C’est une région de basse montagne située au pied du Vercors, à la frontière des Alpes et de la Provence. Elle ne défraye pas la chronique des amateurs de vins, si ce n’est par sa sympathique clairette, un vin effervescent naturellement doux et peu alcoolisé, puisque la fermentation du moût est arrêtée par le froid pour reprendre en bouteille. Vin « facile » donc, fait à partir de muscat et de clairette, très aromatique, à boire jeune.
chemin des vignes à châtillon en diois
Son origine est ancienne, Pline l’Ancien citait déjà ce vin des Voconces, dont on arrêtait la fermentation en plongeant les « dolia » dans l’eau froide. Au Moyen-Age, les vins étaient consommés dans les vallées alpines proches.
On apprend aussi sur Wikipedia qu’à Poyols, un des plus typiques villages de la région *, en 1700, « la vigne vient bien« .
Nous avons apprécié la clairette de Jérôme Vincent, 100% muscat paradoxalement, médaille d’or au Concours des Vins des vignerons indépendants 2009.
Un coup de chapeau également à Didier Cornillon, qui réussit à faire des vins rouges intéressants, assemblant gamay, pinot noir et syrah, les meilleurs de la région dit-on.
Nous avons découvert chez lui des oeuvres du peintre Ali Benyahia, qui tient le restaurant le mets d’ici à deux pas.
paysage de vignes en diois, ali benyahiaintérieur aux raisins, Ali Benyahia
Un festival « arts et vigne » a lieu chaque été à Châtillon-en-Diois, le coeur de l’appellation (en 2011 ce sera de 7 au 14 août). Dégustation de tous les vins du cru à l’ouverture lors de la fête des vendanges. On nous a vanté aussi la nuit des cabanons de vigne, le jeudi. Affaire à suivre…
Pour plus d’information voir la remarquable présentation du vignoble sur le site diois-tourisme.com
(*) A propos de Poyols, une bonne adresse, le gîte d’Irène et Bernard Grasse, où une bouteille de clairette vous attend… Ah ! casa d’irene ! bottiglie di vino…
Sera-t-on surpris d’apprendre qu’on produit du vin en Egypte aujourd’hui, et qu’il se laisse boire volontiers ?
pas dans cette carafe de la 18eme dynastie (vers -1550-1300)
« une prouesse technique extraordinaire » selon Hugh Johnson (Histoire Mondiale du Vin), qui nous rappelle une grappe de faïence émaillée vue à la reine margot
Après un court séjour en Egypte nous invitons les lecteurs du bon clos à une vertigineuse remontée dans le temps de plus de cinq mille ans.
boutique Gianaclis à Alexandrie
Le vin que l’on peut boire actuellement, on le doit à Nestor Gianaclis , un entrepreneur grec qui dans les années 1880 planta un vignoble dans le delta du Nil, redonnant ainsi vie à une tradition multimillénaire. .
Blanc, Rosé, Rouge, mousseux, voici ce qu’on trouve dans les vitrines. Les cépages sont le bobal pour le rouge, la sultanine blanche pour le blanc.
Se souvient-on que le célèbre opéra de Verdi qui se passe en Egypte était une commande du khédive Ismaïl Pacha, et fut créé au Caire en 1871, peu après l’inauguration du canal de Suez ?
ce n’est pas un hommage à Uderzo et Goscinny, l’obélisque est une spécialité egyptienne
Voici un relief de vendangeuse qui doit dater des années trente, sur un bâtiment de la Chambre de Commerce, non loin de la place Tahrir au Caire,
et des peintures explicites vues chez un antiquaire du quartier
Voici une lanterne devant une église copte du Caire
Et voila un portail moderne vitiforme vu sur les bords du Nil du côté d’Edfu.
Plus ancien sans doute ce « seau » à champagne vu au musée national d’Alexandrie,
et carrément antiques ces frises et reliefs vus au même endroit
c’est le pied de Dionysos…
Bien plus loin dans le temps, voici un véritable cellier rempli d’amphores que l’on a retrouvé dans la tombe de Scorpion I, pharaon « prédynastique » qui vivait il y a plus de cinq mille ans.
Mais le plus beau reste à voir, conservé aux fonds des tombes des rois et dignitaires de l’Egypte ancienne.
Voici une fresque de la tombe de Khaemouaset, grand-prêtre sous le règne d’Amenhotep I (vers -1500), qui présente le traitement du raisin depuis la vendange jusqu’à l' »amphorage » et le transport
La « tombe aux vignes » de Sennefer (« Maire de la Cité du Sud, Intendant des jardins du temple d’Amon » vers -1400 : un des grands personnages du règne d’Amenhotep II) porte bien son nom
La tombe de Nakht (prêtre du dieu Amon, vers -1400) est aussi justement célèbre pour ses vendangeurs et ses fouleurs de raisin
De la même époque (14eme siècle, règne de Thutmose 4) cette fresque de la tombe de Nebamon
oeuvre qualifiée de préimpressioniste par Arpag Mékhitarian, in la peinture egyptienne SKIRA-Flammarion, pour qui son auteur serait le plus original, le moins esclave des conventions des peintres de la 18eme dynastie
De la même époque cette fresque de la tombe d’Ouserhat (fonctionnaire de rang moyen-supérieur du milieu de la XVIIIème Dynastie)
(voir le site osirisnet.net qui constitue une base de données et d’images sur les tombes egyptiennes, pour une passionante description détaillée)
Nous y avons trouvé cette fresque de la tombe de Pahery (règne de Thoutmosis III, vers -1450) avec le commentaire ci-dessous.
« Le raisin est amené au pressoir où il est foulé par des hommes qui se tiennent à une corde accrochée à une barre. Le vin est ensuite mis en jarres. Outre son caractère agricole, cette scène possède également une connotation religieuse. En effet, la vigne et le raisin sont associés au dieu Osiris et à l’inondation. Le sang du dieu assassiné avait en effet été mis en relation avec les premières eaux de l’inondation car celles ci sont rouges, en raison des alluvions ferriques qu’elles transportent venant de l’Atbara«
Le mode opératoire du pressurage a évolué depuis celui observé dans le « mastaba » de mererouka (vizir de la VIeme dynastie, vers -2300)
foulage du raisin dans la tombe de mererouka: ils s’accrochent à une rampe et se tiennent par la hanche comme on peut voir encore au Portugal aujourd’hui
Voici la vinification décryptée par l’égyptologue Pierre Montet d’après la tombe de Ptahhotep (vers -2600):
commence alors le foulage au rhythme de la musique
voici deux images transmises par l’ami Jean-Louis, qui proviennent d’une nécropole de l’oasis de Kharga (période de l’hérésie nestorienne ajoute-t-il avec gourmandise) ; la chapelle des raisins (Anaïd al-Ainab) d’après passion-egyptienne
Voilà un nom bien de chez nous, mais… c’est un allemand !
Issu d’une famille huguenote réfugiée en Allemagne après la révocation de l’Edit de Nantes, Philippe Mercier naquit à Berlin en 1689 et vécut longtemps en Angleterre où il suivit le prince Frédéric de Galles dont il avait fait le portrait, et où il mourut en 1760.
Ce jeunedégustateur serait au Louvre…
Et qui saurait où se trouve cette dégustatrice ?
Mercier aurait aussi peint ces quatre sens
et ce « sense of taste » où le vin coule à flot.
Voici aussi une « tabagie » où l’on ne fait pas que fumer
On trouvera d’autres peintures sur le thème du vin sur le site de l’importateur franco-japonais Motohama , où l’on peut voir beaucoup de belles choses comme ces buveurs de vin
(noter le verre en lévitation)
Pour certains (cf le cabinet de curiosités d’Eric Poindron ) ce serait l’oeuvre de Jacques Autreau ( peintre, dramaturge, poète français : 1657-1745, pour d’autres (cf le vin à travers la peinture, de José Artur et alias, ACR Editions 1997) celle d’Etienne Jeaurat (1699-1789) : il s’agirait alors du poète Piron à table avec ses amis Vadé et Collé. Il faudra aller au Louvre pour en avoir le coeur net…
Voici une Cene d’ambiance assez étonnante, de Bassano (1542)
Mêmes carafes pour ce diner de Matisse !
Il y a à boire et et à manger dans cette nature morte de Peter Claesz ( 1596/7-1661)
Ambiance tristounette « A la mie » de Toulouse Lautrec(1891)
Scènes de café avec Cézanne
Finissons en majesté avec ce Bacchus de Michel-Ange (1497)
Nous ne sommes pas seuls dans l’univers, il y a de par le monde d’autres collectionneurs(ses) de belles oeuvres sur le thème du vin.
Ainsi aussi cet importateur japonais de vins français, Motohama qui nous fait découvrir Philippe Mercier et Jan Van Dalen, sur lesquels nous reviendrons.
Ainsi, une certaine Pascale dite l’intarissable qui présente depuis Jerusalem une jolie collec sur votreforum.net , rubrique la tête de l’art, sujet : à consommer avec modération.
Merci Pascale ! Nous présentons ci-dessous quelques oeuvres notables de ta collection.
Des classiques comme ce verre de vin de Vermeer,
Ce serait » une incitation à la mesure ; l’on voit une jeune femme vider son verre, tandis qu’un homme tient la cruche. » peut-on lirelà
Bacchante, de William Adolphe Bouguereau (1825-1905) qualifié de peintre « académique »
une buveuse assoupie, de Picasso (1902)
Des scènes de genre, avec ces couples de jean béraud (1849-1935)
Ici un resto bien new-yorkais de Guy Buffet, peintre à l’étonnant parcours : né à Paris en 1943, il entra dans la Marine et s’éprit des mers du Sud, il a réalisé des lithographies pour les plus grandes marques
Il n’est pas inintéressant de lire les explications données sur Topic Topos, le site du patrimoine des communes de France
« La Vierge et l’Enfant affichent ici, malgré leur maintien un peu raide, des visages souriants qui reflètent l’idéal de bien-être redécouvert à la Renaissance. La grappe de raisin, image médiévale du sang qui doit être versé, se mue en symbole dionysiaque de l’instant à croquer et la colombe, présence de l’Esprit saint, reprend discrètement dans la main de l’Enfant sa connotation antique d’oiseau de l’amour entre les mains du petit Éros. »
« Cette Vierge à l’Enfant tient dans sa main droite une grappe de raisin, symbole de la fête célébrée à la mi-août. À cette époque, les raisins ne sont pas encore mûrs. Les festivités sont destinées à demander la prospérité et la bénédiction des vendanges à venir. L’Enfant Jésus tient un oiseau, évoquant le Saint-Esprit. »
Toujours à l’affût de déco originale, nous avons déniché ces bouteilles peintes chez l’ami Mélac. Nous auraient-elles échappé lors de notre précédente visite ?
Nous retrouvons des noms connus, comme Jean-Paul Chambas , et sommes heureux d’accueillir beaucoup de nouveaux dans la galerie du bon clos…
Ils ont nom Olivier Lapidus, Brito (dessinateur bien connu des lecteurs du Canard), Alain Challier, Gérard Guyomard , Arthur Beatty, Christine Ankaoua …
Et de gauche à droite Paul Jacquette (*), Charlelie Couture (sic), Lelia (?) Pissarro, Bonnin….
(Photos Bernard Chatreau)
* « Peintre contemporain »,comment ne pas aimer ce « pique-nique »?
Le vin d’Arbois, on le sait, plus on en boit, plus on va droit !
C’est sans doute ce qu’avaient en tête les près de 60 000 amateurs venus participer à cette 15eme percée, en goûtant les crus de pas moins de 84 domaines.
Disons deux mots de ce vin issu du cépage savagnin, qui demande un peu plus de 6 ans de maturation en foudres pour voir se développer un voile de levures produisant une molécule, le sotolon, à l’origine de son goût étonnant de noisette et de curry qui ne plait pas à tout le monde mais dont les amateurs ne peuvent plus se passer.
Toute la ville avait fait assaut de coqueterie pour la circonstance.
Voici ce que l’on pouvait découvrir en venant de Poligny, passage obligé pour monter dans les navettes et rejoindre Arbois.
Une installation de brûles-sarments annonçant cette sculpture monumentale.
Un peuple débonnaire éclusait des godets dans la bonne humeur.
trois jeunesses qui « récupèrent » sous un porche
L’école maternelle était de la partie.
avez-vous vu ?
Le clou de la fête fut sans doute cette bouteille datant de 1774 vendue aux enchères pour 57 000 euro !
L’église Saint-Just n’était pas en reste avec une exposition baptisée « vin de l’ivresse, vin de la sagesse »…
En tout bien tout honneur car nous dit-on « l’ivresse mystique est sobre… l’alcool […] n’est qu’une contrefaçon de la seule véritable ivresse à laquelle Dieu invite toute l’humanité«
on y pouvait découvrir les méfaits de l’ivresse avec Jacobus de Voragine (chroniqueur du 13eme siècle)
vs. le Pont des Anges attribué à un comte de Poupet par Luc Boilley (sic)
le festin d’Assuerus, sous la treille comme il se doit ( Jacopo del Sellaio, 15eme siècle)
et un bel exemple de prosélytisme oecuménique, cette évocation de Ibn Al Fâridh, poète mystique arabe du 12eme siècle qui écrivit l’éloge du vin !
Au hasard des rues on pouvait découvrir cette treille « de Lignan plantée en 1854 par Zenon Morin et entretenue par le domaine Jacques Tissot ».
Il ne fallait pas manquer bien sûr la visite du musée de vigne et du vin, installé dans le chateau Pecauld.
Ce vitrail de l’église saint-just représente les porteurs du « biou », cette grappe géante faite d’une multitude de grappes confectionnée chaque année en l’honneur de saint-just début septembre.
bouteille historique de 1774, tiens.
Plus originaux cette Vierge au raisin, pierre polychrome du 15eme siècle provenant de l’ancien hopital d’Arbois
et ce garde-vignes, mais on s’étonne de ne pas voir de grappes à garder !
Mais réservons notre Palme pour l’exposition d’art contemporain où nous avons déniché quelques belles choses.
Figure imposée aux artistes : utiliser comme support les filtres utilisés pour filtrer le vin avant la mise en bouteille, sortes de carrés de papier cartonné de 50 cm sur 50 environ.
Voici quelques oeuvres qui ne dépareront pas dans la galerie du bon clos.
deux brûle-sarments, de Chantal Rident
Jadis… le foulage, d’Arlette Badoz
nouvelle histoire du vin jaune, par Luce Clavel Davignon (acrylique, encre de chine, collage)
Le bon Pasteur en est tombé du paquetage, dirait-on
Pasteur hip’ sation, de Michel Veysset (respectueuse impertinence)
Ce sculpteur affectionne aussi photo et video. Voici une série sur l’art et la manière de boire…
??
enfin cette grappe extraordinaire, d’Yves Gravel
Une belle fête donc, que l’on quitte en psalmodiant : l’an prochain à Ruffey sur Seille ?
On les appelle cabinets de vignes, choquettes, loges, cabioles, grangettes, mazets.. selon la région. Elles servaient à entreposer le matériel de viticulture. Un site leur est consacré :cabanesdevignes.fr, qui mérite vraiment une visite.
Après avoir été longtemps abandonnées aux amoureux et aux sans logis, depuis quelques années elles font l’objet de réhabilitations diverses.
Saluons ainsi l’initiative des autorités de l’Agglomération de Béziers et de l’agence artistique atdown.fr qui ont entrepris de mettre en valeur les cabanes vigneronnes et autres édicules épars dans les vignes. C’est peint à la bombe, on cite les artistes Zest et Vania .
Voici quelques réalisations, qui nous parlent de vin.
On ne va pas laisser l’exposition Monet, qui bat des records de popularité au Grand Palais, se terminer sans mentionner deux tableaux qui ne peuvent laisser indifférents les amis du clos.
Il y a bien sûr ce « chemin dans les vignes à Argenteuil », qui date de 1873. Plus chemin que vignes, dira-t-on. Epilogue de l’histoire glorieuse des vignes d’Argenteuil, en déclin à l’époque, peut-être.
Et il y a ce monumental « déjeuner sur l’herbe » (1865), très (bien) habillé
et appétissant !
Passionné par la Cathédrale de Rouen, le Parlement de Londres, la gare Saint Lazare, les meules de foin et les nymphéas, Claude Monet n’en aimait pas moins le vin. Voici retrouvées pour les lecteurs du bon clos les commandes qu’il adressait depuis Giverny à un horticulteur de Neauphle-le-chateau, M. Gravereau.
Novembre 1898, Monet commande « quatre feuillettes de votre vin rouge et une feuillette vin blanc. » Novembre 1899, il réserve 5 feuillettes de vin rouge et 2 de blanc. Le même jour il rectifia dans une autre lettre sa commande :«Je me suis mal exprimé dans ma lettre de ce matin. Je voulais vous dire que si votre vin est d’aussi bonne qualité que celui de l’an passé, j’en prendrai volontiers 9 feuillettes et 2 de blancs. » Janvier 1901, il demande si le vin blanc est assez clair pour en recevoir. Septembre 1901, il passe la commande pour 5 fûts de vin blancs et 3 de rouge. 1903 : il commande 7 feuillettes de vin rouge et 8 de blanc. Mai 1904 il le remercie pour son envoi d’asperges : « elles ont été les bienvenues et les avons trouvées aussi bonne que belles.» Septembre 1904, il renouvelle une commande de « 7 feuillettes vin rouge et 7 de blanc, ou même 8 de chaque.» Novembre 1905, il accuse réception de 10 fûts de vin rouge et renvoie 11 fûts vides. La correspondance ce termine par une lettre de janvier 1908 dans laquelle il réserves « 7 fûts de votre vin rouge, s’il est bien de la même qualité que celui de votre dernier envoi. Pour le vin blanc comme je n’ai pas été content du dernier, je vous en demande plus attendus qu’il n’est plus du tout bon comme autre fois.
précision pour la bonne compréhension : une feuillette est un tonneau de grande dimension, un fût de 225 litres pour le dictionnaire de l’académie, de 135 litres pour le Littré.
Ce terme n’est plus guère usité, mais il le fut, car comme a dit le poète
« Bons vivans que met en goguette Le vin d’une vieille feuillette »
Quand même, commander dix fûts par an… Cà peut paraitre beaucoup mais faisons le compte : une dizaine de fûts, cela fait dans les 2000 litres par an, soit 6 litres par jour, pas tant que ça finalement pour une maisonnée où la domesticité était sans doute nombreuse entre chauffeur, cuisinière, femmes de chambre, jardiniers… et où les invités devaient se presser. Ce qui est plus étonnant c’est l’absence de toute mention de provenance pour ces vins blancs et rouges…
Curieux destin que celui de Mitre, cet immigré grec venu en Provence travailler comme vigneron chez un préteur romain, près d’Aquae Sextae (Aix). L’histoire dit qu’il ne laissait pas d’importuner son maitre de ses reproches sur sa vie « dissolue ».
Sans doute le traiterait-on aujourd’hui de tête à claques.
Que ne garda-t-il la bouche cousue !
Le préteur finit par craquer. Pour s’en débarrasser il l’accusa tout d’abord d’avoir volé son raisin, après avoir envoyé ses sbires dans la vigne à cet effet. Las ! Miracle ? La vigne était intacte. Il (c’était logique) accusa alors Mitre de sorcellerie.
Au Vème siècle après JC on ne plaisantait pas avec ces choses-là.
Pauvre Mitre. Que ne prit-il ses jambes à son cou !
Le voila incarcéré, conduit dans la cour du prétoire et décapité. Mais, miracle ? Mitre ramassa sa tête et la porta jusqu’à l’église Notre Dame de la Seds avant d’expirer.
le martyre de saint-mitre
(On peut voir ce tableau de Nicolas Froment (vers 1480) pour quelques jours encore à l’exposition France 1500 au Grand Palais)