Pour les amateurs d’opérette on peut voir ces jours-ci à l’Opéra Comique Ciboulette, de Reynaldo Hahn (1923). Il s’y trouve un petit air charmant :
Ah Qu’il est doux de faire campagne,(A la campagne tout près d’Paris*) Entre deux fêtes à Paris, Et de remplacer l’ champagn’ Par du cidre ou du p’tit vin gris.
(*) Il s’agit d’Aubervilliers. L’action se passe en 1867
On peut le voir dans cet enregistrement tourné en Avignon en 1997 sous la direction d’Emmanuel Plasson. L’air qui nous intéresse commence à la minute 19 et 11 secondes et dure à peine plus d’une minute !
Revoici la Saint-Vincent avec son cortège de festivités et de célébrations.
Les franciliens que la neige n’avait pas découragé pouvaient se rendre à le 20 janvier à Combs-la-Ville chez les Compagnons d’Irminon où se tenait la saint-Vincent tournante traditionnelle des Confréries « Cocorico ».
Les parisiens avaient une deuxième chance ce samedi 26 janvier à Montmartre (défilé à 17h au départ du Moulin Rouge, et messe solennelle à 18h à Saint-Pierre de Montmartre, suivie d’un dîner de gala à la salle des fêtes de la Mairie du 18ème).
Il leur reste une ultime occasion de célébrer cette fête en se rendant dimanche 27 janvier à l’église Sainte-Colette des Buttes Chaumont, dans le 19ème. Ils pourront y écouter le Souffle de Bacchus (chorale des Echansons de France) accompagner la messe en chantant
« Béni soit à jamais le Seigneur de ses bienfaits
Qu’a-t-il fait de meilleur que ce petit vin clairet ? »
et bien d’autres chants entrainants.
Les plus chanceux participeront le soir même au banquet des Echansons, une fameuse soirée en perspective dont nous reparlerons !
En ce mois de décembre les fans d’Offenbach et amateurs d’airs à boire avaient deux opportunités d’étendre leur répertoire, avec le retour des brigands à l’Athénée montant Croquefer (une merveille loufoque, livret d’Adolphe Jaime et Etienne Tréfeu, avec en rab l’île de Tulipatan, du grand art, c’est jusqu’au 13 janvier, courez-y !), et celui des délasscom osant monsieur et madame Denis au petit théâtre de Naples (c’est fini).
Voici un court extrait pour témoigner de l’art des Brigands.
On ne rira pas autant avec M.et Mme Denis, (ce n’est pas le plus drôle du maître, mais il y a un air à boire et une chaconne qui valaient le déplacement).
C’est le titre d’une oeuvre musicale composée par Alain Crépin, compositeur belge né en 1954, à la suite de sa participation en octobre 1989 à un chapitre de la Confrérie du Taste-Vin, au cours duquel il a été intronisé chevalier du Tastevin.
L’oeuvre se compose de trois parties : « l’intronisation », « le château du clos de Vougeot », et « la disnee » au cours de laquelle on reconnait les accents d’un hymne bourguignon bien connu. On en trouvera une description détaillée là
En voici une interprétation par la musique royale des P.G. (?) de Deux-Acren
Pour clôturer le cycle de manifestations organisées autour de l’exposition « le vin au Moyen-Age » dont nous avons rendu compte, l’équipe de la Tour Jean Sans Peur avait fait venir Béatrice Gaussorgues et son choeur Montorgueil,
pour régaler le public d’un concert de musique vocale ancienne.
« Hoy comamos, hoy bebamos… » de Juan del Encina ( fin 15ème début 16ème, Cancionero del Palacio, n°357 dans un recueil d’époque de plus de 400 chansons) : « mangeons, buvons, chantons, amusons nous, car demain nous jeûnerons... » (paroles en espagnol là)
« ‘tis women makes us love« , d’Henry Purcell, fin 17ème : « des femmes nous tombons amoureux, l’amour nous rend malheureux, de tristesse nous buvons, et la boisson nous rend fous… (les échansons du Souffle de Bacchus reconnaitront l’air sur lequel ils chantent l’hommage à Saint-Vincent)
le Tourdion (« quand je bois du vin clairet… « anonyme du 16ème siècle, publié par l’imprimeur Pierre Attaingnant) ;
Ô Bacchus de Laurent Gervais de Rouen, vers 1700 ; en voici un extrait
« mon mary va à la taverne… » (anonyme du 16ème siècle)
pour finir avec le bien connu « Chevaliers de la table ronde », et « remply ton verre vide.. » …vide mon verre plein… (chanson à boire du 17ème) , entonnés par le public ravi.
Beaucoup de ces oeuvres, chantées par de multiples formations, sont accessibles en ligne, nous en donnons quelques aperçus en fin d’article
Une dégustation de vins d’appellation moyenâgeuse (Saint-Pourçain, Cabernet d’Anjou, Hautes Cotes de Beaune) accompagnait ce concert.
Et en guise de « boute hors », c’est un vin doux naturel de Maury (la Preceptorie), accompagné de gâteau au chocoloat, qui fut offert pour « bouter hors » le public. La classe !
Voila des années que nous rêvions de ce festival de Bruniquel (beau village du Tarn et Garonne) sans nous décider à nous rendre dans cette contrée éloignée de nos itinéraires habituels. Pensez, un festival dédié à Offenbach, avec à coup sûr quelque chanson bachique à nous mettre sous la dent.
Nous ne fûmes pas déçus, avec les amis Bernard dit « Grande Force Tranquille » et Pierre « l’Entaillé », (si j’en crois mon dictionnaire de breton).
C’est avec ravissement que nous avons découvert cette troupe composite, rassemblée année après année par l’infatigable Frank T’Hézan, et dirigée musicalement par Jean-Christophe Keck.
Des chansons bachiques, il y en avait plusieurs, car
En attendant un DVD qui ne saurait tarder, voici une version de l’air de la griserie (« je suis un peu grise mais chut, faut pas qu’on le dise ! »)
par Teresa Berganza
ou par Felicity Lott
Ah! quel dîner je viens de faire! Et quel vin extraordinaire! J’en ai tant bu, mais tant tant tant, Que je crois bien que maintenant Je suis un peu grise. Mais chut! Faut pas qu’on le dise! Chut!
Si ma parole est un peu vague. Si tout en marchant je zigzague, Et si mon oeil est égrillard. Il ne faut s’en étonner, car… Je suis un peu grise, mais chut! Faut pas qu’on le dise! Chut!
Amis du clos, ne boudez pas votre plaisir : c’est jusqu’au 7 août. Et restez à la table d’hôtes, qu’animent les chanteurs jusqu’à 2 heures du mat’.
Voici un sympathique groupe charentais que des amis du clos nous ont fait découvrir. Ils chantent depuis douze ans déjà ce qu’on pourrait appeler du rock de terroir.
Les voici dans « ma vigne« , une belle évocation du dur métier de vignerons.
vinbianc1
Ô l’est nous autres que j’l’ont pianté, cette veugne qui doune la liqueur bianche,
O l’est de même que nous l’ont récolté, les raisins qui v’nont dans ces branches,
Ils avont chanté tous les vins, le Bordeaux , l’Bourgogne et l’Champagne,
Ils ont chanté les bières d’Allemagne, ils ont chanté l’jus de nos raisins…
Refrain : Vin bianc, vin bianc et cheu que reune ne rempiace,
Vin bianc, vin bianc vaut ben mieux qu’toutes ze vinasses,
Vin bianc, vin bianc, ô vous remet le cheur en piace,
Un coup de vin bianc ,ô vous rajeunzis de vingt ans !
Chau vin si joli et si gritte, et cheu qui fait la fine champagne,
La jalousie de ben des pays, et la fortune de nos campagnes,
Y descend si ben dans l’jabot, et y s’laisse si ben, si ben bouère, Que chacun l’matin pour tuer l’ver, mange une goûlée pour boire un coup…
Il est doux quand il est nouvia, plus bon pour tremper la rôtie,
Quand t’en as tois verres dans la pia, y’a point d’danger, des maladies,
Qui soye de Burie ou de Matha, où ben de la vallée de la creusille,
En attendant que l’soleil brille, mange une goulée pour boire un coup…
Au bon clos, si l’on a fait clairement le choix du vin, on n’en dédaigne pas moins la bière !
Les soldats, étudiants et villageois du Faust de Gounod ne font pas la différence, écoutons-les !
Vin ou bière, bière ou vin,
Que mon verre soit plein !
Sans vergogne, coup sur coup,
Un ivrogne boit tout !
Jeune adepte du tonneau,
N’en excepte que l’eau !
Que ta gloire, tes amours,
Soient de boire, toujours !
On connait l’opéra de Pékin, mais connait-on l’opéra Wu (du Zhejiang ), l’opéra Yue (de Shanghai), l’opéra Qingqiang (du Shanxi), l’opéra Puxian (du Fujian), l’opéra Chuan (du Sichuan) ?
Une petite carte pour situer tout ça.
Les amateurs d’exotisme, mélomanes, sinophiles et autres esthètes s’en sont donné à coeur joie au festival des opéras traditionnels chinois dont la 5eme édition se tenait ces jours-ci au théâtre Monfort.
Au bon clos où l’on est tout cela, on n’a pas manqué d’en apprendre plus (voir aussi notre article Ganbei) sur les coutumes de l’Empire du Milieu, notamment en ce qui concerne l’usage du vin et des alcools.
ou » le Mariage du Diable », de Christoph Willibald Gluck , créé à Vienne en 1760, se joue pour quelques jours en mars à la Péniche Opéra , amarrée quai de Loire à Paris 19eme.
Des sessions de rattrapage sont prévues en Bretagne en juillet, puis aux Pays-Bas cet automne.
Qu’en dire sinon qu’il s’agit d’un petit bijou qui nous replonge dans l’univers des opéras comiques du 18eme siècle joués naguère sur des tréteaux dans les foires, truffés d’airs à boire et de vaudevilles sur des airs d’époque.
Le ténor Artavazd Sargsyan (mathurin) au sol
L’argument est celui de la fable d’Esope (dont la version par La Fontaine est bien connue des amis du clos), à laquelle une histoire de mariage contrarié mais finalement triomphant a été rajoutée. Deux buveurs invétérés vont être mystifiés par la femme de l’un et les deux candidats au mariage. Ca a l’air mince, mais à bien écouter il en est dit long sur la duplicité des personnages.
Estelle Béréau, dans le rôle de Colette
La musique de Gluck (qui connaissait bien le sujet) vaut la peine,
Et pour prolonger le plaisir, voici l’air de colette chanté par claudine collart en 1950 !
Non non jamais un tel époux ne peut me rendre malheureuse…
Gluck (1714-1787) par Houdon.
Pour accomplir sa destinée , il quitta à seize ans le domicile familial près de Nuremberg et parcourut le pays en chantant et en jouant de la guimbarde; le talent et les rencontres firent le reste…
Où dîner après le spectacle ? chez monsieur Raymond, voyons !
Au rendez-vous de la marine. Bonne adresse garantie bon clos. C’est « good & plenty » comme on dit en Pennsylvania.