Chapitre des fleurs au Musée du Vin

Ce samedi 19 mai nous fêtions la fleur de la vigne au Musée du Vin, entrainés par les Jeunes Echansons qui avaient choisi la Touraine de Balzac comme fil directeur.

Ce fut l’occasion pour cette noble Confrérie d’accueillir  dans ses rangs Guillaume Filiu, jeune homme passionné de vins dont la fréquentation assidue des clubs d’oenologie et l’animation de soirées du même tonneau impressionnent.Ce fut aussi l’occasion de mieux connaitre l’art du Compaignon Eric Meilhoc, promu au grade de Grand Officier. Ce grand parfumeur nous a fait la fleur de nous faire découvrir des odeurs envoûtantes de productions animales utilisées en parfumerie comme l’ambre gris, le musc, le castoréum et la civette.

Ceux qui n’auront pas tout retenu ou pas pu assister gagneront à lire l’article sur la composition des parfums publié sur aromastyle : on y apprend que l’ambre est produit par par le cachalot, le  musc par le chevrotin porte-musc (cervidé asiatique),

le castoreum par le castor bien sûr, et la civette par ..la civette.

Un quizz fut ensuite proposé, où il fallut savoir le nom courant du cépage Balzac noir, par exemple. Ou encore les points communs entre Claude Josse, Grand-Maître des Echansons de France, et Honoré de Balzac.  Il y en a ! Il fallut aussi reconnaitre deux vins servis à l’aveugle. Voici les fiers gagnants.Le repas faisait la part belle aux produits du terroir ligérien : rillons, boudins, rillettes, tourtes, saumon, chèvres… accompagnés des vins choisis par la Grande Pipetière : sauvignon, cabernet franc, gamay, chinon blanc moëlleux. En a-t-elle profité, astreinte à corriger les copies du quizz tandis que tous se régalaient ?

Chapitre à Clamart

Ce 30 mars 2019 il faisait un soleil radieux et tout s’annonçait bien pour le Chapitre annuel de la Confrérie du Clos de Clamart.  Les confréries (*) étaient venues en nombre d’Ile de France et de plus loin (Belgique, Poitou) pour défiler et festoyer avec la Confrérie du Clos de Clamart, et pour certains, recevoir l’insigne honneur d’y être intronisé.

Dès dix heures un long cortège s’élança de la salle des Fêtes Hunebelle et parcourut les rues de la ville,

passant par la grange Franquet

et par la vigne,

au son des percussions du Groupe Batuca’chic.

Louis, le « doyen » de la Confrérie (catégorie masculine) , malgré son âge avancé, marcha tout le long du chemin.

Vint le moment des photos,

Pour qui ce prometteur message ?et des intronisations. Ils étaient douze candidats, dont l’ami Paul, notre Grand Chancelier, a fait l’éloge. Tâche épuisante car on se déshydrate vite, mais il avait tout prévu et apporté deux bouteilles emplies d’un liquide clair po  ur l’une, rosé pour l’autre, dont il usa avec fréquence mais modération.Nous fûmes heureux de revoir Nathalie Loizeau, qu’une chasse aux petits pois avait conduit jusqu’à notre grange Franquet lors des journées du Patrimoine. Conteuse, chanteuse, comédienne, elle collabore en tant qu’artiste et pédagogue avec la Maison du Conte à Chevilly Larue. A Clamart, elle anime l’Atelier des Songes.

Nous découvrîmes aussi Corinne Javelaud, écrivaine clamartoise qui compte déjà une quinzaine de romans à son actif, également ambassadrice des vins de Montravel (Bergerac). Et aussi Olivier et Sonia, boulangers talmeliers près de l’Eglise Saint-Jo de Clamart. Et encore Françoise, du Devoir Parisien des Compagnons du Beaujolais,

photo de Pascal Agency Prodvideo’Art

Yvette, Argentière-Adjoint de la Confrérie du Sucre d’Orge de Moret/Loing, Marie-Françoise, secrétaire des Compagnons d’Irminon, Eric, une récente recrue du Petit Vin Blanc de Nogent, Rita et Anne, toutes deux Grand Officier de IL CRASS D’JOTTE D’HOUFFALIZE en Belgique, Bernard, Chevalier balnéolais de Bacchus. Et enfin Philippe, Grand Prévôt des Côteaux de Sucy en Brie.

Tous se pressaient sur l’estrade pour prêter serment et déguster nos fameux crus, pour finalement recevoir l’adoubement du Grand-Maître Marcel.

Puis ce fut le vin d’honneur, et le traditionnel déjeuner dansant animé par ISA MUSIC.

photo de Pascal Agency Prodvideo’Art

Un record fut battu avec 135 convives !

(*) Outre les Confréries sus-mentionnées, étaient aussi présentes les Arts Audoniens de Saint-Ouen, la Palaisienne des Côteaux de l’Yvette, la Saint-Vincent d’Issy-les-Moulineaux, le Pinot Meunier de Charly/Marne, le Vin de Suresnes, Saint-Grégoire et Tire-Douzils de Marigny-Brizay en Haut Poitou !

Et Merci à Pascal, Philippe et tous ceux qui nous ont transmis des photos.

Li Bai

Il y a treize cents ans vivait en Chine un des plus grands poètes de ce pays. Li Bai, Li Po, Li Tai Pe ou Li Taibai, comme on voudra.  Si nous en parlons, c’est bien sûr que cet homme aimait le vin, ou plutôt l’alcool qui en tient lieu en Chine.Ses poésies ont été traduites par le Marquis d’Hervey-Saint-Denys, qui rapporte ainsi comment il fut présenté à l’Empereur :

“J’ai, dans ma maison, avait dit [son ministre] Ho-tchi-tchang à l’empereur chinois, le plus grand poète peut-être qui ait jamais existé : Je n’ai pas osé en parler encore à Votre Majesté, à cause d’un défaut dont il paraît difficile qu’il se corrige : il aime le vin, et en boit quelquefois avec excès. Mais que ses poésies sont belles ! Jugez-en vous-même, seigneur”, continua-t-il en lui mettant entre les mains quelques vers de Li-taï-pé.

« L’empereur lut ces vers et en fut enthousiasmé. “Je sais, dit-il, condescendre aux faiblesses de l’humanité. Amenez-moi l’auteur de ces poésies ; je veux qu’il demeure à ma Cour, dussé-je ne pas réussir dans les efforts que je tenterai pour le corriger.” 

Li Bai eut une vie mouvementée, une légende veut « qu’ayant essayé de se tenir debout sur l’un des côtés de sa barque, après avoir bu plus que de raison, il ne fut pas assez ferme sur ses pieds, tomba dans l’eau et se noya. »

On pourra lire la traduction du Marquis , et ci-dessous quelques extraits comme

en face du vin


La vie est comme un éclair fugitif ;
Son éclat dure à peine le temps d’être aperçu.
Si le ciel et la terre sont immuables,
Que le changement est rapide sur le visage de chacun de nous !
O vous, qui êtes en face du vin et qui hésitez à boire,
Pour prendre le plaisir, dites-moi, je vous prie, qui vous attendez ?

Un jour de printemps, le poète exprime ses sentiments au sortir de l’ivresse

Si la vie est comme un grand songe,
A quoi bon tourmenter son existence !
Pour moi je m’enivre tout le jour,
Et quand je viens à chanceler, je m’endors au pied des premières colonnes1.
A mon réveil je jette les yeux devant moi :
Un oiseau chante au milieu des fleurs ;
Je lui demande à quelle époque de l’année nous sommes.
Il me répond : A l’époque où le souffle du printemps fait chanter l’oiseau.
Je me sens ému et prêt à soupirer,
Mais je me verse encore à boire ;
Je chante à haute voix jusqu’à ce que la lune brille,
Et à l’heure où finissent mes chants, j’ai de nouveau perdu le sentiment de ce qui m’entoure.

Le poète descend du mont Tchong-nân et passe la nuit à boire avec un ami

Le soir étant venu, je descends de la montagne aux teintes bleuâtres ;
La lune de la montagne semble suivre et accompagner le promeneur,
Et s’il se retourne pour voir la distance qu’il a parcourue,
Son regard se perd dans les vapeurs de la nuit.
Nous arrivons en nous tenant par la main devant une rustique demeure,
Un jeune garçon nous ouvre la barrière formée de rameaux entrelacés ;
Nous passons par un étroit sentier dont les bambous touffus rendent l’entrée mystérieuse,
Et les grandes herbes verdoyantes frôlent gaiement la soie de nos vêtements.
Ma joie éclate de nous trouver ensemble dans cette retraite charmante,
Nous nous versons l’un à l’autre un vin d’une saveur exquise ;
Je chante, je chante la chanson du vent qui souffle à travers les pins,
Et ma verve ne s’épuise qu’à l’heure où s’efface la voie lactée.
J’ai perdu ma raison et cela excite encore votre gaieté, mon prince ;
Nous oublions tous deux, avec délices, les préoccupations de la vie réelle.

Chanson à boire

Seigneur, ne voyez-vous donc point les eaux du fleuve Jaune ?
Elles descendent du ciel et coulent vers la mer sans jamais revenir .
Seigneur, ne regardez-vous donc point dans les miroirs qui ornent votre noble demeure,
Et ne gémissez-vous pas en apercevant vos cheveux blancs ?
Ils étaient ce matin comme les fils de soie noire,
Et, ce soir, les voilà déjà mêlés de neige.
L’homme qui sait comprendre la vie doit se réjouir chaque fois qu’il le peut,
En ayant soin que jamais sa tasse ne reste vide en face de la lune.
Le ciel ne m’a rien donné sans vouloir que j’en fasse usage ;
Mille pièces d’or que l’on disperse pourront de nouveau se réunir.
Que l’on cuise donc un mouton, que l’on découpe un bœuf, et qu’on soit en joie ;
Il faut qu’ensemble aujourd’hui, nous buvions d’une seule fois trois cents tasses3.
Les clochettes et les tambours, la recherche dans les mets ne sont point choses nécessaires,
Ne désirons qu’une longue ivresse, mais si longue qu’on n’en puisse sortir.
Les savants et les sages de l’Antiquité n’ont eu que le silence et l’oubli pour partage ;
Il n’est vraiment que les buveurs dont le nom passe à la postérité.

le postillon de longjumeau

Voici un petit air à boire qui passe vite au 2ème acte du Postillon de Longjumeau, opéra-comique que l’on peut voir ces jours-ci salle Favart, qui fut composé en 1836 par Adolphe Adam (que les lecteurs du bon clos connaissent pour un air extrait du Chalet).

Ce n’est pas l’air le plus fameux mais il est joyeux. Après avoir été « enlevé » le jour de ses noces par un marquis pour chanter à la Cour du roi Louis XV, Chapelou, le Postillon de Longjumeau rebaptisé Saint-Phar, se voit convié avec toute le troupe à un festin, ce qui déclenche un enthousiasme général !

A Table ! A Table !

Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Ah! Monsieur le Marquis
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, allons nous mettre à table! Allons amis, courons nous mettre à table!
Le vin donne au chanteur
Et du charme et de la vigueur!
Vraiment, on n’est pas plus aimable!
Allons amis, et nous boirons à table,
A la santé de Monseigneur!
Allons à table et nous boirons de grand coeur,
A la santé de Monseigneur!

On peut l’écouter sur cette video à 1h5mn20s

 

Lanzarote : au musée Tanit

Voici un lieu à mettre en tête de liste de toute visite de Lanzarote, pourvu qu’on s’intéresse à la culture et à l’histoire de la vigne et de vin.

Outre une collection d’outils anciens, il présente une collection impressionnante de carreaux de céramique « édifiants », et quelques belles oeuvres comme ce tableau des vendanges

ou ces autres détaillant les travaux de la vigne et du vin, rappelant la chanson « de cep en terre »

L’extérieur ne paye pas de mine, mais ce paravent de bois sculpté attire l’attention avec ces personnages debout en équilibre sur des tonneaux.

Le musée fut créé en 1995  par Don Jose Ferrer Perdomo et son épouse Doña Remedios Quintana Reyes (qui signerait « Remy » certaines oeuvres présentées ci-dessous) dans une maison de maître traditionnelle du 18ème siècle.

C’est un gigantesque capharnaüm, dédié aux traditions culturelles, agricoles et viticoles de l’île. Ici des outils de taille,

un sac « pressoir » de capacité cent litres en peau de biqueet un pressoir à vis bien sûr

là une cuve ancienne où l’on a placé un alambic

ici encore un engin d’embouteillageVoici quelques belles oeuvres exposées

Sur cet almanach agri-viticole des mois  de l’année noter la taille de mars et la vendange en septembreCette fresque représentant un visage christique pressant une grappe sur un homoncule à cornes captif dans un verre laisse pensif

Passons aux nombreux proverbes et autres dictons illustrés sur des carreaux de céramique.

on peut lire ci-dessous :
« le vin vieux est le lait du vieillard », « vin a gogo et tout ira bien », « bonne santé sans boire, impossible », et « l’eau pour le moulin, le vin pour l’estomac »

On retrouve la même antienne peu ou prou dans les suivants

le vin et le jambon soignent les maux à l’instant

Les prêtres sont mis à contribution :

« le conseil du bon capucin : avec tout ce que tu manges, bois du vin » et
« pour le père Prieur il n’y a que deux sortes de vin, le bon et le meilleur »

On se réfère aussi au roi de Castille Alphonse X « le sage »  (1221-1284)

brûlez de vieilles bûches, buvez du vin vieux, lisez des vieux livres, ayez de vieux amis

Le message peut se faire grave

buvons et chantons car demain nous mourronsprofite et bois car la vie est courte

philosophique

Comme pour le vin, les amours, plus elles durent meilleures sont

didactique

le vin a trois propriétés : il fait rire, dormir, et ressortir les couleurs du visage

mais le plus souvent prosaïque

du pain , qu’il y en ait trop, de la viande, qu’il y en ait assez, et du vin, qu’il n’en manque pas

Dépense en bringue et vins ce que tu laisserais sinon à tes neveux

l’humour n’est jamais loin                mieux vaut mourir dans le vin que vivre dans l’eau, dit le moustique à la grenouille

ne plante pas ta vigne près d’un chemin afin que la vendange ne se fasse pas sans qu’on sache comment

Certes le vin rend joyeux

le vin et le soleil rendent le coeur joyeux

mais gare aux effets collatéraux

quand vient le vin fuite le secret

Tout est résumé dans les commandements de la loi du vin

on note le savoureux 7ème commandement : ne jamais voler une bouteille vide ou cassée

On peut conclure avec ce qu’on peut appeler cette apologie du vin

…il conforte la vieillesse et donne ce sentiment d’euphorie qui rend la vie douce et tranquille…

Déambulant de vitrines en vitrines,aux cadres bachiques

citation fameuse de Shakespeare mentionnant les vins de Canary

croisant des personnages d’un autre temps

on finira bien par atterrir au caveau souterrain, lieu de détente et de dégustation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Lanzarote

Dans l’archipel des Canaries, Lanzarote est cette île volcanique, à la végétation rare, que ne sillonne aucun cours d’eau et où il fait (presque) toujours beau. Comment dans ces conditions y faire prospérer la vigne ?

De 1730 à 1736, Lanzarote connut une terrible éruption volcanique obligeant ses habitants à l’abandonner. Quand ils revinrent, ils découvrirent qu’une mauvaise chose pouvait se transformer en une bonne chose : certains sols, recouverts de lapilli, fines projections appellées ici picon, étaient malgré tout propices à la culture, pourvu qu’on sût s’y prendre et en particulier capter l’humidité.

C’est ainsi que les vignobles de Lanzarote ne ressemblent à aucun vignoble au monde. On trouve des ceps plantés au fond d’entonnoirs coniques, protégés par des murets de pierre  semi-circulaire,

mais aussi des alignements du plus bel effet.

La mer n’est jamais loinDébut mars, déjà les premières feuilles…    Il faut imaginer la treille que ce sera dans quelques mois (on vendange en juillet) C’est dire que la viticulture, qui occupe près de 2000 hectares, est avec le tourisme une des mamelles de Lanzarote. Quantité d’hommages lui sont rendus dans l’espace public, comme cette

fresque à San Bartolomeo

et ce tonnelier en bronze posté dans les rues de San Bart  Vu à  Mozaga, village viticole au coeur de l’îleLanzarote produit des vins réputés issus des cépages malvoisie (ci-dessous, au domaine Suarez) et muscat qui donne le fameux moscatel,vins que l’on retrouve au marché dominical à Teguise

A l’instar du sculpteur et patron tutélaire de l’île Cesar Manrique,une dégustation, par exemple au domaine El Grifo, dont l’histoire remonte à la fin du 18ème siècle, s’impose !

Une course au milieu des vignobles est annoncée en juin , avis aux amateurs !

Et pas à dos de dromadaire !Nous ne quitterons pas Lanzarote sans visiter le musée Tanit et ses trésors…

 

 

le thermomètre du pochard

Quoi de plus pratique qu’un thermomètre pour déterminer l’état d’ébriété d’un sujet ? Hélas un tel instrument, qui rendrait bien des services à tout un chacun comme à la maréchaussée, n’existe pas.  On en est réduit à souffler dans un ballon ou pire, à procéder à une analyse de sang.

Pour l’écrivain Paul Mahalin, de son vrai nom Emile Blondet, auteur de romans populaires, le thermomètre du pochard, c’est la casquette !
(in  la filleule de Lagardère, vers 1884-86).On y voit un inspecteur de police suivre deux suspects (le Bijou-des-Dames et le Rouquin) qui vont d’un mastroquet à l’autre, étouffant des perroquets (verres d’absinthe), avec « la casquette qui descend en pente du sommet de l’occiput jusqu’aux sourcils, et se rive sur le front, couvrant de l’ombre de sa visière toute la partie supérieur du faciès« .
De mannezingue en caboulot, de liquoriste en assommoir et autre mine à poivre, « la casquette remonte, remonte »… A la Courtille, elle n’est déjà plus sur le front, « elle s’affale sur la nuque, s’écroule sur les épaules »… Incapables désormais de « distinguer un sergent de ville d’un archevêque », « mes hommes sont au point« . C’est le moment d’agir pour l’inspecteur !

Dans les années 1870, le dessinateur Théo abordait le sujet différemment, par l’observation fine du visage. On distingue 6 degrés, de la tristesse liée à l’appétence et au manque, jusqu’au sommeil apoplectique. Et cela se voit comme le nez au milieu de la figure !

1er degré : On a besoin de tordre un perroquet.
= A jeun – Cet état, précédant immédiatement l’heure du repas, est fort triste. L’esprit, le corps sont lourds et tombent dans une langueur quasi-maladive.
2e degré : Etre gai, avoir sa pointe, être teinté, en train.
= Gai – Au 2e degré, on est disposé à causer, on éprouve un certain bien-être et l’on tombe dans une reverie agréable. Si l’on s’arrête là, tout est bien, on a un sommeil tranquille.
3e degré : Lancé, parti, légèrement ému, avoir un coup de soleil, être éméché. Avoir son plumet, être casquette, pompette, avoir son jeune homme.
= Lancé – A ce degré, on aime à parler, on fait des remarques fines, on est langoureux, on possede le don de convaincre, c’est l’aurore naissante des facultés intellectuelles. Un peu plus, on a la conversation trop imagée et l’éloquence trop brûlante, on assome son auditoire d’un déluge de phrases à noyer les patients.
4e degré : Poivre, avoir son affaire, être culloté, raide.
= Gris – On commence à se sentir étourdi  : on veut régaler ses voisins de chansons, on éprouve le besoin  de se prononcer un discours, on est fier comme un paon, hardi comme un lion, amoureux comme une colombe.
La maladie des cheveux se déclare (image de la gravure)
5e degré : Dans les vignes, complet, pochard, avoir son compte.
= Ivre – On voit double et on est stupidement bon, on aime à donner des poignées de main ou des coups de poing. La langue est épaisse et pâteuse.
6e degré : Rond comme une balle, en avoir plein son sac.
= Ivre mort – On n’appartient plus à ce monde ; on tombe dans un sommeil apoplectique. La maladie des cheveux est dans sa plus grande période.

On peut voir cette estampe au musée de Montmartre.

Le même Théo, dont on n’apprend rien sur le Net, sinon qu’il était illustrateur, dessinateur et lithographe, se distingua aussi par quelques caricatures comme celle du député communard Eugène Razoua, représenté un verre à la main.

Les révolutions sont toujours décriées par leurs détracteurs, aussi on ne s’étonnera de cette représentation du Comité de Salut Public « en séance extraordinaire »

(on ne discute pas la loi sur les boissons)

Terminons cette promenade historique par une dernière estampe signée Alfred Lepetit, représentant le député Henri Rochefort dont la tête inspira cet humoriste.Notre député Rochefort
Comme on le voir ressemble fort
A la grappe
D’un raisin aux grains savoureux
D’où s’échappe
Un vin clair, rouge et généreux

Pour la petite histoire, ce personnage qui lutta opiniâtrement contre l’oppression cléricale et politique et réussit à s’évader d’un bagne calédonien,  sombra finalement dans le boulangisme et l’antidreyfusisme.

NB Document trouvés sur les sites Paris – Musées et Gallica