Buvons sec !

Voici une de ces « petites partitions dont personne ne veut plus, ou presque… » , mise en ligne par le maestro Jean-Christophe Keck. Mais si on en veut !

C’est une chanson des années 1860, de Paul Avenel (paroles)

Portrait par Pierre Petit

et Paul Henrion (musique)

Paul Henrion par Firmin Gillot, d’après une charge de Paul Hadol, 1861

Buvons sec quand le vin est bon !

Elle fut chantée par Pauly à L’Alcazar lyrique, et par Paulus à l’Eldorado.

On trouvera ici les paroles,

Buvons sec !

et là un recueil plus consistant, où l’on peut trouver de nombreuses chansons de Paul Avenel aux titres attractifs, hélas sans la musique, comme :

Le bon vin (Le bon vin Est divin, Multiplions nos rasades ; Aux refrains des chansons Camarades, Gaîment buvons !), sur l’air de « vaut bien mieux moins d’argent »

La bouteille (Je vais célébrer la bouteille, Mes amis, pour boire avec vous.)

Buvons à l’amitié (Buvons à l’amitié ! Et, sans pitié Pour nos flacons, Faisons sauter tous les bouchons.)

Paris-Champagne (Paris-Champagne Est un vin divin.Pif! paf! tin tin! Vive Paris-Champagne !)

Le petit vin blanc (Mon âme est ravie ! Petit vin blanc sans pareil. Tu jettes dans ma vie Un rayon de soleil.)

etc.

Pour ne pas rester sur notre faim, voici un autre Paris-Champagne, chanté par Luis Mariano.

Paris, c’est du champagne, du champagne et de l’amour !

Au fait, que signifie boire sec ?

Le Robert indique : sans mettre d’eau, mais note aussi « boire beaucoup« 

Il y a aussi la proximité de « cul sec », c’est à dire sans rien laisser au fond du verre, d’un coup sec pour la vodka par exemple…

(cf. Les bouches buvaient sec et parlaient beaucoup. — (Joseph KesselL’équipage, Gallimard, 1969, page 40),

Buvons sec ! Cet appel avait-il franchi l’Atlantique de l’autre côté duquel le poète louisianais Dominique Rouquette publiait en 1840 ses « Fleurs d’Amérique » ?

Buvons sec !

De Proust à Signac

Le musée Carnavalet, musée d’Histoire ce la ville de Paris, a rouvert ses portes, après des années de travaux. On y trouve toujours ces enseignes de marchands de vins qui ont fait notre joie.

Actuellement on peut y voir une exposition sur le parisien Marcel Proust et son temps, celui des calèches,

des dandys et de l’élégance.

Dessin pour un éventail
la journée d’un homme du monde (détail), de Léon Gabriel Coffinières de Nordeck (1877)
Promenade le matin en voiture à cheval aux Champs-Elysées, ateliers d’artistes, achats, soirée à l’Opéra et jeux au Cercle….

C’était le temps béni des Folies.

Le Musée d’Orsay n’est pas bien loin, on peut y voir ce portrait de Robert de Montesquiou, inspiration dit-on du baron de Charlus, par Whistler.

Et pendant que nous sommes au musée d’Orsay, faisons un tour à la collection Signac où l’on peut voir cette très jolie coupe bachique du brillant céramiste André Metthey

et le buveur de Georges Seurat (crayon et gouache), qui n’était autre que son père Chrisostome-Antoine.

A quoi ressemblait le port de Saint-Tropez en 1908 ? le voici par par Jean Puy.

A la même époque les tonneaux roulaient quai Saint-Bernard à Paris.

Les chroniques parisiennes de Louis-Léopold Boilly

Au coeur du Marais le musée Cognacq-Jay est, comme le musée Magnin récemment visité à Dijon, un musée de collectionneur. En ce moment on peut y voir une exposition sur J.L. Boilly, ce peintre nordiste qui au tournant du 18ème au 19ème siècle, sut si bien représenter ses contemporains et la société parisienne.

Boilly adorait se représenter lui -même. Un joyeux drille dirait-on.

Il ne devait pas rigoler comme ça lorsqu‘il fut poursuivi par le Comité de Salut Public en 1794 pour obscénité, ne devant pour le coup son salut qu’à la visite de son atelier où s’affichait un Triomphe de Marat.

Le voici après son souper dans sa salle à manger.

Voici maintenant l’intérieur d’un cabaret.

La distribution de vins et comestibles aux Champs Elysées en 1822 est une grande toile, l’occasion de décrire le peuple de Paris dans sa diversité.

Les détails truculents se passent de commentaires.

C’était une tradition de l’Ancien Régime de régaler ainsi le peuple lors de la célébration de grands événements,( voir « une pinte de vin ou une poignée de mains« ), que s’est-il passé en 1822 ?

( Cette tradition fut abandonnée après la Révolution, mais rétablie sous l’Empire, objet des critiques des jacobins et de libéraux, et liquidée par le Préfet de Police en 1828 (cf l’urgence, l’horreur et la démocratie, essai sur le moment frénétique français 1824-1834 de Maïté Bouyssy, éditions de La Sorbonne ; chapitre 6 : sang impur : Boilly)

Portraitiste, Boilly était aussi graveur, voici quelques spécimens, comme la félicité parfaite…

et les réjouissances publiques (le retour des distributions, 1826)

Et voici une grappe de raisin. Ce joyeux drille, expert en trompe-l’oeil, était un grand artiste.

Pas moyen de quitter l’hôtel Donon, hôtel particulier du 16ème siècle où est hébergé le musée, sans aviser quelques terres cuites comme cette bacchante courant, de Clodion (1803-4), cette Cybèle « la mère de tout », de J-Ch.Morin, et ce buste de faune de Lemire (1785)

Au musée Magnin

Il est à Dijon, ville fière de ses climats de Bourgogne inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco,

un petit musée qui abrite quelques oeuvres qui devraient intéresser les lecteurs du bon clos.

Maurice (1861-1939) et sa soeur Jeanne Magnin (1855-1937), lui haut fonctionnaire, directeur de la banque de France, ministre.., elle artiste, critique et historienne de l’art, tous deux passionnés d’art, ont constitué cette impressionnante collection magnifiquement présentée dans un ancien hôtel particulier, l’hôtel Lantin, leur maison natale.

Commençons la visite avec ces deux terracotta fin 18ème, représentant Jupiter et Ganymède, et Silène ivre.

Un peu plus loin, nombreuses peintures hollandaises et flamandes ; voici une scène bachique du peintre liégeois Gérard de Lairesse (1641-1711)

Le festin des Dieux, de Jan van Bijlert (Utrecht, 1603-1671), a des airs de Cène.
On reconnait Dionysos avec son raisin, un satyre, mais aussi une figure christique (Apollon reconnaissable à sa lyre).

La femme au livre, de Bartholomeus Van der Helst (Haarlem, vers1598-1670) présente un poème de Jan Vos, un ami du peintre.

Jan Vos, par Karel Dujardin

Ce poème est un dialogue sur le vin, entre un homme qui vante la boisson de Bacchus et l’ivresse, et une femme qui rappelle les méfaits de l’intempérance et prône la modération.

Nous avons retrouvé ce texte en néerlandais dans un recueil de poèmes de Vos.

Wijns gebruik en misbruik.

ZANG. 
Wie ‘t nat van Bacchus wraakt betoont zich zonder reeden:
De wijn is wetsteen van het dof en stomp verstandt. 
De disch der wijzen ziet men staâg met wijn bekleeden.
De wijnstok wordt tot hulp van lijf en geest geplant.

TEEGENZANG.
Wie wijn tot noodtdruft drinkt wordt reedelijk gevonden:
Maar d’overdaadt betoont hoe Lot door wijn verviel.
Het gulzig zwelgen is de moeder aller zonden.
In overmaat verdrenkt men wijsheidt, lijf en ziel.

Qui nous en donnera une traduction de qualité ?

Voici maintenant l’enfance de Bacchus, de Jan Van Balen (Anvers, 1611-1654)

et l’allégorie de lAllégresse et la Mélancolie, d’Abraham Janssens (Anvers, 1575-1632)

On ne négligera pas Saint François adorant l’Enfant, d’Annibale Castelli (Bologne, 1573-1623), rare évocation du raisin dans ce genre de scène.

Cette tête en marbre représente l’automne

Ces carafes à liqueur sont des oeuvres de Jeanne Magnin

Cet tableau de Thomas Couture (1815-1873) ne porte pas de titre et laisse sur sa soif… ; il fait penser à son grand tableau « la décadence chez les Romains« 

un homme au lit tenant une coupe

Voici maintenant un paysage qui peut sembler banal avec son long mur.

paysage, effet de soir tombant, vers 1770 ; attribué àJean-Pierre Houël

Qu’y-a-t-il derrière et que voit ce promeneur ?

C’est un clos, pardi !

Non loin du musée Magnin, rue des bons enfants, on tombe sur le chat curieux, une librairie pour collectionneurs, où l’on peut voir ces charmantes gravures d’Antonio Santos :

Il y a aussi ces 4 ceps, de Joyce Delimata (encre de chine et lavis), une artiste qui vit en Bourgogne et s’intéresse au vin….

Parcourant la ville, on voit enfin ce joli portail.

A bientôt, Dijon !

Hamlet

On rejouait ces temps-ci l’opéra d’Ambroise Thomas inspiré de la pièce de WS bien sûr.
C’est à l’Opéra de Saint-Etienne que l’ami François, fidèle rabatteur du Bon Clos, a repéré deux airs qui ont toute leur place ici.

Il y d’abord cet air assez classique de l’acte II « O vin dissipe la tristesse ». Hamlet, qui vient de comprendre que son père a été assassiné, demande, au cours d’un festin, à des comédiens de jouer l’assassinat d’un roi.

Ò vin, dissipe la tristesse
Qui pèse sur mon coeur!
A moi les rèves de l’ivresse
Et le rire moqueur!
O liqueur enchanteresse,
Verse l’ivresse
Et l’oubli dans mon coeur!
Douce liqueur!
La vie est sombre
Les ans sont courts;
De nos beaux jours
Dieu sait le nombre
Chacun hélas! Porte ici-bas
Sa lourde chaîne!

Ecoutons le grand baryton Robert Merril

Mais c’est le dialogue des fossoyeurs, préparant la tombe d’Ophélie, au Vème acte qui nous frappe le plus :

Dame ou prince Homme ou femme descendez chez les morts.
La terre reprend les corps, que Dieu reçoive l’âme.
Ici-bas tout est vain, amour richesse et gloire
Hors le plaisir de boire, la vie est dans le vin !

Voici la version de l’Opéra de Toulouse, avec les fossoyeurs Jean-Louis Mélet et Rodolphe Briand.

viens boire un p’tit coup à la maison

Il serait dommage que l’émission de Bertrand Dicale sur France Musique « Les Grands Macabres » (Épisode du mercredi 19 mai 2021) se perde.

Les Grands Macabres

Elle nous raconte l’histoire de cette chanson culte née en 1986…

En voici le texte :

La voix de basse de Licence IV ressemblait vraiment aux chansons à succès de son groupe…

  • Aujourd’hui, 19 mai, je voudrais vous parler d’Olivier Guillot, mort le 19 mai 1993 à l’âge de trente-neuf ans.

Tout avait commencé dans un restaurant dont le patron se plaignait, en terminant la soirée avec quelques copains, de la rareté de nouvelles chansons à boire. Quelqu’un avait dit : « Et si on en faisait une ? »

Il y avait là trois amis de Patrick Sebastien, l’imitateur et animateur de télévision : Gilles Lecouty, dit Gillou, son accordéoniste, également compagnon de route de Pierre Perret et Renaud, Francis Vacher, qui s’occupait de sa sono en tournée, et Olivier Guillot, son secrétaire barbu – je précise, pour qu’on le reconnaisse sur les vidéos. Barbu et à la voix grave. Il gère aussi deux restaurants, dont le fameux Marcel Prout dans le XVe arrondissement de Paris, où sera tourné le clip de Viens boire un p’tit à la maison.

Dans cette vidéo, Olivier, Francis et Gillou vont se montrer tels qu’ils sont : bedaine, chemise à carreaux, bretelles et simplicité absolue des intentions – boire et chanter, boire et danser, boire et manger (un peu), boire et encore boire (beaucoup). Le refrain s’imposera dans toutes les mémoires : « Allez viens boire un p’tit coup à la maison / Y a du blanc, y a du rouge, du saucisson / Et Gillou avec son p’tit accordéon / Vive les bouteilles et les copains et les chansons ».

  • Ecoutez le podcast : Les Grands Macabres : Olivier Guillot ou le bonheur de la chanson à boire

Allez viens boire un p’tit coup à la maison
Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson
Et Gillou avec son p’tit accordéon
Vive les bouteilles et les copains et les chansons

Pour pouvoir écrire le premier couplet
On avait des crêpes au Grand Marnier
Les crêpes étaient bonnes mais trop salées
On s’est forcé, on a tout bu et on n’a rien mangé

Faut faire la cuisine sans être bourré
Et cette fois y’a pas de premier couplet
Pas se marrer et se mettre à chanter
Y’a pas le vin, y’a pas le pain si y’a pas les copains

Allez viens boire un p’tit coup à la maison
Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson
Et Gillou avec son p’tit accordéon
Vive les bouteilles et les copains et les chansons

Allez viens boire un p’tit coup à la maison
Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson
Et Gillou avec son p’tit accordéon
Vive les bouteilles et les copains et les chansons

Nous on aime bien les chansons à boire
Mais ce qui nous rendit un peu d’espoir
C’est que t’en avais pas fini de la poire
Qu’on s’est forcé, on a tout bu et on a rien mangé

On a tous fini complètement noirs
C’était pas la fin de nos déboires
J’arrive pas à mettre une suite à cette histoire
Y’a pas le vin, y’a pas de pain si y’a pas les copains

Allez viens boire un p’tit coup à la maison
Y’a du blanc, y’a du rouge, du saucisson
Et Gillou avec son p’tit accordéon
Vive les bouteilles et les copains et les chansons
etc.

N’en restons pas là, et évoquons Jules Jean Vanobbergen le grand Jojo, ce natif de Moleenbek que nous avons déjà rencontré, disparu à 85 ans en décembre dernier. Chantons avec lui « chef, un p’tit verre, on a soif ! ». Adieu Jojo !

Chéri Hérouard

Voici un illustrateur qui, après s’être intéressé aux livres pour enfants, a fait les belles heures des revues de mode et de fantaisies de l’entre-deux guerres, comme la vie parisienne (et dont le titre de l’opérette éponyme est tiré).

Il est né en 1881 à Rocroi (Ardennes), et nous en connaissions cette publicité pour les vins Viénot

En voici une autre, pour les vins Bichot

Celle-ci illustre un menu pour le Cognac Martell

Et celle-ci de 1924 promeut le Royal Provence (vin mousseux) pour célébrer une naissance peut-être ?

Aquarelle originale d’une illustration créée en 1924 pour le Royal Provence (Camis & Cie)

Voici encore deux scènes de vendanges

et une scène de taverne

Allez encore une, parue dans la vie parisienne en 1924, le roi boit !

Il faut boire ! le roi l’ordonne…
Mais l’orgueil trouble son cerveau.
Il y voit double et sa couronne
Se pare de fleurons nouveaux

Pour les amateurs, il y a un groupe Herouard sur Facebook.

On en saura plus sur Hérouard, le « génial coquin de Rocroi », sur le site de l’union.fr, journal local de la Marne et des Ardennes.

Le vin et la santé : consommation et modération

Pour la troisième année, les Rencontres « vin et santé » se sont tenues à la Cité du Vin. Après « Paradoxes et vérités », en 2020, puis « Le vin ? ni diable, ni bon dieu » en 2021, le thème cette année est « Consommation et modération ».

Le séminaire a été introduit par le québécois Hubert Sacy, qui vient après 30 années, de laisser son poste de  directeur général d’Educ’ Alcool, organisme dont la devise est «  la modération a bien meilleur goût ». Il a dénoncé le « moins c’est mieux » de certaines campagnes anti-alcool, car elles ne mènent qu’au « rien c’est bien », ce qui manifestement n’est pas le but. Il faut raison garder entre banalisation et diabolisation, a été son message.

Une première table ronde sur le thème « pourquoi consomme-t-on ?  » a donné la parole à deux professeurs de la Kedge Business School, MM. Olivier Gergaud et Renaud Lunardo, où ils interviennent dans le cadre de la chaire de recherche et d’enseignement dédiée à la consommation responsable du vin, lancée avec le soutien de Vin & Société.

L’analyse des objectifs de consommation met en lumière la dualité relaxation (oublier les soucis, être plus sur de soi)/ recherche du plaisir.

Pascale Hebel du CredoC, et Krystel Lepresle, de Vin & Société, ont présenté les études de leurs organisations lors d’une deuxième table ronde sur le thème consommation et alimentation.

Le CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) qui mène ses enquêtes tous les 3-4 ans, constate l’évolution des usages (suivant l’évolution des modes  de vie) avec une augmentation de la consommation hors repas et hors domicile, dans un contexte général de diminution la consommation du vin (-50% en 15 ans !)

Vin et Société est une association qui représente les 500 000 acteurs de la filière viticole-vinicole, est l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. V&S a établi une typologie des consommateurs : traditionalistes, gastronomes, « becs sucrés », BBQ (mangeurs de viande), consommateurs de rue, apéro-Giles et végétariens.

La consommation de vin est clairement corrélée aux repas pris en groupe, où l’accord mets vins est recherché. Il est important de dialoguer avec les jeunes pour la pérenniser.

La sommelière Caroline Furstass est venue ensuite présenter sa riche  expérience de sommelière en restauration, puis l’oeno-zytologue Fabrizion Bucella a intéressé l’auditoire à la bière et à l’extension de sa consommation. Depuis 1960, la consommation de vin a baissé de 66% tandis que celle de la bière a augmenté de 20%. La bière petit à petit préempte les codes du vin, avec le développement de la dégustation (verre Teku), et l’accompagnement des repas.

verre Teku

La prévention des conduites à risque, notamment auprès de la jeunesse, a été présentée par la majore psychologue Sonia Benbelaid-Cazenave,  du M2PF33 (Maison de la prévention et protection des familles). La mise en garde contre les risques n’est pas suffisante, on recourt au développement des compétences psychosociales, avec des programmes  comme unplugged ou encore Jada. Ensuite le psychiatre Jean-Michel Delile a exposé les mécanismes de l’addiction, qui conduit à une perte de contrôle du sujet sur sa consommation.

Finalement,Jean-Claude Rue, coordinateur scientifique de l’OIV, a exposé la politique anti-alcoolique de l’OMS qui prône le renforcement des restrictions et l’augmentation des taxes.

Cette riche journée a été conclue par Hubert Sacy avec un plaidoyer pour le goût de la consommation raisonnée du vin !

El Canelazo

En ces temps hivernaux, pensons à cette chaude boisson réconfortante consommée en Equateur et les pays andins voisins. C’est une infusion de cannelle additionnée de sucre de canne et bien sûr d’eau de vie du genre rhum. Un grog à la cannelle en quelque sorte. Il y a bien sûr des variantes.

El candelazo (« Abra la puerta señora ») est une chanson populaire équatorienne qui célèbre cette boisson. Voici la version des Chaucha Kings.

Mais on peut préférer la version du groupe chilien Inti Illimani !

Abra la puerta señora
Sirvame me un canelazito
Deme unito deme otrito
Hasta quedar chumadito !

(Ouvrez la porte madame, servez-moi un petit candelazo,

donnez m’en un, donnez m’en deux, jusqu’à ce que j’ai la tête qui tourne !)

Georges Dandin

On peut voir ces temps-ci cette farce grinçante de Molière avec ses intermèdes musicaux, comme elle fut jouée à Versailles en 1668 lors du Grand Divertissement Royal, en célébration de la paix signée avec l’Espagne à Aix-la-Chapelle, et de l’entrée de la Flandre dans les domaines royaux.

Voir le compte rendu sur le site Première Loge du spectacle présenté à l’Opéra Royal de Versailles.

Si l’histoire de ce paysan, bafoué après avoir troqué sa fortune contre un titre de noblesse et une épouse, est bien connue, les intermèdes musicaux signés Lully le sont moins.

C’est à la fin de la pièce, alors que Georges Dandin parle de se jeter à l’eau, que commence le 4ème intermède.

Vient un paysan de ses amis, qui lui conseille de noyer dans le vin toutes ses inquiétudes (scène 1).

Survient alors une troupe de bergers et bergères chantant le dieu de l’Amour (scène 2). Puis une troupe de satyres et bacchantes louant Bacchus (scène 3). Ils se disputent :

Ah ! quel plaisir d’aimer ! Ah ! quel plaisir de boire !

Le plus grand Dieu de tous

C’est l’Amour ! C’est Bacchus !

et finissent par se réconcilier :

L’Amour a des douceurs, Bacchus a des appâts ;
Ce sont deux déités qui sont fort bien ensemble ;
Ne les séparons pas.

Mêlons donc leurs douceurs aimables.
Mêlons nos voix en ces lieux agréables,
Et faisons répéter aux échos d’alentour
Qu’il n’est rien de plus doux que Bacchus et l’Amour.

Ecouter en ligne la version des Arts Florissants