le triomphe de Michaelina

Ce triomphe-là est celui de Michaelina Wautier, une femme peintre qui vécut au 17ème siècle en Flandres, et fut reconnue de son vivant, puis oubliée, ses oeuvres étant souvent attribuées à son frère Charles dont elle partageait la vie.

Regardons bien en haut à droite cette femme qui, seule, nous fixe.

autoportrait de Michaelina Wautier

 C’est bien elle, si l’on se fie à son autoportrait ! Une exposition lui est consacrée cet été au MAS (museum aan de stroom), à Anvers.

Le vin & la musique à la Cité du Vin

Vin et Musique, l’un ne va pas sans l’autre, le vin pousse à chanter, et chanter donne soif ! (A vrai dire c’est un ménage à trois, car il y a un troisième larron, l’Amour, qui n’est jamais loin !)

nature morte aux instruments de musique et verres de vin, Eugène Appert 1848

Voila pour légitimer la très belle exposition que nous sommes allés voir à Bordeaux, dans cet étonnant carafon dont nous avons déjà parlé.

Dès l’abord on voit des signes prémonitoires comme ces grandes bouteilles trônant sur les terrasses d’un édifice voisin.

Tableaux, objets décoratifs, instruments de musique, livrets et partitions… sont rassemblés là en nombre pour cette exposition. Et l’on peut  aussi écouter de la musique de diverses époques, allant des airs à boire de la Renaissance aux grands airs d’opéra et aux goguettes du  19ème siècle.

Commençons par quelques tableaux. Nombre honorent Bacchus comme ce Triomphe de Bacchus de Nicolaes Moeyaert (1624) qui s’est amusé à représenter des types contemporains de paysan, soldat, ou vieillard réputés bons buveurs…

et ces Bacchanales de Michel-Ange Houasse (1719)

et de Jacques Blanchard (1636)

On aura remarqué les tambourins, omniprésents sur ces tableaux.

On voit aussi des scènes d’auberges où l’on boit au son du violon

scène d’auberge, attribuée à Jan Steen

buveurs devant une auberge italienne, Johannes Lingelbach 1650-5

des poètes attablés (ci-dessous Piron, de Jacques Autreau, début 18ème),

(NB : le verre en haut à gauche ne fait pas de la lévitation, il est suspendu à un patère)

des buveurs jouant de la musique

joyeuse compagnie de Dirck van Baburen, 1623

et des musiciens buvant !

Eau forte de Jean 1er Leblond d’après Gerrit van Honthorst (17ème siècle), qui préfère le vin à la musique semble-t-il.

Quoique l’harmonie soit belle
Des instruments dont je me sers
Je quitte les plus beaux concerts
Pour boire une liqueur pareille
Car quoique l’on dise j’aie mieux
Un vin qu’un accord curieux
réunion de buveurs de Nicolas Tournier vers 1615-20
(voir le contraste entre l’élégance des buveurs du premier plan et la gloutonnerie de ceux de l’arrière-plan)

On porte des coupes en escortant le boeuf gras

le cortège du boeuf gras, dit la fête du vin, vers 1640
(remarquer le mini-violon, appelé pochette, joué par le personnage le plus à gauche)
et le cortège du bélier, lors du Carnaval de la Courtille par exempleCurieuse scène d’intérieur que cette chambre de rhétorique (anonyme, vers 1659).

Populaires en Flandres aux 17ème siècle, on s’y retrouvait pour composer poèmes et chants, débattre et philosopher, boire et faire la fête. On nous y fait remarquer Calvin, Luther qui joue du luth, des représentants de diverses confessions reconnaissables à leur costume.

Passons à la 3ème dimension avec cet autre Triomphe de Bacchus (terre cuite en ronde bosse) que l’on doit à Louis-Simon Boizot (vers 1772)

Cette cruche à vin représentant une noce paysanne vient de Wallonie (1600-10). Elle est en grès gris et étain.

Voici une bouteille de vin en faïence de Nevers représentant une bacchanale (vers 1680)Le cavalier juché sur ce tonnelet de faïence nous dit en vers : « Je veux boire jusqu’à demain/ puisque je suis le dieu du vin/ et tant que mon tonneau durera/ monsieur Rivin en boira »Ce superbe instrument peint de toutes parts est un virginal double (il y a un deuxième clavier au-dessus du premier). Il date de 1580 et a été fait à Anvers par Martinus van der Biest.

Et voici une tête de Bacchus ornant une basse de viole (Michel Collichon, 1689)

Venons en maintenant à l’autre dominante de l’exposition, la musique écrite.

Cette assiette (Roue 1740) fera la transition. On y lit

pour passer doucement ma vie
avec mon petit revenu
amis je fonde une abbaye
et je la consacre à Bacchus

On trouve cette chanson dans ce recueil d’ariettes et chansonnettes de table et à danser (18ème siècle)

Nous aimons bien le 3ème couplet :

je veux qu’en ce lieu chaque moine
qui viendra pour prendre l’habit
apporte pour tout patrimoine
longue soif et bon appétit

Voici maintenant, dans un recueil d’airs sérieux et à boire imprimé en 1729, « Avec du vin endormez-nous« , le fameux canon de Rameau (qui sera repris dans le ballet Anacréon), qui montre que le maître de l’harmonie n’était pas dénué d’humour.

Le recueil suivant date de 1718

Divin sommeil par vos charmes puissants endormez tout le monde…
Mais à présent qu’avec ce vin nouveau je travaille à rougir ma trogne…
Gardez vous bien d’endormir un ivrogne occupé à vuider son tonneau

Dans un autre recueil nous lisons

verse verse verse
à longs traits ce nectar si doux
si bacchus nous jette à la renverse
verse verse verse
l’amour aura soin de nous…

Nous voici en 1713 avec ce recueil de chansons et vaudevilles de Dailichamps

Bacchus d’heureuse mémoire
Dit un jour à ses enfants
Croyez moi l’on ne peut boire
Assez tôt ni trop longtemps
Suivons suivons tour à tour
Bacchus et l’Amour

Voici encore une chanson joliment illustrée.

Le fameux Diogène philosophe d’Athènes…

vivait dans un tonneau
Cela nous signifie
Que la philosophie
Ne s’apprend point dans l’eau

Malheusement sans musique, voici le recueil général des chansons du capitaine Savoyard, par lui seul chantées dans Paris. C’était au 17ème siècle un fameux chanteur des rues, du nom de Philippot, aveugle de par son ivrognerie disait-il. On peut en trouver une édition  sur gallica.

Accourez filles et garçons/écoutez bien notre musique…

Il a composé de nombreuses chansons à boire. Que doit-on préférer, le vin ou la musique ? On retrouve ici le point de vue violoniste vu plus haut.

Ca buvons c’est assez chanté
Il faut penser à nos bouteilles
J’aime mieux boire une santé
Que laisser charmer mes oreilles
Plus près de nous voici un recueil de chansons de Vadé Jean-Joseph, chansonnier qui vivait au 18ème siècle,
Nous ne pouvons rien trouver sur la terre
qui soit si bon ni si beau que le verre…
et
que mon flacon
me semble bon
sans lui
l’ennui
me nuit
me suit
Plus près de nous encore, voici des chansons de Pierre Capelle (1775-1851), l’homme qui ressucita le Caveau, célèbre goguette, et publia des centaines d’airs notés dans la Clé du Caveau. Un petit air de ressemblance...
Buvons, amis, et buvons à plein verre ;
Enivrons-nous de ce jus divin !

Voici enfin musique et vin réunis avec cette joyeuse Rocambole, ou Baccanale au sujet de la paix (1679, fin de la guerre de Hollande qui aura duré 7 ans)

Enfin apres la Guerre et ses tristes allarmes
La Paix, l’aimable Paix, vient étaler ses charmes,
Et rétablir le Calme en ces paisibles lieux ;
On n’y voit que festins, tout respire la Joye
Dans le jus du Raisin le noir Chagrin noye,
Et chacqu’vn à trinquer s’excite à qui mieux mieux.
Ces Peuples ennemis que l’vnion rassemble
Quittant leurs differens
pour s’accorder ensemble,
Tous vnanimenent ont mis les armes bas ;
Et s’il y reste encor quelqu’image de Guerre
Leurs plus grans démeléz et leurs plus fiers combats
Se font entre les plats la bouteille, et le verre
    On n’a pas pu tout dire, ni tout montrer. Mais il reste encore quelques semaines pour voir cette belle expo qui se termine le 24 juin.             

 

Chapitre de la fleur chez les Echansons de France

Il faut saluer l’initiative des Echansons de France qui ont décidé cette année de célébrer la floraison de la vigne avec un chapitre nouveau. Certes nous étions un peu en avance le 26 mai, mais qu’importe.

Une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel du Grand-Maître Claude Josse. Quatre furent intronisées. Le repas qui suivit fut à la hauteur de la réputation du Caveau des Echansons, où la grande Pipetière Monique Josse préside toujours à l’accord mets-vins.

échange avec le Grand-Maître Claude, sous l’oeil de la Grande Pipetière

On eut droit bien sûr aux Gaillac du Château Labastidié, propriété des Echansons. Mais deux vins, un blanc et un rouge, furent ensuite proposés en dégustation à l’aveugle pour accompagner daurade et canard. Deux participants, qui avaient tous deux suivi les cours d’oenologie de la Grande Pipetière,  ont identifié correctement un   Beaujolais 2016 (Chardonnay) et un saint-Emilion 2014, ce qui n’était pas si évident.

les gagnants, Kelly et Maurice !

Contrerimes

En poésie, les contrerimes désignent une façon de versifier, avec typiquement des quatrains aux rimes embrassées (ABBA) et de structure métrique croisée (8-6-8-6 par exemple). Paul Jean Toulet, qui vivait il y a un eu plus d’un siècle, en fut l’inventeur. Il appartenait à un groupe de poètes appelé l’Ecole fantaisiste dont le succès  fut de courte durée en raison de la Grande Guerre.

Evidemment, aujourd’hui, après les surréalistes, pataphysiciens et autres oulipiens, cela ne surprend guère. Il reste que certaines sont charmantes, et pas déplacées sur ce blog pensons nous.

C’était sur un chemin crayeux
Trois châtes de Provence
Qui s’en allaient d’un pas qui danse
Le soleil dans les yeux.

Une enseigne, au bord de la route,
— Azur et jaune d’œuf, —
Annonçait : Vin de Chateauneuf,
Tonnelles, casse−croute.

Et, tandis que les suit trois fois
Leur ombre violette,
Noir pastou, sous la gloriette,
Toi, tu t’en fous : tu bois…

C’était trois châtes de Provence,
Des oliviers poudreux,
Et le mistral brûlant aux yeux
Dans un azur immense.

Dans Romances sans musique, celui-ci est en heptamètres :

Un chemineau navarrais
Nous joua de la guitare.
Ah ! Que j’aimais la Navarre,
Et l’amour, et le vin frais.

On aime bien aussi cette injonction des Coples

Eh, jeûnes à ta faim d’aimer si le déboire
te suffit. Mais c’est être fou de ne plus boire.

les bacchantes de Corot

Jean-Baptiste Camille Corot est surtout connu pour ses paysages, conservant ses portraits dans le secret de son atelier. On peut en voir un certain nombre en ce moment au musée Marmottan. Nous y avons découvert quelques attachantes bacchantes.Ci-dessus la bacchante au tambourin, ou encore le repos (1860). Elle repose sur une peau de panthère (attribut bachique) et l’on voit en arrière plan que les libations vont bon train.Celle-ci, la bacchante à la panthère, un peu antérieure, peut surprendre, avec cet oiseau mort nonchalamment offert à la bête. Une « mise en scène néovénitienne qui réactive la fusion de la femme et de la nature », nous explique-t-on…

Brocante à Bordeaux

lithographie (vers 1910)

Venus à Bordeaux pour l’exposition Vin et Musique à la Cité du Vin, nous sommes tombés sur cette brocante, place des Quinconces. Voici quelques intéressants objets vus la-bas.

Voici une belle plaque de fonte, à restaurer.

Voyez comme le relief est plus important au premier plan, accentuant ainsi l’effet de volume, nous fait-on remarquer.

Ces deux paysans semblent en peine controverse. Que tenait la paysanne en sa main ?

Ces bons pères ont la belle vie, semble-t-il…

et ces putti aussi

Voici une famille heureuse (tableau attribué à Teniers)

Ce portrait est accompagné d’un miroirstatue de fière vendangeuse

Superbe assiette représentant un triomphe bachiqueCette assiette-la viendrait d’Alsace et est plus récente.

Que vient faire ici la potasse ? « le potassium est un élément essentiel pour la croissance de la vigne » , et « parmi la composition minérale du vin, le potassium se retrouve en quantité de 0,7 à 2 % par litre » (on en saura plus en lisant le dico du vin ou encore sur le site de l’institut francais de la vigne ; voir aussi ce dossier sur le potassium et la viticulture)

Terminons avec quelques objets « utilitaires » comme cette lampe

      et ce superbe écrin à carafes en forme de piano    Ce masque a été vu au dessus de la porte d’un potier dans le beau village de Castelmoron d’Albret, à quelques lieues de là.

Souvenirs de guerre

De la guerre, ceux qui ne l’ont pas connu en ont en tête les terribles épreuves. Sans toujours imaginer que ceux qui l’ont vécu, au péril de leur vie, ont parfois su garder le sourire.

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François Le Lionnais (1901-1984), était une personnalité disparate aux multiples talents : passionné de littérature et de sciences, il fut poète, écrivain, ingénieur, chef d’entreprise, champion d’échecs, mathématicien, fondateur de l’Oulipo, mais aussi combattant et résistant.


Un autre oulipien, Olivier Salon, a tenté de reconstituer sa vie dans une passionnante « tentative de recollement d’un puzzle biographique » : le disparate François Le Lionnais.

Nous y avons dégotté cette anecdote piquante dont la source serait un livre du Colonel Remy « Autour de la plage Bonaparte« .

Affecté au laboratoire de chimie d’un hôpital dans les Ardennes en septembre 1939, il y fut cantonné avec une quinzaine d’autres lors de l’arrivée imminente des Allemands, en mai 40, pour « enterrer les morts« . Prenant la direction des opérations, il chargea ses camarades d’aller chercher du ravitaillement en ville où, leur avait-on dit, « tout ce qui reste est à vous« , en leur recommandant de ramener du champagne et de prendre « le plus cher« .

« Nous n’étions pas assez nombreux et on travaillait vingt heures par jour. Aussi, j’avais soigné les menus. Dans ces cas-là, on a une très grande capacité de buvaison (*). Je me souviens d’un repas particulièrement soigné : chacun avait pour commencer une petite bouteille de Porto, ensuite on accompagnait au Bourgogne blanc, et chacun pouvait boire une bouteille entière, ensuite Bourgogne rouge, toujours une bouteille chacun, enfin café et alcools. Personne n’a été ivre. Tout le monde était enchanté de ma gestion. Tout a très bien marché…« 

* terme du parler des gones lyonnais

(extrait du Glossaire des gones de Lyon, d’Adolphe Vachet)

chapitre de printemps du Clos de Clamart

En voici un Chapitre que l’on n’oubliera pas !

Le temps était superbe ce samedi 21 avril. 18 Confréries s’étaient donné rendez-vous. Plus de 120 personnes étaient annoncées au « déjeuner dansant » qu’allait animer Jacky. Une compagnie de percussionnistes allait faire bouger les rues de Clamart.

On allait voir ce qu’on allait voir !

Mais il suffit parfois d’un grain de sable pour enrayer le plus fin mécanisme. Nous y viendrons…

Dès neuf heures, les participants furent accueillis à la salle des fêtes, alpha et oméga de la manifestation.

Il y avait là « Il crâss djotte« (mangeurs de chou)  d’Houzelettes venus de Belgique
les talmeliers d’Anjou et d’Ile de France

 

 


et les maîtres chouquetiers du Gâtînais et les vieilles murailles de Mantes la Jolie

 

 

 

 

 

 


ainsi que les chevaliers de l’étoile des arts audoniens et les chevaliers de Bacchus de Bagneux

 

sans oublier les compagnons du Beaujolais (devoir parisien) et les coteaux de l’Yvette de Palaiseau, bras dessus, bras dessous

La Grappe Yerroise et les 3 Grappes de Villiers sur Marne

 

Les coteaux de Sucy en brie, les compagnons d’Irminon de Combs la Ville

les compagnons du haricot de Soissons et la Confrérie de la Féronne Haute (Rosny ss bois)

et Suresnes !
et le cep du Médoc de Saint-Romain du Bordelais !

Nous avions la municipalité avec nous en la personne de Claude Laurans, maire-adjoint (en civil ci-dessus avec le Grand Maître Marcel)

Les percussionnistes du groupe Batuca’chics (percussions d’origine brésilienne : de batucada) entraînèrent le cortège et mirent le feu dans les rues de Clamart.

Vrai, ça déménage !

Au retour, après les photos de groupe


l’on procéda au Chapitre proprement dit. Onze nouvelles recrues, présentées par le Grand Chancelier Paul, furent intronisées par le Grand-Maître Marcel et rejoignirent la Confrérie du Clos de Clamart.

une impétrante ravie devant le saint vincent de la confrérie

Il n’ y eut pas de spectacle, mais l’on chanta en choeur les grands classiques du Clos de Clamart et l’on dégusta les Clamart et Franquet 2015.

Tout cela avait mis tout le monde de bel appétit. C’est alors que l’on s’avisa que le traiteur n’était pas là. On s’inquiéta, on chercha sans succès à le joindre. Une fois englouties les cacahouètes du vin d’honneur, la consternation se fit générale.

Chacun réagit à sa façon. Jacky, notre chanteur émérite, s’attacha héroïquement à remonter le moral des troupes.

tandis que les positifs devisaient au soleil, les danseurs montaient sur la piste

mais d’autres moins charitables se récriaient. On entendit le pire sur la qualité des prestations du traiteur qui aurait chu depuis  son rachat. On en était à se demander s’il ne valait pas mieux sonner la dispersion et se répandre dans les restaurants avoisinants. C’est peu dire qu’on accabla le Grand-Maître de récriminations.

Ne faut-il pas une infinie patience pour attendre toujours ce qui n’arrive jamais ? (Pierre Dac)

C’est alors que ‘on s’avisa qu’il n’y avait plus de jus dans la cuisine. Décidément le sort s’acharnait sur nous. Allait-on pouvoir joindre le responsable seul capable de rétablir le courant ?

C’est dans ce genre de circonstances que l’on peut vraiment apprécier de quelle trempe sont fait les homm.e.s. Au milieu de tout ce tapage, le Grand-Maître Marcel tâchait de faire front contre l’adversité et tenait tête aux mauvais augures qui ne présageaient rien de bon. Qui saura jamais quel fut son drame intérieur ?  Peut-être se souvint-il de ces galettes de Nouvel An qui elles non plus, un jour,  n’étaient pas au rendez-vous ? A 13h54, il annonça que le traiteur serait là « dans dix minutes ». Hélas il n’en fut rien.

Les minutes s’égrenaient, comme des siècles, quand soudain on vit débouler deux éclaireuses, au pas de course. A 14h20, le camion était là. Alors comme dit le poète,

« l’espoir changea de camp, le combat changea d’âme ».

Chacun se mit en quatre pour dresser les tables et apporter son concours. On s’assit enfin, pour attendre stoïquement la suite.

En cuisine, on faisait diligence. A quinze heures on servait l’apéro, et l’on put trinquer avec un Marcel requinqué !

Et nonobstant les Cassandre, tout fut bon !

Et tout finit par des chansons !

une chorale improvisée animée par Lulu de Saint Ouen chante « c’est un mauvais garçon »

Remerciements pour quelques emprunts à Pascal, de Provideo’art Agency, dont on pourra voir plus de photos sur youtube

Le vin à la cour de Bourgogne

Le « vin à la cour de Bourgogne au temps des ducs Valois » était le thème de la conférence à laquelle nous avons pu assister à la Tour Jean Sans Peur, mercredi 11 avril dernier.

Rien d’étonnant pour ceux qui connaissent cette tour, dernier vestige de ce qui fut le palais parisien des ducs de Bourgogne aux 14ème et 15ème siècle.

Le professeur Bertrand Schnerb, de l’Université de Lille,

après avoir rappelé la chronologie des 4 ducs Valois de Bourgogne qui régnèrent de père en fils de 1363 à 1477, a traité le sujet en 3 points :

Philippe II le Hardi (1342-1404)

Jean 1er , dit « Jean Sans Peur » (1371-1419)

Philippe III, dit le Bon (1396-1467), qui se déclara en 1459 « à cause de la bonté et de l’excellence des vins de Bourgogne, seigneur des meilleurs vins de la Chrétienté »

Charles le Téméraire (1433-1477), inlassable guerrier qui tombé devant Nancy, mit fin à cette dynastie.

 le « vin de Beaune » à l’époque des ducs valois

On appelait ainsi les vins de toute la Bourgogne.

C’est dès le 13 ème siècle le « vin de l’élite », diffusé en Flandre, bu à la cour de France (le 1er à l’y faire venir fut Philippe le Bel), et jusqu’en Avignon à la cour papale (cf la fameuse ordonnance de Philippe le Hardi en 1395, qui proscrit le gaamez (gamay) déloyal).

Le vin, transporté dans des « queues », fûts d’environ 365 litres, plus maniables que les tonneaux de 800 litres,  voyage par voie fluviale vers le Nord (par l’Yonne, puis la Seine, l’Oise etc.) et le Sud par la Saône et le Rhône, pour faire le bonheur des papes d’Avignon dès le sacerdoce de Jean XXII.

le vin à la Cour

On  buvait de tout à la Cour de Bourgogne, du vin de Beaune bien sûr, mais aussi des vins du Laonnois, réputés à l’époque, d(‘Ile d)e France, de Champagne, etc. Le vin provenait des domaines ducaux (de Beaune, Pommard, Volnay, etc.), mais pouvait provenir aussi de dons des sujets (les fameux « pots de vin ») ,

remise d’un pot de vin au prince, vers 1453 (manuscrit codex 2583 conservé à Vienne ONB)

être acheté, voire réquisitionné (vin de prise)

La cuverie de Chenôve avec son énorme pressoir,

ce grand cellier situé en dessous d’une salle de banquet,

au château de Germolles témoignent de cette époque.

L’échansonnerie était le service de l’Hôtel de Bourgogne chargé de l’approvisionner en vins et d’en assurer le service. Il comportait des écuyers (nobles), des sommeliers de bouche (qui servent le vin), et de sommelier de la dépense, qui gèrent les comptes et les stocks.

(voir sur le site de la bnf la description par Olivier de la Marche du service du vin : tout un rituel !)

Et l’on buvait beaucoup. Quelques chiffres :

En 1385-6, plus de 3000 litres par jour, ce qui fait 3000 « queues » par an.

On prétend qu’à la bataille de Montlhéry, un cheval but tout un seau de vin, avant de partir victorieusement au combat !

Las, Charles le Téméraire, qui buvait son vin coupé d’eau, n’y sacrifiait guère.  En 1474, on n’en est plus qu’à 1000 à 2000 queues, alors que les effectifs ont augmenté. Il interdit le vin dans ses armées. Cela contribua-t-il à sa débâcle finale ?

vin et politique

Faut-il s’étonner si le vin de Bourgogne  était largement utilisé par les ducs et offert en cadeau pour se concilier telle ville, et pour entretenir l’amitié ?

tablée où le vin coule à flot, offerte à l’entrevue de Trêves 1473, chronique suisse

Nous remercions le professeur Raymond Schnerb qui nous a transmis les deux images extraites de manuscrits.

A ta santé (suite)…

On se souvient de cette photo glaçante de celui qui n’était pas encore le maréchal Staline trinquant avec l’allemand von Ribbentrop à la santé du Fürher.

Boire à la santé est une tradition tenace, à laquelle se prêtent volontiers les grands de ce monde. Nous en avons trouvé, avec plus ou moins de difficulté, dans la caverne aux trésors du Net. En voici un florilège.

Et commençons avec Churchill, ce héros.

Voici sir Winston Churchill un verre de champagne à la main : « Je ne peux vivre sans champagne, en cas de victoire, je le mérite ; en cas de défaite, j’en ai besoin. » disait-il.

photo prise en Suisse en août 1946

Il a dit aussi que quand il était jeune, il avait comme règle de ne jamais boire d’alcool avant son lunch. Plus tard il changea la règle : jamais avant le breakfast !

Il a également déclaré pour encourager ses compatriotes à la lutte : « Souvenez-vous messieurs, ce n’est pas seulement pour la France que nous nous battons, c’est aussi pour le Champagne ! »

Voici maintenant Charles de Gaulle, cet autre héros, qui a donné son nom à un type de tire-bouchon.Le voici  sur une pub du Champagne Drappier dont il était, dit-on, grand amateur,

et là à une réception donnée en l’honneur des délégués de la Conférence syndicale mondiale à Paris en octobre 1945. Que boivent-ils donc dans ces petits verres ?

Nikita Khroutchev aussi était un bon client. Le voici avec Fidel Castro dégustant le vin géorgien en 1963

mais pas moyen de dégotter une photo du Che buvant autre chose que du maté !

Revoici Khroutchev avec  Richard Nixon, alors vice-président des Etats-Unis

Et voici les Présidents Ho Chi Minh et Mao Tsétoung. La guerre n’était pas finie…

Jacques Chirac trinque à la bière (ci-dessous en 1999)

Ach !Angela ! Prosit !

Obama aussi

mais pas que (ci-dessous avec François Hollande)

On dirait que Poutine médite ses prochains coups  et que Kim Jong Un  est amateur de vin. Son maillon faible ?   Quoiqu’ils en disent, Sarkozy et Trump sacrifient  aussi au rite

Celle qui suit, cruelle, devrait rester dans les annales. François Fillon fête avec son challenger sa victoire aux primaires fin janvier 2017. Le ciel ne lui est pas encore tombé sur la tête…

Etonnant, non ?