Celui-là est à Madrid (Musée Thyssen-Bornemisza)Et ce dernier tient un verre d’une hauteur inhabituelle. Il est à L’Ermitage de Saint-Petersbourg.Et voici un concert (1623, National Gallery of Art, Washington DC)
Remercions la direction du cinéma le Balzac, aux Champs-Elysées, qui tous les ans nous gratifie, à l’occasion du Nouvel An russe, d’une pépite du cinéma soviétique peu ou pas connue sous nos latitudes. Cette année, c’était la prisonnière du Caucase, de Leonid Gaïdaï, énorme succès qui eut plus de 70 millions de spectateurs lors de sa sortie en 1967.
Dans ces montagnes reculées le droit des femmes n’est guère reconnue et Nina, jeune fille moderne, sportive et membre des Komsomols a fort à faire pour échapper aux malandrins qui veulent l’enlever pour la marier contre son gré.
Vue de Russie, cette contrée, le Caucase, est le pays de la vigne
et ses habitants, des buveurs de vin impénitents.
Aussi boit-on dans toutes les occasions !
Ce n’est pas une légende. Alexandre Dumas, qui voyagea en Géorgie en 1858, en rapporta ces impressions (in Le Caucase chap. 47):
Un dîner géorgien est un repas où les petits buveurs boivent leurs cinq ou six bouteilles de vin, et les grands leurs douze ou quinze. Quelques-uns ne boivent même pas à la bouteille, ils boivent à l’outre ; ceux-là vont à vingt-cinq bouteilles. C’est en Géorgie une gloire de boire plus que son voisin. Or, la moyenne du voisin c’est toujours une quinzaine de bouteilles.Dieu, qui mesure la rigueur du vent en faveur de l’agneau nouvellement tondu, a donné aux buveurs géorgiens le vin de Kakétie, c’est-à-dire un vin charmant, qui ne grise pas, ou plutôt, entendons-nous bien, qui ne monte pas au cerveau. Aussi, les Géorgiens ont été humiliés de pouvoir boire dix ou douze bouteilles sans se griser. Ils ont inventé un récipient qui les grise malgré eux, ou plutôt malgré le vin. C’est une espèce d’amphore que l’on appelle une goulah. La goulah, qui est, en général, une bouteille à gros ventre et à long goulot, emboîte le nez en même temps que la bouche, de façon qu’en buvant on ne perd non seulement rien du vin, mais encore rien de sa vapeur. Il en résulte que, tandis que le vin descend, la vapeur monte, de sorte qu’il y en a pour tout le monde : pour l’estomac et pour le cerveau. Mais, à part la goulah, les buveurs géorgiens ont encore une foule d’autres vases des formes les plus fantastiques : ils ont des courges à long tuyau ; des cuillers à soupe au fond desquelles, je ne sais pourquoi, il y a une tête de cerf en vermeil dont les bois sont mobiles : elles s’appellent quabi ; des coupes, larges comme des soupières ; des cornes montées en argent, longues comme la trompe de Roland.
Le moindre de ces récipients contient une bouteille, qu’il faut toujours boire d’un seul coup et sans se reprendre. D’ailleurs, le convive géorgien ou étranger qui s’assied, je me trompe, qui s’accroupit à une taille géorgienne, toujours maître de ce qu’il mange, n’est jamais maître de ce qu’il boit.
C’est celui qui lui porte un toast qui décide de la capacité de son estomac. Si le toast est porté avec une goulah pleine, avec une courge pleine, avec une quabi pleine, avec une coupe pleine, avec une corne pleine, celui qui accepte le toast doit vider jusqu’à la dernière goutte la goulah, la courge, la coupe, la quabi ou la corne. Celui qui porte le toast dit ces paroles sacramentelles : « Allah verdi. » Celui qui accepte le toast répond : « Yack schioldi. » Ce défi lancé, il faut boire ou crever.
Voici revenue la Saint-Vincent, que l’on fête dans tous les pays de vigne et notamment en Ile de France. A chaque Confrérie sa statue du patron pourrait-on dire.
La Confrérie du Clos de Clamart s’y prépare, avec cette statue en zinc réalisée sur commande par notre confrère Jean Dessirier, et pour laquelle une souscription est en cours.
Voici celles que l’on a pu voir à Rueil…
où les festivités ont commencé le samedi 21 janvier à l’hôtel Renaissance (ex résidence de Marcel Boussac et avant lui du fondateur de l’hippodrome de Saint-Cloud attenant Edmond Blanc ) avec la République de Buzenval où la tradition est de « tourner » avec Suresnes.
les grands-maîtres de Suresnes Axel Brücker et de Rueil-Buzenval Jean-Pierre Didrit
Les participants (parmi lesquels la République de Montmartre, les Confréries du Clos de Clamart et des Gaubregeux goûteurs de Tête de veau)
ont pu assister à l’intronisation de Charles Dumont, éminent auteur-compositeur-interprète dont les fans entonnent encore avec émotion son « quand les amants » qu’il composa et chanta avec Edith Piaf.
Pas sectaire, le patron de La Coordination des Confréries d’Ile de France, Ruben Martinovsky, était là et en profita pour se faire aussi introniser.
(L’occasion nous était donnée de goûter les vins locaux : nous donnons une petite préférence au vin de Suresnes, plus tonique, sur celui de Rueil, bien agréable tout de même)
C’est un trio animé par le chef Michel Lefèvre (à droite sur la photo) qui anima la soirée.
Le lendemain c’est à Yerres que se déroulait la Saint-Vincent de Cocorico, en présence de pas moins de vingt-quatre Confréries.
Il y fut annoncé le résultat du concours des vins 2015. Furent décernées des médailles d’or (Sucy-en-Brie en blanc et Gagny en rouge) d’argent (Issy-les-Mx en blanc et le clos de Bréon de Coubron en rouge) et de bronze (Marolles-en-Brie en blanc)).
Seul rosé en compétition, le Clos de Clamart reçut le prix du jury : « belle couleur, fruité, sans défaut, très bon pour un vin fait par des amateurs » nous a résumé le Président du Jury Michel Boulay.
Enfin dimanche 29 janvier, déphasé comme à l’habitude, ce fut le chapitre des Echansons de France où le Souffle de Bacchus, dont c’était les dix ans, donna, sous la direction de Marie-Françoise Bourdot,
(Le Souffle de Bacchus, 3ème mi-temps ; on reconnaîtra au fond de cette tablée, debout, la grande ordonnatrice du dîner, Monique Josse.)
Décernons nous aussi une médaille d’or, au Souper qui suivit dans les caves du caveau des Echansons, pour son menu fin cuisiné sur place, ses vins choisis : ballet d’octobre moëlleux 2014 de Cauhapé, créneaux de Pauillac, champagne Claude Josse (mais si !)… et ses entremets musicaux choisis par la chef de choeur (ci-dessous en pleine concentration):
dansons ! buvons ! (et foin de la chaste Minerve) de la Belle Hélène, Gris, je suis gris des mousquetaires au couvent que nous connaissons bien, mais également l’Air du menu de Fleurette, et l’air de Pausanias d’une Education manquée d’Emmanuel Chabrier.
Ce vin généreux J’en ai pris d’abord un verre, Après j’en ai pris deux, Mais quand je bois ça m’altère ! Et voilà, je crois Voilà pourquoi j’ai poussé jusqu’à trois !
Eh ! bon, bon, bon, bon, bon, bon qu’il était bon Le petit Roussillon, Qu’il était bon !
Eh ! Bon, bon, bon, Qu’il était bon ! Ah ! qu’il était bon, Ce petit gueux de Roussillon
Mais rester à trois ce n’est vraiment pas un compte, Il eut été discourtois, A de si bon, si bon vin faire honte ! Voilà ce qui fait,
Les parisiens pouvaient se rendre ce week-end à ce Salon itinérant qui est né il y a cinq ans à Mulhouse, en région des 3 frontières (3f !). Nous y avons fait quelques belles rencontres.
Tout d’abord Françoise Leblond, qui travaille à Vence, et s’intéresse aux chats.
Elle fait partie de ces nombreux artistes sollicités par le domaine Puech Haut pour transformer ses barriques en oeuvres d’art, on s’en souvient. La voici avec une réplique en BIB.
Voici maintenant William Heneuy, un vrai amateur de verres et de vin, qui travaille à Andernos.
Voici encore des oeuvres de Stéphane Gisclard, qui affectionne l’ambiance des bars (présentées par la galerie Rustinoff-Guyot).
Qui se souvient des arts incohérents ? Menés par Jules Lévy, un groupe d’artistes et d’humoristes pavoisa sous cette bannière dans les années 1880. Parmi eux Alphonse Allais (auteur du mémorable Récolte de la tomate sur les bords de la Mer Rouge par des cardinaux apoplectiques) , Caran d’Ache, Jules Chéret, Toulouse-Lautrec (sous le pseudonyme de Tolav Segroeg) pour ne citer que les plus connus, anciens des Hydropathes, descendants des Fumistes et adeptes du Chat Noir. On les découvrira là.
(On n’est pas loin de Dada et des Surréalistes, « qui ont employé à des fins de désacralisation et de provocation un arsenal dont nombre de ressources leur sont communes. Le rire, arme privilégié, a pourtant changé de couleur au tournant du siècle. Les incohérents rient contre l’art avec le public, Dada rit contre l’art et contre le public… », a-t-on pu dire)
On organisa des expositions, des bals, des sorties. Ainsi
Il n’en fallait pas plus pour titiller notre curiosité. Où était donc ce « restaurant Ancelin » où en mai 1884, un groupe d’artistes « incohérents » en promenade à Clamart notre bonne ville,vint dîner ?
Les Incohérents à Clamart en 1884, photo publiée dans la Gazette des Beaux-Arts par Philippe-Robert Jones en 1958.
Jules Lévy porte un cor de chasse autour du cou.
L’enquête fut menée rondement et l’on découvrit, dans la base généalogique de M.Pierre Vesseron, l’existence de Louis-Marie Ancelin, restaurateur (également marchand de vin) né en 1851, résidant 28 rue de Sèvres à Clamart (aujourd’hui rue Paul-Vaillant Couturier). un siècle et demi plus tard, il y a toujours un restaurant au 28 !
Voici quelques tableaux découverts dans des expositions parisiennes qui se terminent, avis aux amateurs.
Cette scène de vendanges en Bourgogne de Daubigny vue à l’expo Second Empire au Musée d’Orsay
où l’on peut voir aussi une curieuse comédie humaine de Jean-Louis Hamon
« un cortège de poètes et philosophes grecs (Homère, Eschyle, Aristophane, Héraclite, Démocrite…) cohabite avec Dante et La Fontaine. A ces figures illustres, qui font se mélanger les genres littéraires dans le tableau d’Hamon et qui ont pour point commun la réflexion sur l’homme, se mêlent des enfants et une vendeuse de violettes. Ils regardent un théâtre de Guignol à la forme d’un temple grec dans lequel les marionnettes traditionnelles ont été remplacées par Cupidon, Minerve et Bacchus. L’anachronisme des personnages est poussé à son comble et la confusion des genres savamment orchestrée dans cet hommage à la littérature empreint d’humour. »
(On lira avec intérêt la fiche d’oeuvre du musée des Beaux Arts de Nantes)
sur ce détail, on distingue bien les 3 marionnettes : Minerve, Cupidon et Bacchus… ce dernier en mauvaise posture !
Voici encore un petit tableau de Pierre Bonnard intitulé « sous la lampe »
Cette buveuse d’absinthe
et cette bouteille de Pernod de Picasso sont à l’expo Chtchoukine à la Fondation LVMH)
de même que cette étonnante nature morte au verre de vin et à la bouteille qui attendent leur convive, de Derain
et un déjeuner sur l’herbe (détail) de Monet arrosé comme il se doit.
Finissons avec l’oeil de Baudelaire au musée de la vie romantique, qui qualifie cette Sainte Vierge allaitant l’Enfant Jésus entourée d’angelots porteurs de fleurs, de grappes et de fruits de « petit tableau de religion presque galante ».
Il est vrai que son auteur, Octave Tassaert (descendant d’une lignée d’artistes anversois), cultive l’érotisme comme on peut voir avec ce Bacchus et Erigone.
(Erigone, fille de l’Athénien Icarios, qui avait introduit dans ses États le culte de Dionysos, fut aimée du dieu, qui, pour la séduire, se transforma en grappe de raisin. Apprenant la mort de son père, qui avait été massacré par des bergers ivres, elle se pendit de désespoir.)
On en saura plus sur Octave Tassaert, ses multiples talents de chanteur et de rimailleur du bois de Clamart, et sur son importante production dans la biographie de Bernard Prost.
Tu nous quittes, à ton tour, ami Michel, plus tôt qu’il ne convient, 73 ans est-ce un âge pour partir ?
Tu n’as même pas attendu la Saint-Sylvestre et son grand réveillon.
Tu avais trouvé en notre terroir clamartois un terreau pour faire fleurir l’amitié, le goût de la vie et des bonnes choses que tu aimais partager généreusement, comme ce jeroboam de Beaune.
Tu prenais soin de la vigne municipale (le clos Franquet)Friand d’histoire, tu avais fait baptiser le pont Brissard « pont des vignerons »
Douze ans tu as présidé aux destinées du Clos de Clamart, tu venais d’en prendre ta retraite, et de recevoir pour ton oeuvre la médaille du Mérite Agricole.
« Carpe Diem », t’enjoignions-nous alors, « cueille le jour présent » ! Ah ! Michel,
Je veux dire aujourd’hui (*)tes vertus cardinales. Prudent certes tu es, tempérant sans excès Brave bien sûr ; juste, selon tes lois. Qui sait Si Platon vit vertus aussi phénoménales ? Couvert d’hermine et d’or, tu allais brandissant Ton gigantesque cep dans les rues de Clamart Entrainant au milieu d’un joyeux tintamarre Dames et chevaliers sous les yeux des passants Etonnés. Vigneron, tu n’as pas ménagé Ta peine. Avec constance, inlassable berger Tu as tenu chapitre. Et les jours étaient courts Tant tu avais à faire (mais tu trouvais quand même le temps de boire un coup). Baste ! Carpe Diem ! Cette exhortation vaut mieux qu’un long discours !
C’est une chanson du groupe écossais Franz Ferdinand. Comme quoi on ne boit pas que du whisky dans cette contrée. Ca cause d’amour l’après-midi. Et de vin, bien sûr.
Elle date de 2006 est est signée Alex Kapranos. Régalez-vous.
So this is summer and the calor gas is running low But I don’t mind, I’m doing things and I’m doing them with you
Well, you know he’s gonna want his rent tonight But we’ll have to tell him how to swallow All the rent this month
So summer stains the sky with inky swirls that bring the thunder low But I don’t mind, I’m doing things and doing them with you
And if you’re smart you’ll put that book back down You’ll drag me to the floor Drag me down for more
Drinking wine Drinking wine in the afternoon Do-do do-dooo
Tomorrow’s Thursday, that’s my day of work That’s my day of walking up the merry hill road making up Some lie about some job applied for
Well, I’ve been drinking wine Well, I’ve been drinking wine in the afternoon
Do-do, do-dooo
Fifty little filters left their filthy buts behind Left their blackened heads down In the ashes that’s the last before
I pulled apart and placed within the papers For a drag of five deserves a second life Deserves a second life
Don’t we all, don’t we all Don’t we all, don’t we all, all
Love drinking wine Love drinking wine in the afternoon Do-do do-dooo
Love drinking wine Love drinking wine in the afternoon Do-do do-dooo
Bottle of wine, bottle of wine, bottle of wine, bottle of wine Bottle of wine, bottle of wine, bottle of wine, bottle of wine Bottle of wine, bottle of wine, bottle of wine, bottle of wine
Un peu lancinant et nostalgique, non ? Allez, on la réécoute ? En HQ cette fois
NB : trouvé sur le site TASTAVIN qui publie ses dix meilleurs chansons sur le vin (nous y reviendrons)parmi lesquelles
Red red wine de Neil Diamond, chanté aussi par UB40, Bob Marley…
Ce vin rouge là n’est plus le compagnon des après-midi amoureuses, mais celui du coeur blessé qui seul lui permet d’oublier
Red, red wine, go to my head, Make me forget that I Still need her so.
Red, red wine, it’s up to you. All I can do, I’ve done; But mem’ries won’t go. No, mem’ries won’t go.
I’d have thought that with time Thoughts of her would leave my head. I was wrong, and I find Just one thing makes me forget.
Red, red wine, stay close to me. Don’t let me be alone; It’s tearing apart My blue, blue heart.
I’d have thought that with time Thoughts of her would leave my head. I was wrong, and I find Just one thing makes me forget.
Red, red wine, stay close to me. Don’t let me be alone; It’s tearing apart My blue, blue heart
On ne peut pas terminer l’article sans citer Red wine in the afternoon qui n’est pas une synthèse des précédents. Ici le vin est le compagnon des échanges entre copains, assis au soleil de l’automne. Le voici en live par Jono Manson.
Now the nights are getting colder And winter’s coming soon I’m gonna sit out in the sunshine Drinking red wine in the afternoon
We can talk about the old days Or dream about the days to come Celebrating in the old way Drinking red wine in the afternoon Red wine in the afternoon
Steal a little guilty pleasure Steam up the windows of our room Then we sleep right through the morning Start drinking red wine in the afternoon
I’m just relaxing with my baby After we done did the do There ain’t nothing we like better Than drinking red wine in the afternoon Red wine in the afternoon
Morning rush is over Clouds go drifting by A lazy sun is riding low Across the autumn sky
There’s a bonehead in the basement He’s barking like a big baboon But the bottle is adjacent I’m drinking red wine in the afternoon
So if you want to come on by We’d be delighted if you do You can bring all your relations We’re drinking red wine in the afternoon Red wine in the afternoon Red wine in the afternoon
Cette année, c’est avec ce tableau de Karl Brioullov, peintre né à Saint-Petersbourg en 1799 de parents français sous le nom de Carle Brulleau, que le bon clos présente ses meilleurs voeux à ses lecteurs.
Le tableau (Итальянский полдень soit Midi italien) se trouverait à la Galerie Tretiakov, à Moscou. Il date de 1826, et représente une jolie vendangeuse sur une échelle, concentrée sur une grappe de raisin. Puisse nos lecteurs en récolter d’aussi belles en 2017 ! Et remercions Olga qui nous l’a fait connaitre…
Et pour ceux qui ne voudraient être passés l’an dernier à côté d’articles majeurs, en voici un florilège :
Réalisez l’apport du regretté journal Harakiri à la lutte contre l’alcoolisme,
Retrouvez un siècle après toute une iconographie sur la Grande Guerre avec le vin des poilus
Plongez vous dans la littérature médiévale : voyez comme on buvait en ce temps (le jeu de saint nicolas) comme on testait la fidélité des amants (la corne enchantée dePerceval le Gallois) ; prenez parti dans le débat de la vigne et du laboureur ; vivez les aventures de Bacchus lors de son retour en France ; faites votre choix entre la manière amoureuse des chevaliers et celle des clercs, et voyez comment un ivrogne croit s’assurer une place au Paradis (les cent nouvelles nouvelles) ;et sachez ce que churelurer veut dire…
C’est un thème régulièrement rencontré (on se souvient de la grande fresque vue à l’expo Pompei, des tableaux de Titien et de Breughel…), qui revient avec cette exquise cantate de François Couperin dénichée par Christophe Rousset et interprétée par le baryton Stéphane Degout et les Talens Lyriques.
Ariane en cette langueur allait finir son destin déplorable, lorsqu’une main secourable verse en sa bouche une douce liqueur qui rappelle ses sens et ravive son coeur. Elle ouvre un oeil mourant mais quel objet l’étonne ? Elle voit à ses genoux un dieu jeune et charmant que le pampre couronne. Il a la coupe en main les yeux brillants et doux.
L’Amour l’avait instruit du sort de la princesse, et vers ce lieu fatal avait conduit ses pas.
Buvez, lui disait-il, que votre douleur cesse, Bacchus vient secourir et venger vos appâts.
Pouvez vous pleurer un barbare ? Vous méritez un sort plus doux.
Ariane que perdez vous que ma tendresse ne répare ? Bacchus de vos chaines content vous jure une ardeur éternelle. Un dieu soumis tendre et fidèle ou bien un mortel inconstant ?
Voila qui nous amène à découvrir d’autres illustrations du thème, comme celle de Michel Pignolet de Monteclair (1667-1737), avec ici, la mezzo-soprano Ashlee Bickley en Floride
et, dans un tout autre genre, à découvrir Bacchus et Ariane d’Albert Roussel (ballet 1931). Ci-dessous la 2ème suite.
On en profite pour attirer l’attention sur l’ensemble chronochromie de Jean-Michel Hasler où Bacchus, revenant d’Inde, s’exprime avec un instrument indien.
et l’on terminera ce concert avec la chaconne de Marin Marais