le Souffle de Bacchus au chapitre des Echansons de France

Ce dimanche, on a pu entendre résonner le « Souffle de Bacchus » (la chorale du Musée du Vin) au chapitre du Conseil des Echansons de France.

La chef de choeur Marie-Françoise Bourdot fut promue au rang d’Officier, et votre humble serviteur nommé Compaignon.

On admira aussi ce bel objet (cadeau d’un échanson) représentant un joueur de tambour,  venu tout droit du Burkina Faso.

Le « Souffle » (comme disent ses fans et les gens branchés) a un répertoire essentiellement bachique et festif. On put ainsi l’entendre louer le Grand Dieu (Ô, Bacchus…), célébrer le digne patriarche Noé (« car ce fut lui qui nous planta la vigne… »), se lamenter sur le dur métier de vigneron (« quel métier de galère… ») ,

et chanter les joies de la table pendant le banquet qui s’ensuivit.

Les vins servis étaient du meilleur crû.

On a pu ainsi particulièrement apprécier, commentés par l’oenologue et dégustatrice Monique Josse, les Clefs d’Or du Clos de Cazeaux (Vacqueyras, 2011), un blanc floral et fruité, sur un saucisson de lyon brioché,

deux  Syrah assez différents,

le Terrasses des Cassaronnes (Crozes-Hermitage rouge 2008) (verre de gauche ci-dessus)

et le Terres Brûlées de Jean-Luc Colombo (Cornas 2009), très concentré, parfait sur la daube provençale,

pour finir avec un « la violette » du même Jean-Luc Colombo, viognier du pays d’oc, sur le dessert.

(renseignement pris, ces vins sont très abordables, à l’exception peut-être des terres brûlées, mais qui le valent bien, et donc d’un excellent rapport qualité prix)

A bientôt, amis Echansons !

la Périchole à Bruniquel

Voila des années que nous rêvions de ce festival de Bruniquel (beau village du Tarn et Garonne) sans nous décider à nous rendre dans cette contrée éloignée de nos itinéraires habituels. Pensez, un festival dédié à Offenbach, avec à coup sûr quelque chanson bachique à nous mettre sous la dent.

 

Nous ne fûmes pas déçus, avec les amis Bernard dit « Grande Force Tranquille » et Pierre « l’Entaillé », (si j’en crois mon dictionnaire de breton).

C’est avec ravissement que nous avons découvert cette troupe composite, rassemblée année après année par l’infatigable Frank T’Hézan, et dirigée musicalement par Jean-Christophe Keck.

Des chansons bachiques, il y en avait plusieurs, car

Ah qu’on y fait gaiement glouglou

Au cabaret des trois cousines

Qui veut du vin ? Buvez, buvez !

A nous, A nous, versez, versez !

En voici un extrait pris sur place

http://closdesvolontaires.blog.lemonde.fr/files/2012/08/buvez.mov

buvez

En attendant un DVD qui ne saurait tarder, voici une version de l’air de la griserie (« je suis un peu grise mais chut, faut pas qu’on le dise ! »)

par Teresa Berganza

ou par Felicity Lott

Ah! quel dîner je viens de faire!
Et quel vin extraordinaire!
J’en ai tant bu, mais tant tant tant,
Que je crois bien que maintenant
Je suis un peu grise. Mais chut!
Faut pas qu’on le dise! Chut!

Si ma parole est un peu vague.
Si tout en marchant je zigzague,
Et si mon oeil est égrillard.
Il ne faut s’en étonner, car…
Je suis un peu grise, mais chut!
Faut pas qu’on le dise! Chut!

Amis du clos, ne boudez pas votre plaisir : c’est jusqu’au 7 août. Et restez à la table d’hôtes, qu’animent les chanteurs jusqu’à 2 heures du mat’.

Et sinon, à l’année prochaine !

 

 

Ah ! les fraises et les framboises…

du bon vin j’en ai bu…

C’est une chanson, pas inoubliable mais sympathique, créée au Québec par la famille Soucy en 1949,

et reprise sous une forme plus coquine par les charlots en 1972.

Merci à Marie-Claire qui a attiré notre attention sur cette joyeuse chanson

PS

Cette chanson a l’air ancienne et a été déjà reprise en 1926 par Parisys (adaptation paroles de Serge Plaute et E.Wolf, musique de Georges Matis)

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Les Binuchards

Voici un sympathique groupe charentais que des amis  du clos nous ont fait découvrir. Ils chantent depuis douze ans déjà ce qu’on pourrait appeler du rock de terroir.

Les voici dans « ma vigne« , une belle évocation du dur métier de vignerons.

Et puis voici le VIN BIANC, not’préféré !  

Vin bianc live aux arènes de saintes

Mais il y a aussi « du bon vin », Du bon vin,

« la part des anges », « la route à trois grammes »… qui intéresseront le lecteur du bon clos !

(On trouvera tout sur le site officiel)

vinbianc1
Ô l’est nous autres que j’l’ont pianté, cette veugne qui doune la liqueur bianche,

O l’est de même que nous l’ont récolté, les raisins qui v’nont dans ces branches,

Ils avont chanté tous les vins, le Bordeaux , l’Bourgogne et l’Champagne,

Ils ont chanté les bières d’Allemagne, ils ont chanté l’jus de nos raisins…
Refrain : Vin bianc, vin bianc et cheu que reune ne rempiace,

Vin bianc, vin bianc vaut ben mieux qu’toutes ze vinasses,

Vin bianc, vin bianc, ô vous remet le cheur en piace,

Un coup de vin bianc ,ô vous rajeunzis de vingt ans !
Chau vin si joli et si gritte, et cheu qui fait la fine champagne,

La jalousie de ben des pays, et la fortune de nos campagnes,

Y descend si ben dans l’jabot, et y s’laisse si ben, si ben bouère,
Que chacun l’matin pour tuer l’ver, mange une goûlée pour boire un coup…
Il est doux quand il est nouvia, plus bon pour tremper la rôtie,

Quand t’en as tois verres dans la pia, y’a point d’danger, des maladies,

Qui soye de Burie ou de Matha, où ben de la vallée de la creusille,

En attendant que l’soleil brille, mange une goulée pour boire un coup…

Ivrogne et pourquoi pas…

Les fans de Bernard Dimey (1931-1981) reconnaitront là le titre d’un de ses poèmes emblématiques.

Voir ici le beau site qui lui est consacré.

Celui-là a toute sa place dans la bibliothèque du bon clos !

Ivrogne, c’est un mot qui nous vient de province
et qui ne veut rien dire à Tulle ou Chateauroux
Mais au coeur de Paris, je connais quelques princes
Qui sont, selon les heures, archanges ou loups-garous

L’ivresse n’est jamais qu’un bonheur de rencontre
ça dure un heure ou deux, ça vaut ce que ça vaut!
qu’il soit minuit passé ou cinq heures à ma montre
Je ne sais plus monter que sur mes grands chevaux

IVROGNE ça veut dire un peu de ma jeunesse,
un peu de mes trente ans pour une île au Trésor
Et c’est entre Pigalle et la rue des Abesses
que je ressuscitais quand j’étais ivre-mort

J’avais dans le regard des feux inexplicables
Et je disais des mots cent fois plus grands que moi.
Je pouvais bien finir ma soirée sous la table
Ce naufrage, après tout, ne concernait que moi

IVROGNE, c’est un mot que ni les dictionnaires
ni les intellectuels, ni les gens du gratin
Ne comprendront jamais, c’est un mot de misère
qui ressemble à de l’or à cinq heures du matin

IVROGNE et pourquoi pas? Je connais cent fois pire
ceux qui ne boivent pas, qui baisent par hasard
qui sont moches en troupeau et qui n’ont rien à dire
Venez boire avec moi! on s’ennuiera plus tard!

Le voici dit par Jean-Marc Dos Santos dans poèmes hydrophobes et chansons à voir... à la Cascade en décembre dernier (5:05-> 6:50)

qui dit aussi « je vais m’envoler » du même, et chante la java sans modération de Gilbert Lafaille, un régal !

Moi, j’aime pas les vins chers
Ceux qui s’vendent aux enchères et partent en Amérique
Ceux qui font des manières
Entre la sole meunière et les fruits exotiques
Moi, j’aime les vins canailles
Ceux qui ont jamais d’médaille au concours agricole
Qui sont nés sur la paille
Qu’ont les ch’veux en bataille, ceux qui ont pas fait l’école
Celui qu’on boit comme ça
Sans faire de tralala, çui qu’a pas d’étiquette
Qui s’ prend pas au sérieux
Qui en met pas plein les yeux, qui est tout nu sans liquette!Moi, j’aime çui qui est bien rond
Qui joue pas les barons mais qui donne son soleil
Pas les grands millésimes
Les vieux crus rarissimes qui vous chauffent les oreilles
Ah, qui sont pas vulgaires
Mais qui ont passé la guerre à l’abri dans les caves
Ceux qu’on peut pas toucher
Qui doivent rester couchés, qui nous prennent pour des caves!
Moi, c’est l’rouge pas farouche
Qui roule bien dans la bouche, ni trop mou ni trop vert
Çui des Bois et Charbons
Qu’a pas le nez Bourbon mais fait chanter les verres!Bien sûr y’a des limites
La bibine interdite où pas tremper ses lèvres
Faut pas pousser l’bouchon
Avec ces rince-cochons à faire danser les chèvres
Les picrates, les piquettes
Qui vous flanquent la casquette comme un compteur à gaz
Les vicieux qui s’maquillent
Ceux qui sentent la vanille ou la crème de framboise
Moi, c’est pas l’jus d’semelles
C’est jamais l’antigel ni l’méchant qui assomme
Moi, c’est l’coup d’arrosoir
A la tombée du soir qui fait d’mal à personne!Çui qui rend pas mauvais
Qu’est pas du sang d’navet, ni du gros qui arrache
Çui qui passe sans embrouille
Pas le bleu des arsouilles, ni le jaja qui fâche
Çui qui raconte quequ’chose
A mon éléphant rose quand il a l’âme en peine
Qui sait trouver les mots
Qui plaisent aux vieux chameaux, passée la cinquantaine
Çui qui vous met l’plumet
Le copain d’Jean Carmet, le p’tit Château Lasoif
Çui qu’est simple et honnête
Qu’est pas sur l’Internet mais connaît l’orthographe!
Çui qu’est simple et honnête
Qu’est pas sur l’Internet mais connaît l’orthographe!

Vin ou bière ?

Au bon clos, si l’on a fait clairement le choix du vin, on n’en dédaigne pas moins la bière !

Les soldats, étudiants et  villageois du Faust de Gounod ne font pas la différence, écoutons-les !

Vin ou bière, bière ou vin,
Que mon verre soit plein !
Sans vergogne, coup sur coup,
Un ivrogne boit tout !
Jeune adepte du tonneau,
N’en excepte que l’eau !
Que ta gloire, tes amours,
Soient de boire, toujours !

Lire la suite « Vin ou bière ? »

Béranger

(portrait par Ary Scheffer, au musée Carnavalet)

Nous avons déjà rencontré Pierre-Jean de Béranger, ici-même, au Cabaret de Madame Grégoire

Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) fut un de nos plus illustres auteurs de chansons. Il en a laissé une quantité, que l’on peut, au temps béni d’internet, trouver en ligne en quelques clics. Il en est des érotiques, des patriotiques, des politiques, des simplement poétiques, et bien sûr des bachiques…

En voici quelques unes qui intéresseront les lecteurs du bon clos…

Lire la suite « Béranger »

Le vin de la comète

Souvenons-nous : il y a deux cents ans, l’irruption prolongée (de mars 1811 à août 1812) d’une comète dans le ciel où elle s’étendait sur 25° suscita l’émotion des populations. Bien qu’il n’y fut pour rien, elle est connue sous le nom de »comète de Napoleon ».

Le vin produit cette année-là, était d’une telle qualité et quantité qu’il resta dans l’Histoire comme le « vin de la Comète ». Il est vrai que l’été et l’automne avaient été anormalement chauds. C’est ainsi qu’un dégustateur en septembre 1986 d’un Yquem 1811 parle d’un vin dépassant tous les superlatifs et ne pouvant être approché et comparé que par le renommé millésime 1847.

Les russes sont conquis et la Veuve Clicquot emporte durablement la mise avec son millésime 1811.

La littérature suivit. Elle apparait dans Guerre et Paix : « rayonnait une pure lumière, dont la brillante chevelure, entourée d’astres scintillants, se déployait majestueusement »

Eugène Onéguine « se jette dans un traîneau, et le cri de gare ! gare ! retentit. Son collet de poil de castor s’argente d’une fine poussière glacée. Il arrive chez Talon, sûr que Kavérine l’y attend. Il entre, et le bouchon saute au plafond ; le vin de la comète jaillit. »

Le gendre de M.Poirier d’Emile Augier cite  un fameux pomard (sic)

On doit le poème qui suit à Edouard Bricon (trouvé sur gallica)

Et en 1883, c’est Aristide Bruant qui y va de sa chansonnette (in « chansons et monologues d’aristide bruant », trouvé sur gallica)

Vieille fascination, comme l’atteste cette broderie de la tapisserie de Bayeux qui rappelle le passage de la comète de Halley en 1066. Une comète qui revient tous les soixante-seize ans, quand celle dont nous parlons ici ne revient que tous les trois mille ans.

Déjà en Chine, il y a quelques 2400 ans, cette table sur soie recensait les comètes...