vendanges 2011

Heureux viticulteurs qui disposent dorénavant, avec l’imagerie aérienne, d’un outil précieux pour aider à définir la date des vendanges.

L’article ci-dessous est paru dans Le Monde du 6 août.

A Clamart nous n’en sommes pas là. Les vignerons clamartois disposent de 2 créneaux, début et fin septembre, pour porter leur production aux chais de la ville, rue Pierre Franquet, où les attendent les bénévoles de la Confrérie. Ceci afin de prendre en compte la variété  des climats et des cépages, qui arrivent à maturité à des dates différentes. A chacun de se déterminer

Déchirant dilemme : vendanger trop tôt, c’est risquer un raisin insuffisamment mûr, peu sucré, donnant un vin acide, aux arômes atrophiés ; mais attendre la fin septembre, c’est risquer de ne plus rien avoir à apporter, tant sont menaçants les oïdum et autres mildiou, pour ne pas parler des oiseaux, et sont intraitables les équipes de tri qui éliminent impitoyablement les raisins abîmés.

C’est ainsi que plus d’une tonne de raisin a été apportée les 2 et 3 septembre derniers. France Régions 3 était là !

Ecoutez l’ami Jean Dessirier vanter les mérites du baco, ce cépage hybride créé à la fin du XIXème siècle par l’instituteur landais François Baco pour résister au phylloxéra.

monument à François Baco, rénovateur du vignoble français, à Bélus (Landes)

Au Clos des Volontaires, nous préférons attendre. Notre raisin, du chasselas, mûrit.

Mais la quantité dépasse nos capacités. Nous attendons donc les amis du clos vendredi 23 septembre au soir pour vendanger (intendance assurée), et porterons notre récolte aux chais dès le lendemain matin.

Amis du clos, à bientôt !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

tu seras mon fils

Voila un film que les amateurs de vin peuvent voir avec intérêt. Niels Arestrup joue à merveille un viticulteur « vieux beau » égoïste plutôt pervers. Drame de la filiation et de la transmission. Mais ne dévoilons pas l’histoire. Disons qu’on passe beaucoup de temps dans les caves et que ça picole pas mal, et du bon. Et tous les acteurs sont excellents.

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Le vin de la comète

Souvenons-nous : il y a deux cents ans, l’irruption prolongée (de mars 1811 à août 1812) d’une comète dans le ciel où elle s’étendait sur 25° suscita l’émotion des populations. Bien qu’il n’y fut pour rien, elle est connue sous le nom de »comète de Napoleon ».

Le vin produit cette année-là, était d’une telle qualité et quantité qu’il resta dans l’Histoire comme le « vin de la Comète ». Il est vrai que l’été et l’automne avaient été anormalement chauds. C’est ainsi qu’un dégustateur en septembre 1986 d’un Yquem 1811 parle d’un vin dépassant tous les superlatifs et ne pouvant être approché et comparé que par le renommé millésime 1847.

Les russes sont conquis et la Veuve Clicquot emporte durablement la mise avec son millésime 1811.

La littérature suivit. Elle apparait dans Guerre et Paix : « rayonnait une pure lumière, dont la brillante chevelure, entourée d’astres scintillants, se déployait majestueusement »

Eugène Onéguine « se jette dans un traîneau, et le cri de gare ! gare ! retentit. Son collet de poil de castor s’argente d’une fine poussière glacée. Il arrive chez Talon, sûr que Kavérine l’y attend. Il entre, et le bouchon saute au plafond ; le vin de la comète jaillit. »

Le gendre de M.Poirier d’Emile Augier cite  un fameux pomard (sic)

On doit le poème qui suit à Edouard Bricon (trouvé sur gallica)

Et en 1883, c’est Aristide Bruant qui y va de sa chansonnette (in « chansons et monologues d’aristide bruant », trouvé sur gallica)

Vieille fascination, comme l’atteste cette broderie de la tapisserie de Bayeux qui rappelle le passage de la comète de Halley en 1066. Une comète qui revient tous les soixante-seize ans, quand celle dont nous parlons ici ne revient que tous les trois mille ans.

Déjà en Chine, il y a quelques 2400 ans, cette table sur soie recensait les comètes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A Saint Trop’

Ne prenant pas au sérieux l’assertion d’Audiard ( En été, les vieux cons sont à Deauville, les putes à Saint-Tropez et les autres en voiture un peu partout), nous y sommes passés ce mois d’août.

Arrivant en bateau nous ne pouvions pas rater sur le  port la galerie Vieceli qui expose les oeuvres de Guy Demun.

Appartenant à la fois aux derniers fauves et aux nouveaux réalistes, ce peintre contemporain (né en 1938) se situe entre Balthus et Paul Delvaux nous dit-on.
Un peu plus loin le musée de l’Annonciade est une étape obligée. Il y a quelque temps, on pouvait y voir une exposition des oeuvres du graveur André Dunoyer de Ségonzac (1884-1974) , illustrant les Géorgiques de Virgile.

le foulage du raisin

Par ici dieu du pressoir (tout ici regorge de tes dons, la campagne lourde se couvre du pourpre automnal, la vendange écume à pleins abords), par ici dieu du pressoir, viens et plonge avec moi dans le vin nouveau tes jambes nues d’où tu as ôté tes sandales.

Géorgiques, chant II, 4-8

Le bœuf du fermier Coulon ou les Vendanges à Saint Tropez

labours près des vignes et des feux de sarments

C’est dans les environs de Saint-Tropez, village qu’il affectionnait et et où il vécut jusqu’à la fin de sa vie, qu’il a trouvé son inspiration pour illustrer le chant II, consacré à la vigne et aux fruits.

Cette gravure illustre un ouvrage sur Colette, autre habituée des lieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

seillons-source-d’argens

Ce petit village perché, au nord de Saint-Maximin la Sainte-Beaume (ville que nous connaissons bien),ne compte pas moins de 45 viticulteurs regroupés dans la coopérative Saint-André.

Cette  fresque qui décore la cave Saint-André est l’oeuvre de Jean-Luc Myskowski, peintre de la Provence et de la Camargue.

Mais qui donc a posé ces BIB devant ?

Et voici un petit vendangeur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chateau d’hugues

Ces viticulteurs (Bernard et Bastien Pradier) ont pignon sur rue (joseph vernet, 86)  en Avignon avec leur boutique, ils y présentent leurs vins (produits à Uchaux au nord d’Orange) que nous avons dégusté avec intérêt… et leurs oeuvres, qui exaltent la vigne et la féminité.

Voici quelques  images rapportées de cette incursion.

On peut lire sur le site du chateau d’Hugues : « Bernard PRADIER expose ses toiles depuis 1969, et nourrit le lien entre le vin et l’art. Cette réflexion artistique se manifeste jusque dans la réalisation des étiquettes des vins du Château d’Hugues. « Saisir une lumière éphémère sur les vignes, l’harmonie d’un paysage, arrêter la fuite du temps pour apprécier l’instant. » 

et « Depuis quelques années, Bastien PRADIER, a rejoint son père dans ces deux passions. Son travail à l’huile nous donne une peinture dynamique et haute en couleur, inspirée de la mythologie. Il tente de façonner peintures et sculptures comme autant de miroirs révélant la nature de l’homme : « L’art est le point de rencontre de l’Homme et de l’Univers. Elle nous amène à une prise de conscience de ce qu’est la beauté ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

concert à souviou

Quoi de plus plaisant, poétique, désaltérant qu’un domaine viticole pour un concert d’été ? L’an dernier nous découvrions le festival Jazz en vignes du domaine de l’Olivette.

Cette année, c’est le domaine de Souviou (un peu plus au nord, près du Beausset), que nous visitions ce 23 juillet. A l’affiche, Marie Stone, déjà entendue sur le port de Sanary. Ré-écouter Citronelle, il ne fallait pas rater ça.

La voici, au clavier et à la guitare.

Rien de bachique dans son répertoire, mais un coup de foudre quand même !

De Souviou on a pu goûté blanc, rosé et rouge (ah ! ce rouge 2007, une vraie drogue) à profusion.

Et admiré quelques oeuvres exposées comme ce vendangeur en bronze

cette tête bachique en terre cuite

et cette coupe aux grappes en verre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La dernière goutte de vin s’allume au fond du verre…

... Où vient d’apparaître un château.
Les arbres noueux du bord de la route s’inclinent vers le voyageur.
Il vient du village proche,
Il vient de la ville lointaine,
Il ne fait que passer au pied des clochers.
Il aperçoit à la fenêtre une étoile rouge qui bouge,
Qui descend, qui se promène en vacillant
Sur la route blanche, dans la campagne noire.
Elle se dirige vers le voyageur qui la regarde venir.
Un instant elle brille dans chacun de ses yeux,
Elle se fixe sur son front.
Étonné de cette lueur glaciale qui l’illumine,
Il essuie son front.
Une goutte de vin perle à son doigt.
Maintenant l’homme s’éloigne et s’amoindrit
Dans la nuit.
Il est passé près de cette source où vous venez au matin cueillir le cresson frais,
Il est passé près de la maison abandonnée.
C’est l’homme à la goutte de vin sur le front.
Il danse à l’heure actuelle dans une salle immense,
Une salle brillamment éclairée,
Resplendissante de son parquet ciré
Profond comme un miroir.
Il est seul avec sa danseuse
Dans cette salle immense, et il danse
Au son d’un orchestre de verre pilé.
Et les créatures de la nuit
Contemplent ce couple solitaire et qui danse
Et la plus belle d’entre les créatures de la nuit
Essuie machinalement une goutte de vin à son front,
La remet dans un verre,
Et le dormeur s’éveille,
Voit la goutte briller de cent mille rubis dans le verre
Qui était vide lorsqu’il s’endormit.
La contemple.
L’univers oscille durant une seconde de silence
Et le sommeil reprend ses droits,
Et l’univers reprend son cours
Par les milliers de routes blanches tracées par le monde
À travers les campagnes ténébreuses.

C’était le poème du jour, Fête-Diable (1934), de Robert Desnos, grand poète surréaliste qui disait :

« Je ne suis pas philosophe, je ne suis pas métaphysicien… Et j’aime le vin pur. »

Quelques années plus tôt, en 1929, il avait écrit le Poème à Florence (Corps et Biens):

Comme un aveugle s’en allant vers les frontières
Dans les bruits de la ville assaillie par le soir
Appuie obstinément aux vitres des portières
Ses yeux qui ne voient pas vers l’aile des mouchoirs

Comme ce rail brillant dans l’ombre sous les arbres
Comme un reflet d’éclair dans les yeux des amants
Comme un couteau brisé sur un sexe de marbre
Comme un législateur parlant à des déments

Une flamme a jailli pour perpétuer Florence
Non pas celle qui haute au détour d’un chemin
Porta jusqu’à la lune un appel de souffrance
Mais celle qui flambait au bûcher quand les mains

dressées comme cinq branches d’une étoile opaque
attestaient que demain surgirait d’aujourd’hui
Mais celle qui flambait au chemin de saint Jacques
Quand la déesse nue vers le nadir a fui

Mais celle qui flambait aux parois de ma gorge
Quand fugitive et pure image de l’amour
Tu surgis tu partis et que le feu des forges
Rougeoyait les sapins les palais et les tours

J’inscris ici ton nom hors des deuils anonymes
Où tant d’amantes ont sombré corps âme et biens
Pour perpétuer un soir où dépouilles ultimes
Nous jetions tels des os nos souvenirs aux chiens

Tu fonds tu disparais tu sombres mais je dresse
au bord de ce rivage où ne brille aucun feu
Nul phare blanchissant les bateaux en détresse
Nulle lanterne de rivage au front des bœufs

Mais je dresse aujourd’hui ton visage et ton rire
Tes yeux bouleversants ta gorge et tes parfums
Dans un olympe arbitraire où l’ombre se mire
dans un miroir brisé sous les pas des défunts

Afin que si le tour des autres amoureuses
Venait avant le mien de s’abîmer tu sois
Et l’accueillante et l’illusoire et l’égareuse
la sœur des mes chagrins et la flamme à mes doigts

Car la route se brise au bord des précipices
je sens venir les temps où mourront les amis
Et les amants d’autrefois et d’aujourd’hui
Voici venir les jours de crêpe et d’artifice

Voici venir les jours où les œuvres sont vaines
où nul bientôt ne comprendra ces mots écrits
Mais je bois goulûment les larmes de nos peines
quitte à briser mon verre à l’écho de tes cris

Je bois joyeusement faisant claquer ma langue
le vin tonique et mâle et j’invite au festin
Tous ceux-là que j’aimai. Ayant brisé leur cangue
qu’ils viennent partager mon rêve et mon butin

Buvons joyeusement ! chantons jusqu’à l’ivresse !
nos mains ensanglantées aux tessons des bouteilles
Demain ne pourront plus étreindre nos maîtresses.
Les verrous sont poussés au pays des merveilles.

Combattant de la liberté, il écrivit en 1938:

Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.
Les plaisirs de la vie.
Le vin qu’on boit avec les camarades.
L’amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
Le lit où l’on dort.
Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.
Le loisir.
La liberté de changer de ciel.
Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses
Dont on refuse la possession aux hommes.

Voici aussi le couplet du verre de vin ( Etat de veille) :

Quand le train partira n’agite pas la main,
Ni ton mouchoir, ni ton ombrelle,
Mais emplis un verre de vin
Et lance vers le train dont chantent les ridelles
La longue flamme du vin,
La sanglante flamme du vin pareille à ta langue
Et partageant avec elle
Le palais et la couche
De tes lèvres et de ta bouche.

1942

Prémonitoire ? Résistant, Desnos sera déporté le 27 avril 1944 et ne reviendra pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ganbei !

C’est ainsi que les chinois trinquent, littéralement cela veut dire cul sec.

Car même si la Chine est d’abord le pays du thé, on y boit des boissons alcoolisées depuis l’âge de bronze au moins, si l’on en croit Hugh Johnson et son histoire mondiale du vin.

Voici quelques bouteilles et gourdes de bronze ou de céramique vues au musée Cernuschi à Paris.

début de l'époque des Printemps et des Automnes (vers -700)

bouteille Hu, vers -500

bouteille Fang Hou en terre cuite, époque des Han de l'Ouest (vers -100)

Ici un miroir aux motifs grappiformes.

miroir d'argent (8eme siècle)

En fait la vigne n’aurait été introduite en Chine qu’au deuxième siècle avant J.C. par le général Chang Chien, au retour d’une expédition en Bactriane -actuel Ouzbekistan- (des découvertes récentes attestent cependant la présence de vitis vinifera dès le 3eme siècle avant J.C. dans le Xinjiang).

Bonsai vu à la Cité Interdite

grappe en jade

Cet objet qui date de la dynastie Song (vers l’an 1000) servait à réchauffer le « vin » dont on ne sait trop s’il était issu du riz, du raisin ou d’autres fruits…

que l’on buvait dans des gobelets de ce style

Mais dès le 13eme siècle Marco Polo écrivait : « dans la province de Chang-Hai poussent de nombreuses vignes excellentes, qui donnent beaucoup de vin.. » (Hugh Johnson, op.cité).

(voir aussi nos articles précédents : la voie du tao et un verre de bon vin du Xinjiang, et cet article suisse sur l’histoire de la viticulture en Chine)

Plus près de nous, les européens émigrés au début du vingtième siècle dans le Nord de la Chine y ont apporté leurs représentations et leurs us ; voici quelques fers forgés vus à Dalian et Harbin.

balcon de Harbin (début 20eme siècle)

grille à Dalian

auvent à Harbin (début 20eme)

 

seau à champagne exposé à l'hôtel Moderne de Harbin

vasque

vendangeuse, de liwenju, à l'Hôtel Moderne

A l’heure actuelle, c’est la bière qui est consommée partout, on en a déjà parlé dans ces colonnes.

Harbin beer

barriques de rue

porte bouteilles "champenois"

Mais l’usage du vin se répand et la production locale se développe. Voici quelques bouteilles vues ou dégustées.

vins produits à Tienjin avec le concours initial de Rémy Martin

Les grands producteurs sont Changyu, Dynasty, Great Wall et Dragon Seal (en savoir plus ici).

Quant à la qualité de ces vins, on peut lire sur peopledailycom.cn : Selon le célèbre dégustateur de vin britannique, Jonathan : « Changyu Cabernet a un goût de plume fort et particulier, qui fascine les gens.»

On sait que les vins étrangers et notamment français  bénéficient d’un immense prestige, et les amateurs chinois  font grimper les prix des fleurons de notre viticulture. Il faudra du temps, mais le marché chinois l’attend, comme nous l’a assuré Lambert, jeune manager du Bordeaux Café, récemment ouvert à Dalian.


Nous lui souhaitons le succès. Vive le Bordeaux Café de Dalian, qu’il vive longtemps, très longtemps !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dans les rues de Paris (15eme, 16eme)

Voici quelques images glanées dans le Sud-Ouest de Paris.

Au square Violet, c’est une treille grandiose qui habille les immeubles en pierre de taille de tout le pâté de maison.
En voici une autre, trouvée sur le très beau site parisapied.net de Marc Outin

Plus modestes, ces têtes sculptées aux entrées d’immeubles :

4 rue Peclet (Paris 15e)

52 rue de Vaugirard

Aux serres d’Auteuil, la bacchanale de Dalou habille la fontaine depuis plus de cent ans

A Issy-les-Moulineaux, cette fresque étonne boulevard des frères Voisin