C’est avec un beau temps un peu frais que la deuxième vague des vendanges s’est déroulée les 25 et 26 septembre à Clamart. Nos producteurs nous ont apporté plus de 700 kilos de raisin assez mûr (10° d’alcool potentiel) qui, une fois pressés, donneront plus de 4 hectolitres de Clos de Clamart, si tout se passe bien.
Beaucoup de travail donc pour nos bénévoles, attachés à trier sévèrement ce raisin, parmi lesquels on retrouvait des têtes bien connues.
ou inconnues car la grande surprise de ces vendanges fut la participation d’une famille de Moret-sur-Loing, descendant de vignerons clamartois, les Drouet, attestés depuis 1615 dans la base généalogique mise en ligne par M.Vesseron : (Robert Drouet, 1615-1691, fils de Robert et Denise FRANQUET)
Merci à eux ! et bienvenue chez vous !
Quant au clos Franquet, planté en sémillon et chardonnay sévèrement attaqués par l’oïdum, on suivit les indications de notre oenologue Edouard (dont il fallut toute l’autorité pour faire passer l’idée) pour une presse sans éraflage et sans foulage, à l’instar de la plupart des vins blancs.
Il donna quand même de quoi remplir une dernière cuvée d’un moût délicieux.
Qu’en sera-t-il du vin ? On le saura dans quelques mois.
C’est à une dégustation originale que nous étions conviés, ce samedi 19 septembre, par le Monde, Télérama et le « petit ballon » de Jean-Michel Deluc.
Cet éminent sommelier aux références impressionnantes (10 ans au Ritz…) a monté une boutique en ligne dont le principe est de proposer des bouteilles sélectionnées sur abonnement (basiquement, 2 par mois). En ce temps de foire aux vins, ce sont 20 producteurs qui avaient été réunis à la Cartonnerie, une ancienne fabrique près de la République.
Avec l’ami Gérard, nous avons eu la chance de pouvoir suivre une master class de dégustation. Le maître insista sur l’importance de l’examen visuel du vin verre incliné (la variété des couleurs donne des indications sur l’âge du vin qui brunit avec le temps ; la brillance renseigne sur sa vitalité ; l’épaisseur sur sa concentration..) ; néanmoins, 70 % de l’information sera captée au nez : une première olfaction avant aération permet d’identifier le fruit et la minéralité ; une seconde révélera les arômes secondaires tels que les épices.
Quand un vin est à son apogée ces deux olfactions sont semblables ; avant, l’aération est nécessaire pour l’ouvrir ; après, elle n’apporte guère, il n’y a plus qu’une chose à faire : le boire !
C’est peu de dire que la dégustation qui s’ensuivit fut passionnante. Toutes les régions viticoles étaient représentées ; le plus surprenant fut sans doute ce vin de Vendée du domaine Prieuré la Chaume, créé ex nihilo par Christian Chabirand en 1997 en plein coeur du marais poitevin
il faut goûter le Prima Donna 2014, un vin blanc de chardonnay, pinot noir et chenin, délicieux vin, à la fois complexe et souple !
un vin du sud-ouest assemblant les cépages classiques du bordelais et le tannat, qui apporte des arômes incomparables de fruits mûrs et de réglisse (voir la fiche de dégustation du petit ballon là)
Et l’on n’avait pas fini de s’étonner en découvrant les bières BAPBAP ( brassée à Paris bue à Paris) brassées en plein coeur du quartier Oberkampf.
Cerise sur le gâteau, la journaliste et blogueuse miss Glou-Glou (notre consoeur sur blog.lemonde.fr), de son vrai nom Ophélie Neiman, qui apporte une vraie fraicheur dans ce monde de spécialistes qu’est le vin, était là, dédicaçant son dernier ouvrage : »le vin c’est pas sorcier« .
Merci amis du Monde et de Télérama, des dégustations comme celle-là, nous en redemandons. En conclusion, et passée l’exaltation habituelle après une belle dégustation, le petit ballon, ça semble être un bon plan !
C’est le week-end des 11 et 12 septembre qui a été choisi pour récolter les raisins « hâtifs » comme le Baco. Nos vignerons en ont apporté plus de 400 kilos à la Grange Franquet, titrant jusqu’à 15 degrés d’alcool potentiel pour certains.
mesure du taux de sucre au réfractomètre
Après un tri rigoureux (on est passé de « tout ce qui n’est pas jeté est bon » à « tout ce qui n’est pas choisi est à jeter »),
c’est quand même près de 250 litres de moût qui ont été mis en cuve.
On en profita pour « raccourcir » le clos Franquet, dont les raisins ne sont pas encore mûrs.
Notre plus grand plaisir a été d’accueillir des têtes nouvelles, comme Richard et Jean-Claude.
Notre ex-Grand-Maître Michel, très actif à la vigne du clos Franquet, ne s’est pas laissé impressionner par la pluie.Les pauses déjeunatoires sont toujours appréciées. On procéda à la dégustation des Clamart 2013 (qui a été jugé équilibré mais un peu court) et 2014 (plus nerveux et aux arômes de fraise), et du Franquet 2014 qu’il n’est pas facile de définir. In fine c’est le Clamart 2014 qui a eu la préférence.
Dame Gisèle nous a régalé d’un pâté de tête fait maison.
et cette bouteille de Valençay, soyeuse et aromatique apportée de Touraine par le Grand-Maître Marcel, a fait sensation.
En fin de journée nous avons reçu la visite de Dominique Borg, actrice et costumière clamartoise.
Quel est le point commun entre ces trois là ?
Les vendanges se poursuivront les 25 et 26 septembre. Au clos des volontaires, on vendangera donc le 24 au soir. Bienvenue aux amis du clos qui voudraient nous aider !
C’est une importante délégation de la Confrérie du Clos de Clamart
qui s’est rendue ce dimanche 13 septembre à Yerres, pour assister et participer au 2ème chapitre des vendanges de la Grappe Yerroise, confrérie créée en juin 2014.
Il faut dire que le terrain clamartois avait été largement labouré ces derniers temps par l’ami Michel Mella, Grand Chancelier de la dite Grappe, également élu au Bureau de Cocorico, que nous avons intronisé au printemps dernier.
D’autres confréries avaient fait le déplacement : Sucy en Brie, Gagny, Combs la Ville, Villiers-le-Bel, Bagneux, et aussi la Marmite d’Or, les Culs d’Ours et Cabinets d’vigne, Saint-Grégoire, et, last but not least, la Fédération Internationale des Confréries Bachiques représentée par Alan Bryden…
On apprit que les vendanges de chardonnay et de pinot noir venaient d’être faites au Clos Bellevue.
La pluie était au rendez-vous mais permit une courte déambulation qui, depuis la Grange au Bois, nous mena place de l’Eglise après avoir longé le Parc Caillebotte et franchi l’Yerres sur le Pont du 18 juin. L’espérance brévannaise, harmonie dirigée par Philippe Lacombe, nous accompagna au son de Chariot et des Blues Brothers.
La Grappe Yerroise chanta son hymne
puis on procéda aux intronisations. C’est l’ami Michel Mella qui prononça les éloges des impétrants, et l’on assista à un festival de calembours et de coq-à-l’âne donnant du sens aux CV les plus hétéroclites en un meli-mella improbable.
C’est ainsi que l’ami Yves de Villiers-le-Bel, qui se voua à la charcuterie toute sa vie durant, reçut à tout jamais le sobriquet de l’abbé des cochons.
Le maire Philippe Dupont-Aignan ne fut pas épargné (ce fut « saignan » !)
Son intervention pour allouer à la culture de la vigne l’actuel Clos Bellevue fut rappelée et il but la coupe sans rechigner Les inséparables Marcel Doyen et Michel Laroque, respectivement grand-maître et ex-grand-maître de la Confrérie du Clos de Clamart, reçurent le même traitement.(ci-dessous avec le Grand-Maître de la Grappe Yerroise, Michel Privat).
On apprit finalement que les textes étaient co-écrits par Jean-Claude Trouillas,
joyeux luron qui tient un peu de Pierre Desproges et qui porte la charge de Grand Vaguemestre de la Confrérie.
Merci aux auteurs et à l’acteur incomparable pour ce bon moment.
La suite est plus classique, avec un déjeuner de qualité accompagné en musique par le chanteur Pierre Meige.
Mais la poésie était encore à l’honneur sur les murs permettant aux affamés de patienter, avec Rabelais et sa Dive Bouteille, Molière (air à boire du Bourgeois Gentilhomme), Nerval (Gaieté), et d’autres moins connus comme Emile Goudeau et son vin de vérité,Vincent Muselli et ses Buveurs, Robert Delahaye et sa Halte de midi. Amis Yerrois, merci, et à bientôt !
Un passage éclair dans le Lubéron cet été nous a fait découvrir les vins de Paul Dubrule, éclectique personnage qui fut fondateur et co-président du groupe Accor, maire de Fontainebleau, grand cycliste devant l’Eternel, qui à 67 ans rallia Angkor depuis Fontainebleau et ne s’en tint pas là.
(le malheureux a été renversé début août par un chauffard et souffrirait de multiples fractures ; recevez cher monsieur Dubrule, tous les veoux de rétablissement du Bon Clos)
Cet homme ne cherche pas la facilité et, bien que ses moyens lui eussent sans doute permis d’acquérir un grand château comme quelque bernard-l’hermite buveur d’eau, il jeta son dévolu sur une petite vigne de quelques hectares du côté de Lourmarin où une boutique présente ses vins qui ont nom la Cavale, la Grande Cavale, et la Petite Cavale (ça c’est du marketing).
Il faut aller sur place pour savoir ce qui se cache derrière ce paravent
et poser ses fesses sur cette chaise bachique. La culture de la vigne dans le Luberon remonte à l’antiquité, mais le vignoble a ensuite périclité pour ne renaitre qu’au 19ème siècle. Lourmarin n’y fait pas défaut, avec cette stèle que l’on peut voir au pied du village.Voici un tableau aperçu dans une des nombreuses galeries du village,
la fête de San Luca qui fait assez mexicain
Ca boit sec !
Et finissons avec cette collection de tire-bouchonset cette publicité Roederer vues chez l’ami Jo dans les environs.
Un petit tour dans la vallée de l’Yonne nous fait passer par Irancy, patrie de l’architecte Jacques-Germain Soufflot. Une enseigne dans ce village viticole nous alerte
C’est celle de l’atelier du peintre Georges Hosotte, qui a beaucoup peint les vignes de l’auxerrois, comme ci-dessous dans ce petit village
Voici aussi Vézelay sur sa colline éternelle et ces vignes en automne
Cette transparence verticale fait cohabiter cerisiers et rangs de vigne
Un peu plus loin, rue Soufflot voici un bas relief. Un vigneron en sabots est assis sur une chaise, regardant s’écouler le jus d’un pressoir…
Un peu plus loin, à Mailly-le-château, voici une curieuse fontaine.
Sous un loup en pleurs, on peut y voir pampres et grappes de raisin. Un texte en latin déclare : « semper sedeat in hoc fonte lupus radibus ut consumptis lacrimis eum implat »
(que le loup enragé reste sur cette fontaine pour toujours, et verse toutes les larmes de son corps)
Il y eut en effet dans les années 1730 une bête de l’Auxerrois, comme il y eut une bête de Gévaudan, qui sema la mort en dévorant notamment des enfants. (Voir le site petit-patrimoine pour en savoir plus)
Les deux richesses de l’auxerrois, flottage du bois et vigne, apparaissent sur la sculpture d’Yves Varauguin (1992)
La saison Offenbach s’est terminée en beauté avec une reprise épique de la Belle Hélène au théâtre du Châtelet. On y a pu entendre le choeur du 3ème acte, qui mêle allégrement le culte de Bacchus et celui de Vénus.
Dansons ! aimons ! Buvons ! chantons ! Et trémoussons-nous avec verve !… Gloire à Vénus ! Gloire à Bacchus ! Et foin de la chaste Minerve !… Dansons ! aimons ! Buvons ! chantons ! Gloire à Vénus ! Gloire à Bacchus ! Et foin de la chaste Minerve !…
Les amateurs d’opérette ne pouvaient pas laisser passer « les mousquetaires au couvent », de Louis Varney, dernièrement à l’Opéra Comique. Et ils ont eu raison. C’est une oeuvre délicieuse et pleine d’humour. Elle date de 1880. Et on y boit !
L’intrigue est classique. Deux mousquetaires s’introduisent, déguisés en moines, dans un couvent où des jeunes filles sont pensionnaires…
Mousquetaires et bourgeois s’affrontent à l’hotellerie Pichard. Mais tout va s’arranger :
Sans nous chercher querelle / Officiers et soldats
Buvons à pleine écuelle / Chantons à pleine voix
C’est la fête au village…
Dans le village on dansera / Gaiment sous le grand chêne
Le vin de Vouvray moussera / Dans la futaille pleine
Ah ! Hi, dia / Boire et danser à perdre haleine
Ah ! Hi, dia / Tant pis pour qui s’en lassera…
Le Mousquetaire Brissac s’apprête à sermonner les jeunes filles à sa façon, après un repas bien arrosé !
(On ne peut pas ne pas évoquer la Périchole (Ah quel diner je viens de faire) et la Vie Parisienne (il est gris))
Gris, suis je gris ? La chose est bien possible
Mais la faute est aux bonne soeurs
Qui me comblèrent de douceurs
Auxquelles je fus très sensible
Ah ! Ah! quel déjeuner j’ai fait
Quelle cave et quel buffet…
C’est une truite saumonée / Avec un marsala très vieux
Puis un jambonneau de Mayence / escorté de quatre perdrix
Que je baptise en conscience / D’un fin Bordeaux du plus haut prix
Après le chapon de la Bresse / Et pour finir vint le homard
Je les arrose avec largesse / De Chambertin et de Pommard
Car j’ai vu troupe respectable / J’ai vu dans leurs flacons ventrus
J’ai vu défiler sur ma table / Les meilleurs vins des meilleurs crus
Vins de Sicile et vins d’Espagne / Muscat Bordeaux Mâcon Champagne…
Elle vient d’être remise en scène par le Groupe Lyrique. Nous l’avons vue dans une mise en scène moderne, dont on pourra trouver la distribution et la note d’intention là.
« Une plongée dans un Paris contemporain, sur une place où la fête ne finit jamais. Il s’y passe des événements cocasses, des couples se forment et se transforment… S’y croisent des comédiens, un faux prince « jet-setteur », une ancienne strip-teaseuse, un groupe de vieilles filles sous la coupe d’une redoutable chaperonne espagnole, le directeur d’un musée de cire qui envoie son neveu se déniaiser avant le mariage, un cabaretier coquin, et tout cela sous les yeux de la police qui semble plus intéressée à se distraire qu’à verbaliser. »
Nous en avons ramené quelques extraits sonores.
Après la Foire Saint-Laurent /C’est à la Courtille qu’on se rend
C’est chez Ramponneau Grégoire / Que l’on vient chanter et boire !
Les conditions météo étaient idéales ce mercredi 17 juin pour le traditionnel dîner des amis du Clos de Clamart à la Grange Franquet. Il faisait bon sans faire trop chaud, et la presque quarantaine de convives (dont quatre nouveaux amis désireux de découvrir le clos portant leur patronyme, Franquet, qu’ils avaient découvert lors d’une visite de la cave de Suresnes) ont fait honneur, tout en se sustentant, à l’apéro clamartois, aux excellents Muscadet-sur-Lie et Morgon qui leur étaient proposés.
Notre ex-grand-Maitre Michel, engagé, depuis sa résignation, dans un grand nettoyage de printemps, avait apporté de vieilles bouteilles, comme ce Saint-Estèphe 1982, ou ce Rioja 94. Un sonnet fut déclamé à son intention, célébrant ses vertus cardinales et l’exhortant à profiter de la vie (voir ci-dessous). On débattit des mérites des vins. Un ratafia suresnois, apporté par l’ami Suresnois Marcel, vint clore la discussion.
On saisit l’occasion de ce rassemblement pour se prêter, accompagnés par l’accordéon de Bernard Jacob, à une répétition grandeur nature du fameux tube de Daniel Cherrier, « A la santé des vignerons », qui accompagne réunions et chapitres. Mise ainsi en voix, l’assistance se déchaîna et l’on se succéda au micro pour entonner la Madelon, le petit vin blanc et bien d’autres classiques. Et pour dire ses 4 vérités à l’ami Michel…
Ah ! Michel
Je veux dire aujourd’hui tes vertus cardinales. Prudent certes tu es, tempérant sans excès Brave bien sûr ; juste, selon tes lois. Qui sait Si Platon vit vertus aussi phénoménales ? Couvert d’hermine et d’or, tu allais brandissant Ton gigantesque cep dans les rues de Clamart Entrainant au milieu d’un joyeux tintamarre Dames et chevaliers sous les yeux des passants Etonnés. Vigneron, tu n’as pas ménagé Ta peine. Avec constance, inlassable berger Tu as tenu chapitre. Et les jours étaient courts Tant tu avais à faire (mais tu trouvais quand même le temps de boire un coup). Baste ! Carpe Diem ! Cette exhortation vaut mieux qu’un long discours !