Voici un bien étrange bas-relief que l’on peut voir sur le flanc de l’immeuble situé au 12 de la rue de l’abbé carton, à Paris 14eme, photographié par l’ami François.
Un homme tombe dans un puits, situé au fond d’une cave. Un autre s’enfuit. Ou vient à son secours ?
Quel drame s’est joué là ?
On distingue le nom de l’Amer Picon (breuvage bien connu des lecteurs du bon clos : voir là), inscrit sur une jarre. Publicité ?
Les tonneaux empilés forment un triangle. Message secret maçonnique ?
Rendez-vous annuel des inventeurs, créateurs et de leurs admirateurs, le Concours Lépine 2011 aurait pu une fois de plus intéresser les amateurs de vin cette année.
Nous y avons découvert Le VinTek TM Solo, un curieux artefact en résine traitée présenté par Maurice Hsu, un Chinois de Taiwan, frère de l’inventeur…
Accolé pendant quelques minutes à un verre de vin, Le VinTek Solo en sublimerait le goût par accélération du vieillissement…
Pas plus grand ni plus épais qu’une carte de crédit…
Les habitués du bon clos se souviennent peut-être de vinturi , qui comme son nom le suggère accélère l’oxygénation du vin par effet venturi.
La technologie utilisée ici est différente, on peut la découvrir sur le site de leur agent aux Etats-Unis où le produit est déjà commercialisé. On apprend que des cristaux métalliques étudiés pour leurs propriétés de catalyseur du développement des végétaux auraient aussi un effet sur le vin.
Plein de bonne volonté, après plusieurs essais (combien, déjà ?) sur un petit vin des Côtes du Rhône, nous avons finalement cru observer un « confit » qu’on ne trouvait pas sur le verre témoin.
Malgré tout l’honnêteté nous oblige à nous déclarer incompétents pour émettre un avis définitif. Aux experts de se déterminer, que diable !
(c’est proposé au prix de 50 euro; maurice@nuu.edu.tw)
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Voici aussi Toum (marque déposée), ce petit réceptacle qui permet de rejeter sans cracher le vin pour ceux qui ne veulent, ne doivent ou ne peuvent l’ingérer.
Son nom est celui du dieu égyptien du vin et des liqueurs.
45 euro est le prix de ce petit objet en grès (info : bernard.nivelet@wanadoo.fr) auquel a été décernée une médaille de l’AIFF (Association des Inventeurs et Fabricants Français).
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Et voici enfin ces magnifiques gongs placomusogiganticus, destinés à détonner lors de l’ouverture des bouteilles de champagne !
Belle idée, non ?
L’argumentaire commercial insiste sur l’aspect sécuritaire et éducatif : en visant le gong, réduisant ainsi la vitesse du bouchon (40 km/h au départ si la bouteille n’est pas secouée) après le rebond, on risque moins de blesser qui que ce soit…
Une médaille AIIFF a également été décernée à cet instrument sonore à percussion idiophone, invention de Charles Labriet
Cette innovation fait suite à des produits antérieurs : champichute (capsule parachute pour bouchon de champ’)
et « no bless » (stop bouchon à chainette médaillé au Lépine 2007)
Il y en a qui ont de la suite dans les idées, dirait-on.
Et on nous annonce pour septembre 2011 le premier championnat de tirs de bouchons de champagne sur gong (les 10 et 11 septembre à Charly/marne) !
c’est la canette, c’est la canette, pourrait-on chanter sur un air connu .
Ne voit-on pas en effet du vin rouge en canette sur le site marchand Tesco ?
Un scandale, s’indignera-t-on !
Et ça vient de partout, du Nouveau Monde
« Avec plus de 60 millions de canettes vendues dans le monde, Barokes – vin premium australien – est le leader mondial du vin de qualité conditionné en canettes, grâce à un procédé innovant – Vinsafe® – qui permet au vin de conserver toute sa fraîcheur et tout son arôme »
comme de Bordeaux où une petite entreprise, pinkgrap, s’est lancée sur ce créneau depuis 2004.
Curieux destin que celui de Mitre , cet immigré grec venu en Provence travailler comme vigneron chez un préteur romain, près d’Aquae Sextae (Aix). L’histoire dit qu’il ne laissait pas d’importuner son maitre de ses reproches sur sa vie « dissolue ».
Sans doute le traiterait-on aujourd’hui de tête à claques.
Que ne garda-t-il la bouche cousue !
Le préteur finit par craquer. Pour s’en débarrasser il l’accusa tout d’abord d’avoir volé son raisin, après avoir envoyé ses sbires dans la vigne à cet effet. Las ! Miracle ? La vigne était intacte. Il (c’était logique) accusa alors Mitre de sorcellerie.
Au Vème siècle après JC on ne plaisantait pas avec ces choses-là.
Pauvre Mitre. Que ne prit-il ses jambes à son cou !
Le voila incarcéré, conduit dans la cour du prétoire et décapité. Mais, miracle ? Mitre ramassa sa tête et la porta jusqu’à l’église Notre Dame de la Seds avant d’expirer.
le martyre de saint-mitre
(On peut voir ce tableau de Nicolas Froment (vers 1480) pour quelques jours encore à l’exposition France 1500 au Grand Palais)
Christian Labelle, voilà encore un homme fasciné par les grands crus…
Ausone, Cheval Blanc, Yquem, Figeac, Petrus, Latour, Romanée-Conti : les voici, métamorphosés par son pinceau… tels que nous les avons découverts sur expo.artactif.com
Cet hyperréaliste est un autodidacte,qui collectionne depuis près de 30 ans les récompenses de toutes sortes, nous dit-on.
Des petits formats (40*30 cm typiquement) ces natures mortes, qui valent dans les dix euro le cm2 d’après nos calculs. Il faut dire qu’il y a du travail. De l’art sans doute, aussi. Ce sont des « natures mortes vivantes », dit Antonio Malmo.
On pense bien sûr à ces peintres russes vus à l’archange , mais ils ne s’étaient pas attaqué aux premiers crus !
Regardons bien ces deux images, qui datent de 1893, au temps de l’Alliance franco-russe, et que l’on peut voir parmi d’autres documents passionnants à l’expo « Cadeaux des Tsars « , actuellement et jusqu’au 3 octobre au Musée de la Marine au Palais de Chaillot.
Sur la photo du haut (de Marius Bar ) ce sont les marins, venus de Cronstadt et de Toulon, qui ripaillent, lors d’un Banquet franco-russe à Hyères.
Sur celle du bas ce sont les politiques et autres diplomates, réunis au palmarium du jardin d’acclimation (aquarelle par Thédore Hoffbauer, ça fait un peu penser à Sempé, non ?).
Un point commun toutefois : l’avez vous remarqué ?
Voici une ancienne distillerie vue à Verrières le Buisson, à la pointe Nord de l’Essonne.
Une plaque nous rappelle qu’elle est fut la propriété de Léon Chevalier, négociant en vins, alcools, liqueurs et sirop depuis 1820.
Verrières était à l’origine un village de cultivateurs, de maraîchers et de vignerons, qui comptait un millier d’habitants au 19eme siècle ; Eugène Ferdinand Chevalier y développa le commerce des vins en gros et en 1901 son fils, Léon Chevalier, fit construire cette distillerie par l’architecte Eugène Motel au carrefour de la Croix-Rouge où un four banal se trouvait jusqu’en 1786, avant qu’une ferme y soit implantée (pour en savoir plus voir là)
La maison du directeur fut installée à l’entrée de la distillerie sous l’escalier de laquelle un chien en terre cuite monte la garde.
La distillerie produisait surtout des sirops de fruits de la région et des spiritueux. Mais dans les années 1920, la production locale de fruits se tarit. La maison arrêta la fabrication et se consacra alors uniquement au commerce. Les restrictions puis les supermarchés eurent finalement raison de l’entreprise dont les alambics furent découpés.
Non loin de là une étonnante maison naïve nous donne la recette d’une bonne journée.
enfin bel exemple de déco urbaine
Au sud d’Antony le parc Georges Heller abrite le chateau Saran , construit en 1880 à l’emplacement de la Folie du marquis de Castries (détruite en 1815), qui abrite désormais un centre culturel .
et voici deux statues qui représentent les saisons
Voici encore un apéritif disparu (?) dont on trouve la trace sur les murs de nos villes. Cette pub a été vue à Tallard (05).
Qu’était-ce donc que cet « agréable fortifiant aux vins de France », « apéritif incomparable », produit de la maison Picon ?
Le site Sitabrac présente une collection vertigineuse d’objets publicitaires de cette marque (c’était vraiment les rois de la pub). On doit à Roland pour ce beau travail, merci à lui
Voici des éventails à faire frémir
On apprend ainsi que la maison Picon existe depuis 1837.
Voici l’histoire (voire la BD sur le site Sitabrac).
En 1837, Gaétan Picon était en Algérie, dans l’armée du Roy. La chaleur était torride. Brûlés par le soleil, les soldats étaient dévorés de soif et de fièvre. Gaétan se souvint alors avoir bu un jour une tisane faite de quinquina et d’écorces d’oranges qui l’avait merveilleusement rafraichi et guéri alors qu’il était épuisé de fièvre. Pris d’une résolution subite, il s’en procura et s’attacha à retrouver le goût de cette tisane en les mélangeant avec du sucre et de l’alcool. Les soldats, ragaillardis et revigorés par ce merveilleux breuvage l’ovationnèrent. Comment t’appelles tu, lui demanda son général ? La réponse sonna comme un coup de clairon : « Gaétan Picon, mon général ».
Il créa des distilleries dans les grandes villes d’Algérie, puis une usine à Marseille en 1872.
Du pikina on saura seulement qu’il naquit bien plus tard, en 1931, et est fait de vin, d’écorces d’orange, de quinquina.
Le Pikina n’est plus semble-t-il, mais l’amer Picon, toujours populaire dans le Nord et l’Est où on le consomme mélangé à la bière, survit au sein du groupe Diageo Hennessy LVMH. Il serait toujours fabriqué à Marseille.
Si l’on en juge par cet hymne et ce pastiche il a encore a bien des admirateurs. Génération Picon !