Dimanche dernier 5 décembre, Bandol fêtait comme chaque année depuis 1982 le millésime, vingt-neuvième du nom et tout un chacun pouvait goûter à loisir le vin nouveau des vingt-neuf châteaux (un hasard ?) participants à l’évènement.
Cette année la fête étant sous le signe de la fête foraine. Chacun l’a décliné à sa façon.
1ere halte chez Bunan, et déjà du mal à repartir !
15 étapes plus loin, chez Pibarnon c’est la voyante qui tient la scène…
et les fleurons des arts forains reprenaient l’air.
10 étapes plus loin, la Chrétienne de l’indomptable Thierry Simon. Tiens, une voyageuse s’est glissée sur le stand… la découvrirez vous ?
Nous n’étions plus là lorsque les résultats du concours des longues gardes 2010 furent proclamés (les 3 vins rouges jugés les plus aptes au vieillissment par un jury d’experts).
Les lauréats sont les Domaines Bunan, La Bastide Blanche et Domaine Val d’Arenc. Bravo à eux !
On ne présente pas ce grand caviste de la Madeleine qui dispose notamment d’un espace restauration où les vins consommés sont disponibles au prix magasin. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas cher. Difficile de trouver une bouteille à moins de dix euro dans ce temple du luxe oenologique.
Soit dit en passant, Lavinia est le nom d’une Latine qui donna un fils à Enée (Silvius). Phonétiquement c’est la vigne en portugais (vinha), en italien (vigna) en espagnol (viña). D’ailleurs Lavinia nous vient d’Espagne.
Chaque année leur catalogue commande une couverture à un artiste ; nous retrouvons quelques auteurs connus : Ben, Di Rosa, Boisrond onrt réalisé des oeuvres pour Puech Haut . Le bon clos a rassemblé ces couvertures pour ses lecteurs (elles sont visibles dans le magasin et dans le catalogue de l’année).
C’est ce que nous propose Pays d’Oc IGP , avec l’exposition d’oeuvres d’un jeune peintre, sculpteur et vidéaste, Patrice Palacio , sous cette belle coupole du Printemps construite en 1923 par la maître verrier Brière,
(jusqu’au 22 décembre au sixieme étage du bâtiment Est sur le Bd Haussman).
Tout un programme ! Car à y réfléchir il y a quelques points communs entre ces industries qui cherchent à nous séduire, à nous surprendre, nous faire réfléchir, parfois nous arnaquer et toujours nous taxer.
Nous y avons pris quelques photos et laissons les lecteurs du bon clos juger par eux mêmes.
Angelot
Satyre inspiré de Rubens
« coup de pompe », évocation de la jeune fille endormie (Vermeer 1656)
crucifixion en rouge ? référence explicite au vignoble rouge (Van Gogh 1888)
aux raboteurs de parquet (Caillebotte 1875): le sillon de parquet tel le sillon de vigne, et bien sûr la bouteille
vendange :vision prosaïque avec ces cagettes empilées
femme conduisant dans un paysage de vignes : on est ici bien loin du « modèle » invoqué (Boticelli).
C’est un travail de mémoire nous dit-on, d’une enfance, d’un père vigneron, d’odeurs, d’ambiances…
Et les vins du pays d’oc dans tout ça ? On pourra les découvrir au grand tasting les 10 et 11 décembre au Carrousel du Louvre.
Elles ont lieu cette année les 10 et 11 septembre pour les raisins hâtifs comme le baco, les 24 et 25 septembre pour les autres.
Comme chaque année, les vignerons se sont pressés autour du pressoir, s’empressant d’accueillir les vendangeurs pressés de livrer leur préssieuse (*) récolte, sans précipitation toutefois. Mais laissons là ce pressi-pressa.
Marcel était aux fourneaux et tout allait bien.
Une première cuvée, très colorée, a été encuvée, un peu moins abondante que les années précédentes, mais plus sucrée. Le nouvel oenologue, Edouard Macé (à gauche sur la photo), est optimiste, en dépit d’une acidité un peu excessive. Avec « MC » Jean-Luc (le maître de chai) à la barre (et non au bar dois-je préciser) nous sommes tranquilles.
Au Clos des Volontaires, nous accueillerons le 24 septembre à partir de 18h les amis du clos résolus à nous aider, et à fêter dignement l’évènement. Nous porterons la vendange au pressoir le lendemain, et son destin s’accomplira. Si vous n’avez pas reçu l’invitation écrire au journal qui transmettra.
Voici encore un apéritif disparu (?) dont on trouve la trace sur les murs de nos villes. Cette pub a été vue à Tallard (05).
Qu’était-ce donc que cet « agréable fortifiant aux vins de France », « apéritif incomparable », produit de la maison Picon ?
Le site Sitabrac présente une collection vertigineuse d’objets publicitaires de cette marque (c’était vraiment les rois de la pub). On doit à Roland pour ce beau travail, merci à lui
Voici des éventails à faire frémir
On apprend ainsi que la maison Picon existe depuis 1837.
Voici l’histoire (voire la BD sur le site Sitabrac).
En 1837, Gaétan Picon était en Algérie, dans l’armée du Roy. La chaleur était torride. Brûlés par le soleil, les soldats étaient dévorés de soif et de fièvre. Gaétan se souvint alors avoir bu un jour une tisane faite de quinquina et d’écorces d’oranges qui l’avait merveilleusement rafraichi et guéri alors qu’il était épuisé de fièvre. Pris d’une résolution subite, il s’en procura et s’attacha à retrouver le goût de cette tisane en les mélangeant avec du sucre et de l’alcool. Les soldats, ragaillardis et revigorés par ce merveilleux breuvage l’ovationnèrent. Comment t’appelles tu, lui demanda son général ? La réponse sonna comme un coup de clairon : « Gaétan Picon, mon général ».
Il créa des distilleries dans les grandes villes d’Algérie, puis une usine à Marseille en 1872.
Du pikina on saura seulement qu’il naquit bien plus tard, en 1931, et est fait de vin, d’écorces d’orange, de quinquina.
Le Pikina n’est plus semble-t-il, mais l’amer Picon, toujours populaire dans le Nord et l’Est où on le consomme mélangé à la bière, survit au sein du groupe Diageo Hennessy LVMH. Il serait toujours fabriqué à Marseille.
Si l’on en juge par cet hymne et ce pastiche il a encore a bien des admirateurs. Génération Picon !
C’est le titre d’une pièce jouée en Avignon dans le cadre du « off ». Dégustation de vin bien sûr. C’était incontournable. Et assez bien vu.
S’inspirant de la « petite philosophie de l’amateur de vin », de thierry tahon, francis freyburger et hervé lang, tout de blanc vêtus et glabres, nous font partager les délices et les affres d’amateurs de vin sur le point de déguster un haut-brion 96 (?). Quelle tension ! On songe à l’angoisse du gardien de but au moment du penalty. « Voyage sensuel et inspiré vers l’essence du désir dont le vin est la métaphore« , nous dit-on. Délectable et jubilatoire et très vrai, disons nous. (Ah ! ce silence gêné après la première mise en bouche !). Et ça cite Descartes, Claudel et Kant…
Une conclusion s’impose avec un domaine de muzy (chardonnay de la meuse) qui nous aide à reprendre nos esprits. Bien joué !
Voici deux expositions, Méroé, un empire sur le Nil et Pakistan, terre de rencontres qui témoignent de l’expansion de la civilisation hellénistique jusqu’aux hautes vallées des plus grands fleuves d’Afrique et du sous-continent indien.
A quinze cents kilomètres au sud du Caire, Méroé fut pendant six siècles (de 270 BC à 350 AD) la capitale du royaume dit des pharaons noirs. Le culte dionysiaque y est attesté.
Tête de Dionysos
Voici quelques témoignages présentés à l’exposition.
Bois, et puisses-tu vivre !
C’est l’inscription que l’on peut lire en grec sur ce gobelet en verre soufflé peint trouvé dans une pyramide à Sedeinga au Soudan, qui représente des scènes d’offrande à Osiris et daterait du 3ème siècle ap. JC.
grappe de raisin (faience siliceuse)
femmes portant des grappes de raisin (faience, terre cuite émaillée)
oiseau picorant une grappe
jarre, bouteille et gobelet
Le Gandhara, tout au nord du Pakistan, fut conquis par Alexandre au 4eme siècle BC (-326), bien après le voyage mythique de Bacchus/Dionysos aux Indes.
Une civilisation gréco-bouddhiste s’y développa et perdura longtemps.
On raconte qu’après la prise de Nysa dans la vallée du Swat, les soldats d’Alexandre, apprenant que la ville avait été fondée par Dionysos, se livrèrent à une bacchanale qui dura plusieurs jours…
une extraordinaire scène de vendanges, sculptée dans le schiste
L’auteur en serait Ricardo Florès , dessinateur humoristique né en 1878, et mort en 1918 des suites d’une blessure.
On est donc Avant Guerre, c’est la fin de l’automne (il reste quelques feuilles aux arbres), et il y a un rayon de soleil. Clamart, son bois, ses guinguettes, son picolo… On comprend ces travailleurs !
On apprend dans le dictionnaire d’argot de languefrançaise.net que le picolo ou piccolo (petit en italien) a été importé par des taverniers italiens fin 19eme, et a pour sens petit vin sucré, vin léger, petit vin suret, vin en général. De là piccoler ou picoler.
Il y a d’ailleurs aux Puces de Saint-Ouen rue Jules Vallès un bar très ancien du même nom, aujourd’hui aussi théâtre, qui raconte une jolie histoire .
« Ah là là! qu’est-ce que je trimballe: couverture roulée dans ma toile de tente et mon mousqueton en sautoir, mes cartouchières bien remplies… pour l’usage externe, mon bidon de pinard aussi… pour l’usage interne! »
partant en corvée :
« Jamais personne ne grogne pour les corvées de jus; mais pour le pinard, c’est bien mieux encore: tout le monde est volontaire. Il en disparaît quelques quarts en route dans le gosier de l’homme de confiance. Il racontera qu’il est tembé dans les boyaux. « En levant l’coude, mon vieux »?
« Ainsi Pragastin, l’infirmier de la compagnie, quand il va à la corvée de pinard. Il prend les bidons des camarades et va au patelin voisin les faire remplir. Ce n’est plus un homme, c’est un monceau de bidons. Un jour, j’ai compté les bidons: il en avait cinquante sur le râble! Je n’ai pas besoin de vous dire que le Docteur — c’est ainsi que nous l’appelons (s’il est infirmier de, la compagnie, dans le civil il est porteur aux Halles) — se soigne la bouche ces jours-là. »
et garder le moral :
« « Qu’est-ce qu’y disent à Paris?
— Y s’en font pas une miette, y vous demandent si on les aura!
— Oui, si on a du pinard, et du 75! »
Et comme on les a… on les aura! Vous en faites pas a l’arrière »
Nous nous nous interrogions récemment dans ces colonnes sur la consommation de vin en Chine. On pouvait lire dans Le Monde du 28 mai 2010 au moment du salon Vinexpo de HongKong, que la consommation y a augmenté de 80% entre 2004 et 2008, et qu’elle devrait augmenter de plus de 30% d’ici 2013. La Chine est déjà le 10e producteur mondial et le 8e marché consommateur. Quant aux importations, elles ont été multipliées par 4 de 2004 à 2008, la France étant le principal fournisseur.
Curieux clients tout de même, dont certains « passent commande sans goûter« , ou « ne comprennent pas qu’on ne puisse pas leur fournir un million de bouteilles de Lafite ou de Latour »
L’article de Florence de Changy apprend ainsi que« Quelques vins ont fait des percées inattendues sur le marché chinois simplement grâce à leur étiquette. Ainsi, le dragon en figure de proue de la gabare du Château Beychevelle, et la cloche de carillon sur l’étiquette du Château Angélus, rebaptisé spontanément « la cloche » par les Chinois, ont eu plus d’impact que n’importe quelle campagne publicitaire. Parfois, ce sont les consonances des noms : « Moët et Chandon » sonne, paraît-il, comme « Mao Zedong »…
Un musée du vin de 8800 m2 long de 192 mètres vient d’ouvrir à Qindao, patrie de la bière du même nom (Tsing Tao). On peut y découvrir que « l’histoire du vin chinois est ancienne de plusieurs milliers d’années »
C’est ce que nous dit peut-être cette belle chanson folklorique du Xinjiang, interprétée par Wang Hongwei , le « roi des chants de l’ouest », trouvée sur CNTV Arts et Cultures (De 2mn55 à 5mn 35)
Un verre de bon vin
Mon amour est comme le vin
Un verre de bon vin
Ma bien-aimée
Accepte le s’il te plait !
Les aigles dans le ciel
tournoient au-dessus de la montagne
sans se retourner
Ma bien aimée est à mes côtés
et ne veut pas me quitter
Ah ! mon amour…
Ton visage fleuri
et ton charme lunaire m’attirent
Et moi je souffre
à cause de ce chagrin dont tu es la cause
Accepte, je te prie,
ce bon vin de mon coeur
Un bon vin
Un vin doux
Un vin parfumé
Prends en et tu sombreras dans l’ivresse