Gwinllan a roddwyd

Le vignoble donné… C’est le titre d’un chant patriotique gallois que les festivaliers de Lorient ont pu entendre cet été. Il trouve son origine dans des écrits du leader nationaliste  Saunders Lewis. C’est un standard des choeurs d’hommes gallois. Le voici chanté  par Dafydd Iwan

Ce vignoble qui nous est confié, qui nous est donné, dont nous nous occuperons… est très hypothétique, et pour tout dire, métaphorique.

Il semble n’avoir guère sa place au pays de Galles, au climat frais et humide. Mais tout change ! Il y a actuellement une vingtaine de vignobles au pays de Galles...

Brocante à Bordeaux

lithographie (vers 1910)

Venus à Bordeaux pour l’exposition Vin et Musique à la Cité du Vin, nous sommes tombés sur cette brocante, place des Quinconces. Voici quelques intéressants objets vus la-bas.

Voici une belle plaque de fonte, à restaurer.

Voyez comme le relief est plus important au premier plan, accentuant ainsi l’effet de volume, nous fait-on remarquer.

Ces deux paysans semblent en peine controverse. Que tenait la paysanne en sa main ?

Ces bons pères ont la belle vie, semble-t-il…

et ces putti aussi

Voici une famille heureuse (tableau attribué à Teniers)

Ce portrait est accompagné d’un miroirstatue de fière vendangeuse

Superbe assiette représentant un triomphe bachiqueCette assiette-la viendrait d’Alsace et est plus récente.

Que vient faire ici la potasse ? « le potassium est un élément essentiel pour la croissance de la vigne » , et « parmi la composition minérale du vin, le potassium se retrouve en quantité de 0,7 à 2 % par litre » (on en saura plus en lisant le dico du vin ou encore sur le site de l’institut francais de la vigne ; voir aussi ce dossier sur le potassium et la viticulture)

Terminons avec quelques objets « utilitaires » comme cette lampe

      et ce superbe écrin à carafes en forme de piano    Ce masque a été vu au dessus de la porte d’un potier dans le beau village de Castelmoron d’Albret, à quelques lieues de là.

Sur tous plaisirs la vendange m’agrée…

Nous avons rencontré l’Épitre à Ambroise de la Porte, parisien, où Ronsard faisait l’éloge de certains vins de Brie, suite à notre passage à Coulommiers. (On a vu que d’Eustache Deschamps à Boileau, les avis sont plutôt contraires.)

Mais Ronsard a des mots réjouissants pour décrire les plaisirs de la vendange…

…Mais d’autant plus que poète j’aime mieux
Le bon Bacchus que tous les autres dieux
Sur tous plaisirs la vendange m’agrée,
A voir tomber cette manne pourprée
Qu’à pieds déchaux un gâcheur fait couler
Dedans la cuve à force de fouler.
Sur les coteaux marche d’ordre une troupe;
L’un les raisins d’une serpette coupe,
L’autre les porte en sa hotte au pressouer,
L’un tout autour du pivot fait rouer
La vis qui geint, l’autre le marc asserre
En un monceau et d’ais pressés le serre,
L’un met à l’anche un panier attaché,
L’autre reçoit le pépin escaché,
L’un tient le muid, l’autre le vin entonne,
Un bruit se fait, le pressoir en résonne…

On trouvera une version presque complète dans l’étude de Didier Lebègue sur les vignerons de Brie, et la version originale en langue d’époque dans le Bocage de P. de Ronsard Vandomois publié en 1554.

A Coulommiers avec Cocorico

C’est la Confrérie des Coteaux Briards qui accueillait, ce dimanche 21 janvier, la Saint-Vincent des Confréries d’Ile de France regroupées dans Cocorico.

© Agency Prodvidéo’art. 2018

Avaient répondu présent Bagneux, Saint-Ouen, Yerres, Livry sur Seine, Villiers sur Marne, Coubron, Combs-la-ville, Rosny sous bois, Nogent sur Marne, Clamart…

et les Confréries de la Pomme de Villiers sur Morin, du sucre d’orge de Moret sur Loing, du Brie de Meaux et du Brie de Melun, et de Saint-Grégoire.

La Confrérie des coteaux briards a été fondée en 1990 par Jean Chéron, figure emblématique disparue tragiquement quelques jours avant cette fête.

Depuis 1976 il s’était attaché à replanter des ceps à Coulommiers (au coteau de Monte-à-Peine) et dans les communes avoisinantes. C’est Philippe Jaulneau qui a repris la charge de Grand-Maître.

Après l’office,  dans un garage où l’on se pressait pour déguster chocolat et vin chaud,

© Agency Prodvidéo’art. 2018

à l’abri d’une pluie importune et persistante, nous avons eu le bonheur d’assister à la déclamation par Denis Sarazin, historien de la Brie et membre de la Confrérie des coteaux briards, de faits historiques relatés dans le Code rural concernant la répression d’infractions à la réglementation sur la circulation des vins dans les années 1733-34.

© Agency Prodvidéo’art. 2018

On apprit aussi de sa bouche que l’exigüe chapelle ND des Vignes toute proche avait été construite en 1867 à l’initiative du chevalier Gougenot des Mousseaux,

après qu’il eut chassé le diable du lieu avec un cep de vigne !

(Nous reviendrons en fin d’article sur l’histoire des vins de Brie)

Il y eut bien sûr des intronisations,

et près de 170 convives déjeunèrent en musique avec Gilou

© Agency Prodvidéo’art. 2018

et son orchestre,

et les chanteurs amateurs montés sur scène comme l’ami René Alain, 88 ans, qui en connait des chansons !        Merci à tous, et ne nous quittons pas sans réécouter la chanson culte de Gilou, du temps où il était l’accordéoniste de Licence IV, « viens boire un petit coup à la maison »

Appendice sur l’histoire des vins de Brie

L‘existence de vignes en Brie remonterait au haut Moyen-Age, et est attesté au 12ème siècle. La qualité des vins était très relative, on se souvient de ce qu’en disait Eustache Deschamps dans les années 1350-1400 :

 Le corps me rompt, le cuer me crie,
Quand je pense au pays de Brie:
Durs vins y a, neant charnus,
Apres de goust, de liqueur nus ;

3 siècles plus tard Boileau n’en disait guère mieux (satire 3) :

« Je consens de bon cœur, pour punir ma folie,
Que tous les vins pour moi deviennent vins de Brie »

Ne disait-on pas d’ailleurs « qu’il fallait être quatre pour en boire : un qui buvait, deux pour le tenir et un quatrième pour le faire boire !

Un bémol pourtant, ces vers élogieux de Ronsard (in Epître à son ami Ambroise de la Porte, 1554):

Meaux dont Bacchus soigneux a pris la garde
Et d’un bon œil ses collines regarde,
Riches de vin qui n’est point surmonté
D’un vin d’Ay en friande bonté.
 

Plus sérieusement, le « Mémoire des Intendants sur l’état des Généralités pour l’instruction du duc de Bourgogne  » , réalisé vers 1700, les dit « de qualité fort médiocre, durs et grossiers », vendus 20 à 25 livres le muid, soit quelques 20 centimes actuels le litre en gros, grosso modo, et consommés sur place. Ils sont « sont très propres, à cause de leur dureté, à être convertis en vinaigre »

Le cépage le plus courant était le gouaix (ou gouais, goet, gouet, etc.), très productif.

Gageons que les actuels vins des coteaux briards, que nous n’avons pas encore dégustés, sont d’une bien meilleure qualité !

 © Agency Prodvidéo’art. 2018  

(Toutes ces informations sont issues de la passionnante étude de Didier Lebègue: Vins, vignes et vignerons entre Marne et Morins)

(Et Merci à Pascal de © Agency Prodvidéo’art. 2018 pour les photos empruntées)

randonnée des vignes à Paris

C’est à une randonnée dans l’Est parisien que les amis de la vigne étaient conviés ce samedi 7 octobre à l’occasion de la fête de la vigne et du raisin. Au programme : la vigne du parc de Bercy, et celles du parc de Belleville et de la butte Bergeyre.

Mais n’anticipons pas. Avec l’ami Marcel, nous sommes d’abord passés à l’Institut Clorivière qui forme des spécialistes des vins et spiritueux. Une centaine de pieds de vigne y ont été plantés dont le jus est vinifié sur place.

Denis Boireau, des Vignerons Franciliens Réunis, nous y a accueilliet nous a éclairé sur les nouveaux cépages résistants aux maladies de la vigne et ne nécessitant donc pas de traitement, comme ceux commercialisés par piwi.

Merci à lui de nous avoir fait déguster des vins intéressants comme ce vin des copains, qui vient de Melz-sur-Seine, près de Provins

et cette cuvée Suzanne, de la treille d’Antony

Le départ de la rando est donné Cour Saint-Emilion avant de traverser le parc de Bercy tout proche. Une curieuse cheminée de terre cuite se dresse devant les rangs de chardonnay et de sauvignon.

Un peu plus loin, rue Léon Frot, voici » Melac » et sa célèbre vigne dont le pied naît en sous-sol.

Il faut pousser sur les mollets pour monter au parc de Belleville
Nous y sommes attendus et pouvons déguster le clos des Envierges, un vin blanc sec assemblage de pinot meunier et de chardonnay.
Encore un effort et nous voici sur la butte Bergeyre, d’où la vue sur la capitale est saisissante.

On y concocte un étonnant et goûteux pinot noir.Beau parcours pour cette randonnée qui mérite bien l’effort fourni. Un grand merci aux organisateurs !

Fêtes des vendanges


Septembre, Octobre, c’est le temps des vendanges et des fêtes associées.

C’était le cas à Clamart,

où des dizaines de clamartois ont répondu à l’appel du Grand-Maître Marcel pour apporter qui son raisin,

François, cycliste, a trouvé avec ce sac-à-dos de cageots, une solution originale pour apporter son raisin !

qui sa bonne volonté pour trier, fouler,

celui-la est venu de loin

presser le raisin et vendanger le Clos Franquet. Le résultat ? 500 litres de Clamart rosé et cent de Franquet blanc.

A l’Hôpital Bretonneau, à Montmartre, où des vignes ont été plantées il y a une dizaine d’années

(près de 150 pieds de malbec) c’était aussi la fête.

Le millésime 2015 du vin rouge issu de cette vigne nous a, il faut le dire, bluffé.

Nous y avons retrouvé Lucien, Jean-François et leurs compagnons de la Confrérie de Saint-Ouen qui, autour d’un orgue de Barbarie, régalaient les anciens de cet établissement gériatrique des tubes de leur jeunesse : complainte de la butte, les mauvais garçons, le dénicheur, etc.
Sans oublier la mémorable chanson du vin du clos Montmartre

On admirera la jolie rime approximative (mais c’est difficile avec Montmartre) : qui en boit  pinte en pisse quarte

A bientôt amis de Saint-Ouen. La fête continue !

Jardins

L’art des jardins, qui remonte à l’Antiquité, est illustré (jusqu’au 24 juillet) par une exposition au Grand Palais.

On y apprend qu’un roman italien du 15ème siècle, le Songe de Poliphile, influença l’art du jardin à la Renaissance, comme ici à Mantoue

fête dans les jardins du Duc de Mantoue, Sébastien Vrancx 1595 (détail)

Le rêve de Poliphile, c’est de conquérir son aimée, Polia, ce qu’il fait en songe au terme d’un parcours initiatique où il croise dieux et nymphes, et bien sûr, Bacchus,
ses vendangeurs et son cortège de bacchantes et autres faunes.

 L’histoire finira… comme un songe…

Voici d’autres oeuvres exposées

(Weinlaub, de Philipp Otto Runge (papier découpé, vers 1800)

(feuille de vigne, dessin photogénique de William Henry Fox Talbot, vers 1839)

et pour finir cette broche-grappe de Van Cleef & Arpels s’il vous plaît

en argent, or blanc, perles fines et diamants (1915)