Un verre de bon vin… du Xinjiang

Nous nous nous interrogions récemment dans ces colonnes sur la consommation de vin en Chine. On pouvait lire dans Le Monde du 28 mai 2010 au moment du salon Vinexpo de HongKong, que la consommation y a augmenté de 80% entre 2004 et 2008, et qu’elle devrait augmenter de plus de 30% d’ici 2013. La Chine est déjà le 10e producteur mondial et le 8e marché consommateur. Quant aux importations, elles ont été multipliées par 4 de 2004 à 2008, la France étant le principal fournisseur.

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Curieux clients tout de même, dont certains « passent commande sans goûter« , ou « ne comprennent pas qu’on ne puisse pas leur fournir un million de bouteilles de Lafite ou de Latour »

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L’article de Florence de Changy apprend ainsi que« Quelques vins ont fait des percées inattendues sur le marché chinois simplement grâce à leur étiquette. Ainsi, le dragon en figure de proue de la gabare du Château Beychevelle, et la cloche de carillon sur l’étiquette du Château Angélus, rebaptisé spontanément « la cloche » par les Chinois, ont eu plus d’impact que n’importe quelle campagne publicitaire. Parfois, ce sont les consonances des noms : « Moët et Chandon » sonne, paraît-il, comme « Mao Zedong »…

Un musée du vin de  8800 m2 long de 192 mètres vient d’ouvrir à Qindao, patrie de la bière du même nom (Tsing Tao). On peut y découvrir que « l’histoire du vin chinois est ancienne de plusieurs milliers d’années »

C’est ce que  nous dit peut-être cette belle chanson folklorique du Xinjiang, interprétée par Wang Hongwei , le « roi des chants de l’ouest », trouvée sur CNTV Arts et Cultures (De 2mn55 à 5mn 35)

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Un verre de bon vin

Mon amour est comme le vin
Un verre de bon vin
Ma bien-aimée
Accepte le s’il te plait !

Les aigles dans le ciel
tournoient au-dessus de la montagne
sans se retourner

Ma bien aimée est à mes côtés
et ne veut pas me quitter

Ah ! mon amour…
Ton visage fleuri
et ton charme lunaire m’attirent
Et moi je souffre
à cause de ce chagrin dont tu es la cause

Accepte, je te prie,
ce bon vin de mon coeur
Un bon vin
Un vin doux
Un vin parfumé
Prends en et tu sombreras dans l’ivresse

le bon roi Henri et le vin

Voila 400 ans ce 14 mai 2010 qu’un fanatique religieux ôta la vie au roi de France et de Navarre qui avait réussi à faire taire les armes après d’interminables guerres de religion.

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On le célèbre cette année dans tout le pays, et au-delà .

Il avait la réputation d’un homme à femmes et d’un buveur, qu’en est-il vraiment ?

Comme disait l’historien René Gandilhon dont l’étude Henri IV et le vin fait autorité, « son nom est associé à une familiarité précoce et durable avec le vin. »
Selon la tradition, son grand-père Henri d’Albret lui fit boire du vin de Jurançon, ou plutôt, si l’on en croit André Favyn (1560-1620) dans son Histoire de Navarre, il lui présenta une coupe contenant du vin « à l’odeur duquel ce petit prince ayant levé la teste, il luy en mit une goutte dans la bouche qu’il avalla fort bien« .

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A la cour d’Henri IV, trois sortes de vins étaient consommés, le vin de bouche (pour la bouche du roi, le meilleur), le vin de table (de bonne qualité) et le vin commun (destiné aux domestiques), sans parler du vin de suite « méchant vin que l’on donne aux valets » (Furetière).

Nicolas Abraham de la Framboisière, professeur de médecine à Reims, avait classé les vins : vin blanc qui se digère facilement et n’apporte « aucun détriment ny a la teste ni au foye », le préféré des grands de ce monde ; vin couvert « qui est rouge, vermeil ou noir, proffitable à ceux qui mènent une vie laborieuse » ; enfin vin claret ou rouge qui tient le milieu entre les deux.

Pour le service du roi,  » les bouteilles, jamais placées sur la table, étaient disposées sur des dessertes, un gentilhomme servant, debout derrière le roi, quand il demandait son vin, lui présentait une coupe dorée ou un verre à pied en cristal, plein de vin, mais qu’il avait auparavant fait « taster à son premier médecin pour voir s’il seroit de son goût » étant précisé que celui-ci « ne devait pas s’ingérer dans autre chose que pour le vin ».

Quant aux quantités, voila ce qu’on peut lire dans l’étude de René Gandilhon.

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Pour finir en chansons, voici vive Henri IV

On en trouvera une présentation complète sur un site de chansons maçonniques, , où nous avons trouvé cette partition

vivehenri

partitionvivehenri

Au diable guerres,
Rancunes et partis,
Au diable guerres,
Rancunes et partis,
Comme nos pères,
Chantons en vrais amis
Au choc des verres,
Les roses et les lys!

Qu’à Reims on danse,
Disant comme à Paris
Vive la France,
Vive le roi Henri !

Voici une version révolutionnaire de cette chanson (qui sera plus tard l’hymne de la Restauration).

Et voici une curieuse scène du film Guerre et Paix, où l’on voit soldats napoléoniens en déroute et soldats russes fraterniser et chanter ensemble une version qui réjouira les amis du  bon clos

J’aimons les filles,
Et j’aimons le bon vin
J’aimons les filles,
Et j’aimons le bon vin
De nos bons drilles
Voilà tout le refrain
J’aimons les filles
Et j’aimons le bon vin !

Moins de soudrilles
Eussent troublé le sein
Moins de soudrilles
Eussent troublé le sein
De nos familles
Si l’ligueux plus humain
Eût ainsi aimé les filles
Eût aimé le bon vin !

Juhe ! Der wein ist da !

A l’heure où la confrérie du Clos de Clamart vient de mettre sa production 2009 en bouteilles, il est temps de se remémorer cette belle musique de Joseph Haydn, que l’on pourrait traduire par : Hourrah ! le vin est là !

C’est en 1801 qu’Haydn, âgé de près de 70 ans, composa les Saisons (Die Jahreszeiten), d’après un poème de l’écossais James Thomson .

C’est à la fin de l’Automne que l’on trouve ce choeur des vendanges allegro molto, puis allegro assai, en ut majeur, sorte d’hymne à la joie et au vin.

Ecoutons le avec ravissement sur ce site vietnamien Juhe ! Der wein ist da

et chantons !

(présentation des Saisons et traduction disponible sur le blog de Catherine , voir le n°28)

                         Juhe, der Wein ist da,

                         die Tonnen sind gefüllt,

                         nun lasst uns fröhlich sein,

                         und juhe, juhe, ju,

                         aus vollem Halse schrei’n!

  Lasst uns trinken, trinket Brüder,

  lasst uns fröhlich sein!

  Lasst uns singen, singet alle,

                         lasst uns fröhlich sein!

                         Es lebe der Wein!

           Es lebe das Land, wo er uns reift!

           Es lebe das Faß, das ihn verwahrt!

           Es lebe der Krug, woraus er fließt!

           Es lebe der Wein!

                         Kommt, ihr Brüder!

           Füllt die Kannen, leert die Becher,

           lasst uns fröhlich sein,

                         und juhe, juhe, ju

                         aus vollem Halse schrein!

                         Juhe, es lebe der Wein!

           Nun tönen die Pfeifen

           und wirbelt die Trommel,

           und wirbelt und wirbelt die Trommel.

                         Hier kreischet die Fiedel,

                         da schnarret die Leier

                         und dudelt der Bock.

           Schon hüpfen die Kleinen,

           und springen die Knaben;

           dort fliegen die Mädchen

          im Arme der Bursche

                         den ländlichen Reih’n!

                         Heißa, hoppsa, laßt uns hüpfen!

           Ihr Brüder kommt! Laßt uns springen!

                         Die Kannen füllt, laßt uns tanzen!

           Die Becher leert,

           heida, laßt uns fröhlich sein!

           Jauchzet, lärmet, juhe, ju!

           Springet, tanzet, heißa, hoppsa!

           Nun fassen wir den letzten Krug,

                         und singen dann im vollen Chor

                         dem freudenreichen Rebensaft!

           Es lebe der Wein, der edle Wein,

           der Grillen und Harm verscheucht!

           Sein Lob ertöne laut und hoch,

                       in tausendfachem Jubelschall.

                        Heida, lasst uns fröhlich sein,

                        aus vollem Halse schrein.

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dionysos, le vin et le sang

C’est le titre d’une création récente d’ Alexandros Markeas pour douze voix mixtes et dispositif électroacoustique, (jouée par Musicatreize , dirigé par Roland Hayrabedian) au festival international des musiques d’aujourd’hui, qui se déroulait à Marseille du 17 avril au 1er mai 2010.

Pour la petite histoire, cette Lesbie au moineau de François-Joseph Trophème (1820-1888), rencontrée le jour même à la Vieille Charité, nous avait mis en appétit.

Les textes sont d’Anacréon, Euripide, Eschyle, Omar Kayyâm, Molière …

C’est un « hymne au mythe bachique où se côtoient le plaisir, la jouissance mais aussi le comique/le tragique, la sagesse /l’excès, la vie/la mort », nous dit le programme.

Qu’on en juge avec l’extrait suivant (Molière, le bourgeois gentilhomme)

Buvons ! Buvons ! chers amis buvons

le temps qui fuit nous y convie

On ne boit pas toujours

Quand on a passé

Dé-pê-chons !

Raisonner les sots

Notre philosophie

Que l’on peut être heureux

versez versez

tant qu’on vous dise assez

dionysos

dyonisosdemarkeas

dionysos1

 

 

 

musicatreize

 

paroles1

paroles2
paroles3

 

le marquis de la gueule en pente

Voici une chanson trouvée sur un forum , et dont, magie d’internet, Michel, un aimable lecteur du bon clos  nous a adressé le son… et l’image, plus d’un an après sa première publication dans nos colonnes ! Qu’il en soit remercié !

marquisdegueulenpente

[audio:https://aubonclos.blog/wp-content/uploads/2010/04/ad630-marquisdegueulenpente.mp3|titles=marquisdegueulenpente]

Raymond Souplex et les amis du tire-bouchon la chantaient donc.

Mais c’est Paul Sonniès, alias Paul Peyzonnie, ou Peyssonie, conseiller à la cour de cassation et membre de la société du cornet(*), à la Belle Epoque, qui en serait l’auteur, la musique étant d’Eugène David-Bernard (in Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux de Janvier 1957, colonne 59)(*) La société du Cornet fut fondée par Alfred Bertrand, dit Bertrand Millanvoye, auteur dramatique, romancier et journaliste, avec Paul Delmet et Georges Courteline.
Les membres de cette Société s’engageaient seulement à jouer aux dés, à l’aide du cornet de cuir d’usage, les apéritifs de la journée ; elle devint en quelques années un des dîners d’artistes les plus courus de Paris.

 Le seul marquis que je fréquente

C’est le marquis de Gueule en Pente

Sa couronne, a pour gais fleurons,

 Des ortolans perchés en rond ;

un saladier tient lieu de casque;

la mousse au marasquin s’y masque;

L’épée, une broche de fer,

perce un canard au feu d’enfer !

Ah ! comme il boit ! Ah ! comme il chante !

Le beau marquis de Gueule en Pente !

 

II

 Deux cochons d’azur et de gueule,

Un tranche-lard avec sa meule

En chef un soleil d’or qui luit
Sont le blason parlant pour lui :

En pointe marche une bécasse,

Humant de son bec perspicace

Un flacon de vin radieux,

Seul nectar qui nous fasse Dieux !

Ah ! comme il boit ! Ah ! comme il chante !
Le beau marquis de Gueule en Pente !


III

Il a des lettres de noblesse ;

Ce sont des menus sans faiblesse.

Ses aïeux étaient bourguignons,
Tous salés et bons compagnons ;
Sa mère était une angevine,

Une authentique sacavine

Qui vit le jour entre Frémur,
Et les fiers côteaux de Saumur

Ah ! comme il boit ! Ah ! comme il chante !

Le beau marquis de Gueule en Pente !

 IV

Il n’est pas insensible aux belles,

Mais s’il s’y trouve quelques rebelles

Par des hasards malencontreux,

Il a tant de vins généreux,
Il débouche tant de bouteilles,

Il boit tant de pures merveilles,

Que chaque amour enseveli

Va dormir au fleuve d’oubli !

Ah ! comme il boit ! Ah ! comme il chante !

Le beau marquis de Gueule en Pente !

V

Sa bonne mine est délectable !

Mais il est beau surtout à table ;

Regardez-le boire un grand vin :

Il le mire comme un derin,

Il le contemple, le respire.

Le porte à ses lèvres, l’aspire,

Le goûte avec ravissement,

Tout doucement, tout doucement,

Ah ! comme il boit ! Ah ! comme il chante !

Le beau marquis de Gueule en Pente !

VI

Il est de noble intelligence ;

Il fuit les soucis, la vengeance :

Quand sa femme l’a fait cocu,
Il n’en a pas moins bien vécu.
Des quatre enfants qu’il eut naguère,

Si trois ne lui ressemblent guère,

Il a pris la bonne façon :

Il en a fait une chanson…


Ah ! comme il boit ! Ah ! comme il chante !

Le beau marquis de Gueule en Pente !

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le cri du vin

Connaissez-vous terredesvins.com , le « portail des vins et de l’oenotourisme » ?

On peut y entendre Bernard Burtschy, bien connu des amis du clos, et qualifié de « monsieur des chiffres et des lettres du vin », un peu catastrophé par sa dernière dégustation des vins de grande marque : « il faut s’occuper du goût de toute urgence ! » conclut-il.

BBurtschy

On y trouve aussi, dans l’agenda, une foule d’informations sur des évènements à venir, comme ce salon des vins d’abbaye qui se déroule ce week-end au Collège des Bernardins, rue de Poissy à Paris (5eme), ou comme ce « cri du vin« , « Cabaret littéraire d’origine contrôlée, entrée libre et dégustation », précise l’affiche. Rendez-vous quai de Valmy, Paris 10ème, le Dimanche 4 Avril prochain, à 19h au Point Ephémère (Métro Jaurès). 

Informés trop tard, nous avons malheureusement manqué ce dernier rendez-vous (coproduction Hydragon, Samu , Des Airs de la Ville ), mais tout n’est pas perdu.

Voici ce qu’on nous en dit sur le site de la Compagnie Hydragon de ce « cabaret littéraire arrosé », « promenade vagabonde, voluptueuse et joyeuse au pays du vin et de l’ivresse »

On peut aussi y écouter cette jolie chanson (dont on aimerait bien connaitre auteur et compositeur)

criduvin2.mp3

Y en a qui prétendent
Que je suis légère
Que ma robe est claire
Pas moi
Moi j’dis qu’j’ai du corps
et que sous ma robe
rien ne se dérobe
Grenat

Y en a qui vont dire
Que j’ai le nez facile
La bouche fragile
Rien qu’çà
Comme si c’était simple
J’suis pas une baraque
Mais j’manque pas d’attaque
Moi

 

Y en a qui patientent
J’ai le nez pas banal
Plutôt végétal
Je crois
Et quand ils me goûtent
Ils me trouvent soyeuse
Et même savoureuse
C’est ça

 

Y en a même qui disent
Que j’suis longue en bouche
Pas une sainte nitouche
Pas çà
Ils me trouvent friande
De texture brillante
Parfois même brûlante
Parfois

 

Une chose est sûre
Je ne suis pas piquée
Ni même ni même
Ni même bouchonnée

amis, amis passons la bouteille…

Voici 2096, une chanson à boire du groupe québecois « mes aieux  » fondé en 1996

Amis Amis passons la bouteille, Amis amis débouchons le vin

Aujourd’hui c’est déjà la veille. Amis, amis préparons demain…


Sur la rue DeLorimier, il paraît qu`à tous les soirs
ils refont le monde entier et ils tuent le désespoir.
Les plus brillants des penseurs réécrivent notre histoire
mais y faut pas se conter de peurs…
Ils sont juste venus là pour boire.

Une petite shot de Caribou pour se mettre un peu mous,
une petite shot de Blanche de l’île pour la révolution tranquille,
une petite shot de Sambuca pour mettre le feu au Canada,
une petite shot de Whisky en souvenir de mononcle Prémi,
une petite shot d`Illégale pour le refus global,
une petite shot de Martini pour les enfants de Duplessis,
du Brandy dans notre café pour se rappeler de René,
un shooter de Téquila en souvenir de matante Rosalma.

Un petit peu de liqueur d`anis pour octobre’70 pis on
retombe dans la bière pour les défaites référendaires.
Une petite shot de Porto pour la nuit des longs couteaux,
une petite shot de Bailey`s en souvenir de mon oncle Médée,
une petite shot, encore une shot, pour tous les patriotes.
On pourrait faire un drame de la défaite des plaines d`Abraham
mais on continue à boire pour ceux qui verront la victoire…
Et pis une shot de Crème de menthe pour tous nos mononcles
et pis nos matantes.

Une petite shot de Kaluha le stade nous a coûté un bras,
une petite shot de Pernod, paraît que c`était donc beau à l`Expo,
une petite puff de joint pour tous nos problèmes avec les indiens,
une petite shot d`Hydromel pour le crash de Mirabel,
un petit peu de Tia Maria pour la tempête de verglas,
une petite shot de Gueuse lambic pour la vente des Nordiques
et pis une autre petite shot de Rhum pour le prochain référendum,
une petite shot de vin blanc pour le déluge du Lac-St-Jean
(blanc sur rouge y`a rien qui bouge mais rouge sur blanc tout fout le camp)…

Amis, amis vidons la bouteille. Amis, amis c’est déjà le matin…
Amis, amis la bouteille est morte. Amis, amis il n’y a plus de vin.
Amis, amis je vous sacre à la porte. Amis, amis revenez demain…

Et pendant qu’on est au Québec voici Plume Latraverse et sa « ballade des caisses de 24« 

Et puis voici Maurice au bistrot par les cowboys fringants , encore une histoire de gars qui boit pour oublier…Mais laisse-toi pas aller Maurice
Aweye viens-t’en, j’pense qu’y est temps qu’on décrisse…!!
(les paroles sont là)

Jolie bouteille

L’ami Etienne nous rappelle cette jolie chanson, jadis chantée par Graeme Allwright, chanson culte des colos et organisations de jeunesse.

Jolie bouteille, sacrée bouteille
Veux-tu me laisser tranquille ?
Je veux te quitter, je veux m’en aller
Je veux recommencer ma vie

J’ai traîné
Dans tous les cafés
J’ai fait la manche bien des soirs
Les temps sont durs
Et j’suis même pas sûr
De me payer un coup à boire

J’ai mal à la tête
Et les punaises me guettent
Mais que faire dans un cas pareil
Je demande souvent
Aux passants
De me payer une bouteille

Dans la nuit
J’écoute la pluie
Un journal autour des oreilles
Mon vieux complet
Est tout mouillé
Mais j’ai toujours ma bouteille

Chacun fait
Ce qui lui plaît
Tout l’monde veut sa place au soleil
Mais moi j’m’en fous
J’n’ai rien du tout
Rien qu’une jolie bouteille

Se rappelle-t-on que la chanson originale est Bottle of Wine de Tom Paxton ?

BOTTLE OF WINE
(Tom Paxton)

Ramblin’ around this dirty old town
Singin’ for nickels and dimes
Times getting rough I ain’t got enough
To buy me a bottle of wine

Bottle of wine, fruit of the vine
When you gonna let me get sober
Leave me along, let me go home
I wann’a go back and start over

Little hotel, older than Hell
Cold and as dark as a mine
Blanket so thin, I lie there and grin
Buy me little bottle of wine

Aches in my head, bugs in my bed
Pants so old that they shine
Out on the street, tell the people I meet
Won’ch buy me a bottle of wine

Teacher must teach, and the preacher must preach
Miner must dig in the mine
I ride the rods, trusting in God
And hugging my bottle of wine

la voici par Lew Dite, un amateur « ex fan de judy collins »

By the way, il est une autre « bottle of wine », celle de Tim Heidecker. Rien à voir !

Et celle-ci, de Thomas Cunningham, émouvante, où l’on voit que le vin ne fait rien à l’affaire

Timing and its focus
It’s what ruins and it dopes us
Reality ain’t the same, if you don’t play the game
Cause I’m tired and it’s hopeless
I’m not beaten, but I’m broken
Words I’ve never spoken
What do you say? what do you say?
I guess you can’t look up to me that way
I guess you can’t look up to me that way

Is it fire or is it smoke?
Or should we just go for broke
Here comes boredom and it’s useless
I think life should come all inclusive
At least a little less abusive
What do you say? what do you say?
I guess you can’t look up to me that way
I guess you can’t look up to me that way

The bottle of wine was fine this time
And I really don’t think it’s changed
The bottle of wine was fine this time.
But oh, how I think you’ve changed

Timing and its focus
It’s what ruins and it dopes us
Reality ain’t the same if you don’t play the game
Here comes boredom and it’s useless
I think life should come all inclusive
At least a little less abusive
What do you say what do you say
I guess you can’t look up to me that way
I guess you can’t look up to me that way

The bottle of wine was fine this time
And I really don’t think it’s changed
The bottle of wine was fine this time.
But oh, how I think you’ve changed [x3]

Le breuvage de Lady Pinkham

On se souvient de Richard Anthony et de son « sirop typhon  » sorti en 1968, peut-être moins du tube des Scaffold, Lily the Pink, dont le titre donne le surnom de Lydia Pinkham, américaine du Massachusetts (1819-1883), figure des femmes entrepreneuses, inventeur d’un breuvage médicinal sensé soigner les troubles féminins qui connut dès beaucoup de succès aux Etats Unis, en particulier pendant la… Prohibition.

lydiapinkham

Il était composé en effet de divers extraits d’herbes et produits médicinaux (rhizome de l’aletris, séneçon doré, actée à grappes, asclépiade tubéreuse, fenugrec – on dit aussi trigonelle…),  mélangés à de l’alcool à 18°.

flacon

(Voila qui nous rappelle le vin mariani qui eut aussi son heure avant la première guerre mondiale.

Mais la pub est plus sage !

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quoique..

examining

Ce fut la gloire, immortalisée par de multiples chansons à boire.

The Ballad of Lydia Pinkham

Let us sing of Lydia Pinkham
The benefactress of the human race.
She invented a vegetable compound,
And now all papers print her face.
Mrs. Jones she had no children,
And she loved them very dear.
So she took three bottles of Pinkham’s
Now she has twins every year.
Peter Whelan, he was sad
Because he only had one nut
Till he took some of Lydia’s compound
Now they grow in clusters ’round his butt.
Mrs. Smith had nursing problems
Had nursing problems, she didn’t know how.
But after drinking a bottle of compound
They had to milk her like a cow.
Mrs. Johnson has kidney trouble
Had kidney trouble, she could not pee.
But after drinking a bottle of compound
They had to pipe her to the sea.

Voici les Scaffold en action. L’un d’eux est le frère de Paul Mc Cartney, lequel ?

Et voici Richard Anthony, en juin 68 !

 

Chopin… chopine

En cette année du bicentenaire, le moment est venu de faire le point sur le pays de Chopin.

Pas de vigne ou si peu sous ces cieux incléments : quatre cent hectares si l’on en croit sommelier-à-domicile… (mais les choses changent depuis 2005 qui a vu la vente de vins polonais autorisée par l’Union européenne).

Il y a bien quelques restaurants qui font honneur à notre boisson fétiche.

Voici ce qu’on peut voir à l’entrée de U Fukiera, sur la vieille place de Varsovie (Starego Miasto)

restofukieravarsovie

Ce tableau est visible au restaurant Sweik, place de la Constitution à Varsovie

tableausweik

NB  : ce tableau est de Jennifer Garant, découverte à Tenerife (29/3/2013)

Il a donc bien fallu troquer la chopine (de vin) contre la chope de bière, qui coule ici à flot : Warka (fondée en 1478), Zywiec (fondée en 1858), Tyskie,  Okocim, …Chopin-chopine…La chopine est une ancienne mesure d’une demi-pinte, quand le chopin est un objet de collection acheté à un prix bien inférieur à sa valeur, voire un objet volé…Curieuse proximité sur laquelle l’étymologie ne nous éclaire guère : elle fait découler chopine de Schoppen, « puisoir de brasseur », attesté au XIIeme siècle, mais renvoie chopin à choper (dérober).

Et si Chopin n’était pas tout simplement l’homme à la chopine ?Chopin, voila un nom bien de chez nous. Et oui, Frédéric était le fils d’un Nicolas Chopin venu de Lorraine peu avant la Révolution Française, dont la chopine (la chopine de Colas, bien connue des contrepéteristes), était si l’on peut dire un bijou de famille.Le grand Frédéric ne devait d’ailleurs pas la dédaigner,cette chopinette, car comme dit fort justement Internetalis Universalus« Il se passionne alors pour les mazurkas endiablées qui formeront la base de son œuvre à venir.  Pour les ignares, la mazurka c’est entre la polka et la rumba congolaise (mais à trois temps bien sûr).  L’intérêt principal est donc comme dans la valse musette de se boire en même temps un petit vin blanc sec bien frais. »

Ne composa-t-il pas aussi une chanson à boire, Hulanka ? (paroles de Stefan Witwitcki )

Szynkareczko, szafareczko, bój się Boga, stój!
Tam się śmiejesz,
A tu lejesz miód na kaftan mój!

Nie daruję, wycałuję!
Jakie oczko, brew!
Nóżki małe, ząbki białe,
Hej! spali mnie krew!

Cóż tak bracie wciąż dumacie?
Bierz tam smutki czart!
Pełno nędzy
Ot, pij prędzej, świat tendiabła wart!

Piane nogi zbłądzą z drogi,
Cóż za wielki srom?
Krzykiem żony rozbudzony
Trafisz gdzie twój dom.

Pij, lub kijem się pobijem!
Biegnij dziewczę w czas,
By pogodzić, nie zaszkodzić,
Oblej miodem nas!

Take care, pretty girl; be careful!
You are laughing so much
You're spilling wine all down my coat!

I'll not forgive you! I'll make you pay;
I'll kiss you till I'm exhausted!
Ah, those shining eyes, and those divine lips
set my blood afire!

Come now, moody one,
Let all this brooding go to the devil!
Drink, don't waste time, my boy,
For this sorry world already has its fill of woe.

So what if you can barely walk.
What's the disgrace in that?
When your wife shouts you'll won't hear her;
You'll be out cold on the floor!

Drink down or feel my fist.
Hey, lass, over here!
Just serve us. Don't entice us.
Pour us some beer!
Voici une des nombreuses versions visibles sur youtube, Jacek Ozimkowski starring

Pas de doute, chopin, chopine, « ça le fait ».

Et ce n’est pas Pierre Vassiliu qui dirait le contraire !

alainaline

Lui qui composa une pas très chopinesque Alain- Aline  (1965) (elle aimait bien Chopin, lui c’était la chopine…),  incontournable dans cet article !

Les trois capitaines ne se posaient pas la question, qui disaient

Hôtesse tire-moi une chopine (bis)
Chopinette de vin blanc
brave, brave
Chopinette de vin blanc oh! bravement (bis)