En Suisse

Venant d’Italie, la Suisse commence au col du Grand Saint Bernard (2573m) dont la tradition de secours aux voyageurs avec ses chiens portant le nom du Saint et portant au cou un tonnelet d’alcool est bien connue. Tout cela est bien fini.

tonnelet de chien saint bernard (musée de l'hospice du col du Grand Saint Bernard)
tonnelet de chien saint-bernard (musée de l’hospice du col du Grand Saint-Bernard)

On ne dira jamais assez que la Suisse est pays de vignoble, le voyageur qui remonte la vallée du Rhône depuis Martigny vers Sion ou qui la descend vers le Léman, au pied de coteaux vertigineux où la vigne prospère, en sait quelque chose.

coteauxUne halte à Aigle nous a fait découvrir ce village viticole dont le château abrite le Musée vaudois de la vigne et du vin.

vignes

Coup des chance : une exposition consacrée à Eros et Bacchus nous y attendait : elle se tient jusqu’au 28 février 2015, nous en reparlerons…

affiche-eros-bacchusL’entrée à Aigle ne fait aucun mystère sur l’activité locale

bouteilletgodetsentréed'aigleCe tramway gravit les coteaux pentus jusqu’à la station des DiableretstramwayaigleCette vitrine nous dit tout sur Aigle, son château et ses vins.

vitrineEt celle-ci met en avant un ouvrage illustré par un peintre déjà rencontré (Erni)

ivresseQuant à l’ouvrage qui suit, il nous rappelle que, depuis 1647, Vevey fête 4 ou 5 fois par siècle ses vignerons. En 1999, un spectacle a été donné  devant 16000 spectateurs 15 jours durant. Rendez-vous en 2019 !

les fêtesdesvigneronsdeveveySur le chemin du château

tonneauxdelassoducloitrechateau-muséeLe Musée présente de façon raisonnée des éléments d’histoire et de technique viticole,

fouloir romain (maquette)
fouloir romain (maquette)

 

cave à l'époque romaine
cave à l’époque romaine
pressoir ancien à vis
pressoir ancien à vis

et bien sûr quelques oeuvres de valeur comme ces bouteilles aux étiquettes BD.bouteillesEt pour finir ce retour de vendanges du peintre Frédéric Rouge (1867-1950), un enfant du pays qui a son musée sur place.

retourdevendangesdefredericrouge

 

 

En Bourgogne

La Bourgogne à deux roues, c’est fatigant pour les guibolles, comme disait le poète ! mais c’est aussi un autre regard que celui de l’automobiliste pressé.

Il faut d’abord parcourir, bien sûr, la côte des grands crus, depuis Marsannay jusqu’à Nuits Saint-Georges, puis Beaune, dans une exaltation qui va crescendo en traversant Fixin, Gevrey, Vougeot, Vosnes, Pommard, Meursault, Volnay, Saint-Romain…

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Back in the USA (Virginia)

C’est Thomas Jefferson, futur Président des Etats-Unis d’Amérique, qui après avoir été, pendant la période révolutionnaire, l’ambassadeur de son pays en France où il fit amplement connaissance avec nos meilleurs crus, fit le premier outre-Atlantique la promotion de la vigne et du vin.

jeffersonpeintparpealeNous avons voulu voir ce la de plus près et sommes allés à Monticello où le grand homme s’était fait construire une demeure à sa mesure.

monticelloContrairement à l’habitude française de consommer le vin pendant le repas, il suivait, apprend-on, l’anglaise de boire après le dessert. Il  consommait couramment quelques 3 à 4 verres dont il était « bien friand ». En voici quelques vestiges..

sceaulafitetessonstjulien(ce nom de domaine semble disparu)

vieillesbouteillesGrandes bouteilles de Médoc donc, mais le document ci-dessous décrivant le stock en 1822 montre un intérêt particulier pour les vins doux

stock1822Un ingénieux « ascenseur à bouteille » permettait de faire monter simplement les bouteilles de la cave à la salle à manger.

ascenseuravinJefferson lisait beaucoup dit-on

jeffersonpeintparcatlin?cet ouvrage se trouve encore dans sa bibliothèque

bonnelectureJefferson planta lui-même des vignes, de diverses variétés, sans grand succès semble-t-il, mais l’élan était donné. La Virginie est aujourd’hui le 5ème état producteur de vin des Etats-Unis. Autour de Monticello, une trentaine de domaines ont vu le jour ; nous avons visité l’un  d’eux, Barboursville.

barboursville vineyards

C’est un domaine fondé par une famille italienne, les Zonin, il ya près de 40 ans.

barbourlaplaqueL’accueil est amical et tout est fait pour accueillir les « wine lovers ».

barbouirstanddegustationExcellents vins, à des prix  accessibles, vu le cours de l’euro !

barbourlesprixVoici maintenant des oeuvres découvertes au hasard de nos pérégrinations..

giftsofnaturealbenahristovaCette reproduction a été vue chez Al’s pizza, à Purcellville ; d’après nos recherches, ce serait les gifts of nature, d’albena hristova, artiste bulgare.

La suivante est l’oeuvre de Michele Stapley, artiste américaine résidant à Phoenix (AZ) qui s’est intéressée aux » chefs » et autres grands cuisiniers.

M.Stapley

Voila qui fait penser à Vero Van der Esch dont nous avions vu les oeuvres au GMAC.

Tout près de Washington DC, Alexandria, fondée en 1791, est une des plus anciennes villes de Virginie.

Près de l’océan, une ancienne usine de torpilles (Torpedo Factory) a été réaménagée en centre d’art. Nous y avons découvert le peintre David Cochran, spécialiste des portraits de famille, passés et présents.

En voici quelques uns

fiestatropicaledavidcochranfoggydollarbardaidcochransurlepianodavidcochranTentant, non ?

vendanges à Clamart (fin)

C’ets sous un ciel gris et parfois pluvieux

que les vignerons clamartois ont vendangé le clos Franquet

et accueilli les raisins apportés par les clamartois les 12 et 13 octobre.

Et toujours des bénévoles pleins d’entrain et en nombre.

Le résultat n’est pas fabuleux en maturité (9 degrés d’alcool potentiel pour le Franquet), mais on fera (et on a fait) avec, sous la houlette d’Edouard notre oenologue (ici mesurant le sucre au mustimètre).

Un dicton dit que quand vient la grive, c’est le moment de vendanger. A-t-on vu la grive ?

De toute façon avec le mauvais temps on ne pouvait plus attendre.

(on a reconnu une oeuvre d’un de nos fidèles et prolifiques vignerons !)

Et comme il faisait frais (12 degrés)  il a fallu chauffer l’espace des cuves pour lancer la fermentation !

 

 

les ceps sont de retour !

C’est la bonne nouvelle de ce début d’octobre. Les ceps plantés l’an dernier au Pont des Vignerons inauguré l’an dernier, et dérobés aussitôt par de mauvais plaisants, ont trouvé des remplaçants qu’il sera plus difficile de déloger ! Ils sont vieux de plus de vingt ans et mesurent plus d’un mètre.

Le Grand Maitre du Clos de Clamart en a retrouvé le sourire, mais reste vigilant.

Le voici initialisant un tour de garde.

Voila donc une nouvelle treille clamartoise, qui rejoint les nombreuses disséminées dans la ville, comme celle-ci qui se trouve au restaurant L’Amandier (46 rue de châtillon).

A Tenerife

Cette grande île des Canaries bénéficiait d’un climat clément en ce mois de mars, alors qu’ailleurs on se gelait. Une bonne raison pour y faire un tour et voir ce qui pourrait intéresser les lecteurs du bon clos…

Il y avait de quoi faire en effet dans cette île conquise par les Espagnols à la fin du 15ème siècle, et où la vigne et le vin ont été de première importance et largement exportés pendant 200 ans, jusqu’à ce que les vins du Portugal et d’Andalousie viennent les concurrencer auprès des Anglais.

Nous y avons médité sur d’antiques adages…

« avec du bon vin, on fait du chemin »

« Qu’il ne se plaigne de son destin, celui qui vit d’amour et de vin »

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la vie rustique

Nous parlions il y a peu de cet ouvrage d’André Theuriet, illustré par le graveur Léon Lhermitte, mis en avant par Gallica en novembre dernier.

C’est une oeuvre d’un autre temps, où le sentiment de la nature s’exprimait sans voile. Nous l’avons parcouru et en présentons ici quelques bonnes feuilles pour les lecteurs du bon clos. Entre « le blé » et « le chanvre », une importante partie est consacrée à la vigne mettant en scène et décrivant avec précision le travail des vignerons, tonneliers, vendangeurs…

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Gallica fête les vendanges

Plongeant dans son fond, notre Bibliothèque numérique Nationale nous a réservé quelques surprises à l’occasion des vendanges.

Le « clou » en est sans doute cette enluminure du « maître de Sarum », dans l’Apocalypse glosée (vers 1240)

on peut y voir l’ ange qui « vendange les vignes de la terre kar elles sont meures », comme on peut le lire avec un peu de concentration ci-dessus. En français d’aujourd’hui (traduction wikipedia) :

Et l’ange jeta sa faucille sur la terre, et vendangea la vigne sur la terre, et il en jeta les grappes dans la grande cuve de la colère de Dieu.
La cuve fut foulée hors de la ville, et il en sortit du sang jusqu’à la hauteur du mors des chevaux, sur un espace de mille six cents stades.

Voici aussi des estampes anciennes d’après des miniatures de l’époque de Charles V (fin 14ème siècle)

Voici maintenant une gravure de Jacques Callot (1592-1635), le mois de Septembre (issue de la série des mois de l’année), représentant les vendanges

Passionné de dessin, le jeune Callot fugua dès l’age de douze ans depuis sa Lorraine natale pour rejoindre l’atelier de maitres italiens au début du 17ème siècle…

Plus près de nous, voici, de Célestin Nanteuil, (1813-1873), une autre scène de vendanges

De la même époque voici un poème de François Fertiault (1814-1915), paru dans les Veillées Récréatives en 1859

De la même époque voici la Vie Rustique, un savant ouvrage d’André Theuriet (1833-1907) de l’Académie Française s’il vous plait, joliment illustré par Léon Lhermitte.

Ce livre, qui comprend de nombreuses gravures, mérite un examen approfondi. Nous y reviendrons.

Voici aussi dans l’encyclopédie Roret, le Manuel du Vigneron, 6ème édition de 1873, par Arsenne Thiébaut  de Berneaud.

Un ouvrage de référence que l’on peut consulter .

Terminons avec ces deux photos anciennes d’un garçon mangeant du raisin

et d’un couple en vendange à Argenteuil

Et n’oublions pas qu’en 1932…

Vendanges au Musée du Vin

On ne le sait pas assez, le Musée du Vin, propriété du Conseil des Echansons de France, dispose d’une treille, de taille modeste certes, mais qui donne bon an mal an une dizaine de kilos de raisins.

Nous y fûmes convié pour vendanger,

et apprîmes ainsi qu’elle fut plantée en 1986, grâce à un don slovène. Le cep provient en effet d’une vigne ancienne de Maribor, en Slovénie, qui aurait plus de 400 ans et revendique le titre de plus vieille vigne du monde.

Voici le grand maître Claude Josse procédant à la dégustation du raisin

On put ensuite goûter le vin slovène, muscat…

et merlot… tous deux excellents !

 

les vins « français » au moyen-âge

C’étatit le titre d’une conférence donnée ce mercredi 26 septembre par Mickaël Wilmart, de l’Ecole Des Hautes Etudes En Sciences Sociales, à la Tour Jean Sans Peur, dans le cadre des manifestations autour d’une exposition sur le vin au moyen-âge dont nous avons rendu compte. En voici un résumé, agrémenté de quelques compléments glané ici ou là.

L’ancienneté des vins d’Ile de France est révélée par la toponymie : rue des Vignes comme à Passy, passage du Clos Bruneau  (Montagne Sainte-Geneviève), rue des Vignoles, rue du Clos à Charonne, rue du Clos Feuquières à Vaugirard, etc.

Déjà au 4ème siècle les vignes poussaient autour de Lutèce, saluées par l’empereur Julien qui y a séjourné dans les années 350 (« il y pousse de bonnes vignes« ).

Au Moyen-Age, alors que  la vigne était cultivée aussi au nord qu’est Anvers, elle couvrait un dixième de l’espace cultivable. Le relief de Paris et de l’Ile de France, avec ses coteaux, s’y prêtait admirablement. Et les fleuves et rivières, puis le réseau routier, permettaient de transporter le vin jusqu’en Angleterre dont des marchands venaient s’approvisionner à Saint-Denis.

La vigne s’étage sur trois cercles : dans Paris ; dans la boucle de la Seine (d’Argenteuil à Vanves ; et dans les vallées de la Marne (jusqu’en Champagne) et de la Seine (jusqu’à Vernon). Deux abbayes possèdent des domaines étendus : Saint-Denis et Saint-Germain des Prés. Mais nobles et bourgeois possèdent aussi des treilles (dans leurs résidences) et des clos (hors la ville, clôtures en haies d’osier ou en pierres sèches) .

Le vin est blanc, claret ou rouge. Les principaux cépages sont fromentel (le meilleur), morillon (une sorte de pinot noir), et le gouais ou goué, de piètre qualité, mais plus productif, que la croissance de la population au 13ème siècle favorisera, et que les dommages de la guerre et de la peste, et les reculs du vignoble consécutifs, favoriseront encore. Tous les vins ne se valent pas bien sûr. Vers 1220 Henri  d’Andeli écrit la bataille des vins (bien connue des amis du clos) où l’on saura qui sont les vainqueurs ! Argenteuil semble le meilleur de tous, par les textes et la diffusion. Plus tard Eustache Deschamps (1346-1406) ajoutera son grain de sel, dénigrant la Brie et sa froidure.

« le corps me rompt, le corps me crie,

Quand je pense au pays de Brie :

Durs vins y a, neant charnus,

Apres de goust, de liqueur nus. »

Avec les pertes démographiques causées par la peste noire et la guerre de cent ans, le coût de la main-d’oeuvre monte et l’on passe d’une économie d’exploitation directe employant des salariés à une économie de louage des terres.

Ls vignerons s’organiseront en corporation au quinzième siècle (confréries de saint-vincent). Des taxes protègent les vins franciliens distribués par 80 courtiers. On exporte jusqu’au Danemark, à Bruges des grues gigantesques permettent de charger et décharger les tonneaux des vaisseaux.

Des « étapes » du vin se mettent en place à Arras, Saint-Quentin, Valenciennes… Arras et Compiègne se spécialisent dans le commerce. Et des fortunes vigneronnes se constituent…