Vendanges 2014 à Clamart

Nous y voilà : après un été médiocre, un temps splendide s’est finalement installé, permettant au raisin « hâtif » de mûrir. Les vignerons clamartois, fidèles au rendez-vous, ont apporté leur production ces vendredi 12 et samedi 13 septembre à la grange municipale de la rue Pierre Franquet, où les « usual suspects » auraient pu les attendre avec ces mots que l’auteur de ces lignes a longuement pesés après (avoir bu un) coup :

Entre ici, beau raisin,

En cent clos recueilli,

Et avec tes voisins

Viens partager ton lit.

Viens mêler ton jus clair

A un jus plus foncé

Et immoler ta chair

En un vin métissé.

Vigneron clamartois

Ici nous voulons croire

Que c’est un peu de toi

Que tu nous donnes à boire !

 Année après année, les efforts conjugués des producteurs, soucieux d’apporter un beau raisin sain et mûr, et des trieurs, s’attachant à éliminer sans état d’âme grains abîmés ou verts,  portent leurs fruits, avec pour résultat une petite cuvée (2,5 hl) , mais qui s’annonce prometteuse.

Ce premier matin, on ne vit guère le Grand-Maître, parti soigner la vigne Franquet de l’autre côté de la rue, mais il se fit pardonner en débouchant une excellente bouteille de la Féronne Haute, (assemblage de sauvignon et de chardonnay) de nos amis de Rosny/bois.

la féronnePendant ce temps, tandis que les garçons de chais triaient, foulaient, pressaient, et faillaient en venir au main quand l’un voulut « shunter » le tri, le vice-grand-maître Marcel, véritable chef d’orchestre, pilotait avec doigté et efficacité les opérations, sachant être partout quand il fallait ; Dame Gisèle,  préparait dans son verre les échantillons de jus à mesurer*, Dame Carmen faisait merveille à la lance à incendie, et Dame Ginette au tiroir-caisse notait tout et engrangeait les chèques. Et tous trinquaient.

* L’usage du réfractomètre introduit l’an dernier, (qui mesure le degré d’alcool potentiel du jus de raisin et évalue donc sa maturité) s’est banalisé. Notre ami Gérard en a même apporté un second, qui, pour nous simplifier la vie, mesure le taux massique de sucre en unités Brix. L’occasion  de se livrer à quelques petites comparaisons et calculs, prenant en compte la masse volumique du jus de raisin (dans les 1,06 g/ml), et la correspondance entre un degré d’alcool et la masse de sucre ( l° d’alcool correspond à 16,83 g de sucre par litre). Nous laissons les lecteurs du bon clos faire le calcul (spoiler). Au final, il faut multiplier par 0,6 le degré Brix pour connaitre le taux d’alcool potentiel et retomber sur ses pieds. Qu’on se le dise !

Pour des raisons pour l’instant pas encore totalement élucidées, le Grand-Maître avait décidé de procéder à un décompte rigoureux des poids des raisins, déchets, rafles, et moût. Contre toute attente, on tomba juste une fois prise en compte la masse volumique du moût (1,06).

Au déjeuner nous eûmes la visite d’une poétesse, Jeanine Jobelot, qui nous lut un poème à la gloire des vignerons clamartois (elle a publié quelques recueils comme fumée bleue, l’échappée belle, poèmes au clair de lune…).

jeanine jobelotL’après-midi vint Gérard Perroquin, maquettiste, collectionneur, et auteur de romans policiers (comme le coup de foudre, ci-dessous, qui se déroule dans un domaine viticole) ,

lecoupdefoudredegerardperroquinIl y eut bien d’autres visiteurs, mais le miel fut ces fleurs offertes par de toutes jeunes filles, heureuses d’avoir été bien accueillies.

jeunesfillesenfleursOn fit une première presse le soir, une deuxième le samedi où un vigneron retardataire fut quand même repêché, car on n’est pas des boeufs !

Ils n’étaient plus que 4 braves pour la douche finale de tout le matériel, mais à 7 heures du soir, tout était nickel. Merci à tous !

Rendez-vous est donné pour les prochaines vendanges les 26 et 27 septembre. Au Clos des Volontaires, on vendangera le 25 au soir. Amis du Clos, bienvenue ! Vous êtes attendus.

Il ne restait plus qu’à traiter le vin, ce qui fut fait dès dimanche sous la houlette de notre oenologue attitré Ed. C’est une autre histoire qui commence…

début de fermentation
début de fermentation

 

 

mise en bouteilles des vins de Clamart

Avec un peu de retard par rapport à l’agenda courant, voila les vins du clos de Clamart et du clos Franquet 2013 en bouteilles.

MMM

ci-dessus on reconnaitra Marion, notre gloire clamartoise, marraine de  la cuvée !

Cela s’annonçait pourtant mal. Si le Franquet ne donnait pas d’inquiétude, pour le Clamart, c’était autre chose. Chacune des deux cuvées continuait à évoluer, sans que la dégustation fût probante, en raison notamment d’une incompréhensible amertume passant de l’une à l’autre comme un mistigri maléfique.

Que pouvait-on faire ?
Pas mettre en bouteilles en tout cas. Et l’on dut, le coeur serré, se résoudre à reporter l’opération prévue fin avril.

Aérer et débourber les cuvées, sans hésitation.

Préparer l’opinion au pire, sans casser le moral des troupes ; ce fut fait par un mot sybillin du Président  : »faire du vin est un art mystérieux. L’année 2013 a été météorologiquement difficile. Qu’en sera-t-il de nos vins en cours d’élaboration dont nous avons dû reporté la mise en bouteilles car ils continuent d’évoluer ?  »

Finalement on s’en tint là, rejetant la tentation d’un adoucissement au sucre qui aurait rendu le vin fadasse. Et l’on eut raison ! On assembla les deux cuvées et le résultat est, disons, honorable : un petit vin de caractère à boire bien frais !

Les six et sept juin, nous étions une dizaine sur le pont. Chacun trouva sa place, qui à la filtreuse/tireuse qui demandait quelques réglages et où l’ami Gérard fit merveille, qui au bouchage où un autre Gérard débordant d’énergie (car dégagé de ses charges municipales ?) joua les Stakhanov, obligeant à mettre les bouchées doubles à l’étiquetage.

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Fillettes et grandes bouteilles remplirent les casiers.

On fut près de quinze à table pour recharger les accus avec saucisses, terrines et bonnes bouteilles.

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GNUHélas à l’arrivée on découvrit une erreur fatale : des collerettes rouges et non blanches avaient été placées sur les bouteilles de Franquet ! On n’eut pas le courage de les remplacer, mais il n’est pas trop tard et les bonnes volontés sont les bienvenues !

Nonobstant l’on accueillit dans la bonne humeur les récoltants venant chercher leurs bouteilles.

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Décidément faire du vin est un art bien mystérieux !

A l’hostellerie de Clamart

Qui sait s’il y eut jadis une hostellerie de Clamart, ou si ce n’est qu’une invention ?

Nous l’avons trouvée mentionnée dans un ballet d’Antoine Boesset et René Bordier, donné en février 1626 pour le grand bal de la douairière de Billebahault,

(Le ballet de cour apparait à la fin du 16ème siècle à la cour de France ; dansé par les membres de la famille royale, les courtisans et quelques danseurs professionnels, il est constitué d’une suite d’entrées au cours desquelles les interprètes sont mis en valeur tour à tour).

Billebahaut_frontou encore « Maistre Galimathias pour le grand bal de la douairière de Billebahaut et de son Fanfan de Sotte-ville »

C’est une curieuse féerie qui met en scène les peuples du monde et leurs monarques : Atabalipa Roy de Cusco, Mahommet, le Grand Turc, les Baillis de Gruenland et de Frizeland, le Cacique et les Afriquains, le Grand Cam etc. tous joués par des seigneurs de la Cour.

Vient un groupe de Grenadins

Ballet des GrenadinsChantres Grenadins - Daniel Rabellesquels estans bannis d’Espagne, comme Mahommetans, viennent courir la France comme vagabonds : S’ils ont esté chassez de leur pays, ils viennent chasser vos ennuis par la suitte de leur gentillesse ; leurs mulets de bagage parroissent chargez d’estuits & de drapeaux. Bagage des Grenadins - Daniel RabelApres le corps de leur Ballet arrive, qui consiste en vieilles porteuses d’enfans sur l’espaule, Nourrices des Grenadins - Daniel Rabelen joueurs de Guiterres,Entrée des Joueurs de Guitare - Daniel Rabelsi merveilleux en leur art, que l’assemblée les admire, en danseurs de sarabandes, Danseurs de Sarabande - Daniel Rabeldont la souplesse du corps, & la vistesse des pieds estonne les regardans ; & en bons chanteurs, qui enchantent les oreilles des assistans par la douceur des accens de leurs voix.

Mais ceste bande lasse de danser, mérite bien que l’hostellerie de Clamart leur soit ouverte, qu’ils y soient receuz, qu’on les repaisse, qu’ils se reposent, & le tout à crédit ; attendant le passe-port de leurs Majestez pour aller ailleurs : Aussi sont-ils benignement rencontrez par l’hoste & l’hostesse de Clamart,

Entrée de l’hoste et de l’hostesse de ClamartL'Hôte et l'hôtesse - Daniel Rabelqui dansent en leur compagnie, les tenans pour compagnons avant que les cognoistre : mais gare la griffe, & que les Guiterres ne se changent en Harpes. chanson des grenadins

Pour flatter un peu les tristesses
Que nous donne un mauvais destin,
Nous beuvons & soir & matin
A la santé de nos maistresses.

Dedans Clamart tout nous oblige
A prendre du contentement;
Et dans ce beau lieu seulement
La mort du credit nous afflige.

Apres avoir vuidé nos verres,
Nous disons de bonnes chansons,
Pour charmer l’hoste & ses garçons
Avec nos voix, & nos guiterres.

Mais par musique, ny parolles
Ces gens là ne se gaignent plus;
Et n’ayment point le son des luths,
S’il n’est joinct au son des pistolles.

C’est en vain qu’à trousser bagage
Chácun de nous est diligent;
Sans des nippes, ou de l’argent,
Il faut demeurer là pour gage.

C’est alors qu’intervient « l’Hoste de la Ville de Clamar »  :

Les divines Beautez viennent loger chez moy
Pour boire le Nectar, & manger l’Ambroisie,
Logez y donc Phillis, & ie iure ma foy,
Que ie ne veux de vous rien que la courtoisie.

suit cette chanson d’un Grenadin

Capture d’écran 2014-02-24 à 11.10.45Capture d’écran 2014-03-05 à 02.05.02On apprend sur operabaroque que cinq airs en sont conservés.

 Une analyse du ballet a été publiée en 1829 dans la Revue de Paris, on en trouvera la substance

 

chronique clamartoise

Plusieurs évènements ont mobilisé les amis du clos de Clamart en ce début d’année.

  • La traditionnelle galette bien sûr, où l’on a pu boire, se régaler de fruits de mer, entendre la chanteuse Pascale Neuvic

chantersousloccupation(que l’on avait remarquée lors de son spectacle récent « chanter sous l’occupation »), et notre accordéoniste et DJ Bernard Jacob, et danser.

  • La taille d’hiver de la vigne municipale, qui a mobilisé sous des cieux cléments une dizaine de courageux le mercredi 19 février matin au clos Franquet, autour du vigneron champenois Jean-Pierre Léguillette.

Une fois de plus, ce dernier a seriné ses recommandations : identifier les sarments porteurs de fruit qui poussent sur du bois de l’an dernier, laisser deux sarments à huit (z) yeux, préserver des rachets taillés à un ou deux yeux aussi bas que possible, pour faire baisser dans le futur la base des sarments porteurs de fruits ; respecter l’espace des ceps voisins ; et tailler franchement …
Le résultat fut une quantité impressionnante de sarments coupés ; peut-être la taille n’avait-elle pas été assez sévère les années précédentes ?
Au cours de la taille, on a pu pu constater que les ceps de chardonnay plantés entre les sémillons manquaient d’espace et de lumière. Plantés il y a quelques années, ils devraient commencer à donner, le moment semble venu de commencer à les libérer en éliminant certains ceps de sémillon. Action à lancer après les vendanges (on tiendra compte du rendement des pieds à arracher).
Une infestation de cochenilles a été mise en évidence sur quelques ceps. Il va falloir trouver la riposte adéquate., d’ici la taille en vert, au printemps.

Bien sûr les incontournables Grand-Maître Michel et Vice Grand-Maître Marcel étaient là. Ce dernier s’est une fois de plus rendu populaire avec son vin chaud, sa poêlée de fricadelles et autres saucisses grillées, qui accompagnées de charcuterie et de Champagne Léguillette 2006 ont réconforté les travailleurs !

  • A peine remis de ces émotions, c’est l’Assemblée Générale de la Coordination des Confréries d’Ile de France qui vint se tenir à Clamart dans la salle des fêtes Hunebelle. Venues en nombre, elles furent accueillies par le maire adjoint Pierre Ramognino, qui annonça à cette occasion la conclusion de la convention fort attendue entre la municipalité et l’association des amis du clos de clamart, et conclua son allocution par ces vers de Deshelle :

Amis, faites comme moi, buvez pour le plaisir
Un verre, ou deux, ou trois, au diable l’ avarice,
Pourvu que de Clamart on ait ce qu’on désire.
Boire pour le plaisir ne fut jamais un vice.

du jamais vu !
du jamais vu !

Les représentants des confréries approuvèrent à l’unanimité rapport moral et financier présentés par le Président Philippe Jouvin, et élirent un bureau de 7 membres dont le nouveau Président est Ruben Martinovsky (au centre ci-dessous).

le bureau
le bureau

On débattit des problèmes d’organisation des festivités de la Saint-Vincent, célébrées par plusieurs confréries indépendamment, ce qui rend difficile l’organisation d’une Saint-Vincent « Cocorico ». On débattit aussi des retombées du concours des vins organisé lors du symposium. Nombreuses sont les confréries qui souhaiteraient avoir un avis objectif sur leur production, pour pouvoir progresser.

On apprit aussi que le tourneur sur bois de Noisy le Grand Juan Carlos réalisait des statues de Saint-Vincent sur commande.

statue en bois de Saint Vincent

Les discussions animées se poursuivirent à table, comme il se doit, où votre serviteur fit ripaille avec les Compagnons de l’Asperge et de la Vigne de Sannois, les trois grappes de Villiers sur Marne,  et la grappe Yerroise, qui tiendra son chapitre inaugural le 27 septembre prochain. Qu’on se le dise !

 

vignerons clamartois d’antan

Grâce au travail du généalogiste Pierre Vesseron, nous avons pu accéder à une base généalogique comportant noms, filiation, profession, dates clés, compilés à partir des registres d’état-civil clamartois.

Nous avons pu ainsi en extraire une liste de 1392 vignerons clamartois -et de communes voisines- (et aussi 128 vigneronnes dont la profession commence à être précisée avec la Révolution) pour une période allant de la fin du 16ème siècle au début du dix-neuvième, soit un peu plus de 200 ans (cette base est complète sur la période 1625-1792).

En 1790, la base recense ainsi  à Clamart et alentours 321 vignerons âgés de plus de 15 ans, pour  4223 personnes vivant à cette date (mais pas nécessairement à Clamart, la population de l’époque étant autour d’un millier).

Voila qui confirme l’importance de la culture de la vigne à Clamart qui, avec ses 110 hectares de vignes, produisant 1650 hectolitres de vin vers 1800,  prit le nom de Clamart le Vignoble à la Révolution.

ecuclamart

Nous retrouvons bien des noms familiers, dont des rues de Clamart portent le nom : Brissard, Corby, Gogue, Franquet ( nom aussi du Clos situé en cette rue), Abraham (la cave de la confrérie des vignerons de Clamart s’appelle ainsi), Chefdeville, Hebert, Hevin, Bonnelais…

Au cours de siècles, nous pouvons suivre les « romans familiaux », les unions entre ces familles, les naissances, nombreuses mais aux vies souvent si brèves…

On apprend qu’un Pierre Franquet vécut entre 1686 et 1752, un Pierre Corby entre 1598 et 1652, un autre entre 1672 et 1737…

(liste des vignerons disponible en fin d’article)

Un nom attire notre attention : celui de Claude Ancelin (1733-1797). Ce vigneron fut montré du doigt pour son impiété par l’évêque de Troyes, Mgr Etienne Antoine de Boulogne, dans un ouvrage que notre Grand-Maître du Clos de Clamart Michel Laroque est allé déterrer dans les arcanes d’Internet :

mélangesClaude Ancelin serait mort dans sa vigne, sur la voie de Paris « près la Croix-Fion », lieu-dit qui se situerait vers la rue Gambetta du côté de la Fourche.

actededécèsred(document fourni par M.Vesseron et transmis par Madame Jullemier, de la société d’Histoire de Clamart)

L’évêque y vit la main de Dieu qui aurait voulu d’un seul coup punir le mort et instruire les vivants !

surlamortd'unvigneron(on peut lire la suite là)

Liste des vignerons clamartois, extraite de la base généalogique de M.Vesseron

Lire la suite « vignerons clamartois d’antan »

Visiteur de marque

La renommée du clos de Clamart s’étend bien au-delà des frontières de l’Ile de France et de l’Hexagone, comme en témoigne cette photo prise vendredi 15 mai à la grange Franquet, à l’occasion de la remise des bouteilles du cru 2008 aux vignerons.

ajitafranquet

Les amis du clos et autres habitués de ce blog auront reconnu l’ami Ajit de Washington DC, qui n’a pas dédaigné cette étape lors d’un passage éclair sur le vieux continent.

Qui sait ce qu’il adviendra dans ce pays de la démesure, où tout est possible (yes they can), des dizaines de clichés pris sur place par ce photographe ?

Amis vignerons, préparons nous à accueillir les cohortes de visiteurs d’outre-Atlantique !

Bienvenue au club

(de notre correspondant)

Samedi 5 avril 2008, le Clos de Clamart tenait son Chapitre de Printemps et intronisait, à cette occasion, de nouveaux membres dans notre Confrérie.

Parmi ceux-ci un ami de longue date : Jean-Michel, qui cultive dans son clos du chemin vert une étonnante vigne aérienne, et dont la culture d’ingénieur n’est pas de trop pour tenter d’apporter un peu de rationalité dans les travaux des vignerons.

Ce petit-fils de vignerons écouta sans broncher son parcours conté par l’ami Paul, qui cumule les charges de grand chancellier et grand echevin du Clos de Clamart.

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Puis il fut adoubé par le Grand-Maître Michel

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et pour finir goûta le vin servi comme il se doit, par le Grand Echanson, René.

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Ami Jean-Michel, bienvenue au club !