le vin romain au mas des tourelles

Le mas des Tourelles, dans les Costières de Nîmes, sis dans un site gallo-romain de production d’amphores, s’est fait une spécialité de réaliser du vin comme au temps des Romains. C’est ce que nous avions appris lors de l’exposition au temps d’Auguste. Il méritait une petite visite !

mosaique

Des citations de Caton (-234,-149 auteur du traité De Agri Cultura), Varron (-116,-27 auteur d’un De Re Rustica), Pline (23-79 qui écrivit l’Histoire Naturelle livre 14), Columelle (1er siècle, auteur de Res Rustica dont le 4ème livre est consacré aux vignobles), Palladius (5ème siècle, auteur aussi d’un de rustica) illustrent le niveau élevé de la viticulture et de la vinification antique.delaculturelaconduiteDans le jardin romain on a essayé de reproduire la viticulture romaine.
Ci-dessous trois ceps font la ronde, dirait-on.

rondedescepsUne treille en carré enserre un clos de pieds plus classique

 

treilleEt ce cep-là s’est installé sur un olivier !vigneolivierla vendange a lieu un dimanche de septembre, elle est foulée à l’anciennefoulagemosafoulagepressoirPour construire ce pressoir on a suivi les indications de Caton !

Trois vins sont produits chaque année au Mas des Tourelles dans de grandes « dolia ». Un mulsum (vin mêlé de miel et autres aromates), un turicullae, (notre préféré) vin blanc sec au curieux arôme de curry, réalisé par adjonction au moût de fenugrec et d’eau de mer ! et un carenum, vin doux réalisé par adjonction de vin cuit réduit dans le moût.

 

 

13ème symposium des vignes d’Ile de France

L’association Cocorico (Comité de Coordination de la Région Ile de France des Confréries) organise tous les deux ans (en principe) un Symposium des vignes d’Ile de France. Cette année, ce sont les Confréries du Clos des Pierrottes (Livry/Seine) et celle des Compagnons d’Irminon (Combs-la-Ville) qui étaient à la manoeuvre.

Les Confréries (23 au total) ont été accueillies au Musée Safran de Réau et ont pu suivre une présentation de Joël Rochard, (de l’Institut Français de la Vigne et du vin), sur le climat, puis une de John Dyer de Cincinati Ohio, sur les vins américains comparés aux français.

  • Du premier on retiendra la complexité et la variété des phénomènes intervenant dans l’évolution du climat (périodes orbitales, météorites, éruptions volcaniques, activité solaire, effet de serre, acidification de la mer…), la certitude du réchauffement en cours, mais aussi  l’incertitude sur son ampleur (augmentation de la température de 0,3° à 5° selon les scénarios développés par le GIEC pour le siècle).

L’impact sur la viticulture est clairement la montée vers le nord (180 km par degré de réchauffement) déjà en oeuvre avec le développement de vignobles dans le sud de l’Angleterre. Mais aussi l’évolution du rendement (en augmentation dans le nord (meilleur ensoleillement), en baisse dans le sud en raison du stress thermique et hydrique et du raccourcissement du cycle)

  •  L’exposé de John Dyer nous rappela d’abord que le Président Thomas Jefferson était un amoureux du vin (ses préférés étaient Haut-Brion, Margaux, Latour (de ségur) et La Fite) dont il favorisa le développement aux Etats Unis.

La vigne fut d’abord implantée dans la vallée de l’Ohio, vers Cincinnati, au 19ème siècle. Phylloxera, prohibition, etc. n’ont pas empêché son développement, notamment en Californie dont les vins sont les plus fameux (vallées de Napa au climat chaud et régulier produisant cabernet-sauvignon et merlot ; et de Sonoma au climat plus océanique, où dominent pinot noir et chardonnay).

Le goût américain, de constitution plus récente que le goût français, privilégie le fruité, la maturité, la concentration, le degré alcoolique, comparativement aux vins français traditionnels jugés plus « austères ». La notion de terroir n’a pas l’importance qu’on lui accorde en Europe, les vins sont le plus souvent monocépages. La plupart sont européens, mais le Zinfandel, d’origine obscure,  est très populaire en raison de son rendement et d’un goût inconnu en Europe.

Ces présentations « sérieuses » étaient ponctuées d’interventions d’un conteur inspiré, Bernard Sorbier, qui a évoqué dans sa langue de terroir le vin, la vigne, et leur rapport à l’humain.

Citons le :

« laisse moi boire tes paysages et tes fertiles rivières pourpres qui coulent dans ton nid où je veux faire mon lit. »

« je suis en toi cheveux au vent, t’es mon idole, je passe un cassis et tu me fais oublier mes ex… grâce aux côteaux d’Aix, de Bandol et de Cassis…« 

On ne peut pas tout citer,  il faut lire « les mots du vin  » ou assister à un spectacle vivant de Bernard SorbierIl a été très applaudi, tout particulièrement après un irrésistible déferlement érotico-bachique qu’il a déclamé en prélude à l’élection de la Reine du Symposium devant des candidates impassibles.

De gauche à droite, la reine et ses trois dauphines, entourées des excellents grands-maîtres Gérard Laviec, Philippe Jouvin et Michel Courtois

Egalement très apprécié le chanteur Maurice Gueguen, au répertoire impressionnant  (du guinguette traditionnel à Bobby Lapointe !), a égrené ses chansons en s’accompagnant d’un orgue de Barbarie. (Et l’on n’a pas tout vu : il chante aussi en breton).

Bravo l’artiste !

La journée qui vit aussi un défilé en fanfare dans les rues de Livry/Seine

et la visite du clos des Pierrottes (planté en chardonnay : ci-dessous, la délégation clamartoise)

se termina comme il se doit par un banquet dansant ou fut annoncé le résultat du concours des vins d’Ile de France. Les lecteurs du bon clos savent déjà que Clamart y décrocha une médaille d’or, à l’issue d’une sélection sévère sous contrôle d’huissier.

Monique Josse, Présidente du Jury, (également Professeur à l’institut du Goût et Grand Pipetier du Conseil des Echansons de France) salue le vin rosé de Clamart 2012 en ces mots : « gouleyant, frais, net en vinification » ; un vin « sympathique », « un vin de soif à boire sur des charcuteries.. »

 

vendanges à Clamart (fin)

C’ets sous un ciel gris et parfois pluvieux

que les vignerons clamartois ont vendangé le clos Franquet

et accueilli les raisins apportés par les clamartois les 12 et 13 octobre.

Et toujours des bénévoles pleins d’entrain et en nombre.

Le résultat n’est pas fabuleux en maturité (9 degrés d’alcool potentiel pour le Franquet), mais on fera (et on a fait) avec, sous la houlette d’Edouard notre oenologue (ici mesurant le sucre au mustimètre).

Un dicton dit que quand vient la grive, c’est le moment de vendanger. A-t-on vu la grive ?

De toute façon avec le mauvais temps on ne pouvait plus attendre.

(on a reconnu une oeuvre d’un de nos fidèles et prolifiques vignerons !)

Et comme il faisait frais (12 degrés)  il a fallu chauffer l’espace des cuves pour lancer la fermentation !

 

 

1258, l’année terrible

Gelées, grêle, sécheresse, humidité, froid, maladies… Chaque année les vignerons tremblent pour leur précieuse récolte. Qualité et quantité dépendent de tous ces aléas, mais aussi, on le verra, du travail, de la vigilance, de l’expérience et de l’intelligence des vignerons.

L’an 1258 est de ce point de vue emblématique. Ce fut une année terrible, qui ne connut pas d’été, les fruits ne poussèrent pas, le foin pourrit, avec pour conséquence famine et maladies. On dit qu’à Londres un tiers de la population mourut.

Lire la suite « 1258, l’année terrible »

vendanges 2013 à Clamart

Voici de nouveau venu le temps des vendanges à Clamart. Elles se dérouleront les 27 et 28 septembre pour les raisins hâtifs et précoces, les 11 et 12 octobre pour les autres.

Le pressoir est en place, son fond remastiqué, nous disposons maintenant d’un érafleur électrique, toute l’attention des bénévoles (dix-sept sont annoncés, il y aura même des people) pourra se concentrer sur le tri des raisins.

Au Clos des Volontaires, nous vendangerons le 10 au soir et attendons les amis qui viendront obligeamment nous prêter main forte. Nous les restaurerons, qu’ils se le disent !

 

Taille de février

A Clamart, malgré le dicton, on n’attend pas mars pour tailler la vigne municipale ( le « clos Franquet »).

Le Parisien l’avait annoncé.

C’est ainsi que dès le matin du mardi 26 février nos habituels bénévoles se sont retrouvés les pieds dans la neige pour régler leur compte aux deux cents pieds de sémillon et chardonnay qui avaient pris des libertés avec les principes de la viticulture maîtrisée.

tout le monde bosse…

les édiles aussi

Celui-ci pratique une taille aérienne.

Plusieurs personnalités, parmi lesquelles notre député Jean-Marc Germain,

et notre amie Nicole,  miss Cougar 2012, les avaient rejoint.

Bien heureusement un viticulteur champenois, l’ami Jean-Pierre, était venu nous apporter ses lumières : préservation d’un seul sarment fructifère (pas plus de 10 yeux) par pied qui donnera les grappes de l’année, et d’un « rachet » au plus bas du cep, pour l’année suivante ; prise en compte des ceps voisins pour le choix du sarment à conserver ; quant aux autres sarments, on les « bute » sans regret. Pour les treilles, préservations des « longes ».

A près un tel traitement, il ne faut pas s’étonner si le paysage est bouleversé et si l’on a besoin d’un  remontant : vin chaud et champagne Léguillette millésime 2005, accompagnés d’un foie gras à la « Gigi » et des saucisses ramenées d’Allemagne par l’ami Marcel, ont fait l’affaire !

Et comme toujours à Clamart, tout finit en chansons…

Et merci à l’ami Guy Guenerin pour les photos qu’il a aimablement mises à notre disposition.

la vie rustique

Nous parlions il y a peu de cet ouvrage d’André Theuriet, illustré par le graveur Léon Lhermitte, mis en avant par Gallica en novembre dernier.

C’est une oeuvre d’un autre temps, où le sentiment de la nature s’exprimait sans voile. Nous l’avons parcouru et en présentons ici quelques bonnes feuilles pour les lecteurs du bon clos. Entre « le blé » et « le chanvre », une importante partie est consacrée à la vigne mettant en scène et décrivant avec précision le travail des vignerons, tonneliers, vendangeurs…

Lire la suite « la vie rustique »

Raschi, vigneron champenois

Certes ce n’était pas encore « le » champagne, mais on cultivait déjà la vigne dans la région de Troyes au onzième siècle. Le nom d’un de ces vignerons est parvenu jusqu’à nous : Raschi, contraction de RAbbi CHlomo ben Itzchaki (fils de).

timbre

voir  le dossier consacré à Raschi par La Poste surle site http://actutimbree.laposte.fr/

Et oui à cette époque les Juifs cultivaient la terre,mais c’est par l’étude que Raschi parvint à la notoriété, une notoriété qui a traversé les siècles et les frontières. C’est en effet en quelque sorte le père de l’éxégèse biblique et talmudique, un traducteur exigeant des textes anciens dont les commentaires font toujours autorité.

On connait l’importance de la vigne et du vin dans les textes sacrés : on peut s’en rendre compte par soi-même sur le site sefarim.fr qui dispose d’un moteur de recherche par mot-clé ; on  trouve ainsi dans l’Ancien Testament 158 occurences de « vin » (et 69  de « vigne »), juste derrière le pain (189) et l’huile (188) ;  le miel (56) et le lait (46) sont loin derrière.

Qu’en penser ? au bon clos on ne prétend pas rajouter des gloses après tous ces patriarches ; on rappellera simplement la légende hébraïque qui rapporte qu’un ange arrosa de sang d’agneau, de lion et de porc le cep que Noé planta sitôt débarqué de son Arche, signifiant ainsi qu’un verre de vin rend doux comme un agneau, deux fort comme un lion, mais au-delà, bonjour les dégâts (traduction libre en français de la fin du 20eme siècle)…

Raschi écrivait en caractères hébraïques, mais utilisait largement la langue vernaculaire, c’est-à-dire le français du onzième siècle.

C’est ainsi que bien des mots de la viticulture nous sont parvenus. En voici quelques uns, rapportés par le linguiste Raphaël Lévy dans un article daté de 1956 : l’aspect linguistique de la littérature judéo-française

chienes, jaines = fleur de vin (moisissures)

ordon = rangée de ceps de vignes

paissel = échalas, pieux pour soutenir la vigne

sac = quantité de raisin mis sous le pressoir

sospiriel = trou pratiqué dans un tonneau

Le lecteur qui voudra en savoir plus se rapportera utilement aux « gloses françaises dns les commentaires talmudiques de Raschi  » disponible sur Gallica. En voici quelques autres, parmi plus de mille…

bufet= piquette, vin de marcs

carole = « vase à vins avec des tubes auxquels plusieurs personnes peuvent boire en même temps »

cepiere = fabriquant de ceps (?)

corjède : sarment particulièrement long

doisil = trou dans un tonneau

enter = enter

entonedoir = entonnoir

espenir = épanouissement (de la vigne)

estende = filtre (pour le vin)

fresc = vin frais tiré du tonneau

jumeles, serors = montants du pressoir

mait, maiz = huche, partie du pressoir ou on met le raisin

ponton = grand tonneau

redegier = soutirer du vin, tirer au clair

redorte = clayonnage retenant le raisin dans le pressoir

solder = souder, boucher (pour un tonneau  défectueux)

tonels = tonneaux

treil(l)e(s) = treille

viz = vis de pressoir

souslatreille

vendanges 2010 à clamart

Elles ont lieu cette année les 10 et 11 septembre pour les raisins hâtifs comme le baco, les 24 et 25 septembre pour les autres.

raisin.1289782353.jpg

Comme chaque année, les vignerons se sont pressés autour du pressoir, s’empressant d’accueillir les vendangeurs pressés de livrer leur préssieuse (*) récolte, sans précipitation toutefois. Mais laissons là ce pressi-pressa.

Marcel était aux fourneaux et tout allait bien.

marcelauxfourneaux

Une première cuvée, très colorée, a été encuvée, un peu moins abondante que les années précédentes, mais plus sucrée.  Le nouvel oenologue, Edouard Macé (à gauche sur la photo), est optimiste, en dépit d’une acidité un peu excessive. Avec « MC » Jean-Luc (le maître de chai) à la barre (et non au bar dois-je préciser) nous sommes tranquilles.

EM&MCJL

 

Au Clos des Volontaires, nous accueillerons le 24 septembre à partir de 18h les amis du clos résolus à nous aider, et à fêter dignement l’évènement. Nous porterons la vendange au pressoir le lendemain, et son destin s’accomplira. Si vous n’avez pas reçu l’invitation écrire au journal qui transmettra.

(*) licence poétique