C’est le titre d’une pièce jouée en Avignon dans le cadre du « off ». Dégustation de vin bien sûr. C’était incontournable. Et assez bien vu.
S’inspirant de la « petite philosophie de l’amateur de vin », de thierry tahon, francis freyburger et hervé lang, tout de blanc vêtus et glabres, nous font partager les délices et les affres d’amateurs de vin sur le point de déguster un haut-brion 96 (?). Quelle tension ! On songe à l’angoisse du gardien de but au moment du penalty. « Voyage sensuel et inspiré vers l’essence du désir dont le vin est la métaphore« , nous dit-on. Délectable et jubilatoire et très vrai, disons nous. (Ah ! ce silence gêné après la première mise en bouche !). Et ça cite Descartes, Claudel et Kant…
Une conclusion s’impose avec un domaine de muzy (chardonnay de la meuse) qui nous aide à reprendre nos esprits. Bien joué !
Voici une vignette aperçue à la villa Noailles, maison « intéressante à vivre » construite dans les années 30 pour le vicomte et la vicomtesse. C’est un collage original de Max Ernst provenant de la femme 100 têtes (1929), réalisé à partir de gravures récupérées dans des éditions populaires du XIXeme siècle.
De quoi se prendre la tête, précisément. Le titre peut-être, nous aidera : « dilapidation, aurore et un fantôme méticuleux ». Hum…
Ce portail vu tout près de là est reposant
Joli cache pot vu en ville
Et une pub comme on n’en fait plus
pour les ignorants, Joseph Vaslin fait des pressoirs depuis 1856 et l’activité se poursuit au sein du groupe franco-suisse Bucher Industries .
C’est le programme proposé cet été par Jean Duval, réalisateur d’événements musicaux, et le Domaine de l’Olivette, au Castellet près de Bandol, lors de 4 soirées en juin, juillet et août.
Nous avons pu assister à celle du jeudi 22 juillet. Au programme le pianiste Elie Portal et son blue birds « septet », et les chanteurs Faby Medina et Marc Thomas, jouant et chantant Gershwin, Art Blakey, etc.
On pouvait bien sûr déguster les vins délicats du domaine de l’Olivette autour d’un comptoir où nous avons retrouvé notre caviste préféré, Fabrice Doneddu, et sa délicieuse compagne ; et ne plus rien ignorer des cépages régionaux grâce à ce tableau.
Soirée magique entre pins et vignes, face aux deux éminences de la Cadière et du Castellet.
Il n’est pas trop tard pour en goûter une nouvelle jeudi prochain 12 août et écouter le Bandol Jazz Orchestra de Denis Gauthier. Et peut-être revoir Jean Duval, dans son grand numéro de faux timide, refuser de monter sur cène pour recueillir l’ovation du public !
En leur souhaitant que le mistral ne soit pas de la partie comme le 23 juillet où il fit, dit-on, des dégâts…
Voici quelques oeuvres présentées au domaine qui intéresseront les amis du bon clos.
hérisson de verre au pied de la muraille
une grappe qui en bouche un coin
Cette série de vignettes humoristiques sur le thème du vin est de Michel Jean, ditMimi , peintre et sculpteur
on pensera ce qu’on voudra des jeux de mots, mais ce dernier vaut bien le déplacement !
L’auteur de celles-là reste obscur, apprécions son imagination,
entre acrobates…
et crocodiles
Quant à ces céramiques, elles viennent du Périgord
Voici quelques oeuvres trouvées dans ce petit château, siège du Musée de l’Ile de France , assez peu fréquenté en semaine semble-t-il, qui jouit d’une situation privilégiée dans son joli parc au Sud de Paris.
Voici deux sympathiques groupes de vendangeurs, en porcelaine
détail
Et ce tableau d’ Emmanuel Damoye (1847-1916) d’un déjeuner bien arrosé au bord de la Seine ?
la Seine à Nanterre
Et ce « faune borghese » en marbre d’anselme flamen (1647-1717), copié semble-t-il à Rome vers 1679, qui tient dans ses bras le jeune Bacchus
à droite du chateau quand on le regarde depuis l’entrée principale du parc (original à l’Orangerie)
Mais comment ne pas citer dans cet article la méthode relatée par Pierre Dac à l’occasion du tricentaire du tire-bouchon (numéro daté du 12 août 1938 de l’Os à Moëlle)? Elle est pourtant frappée au coin du bon sens…
Notons au passage que ce datage de l’Os à Moëlle qui fait remonter l’invention du tire-bouchon à l’an 1638 est un peu plus précis que celui habituellement retenu de la moitié ou de la première moitié du 17ème siècle , voire pour certains à la fin du 18ème
La méthode « duale » dûe encore à Pierre Dac (comment débouteiller un bouchon) a été exposée au bon clos il y a un certain temps, ne l’omettons pas.
Et tant qu’on y est n’oublions pas son alter ego Aristide Plumeau (rien à voir avec le créateur du livret de famille) qui écrivait dans l’OS en mars 1940
NB : ces extraits proviennent de l’excellent ouvrage « l’os à moelle » paru chez omnibus en 2007, et dont on ne saurait trop conseiller la lecture
Voici deux expositions, Méroé, un empire sur le Nil et Pakistan, terre de rencontres qui témoignent de l’expansion de la civilisation hellénistique jusqu’aux hautes vallées des plus grands fleuves d’Afrique et du sous-continent indien.
A quinze cents kilomètres au sud du Caire, Méroé fut pendant six siècles (de 270 BC à 350 AD) la capitale du royaume dit des pharaons noirs. Le culte dionysiaque y est attesté.
Tête de Dionysos
Voici quelques témoignages présentés à l’exposition.
Bois, et puisses-tu vivre !
C’est l’inscription que l’on peut lire en grec sur ce gobelet en verre soufflé peint trouvé dans une pyramide à Sedeinga au Soudan, qui représente des scènes d’offrande à Osiris et daterait du 3ème siècle ap. JC.
grappe de raisin (faience siliceuse)
femmes portant des grappes de raisin (faience, terre cuite émaillée)
oiseau picorant une grappe
jarre, bouteille et gobelet
Le Gandhara, tout au nord du Pakistan, fut conquis par Alexandre au 4eme siècle BC (-326), bien après le voyage mythique de Bacchus/Dionysos aux Indes.
Une civilisation gréco-bouddhiste s’y développa et perdura longtemps.
On raconte qu’après la prise de Nysa dans la vallée du Swat, les soldats d’Alexandre, apprenant que la ville avait été fondée par Dionysos, se livrèrent à une bacchanale qui dura plusieurs jours…
une extraordinaire scène de vendanges, sculptée dans le schiste
L’auteur en serait Ricardo Florès , dessinateur humoristique né en 1878, et mort en 1918 des suites d’une blessure.
On est donc Avant Guerre, c’est la fin de l’automne (il reste quelques feuilles aux arbres), et il y a un rayon de soleil. Clamart, son bois, ses guinguettes, son picolo… On comprend ces travailleurs !
On apprend dans le dictionnaire d’argot de languefrançaise.net que le picolo ou piccolo (petit en italien) a été importé par des taverniers italiens fin 19eme, et a pour sens petit vin sucré, vin léger, petit vin suret, vin en général. De là piccoler ou picoler.
Il y a d’ailleurs aux Puces de Saint-Ouen rue Jules Vallès un bar très ancien du même nom, aujourd’hui aussi théâtre, qui raconte une jolie histoire .
« Ah là là! qu’est-ce que je trimballe: couverture roulée dans ma toile de tente et mon mousqueton en sautoir, mes cartouchières bien remplies… pour l’usage externe, mon bidon de pinard aussi… pour l’usage interne! »
partant en corvée :
« Jamais personne ne grogne pour les corvées de jus; mais pour le pinard, c’est bien mieux encore: tout le monde est volontaire. Il en disparaît quelques quarts en route dans le gosier de l’homme de confiance. Il racontera qu’il est tembé dans les boyaux. « En levant l’coude, mon vieux »?
« Ainsi Pragastin, l’infirmier de la compagnie, quand il va à la corvée de pinard. Il prend les bidons des camarades et va au patelin voisin les faire remplir. Ce n’est plus un homme, c’est un monceau de bidons. Un jour, j’ai compté les bidons: il en avait cinquante sur le râble! Je n’ai pas besoin de vous dire que le Docteur — c’est ainsi que nous l’appelons (s’il est infirmier de, la compagnie, dans le civil il est porteur aux Halles) — se soigne la bouche ces jours-là. »
et garder le moral :
« « Qu’est-ce qu’y disent à Paris?
— Y s’en font pas une miette, y vous demandent si on les aura!
— Oui, si on a du pinard, et du 75! »
Et comme on les a… on les aura! Vous en faites pas a l’arrière »