vendanges 2013 à Clamart

Voici de nouveau venu le temps des vendanges à Clamart. Elles se dérouleront les 27 et 28 septembre pour les raisins hâtifs et précoces, les 11 et 12 octobre pour les autres.

Le pressoir est en place, son fond remastiqué, nous disposons maintenant d’un érafleur électrique, toute l’attention des bénévoles (dix-sept sont annoncés, il y aura même des people) pourra se concentrer sur le tri des raisins.

Au Clos des Volontaires, nous vendangerons le 10 au soir et attendons les amis qui viendront obligeamment nous prêter main forte. Nous les restaurerons, qu’ils se le disent !

 

traité de bon usage de vin

C’est à une cérémonie atypique que la Confrérie des Enlumineurs de museaux nous convie, pour quelques jours seulement, au théâtre de la vieille grille.

Disons plus précisément une conférence magistrale, en chansons, mettant à notre portée un fameux traité (inédit dont l’original reste à découvrir) de François Rabelais, véritable plaidoyer pro vino. Ne donne-t-il pas, les jours durant, des selles fermes et assurées ? pisse saine et rose ? et verge puissante et belle…

Le traité aurait été publié sous le nom de maître Alcofribas (pseudonyme de Rabelais), et il n’en reste, nous dit-on, que trois exemplaires en…tchèque, dûs à un certain Martin Kraus de Krausenthal qui l’aurait traduit en 1622. Une traduction en français rabelaisien actuel, dûe à Marianne Canavaggio, est parue en 2009.

Fichtre ! On voudrait nous faire croire cela ! Tout est fait pour, comme cette étude d’Olga Spilar (un aller-retour pour maître Alcofribas) (sur le site de l’écrivain tchèque Patrick Ourednik), qui cite force sources savantes, recherches et documents anciens.

Mais que vient faire cet écrivain  en cette affaire ?

Emule de Perec, traducteur de Vian, Queneau, Beckett, on le voit bien s’adonnant, tel le Gaspard Winckler du Condottiere, aux délices du pastiche et de la contrefaçon. Sa fiche wikipedia ne dévoile-t-elle pas le pot aux roses, avec la soi-disant traduction en 1995, du français au tchèque, du fameux traité ?

Bien joué, nous le lirons!

Revenons au spectacle, qui tourne depuis quelques années. En voici un avant-goût..

Les néophytes y prendront de la graine, les oenophiles confirmés réviseront leurs classiques (avec une mention spéciale pour les citations de l’Ecclesiaste), et tous pourront entonner un répertoire de chansons bachiques.

Et ça se termine avec la fête continue de Jacques Prévert (Paroles).

dessin de gabriel lefevre

Debout devant le zinc
Sur le coup de dix heures
Un grand plombier zingueur
Habillé en dimanche et pourtant c’est lundi
Chante pour lui tout seul
Chante que c’est jeudi
Qu’il n’ira pas en classe
Que la guerre est finie
Et le travail aussi
Que la vie est si belle
Et les filles si jolies
Et titubant devant le zinc
Mais guidé par son fil à plomb
Il s’arrête pile devant le patron
Trois paysans passeront et vous paieront
Puis disparaît dans le soleil
Sans régler les consommations
Disparaît dans le soleil tout en continuant sa chanson

la voici chantée par jacques douai

Sur les Coteaux de l’Yvette

C’était la fête ce samedi 8 juin à Palaiseau. La Confrérie des Côteaux de l’Yvette y tenait son chapitre bisannuel et nombreux étaient les amis et Confréries qui y étaient accourus. Commet les citer tous ? Les habitués les reconnaitront, mais nous n’oublierons pas le sourire de ces compagnons de la guilde des tastebières venus de Binche en Belgique (en costume sombre en bas à droite), et cette bonne humeur belge qui allie si bien non sens et bon sens.

Lire la suite « Sur les Coteaux de l’Yvette »

ma vie d’échanson

Nous évoquions récemment la Saint Vincent des Echansons de France du 26 janvier dernier. Ce fut une journée exceptionnelle, marquée par le concert du Souffle de Bacchus en l’église Sainte Colette des Buttes Chaumont le matin, par le chapitre au Musée du Vin auquel s’était joint la Jurade de Saint-Emilion, le soir.

On en trouvera une relation « institutionnelle » sur le site du Conseil, et une beaucoup plus personnelle ci-dessous.

Un grand moment !

Toujours sifflant, toujours buvant, toujours chantant
Le coeur content, je regardais filer le temps.
Un soir de mai, ou juin, était-ce un fait exprès ?
Sur mon chemin, hasard heureux, je rencontrai
Des ménestrels qui égrenaient quelques chansons
A boire. C’était des compaignons échansons
Qui se retrouvaient tard le soir dedans des caves
Pour ensemble exercer leurs voix aigües ou graves
Et écluser aussi quelques godets. L’affaire
Fut vit’ conclue. Top’ là ! Vingt amis m’embrassèrent.
De concert nous entonnons hymnes et rengaines
d’ivrogne, il n’y a là rien pour me mettre en peine.
C’est joie d’être convié à chanter et à boire
de vider maints flacons de glorieux terroirs !

Survient la Saint-Vincent. Ce saint homme n’est-il pas
Patron des vignerons ? Une messe, un repas
Voila ce qui convient pour fêter ce grand Saint.
Il faut autant qu’on peut obliger son prochain
Et ma nature impie saura bien s’y plier.
D’ailleurs ne dit-on pas  » la joie au chevalier »,
Quand il va goûter « Courte messe et long diner » ?
Passy vaut bien une messe, n’est-ce bien raisonner
S’Il nous garde en santé jusqu’après les vendanges ?
Nous voilà donc chantant sous le regard des anges
De Ses bienfaits rendant grâce car, qui le nierait ?
Fit-Il rien de meilleur que ce p’tit vin clairet ?


Venons-en au repas qui s’ensuivit. Un cu-
-Rieux chapitre en tenue nous aura convaincus
des mérites des vins de Saint-Emilion

S’il en était besoin. Revoilà l’occasion
Dans ces caves voûtées que nous affectionnons
De louer Saint-Vincent patron des vignerons
Noé qui but premier le jus de son raisin
Et Bacchus Dieu Puissant de la vigne et du Vin.

Nous prenons place enfin en de longues tablées
Selon un plan secret nullement dévoilé.
C’est un Haut Dignitaire * qui est mon vis à vis
Disons pour le situer qu’il a plutôt l’air vi-
F. A ma gauche deux prêtres entendus le matin
Qui voulaient eux aussi prendre part au festin.
A ma droite deux veuves (je n’en dirai point l’âge
Mais il n’était point bas).  Voyez vous bien l’ image ?
C’est un fort grand honneur me dis-je « In petto »
qui m’est fait car ici je suis incognito !
Ma nature loquace et prompte à l’ironie
Saura-t-elle se tenir en cette compagnie
Sans effrayer les dames et choquer les curés ?

* dont le nom est tapi quelque part dans ce texte

Mais on ne peut non plus bouche bée demeurer !
Allons ! brisons la glace et jetons nous à l’eau
Sous l’oeil inquiet des uns, celui gourmand des au-
tres en narrant l’histoire de cet explorateur
qui rencontre un lion bien loin de sa demeure.
Il se jette à genoux, psalmodie cette antienne :
« Faites que cet animal ait une pensée chrétienne »,
 Le roi des animaux en cette occasion
 s’exclama derechef, sans laisser d’illusion :
« Par ma barbe, Seigneur, Bénissez mon repas ! »
Tous s’esclaffent en choeur et je n’en connais pas
Qui ne vida son verre pour le remplir encor.
Il sera temps demain pour les Confiteor !

Un échanson se doit d’honorer bien les vins
Qui ce soir sont servis pour les mets les plus fins :
Qu’ils viennent de Lussac ou de Saint-Emilion
Tous ces brillants flacons appellent l’ovation.
Notre tablée leur livre une guerre sans merci.
Les langues se délient, fredonnant sans souci.
C’est que l’une des veuves, arrivée en retard,
Réclamait d’écouter malgré le tintamarre
les chansons entonnées en début de soirée.
Les prêtres sont ravis, tout bien considéré
Ils goûtent le bonheur qu’ils ne pratiquaient guère
de descendre de chaire pour faire bonne chère.
Les veuves oublieraient (mais tout en restant sages)
Leurs époux disparus pour un très long voyage.
Et l’auteur de ces vers,  le mécréant, l’impie,
bon chantre bon yvrogne, à demi assoupi,
rentra dans ses foyers, aux lèvres une chanson
en bénissant le Nom du Plus Grand Echanson.
 

Taille de février

A Clamart, malgré le dicton, on n’attend pas mars pour tailler la vigne municipale ( le « clos Franquet »).

Le Parisien l’avait annoncé.

C’est ainsi que dès le matin du mardi 26 février nos habituels bénévoles se sont retrouvés les pieds dans la neige pour régler leur compte aux deux cents pieds de sémillon et chardonnay qui avaient pris des libertés avec les principes de la viticulture maîtrisée.

tout le monde bosse…

les édiles aussi

Celui-ci pratique une taille aérienne.

Plusieurs personnalités, parmi lesquelles notre député Jean-Marc Germain,

et notre amie Nicole,  miss Cougar 2012, les avaient rejoint.

Bien heureusement un viticulteur champenois, l’ami Jean-Pierre, était venu nous apporter ses lumières : préservation d’un seul sarment fructifère (pas plus de 10 yeux) par pied qui donnera les grappes de l’année, et d’un « rachet » au plus bas du cep, pour l’année suivante ; prise en compte des ceps voisins pour le choix du sarment à conserver ; quant aux autres sarments, on les « bute » sans regret. Pour les treilles, préservations des « longes ».

A près un tel traitement, il ne faut pas s’étonner si le paysage est bouleversé et si l’on a besoin d’un  remontant : vin chaud et champagne Léguillette millésime 2005, accompagnés d’un foie gras à la « Gigi » et des saucisses ramenées d’Allemagne par l’ami Marcel, ont fait l’affaire !

Et comme toujours à Clamart, tout finit en chansons…

Et merci à l’ami Guy Guenerin pour les photos qu’il a aimablement mises à notre disposition.