Picolo

Nous avons reçu cette édifiante vignette.

picolo

L’auteur en serait Ricardo Florès , dessinateur humoristique né en 1878, et mort en 1918 des suites d’une blessure.

On est donc Avant Guerre, c’est la fin de l’automne (il reste quelques feuilles aux arbres), et il y a un rayon de soleil. Clamart, son bois, ses guinguettes, son picolo… On comprend ces travailleurs !

On apprend dans le dictionnaire d’argot de languefrançaise.net que le picolo ou piccolo (petit en italien)  a été importé par des taverniers italiens fin 19eme, et a pour sens petit vin sucré, vin léger, petit vin suret, vin en général. De là piccoler ou picoler.

Il y a d’ailleurs aux Puces de Saint-Ouen rue Jules Vallès un bar très ancien du même nom, aujourd’hui aussi théâtre, qui raconte une jolie histoire .

Revenons à Ricardo Florès, homonyme d’un révolutionnaire mexicain .

Il collabora à des nombreuses revues comme l’Assiette au Beurre, Charivari, le Rire, plus tard le Rire Rouge.

Pendant la Grande Guerre, il est Caporal à la 2è C.-M. du 103 ;  il illustra notamment les trains de permissionaires , et rapporta ses « impressions d’humoriste combattant  » :

humoristecombattant

suivons le monter en ligne :

« Ah là là! qu’est-ce que je trimballe: couverture roulée dans ma toile de tente et mon mousqueton en sautoir, mes cartouchières bien remplies… pour l’usage externe, mon bidon de pinard aussi… pour l’usage interne! »

soldatauxbidons

partant en corvée :

« Jamais personne ne grogne pour les corvées de jus; mais pour le pinard, c’est bien mieux encore: tout le monde est volontaire. Il en disparaît quelques quarts en route dans le gosier de l’homme de confiance. Il racontera qu’il est tembé dans les boyaux. « En levant l’coude, mon vieux »?

porteurdebidons

« Ainsi Pragastin, l’infirmier de la compagnie, quand il va à la corvée de pinard. Il prend les bidons des camarades et va au patelin voisin les faire remplir. Ce n’est plus un homme, c’est un monceau de bidons. Un jour, j’ai compté les bidons: il en avait cinquante sur le râble! Je n’ai pas besoin de vous dire que le Docteur — c’est ainsi que nous l’appelons (s’il est infirmier de, la compagnie, dans le civil il est porteur aux Halles) — se soigne la bouche ces jours-là. »

et garder le moral :

« « Qu’est-ce qu’y disent à Paris?

— Y s’en font pas une miette, y vous demandent si on les aura!

— Oui, si on a du pinard, et du 75! »

Et comme on les a… on les aura! Vous en faites pas a l’arrière »

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