A l’Académie du Cep de Genève

Le 16 septembre dernier, l’Académie du Cep de Genève fêtait son 70ème anniversaire.

C’est une belle confrérie, qui compte plus de 500 membres, très implantée dans le canton de Genève parmi les vignerons, les personnalités, et les amateurs de vin.

Elle a cette particularité de proposer régulièrement des challenges de reconnaissance de cépages, ouvrant droit à des grades dans la confrérie. Le plus « capé » l’a relevé avec succès 22 fois. C’est le Grand-Maître Jacques Jeannerat.

Le genevois produit sur 1500 hectares de vignes des crus variés et de qualité, malheureusement aux prix suisses et donc peu exportés : le Chasselas et le Chardonnay y sont dominants pour les blancs, à côté de l’Aligoté, des pinot blanc et gris, etc. ;  côté rouge, on trouve Gamay et Pinot noir, mais aussi les Gamaret et Garanoir  (croisements de Gamay et Reicheinsteiner très résistants à la pourriture) dont on fait aussi des rosés. Ce chapitre, et la fête des vendanges de Russin, village viticole où il se tenait,  était donc l’occasion de découvrir ces crus. Nous ne serons pas déçus !

Le savoureux déjeuner permit de découvrir la Longeole, la saucisse de Genève faite de chair, de couenne, de gras, et aromatisée au fenouil. Il faut la faire frémir pendant 3 heures et demi dans de l’eau à 74°…

La confrérie de la Longeole vient d’être créée, son Gouverneur est Alain Jenny (ci-dessus), et son vice-gouverneur Jacques Jeannerat.

D’autres confréries étaient présentes, comme les Vignolants du vignoble neuchâtelois et les Olifants du bas-lac en pays neuchâtelois, les confréries du Guillon (pays de Vaud), du Gruyère, des Vignerons de Vevey, les Chevaliers du Bon pain de la Suisse Latine et des Pays de Savoie, et la Fédération des Confréries oenogastronomiques de Suisse.

Ici comme ailleurs on boit et on prête serment pour intégrer la confrérie.

Les conversations allaient bon train d’une table à l’autre…

Quelques choses bues…

Un pour tous, tous pour un : c’est la devise de la Suisse.

insignes sur le costumes de Vignolants

L’Académie du Cep dispose d’un ensemble vocal, dirigé par le chef Christophe Orsor.

Il compte une petite huitaine de membres et nous a régalé d’une dizaine de chants, à boire bien sûr, comme« C’est le bon vin » (popularisé jadis par Raymond Souplex).

Le Chant de la Confrérie, composé par le chef Christophe, résonnera longtemps dans les rues de la ville.

In Vino, in Vino, in Vino
In vino veritas
A Genève on dit que le bon vin est notre ami
Et nous serons toujours l’ami du bon vin

Refrain :Bois ce vin compagnon, fruit de la vigne
Et du travail des Hommes
Ô Genevois, soyons fiers et sans soucis
A l’eau de-là, je préfère le vin d’ici

Gloire à nos vignerons, à la vigne et aux raisins
Car ils nous procurent cet excellent vin

Refrain

A NOUS, A LA VIGNE ET AU VIN ! SANTE !

Au centre profil le chef Christophe, et à droite tenant son livret Laurent Fridmann, le talentueux animateur du Chapitre

A l’issue du chapitre, on se retrouva pour une dégustation d’une sélection de vins primés au mondial du chasselas, cépage rarement vinifié dans le grand pays voisin (à l’exception de l’Alsace, où le « gutedel » entre dans la composition de l’Edelzwicker, et du clos de Clamart…).

Il y en avait des jeunes et des vieux, ah que d’aimables sensations!

(Voir la  BD « didactique et ludique » Sur la piste du chasselas, parue en 2022.)

Le lendemain, c’est par une messe oecuménique, menée par un abbé et un pasteur  dans le petit temple de Russin, que commença la journée. Une formation malgache, SOGA (SOisa-GAsy) l’anima de ses chants.

Elle fut suivie d’une réception dans une ferme viticole du village.

la vue depuis la ferme

Avec les édiles du canton

et les éleveurs descendus de la montagne,

on put s’y restaurer et approfondir sa connaissance des crus du canton de Genève.

Ce récipient portant une maxime latine a un cousin germain.

Enfin vint l’heure du défilé, avec ses musiciens, tracteurs, costumes d’antan, et vignerons servant à boire encore et encore avec en toile de fond le Chant de l’Académie du Cep.

Il fallait bien un vin d’honneur dans la cour de la mairie pour conclure cette folle journée. On y but un dernier(?) verre. Mais Genève n’est qu’à 15 minutes de train.

Amis de Genève, Russin, Satigny et de tous les cantons helvétiques : à bientôt !

Au village international de la gastronomie

Cela fait déjà quelques années que ce village de tentes, dédié à la cuisine populaire du monde entier, se tient sur le quai Jacques Chirac au pied e la Tour Eiffel, entre pont d’Iéna et passerelle Debilly.

Les confréries de France y étaient conviées, et ce sont près d’une trentaine qui ont fait le déplacement, qui pour promouvoir son fromage (de Meaux), son pâté (de Saint-Prest), ses coquilles Saint-Jacques (pêchées en Côte d’Armor), son andouillette de Cambrai … voire son musée du vin, celui des Echansons de France sis à Passy Paris 16ème.

Un diplôme d’honneur a été remis à chacune d’entre elles.

Daniel Fréry, conservateur de musée du vin, recevant le diplôme d’honneur de la FCRF au nom du Conseil des Echansons de France

Voir la relation de l’événement sur le site de la FCRF là.

Le stand de la FCRF était particulièrement bien situé, à touche-touche avec ceux des cuisiniers, notamment les disciples d’Escoffier très présents, qu’il fallait voir s’activer à leurs préparations avant d’en goûter les délices : brochettes épicées de viande, jarret de boeuf sur son lit de poireaux et son crumble de parmesan, poulet aux champignons ou à l’indonésienne, langouste moelleuse, melon rôti, recettes de la mère Brazier…

On pouvait aussi goûter sur le stand lyonnais, particulièrement accueillant, les savoureux chardonnay et pinot noir appellation Dijon de Manuel Olivier

Les costumes de confrérie pesaient lourd sous le soleil estival, avec un thermomètre proche de 35°C. Dans la partie internationale, certains stands ont fait preuve d’hospitalité envers les consoeurs et confrères déshydratés, et d’abord celui du Portugal, avec son Porto de la Quinta Pacheca.

Nous avons été heureux de goûter aussi quelques crus roumains, arméniens,

et espagnols de Teruel avec cette Garnacha 2017

Mais la palme revient aux africaines du Congo (qui nous ont fait découvrir le mikaté, sorte de beignet), du Gabon et de Tanzanie où l’on pouvait déguster un fameux cocktail (au choix avec ou sans alcool.)

Les nourritures intellectuelles ont complété ces festivités avec la passionnante conférence de Philippe Faure-Brac, ( dont on ne dira jamais assez qu’il fut le meilleur sommelier du monde en 1992), sur les métiers de la sommellerie (il fut longtemps le président de l’Union de la Sommellerie Française). Il s’est largement étendu sur l’histoire de ce métier et du vin. On apprit ainsi comment le sommelier, au Moyen-Age garçon d’écurie chargé des bêtes de somme, est devenu l’officier chargé de la cave et de la dégustation avant le service, puis le conseiller du client, de plus en plus requis en restauration.

Plongée dans le vignoble de Slovénie : en Primorska

De Borgomaro à la frontière slovène on traverse bien des régions viticoles aux noms inspirants : Alba, Asti au Piémont ; Lambrusco en Lombardie ; Bardolino, Valpoliccella, Prosecco, Soave en Vénétie… Mais tel Ulysse insensible aux chants des sirènes, on ne déviera pas de l’itinéraire. Nous sommes attendus.

Pour qui ne la connaît pas, la Slovénie est un pays d’à peine 20 000 km2 aux multiples terroirs viticoles. Nous en connaissions quelques uns, mais pas ceux de l’ouest, voisins de l’Italie. Le voyage-découverte organisé en juillet dernier par la FICB nous a donné l’occasion de les découvrir.

La Primorska (région du Littoral), comprend 4 terroirs où les influences méditerranéenne et alpine (avec Burja/Bora, le vent du nord) jouent diversement. On y produit principalement des blancs, tranquilles et effervescents, à partir de cépages autochtones (on entendra souvent parler de teran, de rebula, de malvazija, de refošket de pinela) et internationaux.

La viticulture y existe depuis l’époque romaine, comme l’attestent ces trouvailles archéologiques.

grains de raisin et céramiques d’époque romaine

La culture de la vigne a perduré jusqu’aux temps modernes,

(ci-dessous un pressoir à deux vis, et des photos de moyens de transport d’époque)

étiquettes du temps de la Yougoslavie

Depuis les années 90 la passion des hommes et la technologie lui valent, on le verra, un nouvel essor.

Nova Gorica est la principale ville de la région, elle s’est développée à côté, après son attribution à l’Italie après chacune des guerres mondiales, de l’ancienne ville de Gorizia, tragiquement fameuse pour la meurtrière bataille de 1916 (près de 100 000 morts) immortalisée par cette chanson. La région fut aussi le théâtre en 394 d’une autre bataille entre l’empereur très chrétien d’Orient Théodose, qui l’emporta aidé par le terrible vent du Nord Borja, et le co-empereur d’Occident, favorable aux païens, Eugène…

Du nord au sud, Goriška Brda (Collio en Italie) s’étend de part et d’autre de la frontière, le cépage emblématique est la rebula (ribolla), aux arômes d’agrumes et fruités, parmi de nombreux autres.

Dans la Vallée de la Vipava on trouve les variétés autochtones zelen, pinela et autres cépages blancs, Klarnica, Pikolit, Pergolin, Planinka.. mais aussi merlot, sauvignon, chardonnay…

Dans le Kras (Karst) prédomine le cépage rouge Teran (ou Terrano, de » terra rossa »)

Štanjel, village emblématique du Kras

En Istrie slovène, Refosco et Malvazja Istarka sont renommés.

vignoble Rodica en Istrie

(Voir des articles très documentés sur ces terroirs sur le site terroirdumondeeducation.com)

Marjan Simčič est un des vignerons emblématiques de Goriška Brda.

Dégustation chez Marjan Simčič

Voici deux tableaux vus chez lui.

Impossible de ne pas citer aussi en Brda Aleš Kristančič et son domaine Movia, ci-dessous avec notre guide Marin Berovič

Dégustation au domaine Movia

Un exemple d’accord mets-vins au restaurant gastronomique Pikol, à Nova Gorica

Dégustation matinale d’un zelena effervescent au chateau Zemono

Les dégustations se succèdent, nous voici maintenant à Vipava, dans un local de l’Université de Nova Gorica, avec les vignerons de la vallée de Vipava. Il y a fort à faire.

L’ambiance aidant, des slovènes se sont mis à chanter.

choeur improvisé chantant majolka, (on l’a retrouvée !)

Sur le plateau du Karst se dresse le petit village fortifié de Štanjel, un bel endroit pour déguster l’étonnant Teran rouge effervescent.

La côte adriatique n’est qu’à une petite heure de route. C’est à Koper qu’on y boira les meilleurs vins.

La maison Vinakoper dont on peut admirer le portail ci-dessous, s’enorgueillit du plus grand foudre d’Europe (41 427 litres).

Elle produit ses vins sur 570 hectares répartis dans toute l’Istrie. A côté,la maison Rodica sur ses 15 hectares fait piètre figure en quantité, mais quels vins !

dans la cave du domaine Rodica

Trois jours pour cette pléthore de cépages et de vins, c’est peu , et c’est beaucoup ! Manifestement, la production se positionne à la fois sur des vins « classiques » à partir de cépages internationaux, et sur des vins à base de cépages autochtones, les plus intéressants pour l’amateur curieux. Quoiqu’il en soit, on en conclura, comme dit la chanson, qu’en Primorska, il y a du bon vin !

Salut à nos amis slovènes qui nous ont guidé et accompagné,

Janesž Dežman, (Chevalier de l’Ordre Slovène du vin (ZDRUZENJE SLOVENSKEGA REDA VITEZOV VINA)
Pr. Dr. Marin Berovič OEVE Consulat Za Slovenjo

et à tous les amis rencontrés, venus d’Autriche, Hongrie et de Suisse.

un choeur franco-suisse improvisé

Une mention spéciale pour Susanne Duacsek à qui l’on doit plusieurs photos.

V Čast Vini in Domovini ! (En l’honneur du vin et de la patrie)

  In Honorem Dei et In Honorem Vini !

Tchin

Quelques bouteilles bues…

Ce voyage s’est déroulé dans le cadre d’un séjour-découverte, formule proposée par la FICB (Fédération Internationale des Confréries Bachiques). Il est proposé en priorité aux membres des confréries adhérentes mais ouvert à tous. On en trouvera le programme ici et un bref compte-rendu là.

L’oenotourisme à vélo se développe. Celui-ci exposé au restaurant Kogo de Vinakoper donnerait-il des idées ?

Heureux qui comme Senard

… lit dans le texte Horace !

Le 29 juin dernier, nous assistions à la remise du prix Rabelais de l’Académie du même nom à Charles Senard, un éminent latiniste, pour son livre Carpe Diem.

C’est un livre à lire, plein d’enseignements et de poésies. L’amateur de vin ne doit pas filer tel l’éclair au chapitre 9 (le vin du souvenir), mais au contraire cueillir chaque page… Et l’on verra que le vin est au centre de la philosophie sous-jacente, celle d’Epicure.

Carpe Diem : cueille le jour, profite de chaque instant, car le temps fuit…  » Sois sage, filtre (apprête) tes vins « 

Cette injonction figure dans une Ode d’Horace et s’adresse à Leuconoé, une femme invitée à se libérer pour se concentrer sur le jour présent. Le contexte de cette ode est celui du banquet et du plaisir du vin, nous dit Senard.

Horace, grand poète romain, ami de Mécène, contemporain d’Auguste, n’eut de cesse de propager l’enseignement d’Epicure, philosophe grec de 3 siècles son aîné, dont l’Ecole, le Jardin, fit florès pendant 6 siècles.

A la question : comment mener une vie heureuse ? L’épicurisme répond par une certaine ascèse qui n’empêche pas l’épanouissement de la sensualité et préserve la capacité à jouir de l’existence et de ses plaisirs. Car « Le plaisir est le principe et la fin de toute vie bienheureuse ».

Mais les désirs illimités sont source de frustration ; tout plaisir n’est donc pas à rechercher, il faut les trier : les naturels et nécessaires, les naturels non nécessaires, les ni naturels ni nécessaires.

Il faut donc, par un raisonnement sobre, anticiper les effets de l’accomplissement du désir, bénéfiques ou maléfiques.

Sont nécessaires au bonheur : l’amitié et la philosophie

« la voix de la chair » contre la faim, la soif, le froid, est nécessaire à la bonne santé du corps, voire à la vie. Le vrai plaisir est déjà dans cette sortie de la douleur, le reste n’est qu’une question de variation.
La pratique de la sobriété permet de mieux aborder les difficultés qui peuvent survenir.
L’enrichissement, la gloire et sa rançon, la soif du pouvoir, sont des désirs non nécessaires.
Le désir sexuel est naturel, mais non nécessaire (cela reste très débattu) ; et que dire de l’amour-passion et de ses dégâts…

Au delà des plaisirs immédiats, nécessaires à la vie, l’amitié est donc le principal plaisir, avec sa pratique de la conversation amicale, orale ou écrite ; le voyage entre amis, le symposion (banquet) enfin, où l’on boit ensemble, dehors ou dans un jardin. Elle se manifeste par exemple en faisant boire à un ami un vin de son année de naissance ou d’un moment important de son existence…

« saisissons, mes amis, l’occasion que nous offre cette journée… Toi, apporte nous des vins pressés sous le consulat de mon cher Torquatus (année de naissance du poète) » (Horace)

ou encore, accueillant son ami et bienfaiteur Mécène,

Tu boiras un vin de Sabine bon marché dans de modestes coupes, vin que j’ai moi-même enfermé dans une amphore légère, quand au théâtre tu reçus des applaudissements, cher chevalier Mécène..

Mieux vaut boire un vin bon marché avec un ami cher, qu’un très bon vin avec des convives indifférents, conclut Senard.

Aussi, le vin est-il présent dans les célébrations. Ainsi, après la victoire d’Auguste à la bataille d’Actium :

« Nunc est bibendum… Maintenant  buvons. Auparavant il était sacrilège de tirer le Césure (fameux vin de Campanie) du cellier des aïeux…« 

15 siècles plus tard, Lorenzo Valla fait dire à un épicurien dans « Sur le plaisir » :

« O vin, père de la joie, maître des plaisirs, compagnon des heures heureuses, consolateur dans l’adversité ! Tu présides toujours les banquets, toi le guide et le chef des noces ; toi arbitre de la paix, de la concorde et de l’amitié, père du sommeil le plus doux, restaurateur de la force dans les corps éreintés, le cultivateur comme le dit Virgile, le libérateur de l’inquiétude et du souci. Faibles, tu nous rends forts ; timides, audacieux ; silencieux, éloquents.

Mais la modération est de mise (« Tout est affaire de mesure ».)

« ce ne sont point les banquets et les parties de plaisir qui se suivent les unes après les autres, ni les jouissances amoureuses…,ni tous ces plats qui garnissent une table somptueuse, qui produisent la vie heureuse » (lettre d’Epicure à Ménécée).

Quant à la peine, c’est la force du souvenir qui permet de revivre les bons moments, de supporter la peine.

Quant à la mort, un faux problème ; plus de sensation, donc plus de souffrance. Avant de mourir Epicure « serait entré dans une baignoire d’airain remplie d’eau chaude et aurait demandé du vin pur » (Diogene Laërce).

Cet enseignement ne pouvait que déplaire aux religions de l’au-delà. Il fut décrié, caricaturé, et il fallut attendre la Renaissance pour que les humanistes (Valla, Pontano, Erasme, Montaigne…) redécouvrent l’épicurisme et ses thuriféraires.

Quelle meilleure mise en oeuvre de cet enseignement que la remise du prix Rabelais aux Noces de Jeannette ce jeudi 29 juin : amis s’entretenant de toute part, vins frais, gouleyants de nos amis vignerons du Beaujolais, plateaux de charcuterie et de fromages exquis…

Merci à tous ceux qui ont oeuvré pour ce bel événement !

Au clos des côteaux saint-georges

Un nouveau clos est né à Villeneuve Saint-Georges, et avec lui une confrérie bachique : la confrérie des coteaux de Saint-Georges. Son grand-maître est l’ami Jean-Pierre Vic, le tenancier de la Guinguette Auvergnate, accordéoniste Président d’honneur de la Bourrée Montagnard…

Ce samedi 3 juin, des confréries étaient venues de toute l’Ile de France, accueillis par l’harmonie de Limeil-Brévannes, pour découvrir ce clos

et assister aux plantations et à l’inauguration du lieu

Il faut dire que la vigne à Villeneuve Saint-Georges, c’est une longue histoire, ainsi que l’explique Michel Miersman, dont on connait les travaux historiques sur le vin en Ile de France :

Villeneuve-Saint-Georges occupait une bonne place dans la production de vin.
En bord de Seine avec des coteaux, à 91 m d’altitude, plein sud, les vignes y ont trouvé une place idéale.
L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés qui a reçu Villeneuve en donation en 558 par Childebert 1er, en seigneurie religieuse avec les « vignes », va y développer la production du vin.
Les surfaces plantées en vigne à Villeneuve ont atteint 120 ha en 813, selon le polyptyque de l’abbé Irminon de l’abbaye de Saint Germain-des-Prés, 91 ha vers l’an 1200, ils étaient encore de 30 ha en 1788.
A la veille de la Révolution, les vignerons propriétaires de vignes étaient au nombre de 125, représentant 28 grandes familles.

Il fallait fêter ça en musique, ce fut fait avec le Hot Swing Orchestra de Michel Cabu

qui ont « mis le feu » au gymnase ! Merci à eux…

Et bravo aux lauréats du Concours des vins D’Ile de France organisé par Cocorico qui ont été annoncé ce soir-là !

Voir tous les résultats en ligne

Vinho Verde et Douro

Nous poursuivons la relation de notre visite au Portugal, où nous sommes venus pour participer au Congrès de la Fédération Internationale des Confréries Bachiques au cours duquel nous avons découvert ces deux régions du Nord du Portugal. L’une produit le vin du même nom, l’autre le célèbre Porto.

Le Vinho Verde, Le vin vert, ce n’est donc pas qu’un vin, c’est aussi une région située au Nord-ouest du Portugal, où le vent du Nord souffle et rafraichit océan et région côtière. La terre ne manque pas d’eau, le pays est bien vert.  La vigne est cultivée en hauteur, et les raisins, exposés à l’humidité et aux maladies,  sont généralement vendangés avant d’arriver à maturité. Le vint « vert «  est donc peu alcoolisé, sec et gagne à être bu frais. Historiquement majoritairement rouge, c’est le blanc qui prédomine dorénavant. Une multiplicité de  cépages (45…) induisent certainement une multiplicité de vins. Nous en retenons un : Casa da Senra,  de cépage loureiro. 

C’est à Viana do Castelo que la  Confraria do Vinho Verde a célébré son 54ème chapitre ; une trentaine de congressistes ont été intronisés.

On reconnaitra un costume et une tête bien connus des amis du Clos !

Les danses folkloriques ne nous ont pas surpris, de semblables ont bien souvent accompagné nos chapitres clamartois.

La Confrérie du Vinho Verde a un hymne, l’âme du vinho verde ! (Artur Coimbra, João Martins). Le voici, chanté par Cristina Lima

Desde a raiz da memória 
Nas terras férteis do Minho
Colhe-se na tradição
O mais saboroso vinho!
Nas festas e romarias
Por esse país profundo 
Brinda-se à alegria
Com o melhor néctar do mun- do!

REFRÃO
Pelo nosso vinho verde 
Que aquece o dia a dia 
Pelos confrades, enfim 
Viva a nossa Confraria!

No mais fresco vinho verde 
Constrói a alma o seu hino 
Entre a serra e o mar
É que se bebe o destino! 
Numa mesa portuguesa
Sobre a toalha de linho
Há sempre um naco de pão 
E um bom copo de vinho!

REFRÃO

Nas lides dos nossos campos 
Quando é p’ra descansar 
Põe-se a merenda ao dispor 
E um tinto a acompanhar!
Não há vinho como o nosso 
Regado a esforço e suor
O sangue de todo um povo 
Num copo de puro amor!

Il faut signaler ici que la version portugaise du fameux Vino Griego a été adaptée, et a pour titre ici « Verde Vinho » !
L’exil des portugais vaut bien celui des grecs ! Elle est chantée par Paulo Alexandre.

Vamos brindar com vinho verde
Que é do meu Portugal
E o vinho verde me fará recordar
A aldeia branca que deixei atrás do mar.
Allons trinquer au vinho verde
Qui est de mon Portugal
Et le vinho verde me rappellera
Mon village blanc au-delà de la mer.
Vamos brindar com verde vinho
P’ra que possa cantar, canções do Minho
Que me fazem sonhar,
Com o momento de voltar ao lar.
Allons trinquer au vinho verde
Qu’on puisse chanter, les chansons du Minho
Qui font me font rêver,
Au moment de retourner à la maison

___________

Au delà des serras do Marão et de Montemuro, la région du Douro jouit d’un climat méditerranéen beaucoup plus clément. Le paysage de collines en terrasses est superbe, et a été classé par L’Unesco.

La Quinta da Pacheca, dont le nom rend hommage à la première propriétaire identifiée (1738) du domaine,  Da. Mariana Pacheco Pereira, produit des vins Douro DOC et Porto. Ce fut le lieu d’une belle dégustation.

Le vin de Porto rouge est fortifié après quelques jours de macération par ajout d’eau de vie de vin à 77°, stoppant ainsi la fermentation, puis passe quelques années en fût ou en foudre. Le tawny est le produit phare, mais le porto blanc, plus sec, s’avère agréable à l’apéritif. 

 Sa production est sans commune mesure avec celle du Madère. On en saura plus sur le Porto en lisant la synthèse de wikipedia.

Cette curieuse structure prolonge la vie d’un chêne multi-séculaire. Son nom : Nectar da Pacheca, son auteur : Oscar Rodrigues (2014).

Voici une autre oeuvre vue sur place.

Le retour en bateau vers Porto donne l’occasion d’admirer les incroyables paysages du Douro et de franchir la plus haute écluse d’Europe (36m). 

Le chapitre de la confrérie du vin de Porto était parfaitement rythmée. Toutes les confréries présentes ont été intronisées.

Et du porto 10 anos Tawny fut servi au diner de gala dans l’historique maison de la Douane.

Ne quittons pas le Portugal sans écouter les commandements du vin !

1, 2, 3 Chapitres de Printemps

Après un hiver frais et long, le printemps est bien venu, et avec lui les fêtes des Confréries.

Le 16 avril, nous voila chez nos amis les Compagnons d’ Irminon de Combs-la-Ville, qui fêtaient les 35 ans de leur Confrérie, l’une des plus anciennes d’Ile de France. Nous y avons retrouvé les 3 grand-maitres qui se sont succédés à sa tête : Joseph Perret, Michel Courtois et Didier Charles, sous l’édicule récemment construit pour abriter l’antique pressoir sous la devise « NON QUANTUM SED QUAM BENE » que l’on pourrait traduire par « mieux vaut moins mais mieux »,

NON QUANTUM SED QUAM BENE

passé en revue les blasons personnalisés que chacun arbore sur son plastron,

revu avec bonheur le clos aux 600 pieds de sémillon, sauvignon, et maintenant chardonnay,

considéré le pressoir désormais hydraulique

admiré les étiquettes renouvelées artistiquement chaque année,

fait un clin d’oeil au chat de Barberousse et à un jardinier en pause, esquissé une prière

et assisté au chapitre proprement dit et aux nombreuses intronisations parmi lesquelles des gens bien connus des lecteurs du Bon Clos…

Ils ont prêté serment

bu le vin local

cul sec par Irminon ! et signé le Livre d’Or.

Le 29 avril, c’était au tour du Clos de Clamart de faire la fête.

Un cortège de 14 confréries s’est formé et, passant par le Clos Franquet où sont les vignes et les chais, a parcouru les rues de la ville, accompagné par les trompettes du Berry.

Lors du chapitre proprement dit, entouré par les dignitaires,

le Grand-Maître exposa à l’assistance les efforts réalisés pour faire de nouveau du vin du Clos de Clamart, dont la qualité ces dernières années laissait à désirer, « un vin comme nous l’aimons ».

Il y eut 7 intronisations :

Daniel Fréry, Echanson conservateur de Musée du Vin de Paris ;
Vincent Carrière, Meudonnais Président du Lyons Club de Saint Cloud, actif au Clos de Clamart et qui avec son groupe musical avait animé notre dernière « galette » ;
Gilbert Delaveau, Grand Prévôt de la Confrérie des coteaux de Sucy-en-Brie ;
Stéphanie SIMONIN-EDWARDS, une jeunesse du Devoir Parisien du Beaujolais (venue avec son papa);
Catherine FAUCHERON , de la Confrérie Balnéolaise des Chevaliers de Bacchus ;
Evelyne PRIE, de la Confrérie de la Faisanderie de Sully/Loire (qui promeut la terrine de faisan et la chasse à courre) ;
et Anne-Marie LOCQUET, de la Confrérie des Talmeliers d’Ile de France du bon pain

On les reconnaitra sur ces photos (mais qui est qui ? piste : la cape des talmeliers est couleur de la mie crème du pain ; la plume orne la coiffe des chasseurs…)

Le chapitre fut suivi d’un déjeuner servi par le traiteur MBRA d’Arnouville-lès-Mantes, et animé musicalement par Jacky Bouleaux – Le Roi du Bal.

Nous avons eu la joie d’y accueillir Daniel Cunin, bruxellois ami du Bon Clos à qui l’on doit la traduction d’un poème néerlandais ancien (« Wijns gebruik en misbruik » : Usage et mesusage du vin, en commentaire à notre article sur le musée Magnin), ainsi qu’une bonne bouteille de « là-bas » (i.e. Maastricht), la Cuvée des XII Apôtres.

Une coupe fut offerte par le Grand-Maître pour saluer l’ancienne statue de Saint-Vincent, qui date 17ème siècle, et a été transmise, à la dernière St-Vincent, à la Confrérie par les Amis de Clamart.

Le président des Amis ce Clamart Christian Hamon remettant le bâton de St Vincent au GM Marcel

Une tombola aux nombreux lots permit à une quinzaine de chanceux de recevoir des mains d’un charmant tandem des bouteilles de Champagne et d’autres vins, certaines offertes par des donateurs qui tiennent à rester anonymes.

Enfin le samedi 13 mai se tenait le Chapitre de la Fleur au Musée du Vin, chez les Echansons.

On y retrouva nos amis choristes du Souffle de Bacchus, dans la dernière ligne droite pour leur concert commun avec la chorale Aperto (Dimanche 18 juin à 17h, Eglise Sainte Rosalie, 50 Bd Auguste Bianchi Paris 13ème).

Un nouvel Echanson fut adoubé Compaignon, et 3 autres montèrent en grade

Ils n’ont pas dérogé au rituel.

Le thème du dîner, la Méditerranée, fut décliné avec la soupe de poissons, suivi d’un buffet d' »antipasti » (pissaladière, salade de poulpe, etc.) précédant le fameux Poulet sauce Echanson inspiré d’un ancien restaurant de Perpignan (L’Echanson, aujourd’hui disparu), les fromages (fameux brebis), les tartes tropézienne et mentonnaise et la salade de fruits.

Plusieurs réclamèrent des doggybags.

On n’oubliera bien sûr pas de parler des vins servis : un vermentino (=rolle) et un Viognier du pays d’oc, un côtes de Provence Rosé du château Mauvanne, et un rouge de La Clape, appellation peu connue du Languedoc. Frontignan et Rivesaltes furent servis au dessert.

« Ah quel repas je viens de faire, et quels vins extraordinaires ! », pouvait-on fredonner, en s’intéressant aux cadeaux reçus par le Grand-Maître Claude qui atteindra un âge doublement canonique dans quelques jours !

Lequel, de cette bouteille de Cognac » fine champagne » de 1805,

et de ce « lampion », aux bas reliefs évocateurs, sorti d’une imprimante 3D, donnerait-on la palme ?

Saint Vincent, encore et toujours

Revient janvier, avec ses galettes et ses frimas. La tradition y fête Saint Vincent, patron des vignerons, festivité difficilement compatible avec les contraintes du Dry January !

Cette année, elle a donné lieu à Clamart à une curieuse commémoration : celle de l’ancienne confrérie de Saint Vincent disparue avec la viticulture au début de vingtième siècle.

L’association des Amis de Clamart, qui a pour mission de connaitre et faire connaitre l’histoire de ce village, a en effet saisi cette occasion pour donner une conférence sur l’histoire de la vigne et du vin.

Si la plantation de vigne est autorisée à Lutèce à la fin du 3e siècle, et la culture de la vigne attestée dans la région de la Seine au IVe siècle, ce n’est qu’au Moyen Âge que l’on peut en toute rigueur attester de la présence de culture de la vigne à Clamart et en région parisienne.

En effet une bulle pontificale de 1096 atteste la propriété de l’abbaye de Saint-Martin des Champs sur les terres viticoles situées à Clamart.

On a pu également prendre connaissance d’une carte présentant l’extension du vignoble à son apogée (fin 18ème, début 19ème),

et assister impuissant au naufrage du vignoble clamartois au 20ème siècle.

Merci à Hubert Duval et à ses amis des Amis de Clamart pour cette belle présentation.

Mais le clou de cette réunion fut sans équivoque la transmission du bâton de l’ancienne confrérie Saint-Vincent, conservé par le Amis de Clamart, à la Confrérie du Clos de Clamart, dont les membres étaient venus en nombre pour assister à cette dation.

Le bâton trouvera tout naturellement sa place à la grange-musée où sont les chais.

Il y a eu d’autres fêtes, toutes mémorables.

Celle des Chevaliers de l’Ordre Illustre de Méduse, qui s’étaient réunis au Domaine Saint Julien, près de Brignoles.

Qu’en dire, si ce n’est évoquer les « huiles » (vins) délicieuses que l’on y servit, selon le rituel :

« Lampe en main, lampe allumée,

portons-la à hauteur de nos yeux

et en invoquant notre bien aimée mère Méduse… 

lampons !! »

S’il faut n’en citer qu’un que ce soit ce domaine Saint-Jean Li Vecce de Bellet 2020, 100% Rolle.

On trouvera une relation de cette belle fête sur le site de la FICB (Fédération Internationale des Confréries Bachiques)

Il y eut aussi bien sûr celle des Echansons de France, bien connus des lecteurs du Bon Clos. Le chapitre, était placé sous le signe de la gastronomie lyonnaise.

Le Souffle de Bacchus y a chanté « Joyeusement buvons un coup« , une chanson qui reçut le Grand Prix de la chanson bachique en 1937 dont nous avons déjà parlé (on peut l’écouter là), et « la java des sécateurs« , qui font clic-clac sur le coteau de La Croix-Rousse. (Voir la video sur le site des Echansons).

Il a aussi étrenné le tout nouvel hymne des Echansons de France, sur la musique de Verdi (Brindisi). Oyez !

A Madère

Réputée pour son vin fortifié adoré des Anglais mais peu considéré, dit-on, par les Français, cette île portugaise située dans l’Océan Atlantique à hauteur du sud du Maroc étonne par son relief volcanique, sa végétation luxuriante, et ses traditions.


C’est au cours d’un séjour découverte parrainé par la Fédération Internationale des Confréries Bachiques et organisé par la Confraria Enogastronomica da Madeira que nous avons eu la chance de la découvrir.

La confrérie, fondée en 2000, a pour mission de défendre, préserver, promouvoir, diffuser, honorer et mettre en valeur le patrimoine œnogastronomique de la région autonome de Madère, y compris ses coutumes et pratiques, ses traditions et les techniques et technologies inhérentes à leur production.

de g. à d: Gregorio Freitas, ex-président ; Lino Dionisio, ambassadeur ; Alcides Nobrega, président ; Olga Mendes, VP

Le costume comporte une cape rouge à rabat beige, inspirée du costume des juges de Madère du XVIIIe siècle ; sur la tête, la «Carapuça», la casquette madérienne, et autour du cou, un ruban beige avec des broderies d’animaux différents et une tomboladeira en forme de demi-barrique.

A chaque repas la devise « Comer e beber e divinal » est proclamée.

(On pourra aussi lire une relation de ce « séjour-découverte » sur le site de la FICB.)

Mais parlons du vin de Madère. Le marché de l’Angleterre, de sa marine et de ses colonies, a été sa chance. C’est un vin issu des cépages Malvoisie, Boal, Verdelho et Sercial pour les plus prestigieux, fortifié (à l’alcool de canne au départ, de raisin aujourd’hui), étuvé, et élevé en contact avec l’air dans des barriques. Il en est des secs, demi-secs, demi-doux et doux, des « blended » (assemblés), plus ou moins vieillis en fût, et des millésimés, les plus recherchés.

Blandy’s, mais aussi Henriques et Henrique, Luis Pato, Barbeitos, etc. sont des producteurs réputés.

Une dégustation chez Blandy’s, un des plus importants producteurs. Chaque cépage avec un chocolat approprié ! (de g. à dr. Sercial (sec), Verdelho (demi-sec), Boal (demi-doux) et Malvasia (doux))
les principaux cépages

Instruments anciens, et foudres toujours en service chez Blandy’s

pressoir à l’ancienne

Un témoignage de l’ancienneté de la réputation du vin de Madère.

Ces fresques ornent la salle de dégustation.

Et voici quelques publicités anciennes.

Accueil en musique à l’Adaga da Quinta, à Camarão dos Lobos. Foulage du raisin, brochettes et beignets de sabre.

quem não fuma, quem não bebe, que alegria pode ter ?

A cachaça alegra a gente
O fumar nos da prazer
Quem nao fuma , quem nao bebe
Que alegria puede ter
?

(Paroles trouvées sur
https://issuu.com/acclleopoldina/docs/trovas_populares_de_alagoas_-_theo_/31)

Au marché central de Funchal, cette « caraferie » a un drôle de plafond.

A la Quinta do Barbusano, dégustation des vins locaux (de table, non madérisés). Les vignes, à hauteur d’homme, laissant l’espace libre pour d’autres cultures au sol, sont vendangées à la main sur ces terrains pentus.

Un déjeuner dans une maison de particulier permet de découvrir le « panelo », sorte de potée des lendemains de fête, posée à même la nappe sur un lit de feuilles de chou, et qui a sa chanson !

O panelo ja chegou, bem de madrugada, vai bebendo devagar pra nāo tomares uma mamada… Deixa-me beber em paz, uma bebedeira não e nada, para o ano venho aqui curar esta mamada…

Madeira produit aussi du rhum, comme Engenhos do Norte à Porto Da Cruz, dont la machinerie marche encore à la vapeur.

Ce rhum est la base de la poncha, apéritif fait de rhum, additionné de jus de citron et miel, ou encore de jus de fruit.

A Arco de São Jorge, petit village posé sur une falaise au nord de l’île, un concentré des attributs de l’île :

la roseraie de la Quinta do Arco, à Arco de S. Jorge

mer, fleurs, vignes,

vieille rhumerie,

azulejos à la gloire du rhum (poème d’un poète paysan)

le poème est signé : feiticeiro do norte

et un petit musée du vin…

où l’on peut voir le « borracho » (outre de 45 litres en peau de chèvre servant à transporter le moût ou le vin à dos d’homme) et les borracheros en action

Ne quittons pas Madère sans visiter la Quinta das Cruzes, ancienne demeure du découvreur de l’île Zarco, et voir quelques oeuvres pouvant intéresser les lecteurs du bon clos.

Cette intaille, en pâte de verre imitant le nickel, qui devait servir de sceau, mesure moins de 2 cm de long et date du 18ème siècle, 

Scène de taverne d’auteur non identifié : l’une boit, un autre fume, un troisième se tait…

Voici aussi une treille marine

et d’intéressantes gravures qui racontent l’histoire du transport du vin, et dont on a retrouvé des bonnes reproductions tirées du livre « History of Madeira »

sur le site https://www.traces-h.net/costumes/madere-1820-11.html qui donne de nombreuses explications.

Adeus Madeira, e muito obrigado aos nossos anfitriões

de g. à dr. Carlos Soares, Marcio Ribeiro, et Lino Dionisio

e anfitriã!

Dina Silva

Avec les francs-mâchonnes et francs-mâchons à Montmartre

Officiellement, ce sont quatorze associations (*) qui se sont donné le mot pour organiser ce mâchon de rentrée le lundi 12 septembre à la Bonne Franquette, adresse réputée de la Butte.

aimer, manger, boire et chanter : la devise de la bonne franquette

Il s’agissait une fois de plus de célébrer la parution de « J’aime la saucisse« , d’Emilie Greenberg, « plus qu’un livre de cuisine, un mode de vie ! »

Nombreux étions nous à nous être levés tôt pour nous retrouver à l’heure où d’autres prennent leur petit déjeuner, un verre de Sauvignon blanc frappé ou de merlot lyonnais à la main,

prêts à trinquer avec le têtes connues et inconnues, non sans avoir échangé un rapide « ça va ?« , et à faire honneur aux charcutailles proposées à foison : mortadelle de Bologne, rosette à l’ancienne de Colette Sibilia, pâté basque, spianata piccante (pas tant que ça) de Calabre, andouille…

Chez les franc-mâchonnes on ne garde pas son drapeau dans sa poche

A table, ce sont, arrosées de beaujolais rouge et blanc, quatre recettes de saucisse qui furent proposées : Francfort et Strasbourg en choucroute, végétale aux spaghettis, Toulouse aux pochas (= haricots, sortes de coco), et montbéliarde aux lentilles cuite au gène (= marc de raisin en pays beaujolais) de Brouilly.

L’intronisation de l’héroïne du jour Emilie Greenberg, autrice de Vive la saucisse, dans la confrérie des compagnons du Beaujolais fut largement applaudie.

De même que Charlie, venu avec sa guitare chanter « les copains d’abord » , « le petit vin blanc » et bien d’autres airs festifs.

Est-ce l’effet des boissons ingurgitées ? Nous avons fait en sortant une drôle de rencontre dans les rues avoisinantes…

Merci à tous, organisateurs, restaurateurs, vignerons, participants pour cette belle fête.

(*) liste des organisations participantes :

Le devoir parisien des compagnons du Beaujolais
La confrérie de Saint-Juliénas des Prés
L’association des bistrots et cafés de France
La sélection de Montmartre des Beaujolais
La commune libre de Montmartre
L’Académie Rabelais
La commanderie du clos Montmartre
Le clos des Arènes de Lutèce (200 pieds de vigne y ont été replantés)
Le clos de la Doyenne
L’Amicale du Gras (fondée en 2014)
Les joyeux mâchonneurs du Vaudésir
Le club de la saucisse libre
L’Amicale du sauciflard (désigne chaque année le meilleur saucisson de France)
Les Vegans dépressifs !!!