Entre Nièvre et Cher…

…coule la Loire. Les vins d’ici sont fameux, qu’ils soient, côté Cher, de Sancerre, ou côté Nièvre, de Pouilly.

Jadis  dans ce relais au bord du canal latéral de la Loire, on se ravitaillait en foin, son, avoine, et vins en gros.

vinengroscanalCet empilage improbable de fûts

futssancerretrône à l’entrée de Sancerre dont les armes sculptées peuvent se voir sous la grande place.

symbolessancerreAu pied de la butte de Sancerre, Saint-Satur s’enorgueillit d’être  la porte du Sancerrois

fresquesaintsaturCe tableau vu dans un restaurant de Saint-Satur est signé Jean-Louis Boncoeur, une figure du pays berrichon (peintre, écrivain, comédien…)

bouteillesancerreboncoeurNon loin de là, dans un gîte, ce tableau est de Gérard Puvis, un artiste qui a travaillé notamment avec des collerettes métalliques de bouteilles de grands vins.

gerardpuvis2Le coin est vallonné (parole de cycliste de plaine). Mais la butte de Sancerre, comme celle de Chavignol, ou de Verdigny se fait aussi bien en voiture.

chaudouxVoici une boîte à lettres à l’entrée de Chaudoux.

BALchaudouxUn peu plus au Nord, à Léré, il n’y a plus de vignes, mais on honore quand même Saint-Vincent (à la Collégiale Saint-Martin)

stvincentcollegialelere2Côté Nièvre, les vins de Pouilly n’ont rien à envier à ceux de Sancerre.

camionnettepouillyCes fresques (signées E.Goujon semble-t-il) à la devanture d’une ancienne auberge ont été vues à Suilly-la-Tour

lesclientsbienvenuesuilly piconsuillylatourPlus au Sud est Nevers, la ville de maître Adam,

maisonadamle menuisier poète dont les airs bachiques courent encore les rues.

plaqueadamNous le retrouverons.

Nevers a été aux 17-18èmes siècles un centre important de production de faïence d’art.

Ce vase bachique

vase bachiqueet ce Saint-Vincentstvincent ont été aperçus dans une vitrine de l’ex maison Montagnon.

montagnon1648 faienceriemontagnon    Il reste trois maisons de faïence à Nevers.

Bacchanales à Bordeaux

Belle exposition que ces « Bacchanales modernes » que l’on peut voir jusqu’au 23 mai au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Il y est question de « nu, d’ivresse et de danse » dans « l’art français du 19ème siècle ».

La figure de la Bacchante semble avoir inspiré particulièrement les sculpteurs de cette époque. Voyons l’effet qu’elle fait à James Pradier (que nous avons déjà rencontré), dans les bras d’un satyre en 1834

satyreetbacchantepradierJames Pradier satyre et bacchante 1834

ou jouant avec le jeune Bacchus en 1844.

bacchantepradierJames Pradier bacchante couchée et bacchus enfant 1844 plâtre patiné venu de Genève

Voici maintenant l’Automne (tête de bacchante) de Charles-Auguste Arnaud (1857)

tetedebacchantedarnaudCette nymphe dénichant des faunes est de Gustave Doré (vers 1880) dont nous connaissons le poème de la vigne. D’un érotisme moins flagrant que les précédentes, elle apporte une touche d’humour.

bacchatededore2De Gustave Doré également le dessin ci-dessous.

IMG_3609Voyons maintenant la Bacchanale d’Aimé-Jules Dalou (1899 bronze), qui ressemble diablement à celle exposée aux Serres d’Auteuil, elle-même reprise d’un grand médaillon en plâtre présenté en 1879 à Londres et conservée au V&A Hall.

bacchanaledalou Toujours en bronze, « je ris, je chante, vive le vin » (1910), du girondin Raoul Larche

jerisraoullarcheEt voici maintenant comment Bourdelle  voit la Bacchante

bachanteauxraisinsbourdelle  Jeune bacchante aux raisins (1907)

bacchantejambescroiseesbourdellebacchante aux jambes croisées (1911)

bacchanteportanterosbourdellebacchante portant Eros (1923)

Ci-dessous les poèmes idylliques païens, superbe terre cuite de  Jean-Antoine Injalbert (1904) où il s’en passe de belles !

poemeterrecuiteinjalbertinjalbertdetailDu côté des peintres, c’est plus calme.

La Bacchante d’André Lhote (1912) semble faire la sieste.

bacchantelhoteLes jeunes dieux Bacchus et l’Amour trinquent comme des garnements que les parents (à droite) auraient oublié de surveiller (Jean-Léon Gérôme, 1850).

bacchusetlamourivresBacchus et l’Amour ivres, Jean-Léon Gérôme 1850

Mais revoici l’humour avec Edouard-Antoine Marsal et sa version de satyre et bacchante (1887) Il est vrai que c’est l’époque d’Alphonse Allais, des fumistes et des arts incohérents.

satyredemarsalRevenons aux temps héroïques de la photographie, avec François Benjamin  Lamiche et ses diableries, vers 1860. Ce sont des vues stéréoscopiques en daguerréotype

souperchezsatan balchezsatan vendangesenenferAvec ces vendanges en enfer, ce souper et ce bal chez satan, on retrouve l’univers de Dave Lebow découvert à l’expo Hey3.

Quittons Bordeaux par ces portes art déco du quartier de l’avenue de la République

porte2porteabordeaux2A la popote de l’antiquaire, une sympathique table à Pugnac, près de Bourg sur Gironde, nous avons déniché ce biscuit bachique.  Quelle en est l’histoire ?

biscuitbachiqueHasard des pérégrinations ? Au F de Fontaines à Taussat, sur la baie d’Arcachon, nous reconnaissons ces tableaux de Martine Gonnin, rencontrée au GMAC l’an dernier.  Elle a sa galerie à Andernos…

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chapitre de printemps à Clamart

Revenons sur le chapitre de printemps qui s’est tenu le 30 avril à Clamart. Malgré la pluie, ce fut un franc succès, tant par le nombre (17) de Confréries venues y participer, que par la qualité des nombreux impétrants intronisés et par le nombre de partcipants au dîner musical et dansant. C’est tout le travail du Grand-Maître Marcel qui se trouve récompensé.

defile2quelques unes des 17 Confréries venues partciper au Chapître

Ce fut un plaisir de retrouver dans une fraternité non feinte les élus  (dont notre député Jean-Marc Germain) et les membres des équipes municipales passées (certains portant même l’habit), présentes (avec Dame Christine (intronisée au précédent chapitre) représentant le Grand Commandeur Jean-Didier Berger,  maire de la ville), et (qui sait?) à venir.

defile5Au son des trompettes de la Brie dames et chevaliers ont profité d’une accalmie pour défiler dans les rues de Clamart jusqu’à la mythique grange Franquet et au clos du même nom, situés dans la rue du même nom.

trompettesenrueSur la place de l’hôtel de ville on fit une halte et l’on admira le bas-relief bachique plastronnant au-dessus de la brasserie

basreliefclamarten évoquant le temps où la renommée du vin de Clamart s’affichait sur les gargottes

cartepostalecarte postale ancienne transmise par Mme Jullemier de la Société des  Amis de Clamart

(ce débit de boisson devait se trouver à l’emplacement actuel de la banque HSBC entre la Mairie et l’église Saint-Pierre Saint-Paul)

On se retrouva à la salle des fêtes pour procéder aux nombreuses intronisations. Notre Grand Chancelier Paul sut comme à son habitude trouver les mots pour mettre en valeur sans lasser tous ces parcours. On nous pardonnera de ne pas citer tous ces nouveaux Chevaliers. Mais on fera une exception pour l’amie Laurence de Suresnes, bien connue des lecteurs du Bon Clos, qui nous gratifia d’une petite chanson (The days of wine and roses)

laurencechante

laurenceautastevinEnsuite vint l’heure du repas, et de l’habituel casse-tête de l’affectation des convives (il y en avait plus de 110) aux tables qui portaient cette fois des noms de fleurs. C’est une autre Dame Christine qui en vint à bout et l’on put enfin s’asseoir, pour se relever rapidement électrisés par l’ambiance musicale de Jacky.     jacky  Tangos, pasos, valses, madison, twist, rock’n roll ! tout y passa !

 

A la londe

Le vent soufflait fort ce dimanche 24 avril à La Londe-les-Maures, où l’on fêtait pour la 13ème fois les vins du terroir.

fete des vins A5 16Mais nous n’étions pas seuls autour des dizaines de producteurs faisant déguster leurs vins. vuegenerale On put quand même s’approcher des stands et en goûter un certain nombre. Beaucoup de bonnes choses, mais souvent pas données. On a retenu les vins savoureux au bon rapport qualité/prix de la maison Desachy : cuvée Pierre en blanc, Stéphanie en rosé  et Chloé en rouge 2009.

madamedesachyOn apprit ainsi qu’une course suivie d’un buffet-dégustation aurait lieu dans les vignes le 12 novembre (marche à pied pour les moins pressés) : les dix-vins. On prend note.

Dans cette ambiance festive et musicale

musiciensnous avons fait la connaissance d’un amateur venu de loin

hamelhumantle père Hamel qui nous vient du Chili et officie à La Londe

hamelbuvant2Salud, Padre !

Sur la route

desnosparderooNous avions rassemblé, il y a quelques années, des poèmes de Robert Desnos, en voici un que nous avions omis, indiqué par l’ami Etienne. Il a toute sa place dans la collection du bon clos.

Sur la route parfois on rencontre des vignes
Dont les raisins mûris sont à portée de main
Qu’ils sont bons ! Et partons où serons-nous demain ?
Car la feuille ressemble à la main par les lignes.
 

Mais chérissons le vin où se lisent les signes
Sacrés de la jeunesse et des désirs humains
Le verre est bu, partons reprenons le chemin
Qui naît au chant du coq et meurt au chant du cygne
 

Il reste cependant l’empreinte de nos verres
Sur la nappe tracée. Aux mains des lavandières
La tache partira bientôt au fil de l’eau.
 

Ainsi vont les serments belle fille qui chantes
Pour trinquer à plaisir en l’honneur des méchantes
Remplissez notre verre aux bondes des tonneaux

churelurer

Voici un verbe oublié, mais qui pourrait être utile aux amateurs de vin.

Il signifiait « goûter du vin en se rinçant la bouche, comme le font les marchands lorsqu’ils essaient une pièce« .

On disait aussi chuleurer.

Le verbe est attesté au début du 13ème siècle dans un ouvrage de Gautier de Coinci , Sainte Léocade (cf. le Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy (1881) )

churelurer

 

la corne enchantée

Il y a dans le roman médiéval Perceval le Gallois (vers 1180 et suivants, manuscrit de Mons, publié par Ch. Potvin) un curieux passage qui a attiré notre attention.

cord'ivoire     Un chevalier se présente devant le roi Arthur, porteur d’un cor « d’ivoire à 4 bandes d’or, moult beles et moult gracieuses« . « faites le remplir d’eau de fontaine qui soit claire et saine, elle deviendra du vin, des plus chers et des plus fins« .

corsuiteMais il y a un hic. « Nul ne pourra en boire sans en répandre sur soi  qui aura trompé sa femme ou été trompé par elle« . Ambiance ! On laissera le lecteur du bon clos imaginer la suite, ou la lire  dans le texte. (ce dictionnaire d’ancien français peut être utile)

fragonard dessin de Fragonard

Il s’agit d’une légende d’origine orientale assez répandue, nous dit M. Mazuy, dans sa traduction du Roland furieux de l’Arioste ; (celui-ci l’aurait trouvé dans Tristan).

gravurelacoupeOn la trouve aussi dans la chanson de geste Huon de Bordeaux. La Fontaine en fera une comédie (la coupe enchantée) et un conte

lafontaineoù il conseille à un cocu de mettre de l’eau dans son vin, pourrait-on dire !

Quand on l’ignore, ce n’est rien
Quand on le sait, c’est peu de chose.
Vous croyez cependant que c’est un fort grand cas:
Tâchez donc d’en douter, et ne ressemblez pas
A celui-là qui but dans la coupe enchantée.

 

 

Le jeu de saint nicolas

  enluminurebodelJehan Bodel lisant son miracle

Dans ce « miracle » du début du 13ème siècle, pièce édifiante qui voit la conversion d’un roi mahométan,  confondu par un miracle de Saint-Nicolas (son trésor dérobé a été rapporté, doublé,  par les voleurs) l’auteur Jean Bodel se réjouit à mettre en scène des personnages hauts en couleur, joueurs, voleurs, et qui aiment boire !

folio227R1er feuillet du jeu de saint nicolas (manuscrit)

Voici un savoureux dialogue en vieux français et sa traduction

jeudesaintnicolas

jeudesaintnicolas2

faire chabrot

Bien des amateurs de vin sacrifient à cette tradition, qui consiste à finir sa soupe en y rajoutant du vin, et en portant l’écuelle à la bouche généralement.

C’est une coutume du Sud de la France, on  dit  « fa chabrou » en occitan, chabrol, et encore  faire godaille en Charente, nous apprend expressio.fr. Le terme serait apparenté à chevreau (chabro) sans qu’on comprenne bien pourquoi… (Champoreau – cité dans la Passion de Joseph Pasquier, de Georges Duhamel se dit plutôt pour un mélange café alcool).

C’est une pratique fortement corrélée au port du béret ou de la casquette semble-t-il, comme on peut voir ci-dessous (en Corrèze, Ardèche, Baronnies, Cévennes et Hautes Alpes et Haute Provence).

chabrocorreze Chabrotardeche Chabrotbaronnies Chabrotcevennes Chabrothautesalpes Chabrothteprovence« Faire chabrot garde le ventre chaud« , dit-on aussi.  C’est ce qui est proclamé sur le blog du dessinateur Anthony Pascal, les dentus, qui en a dessiné toute une série (de dentus) faisant chabrot.

Les Dentus font chabrot - 01L’écrivain Paul Fournel, évoquant son grand-père, a écrit un joli poème sur ce thème (publié dans Le Bel Appétit). Gastronome, amateur de vin, Oulipien, cycliste, il a toutes qualités pour entrer dans la galerie du Bon Clos. Bienvenue !

fournel

IMG_2205Et le groupe limouso-auvergnat Icoranda limouso-auvergnat en a fait un morceau, publié dans son album « des Monédières au Mont Dore ». En voici un extrait.

Des_Monedieres_au_Mont_Dore

 

1,2,3 dô !

C’est ainsi qu’on dit « à la votre » en vietnamien, nous a assuré le jeune guide Huy (prononcer Hou-i, à droite en rouge sur la photo))

123doen avalant coup sur coup un verre d’alcool de lait de coco à 29°alcoolcocoet un verre de vin de serpent à 45°.

snakewinesDe vin de raisin on ne trouve guère au Vietnam (cette aquarelle de N’guyen Li  a été vue à Hoi An)aquarellesi ce n’est le Da Lat (vignoble des hauts plateaux) dont le blanc a une attaque aromatique hélas fugace, et le rouge pourrait passer pour un bordeaux de tout début de gamme. blancdalat Mais il y a de la bière (Bia Hoi est la marque la plus populaire) biahoiet des alcools faits à partir de riz, de coco et autres décoctions.

Voici un  service à vin traditionnel en argent (début 19ème) exposé à la cité impériale de Hue.
serviceavin1820Et l’on importe bien sûr du vin, du Chili notamment.bouteilles  Ces porte-bouteilles artisanaux sont fabriqués dans le Mékong (vus à Cu Chi où sont les fameux tunnels)portebouteille portebouteille2Ce pot et cette vendangeuse (?) sont fabriqués près de Danang.potauxgrappes vendangeuse?Voici enfin une statuette  représentant Chi Pheo, un personnage populaire de la littérature vietnamienne, création  de l’écrivain Nam Cao (1915-1921), que nous avons vue exposée sur un autel familial dans les montagnes de Sapa,

chipheoautelsapaEn voici une autre vue dans une boutique à Hoi Anchipheohoian