formation Cocorico

Il est toujours bon de remettre à jour ses connaissances, et de partager son expérience. Le Comité de Coordination des Confréries d’Ile de France vient de nous en donner l’occasion avec une formation viti-vinicole organisée à Saint-Maur par Georges Kopczan, et à laquelle une dizaine de Confréries ont participé :

le Pressoir Auversois, les côteaux de Sucy en Brie, le clos des Pierrotes (de Livry/seine), les compagnons d’Irminon (combs la ville), Rueil-Buzenval, les amis de Marolles, la Grappe Yerroise, le clos de Bréon, les Trois Grappes de Villiers/Marne et le Petit Vin Blanc de Nogent. Et bien sûr le Clos de Clamart.
(Les plus anciens lecteurs du Bon Clos se souviendront peut-être de la formation de 2009)

Nous avons eu droit à un topo sur le goût et l’odorat par un médecin ORL, Gilles Lelièvre.
puis à une dégustation à l’aveugle de nos vins sous la houlette de l’oenologue champenois Joël Rochard, de l’Institut Français de la Vigne et du Vin (il y est directeur du pôle développement durable). Nous l’avions rencontré lors du Symposium des Vignes d’Ile de France fin 2013.
Enfin à un topo très intéressant sur le vin biologique par le même J.Rochard.

joelrochard

De l’exposé sur le goût et l’odorat nous retenons que l’être humain est microsmatique  (odorat très peu développé), hélas pour la gustation oenologique qui repose à 90% sur l’olfaction et la rétro-olfaction, le goût proprement dit ne servant qu’à identifier les saveurs salé,sucré, acide, amer et « umami ».

Le gène de l’odorat aurait 200 millions d’années. La zone sensible, particulièrement réduite chez l’homme, comprend 300 à 350 récepteurs reliés par 25 millions de fibres au bulbe olfactif où les attendent 45000 neurones (« du cerveau à l’air libre ») Au contraire de la vue et de l’audition, il n’y a pas d’observateur standard, chaque cas est génétiquement singulier.

Quant au meilleur moment pour déguster, ce serait en fin de matinée. Ceci fit une transition rêvée pour passer à la séquence suivante, la dégustation à l’aveugle.

Précisons qu’ il ne s’agissait pas d’une compétition, mais d’une réflexion commune sincère sur les défauts et qualités de nos vins, tous élaborés sur un mode non commercial.

7 vins ont été dégustés, 6 blancs et un rosé. 3 présentaient un défaut majeur : nez d’éther, forte acidité, amertume… dû à des problèmes d’oxydation, ou de maturité insuffisante, voire d’hygiène. D’aucun décelait parfois un nez de serpillère… Dur, dur !

J’ai personnellement bien apprécié le premier vin, marqué A. Voici le verbatim de Joël Rochard pour l’unique vin rosé et dernier vin dégusté : « pas de défaut particulier » « tout à fait correct » « couleur saumonée » « bon équilibre en bouche » « pas mal ! » Encourageant !

Le dernier exposé était consacré au vin biologique. Vaste sujet !

label  Un  cahier des charges a été défini qui permet d’en parler sérieusement :
– interdiction du désherbage chimique et des produits de traitement de synthèse ; il reste le travail mécanique (« quel métier d’galère« , dit la chanson), thermique  (chauffage au chalumeau), et l’enherbement
– interdiction des engrais chimiques, usage du compost animal ou végétal
protection du vignoble  avec des produits minéraux en quantité limitée , le soufre (efficace contre l’oidum, mais présente des dangers pour la faune)  le cuivre (contre le mildiou, mais est défertilisant), et des décoctions de plantes ; traitement nécessaire avant l’ouverture des bourgeons ; aération des grappes contre le botrytis ; usage d’auxiliaires prédateurs contre le ver de grappe et la cicadelle ; mais pas de traitement bio efficace contre la flavescence dorée (sel de potassium indispensable…
– en vinification limitation des sulfites ; usage de produits certifiés bio

Il y eut une discussion animée en ce domaine, tant faire du bon vin est un art mystérieux : on a parlé foulage (on n’en fait pas pour les vins effervescents), éraflage (l’amertume procède de rafles non mûres), presse (unique pour une plus grande richesse du moût), sulfitage (obligatoire pour protéger le moût avant fermentation), débourbage (favorisé par l’usage d’enzymes pectolinytiques), levurage (pour lancer les fermentations alcoolique et malolactique) , clarification…

Chacun est reparti pétri de bonnes résolutions , il n’y a plus qu’à mettre en oeuvre !

Terminons avec quelques scoops tirés du nez du Président de Cocorico, Ruben Martinovsky :

rubenCocorico organise une parade le 8 mai à la Foire de Paris, et, le 6 juin, une grande fête de ses 15 ans avec messe à Notre-Dame, croisière fluviale sur la Seine, pour finir avec un dîner de Gala au Petit Journal Montparnasse. Nous en reparlerons !

le vin romain au mas des tourelles

Le mas des Tourelles, dans les Costières de Nîmes, sis dans un site gallo-romain de production d’amphores, s’est fait une spécialité de réaliser du vin comme au temps des Romains. C’est ce que nous avions appris lors de l’exposition au temps d’Auguste. Il méritait une petite visite !

mosaique

Des citations de Caton (-234,-149 auteur du traité De Agri Cultura), Varron (-116,-27 auteur d’un De Re Rustica), Pline (23-79 qui écrivit l’Histoire Naturelle livre 14), Columelle (1er siècle, auteur de Res Rustica dont le 4ème livre est consacré aux vignobles), Palladius (5ème siècle, auteur aussi d’un de rustica) illustrent le niveau élevé de la viticulture et de la vinification antique.delaculturelaconduiteDans le jardin romain on a essayé de reproduire la viticulture romaine.
Ci-dessous trois ceps font la ronde, dirait-on.

rondedescepsUne treille en carré enserre un clos de pieds plus classique

 

treilleEt ce cep-là s’est installé sur un olivier !vigneolivierla vendange a lieu un dimanche de septembre, elle est foulée à l’anciennefoulagemosafoulagepressoirPour construire ce pressoir on a suivi les indications de Caton !

Trois vins sont produits chaque année au Mas des Tourelles dans de grandes « dolia ». Un mulsum (vin mêlé de miel et autres aromates), un turicullae, (notre préféré) vin blanc sec au curieux arôme de curry, réalisé par adjonction au moût de fenugrec et d’eau de mer ! et un carenum, vin doux réalisé par adjonction de vin cuit réduit dans le moût.

 

 

13ème symposium des vignes d’Ile de France

L’association Cocorico (Comité de Coordination de la Région Ile de France des Confréries) organise tous les deux ans (en principe) un Symposium des vignes d’Ile de France. Cette année, ce sont les Confréries du Clos des Pierrottes (Livry/Seine) et celle des Compagnons d’Irminon (Combs-la-Ville) qui étaient à la manoeuvre.

Les Confréries (23 au total) ont été accueillies au Musée Safran de Réau et ont pu suivre une présentation de Joël Rochard, (de l’Institut Français de la Vigne et du vin), sur le climat, puis une de John Dyer de Cincinati Ohio, sur les vins américains comparés aux français.

  • Du premier on retiendra la complexité et la variété des phénomènes intervenant dans l’évolution du climat (périodes orbitales, météorites, éruptions volcaniques, activité solaire, effet de serre, acidification de la mer…), la certitude du réchauffement en cours, mais aussi  l’incertitude sur son ampleur (augmentation de la température de 0,3° à 5° selon les scénarios développés par le GIEC pour le siècle).

L’impact sur la viticulture est clairement la montée vers le nord (180 km par degré de réchauffement) déjà en oeuvre avec le développement de vignobles dans le sud de l’Angleterre. Mais aussi l’évolution du rendement (en augmentation dans le nord (meilleur ensoleillement), en baisse dans le sud en raison du stress thermique et hydrique et du raccourcissement du cycle)

  •  L’exposé de John Dyer nous rappela d’abord que le Président Thomas Jefferson était un amoureux du vin (ses préférés étaient Haut-Brion, Margaux, Latour (de ségur) et La Fite) dont il favorisa le développement aux Etats Unis.

La vigne fut d’abord implantée dans la vallée de l’Ohio, vers Cincinnati, au 19ème siècle. Phylloxera, prohibition, etc. n’ont pas empêché son développement, notamment en Californie dont les vins sont les plus fameux (vallées de Napa au climat chaud et régulier produisant cabernet-sauvignon et merlot ; et de Sonoma au climat plus océanique, où dominent pinot noir et chardonnay).

Le goût américain, de constitution plus récente que le goût français, privilégie le fruité, la maturité, la concentration, le degré alcoolique, comparativement aux vins français traditionnels jugés plus « austères ». La notion de terroir n’a pas l’importance qu’on lui accorde en Europe, les vins sont le plus souvent monocépages. La plupart sont européens, mais le Zinfandel, d’origine obscure,  est très populaire en raison de son rendement et d’un goût inconnu en Europe.

Ces présentations « sérieuses » étaient ponctuées d’interventions d’un conteur inspiré, Bernard Sorbier, qui a évoqué dans sa langue de terroir le vin, la vigne, et leur rapport à l’humain.

Citons le :

« laisse moi boire tes paysages et tes fertiles rivières pourpres qui coulent dans ton nid où je veux faire mon lit. »

« je suis en toi cheveux au vent, t’es mon idole, je passe un cassis et tu me fais oublier mes ex… grâce aux côteaux d’Aix, de Bandol et de Cassis…« 

On ne peut pas tout citer,  il faut lire « les mots du vin  » ou assister à un spectacle vivant de Bernard SorbierIl a été très applaudi, tout particulièrement après un irrésistible déferlement érotico-bachique qu’il a déclamé en prélude à l’élection de la Reine du Symposium devant des candidates impassibles.

De gauche à droite, la reine et ses trois dauphines, entourées des excellents grands-maîtres Gérard Laviec, Philippe Jouvin et Michel Courtois

Egalement très apprécié le chanteur Maurice Gueguen, au répertoire impressionnant  (du guinguette traditionnel à Bobby Lapointe !), a égrené ses chansons en s’accompagnant d’un orgue de Barbarie. (Et l’on n’a pas tout vu : il chante aussi en breton).

Bravo l’artiste !

La journée qui vit aussi un défilé en fanfare dans les rues de Livry/Seine

et la visite du clos des Pierrottes (planté en chardonnay : ci-dessous, la délégation clamartoise)

se termina comme il se doit par un banquet dansant ou fut annoncé le résultat du concours des vins d’Ile de France. Les lecteurs du bon clos savent déjà que Clamart y décrocha une médaille d’or, à l’issue d’une sélection sévère sous contrôle d’huissier.

Monique Josse, Présidente du Jury, (également Professeur à l’institut du Goût et Grand Pipetier du Conseil des Echansons de France) salue le vin rosé de Clamart 2012 en ces mots : « gouleyant, frais, net en vinification » ; un vin « sympathique », « un vin de soif à boire sur des charcuteries.. »

 

vendanges à Clamart (fin)

C’ets sous un ciel gris et parfois pluvieux

que les vignerons clamartois ont vendangé le clos Franquet

et accueilli les raisins apportés par les clamartois les 12 et 13 octobre.

Et toujours des bénévoles pleins d’entrain et en nombre.

Le résultat n’est pas fabuleux en maturité (9 degrés d’alcool potentiel pour le Franquet), mais on fera (et on a fait) avec, sous la houlette d’Edouard notre oenologue (ici mesurant le sucre au mustimètre).

Un dicton dit que quand vient la grive, c’est le moment de vendanger. A-t-on vu la grive ?

De toute façon avec le mauvais temps on ne pouvait plus attendre.

(on a reconnu une oeuvre d’un de nos fidèles et prolifiques vignerons !)

Et comme il faisait frais (12 degrés)  il a fallu chauffer l’espace des cuves pour lancer la fermentation !

 

 

1258, l’année terrible

Gelées, grêle, sécheresse, humidité, froid, maladies… Chaque année les vignerons tremblent pour leur précieuse récolte. Qualité et quantité dépendent de tous ces aléas, mais aussi, on le verra, du travail, de la vigilance, de l’expérience et de l’intelligence des vignerons.

L’an 1258 est de ce point de vue emblématique. Ce fut une année terrible, qui ne connut pas d’été, les fruits ne poussèrent pas, le foin pourrit, avec pour conséquence famine et maladies. On dit qu’à Londres un tiers de la population mourut.

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vendanges 2013 à Clamart

Voici de nouveau venu le temps des vendanges à Clamart. Elles se dérouleront les 27 et 28 septembre pour les raisins hâtifs et précoces, les 11 et 12 octobre pour les autres.

Le pressoir est en place, son fond remastiqué, nous disposons maintenant d’un érafleur électrique, toute l’attention des bénévoles (dix-sept sont annoncés, il y aura même des people) pourra se concentrer sur le tri des raisins.

Au Clos des Volontaires, nous vendangerons le 10 au soir et attendons les amis qui viendront obligeamment nous prêter main forte. Nous les restaurerons, qu’ils se le disent !