Un jour à la Bourse

Débarrassé, depuis maintenant des lustres, des hommes d’argent, le palais Brongniart accueillait ce samedi 17 mai, des affairistes d’un tout autre genre : des gens de vin, producteurs et amateurs, venus en nombre à l’appel de la Revue du Vin de France.

Des grands vins en nombre, comme Carbonieux, Fieuzal, La Tour Blanche… mais aussi des espoirs et des jeunes pousses. L’occasion de déguster donc des vins peu accessibles et de faire des découvertes.

Parmi celles-ci l’étonnant Brumont (dans la catégorie « à voir sur place »),

brumont

implanté à Bouscassé en Gascogne, dont nous avons adoré les cuvées tardives comme le brumaire 2005, aux aromes de crème de marrons et de pruneau confit, et le pacherenc de vic-bilh sec du chateau montus.

Citons aussi le domaine Renouard et ses « Scamandre », à Vauvert près de Nîmes, création récente de passionnés du vin de Châtillon sous Bagneux, qui ont tout lâché pour se lancer dans cette grande aventure…

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nadine et erell renouard

Les bourguignons étaient là et bien là, avec une exposition originale de cornues recelant les constituants des arômes, que chacun pouvait humer. Douze étaient présentés : de la vanille aux fruits secs, rouges ou confits, en passant par le cuir, la torréfaction, les épices, le beurre, les agrumes, les sous-bois, les fleurs blanches…

sousbois

fruitsec

fruitrouge

fruitconfit

epices

fleursblanches

cuir

beurre

agrumes

torréfaction

vanille

Un arôme manque à l’appel. Cet amateur a-t-il su le trouver ?

mystère

On pouvait aussi se faire dédicacer son livre « terres de vignes », qui présente les vignobles vus d’en haut, par Mathilde Hulot,

terredevigne

ou encore son « livre de cave » par Bernard Burtschy

BBenpleinaction

(ici en pleine action, dans un autre contexte bien sûr).

Le dernier mot sera pour ARTCURIAL, maison de ventes aux enchères basée à l’ex-hôtel Dassaut au Rond-Point des Champs Elysées, qui faisait déguster des merveilles anciennes, comme ce Pavillon Rouge 1982 qui nous poursuit encore.

Ah qu’il est bon qu’il est donc bon…

…le vin que l’on boit dans votre maison !

Vive ce vin ce vin divin

Ce breuvage fin qui nous met tous en train…

Y a-t-il encore des amateurs qui connaissent cette chanson à boire ?

Le bon clos tire un grand coup de chapeau à Catherine Chevalier et ses acolytes pour l’avoir exhumée de Giroflé Girofla, l’opérette de Charles Lecocq (1874). C’est en effet un des airs repris dans « l’auberge des bouffards », leur création qui vient d’être reprise au théâtre Gérard Philippe de Saint-Cyr l’Ecole, sous l’égide du Lions Club de Noisy le Roi – Bailly.

La voici !

La Cambuse

Amis du Clos et amateurs de sauvignon, retenez bien ce nom : la Cambuse.

C’est un village du Loir-et-Cher, du côté de Selles sur Cher.

Outre pommes de terre, asperges et noix, on y trouve un étonnant sauvignon, vin de table (vendu en vrac uniquement) sans prétention qui certes, n’a pas le corps d’un Sancerre, mais qui est goûteux et gouleyant : voila un vrai vin de soif pour ces temps caniculaires. Avec un prix à rendre le sourire aux bourses asséchées par la crise alimentaire.

Amis du Clos, courez y donc. On le trouve sans difficulté, entre Châtillon-sur-Cher et Méhers, près de l’autoroute « à côté du rond-point ».

Le service est professionnel avec Nicolas.

nicolas

Et il y a des clients qui en redemandent !

gérard

Profitons aussi de cette escapade pour nous remémorer la chanson du berrichon Hugues Lapaire

LE SAUVIGNON *

Hugues LAPAIRE 1926 ( chanson berriaude )

J’dounn’rais l’bordeaux vou l’bourguignon
Et tous vos sacrés vins d’champagne
Pour un p’tit fût de c’sauvignon
Qui dore l’cotiau d’nout’ campagne

Il est v’louteux, il est blondin
C’est du p’tit vin, franch’ment nature…
Si ben qu’avant la Saint Martin
J’mettrons l’gosier sous la champ’lure

Si j’on laissé d’anprès les pieds
Queuqu’s grign’s, c’est pour souler les grives !
Faut-y pas qu’all’ chantint, arié ?
Allons ! faut-y pas qu’tout l’mond’ vive ?

C’t’anné’, j’ons d’ qoué vous fé chanter !
Ohé ! Ohé ! Queu z’entounailles !
A c’ t’ heur’ j’ vous pouvouer les douter
Nos fill’s ! pressons les accordailles !

Dressons l’couvert , fasons festin !
Babet, cours tirer des chopines !
Ohé ! Ohé ! Jusqu’au matin,
J’en cont’rons d’gris’s à nos voisines !

Beuvons tertous à nos amours,
Aux gent’s drolliér’s et aux pu dignes !
Beuvons ! la vi’ dur’pas toujours…
Il est si clair el vin d’nout vigne !

Et merci d’avance à celui ou celle qui pourrait nous faire passer la partition !

* chanson trouvée sur vignobletiquette.com , un site magique dont nous reparlerons !

la vigne en jeu

Il fallait que quelqu’un le fasse. C’est fait : la vigne est mise en jeu !

Son auteur est Gilles Bourjade, que son parcours atypique (acteur avant d’être exploitant viticole) prédisposait sans doute à cette initiative.

bourjade et sonjeu

Vign’enjeu se présente comme une sorte de monopoly circulaire

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où chaque joueur doit faire avec la météo, les aléas de toute sorte pour mener à bien les travaux viticoles jusqu’à la vendange. (Faire du vin, ce sera pour un autre jeu).

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Nous en reparlerons, après y avoir joué !

QUIZ

Dans nos guinguettes de Paris quelle est donc la boisson piquante qui ravigote les esprits ?

Quelle était l’âcre saveur que les vieux guerriers russes et prussiens, courbés et blanchis soixante années après l’invasion de 1815, rêvaient encore de goûter ?

Quel est encore ce vin « à la si jolie couleur de groseille » dont parle Victor Hugo, qui, dégusté « sans eau, [] n’est vraiment pas mauvais » ?

Ami lecteur, le bon clos l’a découvert pour toi :

« C’est le vin coquet, le vin clairet… que l’on boit à Suresnes.

Curieusement, c’est dans les années 70 du 19eme siècle, après le Second Empire, qu’il reçoit la consécration littéraire et musicale, si l’on en juge par ces trois références :

« Ruines et Fantômes « , par Jules Claretie date de 1873. Apprenant la mort de Napoléon III, l’écrivain évoque la visite du czar en 1867 et se remémore 1815 :

Mais quelle chose bizarre, me disais-je alors, que ce voyage tout fraternel de l’empereur de Russie rappelle inévitablement la tournée moins amicale de 1815 ! Au fait, pourquoi oublierions-nous cette date assez cruelle, lorsque nos voisins mettent un soin si tenace à se la rappeler?
Et j’ajoutais:
–A cette heure, il y a, de par le monde, en Prusse et en Russie, de braves gens qui se racontent avec une espérance avide la légende de l’invasion. Il y a de vieux guerriers courbés et blanchis qui ont gardé sur les lèvres l’âcre saveur du vin de Suresnes, et qui voudraient bien encore en goûter.

Dans ses « mémoires de la vie littéraire » (le Journal) Edmond de Goncourt relate un dîner en août 1873 , chez Victor Hugo. Le grand homme est intarissable, la soif le prend :

Il s’interrompt:

«Donnez-moi à boire, non pas du vin supérieur que boivent ces messieurs (il fait allusion à une bouteille de Saint-Estèphe) mais du vin ordinaire, quand il est sincère, c’est celui que je préfère, non pas du Bourgogne, par exemple: ça donne la goutte à ceux qui ne l’ont pas, ça la triple à ceux qui l’ont… Les vins des environs de Paris, on est injuste pour eux, ils étaient estimés autrefois, on les a laissé dégénérer… ce vin de Suresnes sans eau, ce n’est vraiment pas mauvais…

Tenez, monsieur de Goncourt, il y a longtemps de cela, mon frère Abel, en sa qualité de lorrain et de Hugo, était très hospitalier. Son bonheur était de tenir table ouverte. Sa table, c’était alors dans un petit cabaret, au-dessus de la barrière du Maine. Figurez-vous deux arbres coupés et non écorcés, sur lesquels on avait fiché, avec de gros clous, une planche. Là, il recevait toute la journée. Il n’y avait, il faut l’avouer, que des omelettes gigantesques et des poulets à la crapaudine, et encore pour les retardataires, des poulets à la crapaudine et des omelettes gigantesques. Et ce n’étaient pas des imbéciles qui mangeaient ces omelettes. C’étaient Delacroix, Musset, nous autres… Eh bien là, nous avons beaucoup bu de ce petit vin, qui a une si jolie couleur de groseille: ça n’a jamais fait de mal à personne.»

Last but not least, Edmond Audran fait jouer son opérette le grand Mogol en 1877 à Marseille. Par quelle fantaisie a-t-il placé ces « couplets du vin de Suresnes » dans cette histoire classique d’amour contrarié qui se passe aux Indes ? On se perd en conjectures…

Dans nos guinguettes de Paris

Quelle est donc la boisson piquante

Qui ravigote les esprits

Et qui fait qu’on rit et qu’on chante

Quelle est cette fraîche liqueur

Qui coulant gaîment dans les verres

Des grisettes des mousquetaires

Vient troubler oui troubler la tête et le coeur ?

Refrain

C’est le vin coquet Le vin claret Dont nos tasses sont pleines

C’est le vin si gai Si distingué Que l’on boit à Suresnes

(bis)

A tire larigot comme dit l’dicto l’Suresnes premièr’ se boit sans eau

A tire larigot l’Suresnes première

A tire larigot se boit sans eau

(bis)

Qui donc aux jeunes comme aux vieux

Aux timides aux joyeux drilles

Donne des élans amoureux

Auprès de nos aimables filles

Qui fait qu’ils ont autant d’ardeur

Tant d’éloquence auprès des belles

Qu’ils triomphent des plus rebelles

Rien qu’avec un petit regard séducteur ?

Refrain

En voici un extrait musical et une partition.

Le vin est tiré

Lundi 21 avril, 9h : les gros bras du Clos de Clamart ont répondu à l’appel du Grand Maitre, et sont à pied d’oeuvre à la grange Franquet pour la mise en bouteilles : du haut des cuves du clos plus de mille litres de bon vin rosé nous contemplent ! Au travail vignerons ! Il faut tirer le vin (la tireuse prêtée par nos amis de Suresnes permet de remplir quatre bouteilles en parallèle), préparer les bouchons, bouchonner, stocker les bouteilles…

Le job le plus cool c’est sûrement le tirage : on est assis devant la tireuse, et l’on regarde le vin couler avec béatitude ; (bien sûr il faut quand même changer les bouteilles, quand elles sont pleines). C’est dire que la place est convoitée.

tireuse

A l’opposé, le bouchage s’avère exténuant à la longue, des muscles, notamment les dorsaux, étant sollicités plus que de coutume et sans discontinuer.

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La manutention n’a rien de reposant non plus : transfert des bouteilles vides, des pleines, mise en cageots, transport des caisses, empilement…

Mais il en faudrait plus pour décourager les vignerons du Clos de Clamart, connus pour leur volonté et leur force de caractère.

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Lundi 17h : on est venu à bout d’une palette de bouteilles (qui doit bien en compter 1200), et vidé les deux tiers de la grande cuve. Epuisés, les vignerons conviennent de s’en tenir là. C’est l’heure choisie par deux de nos édiles (Gérard Aubineau et Laurent Lehoux) pour passer la tête et nous rejoindre, et comme dit la chanson,

goûter goûter voir ce petit vin charmant !

Il n’en fallait pas plus pour que chacun relève la tête et se revigore autour d’un verre. Demain est un autre jour.

Mardi 22 avril :une équipe réduite travaille d’arrache pied pour « finir le boulot ». A midi la grande cuve est vide. Gageons que ce soir la messe sera dite.

Amis vignerons, n’oubliez pas vos bouteilles qui seront distribuées sur place à la grange vendredi 25 et samedi 26 avril.

Et retrouvez cette mémorable mise en bouteille sur

.

Vin grec

Etrange destin que cette mélodie empruntée à l’Aviron Bayonnais par la Fédération Française de rugby pour être l’hymne des supporters de l’Equipe de France…

Son nom espagnol est « vino griego », mais en Autriche où Udo Jürgens la chanta dès 1974, c’est le « griechischer wein ».

Ses paroles, dûes à Michael Kunze, évoquent la nostalgie qu’ont les exilés de leur pays natal, et qu’un verre de vin permet d’évoquer.

Si l’on en croit une biarotte prénommée Corinne , ce serait l’hymne d’un village portugais qui aurait été recueilli par des touristes.

Pour notre bonheur car cette musique est magnifique.

La voici, dans sa version autrichienne, espagnole, portugaise , bayonnaise, bayonnaise façon ska.

Et voici une traduction libre de vino griego :

Il était tard la nuit tombait sur la grande cité
En rentrant chez moi je vis un bar éclairé
Il faisait froid et sans hésiter j’y entrai
Soudain je me suis senti comme un étranger
Tous ces gens, et cette musique nouvelle pour moi
Un viel homme s’approcha de moi et me parla

Refrain
Viens partager le vin grec du pays où je suis né
Ce vin rouge qui me fera me souvenir
Du blanc village que j’ai laissé sur l’autre rive

Viens partager ce vin grec et je te chanterai
Les chants anciens qui nous font toujours rêver
Au jour où nous retrouverons notre foyer


Ils me parlèrent du jour où ils durent s’en aller
Comment parents, frères, et fiancées sont restés
Et avec eux les coeurs de ceux qui sont partis
Peut-être un jour si la fortune veut leur sourire
Très vite alors ils pourront oublier l’exil
Et retourner au blanc village dans leur foyer

Ref

Bienvenue au club

(de notre correspondant)

Samedi 5 avril 2008, le Clos de Clamart tenait son Chapitre de Printemps et intronisait, à cette occasion, de nouveaux membres dans notre Confrérie.

Parmi ceux-ci un ami de longue date : Jean-Michel, qui cultive dans son clos du chemin vert une étonnante vigne aérienne, et dont la culture d’ingénieur n’est pas de trop pour tenter d’apporter un peu de rationalité dans les travaux des vignerons.

Ce petit-fils de vignerons écouta sans broncher son parcours conté par l’ami Paul, qui cumule les charges de grand chancellier et grand echevin du Clos de Clamart.

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Puis il fut adoubé par le Grand-Maître Michel

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et pour finir goûta le vin servi comme il se doit, par le Grand Echanson, René.

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Ami Jean-Michel, bienvenue au club !

A Clamart les affaires reprennent…

Rassemblement au clos Franquet ce mercredi 2 avril.

Une dizaine de courageux (où est la parité ?) sont venus biner pendant deux bonnes heures,

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(photo francois noël)

et en ont profité pour déguster les crus 2007.

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jeanlevoisin

louis

De l’avis général, Ils ne sont « pas mauvais » ce qui, connaissant la modestie et le goût pour la litote des vignerons, laisse espérer le meilleur.

jeanM

roger

Le clos Franquet exhalerait même un fin bouquet de fleur d’acacia (Jean M.)

Bizarre ce crayon ?

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C’est un sarment de vigne !

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A bientôt vignerons pour la mise en bouteilles.

A comme … Aglan

Cela fait des années que nous nous régalons au Clos des Volontaires avec le Cahors des Hauts d’Aglan , d’Isabelle Rey-Auriat. Nous ne nous lassons pas de ce vin, de sa belle robe noire, de ses arômes chatoyants, de sa bouche soyeuse.

Depuis quelques années nous guignions aussi le nouveau venu de l’appellation, la cuvée A. Plus puissant, plus concentré (100% malbec), plus cher aussi, peut-être plus difficile à boire ?

A2003

Cette année nous avons enfin craqué pour la cuvée A 2003 , pour « sa robe tulipe noire très sensuelle, dont le nez est une explosion de fruits rouges et noirs, agrémentée de notes de violette et d’épices. »et ses « arômes dans une bouche aux tannins soyeux qui offre une chair pleine de gourmandise » (comme dit le guide hachette du 2004, mais ça vaut pour le 2003).

Isabelle est de tous les salons des vignerons indépendants, et ne compte plus les récompenses : Concours Général Agricole, Mérite Agricole…

isabelle

Une valeur sûre , le sourire en plus : amis du Clos, n’hésitez plus !