le retour d’ulysse

On jouait ces jours-ci le retour d’Ulysse, d’Hervé, au théâtre Marigny Studio. L’ami François des terres d’Auvergne nous a fait savoir qu’il s’y trouve un air qui nous concerne. Bien vu ! Et merci au Palazetto Bru Zane qui rejoue cette bouffonnerie musicale.

https://www.theatremarigny.fr/spectacle/les-bouffes-de-bru-zane-mars/

Résumons l’affaire bien connue.
Pénélope a peur de faillir, elle se sent tressaillir et sent son sang bouillir quand un amant (Coqcigru) vient l’assaillir !
Mais voici Ulysse qui revient et que chacun palisse !
Dzing badaboum badaboum boum boum !
Et Coqcigru qui a mérité la corde et la potence pour sa témérité n’a plus qu’à se lamenter :

Tic et toc tintin
Noyons dans le vin
La mélancolie
Et que la folie
Succède soudain
A tout noir chagrin
Bouteille jolie
A toi mon refrain

Vous qui voulez le premier rang
Rimeurs courant après la gloire
C’est le vin qui rend éloquent
Le vrai talent consiste à boire
Qu’un tonneau soit votre sujet
Prenez un robinet pour lyre
Car les verres au cabaret
Sont meilleurs à vider qu’à lire

Et Pénélope de rétorquer

Que faut-il pour fuire le chagrin ?
Mettre un tonneau de vin en perce…

Voici une version diffusée par la RTF en 1956 (Orchestre lyrique de la RTF sous la direction de Marcel CARIVEN, avec Denise DUVAL : Pénélope, Jean GIRAUDEAU : Ulysse, et Joseph PEYRON : Coqcigru)

Et, merci à Gallica, voici la partoche des couplets de Coqcigru : RetourdUlyssecoupletscoqcigru

A la Bonne Franquette

Cette vénérable institution de Montmartre, dont la devise « aimer, manger, boire et chanter » est toujours d’actualité,  accueillait ce samedi 9 mars la 1ère édition de la Fête du Livre de Bistrot, à l’initiative de  «  Bistrots et Terrasses de Paris « , une association qui milite pour l’inscription de cet Art de Vivre au Patrimoine Immatériel de l’UNESCO.La maison Fournier Père et Fils assurait un accueil apéritif avec ses chenin blanc, pinot noir et autres crus du Cher, que ne dédaignaient pas compagnons du Beaujolais, Républicains de Montmartre  et autres Francs-Mâchons.

On croisait l’ami Alain Turban venu avec son CD « bistrot » qui nous plonge au milieu des cosaques envahissant Paris il y a 200 ans, et à l’origine de ce mot bien de chez nous.

Sylvie Malys, qui joue tous les mardis au Petit Gymnase pour faire connaître le génie du vin, et son metteur en scène Michel Thibaud.

Ministre de l’oenologie de la République de Montmartre, elle doit savoir de quoi elle parle !

Et Joël, le chef tambour des Poulbotset l’incontournable Alain Coquard, le Président de la République de Montmartre.Une 15aine d’auteurs présentaient leurs ouvrages, comme Cendrine Bonami-Redler (ci-dessous présentant « dans son jus« , un carnet de voyage illustré dans les rades parisiens)

Le plu prolifique était sans doute Pierrick Burgault, avec ses 200 bars-concerts, ses 150 bistrots et brasseries, coécrit avec Hélène Milon ci-dessousses « bars du monde » etc (ci-dessous avec Martin de la Soudière, son co-auteur d' »un bistrot sinon rien » – itinéraire parmi les bistrots d’Auvergne et d’ailleurs)

Sur le plan de la prolificité il se heurte à la concurrence de Pierre Josse et des ses guides du routard (ci-dessous avec « la nostalgie est derrière le comptoir« )Difficile d’échapper au charme de Gab et de ses recettes de cuisine « les doigts dans le nez ». Il faut essayer sa dinde au whisky !     Voici aussi Michel Bessières, l’ancien patron du Wepler qui en raconte l’histoire…    et Fabienne Borie qui nous parle des origines de nos bougnats parisiens (Paris-Aubrac)On a croisé aussi Ingrid Astier (ci-dessous présentant quai de enfers),

Faujour (« In vino Musica« ), Gérard Letailleur (auteur d’une monographie sur « chez Walczak« ) et quelques autres qui nous pardonneront de ne pas être cités, ce sera pour une autre fois !

l’ébauchoir

Dans ce bistrot du 12 ème près du faubourg saint-antoine,

la carte est réduite mais recèle une pépite : le porc capelin mariné qu’on ne saurait trop recommander, accompagné par exemple d’une bouteille de Los Ribos 2016, du domaine Yohann Moreno dans les Corbières, un assemblage carignan-grenache-srah-mourvèdre très réussi.Quelques oeuvres exposées mettent de bonne humeur, comme ce Nectar

ou encore ce sommelier 3D

Foujita

Pour ceux qui n’auraient pas pu voir à la maison de la culture du Japon, l’exposition Foujita, ce peintre japonais venu rejoindre la cohorte de Montparnasse juste avant 14, voici quelques images retrouvées sur le net car les photos sont interdites.

Ce tableau présente les 48 richesses de la France. C’est intéressant de savoir quelles sont-elles, du point de vue d’un japonais.Il faut le scruter en détail pour les découvrir. Il y a de tout, les métiers, la tour Eiffel,  les Champs Elysées, le Tour de France, la Joconde…
En haut à gauche, le Champagne !

Ces enfants boivent de la liqueur, semble-t-il ! Quant à celui-la, adossé à son tonneau, que représente-t-il ?

Voici un bistrot avec bien des bouteillesCe bric-à-brac incroyable est intitulé : je reviens de suite. Que fait là cette bouteille entamée ? Ci-dessous Au café, une des oeuvres les plus connues, nous présente une jeune femme au verre de vin.Voilà pour l’exposition. Mais n’en restons pas là et pistons Foujita sur le net.

Inspiré par la peinture religieuse, Foujita, qui s’est converti au catholicisme, nous a laissé aussi ces atypiques Vierges des Vendanges.

Celle-ci (ND des Vendanges, 1966) orne la chapelle Foujita (ND de la Paix) à Reims.  La Vierge au tonneau (1959) a été publiée par Sylvie Buisson dans son catalogue général de l’oeuvre de Foujita

de même que la Vierge des Vendanges (1964)

Voici encore une adorable jeune fille aux raisinsCette estampe est la contribution de Foujita au beau livre Vins, fleurs et flammes publié en 1952 par Bernard Klein

Dans la même veine humoristique, voici un sept péchés capitaux (alcool, amour, avarice, gourmandise, jeu, tabac et vol) vu par Foujita (l’alcool, 1928)

Vive le vin l’amour et le tabac

Voila bien un programme alléchant, quoique peut-être un peu daté en ce qui concerne le tabac. C’est aussi le titre d’un tableau de Clovis Trouille, peintre assez extravagant et un peu obsédé sur les bords, reconnu à son corps défendant comme surréaliste par André Breton qui le qualifiait de  » Grand maître de cérémonie du tout est permis « .

Connaissait-il le Chalet d’Adolphe Adam, opéra comique créé en 1834, dont une chanson proclame le même programme ?

Dans le service de l'Autriche
Le militaire n'est pas riche,
Chacun sait ça;
Mais si sa paie est trop légère,
On s'en console: c'est la guerre
Qui le paiera!

Aussi, morbleu! que de tout l'on s'empare!
Jeune beauté, vieux flacons et cigarre! ...
Vivent le vin, l'amour et le tabac!
Voilà le refrain du bivouac!

Dans les beaux yeux d'une inhumaine, 
De sa défaite on lit sans peine
Le pronostic;
Nulles rigueurs ne nous retiennent; 
De droit les belles appartiennent
Au kaiserlic!

Se divertir fut toujours mon principe; 
Tout est fumée, et la gloire et la pipe! 
Vivent le vin, l'amour et le tabac! 
Voilà le refrain du bivouac!

La voici chantée par Marcel Journet dans les années 1910, une basse magnifique

les amateurs apprécieront de comparer avec la version de Paul Payan

 

En fait le livret reprend un singspiel de Goethe, « Jery und Bately », où l’un des personnages proclame :
ein mädchen und ein gläschen wein
curiren alle Noth ;
und wer nicht trinkt und wer nicht küsst
der ist so gut wie todt
(une fille et un verre de vin guérissent tous les maux ; et celui qui ne boit ni n’embrasse, celui-la est comme mort)

Le livret francais de Scribe et Mélesville a rajouté le tabac !

la collection Campana

Pour ceux qui n’auraient pu visiter l’exposition Rêves d’Italie proposée par le Musée du Louvre en collaboration avec celui de l’Ermitage, voici quelques oeuvres qui ont toute leur place dans les collections du Bon Clos.Issu d’une lignée de directeurs du mont-de-piété à Rome,  le marquis Giampietro Campana fut au milieu du 19ème siècle un collectionneur particulièrement actif, mais indélicat, aussi, une fois  ses malversations financières découvertes, dut-il céder ses collections qui furent rachetées en grande partie par les empereurs de Russie et de France.

La collection couvre deux millénaires et nous commençons par ces « plaques Campana » en terre cuite qui date du début de notre ère.

Voici Dionysos enfant entre deux satyres

des satyres vendangeurs

et un cortège bachique

auquel participait peut-être Antinoüs, favori d’Hadrien

Dans cette sculpture, il n’y aurait que la tête d’antique, Campana pratiquant à merveille dans ses ateliers l’art du faussaire.

Voici aussi deux oenochoe (carafes à vin)

Survolons le temps et ous voici en pleine Renaissance avec ces panneaux de bois d’un peintre anonyme représentant vers 1510  Thésée, Phèdre, Ariane,  et Bacchus…

 

 

 

 

 

 

 

La Mascotte

Voici une opérette d’Edmond Audran qui connut un succès mémorable lors de sa création en 1880, et  dont son « duo des dindons » est resté fameux. C’est l’histoire d’une jeune paysanne qui porte chance par sa seule présence à ceux qui n’en ont pas…Mais il nous intéressera ici pour ses airs à boire, au 1er acte « la vendange est terminée » et au 3ème acte « verse, verse à boire »

La vendange est terminée
Buvons tous à petits coups
Buvons le vin de l’année
Si bon si frais et si doux
Il fait fuir l’humeur morose
Les ennuis et le chagrin
Et du soir jusqu’au matin
Vous fait voir la vie en rose
Vive le petit vin doux !
Gloux gloux gloux gloux gloux gloux gloux
Vive le petit vin doux !
Vive ses gloux gloux
Ses vertus sont admirables
Car il rend jeunes ou vieux
Les hommes plus amoureux
Et les femmes plus aimables
C’est lui qui donn’ du courage
Aux époux les moins vaillants
V’là pourquoi les p’tits enfants
Sont nombreux dans ce village
Buvons ! buvons ! buvons ! buvons !
Ecoutons-en la version mise en scène en 1953 sous la direction de Jules Gressier avec Liliane Berton dans le rôle titre.

Malheureusement, il semble difficile de trouver une version enregistrée du choeur de soldats  « verse à boire » au début du 3ème acte.

Verse, verse, verse à boire
Allons Mathéo
Vide bien ton broc
Pour fêter notre victoire,
 Buvons mes amis
Le vin du pays
À boire ! À boire ! À boire ! À boire !
 Ici Mathéo du liquide
Comme s’il en pleuvait morbleu !
Hé Mathéo, mon verre est vide,
Verse donc j’ai la gorge en feu
Il faudra se débrouiller avec la partition du choeurdesoldatslamascotte