Les conditions météo étaient idéales ce mercredi 17 juin pour le traditionnel dîner des amis du Clos de Clamart à la Grange Franquet. Il faisait bon sans faire trop chaud, et la presque quarantaine de convives (dont quatre nouveaux amis désireux de découvrir le clos portant leur patronyme, Franquet, qu’ils avaient découvert lors d’une visite de la cave de Suresnes) ont fait honneur, tout en se sustentant, à l’apéro clamartois, aux excellents Muscadet-sur-Lie et Morgon qui leur étaient proposés.
Notre ex-grand-Maitre Michel, engagé, depuis sa résignation, dans un grand nettoyage de printemps, avait apporté de vieilles bouteilles, comme ce Saint-Estèphe 1982, ou ce Rioja 94. Un sonnet fut déclamé à son intention, célébrant ses vertus cardinales et l’exhortant à profiter de la vie (voir ci-dessous). On débattit des mérites des vins. Un ratafia suresnois, apporté par l’ami Suresnois Marcel, vint clore la discussion.
On saisit l’occasion de ce rassemblement pour se prêter, accompagnés par l’accordéon de Bernard Jacob, à une répétition grandeur nature du fameux tube de Daniel Cherrier, « A la santé des vignerons », qui accompagne réunions et chapitres. Mise ainsi en voix, l’assistance se déchaîna et l’on se succéda au micro pour entonner la Madelon, le petit vin blanc et bien d’autres classiques. Et pour dire ses 4 vérités à l’ami Michel…
Ah ! Michel
Je veux dire aujourd’hui tes vertus cardinales. Prudent certes tu es, tempérant sans excès Brave bien sûr ; juste, selon tes lois. Qui sait Si Platon vit vertus aussi phénoménales ? Couvert d’hermine et d’or, tu allais brandissant Ton gigantesque cep dans les rues de Clamart Entrainant au milieu d’un joyeux tintamarre Dames et chevaliers sous les yeux des passants Etonnés. Vigneron, tu n’as pas ménagé Ta peine. Avec constance, inlassable berger Tu as tenu chapitre. Et les jours étaient courts Tant tu avais à faire (mais tu trouvais quand même le temps de boire un coup). Baste ! Carpe Diem ! Cette exhortation vaut mieux qu’un long discours !
Un périple dans le Sud-Ouest nous permet de retrouver nos amis de Condom, qui nous régalaient, en ce pays de cocagne qu’est la Gascogne, de canards à toutes les sauces. Ils sont toujours là, dédiés de plus en plus à la viticulture. Reconnaitra-t-on le fier vigneron ?
Leur production rejoint la coopérative de Plaimont, qui produit toute sorte de vins vifs ou moelleux en appellation Saint Mont et Côtes de Gascogne, pour ce qui est du Gers. Le rendement est très élévé (une centaine d’hl à l’ha pour l’IGP Côtes de Gascogne). Pas mal, la colombelle l’original aux intenses arômes d’agrumes, et au prix si léger ! C’est un assemblage de colombard et d’ugni blanc. On trouve ces vins notamment chez Nicolas.
Voici, dans la même région, la cuvée des filles d’Embidoure 2013, une bouteille qui nous a particulièrement plu.
C’est un assemblage de chardonnay, de sauvignon et de petit manseng.
A Bourg-sur-Gironde, avec l’ami Jean-Paul, nous avons expérimenté au Plaisance, un bar à vin, un distributeur automatique de vins d’un nouveau genre permettant de prélever des verres de 3, 6 ou 12 cl d’une cinquantaine de crus. L’occasion de passer en revue les vins locaux.
A quelques kms de là, à Mombrier, nous avons rencontré Christian et Régine Martin, des néo-viticulteurs. Ils ont acquis le château de Cagnac, un petit domaine (moins de 2ha) et, laissant derrière eux une vie d’enseignants, se sont lancés vaillamment dans ce nouveau métier, dans une optique bio. Et déjà des distinctions : nouveau talent de la RVF, avec la meilleure note (16,5) des côtes de bourg pour leur premier millésime, le 2012. Et deux étoiles sur le site 1001dégustations.com.
Vente au château uniquement. Il faut dire que la production n’est que de quelques milliers de bouteilles. Christian Martin n’a pas de problème pour l’écouler, il craindrait plutôt de ne pas en garder assez pour sa retraite !
Terminons avec quelques images rapportées de ce périple.
Ce fronton se trouve sur un immeuble du cours du Médoc à Bordeaux
Cette assiette de Sarreguemines a été trouvée chez un antiquaire de Castera-Verduzan.
On peut lire : « d’où tirez-vous votre excellent Madère ? de Cette, señor frances »
Elle daterait des années 1890. On peut s’interroger sur ce dialogue. L’homme du Sud (espagnol sans doute) a le sourire aux lèvres en répondant que l’excellent « madère » vient de Sète (Cette dont l’orthographe a changé en 1927). A cette époque c’était un port très important pour les vins du Languedoc. On a du mal à croire qu’ils étaient exportés en Espagne, si la scène s’y passe. Mais l’espagnol réside peut-être en France. Bref, tout cela est bien obscur, et le pauvre « señor frances » n’y comprend rien.
Et cette auguste statue, señores y señoras, qui représente-t-elle et où se trouve-t-elle ?
Nous voici de retour à Panzoult, village vigneron sur la rive droite de la Vienne, à deux lieues de Chinon. Le gîte entouré de vignes d’Eric et Elodie Herault est des plus accueillants.
La dégustation, obligatoire, se fait dans les caves du « Château ». Le fronton annonce fièrement :
« jamais homme noble ne hait le bon vin« , à côté d’un relief de celui qui fit dire cet apophtegme monacal à frère Jean des Entommeures, j’ai nommé François Rabelais (1er livre chap 27).
On déguste sous la barrique
et sous l’oeil de Bacchus
des vins vendus essentiellement sur place, et il y a du monde !
Le grand homme de la région, c’est aussi Saint Martin (de Tours) dont la fête est célébrée le 11 novembre et donnait lieu, déjà au Moyen-Age, à la dégustation du vin nouveau et à des fêtes populaires. Nous l’avons déjà rencontré.
Le saint homme serait né vers 317 en Pannonie romaine (actuelle Hongrie). Militaire, il est affecté en Gaule où, chrétien fervent, il est connu pour sa charité (épisode du manteau partagé avec un pauvre). Plus tard, après une vie mouvementée consacrée à sa foi, il sera malgré lui proclamé évêque par le peuple de Tours. Il mourra à Candes en 397.
C’est d’ailleurs à Candes, au confluent de la Loire et de la Vienne, que nous avons trouvé les documents ci-dessous, où l’on trouve de savoureux dictons comme :
« A la Saint-Martin toute vieille boit du vin« .
Un autre dicton (« quand vient la saint-martin ferme ta futaille et goûte ton vin« ) annonce que le vin a fini sa fermentation vers le onze novembre, et qu’on peut donc goûter ce vin nouveau. D’où des fêtes « copieusement arrosées ».
Voici des enseignes vues à Candes celle-ci est l’enseigne du restaurant val de vienne, à Sazilly Un bon clos aux Roches Saint-Paul ?
Procéder ensuite aux dernières opérations (clarification, dégustation, rectification éventuelle de l’acidité, assemblage…)
Et enfin trouver une date convenant à nos bénévoles clamartois, écartelés entre vacances scolaires, ponts de mai et obligations personnelles.
La date du vendredi 24 avril a finalement été retenue pour la mise en bouteilles.Comme nous le craignions, la première cuvée, celle des raisins précoces, présente des défauts. Au contraire, la deuxième nous parait particulièrement agréable, avec ses arômes de baies rouges.
On a donc décidé de ne pas faire l’assemblage. Seule la cuvée de la deuxième récolte, notre premier cru, aura droit à l’appellation Clos de Clamart, la première, appelée paradoxalement deuxième vin, a été mise en bouteilles sans étiquette. A boire vite et très frais.
Cela a compliqué la répartition entre les producteurs, qui se sont vu attribuer, après de savants calculs, des bouteilles des deux sortes.
Aucun problème avec le Clos Franquet, très appréciable, bien que limité en quantité.
Avec la nouvelle filtreuse mise en service l’an dernier, tout devait marcher comme sur des roulettes. Ce ne fut pas le cas,il y a toujours des réglages à faire. On en conclut donc qu’à l’avenir on viendrait les faire la veille au soir.
On a eu également quelques problèmes avec une boucheuse mal embouchée,
qu’il a fallu remplacer. Mais au bout du compte, étant donné la faible quantité (quelques 600 litres au total), l’opération fut rondement menée.
Dès le vendredi après-midi nos amis vignerons sont venus récupérer leur précieuse production. C’est toujours un moment privilégié d’échanges que nous apprécions comme il se doit.
Ce billet vient bien tardivement, plus d’un mois après les événements que l’on va relater. Mais le temps de l’Histoire n’est pas celui de l’actualité.
On le pressentait, on l’appréhendait, on l’attendait. Après douze années à la tête de la Confrérie du Clos de Clamart, notre grand-Maître Michel a jeté l’éponge.
Sentant le poids des ans (et des kilos), il avait eu la sagesse de nommer vice-grand-Maître notre confrère Marcel qui, par ses compétences notamment culinaires, son aptitude à résoudre les problèmes les plus variés, et son esprit de service, avait en quelques années réussi à faire l’unanimité pour lui.
Aussi le passage de relais a-t-il été sans surprise.
Quoique. A force d’attendre toujours ce qui n’arrive jamais (ce pour quoi il faut une infinie patience, disait Pierre Dac), on commençait à sentir du jeu dans l’attelage dirigeant qui, l’un tirant à hue, l’autre à dia, commençait à boiter quelque peu.
(Pas facile de gouverner quand un fringant dauphin vous tient à la culotte. Pas facile d’être gouverné quand on s’apprête à reprendre les rênes ! La coupe fut pleine quand après le dernier chapitre un journal local mit l’affaire sur la place publique. C’en est trop, entendit-on mugir, je m’en vais. Mais chut, faut pas qu’on le dise !)
Alors tout alla très vite : lors de l’Assemblée Générale de l’Association des Amis du Clos de Clamart, le 26 mars, le Président abandonna civilement la Présidence au profit du Vice-Président. Puis avec le cérémonial requis, lors du grand chapitre de Printemps de la Confrérie du Clos de Clamart, le 4 avril, le Grand-Maître remis le tastevin d’or, l’étole d’hermine et le cep magistral à son successeur.
Ah ! Michel ! Nous dirons quelque jour tes vertus cardinales…
Venons-en à ce Grand Chapitre de Printemps.
18 Confréries étaient présentes, que l’on devrait retrouver sur la photo d’ensemble.Saluons tout particulièrement celle du Franc Thour de Ciney (Belgique), représentée par les sympathiques Pierre et Katia
Bernard Jacob était là avec son accordéon.
On procéda à moultes intronisations, parmi lesquelles la clamartoise Dame Geneviève et notre fidèle ami en poésie Michel Mella, de la Grappe Yerroise
et l’on dégusta le Clos de Clamart 2013 (le 2014 n’était pas encore en bouteille).
La foire de Paris battait son plein ce vendredi 8 mai, quand des personnages inattendus y firent leur apparition au milieu des milliers de badauds : les Confréries d’Ile de France dans leur plus beaux atours, suscitant les réactions les plus diverses.
« C’est des gens qui boivent », « c’est des francs-maçons » put-on ainsi entendre, entre deux vivats.
C’est à l’initiative de COCORICO (Comité de Confédération des Confréries d’Ile de France) et de son nouveau Président Ruben Martinovsky
que la fine fleur des Confréries s’y est retrouvée, pour défiler au son de la fanfarmonieBand’Originale,
(La Band’Originale, « fanfarmonie » dirigée par Thomas Pearce « Dizzy« , est spécialisée dans la musique de film français. On écouta ainsi dans la joie la soupe aux choux, inspecteur la bavure, les tontons flingueurs, etc.)
thomas dizzy dans ses oeuvres
et assister à un chapitre exceptionnel de la Confrérie des Compagnons du Brie de Meaux où fut intronisée la master chef Nathalie Nguyen.
Ci-dessus Nathalie Nguyen prenant connaissance de ses nouvelles responsabilités
Il y avait là les Echansons de France réunis autour de Claude Josse et accompagnés par leur aumônier le Père Xavier, bien connus des amis du bon clos,
les chevaliers du Brie de Melun,
ceeux de Montereau,et les Compagnons du Brie de Meaux la Grappe Yerroise,
la Saint-Vincent d’Issy-les-Moulineaux,
et aussi la Pomme de Villiers sur Morin, le Vin de Suresnes, les Talmeliers d’Ile de France,
le Clos Saint-Vincent de Noisy le Grand
les Compagnons d’Irminon (Combs-la-Ville), un chevalier de Bacchus de Bagneuxet trois de Saint-Antoine.
les Compagnons de l’Asperge et du vin de Sannois
Et, last but not least le Clos de Clamart, on s’en sera douté.Qui promouvant le vin, qui le fromage, qui le pain, qui la charcuterie, qui ses productions vivrières …
C’est le coeur plein d’espoir que, profitant d’une pause, certains sont allés au pavillon 5.2 faire le tour des stands « vins et gastronomie ». Ils y retrouvèrent David, de la maison Eugène Ellia, un bourguignon habitué des marchés gourmands de Clamart qui offrit une tournée générale de sa cuvée la ruche d’or,
un chardonnay 2011 qui n’a pas encore droit à l’appellation Meursault car issu de jeunes vignes (7 ans).
On retrouvera David à Clamart au marché de Noël.
Un peu plus loin, c’est Antoine de Galzain, directeur de France Bleu Ile de France, intronisé chevalier du Clos de Clamart il y a deux ans, qui reçut la délégation clamartoise dont le passage fut annoncé sur les ondes à 17h08.
C’est avec un verre de bon vin blanc de Tonnerre que l’on célébra ces retrouvailles.
Plus tard, ce fut le tour du master chef Norbert Tarayre d’être intronisé par la Confrérie du Brie de Melun.
Un public nombreux s’étant massé pour tenter de déguster sa tarte tropézienne, on s’éclipsa une fois de plus vers le pavillon 5.2 avec notre consoeur Nicole qui arbora fièrement son écharpe de Miss Cougar 2012, ce qui lui (nous) valut de nombreuses invitations sur les stands.
Ici chez le champenois Cheurlin-Noellatlà à Cahors (château Lagrezette)et même en Italie où l’on fit le plein de pancetta e altre salccice..
Merci à eux !
Pour revivre l’événement, voici une video réalisée par Cocorico
Voici une artiste dont nous connaissions quelques oeuvres, sans en décrypter la signature. Il a fallu la magie de Google recherche d’images pour l’identifier.
Cette américaine, qui vit aujourd’hui dans l’Arkansas, a bien roulé sa bosse pour trouver sa voie, traversant en stop l’Afrique, puis l’Amérique Latine, pratiquant la danse de salon de compétition, produisant ici un film d’horreur, peignant là les gens, imprimant, sculptant même, et enseignant son art.
Nous avons débusqué cette série d’oeuvres représentant des personnages verre en main. Thanks Carole, bienvenue au bon clos !
Cette expression devait être courante du temps des Romains, chez qui les Thraces jouissaient d’une solide réputation. Ainsi Horace, dans son ode à Pompée (écrite à l’occasion du retour d’exil de son ami):
« Je veux aujourd’hui n’être pas plus sage qu’un Thrace : il m’est doux de perdre la raison quand je retrouve un ami »
On la retrouve dans Thaïs, d’ Anatole France (« J’ai bu comme un Thrace, dit Chéréas. Et il roula sous la table »). Mais on dirait plutôt : boire comme un trou !
Son vin « extraordinairement fort »a été célébré par Homère, qui raconte comment Ulysse s’en servit pour endormir le Cyclope Polyphème (chant IX de l’Odyssée)
« et je partis, emportant une outre de peau de chèvre, pleine d’un doux vin noir que m’avait donné Maron, fils d’Euanthéos, sacrificateur d’Apollôn, et qui habitait Ismaros »
(Ismaros ou Ismara était une ville de la côte sud de la Thrace, aujourd’hui en Grèce.)
De cette région sont originaires Diomède, Lycurgue (qui ne voulut qu’on but vin en sa ville et s’opposa à Bacchus), Orphée…
Bref, ce n’est pas par hasard si l’exposition « l’épopée des rois thraces » actuellement présentée au Louvre regorge de rythons, phiales, amphores et autres ustensiles destinés à boire du vin. Ils ont été découverts dans des tombes antiques nombreuses en Bulgarie. En voici quelques exemples.
Ci-dessous un rython-griffon du trésor de Borovo (vers -400-350)
amphores
rython taureau
Cette phiale (coupelle servant aux rituels) représente Hercule séduisant Augé
rython à tête de daimC’est jusqu’au 20 juillet au Louvre !
Rue de Grenelle, en plein coeur du faubourg Saint-Germain, l’Institut Culturel Italien siège dans un bâtiment historique (il date de la fin du 18ème), l’hôtel Gallifet, où sont régulièrement organisés des événements… culturels proposés souvent gracieusement aux amis de l’Italie.
Vendredi 24 avril on y présentait un documentaire sur la Grande Guerre dans les Dolomites,
et un concert donné pour promouvoir le festival Dino Ciani (fondé en souvenir d’un des plus grands pianistes de l’après guerre, disparu prématurément en 1974 à l’âge de 32 ans) qui se tient tous les étés à Cortina d’Ampezzo.
Ah! quel dîner je viens de faire! Et quel vin extraordinaire! J’en ai tant bu, mais tant tant tant, Que je crois bien que maintenant Je suis un peu grise. Mais chut! Faut pas qu’on le dise! Chut!
Si ma parole est un peu vague. Si tout en marchant je zigzague, Et si mon oeil est égrillard. Il ne faut s’en étonner, car… Je suis un peu grise, mais chut! Faut pas qu’on le dise! Chut!
Le 25 avril est un jour férié en Italie, l’anniversaire de la Libération de 1945. L’accueil fut à la hauteur de la circonstance. Conviés à boire un verre, c’est à un original festin dinatoire préparé par le chef Matteo Siorpes du refuge Averau, qu’ont été invité les participants. Certains plats évoquaient la Grande Guerre, comme ce potage servi dans des gamelles. On n’oubliera pas les « capelli d’alpino », sortes de ravioli ouverts aux fromage, noix et tomate ;
ni les gobelets de grappa en chocolat ; ni le belle ragazze que se hanno accalcato per il buffet.
Les vins de Valpolicella, proposés par Hilaria, provenaient de la Tenuta Santa Maria Valverde.
Nous sommes maintes fois revenus sur l’exquis Amarone (bouteille bourguignonne).