C’est à un voyage en chansons que nous convie la chef de choeur Marie-Françoise Bourdot avec ses chorales Aperto et du Souffle de Bacchus.
Ils seront accompagnés par Vadim Sher, compositeur et pianiste dont on a pu admirer récemment la remarquable prestation d’accompagnateur de films muets au Cinéma Le Balzac, ou encore au Théâtre de Poche Montparnasse.
Départ le mardi 5 mai à 18H en salle des Fêtes de la mairie du 13ème. (entrée libre)
Arrivée au même endroit une heure après (un buffet est prévu)
Au programme (entre autres) des chansons déjà entendues au Musée du Vin comme l’Hymne à Noé (le patriarche digne, d’Olivier Basselin), Buvons bien nous n’buvons guère, Aimons le vin ! (c’est en passant de Paris La Rochelle).
C’est à une vente aux enchères atypique que les amis de l’Institut Pasteur étaient conviés, ce mercredi 8 avril, à la Fondation del Duca.
Etaient proposées 150 bouteilles issues de la production du clos des Rosières, à Arbois, dont la forme particulière sera expliquée par le Président de l’Académie du Vin de France Jean-Robert Pitte.
Elle résulte d’un procédé de fabrication ancien. La bouteille de verre était soufflée dans un moule posé dans le sol. La forme tronc-conique inverse en facilitait l’extraction. Quant au cul, il est nécessaire à la stabilité et permettait aussi de maintenir la bouteille lors d’une remise au four pour façonner le goulot. La bouteille de vin jaune, aux épaules carrées , est une »anglaise-clavelin » dite aussi « maillet ». Les anglais appréciaient cette forme propice à la décantation.
Ce clos de 47 ares a été acquis par Louis Pasteur vers 1880. Il a été complètement replanté après le phylloxéra. On y trouve aujourd’hui tous les cépages du Jura. Les raisins sont vendangés ensemble pour une cuvée unique, un peu comme le vin du clos de Clamart pour ceux qui connaissent.
Le vin n’est pas commercialisé, les bouteilles (millésimes 1959, 76, 81,83,86, 90, 85 et 2011, chacune signé par un « parrain » ou une « marraine »(*) étaient proposées contre un don, visant à soutenir un programme de recherche contre les maladies de la vigne.
(*)Parmi lesquels Bernard Pivot, Audrey Tautou, Guy Savoy, Stéphane Berm et bien d’autres…
Plus d’information sur cette opératioon dans cette video
La famille Boisset, grande famille du vin, avait placé la barre très haut pour quelques bouteilles (mille euro et plus), mais la plupart ont trouvé preneur pour moins de cent. Au totam c’est 25000 euro de dons qui ont été levés, a-t-on appris.
Nous fûmes chanceux, on nous joua la première scène du « Médecin malgré lui », puis le contre-ténor Sébastien Fournier nous régala d’un air à boire Louis XIII
C’est le slogan de la campagne lancée par l’alliance européenne contre le Fetal Alcohol Syndrom Disorder, dont le Monde s’est fait l’écho dans son numéro daté du 2 avril.
Dit plus crûment le bébé, dans le ventre de sa maman, boit aussi ce qu’elle boit.
Les dégâts peuvent être sévères: « Retard intellectuel, de la croissance, malformations… En France, l’exposition prénatale à l’alcool entraîne des troubles chez 8 000 nouveau-nés chaque année. »
Le bon clos ne peut que se joindre à cette campagne. Futures mamans, soyons sobres ! On se rattrapera après !
Mars est sans doute un meilleur choix qu’août pour arpenter cette terre d’histoire, quoiqu’il soit un peu tôt pour profiter de la mer. Certaines villes (Jerez, Malaga…) portent des noms familiers aux amateurs de vin, qui auront fort à faire.
La vigne est très ancienne en cette contrée, sa culture remonte au moins au 9ème siècle avant J.C. L’originalité des vins est qu’ils sont mutés, donnant des vins secs ou doux, très différents selon leur élevage.
Ceux qui apprécient le vin du Jura ne seront pas dépaysés avec la manzanilla, (vin blanc très sec, dont la production depuis 1964 est une exclusivité de Sanlucar de Barrameda), et les finos de Xeres et autres « olorosos », résultat d’une « vinification sous voile » en tonneaux non ouillés.
Autre spécialité du pays, héritée des Maures : l’usage de carreaux de faïence (les azulejos) en décoration. Et bien sûr, jambons, tapas, guitares, flamenco…
Nous convions les lecteurs du Bon Clos à une promenade bachique commentée, de Malaga à Séville, en passant par Grenade et Ronda.
Sur la place de la Constitution à Malaga, un bas-relief illustrant le mont de piété des vignerons et moissonneurs créé en 1776 : porte secours au travailleur, pas au paresseux !La bodega « el pimpi », créée en 1971, est l’une des plus fameuses de Malaga
L’intérieur mérite aussi une visite !
Il y a des réserves ! Et des visiteurs de marque !Le vieillissement des vins se fait par assemblage annuel de millésimes, du vin jeune du tonneau supérieur venant se mêler au vin plus vieux du tonneau le plus bas. (C’est le principe de la « solera« ). La rangée inférieure, mise en bouteille par tiers, n’est donc jamais complètement vidée et contient indéfiniment un peu de vin très ancien.
les bodegas Malaga Virgen ont été fondées en 1885 par Salvador Lopez Lopez, bientôt associé à son frère Francisco.
peinture à l’entrée de la taverne el mentidero
celle-ci est au musée carmen thyssen (les Claudia Girls, de Jose Gutierre Solana 1929)
A ce stade, nous proposons une pause avec la malagueña salerosa
Sous tes cils que tes yeux sont beaux, malagueña enchanteresse.. je voudrais baiser tes lèvres…
A quelques kilomètres à l’ouest, dans le petit village d’Ojen, au-dessus de Marbella, le raisin est à l’honneur avec cette grappe géanteenseigne de taverne à Ojen
Dans la peite ville de Mijas se trouve un petit musée d’art et traditions populaires où est sont présentés outils anciens (pressoir, fouloir) et représentations naïves de la vie agricole et vigneronne.
Partons pour Ronda, cité fièrement juchée de part et d’autre du Guadalevin, à plus de 700 mètres d’altitude
Encadrement de porte à RondaAu musée Lara, j’irai danser la seguedille boire de la manzanilla…Au milieu de collections hétéroclites on trouve cette presse…et cette scène de la vie monastique (tapisserie)Belle cheminée dans la maison de San Juan BoscoNous voici maintenant à Grenade. Faisons une nouvelle pause avec Luciano Pavarotti qui chante Granada : ta terre est pleine de jolies femmes, de sang et de soleil
A l’Alhambra, merveille intemporelle, la porte du vin fait question : porte-t-elle ce nom parce qu’on entreposait du vin du côté où il n’y avait pas de taxes à payer, où bêtement par une confusion entre « Bib al hamra » (porte « rouge », porte de l’Alhambra) et Bib al jamra »(porte du vin).la porte du vin, à l’Alhambra de Grenade
Réconcilions tout le monde : le rouge, c’est du vin, non ?
Les vignes au pied de l’AlhambraAu Palais de Charles Quint, ce banquet de courtisanes et de soldats de Christophe van der Lamen (vers 1630)
et encore la séguedille et la manzanilla !Nous voici maintenant à Nerja, où sont des grottes parmi les plus grandes d’Europe qui ont sûrement inspiré le créateur de ce porte-bouteilles
à méditer ces paroles d’Eduardo Galeano
Nous sommes tous mortels, jusqu’au premier baiser et au deuxième verre de vin.
Nous vous laissons réfléchir, et passons à ce dicton plus simple
enfant, mange et tu grandiras, vieillard bois et tu vivras !
Nous voici enfin à Séville, capitale de l’Andalousie. Et l’on se souvient de Sam, qui chantait naguère Alors, ça va ?
« Chez moi il y a des souvenirs qui dansent Au son de la musique de Séville… »
Bacchus trône ici dans les jardins de l’Alcazar
Vu aussi à l’Alcazar cette assiette en céramique
Voici un carreau de faïence ancien vu chez un antiquaire
et une soupière plus moderne
Vu dans l’escalier de l’hôtel casa imperial
Ici aussi il y a des enseignes en céramique plein les rues
A la Carboneria, canto hondo entes les colonnes salomoniques
A l’Hôpital des Vénérables, voici enfin Noé soûl (peint sur la pierre)
Nous n’avons pas vu la sangria couler à la feria de Tolède, mais terminons tout de même avec Joe Dassin et son Takatakata
et faisons nous plaisir aussi avec cette version en russe
Nous voici de nouveau au Chemin des vignes, dans ces caves situées sous le coteau d’Issy-les-Moulineaux, pour participer au jury du Prix Plaisir. C’est un Concours, organisé par le tandem Bettane et Dessauve, bien connu des amateurs de vin, dans le but d’identifier des vins de meilleur rapport prix/plaisir. Les vins primés (dont le prix est nécessairement inférieur à 15 euro) bénéficieront ainsi d’un label.
Nous y étions allé en 2012. La procédure n’a guère changé, si ce n’est que les tables ne comportent plus que 3 dégustateurs, et que le timing est plus impératif.
A chaque table, douze vins doivent en effet être dégustés à l’aveugle en 1h30. L’on délibère pour décerner d’éventuelles médailles (or, argent, et bronze), puis l’aval du maître (ou d’un expert ayant son onction), est demandé pour valider les choix.
Michel Bettane en action
Cette fois-ci nous nous sommes intéressés aux graves rouges, valant entre 10 et 15 euro. Sur les onze vins dégustés, notre unique lauréat a été ce domaine la roche 2013, un Pessac-Léognan des vignobles Rodrigues-Lalande, aux intenses arômes de mûre ou de cassis.
Le site est idéal pour une telle manifestation. On y fait quelques sympathiques rencontres, comme ce rangeur de bouteilles qui est toujours là.
Sur un mur, ces assiettes peintes
Dans un recoin, cet embouteilleur (?) curieusement monté. Et dans les toilettes, voici une série de petits tableaux déjà vus quelque part (à Saint-Emilion pour tout dire). Ils sont de Carole Katchen, une artiste dont nous reparlerons.
Merci aux jeunes artistes des Conservatoires des 11ème et 15ème arrondissements qui nous ont donné à voir fin mars un Orphée aux Enfers plein de santé de notre bien-aimé maître Jacques Offenbach.Heureux lecteurs du bon clos qui ne l’auraient pas vu, sachez qu’une deuxième chance vous est donnée les 10 et 11 avril prochain au Conservatoire Frédéric Chopin du 15ème arrondissement. D’autres représentations sont prévues en juin, voir le programme et la distribution là (entrée gratuite sur réservation).
Si nous en parlons, c’est qu’Orphée aux Enfers recèle deux airs bachiques qui ont toute leur place dans la discothèque du bon clos.
Résumons l’affaire : Eurydice, lasse de son violoneux de mari Orphée, est courtisée par un berger qui n’est autre que Pluton, lequel l’enlève aux Enfers. Orphée vient se plaindre auprès de Jupiter, lui-même tenté par la belle. Pour réparer cette injustice et délivrer Eurydice, l’Olympe au grand complet descend aux Enfers.
Bacchanale
Choeur.
Vive le vin! Vive Pluton!
Et nargue du qu’en dira-t-on.
La divine cohorte
que ce vieux vin transporte,
chante le Dieu qui porte
la couronne de fer.
Sa demeure chérie
sera notre patrie ;
si l’on comprend la vie,
amis, c’est en enfer!
Vive le vin! Vive Pluton!
Et nargue du qu’en dira-t-on!
Jupiter (à Eurydice)
allons! Ma belle bacchante,
mortelle émule de Vénus,
chante-nous de ta voix charmante,
chante-nous l’hymne de Bacchus!
Tous.
Chante! Chante!
Belle bacchante!
Eurydice
J’ai vu le dieu Bacchus, sur sa roche fertile,
donnant à ses sujets ses joyeuses leçons:
le faune au pied de chèvre et la nymphe docile
répétaient ses chansons.
Tous
évohé! Bacchus m’inspire,
je sens en moi son saint délire,
évohé! Bacchus est roi!
Eurydice
Laissez, leur disait-il, les tristesses moroses,
laissez les noirs soucis aux profanes humains.
Et vous, couronnez-vous des pampres et des roses
qui tombent de mes mains!
évohé..
Voici la version de l’Atelier Lyrique Angevin (janvier 2010 à Angers)
Déguisé en mouche, Jupiter approche l’objet de son désir, mais se trouve contraint de la laisser repartir avec Orphée à condition que celui-ci ne se retourne pas. On connait la suite !
Elle me reste donc ! dira Pluton. Pas plus qu’à moi, répond Jupin, j’en fais une bacchante ! Mais ce n’est pas dans la mythologie, se défend Pluton. Et bien, on la refera, la mythologie, conclut Jupin.
Une scène culte donc, comme on le voit. Et c’est Eurydice qui aura le dernier mot, sur l’air culte du galop :
Bacchus!
Mon âme légère
qui n’a pu se faire
un bonheur sur terre,
aspire à toi, divin Bacchus!
Reçois la prêtresse
dont la voix sans cesse
veux chanter l’ivresse
à tes élus ! …
LaLa
LaLaLaLaLa
LaLaLaLaLa
LaLaLaLaLa
LaLaLaLaLaLaLaLa
(Bacchus paraît au fond sur un trône orné de pampres, porté par quatre faunes.
Eurydice monte jusqu’à lui sur les bras des dieux qui s’empressent à sa rencontre. le théâtre s’embrase)
L’exposition en cours au Grand Palais nous en fait découvrir quelques autres, comme ce bodegon (scène de taverne, vers 1618) qui réside à Budapest.et dont on apprend qu’une version proche se trouve à Saint-Petersbourg à L’Ermitage. Nous l’avons retrouvée. La carafe remplace la jarre de vin, les moules le poisson fumé…Les trois musiciens (1616-17) proviennent de la Gemälderie de Berlin.
Quant aux deux tableaux qui suivent, (l’image provient du blog Actuart d’Eric Simon) ils présentent l’un un buveur de vin (vers 1630), l’autre le philosophe grec antique Démocrite devant un globe terrestre. Etonnant, non ?
L’ami Alain nous fait connaître cette adaptation (musique Roger Miller, paroles John Allison) de la petite musique de nuit, du divin Mozart, à la non moins divine gastronomie lyonnaise.
Qu’elles vont bien ensemble ! N’en déplaise aux puristes… Et que coule le beaujolais !
En voici une version par le choeur de l’île présenté le 8 juin 2014 à Gatineau, Québec
En voici une version plus ancienne (1997) par la chorale voix sans frontière en l’église Saint Denis d’ Avion (Pas de Calais)
PS :et voci les paroles trouvées sur le blog de l’ensemble vocal de Charly/Marne– Texte intégral : À table ! À table les amis ! Choisissez vos plats, bon appétit! Caviar, salade aux harengs saurs, la tarte aux épinards, les oeufs en mayonnaise, la salade niçoise, salade lyonnaise, salade grenobloise, l’assiette anglaise : foie gras rillettes, andouillettes, vol au vent, boudin blanc, saumon fumé, et cervelle de canut miam! Arrosé avec du beaujolais, fleury, morgon, brouilly, chénas, juliénas, saintamour, chiroubles, côtes de brouilly, moulin à vent, régnié durette, montrachet et muscadet, sauternes, pouilly, sancerre, entredeuxmer, monbazillac, gewürztraminer et riesling !Puis merlan, mulet, la barbue à l’oseille, morue, les maquereaux marinés, le cabillaud mornay et truite et turbot, haddock, hareng, lotte, limande, colin, anguille et daurade, homard, crabe et langoustines, et les sardines grillées, moules frites, huitres, écrevisses et scampi frits, coquilleS saint jacques et bien sur des quenelles !
Une petite pause pour digérer, prenez donc le trou normand !
Tripes ! Des tripes ! Le tablier d’sapeur ! Les rognons aux pommes à la vapeur, lapin, liévre, coq et pigeon, agneau, boeuf, chevreuil et mouton, canard, faisan, perdreaux, poulet, une escalope de veau, une entrecôte grillée, le poulet marengo, rôti d’agneau au lait, le gratin dauphinois, les pommes de terre au lard, les aubergines sautées et les carottes glacées, sanglier, porc, dinde et coquelet, courgettes, poivrons, bettes et oignons, tomates, endives et champignons, choux, haricots verts, asperges, artichauts, cèpes, petits pois et frites, et des pommes frites ! Le choufleur gratiné, les salsifis sautés, le plateau de fromages : fromage blanc à la crème, cantal, munster, roquefort, guyère, bresse bleu, saint paulin, saint félicien…
Attends ! Attends ! C’est toujours pas fini !
Rebelote, tant pis pour l’appétit!
Caviar, salade aux harengs saurs, la tarte aux épinards, les oeufs en mayonnaise, la salade niçoise, salade lyonnaise, salade grenobloise, l’assiette anglaise : foie gras, rillettes, andouillettes, vol au vent, boudin blanc saumon fumé, et cervelle de canut, miam! Arrosé avec du beaujolais !
Au dessert : les îles flottantes ou la tarte tatin au caramel, au beurre, au kirsh, chantilly, chocolat, mousse au chocolat, tarte au citron, un café bien serré avec un pousse café pour digérer !
Goûtez donc ce vieux cognac, un vieil armagnac !
Ah! Si vraiment vous insistez, encore un verre pour digérer, encore un verre à votre santé!
Faites appeler le chef pour le féliciter !
Quel somptueux repas ! Oui, c’était délicieux, vraiment délicieux!
Voici un peintre spécialiste du trompe-l’oeil que nous avons découvert il y a quelques années place des Vosges à la galerie l’Archange, spécialisée alors dans l’hyperréalisme, mais qui n’existe plus.
L’univers du vin est un de ses thèmes de prédilection : bouteilles, bouchons, verres…