Intriguante, cette évocation de la vigne dans une chanson d’amour (décu) ! Que peut-on bien apprendre d’un sarment de vigne ? La même chose que de notre téléphone arabe.
L’expression est apparue aux Etats-Unis à l’époque du télégraphe, dont la vigne est une représentation métaphorique bien sûr (dans les années 1840 donc). Plus de détails sur answers.com
Voici une très belle chanson de Jacques Brel qui date de 1961 (album Marieke), poignante, un peu oubliée peut-être. Cet ivrogne-là a le mal d’amour, il boit à celle qui lui a tordu le coeur….
Réécoutons-la !
Ami remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami remplis mon verre
Ami remplis mon verre
Buvons à ta santé
Toi qui sais si bien dire
Que tout peut s’arranger
Qu’elle va revenir
Tant pis si tu es menteur
Tavernier sans tendresse
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans tristesse
Buvons à la santé
Des amis et des rires
Que je vais retrouver
Qui vont me revenir
Tant pis si ces seigneurs
Me laissent à terre
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans colère
Ami remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami remplis mon verre
Ami remplis mon verre
Buvons à ma santé
Que l’on boive avec moi
Que l’on vienne danser
Qu’on partage ma joie
Tant pis si les danseurs
Me laissent sous la lune
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans rancune
Buvons aux jeunes filles
Qu’il me reste à aimer
Buvons déjà aux filles
Que je vais faire pleurer
Et tant pis pour les fleurs
Qu’elles me refuseront
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans passion
Ami remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j’ai mal d’être moi
Ami remplis mon verre
Ami remplis mon verre
Buvons à la putain
Qui m’a tordu le cœur
Buvons à plein chagrin
Buvons à pleines pleurs
Et tant pis pour les pleurs
Qui me pleuvent ce soir
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans mémoire
Buvons nuit après nuit
Puisque je serai trop laid
Pour la moindre Sylvie
Pour le moindre regret
Buvons puisqu’il est l’heure
Buvons rien que pour boire
Je serai bien dans une heure
Je serai sans espoir
Ami remplis mon verre Encore un et je vas Encore un et je vais Non je ne pleure pas Je chante et je suis gai Tout s’arrange déjà Ami remplis mon verre Ami remplis mon verre Ami remplis mon verre
Le héros fondateur de la littérature espagnole a inspiré Maurice Ravel qui composa en 1932 « Don Quichotte à Dulcinée », un ensemble de 3 chansons : romanesque, épique, et.. à boire (paroles de Paul Morand), presqu’un hymne à la joie !
Il nous fut donné de l’écouter ce dimanche :
Foin du bâtard, illustre Dame,
Qui pour me perdre à vos doux yeux
Dit que l’amour et le vin vieux
Mettent en deuil mon cœur, mon âme !
Je bois à la joie !
La joie est le seul but
Où je vais droit…
Lorsque j’ai bu !
A la joie, à la joie !
Je bois à la joie !
Foin du jaloux, brune maîtresse,
Qui geint, qui pleure et fait serment
D’être toujours ce pâle amant
Qui met de l’eau dans son ivresse !
Je bois à la joie !
La joie est le seul but
Où je vais droit…
Lorsque j’ai bu !
A la joie! A la joie !
Je bois à la joie !
En voici une interprétation par le baryton Andrew Garland
Et pour ceux qui voudraient tout entendre, voici une version historique avec Gérard Souzay.
C’est l’occasion d’honorer aussi Francis Poulenc qui composa dix ans plus tôt (1922) sa « chanson à boire« ,
Les rois d’Egypte et de Syrie, Voulaient qu’on embaumât leurs corps, Pour durer plus longtemps morts. Quelle folie!
Buvons donc selon notre envie, Il faut boire et reboire encore. Buvons donc toute notre vie, Embaumons-nous avant la mort.
Une fois n’est pas coutume, le bon clos va s’intéresser à la bière. Ne la fait-on pas avec la « vigne du Nord », dite aussi « couleuvrée » ou plus couramment houblon (Humulus lupulus) ?
Cette « vigne » ne pousse pas qu’au Nord d’ailleurs si l’on en croit la carte de sa culture en France que présente « à fleur de peau »
Cela nous donne l’occasion d’enrichir notre collection de chansons à boire avec un grand standard, le fameux beer barrel polka, dont voici les paroles
Beer Barrel Polka
There’s a garden, what a garden
Only happy faces bloom there
And there’s never any room there
For a worry or a gloom there
Oh there’s music and there’s dancing
And a lot of sweet romancing
When they play the polka
They all get in the swing
Every time they hear that oom-pa-pa
Everybody feels so tra-la-la
They want to throw their cares away
They all go lah-de-ah-de-ay
Then they hear a rumble on the floor, the floor
It’s a big surprise they’re waiting for
And all the couples form a ring
For miles around you’ll hear them sing…
Roll out the barrel, we’ll have a barrel of fun
Roll out the barrel, we’ve got the blues on the run
Zing boom tararrel, ring out a song of good cheer
Now’s the time to roll the barrel, for the gang’s all here
Da-da-da-da, da-da-da-da, da-da-da-da-da-da-da-da
Then they hear a rumble on the floor-or-or-or
It’s a big surprise they’re waiting for
And all the couples they form a ring
For miles around you’ll hear them sing
Zing do da do ding do da-do-do-day
—– instrumental break —–
Roll it out, roll it out, roll out the barrel
Dump-dump-da da-da da-dat en da-da-da-da-da
Sing a song of good cheer
‘Cause the whole gang is here
Roll it out, roll it out
Let’s do the beer barrel polka
Ecoutons les Andrews Sisters qui l’ont chantée à la fin des années trente
Et rendons hommage à son créateur tchèque, Jaromir Vejvoda,
qui composa en 1927 ce qui s’appelera dans son pays « Skoda Lasky » une fois écrites les paroles de Vasek Zeman en 1934 et deviendra la chanson tchèque la plus célèbre au monde
Très populaire pendant la WW2, elle aurait aidé les américains à gagner la guerre (dixit Ike)…
En Allemagne c’est Rosamunde, en France Frida Oum Papa …que chanta Annie Cordy en 1975
En Bavière Mon grand-père Etait un brasseur de bière Quand j’suis née en Bavière J’fus baptisée à la bière Ma nourrice Sans malice Me gavait de grosses saucisses Elle voulait que je grandisse J’ai grandi et me voilà
Avec ma petite plume et mon chapeau
Mes grandes nattes et ma culotte de peau
Dans les tavernes de Munich
Dès que j’arrive, c’est la panique. ja wohl
On me fait grimper sur un tonneau
Et je chante comme un petit oiseau
Un grand pichet dans chaque main
On chante, on danse jusqu’au matin
Ein, zwei, prozitt, ein, zwei, prozitt
Lala lalala. Je suis Frida oum Papa
Lala lalala. La petite gretchen aux gros bras, ein, zwei
Lala lalala. C’est moi fraülein oum Papa
Venez donc trinquer avec moi
Frida oum Papa
Lala lalala. Ich bin Fraülein oum Papa Lala lalala. La petite gretchen aux gros bras ein, zwei, drei Lala lalala. C’est moi fraülein oum Papa Venez donc trinquer avec moi Frida oum Papapi papapa
—
Nous ne résistons pas au plaisir de présenter aux lecteurs du bon clos quelques unes des versions disponibles sur Internet
L’histoire ne s’arrête pas là grâce à la créativité d’IAM et des supporters de l’OM qui ont repris le refrain avec des paroles bien à eux, à découvrir (instructif) là
plaque apposée sur les murs du restaurant Skoda Lasky, à Zbraslav près de Prague
Invention géniale qui permet d’obéir aux lois de l’hospitalité sans sombrer dans les soucis de logistique tout en « maitrisant les coûts », le Bag in Box (BIB pour les intimes) poursuit allégrement sa conquête du marché, avec 20% des ventes de vin en France en 2008 (+18% par rapport à 2007).
Bien plus efficace on le sait que le cubitainer qui ne protège pas son contenu contre l’oxydation, il doit à sa poche flexible de ne pas laisser entrer l’air au fur et à mesure du soutirage, et permet ainsi une utilisation sur plusieurs semaines.
Mais qui savait qu’il fut inventé en 1955 par William R. Scholle, pour ne connaitre véritablement le succès que dans les années 90 ?
C’est le programme qui était proposé au bar à eau du festival des chants de marins de Paimpol.
Une gageure pour les plus de cent-mille participants, qui ont arpenté les quais durant trois jours les 7, 8 et 9 août dernier, sous le soleil de la Bretagne, pour applaudir les musiciens venus de Bretagne, de France et même du Nouveau Monde,
et qui ont entonné avec Bernard Simard « du vin pour ma tante » !
Les amateurs de Boris Vian auront reconnu les premières paroles de sa fameuse chanson. Ils auraient eu l’occasion de l’entendre, jouée et chantée par la compagnie des bisons ravis lors du dernier festival d’Avignon (off), au cours de leur spectacle « En avian la zizique ! ».
Merveilleux spectacle où tout y passe (du blues du dentiste à johnny, du déserteur aux joyeux bouchers) dont on sort ravi du moment passé, et désolé qu’il soit déjà passé.
En voici un « digest »
Hélas le festival est fini, mais il y a encore moyen de les voir en Rhône-Alpes (ils sont de Lyon).
A défaut, il ne vous restera plus qu’à chanter, dépité,
Je bois
Systématiquement
Pour oublier les amis de ma femme
Je bois
Systématiquement
Pour oublier tous mes emmerdements
Je bois
N’importe quel jaja
Pourvu qu’il fasse ses douze degrés cinque
Je bois
La pire des vinasses
C’est dégueulasse, mais ça fait passer l’temps
La vie est-elle tell’ment marrante
La vie est-elle tell’ment vivante
Je pose ces deux questions
La vie vaut-elle d’être vécue
L’amour vaut-il qu’on soit cocu
Je pose ces deux questions
Auxquelles personne ne répond… et
Je bois
Systématiquement
Pour oublier le prochain jour du terme
Je bois
Systématiquement
Pour oublier que je n’ai plus vingt ans
Je bois
Dès que j’ai des loisirs
Pour être saoul, pour ne plus voir ma gueule
Je bois
Sans y prendre plaisir
Pour pas me dire qu’il faudrait en finir…
voici une jolie chanson d’anne sylvestre dédiée à son grand-père bourguignon
Mon grand-père Louis
Comme mon grand-père Louis
Saluant d’un chapeau digne
Des arpents de pieds de vigne
Reconnaissant, ébloui
Comme mon grand-père qui
Devant un cru de Bourgogne
Se découvrait sans vergogne
Avec le sérieux requis
Je voudrais modestement
Esquisser, quoi qu’on en pense,
La petite révérence
Que m’apprirent mes parents
{Refrain:}
Car bien que je ne sois vieille
Que de trente et pas beaucoup
Quand j’y pense, je m’effraye
Qu’on ne sache plus, merveille,
Boire un coup
Comme mon grand-père Louis
Composant avec science
De subtiles alliances
Entre pommard et rôti
Comme mon grand-père qui
Ne recevait à sa table
Que de vrais buveurs, capables
Que des gosiers aguerris
Je voudrais pieusement
Rappeler qu’en mon enfance
Quand on y faisait bombance
Je me tenais vaillamment
{au Refrain}
Comme mon grand-père Louis
Faisant creuser dans la pierre
Bien avant sa maison mère
Une cave et ses replis
Comme mon grand-père qui
À nous, sa progéniture
Apprit la grande aventure
Des raisins de son pays
Je voudrais à tout venant
Me vanter d’avoir en cave
Deux ou trois bouteilles graves
De Richebourg triomphant
{au Refrain}
Comme mon grand-père Louis
Comme Albert à qui j’ ressemble
Et qui reposent ensemble
Sur la colline fleurie
Où il fit coucher aussi
Pour les côtoyer sous terre
Madeline et Philibert
Et la très douce Marie
Je voudrais finalement
M’y coucher un jour, pareille
À une quelconque bouteille
Mais pourtant en attendant
Sans rien avoir d’un ivrogne
Je voudrais qu’on sache enfin
Qu’on peut être de Bourgogne
Qu’on peut aimer sans vergogne
Le bon vin
il n’a pas vingt-trois ans qu’il a déjà mis au point son goûteux pastis qui fera vite fureur autour du vieux port. Artiste, il dessine les affiches publicitaires et le bientôt légendaire broc Ricard,et il peint…
Il est capitaine d’industrie, menant son entreprise de succès en succès, patron social, distribuant des actions au personnel, mécène, édile, visionnaire…
Et pince-sans-rire : ne rétorquait-il pas, à ceux qui l’accusaient d’encourager l’alcoolisme, qu’il poussait plutôt à consommer de l’eau, puisqu’il en faut cinq volumes pour un seul de ricard pour faire un bon pastis ?
petit ilot sis en face de Bandol, un lieu de villégiature dédié à la vigne et au vin.
On peut y voir actuellement ses oeuvres, qui se comptent par dizaines (beaucoup de portraits). C’est que le bonhomme, disparu en 1997, aurait eu cent douze ans cette année.
(aucun sectarisme comme on voit)
bacchanale ?
mais aussi d’étonnantes sculptures d’autres artistes , comme cet improbable saute-mouton en bronze de Pascal Noël
ou ce nu blanc de Gérard Vérin, qui nous a esbarusclé.
Ami du clos, passant, va à Bendor, l’expo dure jusqu’au 30 aout 2009.
Et va aussi aux Embiez, où un parcours-panégyrique nous a fait parpeléger. C’est là que le bonhomme repose, face à la mer.
Chantons-lui donc cette ricounienne adaptation du plus beau de tous les pasos, Paquito Chocolatero !
Nous l’avions découverte dans « c’est toujours ça de pris » spectacle musical et pétillant, on voit pourquoi, la voici qui remet ça tous les mercredis soir (20h30) à l’atelier théâtre montmartre, 7rue coustou,Paris 18eme, mise en scène par Stéphane Ly-Cuonget accompagnée au piano par Tristan Michel.
Vous voulez savoir à quoi ça ressemble ? voici « c’est toujours ça de pris »
et voila le tango stupéfiant (marie dubas 1936)
On a réécouté avec plaisir « plus on est d’amis plus on boit » et bien d’autres chansons comme cette « pocharde » d’yvette guilbert (1927)qui a toute sa place dans la collection du clos
J’viens d’la noce à ma soeur Annette
Et comme le champagne y pleuvait
J’n’vous l’cache pas, je suis pompette
Et j’ai pincé mon p’tit plumet
Je sens flageoler mes guiboles
J’ai l’coeur guilleret, l’air folichon
J’suis prête à faire des cabrioles
Quand j’ai bu du Moët & Chandon.
{Refrain:}
Je suis pocharde
J’dis des bêtises
Ah mais j’suis grise !
Mais quoi, ça me r’garde
Qu’est-ce c’que vous voulez que je vous dise ?
Je suis grise.
Je fais très rarement des folies
Mais quand j’en fais, ah nom de nom !
Je dépasse toutes les fantaisies
J’suis plus une fille, j’suis un garçon
À moi l’plaisir, la rigolade,
J’m’en fais craquer l’corset de plomb
Car y a pas, moi faut que je cascade
Quand j’ai bu du Moët & Chandon.
{au Refrain}
J’dis aux gens qui m’reprochent la chose
Ah ! Remisez donc dans vos airs de deuil
Car c’est l’Champagne qui en est la cause
Quand j’ai quequ’ fois Marianne dans l’oeil
Et puis j’trouve que c’est toujours bête
De vouloir cacher son pompon
C’est pas un crime que d’être pompette
Et d’aimer le Moët & Chandon.
{au Refrain}
D’avoir son grain dans la boussole
Mon Dieu, ça n’est pas un défaut !
Moi, j’ris, j’chante, je batifole
Toutes les fois qu’j’ai bu un peu trop
Alors quoi ? Pour une petite mèche
Faudrait-y m’battre à coups d’chausson ?
J’aime mieux qu’on m’batte que d’battre la dèche
J’pourrais plus boire du Moët & Chandon !
{au Refrain}
pour une version musicale voir par exemple ce sympathique spectacle amateur trouvé sur youtube