de son bras tremblant surmontant la faiblesse»
Te lança dans les flots.
D’un regard déjà trouble il te vit sous les ondes
T’enfoncer lentement pour ne plus remonter :
C’était tout le passé que dans les eaux profondes
Il venait de jeter.
Et son cœur, abîmé dans ses regrets suprêmes,
Subit sans la sentir l’atteinte du trépas.
En sa douleur ses yeux qui s’étaient clos d’eux-mêmes
Ne se rouvrirent pas.
Coupe des souvenirs, qu’une liqueur brûlante
Sous notre lèvre avide emplissait jusqu’au bord,
Qu’en nos derniers banquets d’une main défaillante
Nous soulevons encor,
Vase qui conservais la saveur immortelle
De tout ce qui nous fit rêver, souffrir, aimer.
L’œil qui t’a vu plonger sous la vague éternelle
N’a plus qu’à se fermer.
Louise Ackermann, Contes et poésies (1863)

 

Buvez du vin et vivez joyeux

C’était, en 1933, l’injonction du Ministère de l’Agriculture, qui éditait cette affiche de Leonetto Capielloleonettocappiello33Il s’agissait sans doute de promouvoir la viticulture française, à une époque où l’on était moins regardant sur les méfaits de l’alcool.

Est-ce cette campagne qui donna l’idée à Raymond Souplex (bon dieu ! mais c’est bien sûr !), et Georges Matis de composer la fantaisie musicale du même titre, en 1935, pour la Revue des Deux Anes ?

Nous l’avons retrouvée dans les Quarts d’Heure de Rabelais *,

les-quarts-d-heure-de-rabelaisune publication humoristique d’inspiration gastronomo-éroto-bachique parue en 1949 sous l’égide de l’Académie Rabelais** que nous a diligentée l’ami Alain, merci à lui. La voici :

buvez1 buvez2 buvez3 buvez4* Pour la petite histoire, le quart d’heure de Rabelais est « le moment où il faut payer la dépense d’une consommation quelconque »

Quart-Heure-Rabelais-2** Quant à l’Académie Rabelais, c’est une compagnie de bons vivants (elle a pour objet d’encourager chez ses membres et leurs amis le respect des principes du Maître François RABELAIS: le rire, l’ironie, la farce, la chanson joyeuse, le bien penser, le gai savoir, et bien sûr le bien manger et le bien boire) qui compte ou a compté dans ses rangs des gens aussi illustres que Curnonsky,  Kleber Haedens, Henri Jeanson… qui s’étaient retrouvés  à Lyon pendant l’Occupation. (Voir son histoire là). Elle décerne annuellement un prix littéraire (qui eut entre autres pour lauréats René Fallet en 1980 pour sa Soupe aux choux, François Cavanna pour les yeux plus grands que le ventre, Alphonse Boudard pour la fermeture, Jacques Pessis pour son Pierre Dac,  Pierre Perret…) , et la Coupe du Meilleur Pot de Beaujolais (attribué à l’ami Jacques Mélac en 1981, au Vin des Rues en 1989…)

 

 

le vin de Bagnolet

Aristide Bruant fut un auteur prolifique, nous en avions déjà publié le vin de la comète, voici qu’aujourd’hui nous tombons sur celui de Bagnolet, déterré par nos amis du Musée du Vin, et retrouvé également sur Gallica, où on peut l’écouter avec l’orchestre et les choeurs d’Alain Goraguer.

Certes il y eut des vignes à Bagnolet comme dans toute l’Ile de France, même si l’on n’en entend plus guère parler. L’abbé Lebeuf écrit en 1754 dans son Histoire de la Banlieue Ecclésiastique que « tout est presque planté de vignes » dans le Parc de Bagnolet. Le petit vin se vend bien aux barrières ; à la Révolution les vignerons demandent le réaménagement des taxes sur leur petit vin gris à l’entrée  dans Paris (cf l’histoire de la ville).

Mais le vin de Bagnolet, c’est toute une histoire, la voici.

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L’histoire du vin de Bagnolet (1883), c’est toute une histoire, qui nous rappelle le grand metingue du metropolitain, de la même époque (1887) une grande histoire aussi ! La voici, chantée par Stéphane Branger