Au 75

Voici un lieu mythique où il fallait bien un jour mettre les pieds. A deux pas du parc Georges Brassens, l’entrée ne paye pas de mine.

au75

On n’y entre d’ailleurs, après avoir frappé , que si la mine plait…

A l’intérieur, c’est un capharnaüm d’affiches, de photos,

retraçant la glorieuse carrière du boxeur Yanek Walczak qui après sa retraite sportive ouvrit cet établissement, nommé alors « Aux sportifs réunis », et tenu aujourd’hui par son fils françois et sa famille

boxeurs

walczakboxe

et faisant revivre les habitués du lieu, connu aussi comme la cantine de tonton Georges.

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Posées sur le bar, les bouteilles sont à la disposition des clients (on on devrait dire plutôt des convives)

bouteilles

la chère est bonne, appétissante,

patés

et les prix sont légers, mais ce qui compte le plus sans doute c’est l’ambiance, magique.

magiclydie

Délicieuse Lydie, la fée du logis…

Merci ami (MC) Patu de nous l’avoir fait découvrir !

MCpatu

au petit bouchon

Ce tableau, qui conjugue quotidien et abstraction,

tableaubouchon

découvert dans un restaurant de Saint-Flour

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nous donne l’occasion de donner un grand coup de chapeau à cet établissement, où l’on peut se délecter d’une simple « galette de pied de cochon » comme d’une « rouelle de tripoux aux lentilles blondes de la Planeze façon Jean-Michel Cornut« , arrosés de vins du cru.

Voila une valeur sûre, à mettre sur les feuilles de route des amis du Clos.

(Chez Genevieve, au petit bouchon, 25 rue des lacs, St-Flour ville haute)

chezgenevieve

vins espagnols à passy

Le Majestic Passy , voila une bonne adresse pour les amis du Clos et autres amateurs de vins inédits.

Depuis quelques mois, « en ménage à trois » avec l’Institut Cervantès et « Aragon Alimentos », il a pris la bonne habitude de présenter des films espagnols en v.o. récents, lors des soirées du Cycle Espagnolas en Passy. C’est ainsi qu’on y a pu voir l’orphelinat, de Juan Antonio Bayona, et découvrir l’étonnante histoire de Lucio (de Aitor Arregi et Jose Mari Goenaga), cet anarchiste faux monnayeur qui a fait en son temps plier les genoux de la First National City Bank.
Ce lundi 15 décembre, c’était deux beaux films, Amateurs de Gabriel Velázquez et Sud Express de Chema de la Peña et Gabriel Velázquez, qu’il nous a été donné de voir en présence des réalisateurs et d’acteurs.

Aragon Alimentos , émanation du « Gobierno de Aragon », nous faisait découvrir les spécialités de cette belle contrée : lomo, chorizo, dulces variados étaient généreusement offerts et pouvaient être dégustés avec des vins d’Aragon peu présents sur nos tables : un gran ducay, effervescent et fruité

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un moscatel de la même maison, doux et parfumé

moscatel

et ce Cruz de Piedra de Calatayud 2007, rouge aromatique.

calatayud

Gracias a todos et à l’association « Espagnolas en Paris » (gnolas@free.fr pour être en diffusion) pour leur action.

La prochaine séance serait en mars 2009. Amis du Clos, retrouvons nous-y !

Hasta Luego !

Aerer son vin avec vinturi

Un nouveau gadget pour les amateurs de vin : l’aérateur de vin Vinturi. On le doit à un inventeur danois, Torben Flanbaum, plombier à la retraite…

Le principe ? Faire couler le contenu d’un verre dans un « canal venturi » muni d’une buse d’aération permettant de mélanger air et vin.

vinturi

L’intérêt, c’est bien sûr d’aérer verre par verre.

Pour en savoir plus

démonstration par un spécialiste de la gestion de l’innovation et de la technologie…

demovinturi
et voici où le trouver sur le net , pour le marché français, on n’est pas sympa au bon clos ?

Un jour à la Bourse

Débarrassé, depuis maintenant des lustres, des hommes d’argent, le palais Brongniart accueillait ce samedi 17 mai, des affairistes d’un tout autre genre : des gens de vin, producteurs et amateurs, venus en nombre à l’appel de la Revue du Vin de France.

Des grands vins en nombre, comme Carbonieux, Fieuzal, La Tour Blanche… mais aussi des espoirs et des jeunes pousses. L’occasion de déguster donc des vins peu accessibles et de faire des découvertes.

Parmi celles-ci l’étonnant Brumont (dans la catégorie « à voir sur place »),

brumont

implanté à Bouscassé en Gascogne, dont nous avons adoré les cuvées tardives comme le brumaire 2005, aux aromes de crème de marrons et de pruneau confit, et le pacherenc de vic-bilh sec du chateau montus.

Citons aussi le domaine Renouard et ses « Scamandre », à Vauvert près de Nîmes, création récente de passionnés du vin de Châtillon sous Bagneux, qui ont tout lâché pour se lancer dans cette grande aventure…

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nadine et erell renouard

Les bourguignons étaient là et bien là, avec une exposition originale de cornues recelant les constituants des arômes, que chacun pouvait humer. Douze étaient présentés : de la vanille aux fruits secs, rouges ou confits, en passant par le cuir, la torréfaction, les épices, le beurre, les agrumes, les sous-bois, les fleurs blanches…

sousbois

fruitsec

fruitrouge

fruitconfit

epices

fleursblanches

cuir

beurre

agrumes

torréfaction

vanille

Un arôme manque à l’appel. Cet amateur a-t-il su le trouver ?

mystère

On pouvait aussi se faire dédicacer son livre « terres de vignes », qui présente les vignobles vus d’en haut, par Mathilde Hulot,

terredevigne

ou encore son « livre de cave » par Bernard Burtschy

BBenpleinaction

(ici en pleine action, dans un autre contexte bien sûr).

Le dernier mot sera pour ARTCURIAL, maison de ventes aux enchères basée à l’ex-hôtel Dassaut au Rond-Point des Champs Elysées, qui faisait déguster des merveilles anciennes, comme ce Pavillon Rouge 1982 qui nous poursuit encore.

La Cambuse

Amis du Clos et amateurs de sauvignon, retenez bien ce nom : la Cambuse.

C’est un village du Loir-et-Cher, du côté de Selles sur Cher.

Outre pommes de terre, asperges et noix, on y trouve un étonnant sauvignon, vin de table (vendu en vrac uniquement) sans prétention qui certes, n’a pas le corps d’un Sancerre, mais qui est goûteux et gouleyant : voila un vrai vin de soif pour ces temps caniculaires. Avec un prix à rendre le sourire aux bourses asséchées par la crise alimentaire.

Amis du Clos, courez y donc. On le trouve sans difficulté, entre Châtillon-sur-Cher et Méhers, près de l’autoroute « à côté du rond-point ».

Le service est professionnel avec Nicolas.

nicolas

Et il y a des clients qui en redemandent !

gérard

Profitons aussi de cette escapade pour nous remémorer la chanson du berrichon Hugues Lapaire

LE SAUVIGNON *

Hugues LAPAIRE 1926 ( chanson berriaude )

J’dounn’rais l’bordeaux vou l’bourguignon
Et tous vos sacrés vins d’champagne
Pour un p’tit fût de c’sauvignon
Qui dore l’cotiau d’nout’ campagne

Il est v’louteux, il est blondin
C’est du p’tit vin, franch’ment nature…
Si ben qu’avant la Saint Martin
J’mettrons l’gosier sous la champ’lure

Si j’on laissé d’anprès les pieds
Queuqu’s grign’s, c’est pour souler les grives !
Faut-y pas qu’all’ chantint, arié ?
Allons ! faut-y pas qu’tout l’mond’ vive ?

C’t’anné’, j’ons d’ qoué vous fé chanter !
Ohé ! Ohé ! Queu z’entounailles !
A c’ t’ heur’ j’ vous pouvouer les douter
Nos fill’s ! pressons les accordailles !

Dressons l’couvert , fasons festin !
Babet, cours tirer des chopines !
Ohé ! Ohé ! Jusqu’au matin,
J’en cont’rons d’gris’s à nos voisines !

Beuvons tertous à nos amours,
Aux gent’s drolliér’s et aux pu dignes !
Beuvons ! la vi’ dur’pas toujours…
Il est si clair el vin d’nout vigne !

Et merci d’avance à celui ou celle qui pourrait nous faire passer la partition !

* chanson trouvée sur vignobletiquette.com , un site magique dont nous reparlerons !

QUIZ

Dans nos guinguettes de Paris quelle est donc la boisson piquante qui ravigote les esprits ?

Quelle était l’âcre saveur que les vieux guerriers russes et prussiens, courbés et blanchis soixante années après l’invasion de 1815, rêvaient encore de goûter ?

Quel est encore ce vin « à la si jolie couleur de groseille » dont parle Victor Hugo, qui, dégusté « sans eau, [] n’est vraiment pas mauvais » ?

Ami lecteur, le bon clos l’a découvert pour toi :

« C’est le vin coquet, le vin clairet… que l’on boit à Suresnes.

Curieusement, c’est dans les années 70 du 19eme siècle, après le Second Empire, qu’il reçoit la consécration littéraire et musicale, si l’on en juge par ces trois références :

« Ruines et Fantômes « , par Jules Claretie date de 1873. Apprenant la mort de Napoléon III, l’écrivain évoque la visite du czar en 1867 et se remémore 1815 :

Mais quelle chose bizarre, me disais-je alors, que ce voyage tout fraternel de l’empereur de Russie rappelle inévitablement la tournée moins amicale de 1815 ! Au fait, pourquoi oublierions-nous cette date assez cruelle, lorsque nos voisins mettent un soin si tenace à se la rappeler?
Et j’ajoutais:
–A cette heure, il y a, de par le monde, en Prusse et en Russie, de braves gens qui se racontent avec une espérance avide la légende de l’invasion. Il y a de vieux guerriers courbés et blanchis qui ont gardé sur les lèvres l’âcre saveur du vin de Suresnes, et qui voudraient bien encore en goûter.

Dans ses « mémoires de la vie littéraire » (le Journal) Edmond de Goncourt relate un dîner en août 1873 , chez Victor Hugo. Le grand homme est intarissable, la soif le prend :

Il s’interrompt:

«Donnez-moi à boire, non pas du vin supérieur que boivent ces messieurs (il fait allusion à une bouteille de Saint-Estèphe) mais du vin ordinaire, quand il est sincère, c’est celui que je préfère, non pas du Bourgogne, par exemple: ça donne la goutte à ceux qui ne l’ont pas, ça la triple à ceux qui l’ont… Les vins des environs de Paris, on est injuste pour eux, ils étaient estimés autrefois, on les a laissé dégénérer… ce vin de Suresnes sans eau, ce n’est vraiment pas mauvais…

Tenez, monsieur de Goncourt, il y a longtemps de cela, mon frère Abel, en sa qualité de lorrain et de Hugo, était très hospitalier. Son bonheur était de tenir table ouverte. Sa table, c’était alors dans un petit cabaret, au-dessus de la barrière du Maine. Figurez-vous deux arbres coupés et non écorcés, sur lesquels on avait fiché, avec de gros clous, une planche. Là, il recevait toute la journée. Il n’y avait, il faut l’avouer, que des omelettes gigantesques et des poulets à la crapaudine, et encore pour les retardataires, des poulets à la crapaudine et des omelettes gigantesques. Et ce n’étaient pas des imbéciles qui mangeaient ces omelettes. C’étaient Delacroix, Musset, nous autres… Eh bien là, nous avons beaucoup bu de ce petit vin, qui a une si jolie couleur de groseille: ça n’a jamais fait de mal à personne.»

Last but not least, Edmond Audran fait jouer son opérette le grand Mogol en 1877 à Marseille. Par quelle fantaisie a-t-il placé ces « couplets du vin de Suresnes » dans cette histoire classique d’amour contrarié qui se passe aux Indes ? On se perd en conjectures…

Dans nos guinguettes de Paris

Quelle est donc la boisson piquante

Qui ravigote les esprits

Et qui fait qu’on rit et qu’on chante

Quelle est cette fraîche liqueur

Qui coulant gaîment dans les verres

Des grisettes des mousquetaires

Vient troubler oui troubler la tête et le coeur ?

Refrain

C’est le vin coquet Le vin claret Dont nos tasses sont pleines

C’est le vin si gai Si distingué Que l’on boit à Suresnes

(bis)

A tire larigot comme dit l’dicto l’Suresnes premièr’ se boit sans eau

A tire larigot l’Suresnes première

A tire larigot se boit sans eau

(bis)

Qui donc aux jeunes comme aux vieux

Aux timides aux joyeux drilles

Donne des élans amoureux

Auprès de nos aimables filles

Qui fait qu’ils ont autant d’ardeur

Tant d’éloquence auprès des belles

Qu’ils triomphent des plus rebelles

Rien qu’avec un petit regard séducteur ?

Refrain

En voici un extrait musical et une partition.