C’est sous un beau soleil que s’est déroulée la deuxième ronde des vendanges de Clamart, ces derniers vendredi et samedi de septembre.
Une foule de volontaires s’y pressait parmi lesquels on put remarquer deux miss (Cougar et France -de son petit nom Elsa) toujours très entourées, mais qui n’étaient pas venues pour faire de la figuration ni pour jouer aux billes avec les grains de raisin : on les vit au tri toute une après-midi !
Nos fidèles producteurs nous ont apporté des raisins titrant parfois (potentiellement) jusqu’à douze degrés.
Il en fut de même au clos Franquet où l’on ramassa plus de deux cent kilos de chardonnay
et de sémillon bien sucrés.
La nouvelle équipe municipale trouva le temps de nous faire une petite visite, tout comme les enfants des écoles toujours enthousiastes
Si nombreux étaient les curieux dans la grange Franquet que le travail y devenait problématique, et l’on pouvait voir les épaules du Vice Grand-Maître Marcel s’affaisser sous le poids des responsabilités et du stress.
C’est alors que notre Grand Maitre décida fort à propos d’emmener un groupe d’une vingtaine de personnes visiter le clos Franquet, la cave Abraham et la maison Boulard toute proche où l’on peut encore voir une exposition de matériel agricole ancien. On put grâce à cette manoeuvre bienvenue mener le travail à son terme, et encuver près de 500 litres de bon moût titrant environ 10 degré d’alcool potentiel. Ce n’est pas un mauvais résultat.
Seule ombre au tableau : les dommages collatéraux causés au matériel de presse mis à sécher dans la rue, par un véhicule de la maréchaussée qui fila sans demander son reste !
De passage à Gaillac cet été nous avons découvert ce vignoble du Tarn, en évoquant le bon temps où certains bistrots parisiens proposaient en automne du « Gaillac bourru » dans des tonnelets posés sur le comptoir. C’était un vin blanc frais et légèrement doux, un peu perlant, non encore stabilisé. Ce temps n’est plus.
Disparu aussi l’ancien marché aux vins occupé désormais par un centre d’action sociale.
Mais le vignoble est toujours là. Il est considéré comme un des plus anciens de France, on devrait dire de Gaule, puisqu’il existait semble-t-il avant la conquête romaine.
Ce sont les moines bénédictins de l’abbaye Saint-Michel (qui héberge aujourd’hui, O tempora O mores ! la maison du vin -excellent comptoir de dégustation, l’office du tourisme, et un musée) qui en assurèrent le développement. Le vin partait en gabarre sur le Tarn puis la Garonne pour ensuite être exporté dans les pays du Nord. En 1501 il est vendu sur le quai des Chartrons à Bordeaux à partir de la Saint-Martin…
Voici ce qu’en a dit dans les années 1600 Guillaume Catel dans ses « mémoires du Languedoc » :
Un vin très excellent donc, de bonne garde, et qualité rare, laissant à qui en aurait trop bu une bonne heure pour rentrer chez soi sans avoir le cerveau brouillé !
On y produit 160 000 hl/an environ, du vin blanc (perlant, doux, sec et effervescent) du rosé et du rouge avec d’originaux cépages comme le luenh de l’uelh (loin de l’oeil), le mauzac pour le blanc ; le fer servadou appelé aussi braucol (un cousin du cabernet), le duras, le prunelard pour le rouge…
Tout cela est très bien expliqué dans une exposition malheureusement terminée au musée du vin, dont nous ferons la relation dans un prochain article.
En ville, place du Griffoul, cette fontaine bachique
et à la Table du Sommelier, ce vendangeur signé Gérard
et cette percée du vin jaune de Gérard PurisLe vignoble s’étend à l’est vers Albi, où se trouve le château Labastidié, propriété de la Confrérie des Echansons de France (bien connue des lecteurs du bon clos), qui trône au dessus d’une mer de vignes (plus de 60 ha).
Voici son historique pressoir
et deux têtes que l’on aimerait bien identifier (Guigal?)
On peut acheter son « très excellent vin » sur place, mais aussi au Musée du Vin, à Paris.
Mais allons au fait : c’était la fête des vins au parc Foucaud.
Chaque domaine disposait d’un petit chalet de dégustation, il y avait donc de quoi faire.
une admiratrice en moyen de transport moderne devant le stand du château labastidié
Nous avons retrouvé nos amis Claude (Grand-Maître du Conseil des Echansons de France, au centre sur la photo ci-dessous lors du défilé de la Confrérie de la Dive Bouteille de Gaillac)
et Monique (expert en vin et professeur de dégustation) Josse,
venus faire la fête.
On remarque ci-dessous le Brie de Melun dans les mains du maire de Gaillac, cadeau de la Confrérie du dit Brie, mariée avec Gaillac en 1995, bien avant le mariage pour tous !
La maréchaussée avait fait une descente, on se perd en conjectures sur ses motivations : dégustation ou contrôle d’alcoolémie ?
(on penche pour la dégustation ; et oui, on a vu plus haut qu’avec le vin de Gaillac, même après avoir bu, on à le temps de rentrer chez soi avant d’avoir le cerveau brouillé)
Nous y voilà : après un été médiocre, un temps splendide s’est finalement installé, permettant au raisin « hâtif » de mûrir. Les vignerons clamartois, fidèles au rendez-vous, ont apporté leur production ces vendredi 12 et samedi 13 septembre à la grange municipale de la rue Pierre Franquet, où les « usual suspects » auraient pu les attendre avec ces mots que l’auteur de ces lignes a longuement pesés après (avoir bu un) coup :
Entre ici, beau raisin,
En cent clos recueilli,
Et avec tes voisins
Viens partager ton lit.
Viens mêler ton jus clair
A un jus plus foncé
Et immoler ta chair
En un vin métissé.
Vigneron clamartois
Ici nous voulons croire
Que c’est un peu de toi
Que tu nous donnes à boire !
Année après année, les efforts conjugués des producteurs, soucieux d’apporter un beau raisin sain et mûr, et des trieurs, s’attachant à éliminer sans état d’âme grains abîmés ou verts, portent leurs fruits, avec pour résultat une petite cuvée (2,5 hl) , mais qui s’annonce prometteuse.
Ce premier matin, on ne vit guère le Grand-Maître, parti soigner la vigne Franquet de l’autre côté de la rue, mais il se fit pardonner en débouchant une excellente bouteille de la Féronne Haute, (assemblage de sauvignon et de chardonnay) de nos amis de Rosny/bois.
Pendant ce temps, tandis que les garçons de chais triaient, foulaient, pressaient, et faillaient en venir au main quand l’un voulut « shunter » le tri, le vice-grand-maître Marcel, véritable chef d’orchestre, pilotait avec doigté et efficacité les opérations, sachant être partout quand il fallait ; Dame Gisèle, préparait dans son verre les échantillons de jus à mesurer*, Dame Carmen faisait merveille à la lance à incendie, et Dame Ginette au tiroir-caisse notait tout et engrangeait les chèques. Et tous trinquaient.
* L’usage du réfractomètre introduit l’an dernier, (qui mesure le degré d’alcool potentiel du jus de raisin et évalue donc sa maturité) s’est banalisé. Notre ami Gérard en a même apporté un second, qui, pour nous simplifier la vie, mesure le taux massique de sucre en unités Brix. L’occasion de se livrer à quelques petites comparaisons et calculs, prenant en compte la masse volumique du jus de raisin (dans les 1,06 g/ml), et la correspondance entre un degré d’alcool et la masse de sucre ( l° d’alcool correspond à 16,83 g de sucre par litre). Nous laissons les lecteurs du bon clos faire le calcul (spoiler). Au final, il faut multiplier par 0,6 le degré Brix pour connaitre le taux d’alcool potentiel et retomber sur ses pieds. Qu’on se le dise !
Pour des raisons pour l’instant pas encore totalement élucidées, le Grand-Maître avait décidé de procéder à un décompte rigoureux des poids des raisins, déchets, rafles, et moût. Contre toute attente, on tomba juste une fois prise en compte la masse volumique du moût (1,06).
Au déjeuner nous eûmes la visite d’une poétesse, Jeanine Jobelot, qui nous lut un poème à la gloire des vignerons clamartois (elle a publié quelques recueils comme fumée bleue, l’échappée belle, poèmes au clair de lune…).
L’après-midi vint Gérard Perroquin, maquettiste, collectionneur, et auteur de romans policiers (comme le coup de foudre, ci-dessous, qui se déroule dans un domaine viticole) ,
Il y eut bien d’autres visiteurs, mais le miel fut ces fleurs offertes par de toutes jeunes filles, heureuses d’avoir été bien accueillies.
On fit une première presse le soir, une deuxième le samedi où un vigneron retardataire fut quand même repêché, car on n’est pas des boeufs !
Ils n’étaient plus que 4 braves pour la douche finale de tout le matériel, mais à 7 heures du soir, tout était nickel. Merci à tous !
Rendez-vous est donné pour les prochaines vendanges les 26 et 27 septembre. Au Clos des Volontaires, on vendangera le 25 au soir. Amis du Clos, bienvenue ! Vous êtes attendus.
Il ne restait plus qu’à traiter le vin, ce qui fut fait dès dimanche sous la houlette de notre oenologue attitré Ed. C’est une autre histoire qui commence…
Avec un peu de retard par rapport à l’agenda courant, voila les vins du clos de Clamart et du clos Franquet 2013 en bouteilles.
ci-dessus on reconnaitra Marion, notre gloire clamartoise, marraine de la cuvée !
Cela s’annonçait pourtant mal. Si le Franquet ne donnait pas d’inquiétude, pour le Clamart, c’était autre chose. Chacune des deux cuvées continuait à évoluer, sans que la dégustation fût probante, en raison notamment d’une incompréhensible amertume passant de l’une à l’autre comme un mistigri maléfique.
Que pouvait-on faire ?
Pas mettre en bouteilles en tout cas. Et l’on dut, le coeur serré, se résoudre à reporter l’opération prévue fin avril.
Aérer et débourber les cuvées, sans hésitation.
Préparer l’opinion au pire, sans casser le moral des troupes ; ce fut fait par un mot sybillin du Président : »faire du vin est un art mystérieux. L’année 2013 a été météorologiquement difficile. Qu’en sera-t-il de nos vins en cours d’élaboration dont nous avons dû reporté la mise en bouteilles car ils continuent d’évoluer ? »
Finalement on s’en tint là, rejetant la tentation d’un adoucissement au sucre qui aurait rendu le vin fadasse. Et l’on eut raison ! On assembla les deux cuvées et le résultat est, disons, honorable : un petit vin de caractère à boire bien frais !
Les six et sept juin, nous étions une dizaine sur le pont. Chacun trouva sa place, qui à la filtreuse/tireuse qui demandait quelques réglages et où l’ami Gérard fit merveille, qui au bouchage où un autre Gérard débordant d’énergie (car dégagé de ses charges municipales ?) joua les Stakhanov, obligeant à mettre les bouchées doubles à l’étiquetage.
Fillettes et grandes bouteilles remplirent les casiers.
On fut près de quinze à table pour recharger les accus avec saucisses, terrines et bonnes bouteilles.
Hélas à l’arrivée on découvrit une erreur fatale : des collerettes rouges et non blanches avaient été placées sur les bouteilles de Franquet ! On n’eut pas le courage de les remplacer, mais il n’est pas trop tard et les bonnes volontés sont les bienvenues !
Nonobstant l’on accueillit dans la bonne humeur les récoltants venant chercher leurs bouteilles.
Décidément faire du vin est un art bien mystérieux !
Plusieurs évènements ont mobilisé les amis du clos de Clamart en ce début d’année.
La traditionnelle galette bien sûr, où l’on a pu boire, se régaler de fruits de mer, entendre la chanteuse Pascale Neuvic
(que l’on avait remarquée lors de son spectacle récent « chanter sous l’occupation »), et notre accordéoniste et DJ Bernard Jacob, et danser.
La taille d’hiver de la vigne municipale, qui a mobilisé sous des cieux cléments une dizaine de courageux le mercredi 19 février matin au clos Franquet, autour du vigneron champenois Jean-Pierre Léguillette.
Une fois de plus, ce dernier a seriné ses recommandations : identifier les sarments porteurs de fruit qui poussent sur du bois de l’an dernier, laisser deux sarments à huit (z) yeux, préserver des rachets taillés à un ou deux yeux aussi bas que possible, pour faire baisser dans le futur la base des sarments porteurs de fruits ; respecter l’espace des ceps voisins ; et tailler franchement … Le résultat fut une quantité impressionnante de sarments coupés ; peut-être la taille n’avait-elle pas été assez sévère les années précédentes ? Au cours de la taille, on a pu pu constater que les ceps de chardonnay plantés entre les sémillons manquaient d’espace et de lumière. Plantés il y a quelques années, ils devraient commencer à donner, le moment semble venu de commencer à les libérer en éliminant certains ceps de sémillon. Action à lancer après les vendanges (on tiendra compte du rendement des pieds à arracher). Une infestation de cochenilles a été mise en évidence sur quelques ceps. Il va falloir trouver la riposte adéquate., d’ici la taille en vert, au printemps.
Bien sûr les incontournables Grand-Maître Michel et Vice Grand-Maître Marcel étaient là. Ce dernier s’est une fois de plus rendu populaire avec son vin chaud, sa poêlée de fricadelles et autres saucisses grillées, qui accompagnées de charcuterie et de Champagne Léguillette 2006 ont réconforté les travailleurs !
A peine remis de ces émotions, c’est l’Assemblée Générale de la Coordination des Confréries d’Ile de France qui vint se tenir à Clamart dans la salle des fêtes Hunebelle. Venues en nombre, elles furent accueillies par le maire adjoint Pierre Ramognino, qui annonça à cette occasion la conclusion de la convention fort attendue entre la municipalité et l’association des amis du clos de clamart, et conclua son allocution par ces vers de Deshelle :
Amis, faites comme moi, buvez pour le plaisir
Un verre, ou deux, ou trois, au diable l’ avarice,
Pourvu que de Clamart on ait ce qu’on désire.
Boire pour le plaisir ne fut jamais un vice.
du jamais vu !
Les représentants des confréries approuvèrent à l’unanimité rapport moral et financier présentés par le Président Philippe Jouvin, et élirent un bureau de 7 membres dont le nouveau Président est Ruben Martinovsky (au centre ci-dessous).
le bureau
On débattit des problèmes d’organisation des festivités de la Saint-Vincent, célébrées par plusieurs confréries indépendamment, ce qui rend difficile l’organisation d’une Saint-Vincent « Cocorico ». On débattit aussi des retombées du concours des vins organisé lors du symposium. Nombreuses sont les confréries qui souhaiteraient avoir un avis objectif sur leur production, pour pouvoir progresser.
On apprit aussi que le tourneur sur bois de Noisy le Grand Juan Carlos réalisait des statues de Saint-Vincent sur commande.
Les discussions animées se poursuivirent à table, comme il se doit, où votre serviteur fit ripaille avec les Compagnons de l’Asperge et de la Vigne de Sannois, les trois grappes de Villiers sur Marne, et la grappe Yerroise, qui tiendra son chapitre inaugural le 27 septembre prochain. Qu’on se le dise !
Soixante ans, autant dire un bail, c’est le cap que viennent de passer les Echansons de France, et qu’ils ont dignement fêté lors de la Saint-Vincent ce dimanche 26 janvier.
Cette Confrérie, au contraire de la plupart des Confréries Bachiques, n’est pas attachée à un territoire local. Elle s’est donné pour mission d’incarner le savoir et l’expérience des illustres prédécesseurs, les Echansons du Roi, et s’attache à faire rayonner à la fois en France mais aussi au delà des frontières l’art de la vigne, l’art du vin et l’art de la table français. Son siège est au Musée du Vin à Paris, sous la colline de Passy. Claude Josse en est le Grand Chancelier.
Pour ce jubilé, il fallait un banquet au Champagne (et un plat ad hoc : une copieuse joute champenoise, une potée en quelque sorte) ; c’est peu dire qu’il coula à flot. Une bouteille nous étonna.
Elle porte le nom du Grand Chancelier, qui nous expliqua comment, après avoir déposé la marque, il peut produire ce champagne en tant que Négociant Manipulateur (NM). Il expliqua bien d’autres choses, tant est grande son érudition viticole, comme l’apport du fameux Dom Perignon qui découvrit comment un assortiment de divers cépages permettait de bonifier le vin et d’en contrôler l’effervescence.
C’est peu dire également que ce banquet fut joyeux, animé par le Souffle de Bacchus, qui avait donné auparavant, un concert sous la direction de Marie-Françoise Bourdot
et avec le concours du pianisteVadim Sher (à gauche ci-dessous):
On put écouter des chansons à boire et galantes anciennes et autres « vaudevilles » et rondes de table, comme le Tourdion, « Tant que vivray », « Passant par Paris », « Qui veut chasser une migraine », « Suivons tour à tour », « A boire, à boire », « la chanson du vigneron, etc. ; et entonner à pleines tablées les standards des chansons de table.
La cérémonie qui suivit permis à quelques élus d’être intronisés dans la Confrérie, comme les chanteurs Isabelle (du Souffle de Bacchus), reçue ici par sa chef de choeur, et Arnaud, et Marcel (Vice Gran-Maître de la Confrérie du Clos de Clamart), soutenu par notre amie Nicole
et reçu par l’auteur de ces lignes, lui-même intronisé l’an passé.
L’association Cocorico (Comité de Coordination de la Région Ile de France des Confréries) organise tous les deux ans (en principe) un Symposium des vignes d’Ile de France. Cette année, ce sont les Confréries du Clos des Pierrottes (Livry/Seine) et celle des Compagnons d’Irminon (Combs-la-Ville) qui étaient à la manoeuvre.
Les Confréries (23 au total) ont été accueillies au Musée Safran de Réau et ont pu suivre une présentation de Joël Rochard, (de l’Institut Français de la Vigne et du vin), sur le climat, puis une de John Dyer de Cincinati Ohio, sur les vins américains comparés aux français.
Du premier on retiendra la complexité et la variété des phénomènes intervenant dans l’évolution du climat (périodes orbitales, météorites, éruptions volcaniques, activité solaire, effet de serre, acidification de la mer…), la certitude du réchauffement en cours, mais aussi l’incertitude sur son ampleur (augmentation de la température de 0,3° à 5° selon les scénarios développés par le GIEC pour le siècle).
L’impact sur la viticulture est clairement la montée vers le nord (180 km par degré de réchauffement) déjà en oeuvre avec le développement de vignobles dans le sud de l’Angleterre. Mais aussi l’évolution du rendement (en augmentation dans le nord (meilleur ensoleillement), en baisse dans le sud en raison du stress thermique et hydrique et du raccourcissement du cycle)
L’exposé de John Dyer nous rappela d’abord que le Président Thomas Jefferson était un amoureux du vin (ses préférés étaient Haut-Brion, Margaux, Latour (de ségur) et La Fite) dont il favorisa le développement aux Etats Unis.
La vigne fut d’abord implantée dans la vallée de l’Ohio, vers Cincinnati, au 19ème siècle. Phylloxera, prohibition, etc. n’ont pas empêché son développement, notamment en Californie dont les vins sont les plus fameux (vallées de Napa au climat chaud et régulier produisant cabernet-sauvignon et merlot ; et de Sonoma au climat plus océanique, où dominent pinot noir et chardonnay).
Le goût américain, de constitution plus récente que le goût français, privilégie le fruité, la maturité, la concentration, le degré alcoolique, comparativement aux vins français traditionnels jugés plus « austères ». La notion de terroir n’a pas l’importance qu’on lui accorde en Europe, les vins sont le plus souvent monocépages. La plupart sont européens, mais le Zinfandel, d’origine obscure, est très populaire en raison de son rendement et d’un goût inconnu en Europe.
Ces présentations « sérieuses » étaient ponctuées d’interventions d’un conteur inspiré, Bernard Sorbier, qui a évoqué dans sa langue de terroir le vin, la vigne, et leur rapport à l’humain.
Citons le :
« laisse moi boire tes paysages et tes fertiles rivières pourpres qui coulent dans ton nid où je veux faire mon lit. »
« je suis en toi cheveux au vent, t’es mon idole, je passe un cassis et tu me fais oublier mes ex… grâce aux côteaux d’Aix, de Bandol et de Cassis…«
On ne peut pas tout citer, il faut lire « les mots du vin » ou assister à un spectacle vivant de Bernard SorbierIl a été très applaudi, tout particulièrement après un irrésistible déferlement érotico-bachique qu’il a déclamé en prélude à l’élection de la Reine du Symposium devant des candidates impassibles.
De gauche à droite, la reine et ses trois dauphines, entourées des excellents grands-maîtres Gérard Laviec, Philippe Jouvin et Michel Courtois
Egalement très apprécié le chanteur Maurice Gueguen, au répertoire impressionnant (du guinguette traditionnel à Bobby Lapointe !), a égrené ses chansons en s’accompagnant d’un orgue de Barbarie. (Et l’on n’a pas tout vu : il chante aussi en breton).
Bravo l’artiste !
La journée qui vit aussi un défilé en fanfare dans les rues de Livry/Seine
et la visite du clos des Pierrottes (planté en chardonnay : ci-dessous, la délégation clamartoise)
se termina comme il se doit par un banquet dansant ou fut annoncé le résultat du concours des vins d’Ile de France. Les lecteurs du bon clos savent déjà que Clamart y décrocha une médaille d’or, à l’issue d’une sélection sévère sous contrôle d’huissier.
Monique Josse, Présidente du Jury, (également Professeur à l’institut du Goût et Grand Pipetier du Conseil des Echansons de France) salue le vin rosé de Clamart 2012 en ces mots : « gouleyant, frais, net en vinification » ; un vin « sympathique », « un vin de soif à boire sur des charcuteries.. »
C’est le scoop de ce week-end : le Clos de Clamart 2012, ce petit vin rosé que quelques amateurs de la confrérie du Clos de Clamart confectionnent année après année avec les raisins vendangés dans leurs jardins et clos par des dizaines de clamartois, s’est vu attribuer la médaille d’or, catégorie « vins divers », par le jury du symposium des vins d’Ile de France.
C’est la première fois que ce vin est récompensé. Voila enfin de quoi faire taire ceux qui prétendent que ce vin est de longue, très longue garde ! (Dans le passé, le clos Franquet, vin blanc produit de la vigne municipale sise rue Pierre Franquet, avait été primé à plusieurs reprises (en 1998, 2000, et 2004).)
Sérieusement, faire un passe-tout-grains avec les raisins de cépages aussi divers que le bacot, le chasselas, le noah, etc. n’est pas chose aisée. On procède à deux vendanges à quinze jours d’intervalle pour permettre à chaque raisin d’arriver à maturité. Depuis quelques années, un tri de plus en plus rigoureux est effectué pour éliminer la pourriture et les grains immatures. Ce tri est de plus en plus anticipé par les producteurs qui ont à coeur d’apporter un raisin sain et mûr. Les deux cuvées fermentent séparément et sont assemblées après six mois d’élevage.
Bien entendu, il faut un « homme de l’art » pour diriger les opérations de traitement et d’élevage du vin. Depuis deux ans, c’est Edouard Macé, oenologue et caviste qui est à la manoeuvre. Qu’il soit ici remercié pour son travail. Ce succès, notre succès, c’est aussi le sien !
Immense est la joie des vignerons clamartois, elle inspire déjà les poètes comme notre amie Nicole Olmeta :
Quel honneur, pour la Confrérie ! Ce n’est plus le grain de folie, Qui fait que sous la coiffe, on rit ! Une autre nouvelle, aujourd’hui, (Qui se propage et fait grand bruit … ) Fait que tous les cœurs sont réjouis !
Bravo a tous nos Vignerons Qui ont concocté le « produit » Avec amour, avec passion, Pour nous conduire au Paradis
Cette « Médaille d’Or » acquise Vient, a point, comme une cerise Sur le gâteau de ce Chapitre.
Du Symposium, tous les arbitres Ont pense : « CLAMART ? Une élite ! La Confrerie est favorite ! «
Levons nos verres tous ensemble, Trinquons a ce qui nous rassemble, A l’amitié que nous trouvons, Et « VIVE TOUS LES VIGNERONS » !
que les vignerons clamartois ont vendangé le clos Franquet
et accueilli les raisins apportés par les clamartois les 12 et 13 octobre.
Et toujours des bénévoles pleins d’entrain et en nombre.
Le résultat n’est pas fabuleux en maturité (9 degrés d’alcool potentiel pour le Franquet), mais on fera (et on a fait) avec, sous la houlette d’Edouard notre oenologue (ici mesurant le sucre au mustimètre).
Un dicton dit que quand vient la grive, c’est le moment de vendanger. A-t-on vu la grive ?
De toute façon avec le mauvais temps on ne pouvait plus attendre.
(on a reconnu une oeuvre d’un de nos fidèles et prolifiques vignerons !)
Et comme il faisait frais (12 degrés) il a fallu chauffer l’espace des cuves pour lancer la fermentation !
C’est la bonne nouvelle de ce début d’octobre. Les ceps plantés l’an dernier au Pont des Vignerons inauguré l’an dernier, et dérobés aussitôt par de mauvais plaisants, ont trouvé des remplaçants qu’il sera plus difficile de déloger ! Ils sont vieux de plus de vingt ans et mesurent plus d’un mètre.
Le Grand Maitre du Clos de Clamart en a retrouvé le sourire, mais reste vigilant.
Le voici initialisant un tour de garde.
Voila donc une nouvelle treille clamartoise, qui rejoint les nombreuses disséminées dans la ville, comme celle-ci qui se trouve au restaurant L’Amandier (46 rue de châtillon).