la grande duchesse

Trop tard pour aller voir cette opérette d’Offenbach jouée et chantée par les Brigands à l’Athénée pendant les fêtes, un grand moment dont votre serviteur a pu jouir dans la loge directoriale.

Mais pas trop tard pour entonner la légende du verre, un grand air à la fin du troisième acte.

Isabelle Druet, grande-duchesse de Gerolstein
Isabelle Druet, grande-duchesse de Gerolstein

1. Il était un de mes aïeux
Lequel si j’ai bonne mémoire
Se vantait d’être l’un des fameux
Parmi les gens qui savaient boire. (bis)
Le verre qu’il avait tenait
Un peu plus qu’une tonne entière
Et son échanson lui versait
Nuit et jour du vin dans ce verre. (bis)

Refrain
            Ah mon aïeul comme il buvait
            Et quel grand-verre il vous avait
            Ah comme autrefois l’on buvait
            Et quel grand verre on vous avait

2. Un jour on ne sait pas comment
Il le laissa tomber par terre
Ah fit-il douloureusement
Voilà que j’ai cassé mon verre (Voila qu’il a cassé son verre)
Quand on voulut le remplacer
Non dit-il ce n’est pas le nôtre
Et mieux il aima trépasser
Que jamais boire dedans un autre.(bis)

Unerès belle production, dont on pourra lire une présentation là.

L’air se trouve à 2h19mn49s dans l’enregistrement ci-dessous de la version présentée en 2004 au théâtre du Châtelet (avec Felicity Lott dans le rôle titre)

En voici une version audio par la troupe de l’opéra Eclaté (festival de saint-céré, avec Béatrice Burley en grande-duchesse)

16 Légende Du Verre

On peut trouver le livret là.

On y trouvera bien d’autres airs qui réjouiront les lecteurs du bon clos, comme le récit de la bataille gagnée par le général Fritz grâce à quatre mille bouteilles moitié vin et moitié liqueur… raflées par les maraudeurs !

 

fantaisies oenolyriques

Quoi de neuf à Avignon cet été ?

Il faisait chaud. Est-ce un hasard si ça trinquait dans tous les coins, sur scène ?

Voici un savetier qui aimerait bien devenir financier, (le financier et le savetier d’Offenbach, par Colorature)

Et voici deux chanteurs des Grandes Gueules,  dans Poéziques (groupe qui chante a capella des poésies du répertoire classique et moderne- s’il faut n’en retenir qu’un, pensons à Baobab de Jacques Roubaud :mais il faut les voir !

Tout cela méritait vraiment le déplacement, mais ce qu’on ne pouvait décemment pas manquer, « au bon clos« , c’était les fantaisies oenolyriques, (spectacle musical mis en scène par Fanny Gioria), jouées à la bourse du travail CGT.

Après une dégustation de Châteauneuf du Pape, ils étaient quatre (Sylvie Marin, soprano, Raphaëlle Andrieu, mezzo et Bertrand Beillot, baryton, sans oublier la pianiste Noélie Lantin) à se démener sur scène en interprétant les grands airs du répertoire lyrique bachique, où l’on pouvait retrouver des airs connus de Mozart, Offenbach, Bizet, Verdi, Poulenc etc, et bien donc que nous ignorions et que nous crevons de ne pas avoir identifiés. Une autre fois !

Ce spectacle épatant n’attend que des amateurs et peut être présenté un peu partout (ce soir, il est dans la Drôme). Qu’on se le dise !

On trouvera tous les détails sur le site www.wafwaf-production.fr

 

traité de bon usage de vin

C’est à une cérémonie atypique que la Confrérie des Enlumineurs de museaux nous convie, pour quelques jours seulement, au théâtre de la vieille grille.

Disons plus précisément une conférence magistrale, en chansons, mettant à notre portée un fameux traité (inédit dont l’original reste à découvrir) de François Rabelais, véritable plaidoyer pro vino. Ne donne-t-il pas, les jours durant, des selles fermes et assurées ? pisse saine et rose ? et verge puissante et belle…

Le traité aurait été publié sous le nom de maître Alcofribas (pseudonyme de Rabelais), et il n’en reste, nous dit-on, que trois exemplaires en…tchèque, dûs à un certain Martin Kraus de Krausenthal qui l’aurait traduit en 1622. Une traduction en français rabelaisien actuel, dûe à Marianne Canavaggio, est parue en 2009.

Fichtre ! On voudrait nous faire croire cela ! Tout est fait pour, comme cette étude d’Olga Spilar (un aller-retour pour maître Alcofribas) (sur le site de l’écrivain tchèque Patrick Ourednik), qui cite force sources savantes, recherches et documents anciens.

Mais que vient faire cet écrivain  en cette affaire ?

Emule de Perec, traducteur de Vian, Queneau, Beckett, on le voit bien s’adonnant, tel le Gaspard Winckler du Condottiere, aux délices du pastiche et de la contrefaçon. Sa fiche wikipedia ne dévoile-t-elle pas le pot aux roses, avec la soi-disant traduction en 1995, du français au tchèque, du fameux traité ?

Bien joué, nous le lirons!

Revenons au spectacle, qui tourne depuis quelques années. En voici un avant-goût..

Les néophytes y prendront de la graine, les oenophiles confirmés réviseront leurs classiques (avec une mention spéciale pour les citations de l’Ecclesiaste), et tous pourront entonner un répertoire de chansons bachiques.

Et ça se termine avec la fête continue de Jacques Prévert (Paroles).

dessin de gabriel lefevre

Debout devant le zinc
Sur le coup de dix heures
Un grand plombier zingueur
Habillé en dimanche et pourtant c’est lundi
Chante pour lui tout seul
Chante que c’est jeudi
Qu’il n’ira pas en classe
Que la guerre est finie
Et le travail aussi
Que la vie est si belle
Et les filles si jolies
Et titubant devant le zinc
Mais guidé par son fil à plomb
Il s’arrête pile devant le patron
Trois paysans passeront et vous paieront
Puis disparaît dans le soleil
Sans régler les consommations
Disparaît dans le soleil tout en continuant sa chanson

la voici chantée par jacques douai

la règle de saint Benoît

Que buvait-on dans les couvents et autres monastères ?

On sait ce qu’il en était chez les moines de Saint Bernardin. En voici une version franco-anglaise par les Limeliters.

L’ancêtre de cette chanson est antérieure au 16ème siècle, apprend-on sur le site de Xavier Hubaut. C’est : « Nous sommes de l’ordre de Saint Babouyn »

Lire la suite « la règle de saint Benoît »

ciboulette

Pour les amateurs d’opérette on peut voir ces jours-ci à l’Opéra Comique Ciboulette, de Reynaldo Hahn (1923). Il s’y trouve un petit air charmant :

Ah Qu’il est doux de faire campagne, (A la campagne tout près d’Paris*)
Entre deux fêtes à Paris,  
Et de remplacer l’ champagn’  
Par du cidre ou du p’tit vin gris.

(*) Il s’agit d’Aubervilliers. L’action se passe en 1867

On peut le voir dans cet enregistrement tourné en Avignon en 1997 sous la direction d’Emmanuel Plasson. L’air qui nous intéresse commence à la minute 19 et 11 secondes et dure à peine plus d’une minute !

Offenbach toujours

En ce mois de décembre les fans d’Offenbach et amateurs d’airs à boire avaient deux opportunités d’étendre leur répertoire, avec le retour des brigands à l’Athénée montant Croquefer (une merveille loufoque, livret d’Adolphe Jaime et Etienne Tréfeuavec en rab l’île de Tulipatan, du grand art, c’est jusqu’au 13 janvier, courez-y !), et celui des délasscom osant monsieur et madame Denis au petit théâtre de Naples (c’est fini).

Voici un court extrait pour témoigner de l’art des Brigands.

croquefer

À vos santé, je bois,

Buvons.
Avec plaisir je vois,

Buvons.
Qu’entre nous ce vin frais,

Buvons,
Va cimenter la paix,

Buvons.

Au choc de vos verres,

Tin tin tin,
Plus de fronts sévères,

Plus de chagrin.

Que boivent-ils ? du vin rouge d’Argenteuil, ou du blanc de Suresnes !

Croquefer a été monté au festival lyrique de Barie l’été 2011, (voir l’article de vocalises.net),  le spectacle est en ligne sur youtube

On ne rira pas autant avec M.et Mme Denis, (ce n’est pas le plus drôle du maître, mais il y a un air à boire et une chaconne qui valaient le déplacement).

Versez et buvons à plein verre!

Voici de courts extraits