Voici de curieuses bouteilles vues au restaurant l’Avant-Goût 26 rue Bobillot (une excellente adresse). Christophez Beaufront fait la cuisine (bien) et cuisine le verre et d’autres ingrédients à ses heures.
On en saura plus là.
Ce blog est la chronique, dédiée à la vigne et au vin, d'un viticulteur amateur ivre de "fun" et de beauté.
Voici de curieuses bouteilles vues au restaurant l’Avant-Goût 26 rue Bobillot (une excellente adresse). Christophez Beaufront fait la cuisine (bien) et cuisine le verre et d’autres ingrédients à ses heures.
On en saura plus là.
Voici une fresque réalisée par le peintre et affichiste Jean Dupas,pour la Tour de Bordeaux à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. Elle est aujourd’hui au Musée d’Aquitaine à Bordeaux.
Elle mesure 3m sur plus de 8m. De gauche à droite sont évoqués : la joie, la force, l’esprit, l’appel, le vin, les hommes (en bas au centre), l’invitation, les vendanges, la sorcière préparant le feu pour l’alambic, la divine liqueur et enfin l’Alcool.
PS Grâce à Nicole Mikuljan, nous sommes allés voir cette fresque au musée du Patrimoine à Chaillot où elle est exposée jusqu’au 3 mars (1925, l’art déco séduit le monde). Avis aux amateurs. Voici deux détails, représentant le vin, les vendanges, l’alambic.
Jean Dupas vécut de 1882 à 1824. C’est un des grands de l’Art Déco.
Merci aux amis Pierre et Aline qui ont attiré notre attention.
Voilà un vieux débat dans lequel nous fait replonger un livre paru en 1712, adressé par notre amie Sabine : recueil de poésies latines et françaises sur les vins des Champagne et de Bourgogne.
Il traite sous forme poétique d’un débat vieux comme le vin. Déjà dans la bataille des vins (1224) le roi Philippe avait fait mander des messagers pour faire venir à lui des vins de toutes origines, afin de savoir quels étaient les meilleurs. (H)Auviler(s), Biaune, Chablies, Espernai sont parmi les concurrents. Mais au XVIIème siècle le conflit s’envenime…
Le Recueil contient plusieurs odes, une requête, un « décret », une lettre enfin, écrits en vers latins avec leur traduction en vers français, que se sont amusés à s’adresser des personnages fort sérieux, MM. Grenan et Coffin.
Il est intéressant de constater qu’à cette époque (début 18ème), le Champagne est clairement effervescent, que la bière et le cidre sont tenus en piètre estime, au même titre que… le vin d’Ivry!
L’Avertissement du Recueil propose un mise en scène mythologique. Il nous apprend tout d’abord qu’en 1652, le bachelier en médecine de la faculté de Paris d’Arbinet avait pris parti dans sa thèse pour le Bourgogne. Les Champenois ne pouvaient en rester là, et en 1700 les Médecins de Reims soutinrent que le vin de Reims était meilleur et plus sain que le Bourguignon. Suivit en 1705 une lettre opposée d’un Médecin de Beaune à un parlementaire de Dijon.
C’est là qu’interviennent les Muses, buveuses d’eau comme on sait. Apollon les fit boire, nous dit-on, et il se trouva que seule parmi neuf, Erato prit le parti du Bourgogne. Il faut dire qu’après deux verres de ce vin, elle tomba de sommeil, et ne goûta pas le Champagne, au contraire de ses soeurs. Elle inspira une ode latine, Vinum Burgandum à Benignus Grenan, professeur au Collège d’Harcourt, que de Bellechaume mit en vers français :
« …Tu remplis d’un baume innocent
Et jamais le Chimiste habile
Ne fit d’essence plus subtile
Ni de remède plus puissant »
Les autres Muses, qui après avoir bu des deux vins avaient toutes préféré celui de Champagne, répondirent illico par une autre ode, Campania Vengata (la Champagne vangée) (sic),
que signa Charles Coffin, alors professeur au Collège de Beauvais, également mis en vers français par de Bellechaume.
… En couleur ton Nectar excelle
Comme un diamant précieux
Dont le vif plait, change, étincelle
Et tout d’un coup ravit les yeux.
En odeur il est un essence
Dont les esprits vont par avance
Saisir doucement l’odorat ;
Qu’il forme une agréable image
Lorsque dans un mousseux nuage
On voit qu’il reprend son éclat !
…
Des vins fameux il est l’élite
Qui couronne les grands repas.
Beaune je prise ton mérite
Mais que sur toy Reims ait le pas.
La chute est sévère pour la Muse qui est invitée à
boi(re) du limon de Normandie / Ou que ta langue trop hardie / Ne goûte que du vin d’Ivry.
Isolée, Erato (Grenan) se tourne alors vers Esculape (un certain Fagon, médecin du Roi, connu pour avoir imposé le Bourgogne face au Champagne à la table de Louis XIV) ,
lui adressant une Requête ( la troisième pièce du recueil)
« Enflés du même orgueil tous ses vins bondissants
N’élèvent que des flots écumeux, frémissants :
Leur liqueur furieuse, inconstante et légère,
Etincelle, pétille et boût dans la fougère… »
Esculape, ravi de se venger sur les Muses d’un coup de foudre reçu de leur Père (Jupiter), donne l’ordre à tous les Médecins du monde de tenir pour le Bourgogne contre le Champagne. Suit un Décret sans complaisance de la Faculté de Médecine de l’île de Cô :
Entend que la honte accompagne
Partout l’orgueilleuse Champagne ;
A ses Vins pleins de faux appas
Défend l’entrée en tout repas ;
Ordonne que leur seve plate
Dorénavant n’ait rien qui flatte ;
Que le Cidre soit plus brillant
Le Vin d’Ivry plus excellent
Que qui les flaire, ou qui les goûte,
D’abord soit atteint de la goutte…
…Comme un flamand buveur de bière
Qu’il soit plongé dans la matière…
Le recueil se termine par une dernière lettre des Muses, cherchant à calmer le jeu. La voix de la raison ?
Un franc Bourguignon se fait gloire
D’être avec un Rémois à boire
Ils sont tous deux bons connaisseurs
Et ne sont pas moins bons buveurs.
Et voici une conclusion qui devrait faire consensus :
Beau Sexe à qui des deux donnez vous la victoire ?
En tout votre goût est divin.
Beaune et Reims aujourd’hui se disputent la gloire
D’avoir le plus excellent vin.
Doux et charmants objets de notre complaisance
Déclarez nous lequel a pour vous plus d’attraits
Celui qui sur vos coeurs a le plus de puissance
Est celui qu’avec vous nous boirons à longs traits.
On trouvera l’ouvrage sur gallica ,et beaucoup d’information sur le passionnant site maisons-champagne.com
Soixante ans, autant dire un bail, c’est le cap que viennent de passer les Echansons de France, et qu’ils ont dignement fêté lors de la Saint-Vincent ce dimanche 26 janvier.
Cette Confrérie, au contraire de la plupart des Confréries Bachiques, n’est pas attachée à un territoire local. Elle s’est donné pour mission d’incarner le savoir et l’expérience des illustres prédécesseurs, les Echansons du Roi, et s’attache à faire rayonner à la fois en France mais aussi au delà des frontières l’art de la vigne, l’art du vin et l’art de la table français. Son siège est au Musée du Vin à Paris, sous la colline de Passy. Claude Josse en est le Grand Chancelier.
Pour ce jubilé, il fallait un banquet au Champagne (et un plat ad hoc : une copieuse joute champenoise, une potée en quelque sorte) ; c’est peu dire qu’il coula à flot. Une bouteille nous étonna.
Elle porte le nom du Grand Chancelier, qui nous expliqua comment, après avoir déposé la marque, il peut produire ce champagne en tant que Négociant Manipulateur (NM). Il expliqua bien d’autres choses, tant est grande son érudition viticole, comme l’apport du fameux Dom Perignon qui découvrit comment un assortiment de divers cépages permettait de bonifier le vin et d’en contrôler l’effervescence.
C’est peu dire également que ce banquet fut joyeux, animé par le Souffle de Bacchus, qui avait donné auparavant, un concert sous la direction de Marie-Françoise Bourdot
et avec le concours du pianiste Vadim Sher (à gauche ci-dessous):
On put écouter des chansons à boire et galantes anciennes et autres « vaudevilles » et rondes de table, comme le Tourdion, « Tant que vivray », « Passant par Paris », « Qui veut chasser une migraine », « Suivons tour à tour », « A boire, à boire », « la chanson du vigneron, etc. ; et entonner à pleines tablées les standards des chansons de table.
La cérémonie qui suivit permis à quelques élus d’être intronisés dans la Confrérie, comme les chanteurs Isabelle (du Souffle de Bacchus), reçue ici par sa chef de choeur, et Arnaud,
et Marcel (Vice Gran-Maître de la Confrérie du Clos de Clamart), soutenu par notre amie Nicole
et reçu par l’auteur de ces lignes, lui-même intronisé l’an passé.
Trop tard pour aller voir cette opérette d’Offenbach jouée et chantée par les Brigands à l’Athénée pendant les fêtes, un grand moment dont votre serviteur a pu jouir dans la loge directoriale.
Mais pas trop tard pour entonner la légende du verre, un grand air à la fin du troisième acte.

1. Il était un de mes aïeux
Lequel si j’ai bonne mémoire
Se vantait d’être l’un des fameux
Parmi les gens qui savaient boire. (bis)
Le verre qu’il avait tenait
Un peu plus qu’une tonne entière
Et son échanson lui versait
Nuit et jour du vin dans ce verre. (bis)
Refrain
Ah mon aïeul comme il buvait
Et quel grand-verre il vous avait
Ah comme autrefois l’on buvait
Et quel grand verre on vous avait
2. Un jour on ne sait pas comment
Il le laissa tomber par terre
Ah fit-il douloureusement
Voilà que j’ai cassé mon verre (Voila qu’il a cassé son verre)
Quand on voulut le remplacer
Non dit-il ce n’est pas le nôtre
Et mieux il aima trépasser
Que jamais boire dedans un autre.(bis)
Unerès belle production, dont on pourra lire une présentation là.
L’air se trouve à 2h19mn49s dans l’enregistrement ci-dessous de la version présentée en 2004 au théâtre du Châtelet (avec Felicity Lott dans le rôle titre)
En voici une version audio par la troupe de l’opéra Eclaté (festival de saint-céré, avec Béatrice Burley en grande-duchesse)
On peut trouver le livret là.
On y trouvera bien d’autres airs qui réjouiront les lecteurs du bon clos, comme le récit de la bataille gagnée par le général Fritz grâce à quatre mille bouteilles moitié vin et moitié liqueur… raflées par les maraudeurs !
C’est avec Marc Chagall et son Double Portrait au Verre de Vin que le Bon Clos vous adresse ses meilleurs voeux pour l’année 2014.
Le maître peignit ce tableau vers 1917, après son mariage à Vitebsk avec Bella, l’amour de sa vie.
Nous l’avons vu à Roubaix en janvier de l’an dernier.
Puisse cette belle image, qui réside habituellement au musée d’Art Moderne du Centre Pompidou, nous inspirer tous !
Pour vous dérider en ce début d’année si vous n’avez pas tout suivi, vous pouvez :
voir là quelques amusantes affiches découvertes dans un bistrot parisien
apprendre ici quel vin d’Ile de France a remporté la médaille d’or catégorie vins divers au symposium des vignes d’Ile de France
courir chez un antiquaire de la rue de Lille qui propose du mobilier bachique dix-huitième (si vous avez quelques milliers d’euro à claquer)
savoir pourquoi l’an 1258 peut être appelé l’année terrible
découvrir la recette de la « soupe du vendangeur » de Raymond Oliver »
chanter avec la troupe du festival de Bruniquel les chansons à boire de la vie parisienne
suivre une visite guidée du château Smith Haut Lafitte et de ses soins vinothérapiques
voir l‘Ecole Polytechnique sous un nouvel angle
lire « ma vie d’échanson« , une narration en alexandrins qui reprend la tradition des satires et épîtres de Boileau
développer votre vocabulaire
et faire bien d’autres rencontres dans les pages du bon clos.
A vous tous Bonne et Heureuse Année 2014 !
Grâce au travail du généalogiste Pierre Vesseron, nous avons pu accéder à une base généalogique comportant noms, filiation, profession, dates clés, compilés à partir des registres d’état-civil clamartois.
Nous avons pu ainsi en extraire une liste de 1392 vignerons clamartois -et de communes voisines- (et aussi 128 vigneronnes dont la profession commence à être précisée avec la Révolution) pour une période allant de la fin du 16ème siècle au début du dix-neuvième, soit un peu plus de 200 ans (cette base est complète sur la période 1625-1792).
En 1790, la base recense ainsi à Clamart et alentours 321 vignerons âgés de plus de 15 ans, pour 4223 personnes vivant à cette date (mais pas nécessairement à Clamart, la population de l’époque étant autour d’un millier).
Voila qui confirme l’importance de la culture de la vigne à Clamart qui, avec ses 110 hectares de vignes, produisant 1650 hectolitres de vin vers 1800, prit le nom de Clamart le Vignoble à la Révolution.
Nous retrouvons bien des noms familiers, dont des rues de Clamart portent le nom : Brissard, Corby, Gogue, Franquet ( nom aussi du Clos situé en cette rue), Abraham (la cave de la confrérie des vignerons de Clamart s’appelle ainsi), Chefdeville, Hebert, Hevin, Bonnelais…
Au cours de siècles, nous pouvons suivre les « romans familiaux », les unions entre ces familles, les naissances, nombreuses mais aux vies souvent si brèves…
On apprend qu’un Pierre Franquet vécut entre 1686 et 1752, un Pierre Corby entre 1598 et 1652, un autre entre 1672 et 1737…
(liste des vignerons disponible en fin d’article)
Un nom attire notre attention : celui de Claude Ancelin (1733-1797). Ce vigneron fut montré du doigt pour son impiété par l’évêque de Troyes, Mgr Etienne Antoine de Boulogne, dans un ouvrage que notre Grand-Maître du Clos de Clamart Michel Laroque est allé déterrer dans les arcanes d’Internet :
Claude Ancelin serait mort dans sa vigne, sur la voie de Paris « près la Croix-Fion », lieu-dit qui se situerait vers la rue Gambetta du côté de la Fourche.
(document fourni par M.Vesseron et transmis par Madame Jullemier, de la société d’Histoire de Clamart)
L’évêque y vit la main de Dieu qui aurait voulu d’un seul coup punir le mort et instruire les vivants !
(on peut lire la suite là)
Liste des vignerons clamartois, extraite de la base généalogique de M.Vesseron
Ce sculpteur, qui nous est venu de Russie dans les années 1910, jouit de deux musées, l’un dans le Lot, l’autre à Paris rue d’Assas.
C’est dans ce dernier que sont exposées les Vendanges, sculpture monumentale (elle doit faire dans les deux mètres) en bois (vers 1918) qui évoquerait un rite païen.
La voici sous deux angles

Comment ne pas penser au Pressoir de Gaston Couté (écrit quelques années plus tôt, et que les amis du clos ont déjà rencontré) ?
Sous les étoiles de septembre
Notre cour a l’air d’une chambre
Et le pressoir d’un lit ancien ;
Grisé par l’odeur des vendanges
Je suis pris d’un désir
Né du souvenir des païens.
Couchons ce soir
Tous les deux, sur le pressoir !
Dis, faisons cette folie ?…
Couchons ce soir
Tous les deux sur le pressoir,
Margot, Margot, ma jolie !
Parmi les grappes qui s’étalent
Comme une jonchée de pétales,
Ô ma bacchante ! roulons-nous.
J’aurai l’étreinte rude et franche
Et les tressauts de ta chair blanche
Ecraseront les raisins doux.
Sous les baisers et les morsures,
Nos bouches et les grappes mûres
Mêleront leur sang généreux ;
Et le vin nouveau de l’Automne
Ruissellera jusqu’en la tonne,
D’autant plus qu’on s’aimera mieux !
Au petit jour, dans la cour close,
Nous boirons la part de vin rose
Oeuvrée de nuit par notre amour ;
Et, dans ce cas, tu peux m’en croire,
Nous aurons pleine tonne à boire
Lorsque viendra le petit jour.
Voici quelles images trouvées en déambulant dans la Ville Lumière, où il y a toujours quelque chose à voir.
Ces pubs américaines qui mettent de bonne humeur proviennent d’un bistrot de la rue de Vouillé.


Ces objets ont été vus aux Puces de Saint-Ouen
Superbe panneau de bois sculpté vu chez Beys (dommage que l’élément bas soit en partie masqué)
colonne et vase, également chez Bey
On voit aussi des appliques en fer forgé
Et concluons cette promenade avec cet arbre de Noël que des amis du Clos ont dégoté on ne sait où !
Certes l’Inde n’est pas le pays du vin. Pourtant Bacchus l’a parcouru, lui faisant don de la culture des fruits et lui transmettant l’art de faire du vin. Et après les conquêtes d’Alexandre, la haute vallée de l’Indus connut la civilisation grecque…
On incriminera le climat, le poids des religions…
Heureusement, il y a les Sikhs, qui n’ont pas d’interdit alimentaire, et n’ont rien contre le vin.
Charmante scène vue près de Chandigarh, dans le musée de l’hôtel Aura Vaseela tenu par des sikhs.
Voici quelques bonnes bouteilles produites là-bas que nous avons pu déguster :
Excellent ce sauvignon des vignobles Sula.
Moins familier à nos papilles mais quand même agréable quoiqu’un peu lourd cet assemblage de cabernet-sauvignon et de shiraz (syrah).
Voici maintenant une tenture, vue à Pushkar, représentant une jeune femme qui semble captivée par la grappe de raisin qu’elle tient dans sa main. A ses genoux, un paon, animal vénéré en Inde, associé à la fertilité… A quel mythe, quelle légende se réfère-t-il ?
Et voici des scènes de libation (miniatures du Rajasthan)
Dans un tout autre registre voici une femme au verre de rouge, vue dans un café de Delhi.