Saint-Vincent

Revoici la Saint-Vincent avec son cortège de festivités et de célébrations.

Les franciliens que la neige n’avait pas découragé pouvaient se rendre à le 20 janvier à Combs-la-Ville chez les Compagnons d’Irminon où se tenait la saint-Vincent tournante traditionnelle des Confréries « Cocorico ».

Les parisiens avaient une deuxième chance ce samedi 26 janvier à Montmartre (défilé à 17h au départ du Moulin Rouge, et messe solennelle à 18h à Saint-Pierre de Montmartre, suivie d’un dîner de gala à la salle des fêtes de la Mairie du 18ème).

Il leur reste une ultime occasion de célébrer cette fête en se rendant dimanche 27 janvier à l’église Sainte-Colette des Buttes Chaumont, dans le 19ème. Ils pourront y écouter le Souffle de Bacchus (chorale des Echansons de France) accompagner la messe en chantant

« Béni soit à jamais le Seigneur de ses bienfaits

Qu’a-t-il fait de meilleur que ce petit vin clairet ? »

et bien d’autres chants entrainants.

Les plus chanceux participeront le soir même au banquet des Echansons, une fameuse soirée en perspective dont nous reparlerons !

Que vaut une bouteille de vin de Clamart ?

Voila bien une question que l’on entend souvent.

Mais non, nos bouteilles de vins de confréries franciliennes ne sont pas à vendre, il s’agit d’un produit culturel produit en petite quantité et non commercialisable (à l’exception notable du vin de Suresnes qui fait cavalier seul en Ile-de-France).

Bien sûr on peut en offrir exceptionnellement en échange d’une « donation ». Mais que vaut vraiment une bouteille de vin de Clamart ?

Plusieurs paramètres entrent ici en ligne de compte : la valeur gustative, la rareté, la réputation, l’état  de l’acheteur…

Ainsi lors de ventes aux enchères on a pu voir s’envoler des bouteilles jusqu’à plusieurs dizaines d’euro.

Un document récemment découvert, et porté à notre connaissance par l‘association des Amis de Clamart, que les lecteurs du bon clos connaissent bien, peut éclairer notre lanterne.

Il s’agit d’un acte d’attestation, datant du 12 août 1675.

ACTE D’ATTESTATION DU 12 AOUST 1675
Pour justifier du prix des vins     par henry Berthelot et Vinssant Leriche
Ce jour dhuy douziesme Jour daoust mil six cent soixante et quinze sont comparus par devant moy  Martin Puthomme nottaire au Chatellet de Paris et garde du petit scel, greffier et tabellion en la prévosté de Clamard, soubsigné :  henry Berthellot marchand boucher demeurant à Clamard et Jean Couré l’aisné vigneron demeurant audit lieu.
Tous deux fermiers des dismes bleds et vins de la paroisse de Clamard, en l’année mil six cent soixante et douze, et Vincent Le Riche cy devant greffier au baillage de Meudon y demeurant.
Lesquels ont attesté et affirmé en leur conscience que les vins du cru de Clamard et Meudon ont valu de depuis dix sept livres le moindre, jusque a vingt quatre le meilleur pour en avoir lesdits Berthellot et Couré ; celuy qu’ils ont  recueilli, tant de leur avis que de toutes dismes, la somme de vingt deux livres le muid.
Ont afirmé veritable par devant moy tabellion soubsigné quy ay délivré le présent certifficat au Sieur dallaise du moistié, pour luy servir et valloir ce que de raison.
Approuvé Martin Puthomme en presence de Jean Puthomme et de messire Leonard Lionet, tesmoings qui ont signé et ledit gouré a déclaré ne scavoir escrire ny signer, de ce, interpellé pour satisfaire a la nouvelle ordonnance , et demeure ledit Jean Puthomme audit Clamard et ledit Lionet a Paris rue d’Orléans paroisse St Eustache.

Nous lisons bien : de 17 à 24 livres le muid (un muid correspondait à 268,220 litres (huit pieds cubes) à Paris au 17ème siècle). Soit 0,063  à 0,09 livre le litre.

Deux questions peuvent se poser : Comment se situait ce vin par rapport à ses contemporains ? Et combien vaudrait-il en euro d’aujourd’hui ?

Sur le site http://www.history.ubc.ca obligeamment recommandé par l’amie historienne Sabine, on peut trouver des données comparatives, par exemple :

– en 1601, le prix du litre de vin à Paris était de … 0,063 livre de Paris par litre.

(source : Georges D’Avenel, Histoire économique de la propriété, des salaires, des denrées et de tous les prix en général depuis l’an 1200 jusqu’en l’an 1800 par le vicomte G. d’Avenel, 7 vols. (Paris, 1894-1926; reprint, New York, 1968-69), 4: 181-241.)

Si l’on se réfère à l’étalon argent, la livre tournoi avait perdu environ 1/3 de sa valeur entre 1601 et 1675 (voir le tableau de référence sur www.histoirepassion.eu). Ce chiffre peut donc être réévalué à 0,095 livre 1675.

Il y a par ailleurs de nombreuses incertitudes car le prix du vin fluctuait en fonction des récoltes…

– En 1675 en Avignon,le prix du litre était de 0,036 livre (il en valait 0,038 en 1601)

(source : René Baehrel, Une croissance: La basse provence rurale de la fin du XVIe siècle à 1789, 2 vols (Paris, 1961; reedition, 1988), 1: 560 )

– En revanche, certains grands crus du Bordelais se négociaient à des prix nettement plus élevés : ainsi le tonneau de margaux ou de latour (225 litres) pouvait valoir 2400 livres en 1784 (soit 1500 livres de 1675 compte tenu de l’inflation, il n’en reste pas moins, nous sommes dans un rapport de un à cent, n’est-ce pas comme aujourd’hui ?)

(source : La France d’Ancien Régime: Textes et documents, 1484-1789)

Mais que valait une livre eu euro d’aujourd’hui ?

Vaste problème. Le site histoire.passion.eu propose plusieurs méthodes pour l’estimer : par rapport à l’étalon argent  ; par rapport au prix d’un produit « courant » (comme une douzaine d’oeufs, ou une berline) ; par rapport au revenu horaire d’un ouvrier… Nous ne tomberos pas dans ce marécage. Si l’on s’en tient à l’étalon argent : une « livre tournoi » valait 2,1 à 2,37 euro . Soit un prix au litre de vin de Clamart de 0,14 à 0,2 euro.

Ce prix est à rapprocher de celui du vin en vrac actuel, tel que présenté par Franceagrimer pour novembre 2012 : 73 euro l’hecto, soit 0,73 le litre de vin IGP rouge ou rosé (0,84 pour le blanc, 0,60 pour le vin sans IG)

On l’aura compris, en ces temps reculés, à l’aune d’aujourd’hui, le vin de Clamart et de Meudon ne valait pas tripette… Ce devait être un vin honnête, courant, comme les gros bataillons des 30 millions d’hectolitres que produisaient  2 à 3 millions de vignerons au 18ème siècle

(cf. l’article de Lucien Fèbvre sur l’ouvrage de Camille-Ernest Labrousse paru dans Annales, Economies, Sociétés, Civilasations, 1947, vol.2, pp 281-287)

Et nous ne sommes guère plus avancés pour répondre à la question-titre !

 

 

 

 

 

 

téléthon

C’est discrètement que la Confrérie du Clos de Clamart apporte chaque année sa contribution au Téléthon. Cette année, l’occasion lui a été donnée de sortir de l’ombre entre une heure et deux heures du matin, avec d’autres confréries comme celle de l’asperge de Sannois…

La voici, sur France 2 !

suite tastevinesque

C’est le titre d’une oeuvre musicale composée par Alain Crépin, compositeur belge né en 1954, à la suite de sa participation en octobre 1989 à un chapitre de la Confrérie du Taste-Vin, au cours duquel il a été intronisé chevalier du Tastevin.
L’oeuvre se compose de trois parties : « l’intronisation », « le château du clos de Vougeot », et « la disnee » au cours de laquelle on reconnait les accents d’un hymne bourguignon bien connu. On en trouvera une description détaillée

En voici une interprétation par la musique royale des P.G. (?) de Deux-Acren

Vendanges au Musée du Vin

On ne le sait pas assez, le Musée du Vin, propriété du Conseil des Echansons de France, dispose d’une treille, de taille modeste certes, mais qui donne bon an mal an une dizaine de kilos de raisins.

Nous y fûmes convié pour vendanger,

et apprîmes ainsi qu’elle fut plantée en 1986, grâce à un don slovène. Le cep provient en effet d’une vigne ancienne de Maribor, en Slovénie, qui aurait plus de 400 ans et revendique le titre de plus vieille vigne du monde.

Voici le grand maître Claude Josse procédant à la dégustation du raisin

On put ensuite goûter le vin slovène, muscat…

et merlot… tous deux excellents !

 

Au musée du vin de Passy

C’est une exposition de peintres contemporains qui nous fait revenir dans ce musée situé sous la colline de Passy. Nous en reparlerons.

Il y a quelques lustres nous y avions partagé un repas moyenâgeux avec l’ami Jean-Marc Pastré, ci-devant grand-maître de la Confrérie du Clos de Clamart.

C’est un lieu chargé d’histoire, établi dans des galeries creusées dès le 13ème siècle dans le calcaire grossier du lutécien, qui servirent ensuite de cellier aux frères Minimes du Couvent de Passy, puis au restaurant de la Tour Eiffel.

Il est Musée du Vin, propriété du Conseil des Echansons de France, depuis 1984.

Un restaurant y est installé, où étaient accrochés les tableaux de l’exposition.

Voici quelques vues de ce lieu magique, en avant-goût.

Il nous ramène au temps béni des monastères…

On peut y rencontrer des échansons en pleine action…

des buveurs…

se retrouver dans une cave champenoise…

aviser quelques enseignes anciennes…

un porte-bouteilleune tirette pour la mise en bouteilles

un curieux fût hexagonal

Et voici la main de Jean Jaurès, réalisée par la verrerie ouvrière d’Albi à l’occasion du centenaire de la fondation, à l’issue d’un conflit historique, de la première coopérative ouvrière de France (aujourd’hui filiale de Saint-Gobain).

Ce raseur à bascule signifiait au client qu’il devait quitter les lieux à la fin des oscillations (Alsace, 19ème siècle)

Ce ratelier de Thomery permettait de conserver les grappes de raisin pendant tout l’hiver

Et voici une vigne qui prospère dans le quartier

 

 

 

 

 

 

 

 

Clamart-le-Pont

Voici une nouvelle dénomination qui pourrait rejoindre celle bien connue de Clamart-le-Vignoble, attestée à l’époque de la Révolution.

En effet ce samedi 14 avril a vu inaugurer en grandes pompes le pont qui depuis Issy-les-Moulineaux enjambe la tranchée de la voie ferrée Paris Versailles construite vers 1840. Ce pont, réclamé jadis par les viticulteurs et autres carriers qui se retrouvaient coupés de leurs lieux de travail, ne portait pas de nom, si ce n’est celui de la rue Brissard attenante.

Réparation est faite grâce à l’action opiniâtre du grand-maître de la Confrérie du Clos de Clamart Michel Laroque, féru d’histoire locale, relayée par celle du maire de la ville Philippe Kaltenbach, grand Protecteur de la Confrérie.

En son absence, ses adjoints Isabelle Rakoff et Gérard Aubineau ne furent pas trop de deux pour prononcer les discours et procéder à la coupe traditionnelle du ruban.

L’Harmonie Municipale avaient dépêché une dizaine de ses membres.

Les confréries et le peuple clamartois étaient venus en nombre pour assister à cet événement doublement historique.

Bernard, le maître de musique, en action

Depuis Issy-les-Moulineaux,  il suffit de passer le pont.

On salua l’élégance longiligne des Mangeux d’Esparges…

on savoura d’avance le Brie de Melun…

et l’on se remémora les fêtes de Montmartre

de Combs-la-ville, de Sucy-en-Brie

De Nogent on était venu en famille !

Ces deux « ân’tiers » du Perche ont peut-être fini la soirée au théâtre du Boulevard de Clichy?

On passa aussi en revue les délégations venues aussi de Coulommiers, Charly sur Marne, de Palaiseau, de Bagneux, d’Alençon, de Villiers/Marne, de Rosny sous Bois, de Rueil Buzenval…

Au chapitre qui s’ensuivit nombreux furent les amis intronisés dans notre Confrérie du Clos de Clamart, parmi lesquels on retiendra outre les édiles déjà cités, le Président de l’Harmonie de Clamart Claude Sautereau et le Chef de Gare Eric Chabot. Et n’oublions pas, l’auteur de ces lignes élevé à la dignité de maître de chais !

Tout finit par un mémorable banquet animé par Quadrilles et Polkas.

Et la presse était là ! (Le Parisien du 16 avril 2012)

«A Clamart, à Clamart, il y a du bon vin, du bon vin de raisin. » Le refrain est entonné en chÅ?ur dans la salle du conseil de l’hôtel de Ville, transformée samedi après-midi en temple de Bacchus empli de fidèles aux toges colorées venus célébrer le grand chapitre de printemps de la confrérie du Clos de Clamart. Le temps d’introniser en grande pompe quelques nouveaux membres, et même un grand chevalier d’honneur, Gérard Aubineau, adjoint au maire délégué du quartier de la gare. C’est là que s’est tenu l’événement de ce millésime 2012 : le baptême du pont des Vignerons, le nouveau nom du pont Brissard, en hommage à la tradition viticole de la ville (lire encadré).
Et le choix de l’ouvrage, qui enjambe les voies de la SNCF, ne doit rien au hasard : « Le pont et les vignerons de Clamart, c’est une vieille histoire! » sourit Michel Laroque, le grand maître de la confrérie. Né de leur colère quand fut creusée, au beau milieu de leurs vignobles, la tranchée du chemin de fer Paris-Versailles, le premier pont était une passerelle obtenue de haute lutte pour enjamber la voie. Les vignerons menaçaient de combler la tranchée et d’intercepter les trains.
Défilé d’un joyeux cortège
Maintes fois détruit, comme en 1870 par le génie militaire pour stopper l’avancée de l’armée prussienne, placé au coeur des combats de la Commune menés par Louise Michel, le pont n’a connu sa forme définitive qu’en 1895. Il aura fallu attendre plus d’un siècle pour rendre hommage à ses premiers promoteurs.
Pour célébrer l’événement, un cep de vigne a été planté à l’entrée de l’ouvrage. Après une inauguration en bonne et due forme par des élus locaux, un joyeux cortège a défilé vers la gare avant de rallier la mairie. Emmenés par la fanfare de l’harmonie municipale, les chevaliers de la confrérie du Clos de Clamart, tout de bleu et d’or vêtus, ont paradé dans la ville, rejoints par quelques compères conviés pour l’occasion : en grande tenue elles aussi, les confréries amies des clos de Rueil, de Bagneux, d’Issy-les-Moulineaux, la commanderie du Clos Montmartre et les défenseurs du petit vin blanc de Nogent suivaient la marche. Sans oublier, pour la bonne bouche, les chevaliers du brie de Melun et les fins goustiers du duché d’Alençon, spécialistes du boudin blanc et de l’andouillette. Et comme dans toutes les bonnes histoires, c’est par un grand banquet que s’est terminée la fête : les heureux gastronomes avaient rendez-vous pour un dîner en musique au centre culturel du Pavé-Blanc.

retour chez les petits frères

Deux ans après nous voici de retour à la vente des petits frères des pauvres, qui s’est tenue ce samedi 10 mars au Siège, 33 avenue Parmentier à Paris 11ème. On ne saurait trop recommander aux chineurs cette vente, il y a plein de choses intéressantes, et en plus c’est pour la bonne cause.

Envolée, la collection de tastevins d’argent, vendus aux enchères à Mâcon. Mais nous y avons déniché celui-ci, qui vient de Saint-Emilion.

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