franc du collier

On n’arrête pas l’humour des vignerons. Ne voila-t-il pas qu’à Valençay Albane et Bertrand Minchin ont baptisé « Franc du Côt-lié » un assemblage de… cabernet franc et de côt ?

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Le résultat est gouteux à souhait, mais à douze euro ce n’est pas donné quand même. Une suggestion pour faire passer la pilule : assurer l’expédition franc-côt de port ?

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(Vu au salon des vins de la porte de champerret, qui bat son plein jusqu’au 31 mars)

indovino (vins d’inde)

Qu’en est-il du vin en Inde ? C’est une bien longue histoire.

La mythologie nous apprend que Bacchus en fit la conquête.

(Certains disent même qu’il y eut plusieurs Bacchus, le plus ancien étant l’indien)

bacchusindien

Comme l’écrivit Diodore de Sicile (Histoire Universelle, 1er siècle BC):

 » On dit qu’il apprit aux Indiens la culture des fruits, qu’il leur donna l’invention du vin et leur communiqua d’autres secrets nécessaires ou utiles. Outre cela il bâtit des villes considérables et bien situées et y appela les habitants des villages pour les peupler. Il leur enseigna le culte des dieux et leur donna des lois. Il établit la justice parmi eux et mérita enfin par tant de bienfaits le nom de dieu et les honneurs divins. »

Et Natale Conti au 16eme siècle (Mythologie.V, 13) :

« Bacchus leva une armée de gens du plat pays et des femmes, avec laquelle il passa jusqu’aux Indes et plus intimes parties d’Asie. Puis ayant subjugué les Indiens qui le nazardoient, et toutes les autres nations orientales, il fit dresser deux piliers sur le rivage de la mer Océane ès montagnes d’Indie emprès la rivière du Gange.»

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(retour triomphal du dieu Bacchus après son expédition victorieuse en Inde,

sarcophage découvert en l’église Saint-Irénée, colline de Fourvière, aujourd’hui au musée gallo-romain de Lyon )

Et l’histoire nous enseigne que le vin était connu en Inde il y a 2000 ans, et qu’on en buvait encore au temps des Moghols.

Las. Alexis Lichine rapporte dans son encyclopédie des vins et alcools qu’à la fin du 19ème siècle ne survivaient plus que des vins du Cachemire, dans ce pays où climat et interdits ne lui sont guère propices.

Mais tel le phénix, la vigne renait, et fait toujours l’objet d’une ferveur populaire. Témoin, ce taxi de Bombay.

taxiraisin

Une délégation du Clos des Volontaires s’est rendue dernièrement en Inde où elle a pu faire connaissance avec les vins de ce pays. Nous avons ainsi pu découvrir Sula , qui produit notamment des vins effervescents « méthode champenoise » dans l’état du Maharashtra, non loin de Bombay, et Grover ,situé près de Bangalore dans le Karnataka.

sula rosé

Soyons francs. Grover a beau bénéficier de la collaboration du fameux Michel Rolland, il n’ y a pas encore de quoi se pâmer. A notre humble avis, les vins que nous avons goûté (la réserve rouge 2005, et le viognier/clairette blanc de Grover et les Sula rosé blush zinfandel et méthode champenoise brut) manquent un peu de nervosité (curieusement le viognier s’est trouvé bonifié quelques heures après ouverture). Mais ils se laissent boire, c’est déjà ça.

grover

viognier

Nous saluons donc le développement de la viticulture dans ce continent aux multiples promesses, et restons attentifs.

vins de cloche

Gare ! Avec la mondialisation des « vins » peu recommandables deviennent accessibles. Le site bumwine.com en a recensé cinq, particulièrement toxiques semble-t-il. Les voici :

bumwine

 

 

Les jugements sont sévères pour ces « vins de clochard » : »désastre chimique » (Cisco), « garanti chatouiller les entrailles » (Night Train Express), « conspiration des républicains pour éliminer les SDF » (Irish Wild Rose)…

Mais la palme revient à Thunderbird :  » si vous aimez l’odeur de vos mains après avoir fait le plein, ne cherchez pas plus loin » que cet « horrible mélange de produits chimiques non identifiés ».

Thunderbird, lancé par les frères Gallo après la prohibition, a joui d’un jingle publicitaire qui fut célébrissime et vaut le déplacement :

What’s the word ?

Thunderbird !

How’s it sold ?

Good and cold !

What’s the jive ?

Bird’s alive !

What’s the price ?

Thirty twice.

C’est un petit bijou, il faut le reconnaitre : quatre paires (question/réponse) de vers rimés de 3 pieds, les rimes ord/old et ive/ice se répondant 2 à 2 ; 24 sons en tout et pour tout pour nommer, définir, susciter le désir et l’achat. Du grand art !

Célébration de la saint-vincent à montmartre

Les badauds, nombreux par ce samedi après-midi ensoleillé de janvier (le 26), au pied et sur les pentes de la butte Montmartre, n’en croyaient pas leurs yeux. Quels étaient ces paroissiens vêtus de robes pour certains moyenageuses, coiffés de couvre-chefs étranges et arborant des oriflammes aux couleurs chatoyantes ?

C’était pour la célébration de la Saint-Vincent, patron des vignerons, bien sûr.

Cela n’empêchait pas les ailes du moulin rouge de tourner.

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les républicains de montmartre nous rappelaient qu’ici Arisitde brilla !

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http://closdesvolontaires.blog.lemonde.fr/wp-admin/post.php?action=edit&post=234

la musique était là comme il se doit

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le chef d’orchestre aussi

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On partit de la place Blanche par la rue Lepic, avecpassage obligé devant le café des deux moulins

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cette année les bretons de la coquille saint-jacques d’erquy étaient à l’honneur

erquy

Clamart était là bien sûr

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jean

et Bagneux, Combs la ville

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et même Lautrec (Tarn)

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et Neuchâtel…

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et bien d’autres.

Et voilà pour l’ambiance !

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Bacche, bene venies… chanson à boire en latin

Qui eut dit qu’une chanson à boire, en latin, se cacherait au sein du beau concert de la Boston Camerata de Joël Coen, « Tristan et Iseult », donné récemment à l’Atrium de Chaville ? La voici, venue du 13ème siècle, dans ce manuscrit découvert en 1803 dans l’abbaye de Benidiktbeuren, autrement dit des « carmina burina », deux centième chant du nom

Bacche, bene venies gratus et optatus,
per quem noster animus fit letificatus.

Ref

Istud vinum, bonum vinum, vinum generosum,
reddit virum curialem, probum, animosum.

Bacchus forte superans pectora virorum
in amorem concitat animos eorum.

Ref

Bacchus sepe visitans mulierum genus
facit eas subditas tibi, o tu Venus.

Ref

Bacchus venas penetrans calido liquore
facit eas igneas Veneris ardore.

Ref

Bacchus lenis leniens curas et dolores
confert iocum, gaudia, risus et amores.

Ref

Bacchus mentem femine solet hic lenire
cogit eam citius viro consentire.

Ref
Bacchus illam facile solet expugnare,
a qua prorsus coitum nequit impetrare.

Ref

Bacchus numen faciens hominem iocundum,
reddit eum pariter doctum et facundum.

Ref
Bacche, deus inclite, omnes hic astantes
leti sumus munera tua prelibantes.

Ref

Omnes tibi canimus maxima preconia,
te laudantes merito tempora per omnia.

—–

Ecrite dans un latin de « cave » plutôt que de cuisine, son sens ne devrait guère résister pour peu qu’on dispose d’un dictionnaire ad hoc !

En voici un enregistrement par le Clemencic consort

Bacche, bene venies.mp3

Chanson à apprendre pour nos prochaines agapes, amis du clos !

ménage d’hiver à la grange Franquet

Tel Hercule nettoyant les écuries d’Augias, la Confrérie du Clos de Clamart s’est mobilisée ce jeudi 20 décembre, sous la direction de son Grand-Maître Michel, pour nettoyer une bonne fois la grange qui avait vu, années après années, s’y amonceler les scories du temps. Sous les yeux médusés des riverains, la dizaine de volontaires l’a ainsi expurgé des vieilles planches, fauteuils déglingués, cageots défoncés, cadavre de pigeon et autres vieilles bouteilles (vides) qui en barraient l’accès.

Il reste certes encore à faire, mais on y voit plus clair, et on y respire !

Nous en reparlerons.

l’amour… au travail

Nous avons déjà parlé ici de l’Oulipo . Un de ses membres, Jacques Jouet, vient de faire jouer au théâtre du Rond-Point « l’amour au travail », suite de saynètes qui chacune raconte en douze minutes, une histoire ayant en commun avec les autres les rôles (1 homme et deux femmes) et le noeud de l’intrigue (un acte sexuel). Nous ne sommes pas loin des exercices de style du regretté Raymond Queneau.

Quel rapport avec la ligne éditoriale de ce blog ? C’est que l’une de ces saynètes a pour scène les vendanges ! De quoi faire fantasmer les amis de la vigne et du vin, lecteurs de ce blog et rituels participants aux vendanges du Clos des Volontaires et du clos Franquet.

La salle Jean Tardieu était comble au théâtre du Rond-Point ce lundi 17 décembre pour l’unique représentation. Le public, comblé également. Amis du clos, vous aurez bientôt l’occasion de (re)voir cette pièce à la Bibliothèque Nationale de France, car

La Compagnie l’Amour au travail jouera à la BnF la pièce de Jacques Jouet qui porte le même nom, jeudi 8 février 2007 à 19h.

Ne la ratez pas ! (Ce Jacques Jouet est vraiment très fort)

petite boîte

Une « petite boîte », au sens de l’Oulipo , est un poème bref, basé sur des règles strictes , visant à mettre en valeur en son sein un mot, proprement « mis en boîte » comme dans un écrin.

En voici une, dédiée au vin :

On l’appréhende, on le mire,

On le hume, on le savoure,

On le déguste longuement,

le Vin,

On l’ingurgite, on le vénère,

Pour ce qu’il nous dit de nous.