Georges Dandin

On peut voir ces temps-ci cette farce grinçante de Molière avec ses intermèdes musicaux, comme elle fut jouée à Versailles en 1668 lors du Grand Divertissement Royal, en célébration de la paix signée avec l’Espagne à Aix-la-Chapelle, et de l’entrée de la Flandre dans les domaines royaux.

Voir le compte rendu sur le site Première Loge du spectacle présenté à l’Opéra Royal de Versailles.

Si l’histoire de ce paysan, bafoué après avoir troqué sa fortune contre un titre de noblesse et une épouse, est bien connue, les intermèdes musicaux signés Lully le sont moins.

C’est à la fin de la pièce, alors que Georges Dandin parle de se jeter à l’eau, que commence le 4ème intermède.

Vient un paysan de ses amis, qui lui conseille de noyer dans le vin toutes ses inquiétudes (scène 1).

Survient alors une troupe de bergers et bergères chantant le dieu de l’Amour (scène 2). Puis une troupe de satyres et bacchantes louant Bacchus (scène 3). Ils se disputent :

Ah ! quel plaisir d’aimer ! Ah ! quel plaisir de boire !

Le plus grand Dieu de tous

C’est l’Amour ! C’est Bacchus !

et finissent par se réconcilier :

L’Amour a des douceurs, Bacchus a des appâts ;
Ce sont deux déités qui sont fort bien ensemble ;
Ne les séparons pas.

Mêlons donc leurs douceurs aimables.
Mêlons nos voix en ces lieux agréables,
Et faisons répéter aux échos d’alentour
Qu’il n’est rien de plus doux que Bacchus et l’Amour.

Ecouter en ligne la version des Arts Florissants

Luc et Lucette

Voici encore une de ces oeuvres d’un jour du prolifique Offenbach, vite écrites, à peine jouées, déjà oubliées.

Jacques Offenbach

Curieusement, le seul article de wikipedia sur Luc et Lucette est en tchèque !
Luc et Lucette est une opérette pastorale, nous dit son biographe Jean-Claude Yon, jouée un soir de mai 1854 salle Herz, au cours de laquelle le maître, au violoncelle, avait régalé l’assistance des ses fantaisies et d’une « Hexentanz » (Danse des sorcières,« d’une bizarrerie indescriptible : on dirait une musique de colibri, jouée avec un cure-dent » selon le journaliste Jules Lovy). On aurait bien aimé voir ça !

L’infatigable Jean-Christophe Keck, qui explore depuis des années les archives du maître détenues par certains de ses descendants, a réussi à mettre la main sur cette oeuvre. Le livret est en ligne et nous y avons trouvé cet échange entre les deux protagonistes (un jeune homme et une jeune fille qui se retrouvent dans une même chambre et vont tomber amoureux… ils s’apprêtent à partager un repas).

(Ci-dessous les interprètes, Auguste-Alphonse Meillet et son épouse Marie-Stéphanie)

Ensemble.

A table ! quel brillant festin

Et quelle joyeuse bombance !

A table ! le verre à la main,

Tous deux nous ferons connaissance !

Lucette (lui offrant du vin).

Buvez soudain

Un peu de vin.

Luc (retirant son verre). 

Non, pas de vin,

De l’eau tout plein !

Lucette.

Pourtant le vin

Ҫa vous ranime.

Luc.

Jamais de vin !

C’est ma maxime.

Ensemble.

Le vin, le vin  Le vin, le vin

Nous met en train ! Met trop en train

Buvez du vin !  Jamais de vin !

Luc.

Au vin, j’en conviens, je préfère,

Qu’il soit vieux ou qu’il soit nouveau

Un verre de belle eau bien claire

Ҫa ne porte pas au cerveau.

Ensemble. Luc.   Lucette.

Oui, j’aime l’eau ! Il aime l’eau !

Lucette.

De ce goût-là, moi, je m’étonne.

Chez nous soit jeunes ou vieillards,

Je ne le connais à personne

Ah ! si vraiment, à nos canards !

Ensemble. Luc.   Lucette.

A vos canards !  A nos canards !

Lucette.

Allons, c’est moi qui vous en prie …

A ce nectar goûtez un peu.

Luc.

Non, non ! (à part) son regard m’incendie

De l’eau pour éteindre le feu !

Ensemble. Luc.   Lucette.

Au feu ! au feu !  Goûtez un peu.

Ensemble. Luc.   Lucette.

Le vin, le vin  Le vin, le vin

Met trop en train  Vous met en train,

A bas le vin !  Vive le vin.

Quel air pour chanter cela ? Il se trouve peut-être dans cet extrait de l ‘ouverture ?

C’est un peu frustrant. Accordons nous une petite consolation en écoutant Pierre Perret et son cul à lucette dont le titre un peu vulgaire ne doit pas occulter la grande sensibilité.

Le même document mis en ligne par le même Jean-Christophe Keck recèle une autre pépite bien cachée au sein d’une saynète jouée en 1855 aux Bouffes Parisiens, le Rêve d’une nuit d’été. Deux Englishmen, Master John et Captain Frog, en goguette a Paris courtisent Rosita… Ils vont boire du champagne…

Chanson.

Rosita.

Vin charmant dans ce cristal

Vin sans pareil !

John.

Sans égal

Grog.

Oh ! yes encor mioux que sans égal

Rosita.

Son mérite est bien goûté

C’est la gaité !

John.

La gaité !

Grog.

Biouvons la gaité !

Rosita.

Vin joyeux ! on choisit

Même parmi les meilleurs crus d’Espagne

Vin joyeux on choisit

Pour raviver le plaisir

Un semblable élixir !

John.

Oh ! Très bien ! c’est le vin !

Rosita.

C’est le vin des amours

Grog.

O ! Très bien ! very good ! le bon vin

Very good ! Very good ! etc.

Rosita.

Sans le champagne

Qui battrait gaiment la Campagne

Sans le champagne

Qui donc pourrait rire toujours !         

Ensemble. Rosita, John et Grog.

Sans le champagne !        Very good ! very good !

John.

Haow ! que c’était jôli !

Grog.

Oh ! mademoiselle Miousette encor une petite paragraphe !

Rosita.

Jus divin que l’homme fait

Seul vrai nectar !

John.

Très parfait !

Grog.

Oh ! yes encor plous que très parfait !

Rosita.

Brûle, éteins notre raison

Comme un poison.

John.

Ioun poison !

Grog.

Biouvons le poison !

Rosita.

Philtre aimé des amours

Porte nous au pays de cocagne

Philtre aimé des amours

Abrégerais-tu nos jours

Je te boirai toujours.

John.

Oh ! Très bien ! c’est le vin !

Rosita.

C’est le vin des amours !

Grog.

Oh ! Très bien ! very good ! le bon vin

Very good ! very good ! etc.

Rosita.

Sans le champagne

Qui battrait gaiment la campagne

Sans le champagne

Qui donc pourrait rire toujours

Ensemble. Rosita, John et Grog.

Sans le champagne          Very good, very good

Et l’air ? A trouver dans l’ouverture !

Meilleurs Voeux

 En ce début d’année 2022, recevez, chers lecteurs, les meilleurs voeux du bon clos.

Tout ne va pas pour le mieux dans ce monde de virus et de brutes, mais nous avons avec nous Bacchus et son divin nectar. 

Partageons avec lui la latine devise de l’Ordo Equestris Vini Europae: 

« Amicitia per vinum »

Comme chaque année, nous rappelons quelsques bons crus de l’année écoulée.

Et tout d’abord, ce jeu de l’oie créé dans les années trente par une officine dépendant du Ministère de l’Agriculture, le Comité National de Propagande en Faveur du Vin.

Souriez et fêtez vos anniversaires avec l’illustrateur britannique Quentin Blake

Buvez à la santé du courant électrique avec Philippe Hersant et Jean Echenoz auteurs des Eclairs

Réécoutez les chansons de l’auteur-compositeur interprète suédois Carl Michael Bellman, entendues en regardant le film danois Drunk

Revivez le symposium des vignes d’Ile de France qui s’est tenu cet automne à Auvers/Oise, ou découvrez-le.

Allez découvrir les traditions viticoles de la Roumanie où le Consultat de l’Ordo Equestris Vini Europae tenait son festival

Visitez à la cité du vin de Bordeaux l’exposition Boire avec les dieux

Chantez avec Erik Slaviak et son groupe Josef Josef « un petit verre à la vie » (a glesele l’chaim)

Faites connaissance des Chevaliers de Méduse, cette confrérie aux origines anciennes et aux étranges coutumes, qui défend les vins de Provence

Faites une cure de « chat » avec Philippe Geluck

Et prenez conscience que les émeutes étaient courantes sous l’Ancien Régime, notamment dans le domaine du vin.

Encore une fois, meilleurs voeux à tous !

Quentin Blake

C’est un artiste anglais, très connu pour ses illustrations des livres de Roald Dahl. Voici quelques unes de ses réalisations qui intéresseront les lecteurs du bon clos, notamment pour leurs souhaits d’anniversaire, fête des pères, etc.

Comment résister à cette invitation ?

Ceux-là aussi font la fête, mais dans un autre style…

Et voici à quoi ressemble Quentin Blake…

Bravo l’artiste !

Né en 1932, il a dû attendre d’avoir 70 ans pour recevoir le Prix Hans-Christian-Andersen (surnommé le petit prix Nobel de littérature, catégorie illustration), puis 80 ans pour être nommé Sir par la reine Elizabeth, et un an de plus encore pour recevoir la Légion d’Honneur!

quelques toiles d’automne

Voici quelques tableaux vus dans des expos cet automne à Paris, et que l’on peut encore aller voir.

A la Fondation Louis Vuitton, on nous montre la collection des frères Morozov, deux riches industriels, commencée dans les années 1890, puis nationalisée en 1918 par le jeune pouvoir soviétique et ordinairement logée au musée Pouchkine à Moscou et à l’Ermitage.

On peut y voir ce triomphe de Bacchus, de Ker-Xavier Roussel (1911-13)

ou encore cet Automne (la cueillette des fruits) de Bonnard (vers 1912)

les vendangeurs sont en bas…

Il y a aussi le bouchon de Manet (vers 1879)

dont on a retrouvé une esquisse

Voici encore la bouteille de Schiedam, de Henri Matisse (1896- le Schiedam est une eau de vie à base de genièvre)

Au petit Palais, un autre russe est exposé, Ilya Repine, dont voici une Soirée (Vetchornitsi) où l’on danse, chante, joue de la musique, et boit… naturellement.

Bien plus proche de nous, Henri Landier s’expose dans son atelier rue Lepic. On n’y trouve pas ce « Rembrandt à l’auberge » peint en 2012 (mais on nous en a parlé),

très probablement inspiré du « fils prodigue à la taverne » (1635) dudit Rembrandt, qui est plus habillé mais pas moins déluré…

Le thème avait déjà été traité par Gerrit van Honthorst (1623)

Cette charmante fenêtre est exposée, parmi d’autres études (peintures de petite taille), à la fondation Custodia. Elle est l’oeuvre du dresdois Max Hauschild

Finissons avec ces ornements d’or du temple d’Oxus, vieux de 2000 ans, découverts au musée Guimet (expo les fleuves d’or du Tadjikistan)

A la santé du courant électrique

Transportons nous cent quarante ans en arrière, au temps où l’électricité était une magnifique promesse pour l’humanité. C’est ce qu’ont fait Jean Echenoz et Philippe Hersant, auteurs de Les Eclairs, un opéra récemment créé à Paris à l’Opéra Comique qui met en scène l’aventure américaine d’un inventeur inspiré de Nikola Tesla.

On y boit souvent, et il s’y trouve un air à boire peu commun !

Buvons à la santé du courant électrique !, lance l’homme d’affaire Horace Parker (inspiré par George Westinghouse et incarné par le baryton Jérôme Boutillier). Puis..

Mais pourquoi ce silence, et que font tous ces gens assoiffés sans nul doute, à me considérer ?

Buvons messieurs, buvons ! Buvez mon cher Gregor ! (personnage inspiré de l’inventeur Nikola Tesla)

Quand Horace Parker boit, tout le monde boit ! (il offre une tournée générale de bière)

On lira avec profit l’article d’olyrix sur cette impressionnante production que l’on peut voir sur operavision.eu jusqu’au 3 juin 2022 12h CET

Le jeu de l’oie du vin

Voici un jeu de l’oie peu commun découvert par l’ami François.

De case en case, on apprend que le vin est une boisson saine et fortifiante,essentiellement française, qu’il donne la joie, l’agilité, qu’il préserve du cancer… et que l’esprit de la Race vient du vin …

Il fut publié sans doute vers 1935 par le « Comité de Propagande en faveur du vin ».

Cette organisation fut créée en 1931 par le ministère de l’Agriculture, sous l’impulsion notamment du « député du vin » Edouard Barthe.. Elle contribua début des années 50 à la rédaction d’ouvrages comme le Bréviaire de l’amateur de vins (par A.Mournetas et H.Pélissier), « le Vin de France dans l’histoire » de Roger Dion, et soutenait des organisations comme les « médecins amis du vin de France » (cf https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2005-1-page-52.htm)

C’était une toute autre époque ! Il fallait mener le combat contre l’alcoolisme, et en même temps soutenir la production viticole.

Le site pau.fr rapporte une réception tenue à Pau en 1933 par le Comité de propagande : en voici le conséquent menu proclamant les devises du vin, qui dissipe la tristesse, réjouit le coeur…

A bon vin, point d’enseigne ! Après bon vin, meilleur cheval !

Voici quelques autres productions du comité de propagande.

Etroitement associé au Comité National des Appellations d’Origine (CNAO, qui deviendra plus tard l’INAO), il conduit un nombre impressionnant de manifestations, notamment en 1937, année de l’Exposition Universelle.

Ainsi peut-on lire dans la synthèse de Florian Humbert sur l’histoire de l’INAO :

Rallye Bacchus le 16 juin, réception du Congrès international du Pen-Club (regroupant des écrivains du monde entier) le 20 juin, réception de l’Association des Maires de France le 8 juillet, 3ème Congrès mondial de la publicité du 5 au 10 juillet, réception des congressistes « Santé Publique » le 9 juillet, dîner des Médecins amis des Vins de France le 22 juillet, réception des Inspecteurs et contrôleurs principaux de la viticulture le 21 juillet, des Cavaliers de Camargue le 23 août, du Congrès de l’Union interparlementaire le 3 septembre, de divers groupes folkloriques de France, des médecins Franco-Tchécoslovaques le 13 octobre, participation à la Fête des vendanges provençales le même jour, réception de l’Association de la Presse de l’Est le 19 octobre, des Conseillers du Commerce extérieur le 25 octobre, de l’Ordre du Tastevin le lendemain, ou encore du Président de la République Albert Lebrun le 29 octobre511. Le CNAO est par ailleurs à l’initiative de dégustations gratuites organisées à la Fontaine du vin. Le 29 novembre, il participe à la Soirée de gala du concours du Grand Prix de la Chanson Bacchique de 1937 *. Il organise enfin une série de concours de dégustations réservés à diverses professions : le 26 octobre, sous la direction du Directeur du Moniteur vinicole, des journalistes sont invités à goûter 10 vins et à déterminer leur origine ; le 3 novembre, avec l’aide du journal L’Auto, les sportifs sont à l’honneur ; le lendemain un concours est organisé entre les sommeliers des restaurants de Paris ; le 6 novembre, les artistes de théâtre et de cinéma doivent reconnaître 6 vins.

On pourra trouver la relation de ces événements dans le Bulletin International du Vin de juin 1938 pp 41-44

Qu’en est-il aujourd’hui de ce comité ? On relève qu’en 1967 (JO du 30 juin 1967, n° 151 p 6591), le ministère de l’Agriculture nommait encore pour 2 ans, M.Lalle vice président du CVPFV.

Le vin fut proscrit des écoles primaires en 1956, puis des lycées en 1981. En 1990, ce sera la loi Evin, interdisant toute publicité pour les vins et alcools. Gageons que le comité de propagande en faveur du vin disparut alors de l’organigramme.

Au Clos Nenesse

Quelle plus belle occasion que ce jour du vin nouveau pour rendre visite à l’ami Jean-Pierre Dutilheul dans son Clos Nenesse.

Situé aux alentours d’Etampes, ce clos longiligne d’une cent-cinquantaine de pieds (de Gaillard 2, un enfant de Noah (principalement), pinot noir et baco)a été planté par son père, il y a quelques lustres.

Jean-Pierre s’est inscrit dans sa suite et faisait déguster aux amateurs ses crus 2015 à 2020,

Au centre Jean-Pierre Dutilheul, avec à sa droite le président de Cocorico Michel Devot

agrémentés de saucisses marinées, tomme de Savoie affinée au marc, et bien d’autres bonnes choses.

On pouvait y faire de belles rencontres comme celle de cet autre Jean-Pierre

producteur, à Méréville aux confins de l’Essonne, d’un petit cabernet-sauvignon intéressant.

Et c’est le coeur joyeux que l’on a rejoint ensuite les fêtards clamartois réunis aux trois garçons par le Président Marcel pour célébrer le vin nouveau

Marcel au verre de rouge (rare)

en chansons avec Bernard à l’accordéon.

Au coup d’état

C’est une petite brasserie à Versailles qui porte ce nom, et dont la décoration est remarquable.

On y trouve en effet une adaptation de » La liberté guidant le peuple« , de Delacroix, où fusils, sabres et pétoires sont remplacés par chopes, bouteilles et guitare…

sous l’oeil du maître et de son orpheline, assis devant une bouteille d’absinthe.

Remarquables aussi les héros de la liberté qui l’entourent : Mandela, Gandhi, Zapata, Geronimo et Walesa, géants résistant au temps, qui nous parlent en creux des icônes disparues…

Etonnant, non ?

Le tableau est signé Stefberg (Stéphane Bergougnou ?), « artiste peintre décorateur » dont on peut voir quelques oeuvres sur Instagram.

Au Symposium des vignes d’Ile de France à Auvers/oise avec Cocorico

Il s’est finalement tenu, ce Symposium tant attendu. Nulle nième vague ne l’a contrarié, et quelques vingt-cinq confréries et associations franciliennes s’y sont retrouvées, dans ce joli village d’Auvers/Oise, pour partager des connaissances, parader, admirer des oeuvres artistiques mais aussi trinquer, faire bonne chère et la fête.

Si l’on se replace en novembre 2020, date où le comité d’organisation s’est pour la première fois réuni, il fallait avoir un sacré optimisme pour investir dans ce projet.  Saluons donc Michel Devot, président de Cocorico, la municipalité d’Auvers/Oise et le Pressoir Auversois, association invitante, pour s’être lancés dans l’aventure.

Une fois montrée patte blanche (on aura compris qu’il s’agissait du passe sanitaire) la journée commença par des conférences sur des thèmes viticulturel, oenologique, historique, artistique et gastronomique.

Denis Boireau, un scientifique bien connu des amis du bon clos, fit le point sur les cépages résistants aux maladies de la vigne comme l’oïdum et le mildiou, fruits de recherches ancienne et récente,

et incita vivement les cultivateurs de vignes patrimoniales  à s’y intéresser. (Nous avons déjà visité son « arboretum » d’Epinay/Orge.)

Gabriel Lepousez, neurobiologiste, chercheur à l’institut Pasteur et concepteur d’une formation à l’Ecole du Nez de Jean Lenoir, fit sensation en décrivant précisément les fondements anatomiques et physiologiques de l’olfaction : 400 capteurs, situés dans l’épithélium olfactif, permettant d’identifier des milliers (potentiellement des milliards) de molécules, sont reliés aux neurones de la zone nasale du cerveau.

Encore faut-il avoir les bons gènes pour que ces associations soient activées. D’un individu à l’autre, on observe des seuils de sensibilité extrêmement variés, dans un rapport de 1 à 1000 voir plus. Le plus beau nez du monde ne peut donner que ce qu’il a ! L’entrainement n’y remédiera pas, mais il permettra (ce qui n’est pas rien) de mettre des mots sur ce qui est ressenti. Il décrivit également le phénomène de rétro olfaction, qui opère lors de l’ingurgitation et échappe donc aux dégustateurs qui recrachent le vin. Et il fit valoir que les neurones de la zone nasale du cerveau ont la faculté de se régénérer.

Michel Miersman, de la Confrérie du Clos Saint-Vincent de Noisy-le -Grand, est venu faire part de la démarche qui lui a permis d’écrire un livre sur 1300 ans d’histoire de la vigne et des vignerons de Noisy-le-Grand,

sans quasiment sortir de son bureau, tant il y a d’informations et de documents (comme le « terrier ») disponibles en ligne.

Robin Bourcerie, jeune musicien et musicologue auteur d’une thèse sur les airs à boire du 17ème siècle en exprima la substantifique moëlle en les situant dans le contexte des moeurs de l’époque : 

types de vins, circuits d’approvisionnement et lieux de consommation, en mettant l’accent sur l’explosion créatrice (des milliers d’airs publiés dont 2425 analysés dans sa thèse) et l’importance du cabaret.

Enfin Thierry Bitschené, de la confrérie du Brie de Meaux, a présenté son fromage d’élection au moyen d’un petit film,

et invité les participants à s’en faire une idée plus précise lors du déjeuner qui s’ensuivit.

Après le buffet campagnard, qui valait bien celui du temps béni des Galeries Barbès,

l’heure est venue de se mettre en tenue pour défiler dans les rues d’Auvers,

ci-dessus Jean-Claude Pantellini, président du pressoir Auversois, entre à gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers/Oise, et à droite Martine Rovira, maire adjointe

et, au son des corps de chasse du Rallye Vau-Vent

et des cabrettes, accordéons et vielles de la Bourrée Montagnarde,

rallier l’église,  immortalisée jadis par Vincent Van Gogh,

où une bénédiction attendait les quelques vingt-cinq confréries présentes.

C’est un autre Vincent qui tenait fièrement la bannière de Clamart.

De l’église, en longeant les vignes où sont Saint-Vincent et Bacchus,

, on partit vers la mairie où les véhicules du Vexin Classic paradaient à l’arrêt. On y retrouva la conseillère régionale Babette de Rozières, déléguée à la gastronomie, heureuse de retrouver les confréries.

Quelques heureux trouvèrent là une alerte guide pour explorer en privé les ruelles du village,

On aura reconnue Edith Monti, artiste peintre anversoise dont les lecteurs du bon clos ont déjà fait la connaissance et que nous remercions pour son accueil

découvrir le musée et les vignes Daubigny et pousser jusqu’à l’atelier du maître en  passant au pied de l’escalier de Van Gogh.

Le reste de la troupe put découvrir la médiathèque où le dessinateur humoriste Michel Roman

et les enfants des écoles exposaient leurs oeuvres artistiques et poétiques.

Enfin vint l’heure du diner servi par le traiteur Bernard Dieu et animé par Frank Dorès, Léna et leurs danseuses. 

Après les salamalecs et remerciements de tous ordres,

On reconnaitra au centre Pierre Douglas, avec sa gauche Isabelle Mézières, maire d’Auvers, puis J.C.Pantellini, président de Pressoir Auversois, et Michel Devot, président de Cocorico ; et à sa droite, Michel Mella, Jean-Pierre Gimbert, Marc Lesk, J.P.Faury et Martine Rovira, maire-adjointe

vint l’heure de la proclamation des résultats du concours des vins d’ile de France et de la remise des diplômes par l’accorte Edith Monti.

Le jury était présidé par Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde… 1992 et président de l’Union Française des Sommeliers, assisté de Laetitia Trouillet Martin, de l’institut oenologique de Paris. Avec  4 autres dégustateurs chevronnés, ils avaient eu à juger 51 vins des années 2019 et 2020, principalement des blancs, présentés par 23 confréries et associations, et ont décerné 3 médailles d’or, 7 d’argent et 8 de bronze et quelques prix d’encouragement.

Comme les résultats étaient annoncés en commençant  par les diplômes de moindre importance, l’on pouvait lire sur les visages des premiers nominés la déception d’être appelés si tôt, et sur ceux de ceux qui ne l’étaient pas encore l’espoir, de plus en plus ténu  au fur et à mesure des appels, de l’être pour une plus haute récompense… Dura lex sed lex!

les lauréats du concours des vins

Ce n’est pas si facile de faire un bon vin, le Bon Clos adresse ses félicitations aux médaillés, et ses encouragements à tous les participants !

On pourra voir les résultats complets sur le site de Cocorico.