A la tienne, Etienne !

A la Closerie des Lilas, bar emblématique de Montparnasse, trône, adossée au piano, une sculpture d’Etienne : la dégustation

(On reconnaitra, au piano, le pianiste Thierry Kalifa.)

ladegustationalacloserieEtienne est un sculpteur français né en 1952 nommé Etienne Pirot.

C’est un thème qui l’a manifestement inspiré. On peut trouver sur son site plusieurs réalisations qui intéresseront aussi les lecteurs du bon clos.

En voici une, monumentale, au château Dauzac, à Margaux

la dégustation à Dauzac
la dégustation à Dauzac

Et voici des ronde-bosses en bronze, de taille plus réduite (série des Bacchanales)

la dégustation I
la dégustation I
la dégustation II
la dégustation II
tchin-tchin
tchin-tchin
cheers
cheers
la jeune fille au verre
la jeune fille au verre
A la tienne
A la tienne

A la tienne, Etienne !

Champagne éternel

Voilà que disparait, sans crier gare en plein été, le poète, le musicien qui fit rêver de liberté des millions de Max…

Hervé Cristiani avait aussi composé ce champagne éternel, publié dans l’album « 5 » en 1983, qui lui vaut d’être accueilli dans la discothèque du bon clos. Le Champagne comme métaphore du monde ; qui peut le comprendre ?

Entre ici, rocker mélodique, merveilleux poète.

Regarde le ciel
Que la Lune est belle!
Champagne éternel
Y a dans les étoiles
Des secrets qui dansent
Au fond du silence

Quelque part, y a un géant qui danse
Drapé dans le noir
D´une belle indifférence
C´est le hasard
Et ses lois bizarres

Regarde le ciel
Que la Lune est belle!
Champagne éternel
Tous ces grains de lumière
Qui s´ balancent dans l´air
Sont chargés du messages
De leurs grands voyages

Mais qui peut le comprendre?
Qui peut le comprendre? {x4}

Quelque part, y a un géant qui danse
Drapé dans le noir
D´une belle indifférence
C´est le hasard
Le roi de l´histoire

Profitons en pour faire entrer avec lui son ami Jacques Higelin, qui avait écrit champagne pour tout le monde en 1979, dans la même veine astrale.

La nuit promet d’être belle
Car voici qu’au fond du ciel
Apparaît la lune rousse
Saisi d’une sainte frousse
Tout le commun des mortels
Croit voir le diable à ses trousses
Valets volages et vulgaires
Ouvrez mon sarcophage
Et vous pages pervers
Courrez au cimetière
Prévenez de ma part
Mes amis nécrophages
Que ce soir nous sommes attendus dans les marécages

Voici mon message
Cauchemars, fantômes et squelettes
Laissez flotter vos idées noires
Près de la mare aux oubliettes
Tenue du suaire obligatoire

Lutins, lucioles, feux-follets,
Elfes, faunes et farfadets
S’effraient d’mes grands carnassiers
Une muse un peu dodue
Me dit d’un air entendu
Vous auriez pu vous raser
Comme je lui fais remarquer
Deux, trois pendus attablés
Qui sont venus sans cravate
Elle me lance un ?il hagard
Et vomit sans crier gare
Quelques vipères écarlates

Vampires éblouis
Par de lubriques vestales
Egéries insatiables
Chevauchant des Walkyries
Infernales appétits de frénésies bacchanales
Qui charment nos âmes envahies par la mélancolie
Envoi !
Satyres joufflus, boucs émissaires
Gargouilles émues, fières gorgones
Laissez ma couronne aux sorcières
Et mes chimères à la licorne

Soudain les arbres frissonnent
Car Lucifer en personne
Fait une courte apparition
L’air tellement accablé
Qu’on lui donnerait volontiers
Le bon Dieu sans confession
S’il ne laissait malicieux
Courir le bout de sa queue
Devant ses yeux maléfiques
Et ne se dressait d’un bond
Dans un concert de jurons
Disant d’un ton pathétique
Que les damnés obscènes cyniques et corrompus
Fassent griefs de leur peine à ceux qu’ils ont élus
Car devant tant de problèmes
Et de malentendus
Les dieux et les diables en sont venus à douter d’eux-mêmes
Dédain suprême

Mais déjà le ciel blanchit
Esprits je vous remercie
De m’avoir si bien reçu
Cocher lugubre et bossu, déposez-moi au manoir
Et lâchez le crucifix
Décrochez-moi ces gousses d’ail
Qui déshonorent mon portail
Et me chercher sans retard
L’ami qui soigne et guérit
La folie qui m’accompagne
Et jamais ne m’a trahi
Champagne !

Revoila Gotlib

On n’entendait plus guère parler de ce roi de la déconnade, digne héritier des loufoques de tout (tuyau d’) poil. Voilà qu’une exposition le remet en scène.

Gotlib-afficheexpoNotez bien : c’est jusqu’au 27 juillet au musée d’art et d’histoire du judaïsme.

Dessinateur génial, cet humoriste cher à notre coeur a travaillé aussi pour les lecteurs du bon clos.

N’a-t-il pas conté les débuts du futur Henri Quatre , dont on sait qu’il eut bébé les lèvres baptisées au jurançon ?

vinsurlabouche

pèred'henriquatreSon album Jactances 2 rassemble 70 des meilleurs éditos publiés par Fluide Glacial pendant 25 ans.

jactances02couvEn voici un consacré aux mystères de la traduction assistée par ordinateur mettant en scène les tribulations d’un verre de vin au temps béni du Minitel.

My Minitel is rich

Au commencement, il y avait la sonnette. Un seul bouton, on appuyait dessus et ça marchait. C’était le Vert Paradis de la Technologie. Ensuite ça s’est compliqué pour en arriver à l’hyper-sotisphication des super-machines d’aujourd’hui, comme le Minitel.

A priori, le Minitel, c’est pas fait pour moi. J’ai déjà assez de mal à utiliser un distributeur de billets le dimanche, quand la banque est fermée. J’ai quand même plongé. Mais que faire avec un Minitel? J’ai essayé d’appeler « 3615 Maud » mais il y avait une liste d’attente de 40 personnes, pire qu’un guichet d’Air Inter.

C’est alors que j’ai appris l’existence d’un service de traduction automatique! Voilà une idée intéressante! Je vais essayer ça. J’ai choisi arbitrairement un ballon extrait d’un album de BD, ballon libellé comme suit: « Un coup de rouge, Mémère, c’est bon pour le travail de force. Rien que pour trinquer. »

Il se trouve que cette phrase a déjà été traduite en anglais, (l’album en question étant publié aux USA) par: « Hey granny, how about a glass of wine? It’s great when you are working hard. Come on, just a small one for the road. »

Pour m’amuser (car je suis un grand enfant), j’ai rentré cette phrase anglaise dans le Minitle et j’en ai demandé une traduction française que voici: « Hey granny, comment environ un verre de vin? Il est grand quand vous travaillez dur. Venu dessus, juste un petit pour le road. » Traduction qui m’a laissé perplexe.

Voulant en savoir plus, j’ai redemandé la traduction anglaise de cette dernière phrase, ce qui a donné: « Hey granny, how approximately a glass of the wine? It is large when you work hard. Come above, right small for the road. » De plus en plus intéressant.

Aussi sec, je redemande la traduction de cette dernière phrase en français. Minitel me donne: « Hey granny, comment approximativement un verre de vin? Il est grand quand vous travaillez dur. Venu au-dessus de petit droit pour la route. » Ca commençait à prendre tournure. Nouvelle demande de traduction en anglais. Je reçois en retour: « Hey granny how roughly a glass of wine? It is large when you work hard. Come above right for the road. »

D’après certains spécialistes que j’ai consultés par la suite, ces changements de mots, d’une traduction à l’autre (« great » puis « large ») seraient dus à des glissements sémantiques provenant de termes synonymes ou homonymes (« glass » signifie « verre à boire » mais aussi « verre à vitre »). D’après moi qui ne suis pas un spécialiste, ces changements de mots d’une traduction à l’autre seraient dus à des couilles dans le réseau.

Quoi qu’il en soit, j’ai continué sur ma lancée, anglais, français, anglais, français, etc. Voici, dans l’ordre, les traductions que j’ai obtenues au fur et à mesure (je vous fais grâce des phrases anglaises).
1/ Hey granny, comment rugueusement une vitre du le vin? Il est grand quand vous travaillez hard. Venez là pour un petit coup sur la route.
2/ Hey granny, comment ce vitrail du le des la de vin est rugueuse? J’en ai une grande pour vous travailler dans le hard. Venez, on va tringler sur la route.
3/ Hey granny, le vin rouge comme un miroir. Je sors ma grosse. Mettez-vous sur levrette comme une bête pour un petit coup sur la périphérique.
4/ Hey granny, goûtons-voir si le vin est bon. et des comme ça, t’en as déjà vu des comme ça? Tiens, fume c’est du belgian.

Après, j’ai arrêté car ma note de téléphone se montait déjà à 28 397 524,98 de nos anciens francs. J’ai trouvé qu’il y avait disproportion au niveau du rapport qualité/prix.

CVT_Gotlib-et-toutes-ces-sortes-de-choses_5931

Terminons avec ce rébus bien « gotlibien » trouvé sur le site de fluide glacial (proposé par bruno léandri et publié par totodernoncourt ; on y trouvera la solution…)

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Arrêtons nous là avec la coccinelle car il commence à faire soif ! A bientôt ami Gotlib !coccinelle à la bière

 

Nichts labt mich mehr als Wein

Rien ne me rafraîchit plus que le vin…

C’est le titre d’un canon de Mozart (KV 233) qui daterait de 1782.

En voici les paroles

Nichts labt mich mehr als Wein;
er schleicht so sacht hinein,
er schleicht so sacht, er schleicht sacht hinein!
Er netzt, wenn alles gleich lechzet,
die trockenen Kehlen allein;
läßt wenn Murrkopf auch ächzet,
stets fröhlich mich sein.
Drum schwingt mit mir die Gläser! Stoßt an!
Laßt alle Sorgen sein! Stoßt an!
Wir ersäufen sie im Wein!

il coule en nous si doucement, humectant les gorges sèches…

brandissons nos verres, trinquons ! oublions tous nos soucis, noyons les dans le vin !

En voici d’ autres versions sur classical-music-online.net et grooveshark.com

L’histoire de ce canon est un peu sulfureuse. Sa version originale ne serait-elle pas « leck mich im arsch » ? Et est-il bien de Mozart ou plutôt de Wenzel Tnrka ?

 

La France travaille

Dans les années trente, le photographe d’origine slovaque François Kollar entreprit de fixer la France au travail sur le papier. Voici quelques images que nous avons recueillies sur le site culture.fr, illustrant le travail des vignerons :

un métier d’galère !

vigneron

les vendanges en Champagne,

vendangesvendangeuse champenoisevendangeschampenoisesla mise en bouteillesmisenbouteillesbourgogne1932le rangement en cavende 	Rangement des bouteilles dans une cavesans oublier la pause, bien entenduBuveur à la régalade dégustant un vin1935

buveurs d'arbois
buveurs d’arbois
buveur d'arbois
buveur d’arbois

Quelques dizaines d’année plutôt, on en était encore réduit à pratiquer la gravure pour fixer de telles scènes. Le résultat n’est pas moins intéressant. (gravures trouvées dans un vieux numéro de l’illustration).

illustrationvendanges2illustrationvendanges

dans les rues de paris : le marais

maisondeleuropeCette tête bacchique contemple la cour de l’hôtel de Coulanges, rue des Francs-Bourgeois (où est logée la maison de l’Europe).

Un peu plus loin, rue de Sévigné, voici l’immeuble de l’union syndicale des débitants de vins (et liquoristes de Paris et de la banlieue, fondée en 1883)


Une belle bâtisse, qui date d’un temps lointain où le député  Eugène Delattre pouvait se faire l’avocat du mouillage du vin (adjonction d’eau) devant les débitants du 12ème arrondissement.
Son discours  du 28 septembre 1886 est instructif. On apprend qu’outre l’eau, on ajoutait alors couramment au vin de la fuschine (colorant dérivé de la houille), de l’acide salicylique, du plâtre ( mais pas plus de 2 grammes par litre)…

On a retrouvé un témoignage de l’activité de ce syndicat dans les années vingt :

excursion

mise en bouteilles des vins de Clamart

Avec un peu de retard par rapport à l’agenda courant, voila les vins du clos de Clamart et du clos Franquet 2013 en bouteilles.

MMM

ci-dessus on reconnaitra Marion, notre gloire clamartoise, marraine de  la cuvée !

Cela s’annonçait pourtant mal. Si le Franquet ne donnait pas d’inquiétude, pour le Clamart, c’était autre chose. Chacune des deux cuvées continuait à évoluer, sans que la dégustation fût probante, en raison notamment d’une incompréhensible amertume passant de l’une à l’autre comme un mistigri maléfique.

Que pouvait-on faire ?
Pas mettre en bouteilles en tout cas. Et l’on dut, le coeur serré, se résoudre à reporter l’opération prévue fin avril.

Aérer et débourber les cuvées, sans hésitation.

Préparer l’opinion au pire, sans casser le moral des troupes ; ce fut fait par un mot sybillin du Président  : »faire du vin est un art mystérieux. L’année 2013 a été météorologiquement difficile. Qu’en sera-t-il de nos vins en cours d’élaboration dont nous avons dû reporté la mise en bouteilles car ils continuent d’évoluer ?  »

Finalement on s’en tint là, rejetant la tentation d’un adoucissement au sucre qui aurait rendu le vin fadasse. Et l’on eut raison ! On assembla les deux cuvées et le résultat est, disons, honorable : un petit vin de caractère à boire bien frais !

Les six et sept juin, nous étions une dizaine sur le pont. Chacun trouva sa place, qui à la filtreuse/tireuse qui demandait quelques réglages et où l’ami Gérard fit merveille, qui au bouchage où un autre Gérard débordant d’énergie (car dégagé de ses charges municipales ?) joua les Stakhanov, obligeant à mettre les bouchées doubles à l’étiquetage.

lesdeuxGetU

JFMetF
Fillettes et grandes bouteilles remplirent les casiers.

On fut près de quinze à table pour recharger les accus avec saucisses, terrines et bonnes bouteilles.

tablée

GNUHélas à l’arrivée on découvrit une erreur fatale : des collerettes rouges et non blanches avaient été placées sur les bouteilles de Franquet ! On n’eut pas le courage de les remplacer, mais il n’est pas trop tard et les bonnes volontés sont les bienvenues !

Nonobstant l’on accueillit dans la bonne humeur les récoltants venant chercher leurs bouteilles.

laccueil

Décidément faire du vin est un art bien mystérieux !

dans les rues de Paris : à Saint-Germain

Plus précisément dans le « faubourg », rue de Solferino, sur l’immeuble de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur, cette plaque représente des bambins faisant manger du raisin à une chèvre

ruesolferinoUn peu plus loin rue Jacques Callot, dans la vitrine de la galerie Maly, on peut voir ces oeuvres signées Maly (peintre né à Blois en 1936).

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On en verra plus sur le site de la galerie Maly

 

 

 

 

Paris 1900

Les amateurs ont encore jusqu’au 17 août pour aller voir cette expo au Petit Palais. Elle vaut la peine, tant cette période 1900 est fascinante par sa créativité. Nous en avons ramené quelques images, certaines bien cachées, pour les lecteurs du bon clos. Certaines d’entre elles proviennent de l’exposition universelle qui eut lieu à Paris précisément en 1900.

Voici d’abord ces Vendanges en Bourgogne, d’Albert Maignan (1845-1908) esquisse pour le plafond du buffet de la gare de Lyon (le « train bleu »)

vendangesdalbertmaignanil orne en effet la salle dorée du restaurant Le Train Bleu (trouvé sur le site justacote.com)

vendangesalledoréeCi-dessous un détail d’une peinture d’Henri Gervex (1852-1929) un soir de grand prix au pavillon d’Armenonville

aupavillondarmenonvilledhenrigervexNous voici maintenant au restaurant (aquarelle et encre, détail) d‘Albert Guillaume (1873-1942)aurestaurantLes photos de presse qui suivent présentent une famille

dejeuneret des midinettes déjeunant sans chichi

midinettesEt voici une carte postale prise dans une série présentant « la journée de la parisienne »

journéedelaparisienneElle aime fort quand elle soupe

Au restaurant des grands boulevards

Cachée aux indiscrets regards

Vider sa coupe  !

Cette bouteille de cidre géante des Asturies siégeait sans doute au pavillon de l’Espagne

sidraNe quittons pas le Petit Palais sans saluer cette porteuse coupe

porteusedecoupe

le poème de la vigne

Gustave Doré(1832-1883) : on le connaissait peintre, illustrateur, c’était aussi un graveur et un sculpteur prolifique.

poemedelavignered

Ce gigantesque vase de près de 3 mètres de haut, à la gloire des vendanges,  se trouve au musée Young, au Golden Gate Park à San Francisco. « Paroxysme de fantaisie échevelée  sans équivalents dans l’art décoratif de la seconde moitié du XIXe siècle » (Edouard Papet) , il avait été présenté sans grand succès à l’exposition universelle de Paris en 1878, puis traversa l’Atlantique où il trouva preneur.

poemdelavignedetail2redEcoutons ce qu’en disait sa biographe et amie, la cantatrice américaine Blanche Roosevelt,  qui écrivit :

« Le Vase est justement nommé le Poème de la Vigne, il retrace sur ses flancs rebondis tout un drame d’amour, d’ivresse, de volupté, de vie et de mystère. Doré y a mis toute la gamme de ses plus chères inspirations, de ses sentiments les plus élevés. Pendant des mois, il s’absorba tout entier dans cette œuvre si gracieuse, modelant, moulant même son travail, dépensant, sans compter, soixante mille francs pour sa parfaite exécution ; se disant sans cesse qu’il créait un plaisir pour les yeux de l’univers, et pensant à bon droit que son Vase ornerait un palais, un monument, une place de son beau Paris. »

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